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 Drabble n°1 sur les cinq sens_Mon passé est sur le zinc

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Nombre de messages : 1973
Date de naissance : 28/08/1987
Age : 30
Localisation : La Comté-Franche

MessageSujet: Drabble n°1 sur les cinq sens_Mon passé est sur le zinc   Sam 2 Avr - 10:36

Kikou,

Alors voilà, je publie ici mes cinq one shots en réponse au défi de Gâ-L: Cinq drabbles de 500 mots, chacun mettant en avant un des cinq sens.

Kissous! ^^


_____________________________________________________________________

Mon avenir est sur le zinc
12/06/03
Par la Halfeline


L’homme retranché dans le recoin pénombre, avachi dans une position rustaude sur la table, élève son regard sous ses lourdes arcades sourcilières ; il a perçu l’arrivée de quelqu’un près de lui. Il se demande qui, car cela fait belle lurette que ses potes ne traînent plus les bistrots.

En voyant le bleu très clair le transpercer soudain par-dessous, semblant poser d’emblée l’hostilité et l’intimidation, l’étranger étouffe un sursaut de recul. Le type en cuir a un aspect effrayant, et pourtant, le jeune homme s’installe à la table, comme il l’avait prévu. Les cabochons azurins ne le quittent pas, semblant le sonder, le jauger jusqu’à l’intérieur. Embarrassé d’être dévisagé avec une méfiance peu coutumière, il ose un « salut » aussi naturel que possible.

Etrange, ce visage juvénile et entier… un peu le même que le sien, il y a… des éternités de cela. Les yeux sont incertains mais, malgré la semi-obscurité du fond du bar, il les distingue bouteille. Sa coupe ne va pas avec le reste de sa personne. Trop comme il faut.
- Ta tête me dit que’que chose, mec. J’te connais ?
L’inconnu sourit légèrement, semblant retrouver quelques marques avec soulagement.
- Possible.

Les paupières se plissent un peu plus sur les iris délavés tandis que l’homme allume une cigarette.
- Désolé mais j’ai déjà pas mal picolé, ce soir, s’excuse-t-il à travers la fumerolle embrumant sa tignasse filasse, sa figure pochée.

Le jeune homme creuse légèrement son sourire, et commence à fredonner doucement quelques notes d’une mélodie languide. Peu à peu, à la faible lumière, ses traits semblent se dévoiler. L’arrête du nez effilée. Les sourcils hauts. Les prunelles coquines.
- Oh, le p’tit mecton du film ! Pinpin, c’est ça ?
Le jeune homme rit avec une contenance nouvelle.
- Pippin, en fait. Mais pour toi c’est Billy.

- D’accord. Moi j’ai plus d’nom, mais j’te l’donne quand même : c’est Renaud. T’es english, alors ? interroge le bougre, toujours avec ce regard dur comme la roche entre le bord de son verre et ses sourcils bas.
Ses iris interpellent Billy, le fascinent même déjà. Ils semblent dichroïques : bleutés, ou presque couleur dragée, comme une pierre précieuse trop chauffée qui a dû rejoindre les rebus. Plus de vivacité, au fond. Seulement un poids fulminant. Une rétine ne voyant plus le monde qu’à travers le filtre de la désillusion. Intérieurement, l’acteur s’en sent frère, sans rien en connaître de plus.

- Scottish, pour… être précis, explique-t-il en tendant brièvement son Whisky vers Renaud, comme pour lui indiquer qu’il boit à sa santé, avant de prendre une rasade.
L’attention du chanteur reste accrochée à la pomme d’Adam qui vibre sous les gorgées. Lorsque Billy repose son verre, il remarque le petit anneau métallique à son doigt.
- Et qu’est-ce qu’un brillant acteur scottish vient faire dans ce coin pourri ?…
Après avoir un instant froncé les sourcils, analysant la question, Boyd répond :
- J’étais à la… promo qui a eu lieu dans la soirée. Tu ne savais pas ?
- Eh, doucement mon gars, je parlais pas de Paris, mais d’ce zinc pour prolos franchouillards qui savent à peine se torcher l’cul !
Devant l’expression perplexe de l’Ecossais, il traduit :
- De ce bar, quoi…
- Oh ! C’était pas vraiment mon… endroit. Ici c’est mieux pour oublier un… chagrin d’amour.
- Ah, toi aussi ? s’étonne le Français.
- Comment elle s’appelait ? réplique l’acteur.
- … C’était Dominique. … Et son nom m’lâche pas ; il me boit. Je crois qu’il va me boire jusqu’à la fin.
Les yeux de Billy s’anisent dans la surprise. Il accueille alors le pâle regard mutilé de Renaud au creux du sien et répond simplement, dans une tendre tristesse.
- … Oh, toi aussi ?

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