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 Sang de pluie

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Camille
Lascive luciole
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Date de naissance : 22/08/1986
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 26 Juin - 23:14

Citation :
Alors, rassure-toi (cela te rassure-t-il?) tout ce boxon n'est pas près de se finir, ce n'est que le début.
Ca me rassure ! Je trouvais ça dommage de laisser tout ce monde en plan ... Donc vivement la suite !

Pour Bill, je souhaite de tout coeur que tu réussisse à en faire quelque chose. Parce que après décantation, je le trouve vraiment attachant, même si je ne pige pas tout (ce qui est sans doute le but Razz ). J'ai hâte de voir ce que tu vas en faire !

Et je suis contente que mes commentaires t'ai rendue contente ! Je n'étais pas sûre de réussir à retransmettre ce que je pensais et ce que je ressentais, mais apparement c'est plutôt réussi !

Et si tu t'es remise à la suite ... Gnark Youpi !
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La Halfeline
Prophète de Lilith
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 28 Juin - 15:17

Le croirez-vous? C'est reparti!

*espère qu'il reste quelques âmes charitables attachées à cette histoire, depuis le temps! ^^'*








A sept heures du matin, Renaud et Billy firent l’ouverture du réfectoire. Les chaises et les tables étaient encore complètement vides, et ils purent apprécier dans cette pièce un silence rare. Ils posèrent leurs manteaux, et prirent chacun un plateau pour se mettre en quête de ce qui constituait le menu habituel de leurs petits-déjeuners. Boyd avait plutôt mal dormi. Bien des fois, l’envie de remonter dans sa chambre l’avait démangé, mais il n’avait pas eu le cœur à réveiller Renaud qui, pour sa part, avait tout à fait trouvé son confort allongé sur le banc, la tête dans son giron. La mine pâlotte, les yeux secs et serrés, il tentait tant bien que mal de se servir du bacon dans le grand bac en aluminium. Le Français, toujours dans sa salopette rouge humide, était déjà parti au fond de la salle, au distributeur de boissons chaudes, il l’interpella :
- Hé, Bill, pendant que t’es là, tu pourrais me couper une demi-saucisse, s’te plait ?
Billy, toujours un peu embrumé, s’empara du long couteau pointu et considéra le morceau de charcuterie. Il cligna rapidement des yeux, cherchant un peu de lucidité, mais son environnement se fit brusquement encore plus cotonneux et perméable. Ses repères spatiaux devinrent confus, et une odeur de viande froide remonta le long ses narines jusqu’à atteindre son cerveau. Lorsque Renaud entendit le son métallique d’un couvert qu’on laisse tomber sur le sol carrelé de la cantine, il se retourna par réflexe, pour découvrir Billy à moitié assis sur le coin de la table la plus proche du buffet, les mains cramponnées aux bords.
- Ca va pas ?
Le jeune homme lui répondit en s’effondrant de toute sa masse sur le sol.
- Meeerde, BILLY !
Au même instant, son café déborda du bol et lui brûla les phalanges. Il écrasa le bouton de la satanée machine en jurant, et se précipita vers son acolyte.
- Billy ! Putain, qu’est-ce qui t’arrive encore ?
Il s’agenouilla et lui redressa le buste. Sa nuque était détendue comme celle d’un animal mort.
- Merde, merde, meeerde, meeerde ! pestait-il en lui donnant quelques claques.
Le Britannique ouvrit les yeux, mais son regard était totalement absent. Paniqué, Renaud releva la tête et scruta fébrilement la salle dans l’espoir d’apercevoir quelqu’un d’autre.
- Allez Billy mon pote, me fais pas ça. Réveille-toi, merde ! BILLY !
Il fut soulagé en entendant des pas se presser dans leur direction. Michael apparut sur le seuil du réfectoire, l’air inquiet.
- Peter ! Oh putain amène-toi, y a Billy qui vient d’tourner d’l’œil à l’instant !
Le colosse se hâta de les rejoindre, et lui intima :
- Repose-le, repose-le.
Renaud obéit, soulagé de recevoir des consignes de quelqu’un dans la situation présente. Mic saisit les deux jambes de l’étudiant évanoui et les releva jusqu’à ce que les pieds soient au niveau de sa haute taille.
- Billy. Billy… Billy, tu m’entends ?
Devant l’absence de réaction, il lança à son camarade :
- Va au bureau, dis-leur d’appeler l’EMS.
Alors que le poulbot se ruait vers la sortie, Michael le rappela soudain.
- Ah… Ah ! Y revient, on dirait.
Renaud fit aussitôt demi-tour, et retourna au chevet d’un Billy aux yeux un peu affolés. Il lâcha un soupir éprouvé :
- On peut dire que t’as l’chic pour me foutre la pétoche, toi !
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il d’une voix faible en essayant de se redresser.
Peter reposa prudemment ses pieds au sol, et Sechan le soutint pour qu’il puisse se remettre doucement en position assise.
- T’as perdu conscience, mec. J’ai bien cru que t’allais passer l’arme à gauche dans mes bras, j’te raconte pas comme j’ai eu l’air con à cause de toi.
Billy considéra le couteau qui gisait toujours à deux pas de lui, puis reporta son attention sur l’étudiant accroupi à-côté de lui ; ses yeux verts semblaient avoir repris leurs marques.
- Tu peux m’aider ?
Le marlou passa les bras autour de son torse et le saisit bien fermement ; Boyd s’appuya son épaule, et se remit prudemment sur pieds.
- Doucement, doucement…
Renaud eut une impression étrange alors qu’il aidait son collègue à se mettre debout et à se stabiliser. Il put sentir sous la chair de son bras que le cœur du pauvre Billy battait à une vitesse effrénée. Percevoir la chaleur corporelle sous le pyjama l’encouragea instinctivement à la protection, comme s’il avait eu affaire à un individu plus jeune que lui, qui réclamait une attention approfondie. Cependant, Boyd reprit rapidement ses moyens, et se dégagea tranquillement de son appui pour remercier Mic.
- Heureusement que t’étais là…Tu t’y connais en chute de tension, on dirait.
- Ma mère est toubib, répondit simplement le colosse en lui souriant calmement.
Il alla remplir un verre de lait, auquel il ajouta un morceau de sucre, et le refila à Billy avant d’aller se servir un petit-déjeuner.


Dominic ferma sa chambre à clé, et alla ouvrir en grand les rideaux de sa fenêtre. Il se laissa tomber sur son matelas sans drap, et défit son peignoir. Il se sentait propre, détendu, et bien chaud. Il laissa le soleil le conforter dans cette impression. Après quelques minutes, lorsqu’il fut bien sec, il se redressa, laissant son habit de douche sur le lit, et chercha son uniforme. Gainsbourg lui revint en tête tandis qu’il ouvrait sa penderie et il se mit à fredonner :
- L’était une fille, douce et tendre comme toi…toute aussi gentille, se promenant dans les bois…
Dom eut un sourire amusé en nouant sa cravate. Il savait pourquoi cette chanson venait lui trotter dans la tête. La façon dont cette petite avait présenté les choses ne manquait pas de charme. Beaucoup d’éléments concordaient, à condition de comprendre réellement les personnages du conte de Perrault.
- Et voilà soudain, qu’en chemin, elle aperçoit… le Grand Méchant Loup aux abois !
Il enfila ses bagues, et passa une petite sangle de cuir à son poignet. Il avait hâte que la soirée arrive.

Il sortit, et descendit les escaliers. Sur le chemin, il eut la bonne surprise de croiser Billy, toujours en pyjama, plusieurs manteaux jetés sur le dos. Il le considéra, un sourcil froncé, mais le sourire anodin. Lorsque l’autre leva les yeux vers lui, Dom devina qu’il mourait d’envie de lui brandir un doigt d’honneur sous le nez. Joueur, il décida de le provoquer un peu :
- Qu’est-ce que tu fais avec tout ça de si bon matin ? demanda-t-il d’un ton avenant.
- Je remonte dans ma chambre, ça te convient ?
Monaghan s’arrêta, et fit volte-face une fois que l’étudiant en pyjama l’eut croisé.
- Si c’est ce que je crois, Billy, ça m’étonne de toi !
- On en apprend tous les jours, répondit-il sans se retourner.
- Justement, je ne demande qu’à apprendre ! Tu as encore beaucoup de choses à m’expliquer.
- Je t’expliquerai rien du tout, parce que tu te conduis comme un gamin quand on te met en face de ton incompétence.
Dom fronça les sourcils, puis leva les yeux au ciel. Il gravit soudain les marches qu’il venait de descendre, et rattrapa Billy alors qu’il allait entamer la volée suivante.
- J’admets, j’ai tendance à être ébranlé devant les choses nouvelles. Mais c’est le principe de l’apprentissage, non ? Il faut être un peu bousculé pour être développé. D’ailleurs, toi qui est si stable pour ne pas dire sclérosé, tu as aussi beaucoup à apprendre de moi, tu sais ?
Après quelques marches, Billy se décida enfin à s’immobiliser et à se tourner vers lui.
- Mais ça m’intéresse pas, ce que t’as à me dire ! Bordel, je pensais que t’avais au moins compris ça !
- Pas la peine de devenir grossier… Mais il n’y a pas que toi que tout ça pourrait intéresser, pense un peu à ça.
- Eh bien dans ce cas va le raconter directement aux personnes concernées.
Il commençait déjà à tourner les talons, mais Dominic saisit brusquement sa main libre.
- Elles ne sont plus toutes là pour l’entendre, hélas.
Le petit air navré avec lequel il le considérait jurait avec la manière appliquée et presque obscène dont son pouce massait l’intérieur de la paume. Boyd scruta les yeux bleus assurés et faussement affligés ; tout interdit, il ne fit pas même un mouvement pour retirer sa main. Tout à coup, une bonne partie des crispations qui gravitaient autour de lui depuis un moment semblait suspendue. Dom les tenait en suspension au bout de son doigt, et chaque minuscule instant ainsi maintenu offrait à Billy une chance de pousser plus de crispations hors de lui, comme le pouce repoussait les nœuds de sa chair vers l’extérieur de sa paume. Il se gavait avec une frénésie paralytique de tout ce que la physionomie de Dominic lui envoyait.
- Oh, Billy, s’il te plait… Ne fais pas cette tête, j’apprécierais que la franchise soit retournée.
Il le lâcha, et, les mains derrière le dos, lui fit un sourire jusqu’aux oreilles, à pleines fossettes et ridules aux coins des yeux.
- Désormais je serai sage avec toi, promis.
Il descendit les deux marches à reculons, puis s’en retourna. Billy reprit aussitôt son chemin ; son esprit était en ébullition, mais une ébullition qui, si angoissante, était plutôt tournée vers la libération.


Peter et Renaud étaient toujours attablés. Le gringalet sirotait un mauvais jus d’orange, et le colosse plongeait sa cuillère dans un grand bol de céréales. Aucun mot particulier n’avait été échangé depuis que Boyd était parti s’habiller. Finalement, Jackson demanda :
- Et alors, si c’est pas indiscret, t’es retourné passer la nuit dans ton église avec Billy ?
- A ton avis, y serait revenu en pyjama, banane ? lui lança le gavroche avec un sourire plaisantin.
- Oh… T’étais dans sa chambre, alors ?
Sechan plissa les yeux, suspicieux.
- Tu serais pas en train d’me la jouer épouse bafouée, quand même ?
- Non, j’me renseigne… Quand tu rentres pas de la nuit sans rien dire à personne, ça me paraît à peu près légitime de m’inquiéter de ce que tu faisais.
- J’étais pas bien loin, t’en fais pas ! Billy et moi on était dans le parc, ça te va ?
- Sous la pluie ?
- Ouais.
Mic leva les yeux au ciel, et replongea sa cuillère dans les corn flakes. Sa réaction irritait le poulbot.
- Quoi ?
- Rien, soupira Michael.
- J’vois bien qu’t’as quelque chose à dire, alors accouche !
- Ôte-moi d’un doute : le ridicule de la situation ne t’a même pas traversé l’esprit ?
Renaud fronça les sourcils et reposa son verre.
- Ca vous amuse de coucher dehors au mois de novembre, par temps de pluie, comme des SDF, alors que vous avez des chambres à votre disposition ? Ca t’est devenu aussi insupportable que ça de partager une piaule avec moi, ou… ?
- D’accord, j’avais raison, c’est le coup de l’épouse bafouée. Mic, on avait dit qu’on se réduirait jamais à ça toi et moi…
Peter reposa sa cuillère, et le considéra quelques instants derrière ses lunettes rectangulaires.
- … C’est vraiment comme ça que tu comprends ma question ?
Renaud parut hésiter, et se mit à tripoter son verre de jus.
- Ecoute, j’aimerais juste qu’on évite d’avoir à se rendre des comptes. C’est comme ça qu’on fonctionne, non ?
Le colosse à crinière secoua légèrement la tête, les lèvres étirées en un sourire sarcastique.
- T’es vraiment con, des fois, tu sais ?
Il prit calmement son plateau et se leva de table, laissant un marlou interloqué et ennuyé.

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Camille
Lascive luciole
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 28 Juin - 23:51

OUAIS !!!!! C'est reparti-euh, c'est reparti-euh ! bounce

Merci merci !
Après avoir lu tout d'un coup ou presque, ce chapitre me parait un peu court, mais je fais ma difficile ^^
Je l'ai beaucoup aimé, on retrouve pas mal de sujets évoqués en passant dans les chapitres précédents et ça repose des jalons.

L'histoire avance entre Renaud et Billy, hein ! Razz
Citation :
Renaud eut une impression étrange alors qu’il aidait son collègue à se mettre debout et à se stabiliser. Il put sentir sous la chair de son bras que le cœur du pauvre Billy battait à une vitesse effrénée.
PDE, PDE ! Renaud & Billy
Ils sont mignons, tous les deux !

Quoique Billy nous refait le coup de la santé fluctuante et sans explication. Mettons ça sur le coup de la nuit passée dehors !
J'aime beaucoup les réactions de Renaud quand Billy fait la demoiselle en détresse ^^

Mais en même temps, Dom trouble le jeu, et il le fait bien ! J'aime beaucoup le personnage que tu as créé, il a une telle dualité qu'on ne sait jamais vraiment comment il va réagir. Charmeur, agressif, vexé ? Ca rajoute un peu de piment !

Citation :
Il se gavait avec une frénésie paralytique de tout ce que la physionomie de Dominic lui envoyait.
Je dois t'avouer que je suis assez dubitative sur cette expression. Une frénésie paralytique ? Belle antithèse, mais je ne vois pas trop ce que tu veux nous faire passer comme impression. Confused

Citation :
Le colosse à crinière secoua légèrement la tête, les lèvres étirées en un sourire sarcastique.
- T’es vraiment con, des fois, tu sais ?
Il prit calmement son plateau et se leva de table, laissant un marlou interloqué et ennuyé.
Non mais je rêve, comme qu'il cause à Renaud, celui là ?! Rolling Eyes Razz
Le trouble-fête... Va-t-il encombrer l'histoire naissante ? Quoique ce ne soit déjà pas très clair du côté de Billy, qu'on sent légèrement troublé par Dom. Embarassed

Plein de choses en développement, qui ne méritent que deux remarques :
BRAVO ! bravo et
La suite, pleaaase ... bounce

:kiss:
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 4 Juil - 16:41

Hourraaaaah, une review!!! Smile Merci Camille!

Citation :
ce chapitre me parait un peu court, mais je fais ma difficile ^^
Eh bien il fait le sacro-saint quota de 3 pages... Il arrive que je dépasse sur certains chapitres de SDP, mais nous dirons que c'est la longueur standard, quoi. Smile Faut pas m'en vouloir, les épisodes de SDP s'écrivent toujours trèèès lentement hélas! -_-'

Citation :
Quoique Billy nous refait le coup de la santé fluctuante et sans explication. Mettons ça sur le coup de la nuit passée dehors !
Nous verrons cela... *joint les doigts à la Mr Burns des Simpsons*

Citation :
Charmeur, agressif, vexé ? Ca rajoute un peu de piment !
Hé hé, vi, le Dominic est une substance instable.

Citation :
Je dois t'avouer que je suis assez dubitative sur cette expression. Une frénésie paralytique ? Belle antithèse, mais je ne vois pas trop ce que tu veux nous faire passer comme impression.
Ach! Ach! Damnation! ^^' Quelle mauvaise fortune, il se trouve que j'en étais justement particulièrement contente au moment où je l'ai trouvée. Il y a eu un petit blocage de quelques secondes et puis... une sensation de "voilà, c'est ça!" au moment où l'expression s'est formée dans ma tête.
Cela dit, tu fais bien de me signaler ce que tu ne sens pas de ton côté!
En fait, ce que je voulais exprimer par "frénésie paralytique", c'était, de deux choses l'une:
- le fait que le corps de Billy, ainsi que toute forme de réaction, soit paralysé.
- sa réceptivité, son empathie totalement exacerbées, comme s'il buvait à perdre haleine chaque petit élément de la physionomie de son interlocuteur pour en percevoir la portée.
En un mot, il est comme une porte grande ouverte: rien n'est susceptible de rebondir sur lui, rien ne va émaner de lui en réponse aux provocations de Dominic. Tout entre. Mais non content de laisser entrer, Billy aspire, tu vois ce que j'essaie de faire passer? Il fouille ce que le visage, la voix, les gestes de la main de Dom lui envoient, absorbe le plus possible pour comprendre et ne pas être en reste.

Enfin, voilà voilà, c'était ce que j'avais voulu exprimer.

En tout cas, merci encore pour la review qui ne s'est pas faite attendre.

Bisou bisou! ours I love you

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Lostie
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Localisation : la Champagne crayeuse ^^'

MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 10 Aoû - 16:41

aaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Bon sang de bois, on peut dire que j'aurais mis le temps pour la poster cerre rev!! Hem
Non mais d'abord on poste quand je n'ai absolument pas le temps de lire... et une fois que j'avais enfin lu, pas de temps pour la review! -_-
Bon allez, go go!! :pp

Citation :
Les chaises et les tables étaient encore complètement vides, et ils purent apprécier dans cette pièce un silence rare.
*imagine un RU totalement silencieux*
On nage en pleine SF dans cette fic… Razz

Citation :
Hé, Bill, pendant que t’es là, tu pourrais me couper une demi-saucisse, s’te plait ?
*avait trouvé la réplique plutôt marrante, sur le coup ^^’’

Citation :
- Ca va pas ?
Le jeune homme lui répondit en s’effondrant de toute sa masse sur le sol.
Eh bien, on peut dire que Billy a l’art des réponses claires et nettes… Neutral

Citation :
- Billy ! Putain, qu’est-ce qui t’arrive encore ?
Niark, niark, niark… ! ! Twisted Evil
(on notera au passage la grand utilité de mes commentaires… Rolling Eyes)

Citation :
Sa nuque était détendue comme celle d’un animal mort.
Hmm, j’aime bien ces images…^^ la viande froide, l’animal mort… Je trouve que ça n’immerge que d’avantage dans cette atmosphère pour le moins nauséeuse qui, me semble-t-il, entoure Billy en ce début de chapitre… ;D

Et tant que j’y songe, ça n’a pas grand chose à voir, mais… j’avoue honteusement ignorer ce qu’est l’EMS… -_-’’

Citation :
Billy considéra le couteau qui gisait toujours à deux pas de lui
Voyez-vous ça… ^^
Ils servent la charcuterie à l’opinel dans cette cantine ? Mr. Green

Citation :
Percevoir la chaleur corporelle sous le pyjama l’encouragea instinctivement à la protection, comme s’il avait eu affaire à un individu plus jeune que lui, qui réclamait une attention approfondie.
Ouh, la fourbe… voyez comme elle nous amène… « l’évidence » Renaudbillienne en une petite phrase a priori innocente… ^^ (encore que l’attention « approfondie »… Rolling Eyes)

Citation :
Il se laissa tomber sur son matelas sans drap
Ah, que de souvenirs… Mr. Green

Citation :
et défit son peignoir
Ah, que d’images… drunken Mr. Green

Citation :
à condition de comprendre réellement les personnages du conte de Perrault.
Note pour moi-même : relire Perrault… ^^’
(pas de ma faute si je préfère Barbe Bleue et le Chat Botté…)

Citation :
- Elles ne sont plus toutes là pour l’entendre, hélas.
Ces auteurs sadiques… faut toujours qu’il y ait un moment où je décroche… -_-’

Citation :
Il se gavait avec une frénésie paralytique de tout ce que la physionomie de Dominic lui envoyait.
Eh bien, heureusement que Camille est là, autrement je ne sais même pas si j’aurais pris la peine de citer cette phrase ! (que voulez que je fasse, face à des littéraires ? ^^’)
Ce qu’il y a de bien, c’est que j’ai déjà mon explication, en fin de compte. Encore qu’en relisant ta réponse à Camille, j’ai même l’impression qu’il y a comme un dédoublement… non, plutôt que Billy… sort de lui-même si j’ose dire… Je m’explique ^^’ : il y a d’un côté le Billy paralysé qui se fait masser la paume (wrrr, quel délicieux paragraphe… ^^’’)par Dom et semble incapable de la moindre réaction, et de l’autre (enfin, au même endroit géographique, entendons-nous… ^^’)le Billy qui non content de recevoir passivement, vient presque chercher… je ne sais pas si j’ai vu juste mais j’aime cette dualité… Donc pour moi au final, l’antithèse rend plutôt bien. ^^

Citation :
- Tu serais pas en train d’me la jouer épouse bafouée, quand même ?
Ouh, la vile… moi qui m’était prise de sympathie pour Michael dans cette partie (pas que je ne l’aimais pas avant, mais bon… ^^’)

Citation :
- T’es vraiment con, des fois, tu sais ?
note pour moi-même : dire plus souvent cette phrase à certains… -_-’’’

Bon, j’aime plus ou moins la note sur laquelle tu nous laisses… c’est quand même dommage pour ces deux-là.
Et sinon, j’attends avec grande impatience la suite des petits échanges Dom/Billy, qui s’annoncent de plus en plus intéressants… ^^
Ah ! Et il semblerait que je vais devoir revenir sur le cas Lili, sans parler de la remarque de Dom qui m’a tout de même laissée perplexe…

(ah, et je n'aurai pas l'impudence de réclamer la suiteuuu à grands cris, vu que mes propres écrits sont en léger stand-by... *fuit très loin* ^^''')

Champi Bisouuus !!! Champi Salut
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 20 Aoû - 15:34

Woupeee, une autre review!! Razz

Citation :
*imagine un RU totalement silencieux*
On nage en pleine SF dans cette fic…
N'est-ce pas que ça fait un effet particulier? Mr. Green

Citation :
Hmm, j’aime bien ces images…^^ la viande froide, l’animal mort… Je trouve que ça n’immerge que d’avantage dans cette atmosphère pour le moins nauséeuse qui, me semble-t-il, entoure Billy en ce début de chapitre…
Parfait, parfait, c'était bien le but. ^^

Citation :
j’avoue honteusement ignorer ce qu’est l’EMS…
Ouh, ma pauvre, il n'y a rien de honteux là-dedans! Du moins, je dirai seulement que j'ai moi-même eu besoin d'aller chercher le nom. Il s'agit de l'équivalent britannique du "SAMU". Mon premier réflexe était de dire SAMU, puis j'ai réalisé aussitôt que le nom devait être différent en Angleterre. Une petite recherche google, et voilà: l'EMS.

Citation :
Ouh, la fourbe… voyez comme elle nous amène… « l’évidence » Renaudbillienne en une petite phrase a priori innocente…
Vi, je sais, je suis vile... Mr.Red

Citation :
(encore que l’attention « approfondie »… )
Bon. En fait, tu es plus vile que moi. ^__________^'

Citation :
Ah, que d’images…
*heureuse d'avoir mis des petites bulles plein la tête de Lostie*

Citation :
(pas de ma faute si je préfère Barbe Bleue et le Chat Botté…)
Oh mais je te comprends, ne t'en fais pas. study

Citation :
Citation:
- Elles ne sont plus toutes là pour l’entendre, hélas.

Ces auteurs sadiques… faut toujours qu’il y ait un moment où je décroche… -_-’
En fait, dans mon esprit, cette phrase correspond plus ou moins à un aveu de la part de Dominic. Il lui déclare en quelque sorte à mots très couverts que, oui, il a du sang sur les mains, et que oui il est quelqu'un de spécial.

Citation :
Billy… sort de lui-même si j’ose dire… Je m’explique ^^’ : il y a d’un côté le Billy paralysé qui se fait masser la paume (wrrr, quel délicieux paragraphe… ^^’’)par Dom et semble incapable de la moindre réaction, et de l’autre (enfin, au même endroit géographique, entendons-nous… ^^’)le Billy qui non content de recevoir passivement, vient presque chercher… je ne sais pas si j’ai vu juste mais j’aime cette dualité…
Oui, cette perspective est tout à fait juste. Ca correspond assez bien à ma vision de l'instant... Je suis contente que tu aies été sensible à cette antithèse assez dure à rendre. Smile

Citation :
Ouh, la vile… moi qui m’était prise de sympathie pour Michael dans cette partie
Je crois que sur ce coup-là, Michael apparaît tout de même sous un jour assez avantageux par rapport à Renaud, non?

Citation :
Bon, j’aime plus ou moins la note sur laquelle tu nous laisses… c’est quand même dommage pour ces deux-là.
He he... ^^' Bah, tu sais... rien est simple.
*se dit qu'avec une phrase pareille, Lostie va forcément se sentir réconfortée et totalement dé-frustrée d'un seul coup...* -___-'


En tout cas, merci beaucoup pour cette belle review. Je me remets à la suite dans l'après-midi, donc elle ne devrait pas trop tarder. De ton côté, laisse-moi te dire que je désapprouve solennellement ton comportement. BACK TO WRITING!!!

*sort pour l'occasion son Merry de combat*


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Camille
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 20 Aoû - 20:17

*hors sujet* J'adore le Merry de combat !! *fin du hors sujet*

Aaaaah ! La suite bientôt !
J'attends ça impatiemment !
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 31 Aoû - 17:48

Contente que le célèbre Merry de combat te plaise, Camille. ^^

Voici la suite. Un autre épisode devrait arriver d'ici la fin du mois, je pense. Smile






C’est un peu plus tard dans la matinée que Renaud se rendit à l’infirmerie. Il était encore un peu tourneboulé par l’anicroche du petit-déjeuner. Il avait réellement du mal à cerner le regard que Peter portait sur tous les évènements de ces derniers jours. Taciturne, pudique, et apparemment si avisé et pétri de sang-froid que cela en devenait frustrant, il donnait constamment l’impression d’en savoir plus que les autres sans partager le fond de sa pensée. Il ne s’agissait que d’une impression qui ne se rattachait à strictement rien, mais c’était là exactement l’effet qui en résultait. Ce comportement en non-dits et en substantifique sagesse dénuée d’excès, voire d’expression, le renvoyait trop brutalement à sa propre condition de gars simple. Lorsqu’il était heureux, Renaud chantait tout haut et faisait des conneries ; lorsqu’il était triste, Renaud chialait un peu et s’envoyait quelques bières ; lorsqu’il était énervé, il gueulait et cognait quelque chose – de préférence un objet. Il avait en temps normal une bonne empathie avec Peter, sans doute ancrée dans l’habitude d’une petite vie d’étudiants commune – aux deux sens du terme. C’était comme si cette entente naturelle avait du mal à résister à l’épreuve de la nouveauté. Quoi qu’il en soit, Sechan était décidé à retourner voir Lili sans sortir de ses gonds. S’il lui fallait définitivement être plus subtil, alors il ferait de son mieux dans le propre intérêt qu’il avait à décoder les émotions de ceux qui avaient besoin de les masquer. Ce n’est pas pour autant que la chose deviendrait une seconde nature. Pourquoi diable faire compliqué quand on pouvait faire simple ? songea Renaud en poussant la porte de l’infirmerie. Cette fois, l’infirmière le laissa entrer, après l’avoir averti que la police serait bientôt là, et qu’il devrait alors céder la place. Il frappa précautionneusement à la porte de la chambre, et attendit que la jeune fille l’invite à entrer pour tourner la poignée.
- Salut, lança-t-il calmement en refermant derrière lui.
Lili lui sourit brièvement en réponse. Renaud s’approcha du lit, et attrapa une chaise pour s’asseoir auprès d’elle. Sur le moment, il songea à lui demander comment elle allait… puis il se ravisa. Pour ne pas rester planté là bêtement, il lui caressa gentiment la tête. Lysiane ne le regardait pas, et arrangeait inutilement le pli de son drap. Le marlou soupira, se gratta un instant la tempe, puis dit :
- J’m’excuse si j’me suis énervé hier soir. J’pouvais pas faire autrement mais… j’voulais pas t’ennuyer un peu plus, désolé.
L’étudiante secoua la tête. Ses yeux s’embuaient petit à petit, alors qu’elle faisait tout pour rester impassible. C’était important.
- Hé, petite, t’en fais pas, c’est fini maintenant.
Avant d’avoir pu cligner des yeux pour clarifier son champ de vision, Lili se retrouva entourée par la présence de Renaud. En appui contre lui, ses bras la serrant doucement, sa joue un peu rêche posée sur son front… elle était cernée.
- J’suis là… mais y faut que tu me laisses t’aider. Je suis désolé de ce qui s’est passé… et j’peux rien y changer. Mais j’peux au moins leur faire payer.
Il se détacha légèrement, juste pour pouvoir chercher son regard, et essuyer sa joue en y frottant son pouce.
- Dis-moi où s’est arrivé, et à quoi y ressemblent.
Lysiane prit une grande inspiration pour tenter de reprendre contenance face à tant de tendresses. Si tout cela n’avait été qu’un fantasme, il aurait réellement eu des airs de romance courtoise : le chevalier Renaud priant sa dame d’aller combattre pour son honneur. Comme il aurait été mignon et pathétique de fondre en larmes devant ces beaux yeux délavés pressants, et de lui déclamer le fameux « Va, cours, vole et me venge » du théâtre français !
- Tu vas pas aller faire la peau à deux mecs, Renaud, réfléchis une minute, lâcha-t-elle finalement.
- Je serai pas tout seul. Et j’leur ferai pas la peau. J’veux juste qu’ils s’en souviennent assez longtemps pour leur passer l’envie de recommencer.
- Non, ça servira à rien d’autre que d’t’attirer des ennuis. Laisse tomber.
Sechan remua un peu sur son siège. Il devait rester posé et digne de confiance s’il voulait avoir une chance de la convaincre.
- Ecoute, là maintenant c’est pas à toi de me protéger. J’sais que tu essaies de faire ce qui te paraît l’plus juste pour tout le monde, mais ces flics à qui tu vas tout raconter ils vont faire quoi ? Leur passer les menottes et les envoyer dans un tribunal où on leur donnera du « Monsieur » et où y z’en prendront pour une dizaine d’années, cinq en conditionnelle ?
Lili ne répondit pas.
- Et quand j’dis ça, ajouta Renaud, c’est en supposant qu’les pandores les chopent, parce que sache qu’ils sont beaucoup moins compétents que les potes que j’ai en ville quand y s’agit de lever du pauv’type…
Son amie renifla vivement et affermit sa voix pour affirmer :
- J’raconterai rien aux flics non-plus, Renaud ! Tu vas m’lâcher avec ça ?
Le jeune homme la scruta un moment, fronçant les sourcils.
- Tu vas rien raconter aux flics ?
- Non.
- Tu vas rien raconter aux flics ! répéta-t-il dans une exclamation désemparée.
Il relâcha la petite rousse, se leva de son siège, saisit sa casquette sur le haut de son crâne et se mit à faire quelques pas le long du lit.
- Mais ma pauvre fille, qu’est-ce qui se passe dans ta tête, EXACTEMENT ?
Ce n’était décidément pas le bon jour pour apprendre à être subtil et réfléchi comme Michael.
- A quoi tu veux que ça serve ? rétorqua Lysiane, la voix haut perchée sous l’effet de sa gorge serrée. C’est pas d’les foutre en taule qui effacera… Ca m’donnera de la satisfaction, tout au plus ? A quoi bon ? Et pis de toute façon si tu crois que ça représente seulement quelque chose après ce que…
Ses paroles furent étranglées, et elle attrapa un mouchoir qu’elle plaqua contre son nez et sa bouche, comme dans l’espoir de plonger à l’intérieur et d’être débarrassée de la satanée présence de Renaud. Celui-ci s’approcha à nouveau, s’appuyant sur le lit pour l’examiner de plus près, comme si cette proximité visuelle était susceptible de l’aider à comprendre.
- Lili, explique-moi ce qui se passe. Depuis quand t’as décidé de tendre l’autre joue au lieu de te défendre ?! Est-ce que tu vas les laisser te détruire à ce point ? EST-CE QUE TU TROUVES CA NORMAL ?
- Ne me crie pas dessus !
- Ne reste pas sans rien faire… bon sang !
Le marlou dut se retenir pour ne pas donner un coup de pied dans la table de chevet. Il braquait un regard dur dans les yeux fatigués de Lysiane, qui le soutenait tout aussi fermement.
- Arrête, Renaud. Tu peux pas te rendre compte à quel point c’est vain tant que t’es pas concerné.
- Mais ma puce, tu n’as pas le droit de te la fermer, comme ça. Qu’tu veuilles endurer dans une espèce de noblesse à la mords-moi-l’nœud, ça te concerne. Mais t’as pas le droit de laisser ces gars intacts dans la nature pour qu’y puissent s’en prendre à d’autres filles, est-ce que t’as seulement pensé à ça ? Ca te concerne pas seulement toi, ça concerne toutes les futures victimes de ses enfoirés, et c’est pas à toi de décider de les mettre en danger.
- Ecoute, reprit-elle en hoquetant à nouveau, pour la culpabilisation je crois qu’ça ira. Pour l’instant tu vois ma responsabilité vis-à-vis des autres est vraiment le cadet de mes soucis ! Fous-moi la paix avec ça, j’t’en supplie, parce que j’ai pas besoin d’toi pour m’engueuler ! Rassure-moi, dis-moi que ça va aller, dis-moi que tu es là pour moi et pas pour eux !
Renaud poussa un soupir éprouvé.
- A quoi bon être là pour toi si je ne sers à rien ?
Il se redressa. En ouvrant la porte, il lui jeta un dernier coup d’œil qui n’était ni excédé ni révolté, mais plutôt amer et attristé, puis il sortit en secouant légèrement la tête. On allait bien voir ce qu’Agnès penserait de tout ça une fois qu’il l’aurait mise au parfum !


Au milieu de l’après-midi, Shenol, la conseillère d’éducation plus large que haute de l’établissement, vint interrompre le cours de littérature française dans l’amphithéâtre où se trouvait Dominic. Elle semblait plutôt à bout de nerfs lorsqu’elle lança :
- Bonjour. Excusez-moi, je viens chercher Monsieur Teisseir. Prenez vos affaires, jeune homme.
Monaghan se tourna vers son voisin, qui se levait. Jonas soupirait, et il lâcha tout bas sur un ton blasé :
- Oh, putain…
- Un problème, camarade ? demanda Dom en français.
- Ouais… J’t’en reparle à la fin du cours.
Il le regarda descendre les escaliers avec son sac, un peu intrigué. Qu’est-ce que Teisseir avait encore pu fabriquer ? Il sourit brièvement, tapota un instant son stylo contre ses dents, et se concentra à nouveau sur les Rougon-Macquart et les phénomènes héréditaires dans l’œuvre de Zola...

En sortant de l’amphi accompagné de Coralie et Noémie, Dom descendit dans le hall, puis sortit dans le parc pour voir si Jonas était quelque part en vue. Après un petit tour des locaux, il l’aperçut sur le parking de l’école, en compagnie d’un couple de quinquagénaires, probablement ses parents. La discussion animée, les visages crispés et les ports obstinés lui apprirent que quelque chose d’important devait être remis en question.
- Tu crois qu’ils viennent le chercher lui aussi ? demanda Coralie.
- Comment ça ? Y a des vieux qui sont venus retirer leurs rejetons de l’établissement ?
- Oui, plusieurs. Dan m’a dit qu’une petite dizaine avait déjà été embarquée depuis hier. On sait même pas si c’est une affaire provisoire ou définitive. D’après lui Jonas et ses parents ont déjà eu une petite engueulade téléphonique à ce sujet ce matin au réveil…
- Ils vont les déscolariser en début décembre parce qu’on a retrouvé un cadavre de gamin dans les locaux ?
- Oh, ça ne me paraît pas complètement outrancier comme réaction mais… c’est vrai que c’est peut-être pas la décision la plus fine à prendre, commenta Noémie.
- Sans compter que la victime n’était même pas un étudiant, surtout… ajouta sa comparse.
- Pauvre Teisseir…
Ce disant, Dominic n’aurait souhaité qu’une chose : que l’argumentation de l’autorité parentale suffise à arracher le fiston à la BRS le plus tôt possible. En cas d’enquête, le seul micro-doute qui pouvait encore subsister dans le parfait déroulement de son petit forfait se trouverait ainsi écarté. Mais à en juger par ses traits butés, ledit fiston ne semblait pas résolu à céder devant l’inquiétude familiale.
- Vous avez fini aussi, vous deux ? demanda-t-il finalement.
- Non, moi j’ai encore deux heures d’Histoire de l’art, là. On est en semaine B… soupira Noémie en ouvrant sa sacoche pour y trouver quelque chose à grignoter – il y avait souvent de bonnes choses à grignoter dans la sacoche de Noé.
- Moi oui mais faut que je bosse un moment sur un TD avec Daniel. Il doit me rejoindre en salle commune. Tu fais quoi, toi ?
- Moi, je vais faire un tour. Ca vous dirait qu’on se fasse un petit resto ce soir, en espérant fêter la sédentarité de Jonas ?
- Ah tiens, c’est une bonne idée ça, répondit Noémie.
- A sept heures dans le hall ? proposa Coralie.
- Ca marche, tu proposeras à Dan… Et puis dites à Teisseir de me tenir au courant si vous le voyez avant moi.
Sur ce, Monaghan se dirigea vers le grille dans le but d’aller faire une petite promenade et de se trouver un endroit adéquat pour lire un bon bouquin.


Lorsque Renaud rentra dans sa chambre en fin de journée, il trouva Peter à son bureau, penché sur ses devoirs.
- Salut…
- Salut.
Lorsque son coloc leva un instant les yeux sur lui, il le vit déconfit, morne, penaud, la figure décomposée et le teint un peu blanchâtre.
- Ben qu’est-ce qui t’es arrivé ? demanda-t-il aussitôt.
Sechan focalisa son regard un peu vitreux et embué sur Michael. Il fit quelques pas vers lui, un peu hagard, puis ôta sa casquette et lâcha en considérant le plafond bas :
- J’crois qu’j’ai besoin d’un câlin, Mic. Je sais que j’suis con et tout… mais j’ai b’soin d’un câlin, est-ce que j’peux ?
Peter fronça les sourcils et recula son siège de bureau. Il se tourna vers le gavroche et lui fit signe d’approcher.
- Qu’est-ce qui se passe ? lui demanda-t-il d’un ton indulgent en l’installant sur ses genoux.
- Il se passe que Lili a décidé de ne pas dénoncer ses agresseurs, mais même pas aux flics, je veux dire. Il se passe que j’étais complètement déconcerté et que j’en ai parlé cet aprèm à Agnès et Aldebert pour qu’ils m’aident à faire quelque chose, et qu’ils sont devenus aussi hystériques que moi hier soir et m’ont plus ou moins fait savoir que si Lili agissait comme ça, c’était la faute à mes chansons parce qu’elles fustigent les systèmes policiers et judiciaires en général.
Renaud avait dit tout cela d’une voix déconfite, les épaules voûtées et les jambes pendantes. Il avait l’air définitivement abattu.
- Holà… soupira Jackson.
Il resta silencieux quelques instants, grattant la barbe sur sa joue droite, l’air contrit et dérangé.
- Elle t’a expliqué la raison pour laquelle elle faisait ça ?
- A peine. Elle m’a simplement dit que c’était vain et que ça ne lui apporterait aucune satisfaction valable, en somme.
- … C’est très douteux, comme raisonnement.
- Je sais ! Putain, y a vraiment que’que chose que j’comprends pas là-dedans…
- Ca lui ressemble pas ce mépris de la punition. … Rappelle-toi la première fois qu’une fille t’a hué au local, j’ai cru qu’elle lui avait déboîté la tête après la baffe qu’elle lui a collé…
Renaud sourit un instant, avant de retourner à son sombre désarroi. Il considéra finalement son acolyte :
- Tu crois que c’est à cause de moi qu’elle le prend comme ça ?
- Mais non, répondit immédiatement Peter comme si la question ne se posait même pas. On sait tous bien qu’à un stade comme celui-là ce genre de petit accroc idéologique n’entre même pas en considération. Les principes moraux ne tiennent que jusqu’à ce qu’ils nous concernent sérieusement, tu sais.
- Mais alors pourquoi ? Pourquoi elle fait ça, putain ? J’te jure que j’ai essayé d’comprendre, Mic ! J’me suis pas énervé, et pourtant j’avais d’quoi…
Peter l’enlaça et le serra un peu contre lui.
- C’est bien. C’est bien d’avoir essayé de saisir ça calmement. Ca peut que nous aider à la convaincre. … Tu sais, dans quelques temps… quand le trauma sera un peu derrière elle… peut-être qu’on pourra la décider à faire quelque chose en discutant de la situation à froid.
- Tu crois ? demanda le poulbot, le menton appuyé contre la tignasse hirsute.
- Je sais pas… Ca reste une possibilité, en tout cas.
- Bon. On va s’raccrocher à ça, conclut Renaud, le bras passé derrière l’épaule de son compère.

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Camille
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 21 Sep - 13:47

Je réponds un peu tard à ta publication, je suis désolée Neutral
Mais je réponds, et c'est que du bon !

J'aime de plus en plus Renaud. Ce qui est bien, parce que comme c'est lui le personnage principal du chapitre, j'en profite ^^
Il est vraiment attachant, avec ses sentiments à fleur de peau et ses réactions pas toujours très adéquates mais tellement sincères !

Citation :
Pourquoi diable faire compliqué quand on pouvait faire simple ?
La question universelle ! Si tu nous trouve une réponse, je suis preneuse Mr. Green
Citation :

Ses yeux s’embuaient petit à petit, alors qu’elle faisait tout pour rester impassible. C’était important.
Je suis très touchée par ce que tu décris de Lili. Je ne sais pas comment tu réussis à transmettre ainsi ses émotions, dans un tel contexte, mais c'est vraiment bien. J'y crois vraiment, et farnchement, pauvre lili...
Et en même temps, tu mènes à merveille la contradiction avec Renaud, c'est difficile de dire qui a raison. Renaud a raison, mais Lili a une réaction tellement compréhensible - sauf par Renaud ^^.

Citation :
- Mais ma pauvre fille, qu’est-ce qui se passe dans ta tête, EXACTEMENT ?
Ce n’était décidément pas le bon jour pour apprendre à être subtil et réfléchi comme Michael.
Ce passage résume à lui tout seul ce que je ressens de la relation entre Renaud et Lili : Lili désemparée, et Renaud qui VEUT l'aider mais qui est si maladroit !
Et en même temps, tu réussis à nous faire rire, ou sourire avec ta deuxième phrase. Je suis toujours impressionnée Wink
Citation :

les Rougon-Macquart et les phénomènes héréditaires dans l’œuvre de Zola...
Expérience de première main ? Laughing Ca m'a l'air passionant, ça ...
Je serais curieuse de savoir s'ils étudient réellement Zola en Angleterre.

Citation :
Ce disant, Dominic n’aurait souhaité qu’une chose : que l’argumentation de l’autorité parentale suffise à arracher le fiston à la BRS le plus tôt possible. En cas d’enquête, le seul micro-doute qui pouvait encore subsister dans le parfait déroulement de son petit forfait se trouverait ainsi écarté.
Mais qu'il est cynique ! C'est sensé être son ami, non ? J'ai vraiment hâte d'en apprendre plus sur Dom : pourquoi est-il comme ça ?
En même temps, il est efficace. Si on oublie la morale, ce genre de chose, il a de quoi être l'assassin parfait ^^
Citation :

- J’crois qu’j’ai besoin d’un câlin, Mic. Je sais que j’suis con et tout… mais j’ai b’soin d’un câlin, est-ce que j’peux ?
Mr. Green Voilà pourquoi j'aime Renaud. Le genre de truc que je ne dirais JAMAIS. Il est tellement naturel, simple dans le bon sens du terme !
Là, je voudrais vraiment être Mic Razz

Citation :
si Lili agissait comme ça, c’était la faute à mes chansons parce qu’elles fustigent les systèmes policiers et judiciaires en général.
Oh bon sang ! Quand j'ai lu ça, j'ai bondi ! C'est quoi ces copains ! Attaquer Renaud dans ce qu'il de plus profond, dans ses convictions ! C'est horrible. Et le pire, c'est qu'on y croit un moment. Je me mets à douter de Renaud !
Enfin, une petite phrase bien trouvée qui fait un effet du tonnerre ^^
Citation :

- Bon. On va s’raccrocher à ça, conclut Renaud, le bras passé derrière l’épaule de son compère.
Belle conclusion. Un peu d'espoir dans un océean d'incompréhension.

Bravo pour ce chapitre, merci beaucoup. Et vive Renaud !
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 25 Sep - 14:16

Oooh, merci pour la review!
Aucun souci pour le délais, ma chère! Je suis suffisamment ravie que tu m'aies fait un petit commentaire Smile. De mon côté, j'aurai sûrement fini la suite la semaine prochaine.

Citation :
Je suis très touchée par ce que tu décris de Lili. Je ne sais pas comment tu réussis à transmettre ainsi ses émotions, dans un tel contexte, mais c'est vraiment bien. J'y crois vraiment, et farnchement, pauvre lili...
Ah, je suis vraiment heureuse que tu me dises ça. Le problème est toujours de savoir si les émotions font vraies, dans un récit imaginaire. Pour la détresse de Lili, je voulais à la fois la décrire précisément, mais je ne pouvais pas en mettre des tartines interminables sous peine de laisser toute la place au pathos, ce qui n'était vraiment pas le but. Je suis donc vraiment contente que son trouble t'ait parlé.

Citation :
Et en même temps, tu mènes à merveille la contradiction avec Renaud, c'est difficile de dire qui a raison. Renaud a raison, mais Lili a une réaction tellement compréhensible - sauf par Renaud ^^.
Merci! Hé oui, ce n'était pas si difficile de donner pour autant pleine légitimité à l'incompréhension de Renaud... là encore, tant mieux si tu as ressenti les deux opposés comme cohérents. Smile

Citation :
Et en même temps, tu réussis à nous faire rire, ou sourire avec ta deuxième phrase. Je suis toujours impressionnée
Ooh, merci ça me fait plaisir que tu apprécies. ^^

Citation :
Je serais curieuse de savoir s'ils étudient réellement Zola en Angleterre.
Sûrement pas partout, c'est un fait... Je me retrancherai derrière le fait que je présente la BRS plutôt comme une école littéraire haut-de-gamme, et relativement "francophile" puisque beaucoup d'élèves étudient cette langue. Bon, je sais, en même temps ça m'arrange bien... ^^'

Citation :
Voilà pourquoi j'aime Renaud. Le genre de truc que je ne dirais JAMAIS.
Mr. Green Oui, je le vois comme un garçon de conviction, un garçon très têtu, mais pas un garçon fier. Il ne se braque que sur ce qui en vaut effectivement la peine (selon lui), en somme. N'est-ce pas qu'il est trognon, là? ^______^

Citation :
C'est quoi ces copains ! Attaquer Renaud dans ce qu'il de plus profond, dans ses convictions ! C'est horrible. Et le pire, c'est qu'on y croit un moment. Je me mets à douter de Renaud !
Ce sont des copains eux aussi un peu emportés... Confused Après avoir appris la décision de Lili, ils ont plutôt pétés les plombs (ils n'avaient pas pris la peine de se dresser une discipline mentale ce jour-là, eux...) et ont cherché frénétiquement une explication plausible. C'est tellement incompréhensible de l'extérieur... Il FAUT se trouver quelque chose qui explique, pour atténuer l'effet déstabilisant d'une telle nouvelle, et puis parce que c'est le début d'une possibilité d'y remédier.
Et puis, on sait à quel point Lili admire silencieusement Renaud, on sait toute l'importance qu'elle attache à son estime... ça paraît sans doute insignifiant dans ce genre de situation mais, si ces sentiments et points de vue font partie intégrante d'elle... pourquoi cela ne jouerait pas? Renaud a écrit tellement d'accusations contre la police, la sentence judiciaire, la prison... Les deux potes pourraient voir là-dedans au moins un élément qui aurait incité Lysiane à se taire.
Enfin, moi j'dis ça pour donner la parole à Aldebert et Agnès, hein! Peter n'est pas d'accord là-dessus! ^^
A toi de voir... Wink

Bisous et à bientôt Camille!

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 20 Fév - 23:53

Eh oui, ça fait longtemps... mais il faut croire que je ne lâche pas le morceau. Je vous largue ça en passant, au cas très improbable où certaines personnes suivraient encore l'histoire. ^__________^'







Il n’était pas très tard lorsque Dominic réintégra les locaux ce soir-là. Il s’avérait finalement que Teisseir avait réussi à se battre bec et ongles pour conserver sa place au sein de l’école. Ca n’arrangeait pas au mieux ses affaires, s’il fallait en tirer une conclusion. Pour l’heure, cependant, son colocataire était allé finir la soirée chez des amis, les autres étaient restés un peu en ville, et lui se sentait animé d’une fébrilité curieuse. Il n’avait pas pu se permettre de traîner dehors indéfiniment : il avait un rendez-vous. Certes, la rencontre n’avait rien de formel, mais il avait affirmé qu’il lui donnerait lieu et la perspective était des plus palpitantes. Il passa la porte de l’infirmerie, puis frappa à celle de la chambre et laissa son occupante l’inviter à entrer cette fois. La petite rouquine avait encore beaucoup pleuré ce jour-là, si l’on en croyait les vaisseaux rougis de ses yeux. Restait à savoir ce dont ces larmes résultaient, et où elles allaient les conduire.
- Mauvaise journée, hein…
Le ton tenait plus du pari que de la question.
- Les gens ne comprennent pas la perspective que j’adopte, se contenta d’affirmer Lili en regardant ailleurs.
Monaghan resta debout non loin de la porte.
- A quoi ça pourrait bien servir que je cherche à leur infliger un châtiment de pacotille, quand je sais que de toute manière je n’y trouverai pas mon compte ?
- C’est ce que tu as dit à messieurs les policiers ? s’enquit-il.
- Oui.
Il y eut un bref silence.
- Ils n’ont pas spécialement su apprécier le sens de la réflexion, ajouta la jeune fille.
- Oserai-je te demander en quel sens, précisément ?
- « Sens » au sens orientation.
Dominic sourit, de ce sourire large mais fermé qui creusait des fossettes sous ses joues. Lysiane fut surprise de constater combien ils se suivaient, à présent qu’un rapport avait été établi dans une marginalité convenue. Elle rejeta un coin de couverture, sans rien dire de particulier, pour voir s’il allait réellement se passer quelque chose quand la situation paraissait toujours aussi fictive. Son condisciple s’approcha et ce n’est qu’alors qu’elle se décala pour lui laisser une place. Monaghan quitta ses chaussures, dans lesquelles il était pieds nus, et s’installa dans le lit, considérant la petite Lili les bras croisés.
- Je suis pas sûre de comprendre l’intérêt que tu as là-dedans, dit-elle d’abord. C’est une histoire de conscience ?
- Non. C’est juste quelque chose de nouveau. Ca m’ouvre des options différentes, je suppose.
Ils se parlaient à présent côte à côte, sans se regarder.
- … Donc c’est vrai, tu as déjà fait l’expérience ?
- Ca je te le dirai peut-être plus tard.
Lysiane resta silencieuse quelques instants, plissant brièvement le nez dans une grimace circonspecte. Finalement, elle éteignit la lumière, se tourna sur le côté et Dominic se pencha légèrement pour lui prêter l’oreille.

Par de simples mots, elle s’employa à ourdir son retour de bâton. Cela ne nécessitait pas un discours compliqué, avec suffisamment de pathos et de figures de rhétorique pour changer ledit bâton en serpent. Les termes les plus informatifs étaient ceux qui conduiraient à la fin voulue. Elle ne put toutefois les énoncer tous sans que sa voix ne tremble. Son complice ne fit aucun geste pour l’apaiser, et Lili ne le désirait pas. Tout le temps que dura le charme un peu sordide, il demeura immobile, allongé dans le lit sans mot dire. Lorsqu’il eut tout écouté, il resta ainsi encore un moment, le temps que sa comparse finisse par ravaler les larmes qui avaient débordé. Puis il s’anima enfin, se leva sans remettre ses souliers, serra le haut du bras de la jeune fille d’une poigne ferme, et Lysiane perçut sa forme se faufiler dans le noir et se glisser hors de la chambre.


Le jour suivant, en fin de journée, Boyd vint frapper à la porte de la chambre de Michael et Renaud. Ce dernier vint lui ouvrir, les traits fatigués et défaits.
- Ah, salut Billy…
- Salut… Ca va à peu près ? lui demanda-t-il en voyant sa mauvaise mine.
Sechan haussa mollement les épaules en tirant sur sa cravate, qu’il était en train d’enlever.
- Pas très bien… répondit-il honnêtement.
Boyd acquiesça par un discret son ennuyé.
- J’imagine que vous n’allez pas au local, ce soir…
- Non, confirma laconiquement Renaud en secouant légèrement ses cheveux mal peignés,
les yeux baissés par l’affliction.
- Tu… veux faire quelque chose, du coup ? demanda prudemment Billy, regrettant déjà de l’avoir dérangé.
- En fait, c’est déjà prévu qu’on aille boire un verre avec la bande.
- Ah, dit l’autre garçon en levant brièvement une main pour montrer qu’il ne voulait pas s’interposer. D’accord. Bon alors à la prochaine fois !
Il n’avait pas eu la prétention de lancer « à demain, alors » mais, comme il allait prendre congé, le Français s’empressa de lui préciser :
- Non mais t’es con, toi, tu viens avec nous !
- T’es sûr ? Parce que si vous avez prévu un truc entre vous…
- Oh tu sais nous on est pas comme ça… M’enfin heu… c’est comme tu veux, parce que ce sera p’têt’ pas très jouasse, le prévint Renaud en retournant dans sa chambre pour enlever sa veste, laissant la porte ouverte à son compère.
Billy entra à sa suite et referma derrière.
- J’imagine que… Lili ne voudrait pas spécialement que j’aille la voir. Elle doit préférer que les autres la laissent tranquille.
- Plus que ça, répondit Sechan de derrière la demi-cloison où il farfouillait dans ses fripes. Aujourd’hui elle n’a voulu voir personne. Evidemment, pendant c’temps, y faut pas qu’on s’inquiète…
L’autre étudiant resta silencieux un instant, puis prit l’initiative de changer de sujet.
- Désolé pour la frayeur de l’autre jour, au fait.
- Oui, alors, qu’est-ce qui t’es arrivé pour que tu tournes de l’œil cette fois ? demanda le gavroche, réapparaissant en caleçon et avec un tee-shirt à manches longues informe qu’il avait du mal à enfiler correctement.
Billy détourna aussitôt les yeux.
- J’en sais trop rien.
Renaud enfila son jean.
- J’ai l’impression que t’as encore beaucoup d’choses à me raconter, toi, non ?
- Quoi ? Non, je…
- T’inquiète donc pas, va… J’ai l’temps, maintenant… lança le jeune homme aux cheveux longs en repartant derrière sa cloison, laissant un Billy confus au milieu de la chambre.

Tous deux étaient sur le chemin du café, sous une petite bruine un peu froide, sans parler beaucoup, quand Renaud arrêta son camarade devant la vitrine d’un magasin de motos.
- Tiens, jette un œil.
Il lui indiqua, plus au fond du magasin, une mobylette bleu roi bien lustrée qui attendait dans le coin des occasions.
- C’est la beauté pour laquelle j’économise, ça, mon vieux, déclara-t-il, déjà fiérot par anticipation.
- Jolie, commenta Boyd, qui n’y connaissait rien en matière de cyclos.
- Tu parles… Le jour où j’me la paye, je dors avec !
Le Britannique sourit, à la fois amusé et heureux de revoir un semblant d’enthousiasme infantile dans l’expression du petit chanteur.
- Et c’est pour bientôt ? demanda-t-il comme à une femme enceinte.
- J’approche ! affirma le poulbot en reprenant sa route. Une chance pour moi, c’est de la seconde main. Mais elle a autant de chien qu’une neuve. Le mec qui l’avait a dû en prendre soin, et j’le comprends.
- Et à la maison, on t’aide pas ? Il paraît que tu es riche, pourtant ! le taquina son acolyte.
- Ouais, pour sûr. Mes vieux ont toujours du fric à dépenser pour c’qui leur convient… mais de toute façon j’leur ai pas demandé. J’ai pas envie de leur être redevable plus que nécessaire, tu vois ?
- Oui. T’as un petit job, alors, pour te faire une tirelire ?
- Te fous pas d’moi, j’ai une tirelire. Mais attention une vraie, que t’es obligé de casser pour vider et tout. Pas une saloperie hypocrite avec un vieux suppo en caoutchouc en-dessous. Je l’ai depuis que je suis môme. L’épargne est une vertu qu’ils ont vraiment tenu à m’inculquer… Enfin bref, je bricole par-ci par-là, mais rien d’bien stable. C’est pour ça que j’engrange plus ou moins vite selon l’moment.

Ils finirent par arriver au bar où les uns et les autres s’étaient donné rendez-vous. Peter et Guillaume étaient déjà attablés, et Renaud vint se poser sur la banquette auprès de son colocataire.
- Salut les gars, lança-t-il en se débarrassant de son épais blouson de cuir et en ouvrant sa veste.
Les deux garçons leur rendirent un accueil sympathique, quoiqu’un peu morne. D’un accord tacite, l’événement qui les abattait tous ne fut pas évoqué. La conversation fut finalement meublée assez naturellement, pour la simple et bonne raison que le quotidien n’avait pas cessé de se dérouler et que la clique, contrairement à Billy, avait toujours plus ou moins quelque chose à en dire. Michael demanda d’ailleurs :
- Et quand est-ce qu’on se remet à jouer ?
Les deux autres membres du groupe ne surent pas vraiment quoi répondre.
- Y faudra bien qu’on s’y remette un jour, les gars, reprit-il. On ne lui rendra pas service en lui offrant une semaine de silence. Les rumeurs circulent déjà bien assez comme ça…
- T’as raison, admit Renaud. Demain soir, alors ? Avec du réchauffé, forcément…
- Et si quelqu’un vous demande ce qui s’est passé l’autre soir ? émit Billy. Vous devez vous y préparer…
- On lui dira qu’c’est pas ses oignons et qu’il ferme sa gueule, répondit directement Aldebert.
- Voilà… En d’autres termes on lui fera savoir que ça ne le regarde pas, conclut Jackson.
Malgré eux, ils avaient fini par en revenir là, et l’arrivée d’Agnès ne les en détourna pas vraiment.
- Une tequila, s’il te plaît ! commanda-t-elle au garçon derrière le comptoir.
- Tu démarres fort, fit remarquer Guillaume.
- Oui ! Ce soir j’abandonne toute contenance et toute dignité et je me prends… disons une cuite raisonnable.
Michael eut un discret hoquet de rire.
- Joli oxymore…
- J’en ai bien besoin, au point où on en est, répliqua la jeune fille en bourrant son manteau sur le côté pour le faire tenir entre elle et Renaud. J’imagine que personne ne l’a vue depuis la dernière fois…
Les uns et les autres grommelèrent par la négative. Il y eut quelques instants de silence, puis le serveur apporta sa consommation à Agnès.
- Bon, Sechan, déclara-t-elle en saisissant son verre, l’air de prendre les opérations en main, où elle est allée ce soir-là ?
- J’en sais rien… Elle devait aller s’acheter des… des fringues pour l’hiver. Elle pourrait trouver ça n’importe où au centre-ville.
- Et tu peux pas faire jouer un peu tes relations, là ? Toi qui prétend être cul et ch’mise avec tous les criminels de la ville, le pressa la brunette sur un ton irrité.
- J’veux bien, mais ça m’étonnerait qu’ça marche. J’vais p’têt’ démystifier mais j’suis pas omniscient non-plus, ma fille.
- De toute façon, ils sont peut-être juste sous not’ nez. Ca m’étonnerait pas qu’l’un d’eux soit déjà l’taré qu’a fait sa petite boucherie dans les chiottes du bas.
- Tu crois ? demanda Aldebert.
- Ca me paraît plus que probable, non ? T’en connais beaucoup des malades pareils dans le coin ?
Renaud considéra un moment la chose.
- Ouais, t’as raison… Y doit y avoir au moins un mec de l’école dans l’histoire. En plus pour que ça tombe sur elle, quasiment en plein jour… Y a un truc personnel là derrière dont on est pas au courant. Ca expliquerait pourquoi elle veut rien dire à personne en plus !
La tournure de la conversation avait commencé à mettre Boyd mal à l’aise et il avait préféré ne pas prendre par aux spéculations, ce qui de toute façon passait assez inaperçu étant donné son attitude générale réservée. A ce moment-là, cependant, il ne put s’empêcher de demander :
- Elle a bien fait une déposition, quand même ?
- Eh non mon gars, c’est bien ça le problème ! s’exclama Bihl sur un ton plus grinçant que rageur. J’aurais accepté qu’un poulet les arrête poliment et qu’ils s’en prennent ensuite plein le cul en taule pour voir comment ça fait, mais si on ne se bouge pas figure-toi qu’on n’aura même pas ce maigre plaisir.
- On sait pas pourquoi elle fait ça, ajouta Peter. C’est comme si elle voulait faire une croix sur tout ce qui s’est passé.
- C’est pas la solution, fulmina Agnès qui avait déjà avalé la moitié de son verre.
- Je sais bien !
Il y eut un silence pendant lequel Billy resta abasourdi, puis Renaud annonça :
- Ben moi, j’vais voir le vieux c’soir.
- Ah bon ? demanda Agnès. Tu y vas comment, en bus ?
- Eh ouais, pour l’instant j’dois m’en contenter… soupira-t-il en adressant un clin d’œil à son vis-à-vis.
- Tu veux que j’t’accompagne ? proposa Michael.
- Nan c’est gentil mais t’embête pas, j’resterai dormir là-haut.
- Comme t’y vas, toi, lança Guillaume. Et si Line a un amoureux sur les bras, tu crois qu’elle va s’embêter à te faire une place dans l’plumard ?
Le marlou retrouva un sourire amusé.
- Bah… Au pire j’ai mon matelas dans la cuisine, avec les rats ! jappa-t-il en accentuant le côté « Cendrillon » de la chose.
- Tu les salueras tous les deux de ma part, sourit le garçon aux cheveux ras.
Renaud promis de donner le bonjour de tout le monde.

Plus tard, il fut le premier à quitter la compagnie, ce qui était plutôt inhabituel. Alors qu’il cherchait ce qu’il appelait son « larfeuille », Billy l’apostropha :
- Laisse, je t’en dois une.
- Mais nooon, j’te les ai offerts, ces scones !
- Range ça, protesta pourtant le châtain en reprenant les pièces qu’il avait laissées sur la table. Tu les mettras dans ta tirelire.
Le Français se laissa convaincre, n’ayant pas perdu son léger regain d’optimisme.
- Je le ferai ! assura-t-il. Merci, mec.
Il donna l’accolade à Michael, et ils le virent se presser sur le trottoir pour ne pas rater son bus.


Monaghan leva les yeux vers le ciel, qui sombrait vite entre chien et loup à cette période. Toutes les couvertures suffisamment naturelles étaient bonnes à prendre. Une écharpe devant sa bouche, ou une casquette à la française le protégeaient sans être ostentatoires, comme il s’engouffrait dans le lieu. C’était plutôt étrange de fouler cet endroit en toute connaissance de cause, un peu surréaliste. Aussi perturbant et finalement aussi absurde que de se retrouver en face du chêne de Goethe après la destruction de tout le bois environnant, sans doute. Il tenta de mettre cet étourdissement de côté pour se consacrer aux agréables palpitations qui lui agitaient l’estomac. Bientôt, il se confronterait à quelque chose qui en imposerait davantage ! Il était ravi que les circonstances l’aient guidé vers des cibles commodes. Ce serait matériellement plus difficile que de s’attaquer à un jeune individu mais, en terme de cheminement, il était persuadé que le plus dur était fait, surtout compte tenu de l’immense liberté morale que lui laissait cette opportunité. Si Billy avait raison, alors il fallait qu’il commence à faire connaissance avec son humilité, et embrasser la bonne fortune était sans doute le premier pas, qui ne lui coûterait de plus pas tant. Il sourit en pensant à son camarade, et se retourna gaillardement au milieu du chemin de traverse pour examiner les bâtiments qui l’entouraient. Une neige hésitante éclairait encore un peu les lieux à la faveur des derniers restes de lumière. Tout était parfait. Dominic était là en reconnaissance et il savourait cet avant-goût, aussi satisfait que les circonstances le permettaient.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Dim 22 Fév - 22:08

Aaahh, merveilleux !!! ;D ;D ;D

Une suite... ce qui signifie que maintenant j'ai DEUX reviews de retard... Honte (eh non, je n'oublie pas cette fic! ^^') Le plus terrible, c'est que je ne crois pas pouvoir m'y consacrer avant... mes prochaines vacances. ^^" (seconde moitié d'avril... ne le prenez pas mal mais je hais les gens qui ont des vacances en février ^^')

Hmm, bref. Tout ça pour dire que j'ai lu Smile et que je compte bien décortiquer tout ce beau monde tôt ou tard! Salut
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 23 Fév - 15:29

Ooooooh Lostie! Ca alors, tu ne peux pas savoir le plaisir que ça me fait que tu aies laissé une petite réponse au topic. Franchement, je n'avais aucun espoir de réaction, depuis le temps...

Ne t'inquiète pas pour ce qui est des reviews, prends ton temps! Cette petite reprise après de nombreux mois m'a donné envie de continuer un peu sans tarder autant. A terme, la diffusion sera à nouveau fort espacée je le crains, compte tenu de tous les projets ficaux avec lesquels je jongle, sans parler de ce qui concerne les études, comme toi. Mais j'ai le projet de reposter une suite probablement en fin de semaine prochaine ou quelque chose comme ça. Encore une fois, review vraiment quand tu en auras le loisir. Ton seul petit commentaire m'a déjà fait chaud au coeur! I love you

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 9 Avr - 18:45

Citation :
Lorsqu’il était heureux, Renaud chantait tout haut et faisait des conneries ; lorsqu’il était triste, Renaud chialait un peu et s’envoyait quelques bières ; lorsqu’il était énervé, il gueulait et cognait quelque chose – de préférence un objet.
Le syndrôme Halfelin, c'est terrible... ^^

Citation :
Pourquoi diable faire compliqué quand on pouvait faire simple ?
Je dirais que la facilité empoisonne nos sociétés... Compliquons-nous la vie, c'est tellement plus drôle!

Citation :
Ce n’était décidément pas le bon jour pour apprendre à être subtil et réfléchi comme Michael.
Ah, Renaud, si seulement il y avait des bons jours... Rolling Eyes

Citation :
Pour l’instant tu vois ma responsabilité vis-à-vis des autres et vraiment le cadet de mes soucis !
"est", non? ^^

Citation :
- A quoi bon être là pour toi si je ne sers à rien ?

Terrible, celle-là... On a envie de répondre "mais être tout simplement là", mais quand on voit l'effet de la "présence" de Renaud sur Lili... Confused

Citation :
la conseillère d’éducation plus large que haute de l’établissement
Oh, c'est petit, c'est bas... Laughing

Citation :
et se concentra à nouveau sur les Rougon-Macquart et les phénomènes héréditaires dans l’œuvre de Zola...
... ou comment avoir une vision "germinalesque" de Renaud pour le reste de la lecture... ^^"

Oh, je ne veux pas que Jonas s'en aille! Mmmokay, cela n'arrangera pas ce cher Dom, mais du point de vue de l'intrigue ce serait tellement plus mieux... *se rappelle au passage qu'il faudrait vraiment qu'elle se mate Dexter un beau jour*

Un p'tit com pour le strip: le retour de la casquette dommienne, hiii! Razz

Citation :
- Non. C’est juste quelque chose de nouveau. Ca m’ouvre des options différentes, je suppose.
Ils se parlaient à présent côte à côte, sans se regarder.
- … Donc c’est vrai, tu as déjà fait l’expérience ?
- Ca je te le dirai peut-être plus tard.
Sadique sadique sadique... Mr. Green
Confused Cela dit: je ne saisis pas trop comment Lili peut en déduire cela... Après, j'interprète sans doute la phrase de Dom à ma manière, à savoir selon les propres hypothèses échafaudées dans les reviews précédentes... question de perspective sans doute...

Ohhh le paragraphe de la "confession" est fantastique (adjectif que je tenais à employer, je trouve qu'il collait parfaitement à la situation décrite Razz)! Il est certes très succint, mais malgré tout je me suis retrouvée plongée dans cette ambiance pour le moins... sordide, pour reprendre les termes de la fic, mais pas dans un sens déplaisant, pour faire écho à la curiosité malsaine décrite par Gred il y a un certain temps... Tout ça pour dire que je me suis projetée dans le lit avec ces deux-là, et que j'aurais voulu, tout comme Dominic, tendre l'oreille... (je suis atteinte de voyeurisme morbide et j'assume Mr.Red)

Ah, Billy, Billy, mais quel charmant petit plat de nouilles quand même! ^^

Citation :
- Oui, alors, qu’est-ce qui t’es arrivé pour que tu tournes de l’œil cette fois ? demanda le gavroche, réapparaissant en caleçon et avec un tee-shirt à manches longues informe qu’il avait du mal à enfiler correctement.
Billy détourna aussitôt les yeux.
M'enfin Billy! Tu oublies qu'ici on publie des fics avec des homos dedans!! Surprised

Citation :
Pas une saloperie hypocrite avec un vieux suppo en caoutchouc en-dessous.
Hééé, moi j'avais un petit cochon comme ça! (je l'ai toujours à vrai dire, mais il n'est plus que décoratif...)

Citation :
Y doit y avoir au moins un mec de l’école dans l’histoire.
Twisted Evil

Citation :
Si Billy avait raison, alors il fallait qu’il commence à faire connaissance avec son humilité, et embrasser la bonne fortune était sans doute le premier pas, qui ne lui coûterait de plus pas tant.
*aime l'idée que Billy devienne source d'inspiration pour Nasty Dommie*

Mais là encore sadique ^^" je reste comme toujours perplexe quant à la suite des évènements même si quelques idées se profilent à l'horizon... (traduction: la suiteeeeee !!!! Mr. Green)
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Sam 11 Avr - 15:14






Renaud descendit seul au terminus. Il leva les yeux vers la grande bâtisse qui surmontait la colline enneigée à environ 500 mètres, et entama la côte, les mains dans les poches. Face à un tel désarroi, il n’y avait plus qu’à se tourner vers lui… Il n’avait pas érigé en habitude le fait de lui demander des conseils. Sechan savait qu’il ne se complaisait pas dans le rôle du vieux sage, et il l’avait envoyé balader une ou deux fois quand le poulbot avait eu tendance à s’en remettre à lui comme à parole d’Evangiles. Renaud avait appris à ne pas s’adresser à lui comme s’il détenait la vérité, surtout sur des questions qui le concernaient personnellement. En l’occurrence, il venait simplement chercher une aide, scruter un dernier point de vue suffisamment dégagé, comme le sommet de cette colline à la périphérie de la ville. Il tirait un peu la langue pour y arriver, comme à chaque fois, mais au moins ne croulait pas sous la chaleur en cette saison. Enfin, il atteignit la demeure, derrière laquelle on devinait des enclos, et frappa à la porte. « Une seconde ! » répondit une voix féminine à l’intérieur. Il sourit, retira sa casquette et patienta. Bientôt, une grande jeune fille au long nez et aux yeux rieurs vint lui ouvrir. Elle avait de longs cheveux bruns, striés de quelques mèches blondes, qui lui tombaient au milieu du dos, et un énorme rat était tassé sur son épaule, agitant paisiblement ses vibrisses.
- Salut, toi ! lança jovialement le gavroche.
- Sechan ? Qu’est-ce que tu fous là ? répondit joyeusement la maîtresse des lieux.
- J’avais envie d’passer rend’e visite. Je dérange pas ?
- Non-non, tiens, reste pas là !
Elle s’écarta pour l’inviter à entrer et le salua par une bise à la française, petit rituel qu’elle affectionnait autant que le quart de ses origines gauloises. Les moustaches du placide rongeur chatouillèrent en passant la joue de Renaud, qui se recoiffa ensuite de son couvre-chef.
- Toujours aussi gros, toi ! lui lança-t-il en lui gratouillant le museau.
Le rat se contenta de le repousser mollement en posant une patte contre son doigt, et la jeune fille répondit pour lui :
- Eh oui, Heidegger ne s’refait pas, c’est bien connu. Tu veux boire quelque chose de chaud, peut-être, après être venu jusqu’ici ? Un bon grog ?
- Ma foi, un autre jour j’t’aurais pas dit non, mais si t’avais du café, là, ce serait parfait.

Il la suivit à travers un séjour dont les murs étaient presque tous occupés par de grandes volières. Quelques notes rudes et ferventes au piano sourdraient du plafond, et lâchaient un peu plus de vie dans cette grande pièce où l’on devinait déjà du mouvement et des grignotements dans les coins. Toutes ces présences à couvert comblaient le vide qu’on n’aurait pas manqué de ressentir autour de cette grande fille, seule maîtresse de l’espace. La cuisine dans laquelle ils arrivèrent l’isolait un peu plus, en sa qualité de pièce hygiénique où rien ne se faufilait, et qui restait clairement trop vaste pour une jeune personne solitaire. Line en ouvrit un placard en hauteur et Renaud songea qu’elle avait définitivement comme quelque chose d’incongru, coupée de la vie de ses murs.
- Hey, tu t’es fait un tatouage ? demanda-t-il soudain avec enthousiasme en entrevoyant un fragment de dessin à l’encre verte sortir de sa manche courte, alors qu’elle tendait le bras pour attraper la boîte à café.
- Ouais… Ca fait longtemps que j’en voulais un et puis… je me suis dit merde, j’ai vingt-quatre ans : si je ne m’estime pas assez grande pour le faire maintenant, je n’le ferai jamais, alors…
- Fais voir.
Le poulbot souleva la manche, qui par bonheur ne se trouvait pas du côté de la place du rat, pour admirer un dragon crachant du feu, dans un style petit et discret.
- Joli, apprécia-t-il avec un sourire. Presque aussi joli qu’le mien !
- C’est ça. Toi, alors ? Comment ça se passe, les études ? s’enquit-elle en mettant le percolateur en route.
- Bof… On est tous un peu perturbés en ce moment, avec ce qui s’est passé l’autre jour.
- Oh, c’est vrai, j’ai lu ça ! C’est atroce, cette histoire, s’indigna-t-elle avec cette habitude langagière qui consistait à éluder la liaison, grattant tendrement sa bestiole derrière les oreilles, comme pour la rassurer inconsciemment.
- Ouais… C’est pas croyable, hein ? Ca nous a bien retournés.
- J’imagine… répondit son hôtesse en retournant bientôt dans la grande pièce qui faisait office de salon.
Renaud la suivit, retrouvant avec plaisir la mélodie houleuse au piano. Avant de venir la rejoindre sur un canapé marron un peu ruiné, il fit un petit tour d’horizon des animaux hébergés là. Il y reconnut les rongeurs habituels, des cochons d’inde grognonnant dans leurs caisses basses allongées aux minuscules souris dans leur petite cage sur une commode, en passant par les colonies de rats circulant à travers les volières. Il remarqua deux individus blancs gardés à part.
- Y sont nouveaux ceux-là, non ?
- Sortis de labo sous le manteau d’une copine qui est en médecine, je te mens pas. Je leur ai pas encore trouvé de nom mais faudra bien : personne ne voudra reprendre des rats aussi asociaux.
- Pour ça faudra d’abord que t’arrives à les différencier… déclara le garçon en considérant la paire d’albinos d’un œil perplexe.
Line ricana.
- T’as pas tort.
Le marlou s’assit à-côté d’elle.
- Et alors, dans un an t’as un boulot, toi ! Tu commences à te faire à l’idée d’aller habiter toute seule ?
- … Ouais… doucement… répondit-elle sur un ton peu convaincu.
- Tu sais qu’y va bien falloir le faire un jour ?
- C’est ce qu’il arrête pas d’me dire lui-même, figure-toi ! s’exclama-t-elle comme si c’était un comble.
A cet instant, les notes de piano dérapèrent en un son particulièrement discordant. Par le plafond suivit un juron excédé qui fit sourire les deux jeunes gens.


Billy avait pris le chemin du retour plus tôt que les autres. Les sorties en groupe finissaient souvent par le lasser un peu plus rapidement que la moyenne de gens, et l’absence de Renaud avait contribué à son envie de passer à autre chose au bout d’une petite heure. Au moment où il passait le portail de l’école, Dominic tournait à l’angle de rue pour rentrer lui aussi. D’excellente humeur, il se hâta pour l’interpeller. Billy se retourna vivement, peinant à garder son sang-froid sur le moment.
- Bonsoir ! Je peux rentrer avec toi ? demanda-t-il tout naturellement une fois qu’il l’eût rejoint.
- Tu crois vraiment que je vais te dire oui après ce que tu m’as dit la dernière fois ?
Monaghan prit un air un peu étonné.
- Oh, j’ai joué l’intimidation pour piquer ton attention mais, au fond, t’aurais dû te rendre compte que tout ça était plus rassurant qu’autre chose pour toi, non ?
- Aussi étrange que cela puisse te paraître, ce n’est pas l’effet que ça m’a fait, répondit Boyd en sortant ses clés pour ouvrir la grande porte.
- C’est que tu n’y as pas réfléchi, alors. En plus, je t’avais promis d’être sage à l’avenir dans le commerce que nous entretiendrions.
- Eh ben, quel soulagement… T’as raison, je n’ai vraiment pas réfléchi, railla Billy tandis que Dominic le suivait toujours dans les escaliers.
- Sache que j’ai été d’une honnêteté exceptionnelle avec toi depuis le début… parce que tu ne te laissais pas abuser, certes, mais justement : ça devrait te garantir que je m’épargnerai les fourberies à ton endroit.
Le petit brun continua de monter sans répondre.
- D’accord, alors… est-ce que tu veux venir chez moi, afin que je te rende la politesse ?
Boyd se sentit alors moins sur la défensive, et même saisi par l’envie bravache de le mettre à son tour dans l’embarras... ainsi que de constater le résultat.
- Puisque tu insistes… mais pas longtemps.
- Fort bien, conclut-il avec un sourire satisfait qui creusa ses fossettes.

Ils arrivèrent aux chambres des garçons, et Billy suivit Monaghan jusqu’à la sienne. Boyd fut surpris par la banalité du décor, avant de réaliser la bêtise de cet étonnement. Il se demanda après coup ce qu’il pouvait bien s’attendre à y trouver… La pièce était aussi exigüe et simple que les autres chambres individuelles de la BRS : un lit, un bureau, une commode, des étagères… une armoire à glace sans doute ajoutée par l’occupant.
- Mets-toi à l’aise, l’invita ce dernier en lui désignant le lit. Du thé ?
- Allons-y… soupira-t-il après s’être assis en tailleur.
- Tu es allé faire un tour ? lui demanda Dom, le dos tourné.
L’élan d’audace de Billy n’avait pas faibli. L’influence des deux bières qu’il avait ingérées était sans doute négligeable… Il répondit :
- En effet. Avec des collègues d’ici.
Il attendit que son interlocuteur acquiesce vaguement, et celui-ci le relança :
- Qui ça ?
- La petite bande qui a l’habitude de jouer au local.
- Oh… bien. Ca doit être de joyeux drilles, commenta-t-il en achevant de s’affairer.
- Oui… On a bien discuté. Ils ont une théorie intéressante sur tout ce qui se passe en ce moment ici.
- Comment ça ? demanda Dom sur le ton de la conversation.
- Tu sais la fille qu’ils côtoient, celle qui a interrompu leur prestation l’autre jour… ?
- J’étais pas là…
- Mais tu en as entendu parler, n’est-ce pas ?
Le jeune homme haussa les épaules.
- L’école est petite…
- Qu’est-ce qu’il s’en dit ?
- A ce que j’en ai entendu, le pire est à envisager.
- Oui, forcément… La pauvre, ce sera pas facile pour elle de remontrer son nez.
Dominic lui tendit un gobelet chaud et, comme la première fois, s’assit sur le tabouret à trois pieds de la chambre. Constatant son absence de réaction, Billy reprit :
- Ils pensent que les deux types qui ont fait le coup sont les mêmes que ceux qui ont massacré le gosse là en bas, ou au moins l’un des deux.
Monaghan eut un hoquet de rire étouffé.
- Qu’est-ce qui leur fait dire ça ?
- Ils ont tendance à croire qu’il n’y a pas assez de tordus pour perturber leur quotidien à deux reprises en si peu de temps sans que ça ait un rapport. Le fait que… leur copine ne soit pas décidée à parler les a amenés à déduire qu’il s’agissait d’une affaire personnelle, ce qui concorde avec le fait que l’autre crime ait été commis à l’école.
Dom sourit.
- Je vois qu’ils ont réfléchi à la chose.
- Il est probable que maintenant ils se livrent à un genre de traque discrète parmi les étudiants, voire le personnel. Ils sont persuadés de trouver les responsables parmi eux.
- Et toi, qu’est-ce que t’en penses ?
- Je ne sais pas, à toi de me dire…
Le sourire de l’autre étudiant fondit quelque peu. Billy fixait sur lui ses yeux verts, pour une fois franchement. Il ne put que répondre :
- Si tu veux mon avis ce raisonnement est expéditif.
- Tiens donc.
- S’en prendre à une fille juste pour ça… c’est très vulgaire, non ?
Billy continuait de le considérer ; il but une gorgée de thé prudente.
- Je pense qu’on peut tous s’accorder là-dessus, mais qu’est-ce que c’est censé signifier ?
- Vulgaire signifie que n’importe qui aurait pu le faire.
- Et celui qui éviscère un enfant n’est pas n’importe qui, c’est ça ? interrogea Boyd avec un brin de sarcasme.
Son interlocuteur répondit à cette trace d’humour noir par un sourire de bonne humeur qui lui creusa les fossettes.
- On peut dire ça comme ça.
- Je ne vois pas en quoi c’est rédhibitoire. Si n’importe qui peut violer une fille, un infanticide le peut aussi.
- Oui mais quel intérêt aurait-il à le faire ? Le lien logique ne tient pas debout.
- Une tactique d’intimidation face à un témoin gênant, peut-être… ?
Dominic se tut, et se laissa aller en arrière jusqu’à appuyer ses épaules au mur, perplexe. Il levait les yeux au plafond, son gobelet posé sur le mince espace de tabouret entre ses jambes, ses doigts bagués le surmontant comme une coupole.
- C’est plus qu’à double-tranchant. Pourquoi ne pas l’avoir tout simplement tuée, dans ce cas ? répondit-il bientôt.
- C’est ce que tu aurais fait ?
Monaghan baissa à nouveau les yeux sur son vis-à-vis.
- Sans hésiter.
La crispation de son visage trahissait pourtant que quelque chose l’embarrassait.
- C’était peut-être trop délicat ?
Il eut un soupir de dénigrement.
- Absurde.
- Bon… acquiesça Billy tandis que Dominic buvait à son tour. Ca signifie que d’après toi il n’y a pas eu de témoin ?
- Non, répondit-il un peu trop vivement.
Boyd le lorgna encore un instant avant de reporter son attention sur son gobelet, pour relâcher un peu la tension.
- D’accord. Si tu t’épargne toujours la malhonnêteté à mon égard, on peut au moins être sûr qu’il ne s’agit pas de ça, alors…

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Sam 11 Avr - 15:14

La musique avait repris quand Renaud frappa à la porte du deuxième étage. L’accord se termina avant qu’une voix ne l’invite à entrer. Il pénétra alors dans un capharnaüm d’objets poétiques ou domestiques, qui semblaient avoir atterri pêle-mêle sur les quelques meubles environnants ou à même le sol. La porte buta d’ailleurs sur un gros volume d’Aragon, et le garçon dut enjamber une assiette vide mais sale pour pouvoir la refermer derrière lui. L’endroit avait beau être exigu, l’organisation qui y régnait ne correspondait décidément pas aux cheveux blancs de l’occupant, alors installé au piano droit dans le coin opposé; pour compléter parfaitement le tableau, c’était un singe qui siégeait sur le canapé ruiné près de lui ! On regardait toujours bizarrement un chimpanzé qui apparaissait au détour d’une demeure anglaise, surtout lorsque ledit chimpanzé se lançait à votre rencontre, cahin-caha, exubérant malgré ses mouvements cagneux, pour vous bousculer violemment en guise de salutation. Heureusement, Renaud y était habitué, depuis le temps.
- Oooh…! Tout doux, ma grande, je sais qu’tu peux m’casser en deux comme une brindille si tu veux, pas la peine de m’faire une démonstration, assura-t-il en s’écroulant lourdement contre la porte d’entrée, la casquette de travers.
Ce fut en français que l’homme le salua pour sa part :
- Tiens, voilà longtemps qu’on avait pas vu ta jolie fiole de poulbot ici. Toujours aussi maigrichon, à ce que je vois.
Sechan, ravi d’entendre un peu de sa langue natale, comme d’habitude, se conforma naturellement au parler.
- Oh, « longtemps », si peu… Essaie pas de me faire croire que j’t’ai manqué, je sais très bien que tu as mieux à faire.
Son hôte lui sourit, de ce sourire un peu las mais tendre qui lui était propre.
- T’as bien raison, mon garçon. Ca n’empêche que je suis toujours content de te voir rôder chez moi. Tiens, installe-toi où tu veux. Tu prendras bien un verre ?
- Heu… sincèrement, un tout p’tit. Faudrait qu’je garde la tête la plus claire possible, ce soir, affirma le jeunot.
- Ho ! Voilà qui n’augure rien de bon ! commenta le plus vieux avec un humour sous-jacent seulement. Un petit verre de vin ? Ca te fera pas de mal…
- Va pour ça. Merci.
L’homme se leva pour aller chercher une bouteille et deux verres dans un petit buffet à clé. Il les posa sur la table basse, devant le vieux canapé.
- Eh, la Pépée ! appela-t-il en s’adressant au singe qui s’amusait à tirer le bandana pendu au jean de Renaud, et déplaçait d’ailleurs légèrement le freluquet par la même occasion. Ca t’intéresse, ce qu’on a là ?
Reconnaissant son nom, le primate reporta son attention sur lui, et s’approcha bientôt de la verrerie. Le temps de déboucher la bouteille, elle finissait entre les grandes mains précautionneuses de l’animal et, aussi prudemment qu’il l’avait vu faire, il versa un peu de liquide rouge dans chacun des verres posés sur la table. Pépée avait été récupérée dans un cirque quand elle était toute jeune encore. Ce tour ne lui venait cependant pas d’un dressage quelconque : elle avait été adoptée trop tôt pour être vraiment conditionnée par le chapiteau. Elle avait fait payer à son maître le fait de ne pas avoir été matée à la dure, il fallait l’avouer. « Maître », d’ailleurs, était un terme plus qu’inadéquat pour qualifier sa position auprès d’elle. Il reconnaissait tout à fait qu’elle avait toujours été « la patronne », pour la simple et bonne raison qu’il aimait trop ce chimpanzé pour lui imposer une autorité draconienne qui, du reste, l’aurait mis mal à l’aise d’un point de vue éthique.

Pépée leur servit donc un verre à l’aide de son grand bras velu, parce qu’elle ne faisait pas mentir son espèce et aimait singer les gestes auxquels elle assistait au quotidien. Renaud s’assit et, remerciant la guenon avec un sourire amusé, reporta son attention sur son vieil ami. Ce dernier débarrassa la table basse de feuilles de papier sur lesquelles étaient notés quelques mots. En le regardant, Sechan songea que les similitudes entre Pépée et lui circulaient à double-sens, bien qu’elles fussent forcément plus discrètes de son côté. L’âge et cette espèce d’anxiété à vivre qui l’habitaient sillonnaient son front haut, dégagé par une calvitie sélective, et surtout creusaient ses orbites jusqu’à faire comme un écrin à ses yeux brillants, à défaut d’être rieurs. Ses dures arcades sourcilières se froncèrent tandis qu’il demandait :
- Alors, qu’est-ce qui te préoccupe comme ça au point que tu rechignes à la boisson ?
- Oh, rien de très gai… On peut commencer par la parlotte avant de plonger là-dedans, tu sais…répondit un Renaud un peu embarrassé.
L’absence de réaction de son interlocuteur fut suffisamment évocatrice.
- D’accord, j’aurais dû me douter que parler pour ne rien dire, ça ne t’emballerait pas trop. T’as raison au fond, hein… Faudra qu’j’y pense de temps en temps, ça me simplifierait la vie parfois.
Le gavroche raconta donc. Il parla de Lili, que son ami avait croisée une fois lorsqu’ils étaient en groupe. Il parla de la mauvaise passe dans laquelle elle était à présent coincée. Surtout, il essaya de lui transmettre à quel point il se sentait impuissant face à cette situation bloquée ; l’éloquence était dure face au poète anarchiste dont les gueulantes de désespoir le faisaient jubiler d’admiration, mais il s’attacha néanmoins à exprimer au mieux son incompréhension et son désarroi, ainsi que son besoin d’agir sur les évènements pour faire jouer la responsabilité qui lui revenait en partie. Quand il eut fini, son ami hocha quelques instants la tête, les yeux baissés sur une tache de la table basse. Il avait l’air grave et déçu, mais parfaitement pondéré, à peine choqué sur le moment. Renaud constata de lui-même à quel point c’était reposant, et à quel point cela portait d’emblée à la confiance, ou du moins à l’espoir de pouvoir s’en remettre à quelqu’un.
- La première chose, déjà, c’est qu’il faut bien que tu réalises que tu n’es pas responsable d’elle. C’est un individu en pleine possession de ses moyens, comme toi, et tu ne lui fais pas honneur en lui imposant de régler ce qui lui arrive toi-même.
Il parlait avec une voix réfléchie qui faisait ressortir les consonnes à l’oreille. Les « r » typiquement français, en particulier, ne roulaient pas sur le palais, mais dérapaient contre lui sans trembloter. Renaud était en mesure d’y discerner les traces d’un léger accent du sud-est de la France.
- Mais Léo, je peux pas la laisser sans rien faire sous prétexte que c’est un individu responsable, quand même ! objecta-t-il.
- Ah, je n’ai pas dit que tu devais mettre un point d’honneur à ne pas lui offrir ton aide ! J’ai dit que tu ne devais pas non-plus te faire un devoir du contraire. Si elle te refuse, c’est qu’elle ne veut pas te mêler à ça.
- Ca j’peux comprendre, mais pourquoi pas la justice, alors ? Ca lui ressemble pas, elle est pas du genre disciple de Jésus intégriste !
Léo sembla hésiter un moment.
- La justice… La justice, la justice… songea-t-il tout haut. Tu sais, à l’époque où j’ai habité sur Paname, une fille de mon quartier s’est fait agresser par un type. Personne n’a su qui c’était avant plusieurs semaines. Puis un jour, on l’a retrouvé mort avec quelques balles dans les membres. C’était pourtant pas ça qui l’avait tué : le bonhomme s’était vidé de son sang après avoir été torturé, et l’enquête a permis de retrouver les traces de la jeune femme en question. Elle a fini dans un centre pénitentiaire…
Renaud ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes, catastrophé par ce récit.
- Tu crois que c’est ce qu’elle a l’intention de faire ?! s’exclama-t-il.
- J’en sais rien, Renaud, je connais pas bien la gosse… tempéra aussitôt le vieux. Je disais juste que si tu n’as pas voulu que ça te traverse l’esprit jusqu’à présent, mieux vaudrait accepter de le faire, ne serait-ce que pour mieux éliminer la possibilité. Tu vois ce que je veux dire par là ?
Le garçon hocha la tête, décontenancé.
- T’affole pas comme ça… Si tu sais qu’il ne peut pas s’agir de charité imbécile, considère l’idée, c’est tout. Y a que toi qui peut dire si elle est crédible ou pas en prenant le temps, d’accord ? J’te fais confiance, lui assura Léo.

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Sam 11 Avr - 16:02

Ah la la, quel plaisir et quelle coïncidence d'avoir reçu une review de toi alors que j'étais en pleine continuation! Ca m'a filé un bon coup de fouet, tiens! Et voilà le résultat: une suite de 6 pages pour le prix de 3 et demi... Laughing Merci beaucoup, Lostie!

Citation :
Ah, Renaud, si seulement il y avait des bons jours...
Bien vu...

Citation :
"est", non? ^^
Sacrebleu, oui! Merci d'avoir mis le doigt dessus! En voulant corriger dans le fichier il est apparu que j'avais dû le remarquer après coup mais n'avais pas pensé à corriger le post.
N'hésite pas si tu en vois d'autres, hein.

Citation :
Oh, c'est petit, c'est bas...
Eh oui, je sais... Des souvenirs de khâgne... Rolling Eyes

Citation :
comment avoir une vision "germinalesque" de Renaud pour le reste de la lecture...
Lol! Mr. Green Il est quand même 'achement plus jeune, en principe... ^^'

Citation :
Oh, je ne veux pas que Jonas s'en aille! Mmmokay, cela n'arrangera pas ce cher Dom
*se pète de rire en imaginant Lostie débarquer dans la fic en mode Mr Mackey*

Citation :
*se rappelle au passage qu'il faudrait vraiment qu'elle se mate Dexter un beau jour*
Ah, pas mal, Dexter, je confirme! Bon ça reste une série grand public... avec ce que cela comporte de personnages secondaires caricaturaux et parfois insupportables (*aime faire sa snob en ce qui concerne les séries...*) mais la problématique morale que l'histoire pose est vraiment passionnante! Je viens de commencer à la montrer à ma voisine d'en-face philosophe, très kantienne dans le genre "impératif catégorique, je dois parce que je dois, personne ne mérite la torture, on ne fait pas justice par soi-même", et j'avoue me délecter des réactions que les deux premiers épisodes ont déjà soulevés et des petits débats conviviaux qui ont suivi. Intéressant, donc, et surtout très prenant, il faut l'avouer!

Citation :
Cela dit: je ne saisis pas trop comment Lili peut en déduire cela...
Oui, ça je t'accorde tout à fait que c'est capilo-tracté. Toute la difficulté réside dans le fait que j'essaie de tout maintenir dans le non-dit lorsque Dominic dialogue de près avec d'autres personnages, tout en laissant filtrer une entente mutuelle. Ce n'est pas toujours évident, j'avoue. Désolée si ça n'est pas très bien passé en l'occurrence.

Citation :
Ohhh le paragraphe de la "confession" est fantastique
Merci infiniment, pour le compliment et la description de tes sentiments à la lecture. C'est très gratifiant. Je m'étais en effet appliquée à rendre ce passage concis mais "bien léché", et j'avais soigné l'emploi des termes pour transmettre l'impression juste. Je suis ravie que ça ait marché, pour le coup. ;D

Citation :
Ah, Billy, Billy, mais quel charmant petit plat de nouilles quand même! ^^
Oooooh c'est trop mignon! I love you Je reprendrai l'expression pour le désigner! Mr. Green

Citation :
M'enfin Billy! Tu oublies qu'ici on publie des fics avec des homos dedans!!
PTDR! Pauvre petit plat de nouilles, il est pas au courant... ^___________________^

Citation :
Hééé, moi j'avais un petit cochon comme ça!
LOL! Pas de panique, Lostie, moi aussi! En porcelaine blanche avec des fleurs, il était très mignon. Mais comme ils le disent au début de certains films: les opinions exprimées par les personnages ne sont en rien représentatives de la production, bla bla bla... Mr.Red

Citation :
*aime l'idée que Billy devienne source d'inspiration pour Nasty Dommie*
Ah la la et, mon p'tit ouistiti... c'n'est que l'début! Razz

Citation :
(traduction: la suiteeeeee !!!! )
Hé hé hé, demandez, vous serez exaucés. Salut
Ca continue de faire lentement son petit bonhomme de chemin... ça se divise... ça s'aveugle ou ça met le doigt sur des choses... ça se renverse... mais ça progresse. ^^

Merci encore de tout coeur pour ton commentaire, c'est sympa comme tout! Boromir

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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Dim 4 Avr - 18:50

Hiiihhha!!! Twisted Evil

NON, cette fic ne tombera pas dans l'oubli, NON je ne l'oublie pas, et OUIII, un jour je posterai mes reviews en retard... si j'arrive à me botter le derrière et à les faire ces reviews, tout comme je dois me remettre à ma fic sur Muuuuse, vous rendre étincelant et irrésistible le topic sur mon bien aimé Doctor Who (David Tennant, molto bene! )... et essayer tant bien que mal de revenir autant que faire se peut sur ce forum déserté contre mon gré pour cause d'accès au net assez aléatoire, et aussi un peu par ma faute pour cause de flemme accentuée par un désoeuvrement assez pénible (Oui, je ne crois pas vous avoir mis au courant, mais en juin dernier j'ai eu mon M1 avec mention AB, mais je n'ai pas été prise en M2, du coup je suis coincée chez mes parents, sans job, ni rien... *aime sa vie depuis quelques mois* -_-")...

Bref, je profite de ce topic (Half Salut) pour vous dire que je surveille toujours la lumière de cette bonne vieille lanterne amies slasheuses! flower
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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 27 Avr - 21:01

Citation :
C’est atroce, cette histoire, s’indigna-t-elle avec cette habitude langagière qui consistait à éluder la liaison
Ah-ah, bien vu, mais cette faute est tellement entrée dans les mœurs que je trouverais ça trop… précieux, ou snob, de la faire cette liaison… :s

Citation :
l’absence de Renaud avait contribué à son envie de passer à autre chose au bout d’une petite heure.
Rolling Eyes Billy, si ça continue il va falloir faire un choix… d’autant qu’un treesome Renaud/Dom/Billy ne m’inspire guère. Mr. Green

Citation :
Il se demanda après coup ce qu’il pouvait bien s’attendre à y trouver…
Du matériel chirurgical, des quantités industrielles de film plastique, et pourquoi pas une boîte contenant des échantillons de sang dissimulée derrière la grille de la climatisation ? *devrait se remettre de la saison 1 de Dexter qu’elle a enfin vue*
Sinon mon bon Billou, le mystère, s’il peut être frustrant, a au moins le mérite d’éveiller la curiosité et d’alimenter les fantasmes… ET PUIS, toi non plus tu n’aimes pas la banalité! :twistedevil:
ET, le voilà qui idéalise Dom… ou du moins comme je le disais, projette des fantasmes sur lui !

Citation :
- Comment ça ? demanda Dom sur le ton de la conversation.
Ah-ah, voilà qu’on va marcher sur des œufs… Watch out, nasty Dom…

Citation :
Dom sourit.
- Je vois qu’ils ont réfléchi à la chose.
Ouh, y a comme une odeur de mépris là, I can smell it comme dirait Frodon… Dom will be Dom !

Citation :
Et toi, qu’est-ce que t’en penses ?
- Je ne sais pas, à toi de me dire…
Mon Dieu, ça m’a rappelé Muse, y a bien 4 ans on demandait à Dom (Howard, donc) s’il comptait porter ses pantalons flashy (il a eu sa période jaune, vert pomme, rose…) sur scène, ce à quoi il avait répondu en gros: « I don’t know, it depends of what Matt thinks. » Mr. Green
*FIN DU HS*

Citation :
- Vulgaire signifie que n’importe qui aurait pu le faire.
Ça c’est intéressant comme définition Muse deviennent franchement vulgaires, moi qui avais tendance à tomber dans une sémantique plus simpliste (vulgaire = grossier, impudique, cru…)…

Ah, la suite de la conversation est tendue à souhait… pour les deux interlocuteurs je trouve. Les voilà sur un pied d’égalité, àmha, ce qui annonce une suite des évènements bien plaisante… enfin pour le lecteur, parce que je commence à me dire que ce brave Billy est sur la « bonne » voie pour en savoir trop.

Citation :
On regardait toujours bizarrement un chimpanzé qui apparaissait au détour d’une demeure anglaise
C’est certes une situation courante… Laughing

Grmbl, pourquoi n’ai-je pas pensé à ça plus tôt pour Lili (merci, m’sieur Ferré ! Euh, ceci est peut-être la première fois que je vois intervenir un mort dans du RPS… ^^’’) ?! :o
*mode Dr Who* Ohhhh, that’s BRILLIANT !!
Encore qu’il faut raison garder, je continue à voir Dom comme une sorte d’apprenti, et pas un éventuel professeur… et je n’imagine pas non plus Lili sur ce terrain là… :s

Bon, j'admets que c'est court, mais peut-être y reviendrai-je plus en détail une prochaine fois... si ça pouvait me redonner le déclic pour ma propre fic. Wink
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Dark Hérisson
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 30 Avr - 11:11

Citation :

Citation :
On regardait toujours bizarrement un chimpanzé qui apparaissait au détour d’une demeure anglaise
C’est certes une situation courante… Laughing

Ca me rappelle une news marrante : Miné par l'alcool et le tabac, un chimpanzé part en cure
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 18 Mai - 21:17

Lilith ! Une réponse à SDP !! Shocked *éberluée*

Pour une surprise, c'est une bonne surprise, et elle m'a fait l'effet d'un bon petit coup de fouet ! Ton commentaire est arrivé en plein rush de "Créer Pour Aider", qui se clôturait avant-hier, mais je trouve enfin le temps d'y répondre et d'en tirer les conséquences (mais pas en me retirant définitivement de la fanfic, contrairement à Jospin).

Aaaaah alors, tout d'abord, je te remercie de ton acharnement ! J'ai besoin de gens comme toi qui ne me lâchent pas la grappe et me sonnent de temps en temps les cloches au moment où je m'y attendais le moins, pour me rappeler que cette fic m'attend toujours et que j'avais moult projets pour elle, dûment répertoriés dans mon fameux petit carnet vert. Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'y revenir après tant d'inactivité de ma part sur le sujet... Honte

Je réponds donc à ta review :

Citation :
mais cette faute est tellement entrée dans les mœurs que je trouverais ça trop… précieux, ou snob, de la faire cette liaison…
Mmmh... Tu sais quoi ? Tu as raison. Hem Ce personnage est en partie inspiré d'une amie de foyer qui aimait à lancer cette exclamation chaque fois que la situation prêtait au drame et, en voulant reproduire l'effet, je n'ai pas réalisé qu'il était finalement le plus commun de nos jours. Remarque pertinente, j'irai modifier ce détail.

Citation :
d’autant qu’un treesome Renaud/Dom/Billy ne m’inspire guère
...
Ohmondieu.

A cause de toi j'ai eu une image mentale plus ou moins comique mais très perturbante. -_______-''''

Citation :
ET PUIS, toi non plus tu n’aimes pas la banalité!
ET, le voilà qui idéalise Dom… ou du moins comme je le disais, projette des fantasmes sur lui !
Hé hé, tu l'as percé à jour Wink : même Billy n'est pas complètement les pieds sur terre et a ses petits galops d'imagination inconscients.

Citation :
« I don’t know, it depends of what Matt thinks. »
Ooooooooh c'est A-DO-RABLE ! Ca me rappelle le bon vieux temps de Dom et Billy (les originaux...). Heureusement qu'il y a des artistes comme ceux-là pour entretenir la flamme des slasheuses que nous sommes ! Gnark

Citation :
moi qui avais tendance à tomber dans une sémantique plus simpliste (vulgaire = grossier, impudique, cru…)…
C'est bien le sens secondaire que le terme a fini par prendre au fil du temps et qui est désormais le plus répandu. A l'origine, cependant, "vulgaire" signifie bien "commun", relatif aux "gens du commun" (et, par voie de conséquence pour ceux qui l'employaient, légèrement méprisable...). On retrouve cette étymologie dans le mot "vulgarisateur", neutre en soi, mais que mon prof de philo d'hypokhâgne m'avais balancé avec tant de dédain quand je lui avais demandé si je pouvais faire ma fiche de lecture libre sur Onfray... Rolling Eyes

Citation :
merci, m’sieur Ferré ! Euh, ceci est peut-être la première fois que je vois intervenir un mort dans du RPS… ^^’’
LOL ! Ah, moi j'avais déjà écrit mon petit Brassens/Brel pour Ruika à l'occasion du "Créer Pour Aider" de l'année dernière. Quoi qu'il en soi, voici une nouvelle question d'éthique des plus intéressantes pour les branques d'AlloCiné : "Les enculades de morts sont-elles plus ou moins morales que les enculades de vivants ?". Mr.Red
Excuse ma "vulgarité", justement, je force volontairement le trait, mais c'est que ta réflexion m'a fait prendre conscience de la possible incongruité de la chose alors que ça ne m'avait même pas effleuré l'esprit.

Citation :
Encore qu’il faut raison garder, je continue à voir Dom comme une sorte d’apprenti, et pas un éventuel professeur… et je n’imagine pas non plus Lili sur ce terrain là…
Fu fu fu, je suis toute frétillante à la lecture tes réflexions. Tu verras ce qu'il en est, ma chère, tu verras... Mr.Red

Je compte bien m'y remettre, en effet, et me résous dès à présent à ne pas repousser cette perspective aux calendes grecques, comme je l'ai trop longtemps fait, emportée que j'étais par la fougue de mes deux autres fics fleuves (qui sont toujours en cours mais que je peux apprendre à différer et gérer raisonnablement avec les autres projets, fouchtre!). Je t'affirme que ma prochaine suite concernera SDP parce que, crotte, le plus dur c'est de se remettre en selle, n'est-ce pas ?

J'en profite pour te donner ce même conseil, chère Lostie. Plus le temps passe, plus on se fait tout un monde à l'idée de reprendre un projet laissé en suspens depuis longtemps. Il faut savoir se prendre en main et foncer quand l'étincelle survient, quitte à cafouiller un peu au départ, je suis convaincue qu'on reprend par la suite naturellement le pli. Alors plein de courage pour ta propre fic !


En réponse au fait divers de Hérisson, de mon côté, je suis assez d'accord avec les commentaires. Ce serait risible dans le cas d'un être humain, libre et responsable, c'est bien plutôt désarmant dans le cas d'une bête, qui n'avait pas demandé à être encagée et dressée à faire rire un parterre de chiards et leurs géniteurs le dimanche, et encore moins à ce qu'on la dégomme à petit feu avec les saloperies tout droit sorties du génie des hommes qui, s'ils aiment à se foutre en l'air en toute connaissance de cause, n'ont pas non-plus fini de dégueulasser à l'envi le reste du règne animal, impuissant face à eux. Ca sonne assez sec, je sais, sache que ce n'est bien entendu pas à ton endroit ! C'est aux """"soigneurs"""" du cirque dont parle l'article que je voudrais tordre le cou si je les avais en face de moi...

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 30 Aoû - 18:45

Ce matin-là, Billy fut réveillé naturellement par une clarté inhabituelle qui perçait à travers les rideaux. Il n’avait pas cours avant le début d’après-midi et en avait profité pour s’octroyer un petit supplément de sommeil. Il finit cependant par se lever et s’avança pieds nus vers la fenêtre pour constater qu’une première neige avait tenu dans le parc de l’école. Le manteau blanc avait égalisé le paysage et le tohu-bohu des étudiants ne s’était pas encore employé à lui façonner un nouveau relief. Les moteurs des premiers automobilistes effarouchés ronronnaient plus discrètement. Décembre était là, pas de doute. Cela lui rappela cette écharpe qu’il ne s’était finalement jamais procurée, et pour cause... Il s’habilla et ne prit que ses clés et sa carte, pour aller déjeuner avant de sortir faire un tour en ville. En passant devant les toilettes du rez-de-chaussée, qui étaient toujours condamnées par des bandes plastique jaunes, il songea à la discussion que Dominic et lui avait eue la veille au soir autour d’un thé, un peu honteux du cheminement de ses pensées. Il avait pris congé aussitôt sa boisson finie. Monaghan avait veillé à bien se comporter cette fois, semblait-il. Aucun caprice. Aucun contact intempestif. Cela avait soulagé Billy de la tension qu’il avait pu regagner en conduisant la conversation. Fort étrangement, commencer à gratter lui-même les sujets que Dominic lui avaient agités sous le nez sans rien en dévoiler avait des vertus presque purgatives. Il avait peine à le croire lui-même mais il se sentait moins noué à présent qu’il faisait face et avançait quelques pas prudents sur ses plates-bandes.


La journée de cours passée, Renaud fit une nouvelle incursion dans la chambre qu’occupait Lili. Il frappa et, à peine entré, désamorça toute protestation en annonçant :
- Je vais pas rester longtemps, et je me mettrai plus colère… parce que… je crois que j’ai compris.
Lysiane resta figée dans son lit, interdite. Quelques secondes s’égrenèrent puis Renaud reprit :
- Y aura fallu qu’un ami m’ouvre un peu les yeux mais… j’ai saisi ce que t’as derrière la tête en la jouant comme ça. C’est le plus logique, finalement.
- J’ai rien de particulier derrière la tête… tenta Lili avant d’être arrêtée par son camarade, qui ôta sa casquette et lui parla avec toute la bonne foi possible.
- Hé, t’inquiète pas. Je suis pas venu te reprocher quoi que ce soit. Je suis dans le même état d’esprit que toi… mais dans les faits, y va falloir accepter de revoir tes plans. … D’accord ?
La jeune fille garda le silence, préférant le laisser parler pour voir combien il en savait plutôt que de se trahir inutilement. Le marlou revint s’asseoir auprès d’elle, sur la chaise de la dernière fois, et posa une main sur le bord du matelas en soupirant :
- Je dis pas forcément tout laisser tomber, tu sais… Y a moyen de donner une leçon à quelqu’un sans basculer jusqu’au point de non-retour… Et puis, comme ça, on pourrait en plus les faire coffrer après. Ils régleraient leurs comptes avec toi et avec la justice. De là où on se trouve elle paraît certainement pas assez dure avec des horreurs pareilles alors qu’elle enfonce les petites conneries de paumés mais… j’ai un copain qui a fait six mois et ça l’a cassé, le mec. Et c’était pas en centrale ! Alors elles auront le temps d’en baver au jour le jour, les ordures. Si on les dérouille suffisamment avant, ça me paraît la meilleure solution. La qualité et la quantité… Tu te trouves pas qu’les refroidir définitivement ce serait trop facile pour eux ? Ils auraient pas le temps de recracher grand chose… et puis ce serait dangereux pour toi, ma Lili. Je veux pas que tu foutes ta vie à l’eau pour eux.
Il passa un bras autour de ses épaules et plaqua grossièrement la paume sur sa tempe pour ramener sa tête contre la sienne. Lili ne disait rien et c’est ce qui lui indiqua qu’il avait fait mouche.
- Dis-moi simplement que tu feras pas de connerie, avant que je parte.
Après quelques instants, la rouquine répondit par une autre question :
- Qu’est-ce qui t’a fait dire ça ?
- Je te connais assez… y m’manquait plus qu’un regard extérieur, comme j’te disais.
- Quelqu’un d’ici ? s’enquit Lysiane.
- Non… lui assura-t-il. Plus extérieur. Une intuition de vieux.
La nouvelle sembla la soulager dans son malaise.
- Alors, tu me promets, si on reste à tes côtés ? répéta Renaud, décidé à partir tranquille.
- « On » est toujours un con, comme dit Marmer. Je sais pas qui tu entends par là, au juste, mais je ne veux ni de toi ni des autres dans cette histoire.
- On aura le temps d’en recauser, de ça… Avec ou sans nous, tu commettras pas l’irréparable, hein ?
Elle chercha brièvement son regard, comme méfiante, puis finit par lâcher :
- J’irai pas les refroidir.
Sechan lui tapota l’épaule, n’osant pas la serrer.
- Bien… C’est la bonne décision. Je sais ce que j’te demande et j’t’en remercie.
Il attendit encore avant de se lever doucement et de lancer :
- Je te laisse tranquille, maintenant… mais te bile pas, tu peux compter sur moi. … Tu sais déjà quand tu vas sortir ?
Sa camarade secoua la tête.
- D’accord. Ca fait rien, on t’attend.
Renaud remit sa casquette et sortit, laissant une Lili transie et catastrophée. Elle s’agita dans son lit, tenta de se rassurer avec l’idée que Renaud, en dépit de ses déductions, ne savait rien, au bout du compte. Il ne savait rien. Il fallait qu’elle en avertisse au plus vite son complice de la veille ! C’était absurde, au fond, si Renaud ne savait rien… Mais quand même, elle devait absolument donner l’alarme et mettre fin à ce projet qui venait finalement tout juste de prendre une dimension réelle. Elle se sentait atrocement impuissante, dans sa petite chambre dont il était trop tôt pour sortir, où elle devait attendre qu’on vienne à elle. Elle se leva et alla s’appuyer au mur pour réfléchir plus clairement. Il ne risquait rien, pour le moment, c’était un fait. Cela la tranquillisa. Elle n’avait plus qu’à attendre qu’il se montre à nouveau pour tout remettre à plat. Ce serait très difficile mais la constance de Renaud le rendait nécessaire. Rien de tout cela n’était censé glisser hors de ce tête-à-tête étranger.


Monaghan, pourtant, avait déjà le premier objectif sous les yeux. Il n’était pas venu tâter le terrain, cette fois, mais bien les individus. Il resterait bien en retrait, bien sûr, mais se devait d’observer de loin avant de frapper. Plus question de faire ça sur le tas comme un béjaune incapable de préparer son coup, surtout à présent que la police criminelle s’intéressait de près aux étudiants de l’école. Les interrogatoires informels avaient commencé… Il n’avait nul besoin qu’un bâclage ne le mette dans une position délicate et le projet était d’une autre envergure, du moins matériellement parlant. A l’abri dans son bonnet, il venait de reconnaître le poil ras sur la tête nue malgré le froid. Lorsque l’homme se rapprocha, il put constater que les grands yeux bleus concordaient avec ce qu’il recherchait. Le hall exigu où il se dirigea acheva de confirmer son identité. Dominic dut attendre vingt-cinq minutes supplémentaires, qu’il mémorisa dûment, avant de voir arriver un bon candidat pour celui qui lui manquait. La trentaine bien passée, le type pakistanais sous son bonnet à mailles lâches, la constitution trapue arrêtèrent sur lui l’attention de Monaghan. Après qu’il eut passé la même entrée que le crâne rasé, Dom lui laissa quelques secondes puis s’y dirigea à son tour. Lorsqu’il pénétra dans le hall, toujours engoncé dans son écharpe et son bonnet, la première porte à droite s’ouvrait pour laisser entrer le compère, salué par une voix provenant de l’intérieur :
- Eh, Nat’, amène-toi un peu, j’ai un truc à t’montrer !
L’homme avait un léger accent du nord de l’Angleterre. Ledit « Nat » jeta un regard en coin à Dominic en passant la porte mais ce dernier prit simplement l’escalier, apercevant tout juste l’intérieur de l’appartement au passage. Un corridor étroit moquetté de gris sombre fut tout ce qu’il fut capable de photographier mentalement. Il monta tout en haut des marches pour trouver sur le côté une lourde porte munie d’une barre pivotante, qui s’ouvrait à l’extérieur sur un mince escalier de service conduisant au toit. Il nota tout cela avant de redescendre à pas feutrés. Une fois au rez-de-chaussée, il n’osa pas écouter à la porte ; la manœuvre aurait pu être imprudente, surtout avec le judas dont elle était pourvue. Il s’arrêta néanmoins pour examiner la soupente et tâter les encoignures avec ses gants de laine. Finalement, satisfait, il ressortit dans l’air floconneux, à l’abri du vent, et repartit en songeant qu’il lui faudrait d’autres outils pour que cette nouvelle besogne soit un succès.


Ce soir-là, Renaud, Agnès, Michael et Aldebert étaient remontés sur scène. Billy ne savait pas au juste ce qui avait pu les décider mais il appréciait avec joie de les entendre à nouveau. Rien de neuf au tableau, évidemment, mais à eux quatre les drilles avaient un répertoire suffisamment vaste pour faire passer une bonne soirée à ceux qui venaient zoner ici régulièrement, avec ou sans devoirs et autres jeux de cartes. La dernière chanson était même un emprunt, comme Renaud le précisa avant de commencer avec son habituelle gouaille timide de scène.
- Ce que je vais vous faire pour finir, ça a en fait été écrit par un ami à moi… un ami que j’aime beaucoup et qui m’a beaucoup aidé ces derniers temps. Bon heu… Vous vous apercevrez très vite que c’est pas d’moi… hein… parce que c’est plus… si vous voulez… de la poésie que le genre de conneries que j’écris moi d’habitude… même si j’aime beaucoup mes conneries à moi, attention. Enfin c’est ‘achement joli, vous verrez : « Les Etrangers », avec Aldebert au violon… sur des paroles de Ferré. Merci mon vieux !
Guillaume se mit à faire gémir doucement les cordes et Renaud entonna les vers, plus paisiblement et plus bas que d’habitude, en les faisant flotter plus qu’il ne les chantait. Billy songea à la manière dont il allait lui présenter les choses. Il se devait de le réorienter dans ses cogitations. Le laisser tourner en rond comme un lion en cage aurait été indigne. Renaud ne serait pas beaucoup plus avancé en ce qui concernait l’enfant mais au moins éviterait-il de creuser dans le vide, ce qui lui ferait sans doute gagner du temps pour éclaircir l’autre crime dont son amie avait été victime.
- C'est pas comme en avril, en avril soixante-huit,
Lochu, tu t'en souviens ? La mer on s'en foutait :
On était trois copains avec une tragédie
Et puis ce chien perdu tout prêt à s'suicider !
Quand la mer se ramène avec des étrangers,
Homme ou chien, c'est pareil, on les r'garde naviguer.
Et dans les rues d'Lorient ou d'Brest, pour les sauver,
Y a toujours un marin qui rallume son voilier…


Alors que le local dégorgeait tranquillement ses étudiants déjà un peu ensuqués de rêve, Boyd se dirigea vers la troupe, qui remballait ses instruments.
- Bon retour ici… ça fait plaisir, déclara-t-il.
- Merci, vieux, lança Aldebert tandis que Michael lui donnait une claque dans le dos en allant chercher son saxo à l’autre bout de la scène.
Il s’approcha de Sechan, qui soufflait dans un harmonica sans comprendre la fausseté du son qui sortait du septième trou.
- Renaud, je peux te toucher un mot de quelque chose ?
- Sûr ! répondit le poulbot en cessant ses tests grinçants.
- C’est… assez délicat. Ca concerne le meurtre du gamin. Tu veux venir dans ma chambre ou… ?
Sechan esquissa une grimace ennuyée.
- Ah ‘scuse-moi mais ce soir j’peux pas… On va sortir boire un pot en ville, là.
- Oh, d’accord.
Après réflexion, l’idée semblait plutôt sympathique pour finir la soirée.
- Ca gêne pas si je viens ? demanda-t-il pour la forme, fort du verre commun de la veille.
Le marlou eut l’air encore plus embarrassé et sembla chercher ses mots tout en finissant d’enfiler son blouson.
- A dire vrai… On a des choses à discuter entre nous pour cette fois… tu vois l’genre : laver l’linge sale en famille. Tu te ferais chier comme un rat mort là-d’dans, ce serait mieux qu’tu viennes une prochaine fois, expliqua-t-il péniblement avec une tape virile et prolongée sur le bras de Billy pour forcer un peu la complicité.
- Ah… entendu ! lança Boyd en affectant la légèreté.
- Merci, mon pote. Passe une bonne soirée.
Le Français lui serra fortement la main.
- Vous aussi… A la prochaine ! s’esquiva-t-il.
Il sortit du local et emprunta le chemin de gravier qui le ramènerait au dortoir, saisi par un indicible désarroi. L’affabilité insouciante et chaleureuse de Renaud, qu’il avait trouvée étonnante et soupçonnée d’être surfaite au début, avait fini par l’emporter et, alors qu’il s’était fait à l’idée de se laisser flotter, manifestait ses limites. Le simple fait de les avoir atteintes mortifiait Billy. Il devait avoir beaucoup présumé de sa personne… Quel idiot pathétique il faisait, à présent retombé sur son derrière !


Lorsqu’il pénétra dans la chambre d’infirmerie ce soir-là, Dominic eut la surprise d’y trouver un lit vide, et une Lysiane debout contre le mur. Il l’interrogea du regard, sa bouilloire à la main, puis referma derrière lui. Aussitôt, elle le pressa à mi-voix :
- Tu as fait quelque chose ?
Il prit son temps pour répondre, non sans une certaine fierté teintée de fébrilité :
- Je les ai définitivement repérés. J’ai pris mes marques. Je sais comment je vais m’y prendre. C’est pour demain.
La jeune fille avança vivement sur lui.
- Non attends ! Attends ! Surtout pas. Il s’est passé quelque chose, aujourd’hui !
Monaghan fronça les sourcils.
- Un de mes amis a deviné ce qui allait se passer ! poursuivit-elle à voix basse. On laisse tout tomber.
Il la considéra, parfaitement incrédule.
- Comment aurait-il pu deviner ?
- Je sais pas, il a procédé par éliminations… il est malin… il me connaît trop bien !
- Tu lui as dit ? vociféra-t-il.
- Bien sûr que non ! soupira-t-elle, angoissée.
- Alors que croit-il, au juste ?
Le ton était monté. Lili crut bon de ramener le calme et la discrétion.
- Que je vais liquider les mecs.
Dominic se rasséréna à son tour.
- C’est tout ?
- C’est déjà l’essentiel…
- Tu leur as dit qui ils étaient ? reprit-il brusquement.
- Mais non ! Je ne suis pas aussi demeurée qu’tu sembles le penser !
Monaghan ramena sa bouilloire contre lui et réfléchit quelques instants.
- Tout ce qu’il sait, c’est que tu projettes de faire ça… toi-même… C’est ça ?
Lili acquiesça. Le cerveau de Dom tournait à toute allure, cherchant chaque recoin de risque pour l’analyser et envisager les parades ultérieures, poussé frénétiquement par la perspective du lendemain et les trépidations de l’acte à venir. Il resta ainsi un bon moment, sa bouilloire le brûlant à travers sa chemise. Finalement, il déclara :
- Il ne sait rien, en somme.
Lysiane, les lèvres anxieusement serrées, répondit avec un sarcasme plat :
- Ah bon.
Il baissa à son tour la voix au maximum pour expliquer fermement :
- T’as rien à voir là-dedans. Tu restes gentiment dans cette chambre jusqu’à ce que ce soit fait. Tu t’épanches, tu dis combien t’étais sous le choc, tu blindes une histoire crédible et surtout, surtout, tu expliques que tu as besoin d’être seule pour aller faire ta déposition… que tu transformeras sur place en plainte pour vol de bicyclette ou quoi que ce soit d’autre qui te chante. Tu m’as compris ?
La rouquine écarquilla les yeux.
- Mais… quand ça arrivera et qu’ce sera dans les journaux…
- Rien à voir avec toi. Tu restes 24 heures sur 24 dans cette chambre, surtout, c’est bien clair ?
- Mais attends ! s’exclama-t-elle en le retenant par sa bouilloire. T’es dingue ! On peut pas faire ça maintenant qu’il a l’idée en tête !
- C’est qui, l’ami en question ? demanda Dominic, excédé.
Lili le considéra et, après une brève hésitation, lâcha la première chose qui lui passa par la tête :
- Billy.
- … Billy qui ?
- Mais qu’est-ce que ça peut te faire, à la fin ? Tu veux aller le buter, lui aussi ? lança la jeune fille, déstabilisée et par là-même plus hardie.
- Hé ! étouffa-t-il sèchement en cherchant son regard pour établir bien les choses. Tu veux tout arrêter parce que tu as peur que ça te retombe dessus… ou parce que tu as des remords et que tu ne veux pas que ce soit fait ?
Elle soutint sincèrement par-dessus ses taches de rousseur.
- Parce que j’ai peur que ça me retombe dessus. Fin de l’histoire.
Il la scruta avant d’acquiescer.
- Bien. Parce qu’il est hors de question que je m’embarque si c’est pour écoper.
- C’est juste qu’il n’y a pas tant d’histoires de ce genre en si peu de temps dans les environs… ça risque de leur mettre la puce à l’oreille, soupira-t-elle avec résignation.
- Ouais, ben c’est déjà ce qu’ils cogitaient pour ta mésaventure à cause de l’enfant éventré. Il faudra bien qu’ils se fassent une raison. On peut pas tout ramener sous un même mot, un même concept, ou une même cause, c’est trop simpliste. T’es pas d’accord ? conclut-il en retrouvant le sourire.
- Si… émit Lili.
- Je suis sûr que tes amis l’ont déjà plus ou moins compris, de toute façon, assura Monaghan. Passe une bonne nuit.

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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 3 Nov - 18:34

N’ayant aucune idée d’introduction, je vais entrer immédiatement dans le vif du sujet !
*mode Ten* Allons-y !!!

Citation :
Il finit cependant par se lever et s’avança pieds nus
Tiens c’est marrant, ça m’a rappelé un vieux chapitre (peut-être la première vraie confrontation D/B) dans laquelle Dom est pieds nus…

Citation :
Aucun caprice. Aucun contact intempestif.
Il faudrait que Billy passe une journée avec ce cher Captain Jack, ça le détendrait. *air de pas y toucher* Mr. Green

Citation :
Il avait peine à le croire lui-même mais il se sentait moins noué à présent qu’il faisait face et avançait quelques pas prudents sur ses plates-bandes.
Bon, bon, je ne vais pas ressasser ce que j’ai déjà dit sur le Billou qui à sa manière n’est pas si éloigné de Dom dans le côté quête de nouveauté, et surtout de sentiers « non battus »…
En tout cas, j’attends d’une part de voir si la fic va incorporer un petit élément de fantastique par rapport aux « malaises » de Boyd et d’autre part si cette fois Monaghan va bel et bien endosser le rôle de précepteur (attention, je n’imagine pas notre brave Ecossais se muant en apprenti tueur, c’est juste encore une fois pour l’aspect exploration inédite que je dis ça)…

Owi de nouvelles perspectives SDPiennes, ça faisait si longtemps !! ^-^

Citation :
La jeune fille garda le silence, préférant le laisser parler pour voir combien il en savait plutôt que de se trahir inutilement.
De toute façon, il faut toujours nier, toujours !
(N’avoue jamais, jamais, jamais, oh non jamais… même la main de le portefeuille d’une Bétancourt.)

Citation :
Tu sais déjà quand tu vas sortir ?
Deuxième remarque inutile : vous aviez remarqué qu’on employait le même vocabulaire, que l’on soit en prison ou à l’hôpital (ou à l’infirmerie dans son cas) ?

Je n’ai pas pu m’empêcher d’être amusée par le Dominic en mode Dexter… Rolling Eyes

Citation :
il lui faudrait d’autres outils pour que cette nouvelle besogne soit un succès.
Un opinel me paraît certes un peu léger pour ces deux gaillards… ^^’

Citation :
L’affabilité insouciante et chaleureuse de Renaud, qu’il avait trouvée étonnante et soupçonnée d’être surfaite au début, avait fini par l’emporter et, alors qu’il s’était fait à l’idée de se laisser flotter, manifestait ses limites. Le simple fait de les avoir atteintes mortifiait Billy. Il devait avoir beaucoup présumé de sa personne… Quel idiot pathétique il faisait, à présent retombé sur son derrière !
Oh, charmant petit plat de nouilles, nous portons tous un masque… les gentils comme les méchants (je schématise grossièrement, vous pensez bien que pour ma part on ne peut pas résumer le monde avec de telles catégories). Et dans notre histoire (comme beaucoup d’autres), le méchant est probablement plus intéressant (toute considération morale mise à part, mais là encore la précision est inutile)… mais je suis sûre que Bill le sait ! Twisted Evil
En tout cas, la confiance en soi ce n’est pas encore ça… quand je le dis qu’il a tout à apprendre de son petit Mancunien ! ^^

Citation :
Il l’interrogea du regard, sa bouilloire à la main
OH. MON. DIEU.
Dom est un tea-boy. Shocked
(Oui, oui, choquée je suis, puisque je refuse farouchement de voir souillée l’image DU tea-boy par excellence… *s’en va encenser quelques photos de Ianto Jones pour conjurer le mauvais sort*)
Gred, si tu passes ici, pourquoi tea-boy d’ailleurs ? Il ne prépare pas plus souvent du café (« coffee magic ») ? (et en bons Gallois (avouez que j’étais prédestinée à les aimer Mr. Green, le nom vient avant l’histoire comme dirait Tolkien !), ils sont peut-être moins portés sur cette boisson que les Anglais (« Bloody London !! »)… ?)
*arrête là ses délires de groupie de Torchwood qui, non contents d’être sans intérêt, n’ont rien à faire ici et enchaîne*

^____________^’’

Citation :
Lili le considéra et, après une brève hésitation, lâcha la première chose qui lui passa par la tête :
- Billy.
Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaan.
(finalement il aurait mieux fait de demeurer asocial)

Citation :
Tu veux aller le buter, lui aussi ?
Meuh non, il y a des projets bien plus palpitants pour lui… enfin j’espère.

Citation :
On peut pas tout ramener sous un même mot, un même concept, ou une même cause, c’est trop simpliste.
- Quelques mots des Beatles :
There’s nothing you can that can’t be done
Nothing you can sing that can't be sung
Nothing you can say but you can learn how to play the game
It's easy
Nothing you can make that can't be made
No one you can save that can't be saved
Nothing you can do but you can learn how to be you in time
It's easy
All you need is love

- un concept: l’art pour l’art, si cher à mon non moins cher Oscar.
- une cause : SAVE IANTO JONES !!! Mr.Red
Bien évidemment, c’était juste pour le plaisir de la boutade, je serais plutôt d’accord avec Dom (la preuve, j’ai cité 3 éléments et non un seul ^^’) !

Bien, il ne me reste plus qu’à entonner le traditionnel LA SUITEUUU !!!!! Smile

- Allez, on veut de l’action, de la sueur, DU SANG !! Twisted Evil
- Oh, you are warped on the inside. How do you think of these things?
- … Iantooooooooo !!!

Si vous voulez bien m’excuser, je vais avoir mieux à faire. Angel



dehors


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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 15 Déc - 21:39

YAY !!

Merci pour cette review, Lostie. Ca fait tellement plaisir de voir que tu restes fidèle au poste en dépit de mon rythme de publication quasi bi-annuel. -___-' T'as bien de la bonne volonté. En tout cas c'est apprécié !

Citation :
Deuxième remarque inutile : vous aviez remarqué qu’on employait le même vocabulaire, que l’on soit en prison ou à l’hôpital (ou à l’infirmerie dans son cas) ?
Oui, ça, c'est un fait délicat... que j'ai d'ailleurs expérimenté avec deux personnes de mon entourage. C'est pas évident à gérer, encore moins quand il s'agit de rétention liée à un état mental, moins concret et objectif qu'une bonne maladie somatique. Enfin, certes, ce n'est pas anodin.

Citation :
Je n’ai pas pu m’empêcher d’être amusée par le Dominic en mode Dexter…
Ah ben oui, faut qu'il repère le terrain, le p'tit gars ! On devrait enfin trancher dans le vif du sujet la prochaine fois...

Citation :
Oh, charmant petit plat de nouilles, nous portons tous un masque…
J'ADORE ! ^_________^ Tu devrais lui causer, à notre Billou. Je suis sûre que tu trouverais les mots qu'il faut pour l'apaiser.

Citation :
OH. MON. DIEU.
Dom est un tea-boy.
Eh oui, tu as découvert le pot-aux-roses... Sans dèc', en plus, Dom est pour moi très associé aux boissons chaudes. Il faut dire qu'SDP est une fic d'hiver. Il est l'élément liquide chaud au milieu de la blancheur frileuse générale. Wink

Citation :
pourquoi tea-boy d’ailleurs ? Il ne prépare pas plus souvent du café
*chausse des lunettes sages*
Les garçons assignés à la tâche de présenter des douceurs sont ainsi désignés, quelles que soient la nature des douceurs qu'ils servent en réalité.
Ce statut bien particulier remonte à la mythologie antique, dans laquelle Ganymède, petit berger aux formes sublimes, fut enlevé par Zeus qui, pour le garder auprès de lui, le promut échanson des dieux.
Ce rôle a été immortalisé dans le monde contemporain par Seth, alias Cherry, mignon de Theodore Bagwell, alias T-bag, qui avait coutume de s'en servir comme d'une coupe à cacahuètes caramélisées vivante.
Depuis ce temps-là, l'appellation de tea-boy (T-boy) s'est définitivement fixée, en hommage à la fois au breuvage chaud lui-même et aux échansons bien particulier dont s'entourait Theodore Bagwell.
*déchausse ses lunettes*
Convaincue ?

Citation :
Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaan.
*se marre toute seule en imaginant la réaction de Lostie*

Je prends bonne note de tous tes conseils. Mr. Green

On ne peut pas dire que je sois en mesure de t'annoncer la suite pour bientôt, là que les partiels de janvier se profilent, mais je peux te promettre que je garde la fic sous le coude. J'y suis bien décidée.

Encore merci de ton intérêt et à la prochaine fois, alors ! Mr.Red

Joyeux Noël ! noël

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