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 Sang de pluie

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Nombre de messages : 1973
Date de naissance : 28/08/1987
Age : 30
Localisation : La Comté-Franche

MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:18





Billy avait consacré son après-midi à travailler, espérant mobiliser pour un temps ses pensées sur des choses rationnelles et utiles, et rattrapant du même coup l’insouciance de ce début de week-end. En fin de journée, il était resté longtemps perplexe sur le libellé de la dissertation de philosophie à rendre deux semaines plus tard : « Être soi-même, est-ce avoir une identité ? ». Empiriquement, Boyd aurait répondu par la négative, ne serait-ce que parce que l’identité sonnait plutôt pour lui comme quelque chose à acquérir. Il songeait aussi à un retournement de problématique, afin d’étudier la définition même d’identité par rapport à l’être. Mais tout cela semblait bien confus. Il avait griffonné ses quelques idées sur un brouillon, mais n’avait pas eu le courage d’aller se documenter sur la pensée des ex-grands autocuiseurs philosophiques à ce sujet. Et puis, c’était à lui que se posait la question. Il avait été reconnaissant à Mr Marmer de donner pour unique consigne « Ne pompez pas ! ». Il n’avait jamais compris l’intérêt de faire mâcher puis recracher sous une forme pulpeuse les doctrines philosophiques nobles aux étudiants, même s’il finissait pratiquement toujours par s’y conformer. C’était ainsi que l’on progressait, apparemment. Drôle de méthode… Heidegger, Nietzsche et More étaient-ils eux-même passés par cette phase d’humilité frustrante qui consiste à absorber les points de vue de leurs illustres prédécesseurs ? Ca ne faisait aucun doute… Mais Socrate, alors ? Puisqu’il était considéré comme le père de cette science de l’amour de la sagesse, comment avait-il pu prétendre à monter seul sa pensée, si pensée il y avait eu, tout en gardant par ailleurs cette irréprochable modestie qui en faisait un être détestablement parfait ? Peut-être la philosophie était-elle un mode de pensée intemporelle, à l’état naturel depuis que les hommes avaient acquis l’intelligence nécessaire. Mais qu’était l’intelligence ? On en revenait au problème de l’origine du monde. « Le monde a-t-il ou non un commencement ? ». Billy se massa les arcades sourcilières. Il n’avait aucune envie de s’embarquer à nouveau vers les transcendances et les nébuleuses insolubles dans l’immédiat.
Il regarda sa montre. Le self avait dû ouvrir à l’heure qu’il était. Il était tenté de sortir pour s’acheter une cochonnerie à manger en peu de temps. Il n’avait en vérité aucune hâte de retrouver ses congénères après cette absence prolongée. Mais, il aurait fallu se donner la peine de trouver une échoppe, de choisir et de demander. Billy avait assez délibéré avec lui-même, et espérait ne plus avoir à le faire jusqu’à ce qu’il se fût endormi. Il délaissa les graffiti de ses feuilles, prit sa clé et sa carte, et finalement le sempiternel chemin de la cantine.
Lorsqu’il sortit du bâtiment Reuel, il apprécia l’air froid et bruineux du soir, pas tout à fait tombé. Le soleil s’était un peu voilé, mais brillait toujours à travers l’humidité d’une lumière jaunâtre qui donnait un aspect un peu fiévreux aux choses. Il s’engagea sur le chemin de gravier. Il se sentait d’humeur irritée, et plus à vif que d’ordinaire. Il fredonnait quelques paroles hargneuses dans la solitude du dehors. « Y m’dit repentez-vous mon frère dans une dernière prière et j’lui ai dit crève salope … »
Billy ignorait contre quoi il était en colère. Du moins l’ignorait-il exactement. Cela avait-il seulement un sens ?
« Crève charogne »
Pouvait-on être en colère contre son propre soi ? Etait-il en colère contre lui ou contre son identité ? Il shoota dans un caillou un peu plus gros que les autres. Et en levant la tête pour suivre sa course un peu plus loin, il vit l’entrée de l’école, toujours gardée par quelques vigiles. L’un d’eux était d’ailleurs en train de contrôler l’identité d’un étudiant. Que n’avaient-ils pu contrôler son soi même… songea Billy sans s’en rendre compte lorsqu’il reconnut le jeune homme qui marchait vers lui, les verres miroirs toujours vissés sur les yeux, comme dans une ignorance élémentaire de la logique.
« Crève fumier »
Billy se revoyait déjà dans ces faux yeux rutilants. Il le voyait approcher de sa démarche nonchalante qui lui donna envie de le jeter à terre et de l’immobiliser pour toujours. Le bouillonnement redoubla en lui, pourquoi ce type devait-il exister puisque lui-même était conduit à en être tourmenté bien au-delà du raisonnable ? Il n’était plus qu’à quelques mètres de lui et Boyd sentit que quelque chose n’allait pas, luttait pour pulser hors de son enveloppe abstruse, avait besoin de suppurer comme un abcès qui démange.
« Vlan, y z’ont tranché »
Et Billy s’arrêta. Quelque chose venait de lui apparaître comme une hypothèse digne d’un paranoïaque, totalement vide de sens… mais qui, pourtant, aurait pu lui plaire. Il garda ses yeux dardés sur lui. S’y était fixée l’irritation, mais à présent seulement comme une lave figée, qui ne brûlait plus. Le garçon stoppa alors à son tour, à quelques pas de lui. Il le voyait le considérer derrière ses lunettes.
- Y a un problème ? demanda-t-il enfin.
Le ton était un mélange de désinvolture, d’assurance et d’un zest d’agacement. Billy réalisa alors qu’il venait d’amorcer une confrontation, et que, décidément, il n’avait pas choisi la bonne personne pour cela. Il se morigéna de son manque de contrôle, et fila sans dire mot vers son but initial. C’était trop stupide.
Il débarqua dans le réfectoire désorienté ; ou plutôt, intégralement mû par une habitude intrinsèquement somatique, tandis que sa conscience se trouvait dans une ébullition abyssale. Celui-là… qu’avait-il fait pour être auréolé d’une telle émotion qu’il semblait le seul à percevoir ? Il était réputé pour avoir beaucoup de charisme, cela, même Boyd en était au courant. C’était à n’y rien comprendre… ou plutôt, la seule chose à comprendre était probablement que le problème venait de lui-même. Il n’y avait nul besoin d’être Cassandre pour l’affirmer, d’ailleurs. Il n’y avait qu’à constater les crises qu’il présentait ces derniers temps, sans compter sa pathologie de la vie constante. Alors qu’il s’installait sans même savoir ce qu’il avait pu mettre sur son plateau, Renaud surgit soudain près de lui pour lui lancer, plus calme qu’à l’ordinaire :
- Tu veux pas venir manger avec nous ?
Billy ne savait pas s’il était content ou non de le voir, mais il se laissa guider sans chercher à opposer de résistance, n’étant d’ailleurs pas sûr d’en avoir les moyens.
- Le voilà, annonça son camarade lorsqu’il l’amena à une table où ne restait qu’une place de libre.
Il semblait que le groupe venait lui aussi d’arriver. Il était constitué des quatre musiciens et de la petite rouquine qu’il voyait toujours au club. Boyd fut salué et trouva la constance de répondre avant de s’asseoir avec eux.
- Alors, demanda la plus jeune dont le ton dégagé sonnait assez faux, comment s’est passée la manif, pour vous ?
- Sans merguez, répondit Agnès d’un air sombre comme si cela suffisait à donner une appréciation de l’événement.
- Ils ont fait les cons, répliqua Aldebert.
La brune leva les yeux au ciel sans cesser sa mastication et l’autre fille, après avoir avalé une bouchée, voulut en savoir plus.
- Ah oui ?
- Oui. Figure-toi que Renaud a assommé et accessoirement défiguré un type en lui explosant sa bouteille de bière dans la figure.
- Un flic, précisa l’intéressé sans regarder la cadette.
- Oui enfin, ça reste un type aux dernières nouvelles. Agnès, pour sa part, a failli finir au poste. D’ailleurs, ça m’étonne qu’on te revoie déjà à l’heure qu’il est, toi, reprit-il en s’adressant à nouveau au gavroche. Tu as réussi à t’évaporer une fois de plus ?
- Ouais, répondit Renaud. On a passé la nuit à Saint-Georges, si ça t’intéresse.
- On ?
- Billy était avec moi.
Aldebert considéra le nouveau venu avec incrédulité.
- Eh bien, y a pas de quoi être fier…
- Bon, ça va maintenant ! trancha le marlou en haussant la voix. Est-ce que je te reproche d’aller faire les queues de manifs avec les gosses et les promeneurs, moi ? A supposer que tu y aies été. Faudra venir répondre de nos actes devant sa majesté du képi, dorénavant ?
- T’as raison, laisse tomber, c’est pas la peine… Faites ce que je dis pas ce que je fais…
- Heu… au fait, s’exclama alors la frimousse piquetée de taches de rousseurs, si tu veux savoir, les gens ont fini par investir la préfecture.
- Ah, quand même ? interrogea Renaud.
- Oui. On n’a pas tardé à se faire déloger, malheureusement… Ils ont envoyé le régiment en fin de soirée.
- Tu m’étonnes… Enfin j’imagine que vous pourrez au moins vous vanter d’avoir foutu un sacré bordel, sourit le Français.
Il y eut un silence prolongé pour les compères habituels. Michael, les yeux penchés sur sa nourriture, n’avait pas pipé commentaire depuis l’arrivée de Billy qui sentait qu’il n’était pas tombé dans le jour idéal pour faire plus ample connaissance, par-dessus le marché.
- Donc… reprit opiniâtrement la jeune fille aux boucles rousses, tu as encore passé la nuit dans ton Eglise ? Et toi aussi, c’est ça ?
Billy acquiesça et elle le considéra avec envie. Le jeune homme fut frappé de noter que c’était là la première fois que cela lui arrivait, du plus loin qu’il se souvienne.
- La prochaine fois, appelez-moi…
- Tu sais, ce n’est pas des plus confortables ! lança Renaud. Tu étais bien mieux dans ton petit lit.
-Oui, mais ça doit être marrant, dit-elle avec un sourire. Et puis, j’aurais de toute façon passé une meilleure nuit que celle-là…
Le silence se fit à nouveau. Elle venait d’effleurer maladroitement le sujet qui rendait tout le monde muet et mal à l’aise depuis le début du repas. Finalement, Agnès balaya ce désagréable tabou en s’adressant à lui.
- Et toi, Billy, qu’est-ce que tu penses de ce qui est arrivé ?
Il jeta un rapide coup d’œil à Renaud qui s’était remis lui aussi à fixer son assiette.
- Je crois que la chose se suffit à elle-même. Il n’est guère utile d’en penser quoi que ce soit… répondit-il, gêné.
L’assemblée acquiesça et s’empressa d’avaler la pitance quotidienne, pour échapper à toute discussion. Apparemment, son compagnon n’avait pas étalé ses exploits nocturnes. Il lui fut reconnaissant de ne pas le contraindre à un récit explicatif. Il laissa le dîner passer rapidement dans une ambiance toujours aussi funèbre, puis fut le premier à se lever lorsqu’ils eurent tous fini.
Les compagnons sortirent du bâtiment Winston ; Billy se dirigea immédiatement vers l’ancienne école, et Renaud lui emboîta le pas. Voyant cela, Agnès demanda d’un ton morne qui signifiait sa connaissance préalable de la réponse :
-Pas de club, ce soir ?
Le chanteur se retourna et secoua brièvement la tête. Puis il accéléra le pas pour rattraper son nouveau camarade qui pénétrait déjà par la grande porte du Reuel. Billy allait s’engager dans l’escalier principal quand il l’attrapa par la manche. Surpris, celui-ci sursauta.
-Je peux avoir trois mots avec toi, deux minutes ? demanda le poulbot en réponse à son regard interrogateur.
Ils s’éloignèrent du hall trop fréquenté pour marcher le long du couloir, déserté par la plus grande part des étudiants. Billy appréhendait ce que Renaud avait à lui dire et qui semblait lui demander tant de peine à lui, d’ordinaire si dégagé.
-Qu’est-ce qui t’est arrivé, cette nuit ? lâcha-t-il finalement.
L’étudiant resta tout d’abord muet, puis se décida lâchement à gagner du temps :
- Comment ça ?
- Ben, cette nuit, pourquoi les durites ont pété ? Je peux pas croire qu’un gars comme toi fasse des numéros de ce genre tous les soirs…
Boyd contre-attaqua, toujours aussi stérilement :
- Et qu’est-ce que je suis, comme variété de gars ?
Le jeune gavroche le regarda, comme s’il en appelait à sa bonne volonté.
- Ben, t’es… tu… tu m’avais semblé plutôt les pieds sur terre, tu vois ?
Il maugréa l’assentiment demandé.
- Crise d’angoisse, tu l’as dit toi-même. Tu sais, les jeunes garçons névrosés y sont très sujets…
- Tu te vexes vraiment pour un rien, on dirait que tu inventes toi-même les attaques personnelles… soupira Renaud. Je veux pas te psychanalyser, j’aimerais seulement savoir ce qui t’a fait flipper comme ça. C’est pas pour toi, si ça te fait froncer les naseaux.
Billy se tut un moment. Pour finir, il avoua avec une sincérité désarmante :
- Je ne sais pas. C’est totalement inexplicable. Tu es tranquille… puis des… des sensations horribles t’assaillent… tu as l’impression qu’il va t’arriver quelque chose d’atroce, et… enfin, peu importe. Où tu veux en venir ?
- Tu vois des choses lors de ces crises ?
- Quelles choses ? demanda-t-il sans comprendre.
- Ca c’est à toi de me le dire…
- Tu veux dire, comme des sortes de visions ? suggéra Billy avec un rictus qui hésitait entre l’étonnement et la moquerie.
Renaud s’arrêta alors pour le regarder dans les yeux, ce qui eut pour effet immédiat de rendre son interlocuteur tout tendu et suant comme un enfant pris en faute.
- Ecoute, mec, je vais pas tourner autour du pot. Est-ce que tu as vu… ou ressenti des choses qui pourraient avoir un rapport avec ce qui s’est passé ici ?

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:20

Renaud grimpait d’une démarche morne en direction des chambres. Il avait peut-être un peu brusqué Billy, cet individu qui semblait passablement sclérosé, mais il y avait alors des problèmes plus graves que les sensibleries émotionnelles. Il ne savait pas bien ce qui avait pu lui faire croire que l’accès de terreur de son camarade pût avoir un lien avec le drame survenu cette nuit-là à l’école, lui qui n’avait jamais cru au paranormal, pas plus qu’il ne croyait au bon dieu, au père Noël ou autres chimères qui n’avaient de merveilleux que le sens propre. Peut-être cela était-ce du fait de l’improbabilité tragique de l’événement, et de toute l’horreur qu’il dégageait… En cas d’infanticide, les pistes les plus incongrues étaient bonnes à prendre, estimait-il. De plus, l’idée d’être l’unique détenteur d’un élément déterminant de vengeance contre pareille fiente humaine faisait palpiter la frontière de sa conscience. Cela dit, il comprenait presque Billy de l’avoir toisé d’un regard si chargé en consternation lorsqu’il avait cherché à lui soutirer des informations. Il l’avait traité de fou avant de prendre congé fermement, et il avait sans doute raison. Le meurtre d’un minot le révoltait au plus haut point, et Renaud faisait preuve de réactions souvent stupides devant une indignation trop directe. La preuve en était qu’il se dirigeait alors vers la chambre 343 du dortoir des filles. Arrivé devant, son index replié hésita un instant avant de toquer la porte de trois coups obstinés.

Ce fut une Uliana aux traits tirés qui lui ouvrit, en robe de chambre, tenant à la main un mug de thé. Une expression de surprise se peignit sur son visage en le reconnaissant. Le jeune homme amorça, un peu ennuyé :
- Salut… Est-ce que je te dérange ?
- Oh, non, non… répondit Lasarva en repoussant machinalement une mèche de ses cheveux derrière son oreille, geste qui lui donnait une certaine contenance.
Elle se recula pour ouvrir plus grand la porte et Renaud entra, notant les nombreux mouchoirs en papier usagés qui jonchaient le sol autour de l’un des lits.
- Assieds-toi, lui proposa-t-elle poliment, du thé ?
- Non, merci, déclina-t-il, je ne vais pas t’ennuyer longtemps, mais j’aurais bien aimé savoir un petit truc…
- Oui ? demanda-t-elle par-dessus sa tasse, le fixant de ses yeux cernés.
Le jeune Sechan piétinait sur place, mal à l’aise :
- Je sais que ça ne devrait pas se faire mais… j’aurais besoin que tu me dises vers quelle heure tu as découvert le… le…
- Oh ! C’était épouvantable ! s’exclama sa camarade. C’est gentil de venir m’en parler, personne ne s’est intéressé à ce que j’avais pu ressentir dans l’histoire. On ne peut pas le savoir si on ne l’a pas vécu, de toute manière. Quand je me suis levée, oh, il devait être aux alentours d’une heure du mat’, enfin c’est ce que j’ai dit aux policiers qui m’ont interrogée. Ils n’avaient strictement aucune délicatesse, ceux-là, d’ailleurs. Enfin, je ne suis pas sûre d’avoir vraiment dormi avant. J’avais envie d’aller au petit coin et comme les waters de notre étages puaient la javel après le nettoyage depuis le matin, je suis descendue en-bas, en me disant que ça me ferait une petite promenade puisque je n’arrivais pas à dormir. Ah ! Le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçue !
Par politesse, Renaud écouta patiemment le récit dramatique qu’Uliana lui offrit de l’horreur sans nom qui l’avait saisie d’un seul coup en posant le pied sur le seuil, de la terreur que la vue de toute cette boucherie à peine entraperçue lui avait inspiré. Mentalement, il tentait de se remémorer sa propre nuit. Il pesta cette fois contre le fait qu’il ne portât jamais de montre sauf pour des occasions particulière. Il lui semblait également n’avoir pas beaucoup dormi avant d’être réveillé en sursaut par les hurlements de Billy. Une chose était sûre : il avait passé la majeure partie de son sommeil assis sur le sol glacé. Son derrière et ses jambes s’en souvenaient encore. Ca pouvait être cohérent… encore que toutes ses considérations étaient bien floues, bien vaines. Rien n’était précis, et l’impressionnant accès de peur dont il avait été témoin était très probablement une coïncidence… et puis, de toute façon, Billy n’avait rien à en dire alors… Il se demanda en définitive à quoi servaient ses démarches. Il avait juste eu besoin de savoir… comme pour gratter un bouton de moustique : ça ne servait strictement à rien, mais ça soulageait sur le moment. Il n’avais jamais pu s’empêcher de gratter ses boutons…
- Merci d’avoir accepté de me répondre, dit-il enfin lorsque l’étudiante parut avoir terminé la description de son traumatisme.
Il se dirigea vers la porte.
- Tu mènes l’enquête ? demanda Uliana, ayant quitté son personnage de vierge éplorée devant tant de haine sur sa tisane pour celui de la jeune oie admirative.
Il eut un début de rire jaune.
- Oui, on va dire ça, mais je ne suis pas sûr que ça me mène très loin.
Dans l’encadrement de la porte, elle lui lança :
- Bonne chance, Sherlock !
Il tourna une dernière fois la tête en forçant un sourire de connivence, levant un pouce peu convaincu.

Il fit tout le chemin qui le séparait de l’aile des garçons perplexe. Billy n’avait-il pas mis un peu trop de susceptibilité dans sa réaction quelques instants auparavant ? Il chassa cette pensée en songeant qu’il prenait décidément cette histoire qui ne le concernait pas trop à cœur en voulant jouer les détectives d’opérette. Les flicards étaient payés pour s’occuper de ça, c’étaient des professionnels… Ils avaient l’organisation, les moyens techniques pour coincer le coupable de ces atrocités… tout en ne possédant pas les ficelles de ce qui se passaient dans l’établissement, et ne connaissant pas forcément tous les éléments du drame… Ah, et puis de toute façon, il ne pouvait pas aller faire une déposition avec une absence totale d’élément fiable, sans compter le fait qu’il n’aimait pas trop fréquenter les postes de police du coin qu’il connaissait déjà assez à son goût. Il esquissa un sourire à un étudiant qu’il croisa dans le couloirs des garçons, celui qui lui avait demandé « La Blanche » et venait alors de le saluer d’une brève inclination de la tête. C’était l’avantage de se produire presque tous les jours pour ses camarades : il finissait par connaître beaucoup de monde, ce qui était toujours sympathique… et utile ! Utile, oui… Renaud décida qu’il devait probablement des excuses au Billy qui avait dû se sentir exploité, pressé comme un agrume quelconque, lui qui ne semblait pas crouler sous le poids des copains s’il en jugeait par ce qu’il avait pu voir au local.


Billy recracha l’eau qui lui avait rincé la bouche, la brosse à dent à la main. A peine rentré, il s’était mis en pyjama et était allé faire ses ablutions dans le but de se coucher le plus rapidement possible, et de remettre sa conscience en veilleuse. Il voulait tellement dormir. La lourdeur sous ses yeux qui le piquaient légèrement, ses gestes un peu laborieux le lui prouvaient. Il voulait débrancher, et pour le plus longtemps possible. Il soupira de découragement en songeant au lendemain synonyme de début de semaine.

Un petit bruit soudain vint le tirer de sa flemme. Quelqu’un venait de frapper à la porte. Il quitta le petit lavabo mais, le temps qu’il fasse le tour du morceau de cloison qui le séparait de la partie principale de la chambre, on avait déjà ouvert pour passer le seuil. Billy fut choqué, surtout lorsqu’il reconnut celui qui venait de s’introduire chez lui.
- J’t’en prie, te gêne pas… s’entendit-il lancer avec colère.
Il regarda l’autre refermer la porte et ramener le tabouret de bois sous lui avant de le considérer avec impertinence.
- C’est gentil…
- Qu’est-ce que tu veux ? lança-t-il hargneusement, assuré d’être dans son bon droit.
Il l’importunerait donc jusqu’au bout ?
L’autre continua de le regarder avec un désinvolte sourire en coin, lui faisant immanquablement baisser les yeux, et profitant des pieds du tabouret un peu bancals pour se balancer d’avant en arrière.
- Rien… Seulement discuter.
Billy le fixa à nouveau :
- J’ai rien d’intéressant à te dire, et d’ailleurs je n’ai pas que ça à faire, désolé.
- Tu es toujours désolé, n’est-ce pas ? répliqua l’autre garçon, satisfait de recevoir en retour un coup d’œil déstabilisé, avec quelque chose de suppliant. Il faut avoir du culot dans la vie, sinon tu t’en sortiras jamais, mon ami.
- Ma vie est peut-être un désastre, mais au moins je la mène comme je l’entends, je n’ai pas besoin d’un parrain pour venir me donner des conseils. Sors d’ici, s’il te plait.
- Tu considères ta vie comme un désastre ? demanda-t-il avec curiosité, se balançant toujours mécaniquement en s’agrippant au bord du tabouret dans un comportement enfantin.
Billy ferma les yeux, plus fatigué de tout que jamais. Le sort ne le laisserait donc jamais, jamais tranquille ?
- Ecoute, j’aimerais que tu m’énonces clairement la raison de ta soudaine incruste ici, parce que je t’assure que j’ai aussi mes limites.
- Je m’en doute ! s’exclama l’autre garçon. Alors voilà, je venais te voir parce qu’il me semble qu’il y a quelque chose qui ne va pas entre nous deux. Je suis ici pour m’enquérir de la raison du problème.
A nouveau, Boyd s’en voulut de rougir. Pour compenser, il soutint le regard très direct et répondit d’un ton assuré :
- Tu as imaginé des trucs…
- Vraiment ? Parce que ça fait plusieurs fois que je te vois me regarder comme si j’étais le fantôme de la reine Elisabeth en personne. Remarque, moi ça me plait plutôt, en tout cas ça me change, mais j’ai comme l’impression que c’est un souci pour toi. Alors, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter de te perturber ?
Billy ne répondit pas. Il écoutait les coups des pieds de tabouret tandis que l’autre étudiant attendait. Ce qu’il pouvait être irritant…
- Tu voudrais être fixé ? Moi aussi, lui jeta-t-il alors, avant de poursuivre plus calmement. Tu baratines depuis que tu es entré. Tu baratines à longueur de temps. Quand tu te décideras à jouer franc-jeu, peut-être que ça nous avancera tous les deux. En attendant ne fais plus attention à moi, ça ne sert à rien.
A ces mots, il vit avec une sourde jubilation le masque de désinvolture attentive et condescendante se décomposer l’espace de quelques secondes. Sa spontanéité l’avait bien guidé. Puis il crut le voir passer par une imperceptible expression de colère avant de regagner très vite cet air ironique et hautain, malgré le fait qu’il dût lever la tête pour le regarder.
- Je n’étais pas au courant que tu me connaissais si bien… railla-t-il, doucereux. D’accord… La première chose qu’on fait quand on est honnête c’est de se présenter n’est-ce pas ?
- La première chose qu’on fait quand on est honnête, répliqua Billy, c’est de ne pas entrer chez les autres sans leur permission.
L’autre baissa la tête sur le côté avec un sourire d’excuse, puis releva les yeux vers lui et lui tendit le bras.
- Je m’appelle Dominic.
Après un instant, et sans faire un geste pour prendre la main présentée, Boyd répondit avec distance :
- Billy… Mais j’imagine que tu le savais déjà si tu as trouvé ma chambre.
Le jeune homme fit basculer à nouveau son corps vers l’arrière, levant les yeux au ciel avec un petit sourire complaisant, balançant son bras boudé de manière à ce que sa main baguée finisse sur sa nuque et la masse doucement.
- Même pas. Je t’ai vu y entrer. Si j’avais déjà su ton nom, j’aurais attendu que tu me demandes le mien avant de te le donner.
- De toute façon, je crois que je l’avais déjà entendu.
- Oui, j’oubliais que tu savais déjà tout sur moi.
- J’en suis bien loin. Et pour tout t’avouer, je me demande si j’en aurais envie.
A nouveau, Billy avait réussi à lui décrocher son détestable sourire. Mais passée la satisfaction, il se surprit à réprimer une décharge de crainte devant la figure à présent sérieuse et manifestement mécontente qui le dévisageait.
- Ah oui ? Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?
Boyd s’enjoignit de lever le pied sur ses paroles. Cela lui avait fait du bien de les lui lâcher en face, et avec du recul, il lui aurait été à la vérité presque reconnaissant de s’être imposé à lui pour le forcer à échanger une discussion. Mais il devait également être prudent. Si ce qu’il voyait de si mauvais en lui n’était qu’une sombre chimère, et c’était probablement le cas, il devait se garder de passer pour bon à enfermer ; et dans le cas contraire… il devait rester aussi discret que possible à ses yeux, a fortiori.
- Que chercher à te connaître est le cadet de mes soucis, que pour l’instant ce que j’aimerais c’est pouvoir dormir. Je te souhaite donc une bonne nuit et t’invite cordialement à débarrasser le plancher.
Il était allé entrouvrir la porte jusqu’à ce qu’elle bute contre le petit meuble quadrupède où Dominic se tenait. Celui-ci avait levé la tête pour le suivre et le regardait avec une expression indéfinissable, mais où Billy put noter l’absence soudaine de dépréciation. Après quelques secondes d’intensité palpable, il se leva, passa derrière lui et, avant d’avoir franchi tout à fait le seuil, lui lança simplement :
- A la prochaine.












Eh oui, pour une fois j'ai changé la place du strip, je pense que vous en comprendrez les raisons... Wink

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:24






Billy avait terminé sa journée. Celle-ci s’était avérée plus légère que prévu. Une partie de la matinée avait été occupée par un discours du doyen et d’un officier de police. Le personnel de l’établissement semblait avoir été sérieusement secoué par le drame. A contrario, si de nombreux élèves avaient cédé à l’affolement à la vue du cadavre, la plupart semblait avoir déjà recouvré son calme, et les autres s’étaient pour beaucoup laissés raisonner par les propos apaisant du chef de l’administration. Billy fut donc déculpabilisé du peu d’effet que cette mort en elle-même avait eu sur son état d’esprit. Ce n’était pas le vol de cette vie qui le mettait mal à l’aise… Il referma la porte de sa chambre. Il eut un regard de quelques instants pour le tabouret qui se tenait toujours derrière. Puis il dénoua sa cravate et la jeta sur son lit. Il se dirigea vers le petit rectangle de carreau qui lui laissait voir la cour de l’école. Celle-ci s’était couverte d’une première poudrée blanche qui refroidissait le paysage. Le banc sur lequel plongeait son regard était matelassé d’une couche humide, et les arbres alentour n’allaient pas tarder à crachoter leurs derrières feuilles racornies sur le sol poisseux de glace. En déboutonnant sa chemise, Boyd put presque sentir l’air froid s’immiscer dans son cou. Il songea alors à se racheter sans tarder une écharpe –celle de l’année passée avait été égarée dans une bibliothèque –, car il était très sujet à toutes les maladies de l’hiver. Il se déshabilla frileusement pour passer un tee-shirt épais et un long chandail de laine écrue, pris son portefeuille dans la poche intérieure de son blouson, en ayant soin de la refermer, et quitta sa pièce. Il n’avait pas récolté beaucoup de travail à faire, et considérait qu’il pouvait s’octroyer une petite sortie, puisque le but en était utilitaire. Alors qu’il arrivait dans le hall, il entendit avec surprise une voix féminine l’interpeller. Se retournant, il vit la jeune fille aux taches de rousseur trottiner jusqu’à lui.
- Salut !
- Salut… Ca va ? demanda-t-il avec toute la formalité de ceux qui se contentent de meubler.
- Pas mal ! répondit-elle. Qu’est-ce que tu fais ?
- Oh, rien, j’allais faire du shopping… peut-être me trouver une écharpe. Et toi ?
- Ah, tu as raison, la vague de froid arrive… affirma la rouquine en reprenant avec lui la direction de la grande porte. Moi aussi je vais faire quelques courses, pour ne pas être congelée sur place dans les prochains jours. Vous ne vous êtes pas trop caillés à Saint-Georges l’autre nuit ?
Billy aurait voulu prendre le chemin du portail, mais son interlocutrice obliquait vers le local sans le libérer de la conversation.
- Ca va… Mais c’est vrai qu’on n’a pas eu chaud non-plus…
- Je vais dire un petit bonjour à Renaud et aux autres, ils doivent être en train de répéter, signala-t-elle alors qu’ils arrivaient à la bâtisse.
Elle frappa à la porte de ferraille et entra. A l’intérieur, Michael, Aldebert et Renaud semblaient en train de coordonner leurs pas sur scène. Lorsqu’il la vit, le gringalet agrippa sa casquette à deux mains et sauta au-bas de l’estrade en s’exclamant un « Mon dieu ! » catastrophé. Il se précipita vers l’entrée pour en chasser gentiment l’intruse à petits gestes ridiculement nerveux.
- Pas de fille cette après-midi, c’est ce qu’on a décidé.
- Et pourquoi ça ? se rebiffa la petite rouquine, amusée de sa comédie.
- Parce qu’on prépare une chanson top secrète entre hommes, voilà pourquoi !
- Ah oui, je vois le genre de chanson… persifla-t-elle.
Renaud la considéra sévèrement, les poings enfoncés dans les boutonnières de sa salopette de toile rouge. Puis il parut seulement remarquer Boyd qui se tenait derrière elle, partagé entre l’idée de rester et de retourner à ses affaires.
- Ah Billy ! Toi tu peux venir par contre si tu veux.
- C’est pas juste ! se récria la jeune fille pour la forme. Mais je m’en fiche, j’ai d’autres chats à fouetter…
Son compère saisit la balle au bond.
- Moi aussi. C’est gentil d’avoir proposé mais j’ai une course à faire…
- Oh mais je peux m’en charger si tu veux, lança tout de go la petite rousse. Moi aussi je vais devoir fouiller dans les fringues d’hiver alors je peux t’en ramener une d’écharpe.
Pris au dépourvu par cette proposition spontanée et une soudaine envie de rester plus forte, Billy ne sut trop quoi répondre.
- Oh… C’est sympa mais… je veux pas te faire perdre ton temps…
- Mais non, je te dis…
Alors que le jeune homme cherchait de l’argent dans son manteau, Renaud qui avait attendu que la discussion aboutisse, se manifesta :
- Heu, Lili ?
Lili, oui… C’était comme cela qu’ils l’appelaient.
- Quoi ?
- Ca m’étonnerait que Billy vise une écharpe arc-en-ciel avec des pompons, alors essaie d’être mesurée dans ton choix…
- Le problème avec vous c’est que vous manquez de fantaisie…
- Si tu peux me prendre un truc tout simple, précisa Boyd que la remarque avait fait rire un peu jaune. Bleu marine, ou noir, genre.
- Je me réfrénerai, grinça-t-elle faussement en saisissant le billet. Allez, amusez-vous bien les petits mecs…
- C’est ça, va-t-en ! répliqua le chanteur.
Il essaya d’attraper sa casquette pour l’ébouriffage rituel, mais sa camarade se déroba et repartit en lui tirant la langue. Il eut un soupir complaisant et fit entrer Billy, avant de refermer avec plaisir la porte grinçante sur le courant d’air.
- Classe, ton blouson, apprécia-t-il lorsqu’il passa devant lui.
- Merci. Je dérange pas c’est sûr ? Parce que si vous voulez répéter tranquille…
- Tu apprendras qu’on ne se gêne pour personne, messire Billy, répondit Michael en continuant de pincer les cordes de sa guitare de manière saccadée. C’est simple : Si t’as envie de regarder, tu regardes, et si tu nous trouve trop cons tu rentres étudier.
L’intéressé sourit, et s’installa dans son pouf habituel.
- Je manque de motivation ce soir, il va falloir en faire beaucoup pour me refouler !
- Tu ne nous as jamais vus en répèt’, ça se voit… affirma Aldebert.
- J’te comprends en tout cas, déclara Renaud en rejoignant ses copains sur l’estrade. C’est pas évident de se remettre au boulot le lundi soir, et puis c’est comme s’ils avaient tous oublié de nous pourrir l’agenda aujourd’hui.
- Ouais, on va pas se priver… Marmer me prend déjà assez la tête avec sa philo, lança Mic.
- Tu parles… acquiesça Boyd.
- Bon, allez, on s’y remet ? pressa Aldebert.
Les trois lascars enfilèrent leurs guitares et, après s’être replacés, entamèrent les premières mesures.


- Allez, allez, allez, allez…
Daniel considéra qu’il avait vidé le premier son bock de blonde et le renversa sur sa tête chevelue alors qu’un fond d’alcool restait encore au fond.
- Dégueu, protesta Jonas en reposant le sien. Tu l’as même pas terminée, regarde ça… T’en as plein les cheveux, connard.
- Oh, ça va, qu’est-ce tu m’fais chier pour trois gouttes, espèce de mauvais joueur…
- Il a raison, c’est dégueu… confirma Noémie en suivant le trajet d’une goutte qui dégoulinait tout le long des mèches noires.
Dominic sourit en mâchonnant son cure-dent. Ils ne s’amélioreraient jamais, ceux-là, et cette fatalité les rendait presque attendrissants à ses yeux, précisément. Il pianota nonchalamment sur son verre. Il se sentait bien, lénifié dans cette ambiance quotidienne et implosée de bistrot. On y entrait et les vêtements froids adhéraient au cuir élimé des banquettes, et vous collaient le cul pour un bon moment devant vos consommations. Rien d’imprévu ne semblait avoir le pouvoir de survenir dans ces endroits remplis de lumières artificielles et d’attardés comme eux. On était en sécurité dans la chaleur des vapeurs liquides et goudronnées, comme un fœtus l’était dans la poche des eaux.
- Arrêtes, tu me stresses ! râla Coralie en lui retirant le verre sur lequel son anneau cognait sans qu’il ne se rende compte du désagrément sonore.
Il releva la paume en signe d’apaisement absent. Puis il retira le bâtonnet de sa bouche pour lancer :
- Alors, vous l’avez trouvé comment le speech du Chou-navet ?
- Bof, si tu veux mon avis, répondit Noémie, il s’en contrefiche qu’un enfant soit mort, ce qui le fait chier c’est que ça ait eu lieu dans son établissement…
- Ca se voyait que tout ce qui lui fait peur, à lui, c’est que les gens désertent son bagne… approuva Coralie.
- Oui, c’est vrai. Ils sont tous en train de faire dans leur culotte à l’admin… affirma Dominic.
- Il y a de quoi avoir les boules, quand même, vous trouvez pas ? interrogea Daniel.
Ses deux acolytes hochèrent la tête, mais les filles haussèrent les épaules.
- Je ne sais pas comment ça a pu se produire chez nous mais bon… des gosses tués, il y en a tous les jours… déclara l’une.
- Si encore ç’avait été un étudiant mais là… reste à attendre qu’ils aient élucidé le mystère, conclut l’autre.
Il y eut un silence de quelques instants. Monaghan regretta alors son verre sagement rangé à-côté de celui de son amie. Il tournait et retournait à présent le petit cure-dent entre ses phalanges moites. Finalement, il releva la tête et dit avec un sourire cynique :
- En tout cas, une qui a été bien traumatisée, c’est la Lasarva. Je l’ai croisée aujourd’hui et elle avait dû passer la journée à faire les magasins pour se trouver tous les accessoires de la « vraie gothique » !
Il accompagna l’appellation d’un geste maniéré tout en roulant des yeux. Ses compagnons esquissèrent un petit rire et demandèrent des détails.
- Déjà, elle s’est entièrement reteint sa superbe crinière de paille en noir, pour être assortie à sa dernière panoplie, avec tee-shirt maillé et guêtres à la « regardez, je suis suicidaire ! »… et question maquillage, elle avait eu la main encore plus lourde qu’à l’ordinaire, ce qui n’est pas peu dire comme vous l’imaginez…
- Mon Dieu, en voilà un beau tableau, soupira Coralie.
- Ouais, et je te passe la tronche qu’elle tirait… j’ai cru que son menton allait se détacher et tomber par terre.
- Lequel ? demanda Jonas.
Ils ricanèrent tous comme une troupe de hyènes festoyant sur une carcasse bien grasse.
- Remarque, lança à nouveau Dominic, y a pas qu’elle qui dégoulinait aujourd’hui. La petite Thorens est encore venue me renifler le derrière ce midi, j’aurais pas cru ! Je sais pas ce qu’ils ont tous, ces temps-ci, mais les gens deviennent complètement marteaux…
Le cure-dent finit par se casser entre ses doigts.
- Pauvre fille, commenta sa complice d’un ton qui jurait avec ses dires. Faudra bien un jour que tu en laisses une de l’école t’approcher sinon tu vas te retrouver violé dans un petit coin par tout un commando.
L’intéressé tressaillit et écarta sa cuisse de la main qui le flattait avec une nonchalance amusée.
- Hé, va tripoter ton hassidim, toi… siffla-t-il.
- Hassid.
- Quoi ?
- Au singulier, c’est hassid, pas hassidim, corrigea-t-elle avec un sourire impertinent.
- Fait chier… grinça-t-il simplement entre ses dents en reprenant un fragment du cure-dent dans sa bouche.
Au milieu des moqueries, Jonas déclara :
- T’auras bientôt besoin d’un garde du corps pour les éloigner…
- Est-ce que tu te proposes ?
- Si tu me fournis le costard, ouais, répliqua-t-il.
- Je suis pas certain que ça t’irait, vu de quoi t’as l’air dans un uniforme…
- Tu crois seulement qu’on peut humainement être sexy dans une de leurs choses ?
- Bien vu, concéda Monaghan.
Il en avait assez d’être ici, à se faire charrier par sa bande de désœuvrés. Il jeta un œil au dehors et suggéra :
- Bon, puisque tout le monde a fini ce qu’il avait dans son verre, ou presque… on pourrait peut-être y aller ?
Ils entassèrent les pièces dans le cendrier et retrouvèrent l’usage de la station debout pour sortir du bar. La nuit était rafraîchissante et, en sentant l’humidité de l’air, Dominic fut pris d’une irrésistible envie de courir… à fond de train, jusqu’à ce que le corps ne se fasse plus ressentir. Il se tourna vers Jonas, car il le savait le seul assez barré pour le suivre dans ses folâtreries, et lui proposa :
- Ca te dirait une petite course jusqu’au bercail ?
- Pourquoi pas… répondit-il simplement. Tu permets que j’enlève ma veste ?
- Oui, bonne idée. Coralie, tu veux bien garder mon manteau ?
La jeune fille prit le vêtement en secouant un peu la tête devant tant de frivolité, mais Dominic se retourna et sourit en voyant son acolyte prêt à l’accompagner.

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:26

Pfiou, voilà une petite suite! J'essaierai de ne pas vous faire languir à l'excès pour la prochaine: disons dans les deux semaines. Merci à Gred pour le nom d'un personnage de cet épisode.
Bon, je vais encore vous importuner mais... j'ai passé une heure à faire le strip (oui oui, j'ai que ça à foutre alors que j'ai une dissert de philo pour vendredi...) et... il contient certaines subtilités... Bon enfin cherchez pas où est Charlie non-plus mais je veux dire par là qu'il y a deux éléments doués d'une certaine signification commune, l'un plus évident que l'autre. Les suites vous éclaireront peut-être sur ce que j'entendais par là. M'enfin voilà, je vous mets la puce à l'oreille comme ça vous serez obligées de regarder le bô strip que je me suis cassée les panards à faire en scannant et en cherchant sur le net, bande de glandeuses! Razz Un gros bisous à vous toutes, et encore un gros merci pour être derrière moi. ^^








Lysiane s’arrêta devant le traj qui coupait au milieu du bloc de bâtiments délabrés. Il faisait froid, et elle se sentait bien tentée d’emprunter ce raccourci qui lui épargnait plusieurs minutes de marche pour rentrer à l’internat. Elle hésitait : c’était Renaud qui lui avait montré ce passage, un jour qu’ils rentraient d’une balade en ville, mais il lui avait fait promettre de ne pas l’emprunter seule à la tombée de la nuit. Le ciel était noir depuis longtemps, et si les lumières des rues civilisées le lui avaient jusque là fait oublier, l’obscurité de ces cours glauques semblait la rappeler à l’ordre. Elle se décida finalement avec le vague sentiment que les mésaventures n’arrivaient que dans les contes et les journaux. Renaud n’en saurait rien. De toute façon, il se faisait toujours trop de souci pour elle ! C’était mignon, c’est sûr… mais il avait un peu tendance à la surprotéger. C’était sa manière à lui de l’aimer, et elle s’en trouvait bien au fond… Les relations amoureuses, c’était toujours si compliqué et hypocrite ! Il fallait veiller à entretenir le feu à tout moment, tout en sachant que ça finirait tôt ou tard en eau de boudin… Ca expliquait sans doute pourquoi, depuis son entrée dans l’école, elle avait eu à son actif un petit catalogue caduque tout en conservant cette tendresse désintéressée pour le jeune gavroche. Sa bienveillance confiante lui répondait, et elle se complaisait tout à fait dans cet échange platonique, sur lequel la rouille n’avait pas prise. Il lui semblait même que c’était là le véritable amour, car il n’exigeait rien de l’autre. Il ne dérobait rien.

Elle pensait à tout cela en traversant d’un pas rapide les habitations fantômes, les petits hangars rongés et les couloirs opaques de tags. Une envie soudaine de câliner celui à qui elle avait échappé en partant l’assaillit, et elle eut plus grand hâte d’être arrivée à destination. Mais une voix l’interpella alors, claquant la langue :
-Hé, t’aurais pas une clope s’te plait ?
Son cœur fit un bond ; elle tourna la tête sans s’arrêter pour voir un type marcher à sa rencontre. Dans l’obscurité, elle n’en aperçut que la forme anonyme et la démarche trop décidée.
- Non, désolée.
- T’as pas froid à t’promener toute seule comme ça ?
- Ca va.
Le mec ne la lâchait pas. C’est à cet instant qu’elle regretta sa témérité.
- Qu’est-ce que t’as acheté de beau ? Tu me montres ?
En d’autres circonstances, Lysiane aurait cru à un paumé de plus, le genre de ceux avec qui Renaud engageait volontiers la conversation, comme si de rien était. Mais quelque chose puait chez celui-ci, elle le sentait à mesure qu’il la rattrapait. Elle hésita à courir, puis songea qu’une telle réaction aurait tout de même été ridicule. Dans tous les cas, elle n’avait aucune envie de moisir entre ces murs étroits.
- J’suis un peu pressée, là…
- Allez, montre !
Le type lui avait saisi le poignet. Elle eut à peine un instant pour ressentir la montée en flèche de la panique. Un bras était passé sous sa gorge et la maintenait serrée contre une poitrine dure. Elle essaya de crier, mais l’étau se resserra. La pression sur sa trachée la fit déglutir douloureusement. L’ensemble de son corps s’était mis à trembler comme elle ne l’avait jamais connu. Le premier mec fouilla dans ses poches jusqu’à trouver le maigre cash qu’elle avait sur elle. Lili essayait de se calmer pour éviter d’étouffer sous l’angoisse et le bras qui l’étranglait. Du fric, ils voulaient juste du fric. Il ne fallait pas faire d’histoire, et elle rentrerait saine et sauve au bercail. Mais lorsqu’elle fut délestée de son argent, la prise se raffermit sur elle et elle fut traînée vers l’une des sordides cages d’escalier. La peur la submergea alors dans toute sa folie et elle se débattit férocement, aidée par les spasmes qui agitaient son corps. Un premier coup de poing lui écrasa la joue, lui arrachant un cri de douleur. Un sanglot éclata. Elle entendit alors des pas dans l’escalier et entraperçut une fille coiffée d’un voile qui fixait la scène les yeux agrandis par la terreur :
- Eh mais putain, Vince, qu’est-ce que vous faites ?
- TA GUEULE! Rentre chez toi et je te conseille d’y rester ! aboya celui qui lui enserrait la gorge.
Lysiane lança un regard désespéré à l’étrangère à travers les larmes qui embuaient sa vision. Elle ne distingua pas son expression alors qu’une porte se refermait sur elle.


- Mais ma chérie je suis un mec… J’ai une quéquette, faut qu’fasse avec ! Et si j’vais voir ailleurs… c’est pour être sûr que c’est bien toi la meilleure…
Renaud recula après un petit sourire exaspérant, et Aldebert prit sa place pour poursuivre d’un air ennuyé :
- Mais mon poussin je suis un gars… J’ai une bite, je décide pas ! Et si je suis toujours rev’nu, c’est bien la preuve que nous… c’est plus qu’une histoire de cul.
Il fit à son tour quelques pas en arrière en reprenant les accords de guitare, tandis que les trois voix masculines s’élevaient pour le refrain :
- Car… l’amour… c’est pas… c’que tu crois. Je suis… toujours… un peu… amoureux d’moi !
Ils avaient mis du temps à se coordonner pour cette nouvelle chanson, un fleuron de machisme rédigé par Guillaume et Renaud un de ces soirs où on en a particulièrement marre du sexe opposé. Ils le chanteraient bien sûr avec ironie, tant ils poussaient loin le bouchon de la misogynie. Ils auraient sans doute été plus efficaces dans leur répétition si la moitié du temps n’avait pas été consacrée à pinailler sur des points insignifiants ou à partir dans des délires grotesques, comme Billy avait pu le constater en souriant. Mais le résultat valait pourtant la peine. Les moues et les sourires mielleux qu’ils concoctaient entre deux vers étaient proprement insupportables, et c’était exactement ce qu’ils recherchaient. Ils s’étaient appuyés sur lui pour s’assurer qu’on aurait envie de « leur balancer tout ce qu’il y avait dans la pièce, y compris les canapés ». Cette fois-ci, au cours des derniers retours du refrain, Renaud mit même sa guitare de côté pour improviser un début de strip-tease en jetant sa casquette, puis décrochant les bretelles de sa salopette pour ôter son tee-shirt et le faire tournoyer au-dessus de sa tête. La scène fit bien rire ses deux acolytes qui s’arrêtèrent à leur tour de jouer.
- Et là, je balance mon tee-shirt plein de sueur à la foule fascinée et je…
- Si tu veux mon avis, si tu fais ça, tu vas te retrouver étranglé avec, prédit Aldebert.
- Non, tu veux rire, elles seront toutes médusées par son corps de rêve, lança Michael avec une œillade complice.
Le Français baissa les yeux sur sa poitrine rachitique et ses abdominaux de flan aux pruneaux ; puis il jeta un regard courroucé aux deux autres qui ricanaient.
- Oh, ça va hein…
Tout en rattachant les boutons de métal de sa salopette, il tourna un air découragé vers Billy qui lui sourit avec bonne humeur. Peter finit par aller s’asseoir à-côté de lui et fouiller dans la glacière qu’ils avaient amenée.
- Allez, fini pour aujourd’hui. Il est temps de grignoter un peu avant la soirée.
- Oui, bière ! approuva Renaud en sautant de l’estrade et lançant son tee-shirt sur les canapés de la salle.
Lorsqu’il se retrouva sur les genoux de Michael, celui-ci répondit, glissant sa main au creux de sa taille pour mieux l’installer :
- Il faudra un jour que tu comprennes qu’on ne se nourrit pas avec de la bière, toi…
Il lui donna malgré tout une canette, en lança une autre à Guillaume qui venait les rejoindre et en passa enfin une à Billy, en gardant une quatrième pour lui.
- Elle est quand même raide, votre chanson, commenta l’unique spectateur avec complaisance.
Il lorgnait avec un léger étonnement les dispositions très décontractées des deux compères, ne sachant trop que penser.
- Ah ! Ca c’est parce que t’as pas encore entendu celle qu’elle nous a préparée pour nous, les mâles ! assura Renaud en nouant l’arrière de sa chevelure en une toute petite queue de rat.
- Qui ? Agnès ?
- Ouais… Agnès, cette espèce de misandre, grinça-t-il en buvant une première gorgée.
- Ca veut dire quoi, ça ? interrogea Aldebert.
- Ca veut dire que t’aime pas les garçons. Un jour y a un type qui lui a sorti ça, alors je me suis renseigné…

A ces mots, la porte du local s’ouvrit, et une jeune fille couverte jusqu’aux sourcils d’un bonnet noir à pompons rouges entra :
- Tiens, ben quand on parle du loup… commença Renaud.
- … On en voit la queue, compléta Peter.
- … Enfin presque ! ajouta Guillaume.
Ils rirent tous trois grassement, et Billy resta plus discret.
- Toujours en train de dire des conneries, à ce que je vois… commenta Agnès en déboutonnant son manteau pour les rejoindre.
- On parlait de toi. On disait que tu allais adorer notre chanson, affirma Aldebert en la gratifiant d’un grand sourire.
- J’en doute. Vous me filez une bière ? Ah, salut Billy.
- Salut.
Elle prit un fauteuil qu’elle installa face à eux et s’affala dedans. Elle remercia Renaud qui lui avait envoyé une bibine et les scruta avec un petit air mauvais sous sa frange:
- Alors, qu’est-ce que vous nous avez fait de beau, les p’tits mecs ?
- Tu sauras tout à l’heure… la nargua Michael.
- Billy, tu les as vu faire ? Ca donne quoi ?
- Ils vont se faire tuer, répondit-il laconiquement en adressant à Peter et Renaud un sourire aimable.
- A ce point-là ? s’amusa Agnès en ouvrant sa canette. Enfin, je dis ça, mais je serai probablement en tête de la curée alors…
- Elles ne nous auront pas vivants ! Nous riposterons à coups de caleçons ! proclama le gringalet en levant le poing.
Elle fit la grimace.
- Vous avez mangé avec toutes ces facéties ?
-Ah merde, lança alors Billy en regardant sa montre. C’est vrai que l’heure est passée, il doit y avoir la queue maintenant.
- Laisse tomber, en a des sandwichs et du riz au thon si tu veux, proposa la Français.
- Tu vois, faut jamais s’affoler avec nous, déclara Peter en fouillant à nouveau dans la glacière.
- Par contre c’est Mic qui les a fait, les sandwichs, donc ce serait bien de nous signer une décharge avant de les becter, ajouta le poulbot.
L’intéressé releva la tête de la boîte avec un tupperware de riz et une cuillère à soupe de laquelle il frappa le nez du mauvais plaisant.
- Aïeuh !
- Mes sandwichs sont très bons.
Ainsi assemblés près des lumières de la petite scène, ils avaient tous l’air de voyageurs de longue date échoués dans un abri de fortune et entretenant un optimisme nécessaire de leurs provisions et leurs galéjades. Alors, ils ignoraient tout des tempêtes qui pouvaient ravager l’extérieur.
- Tu devrais te rhabiller, Renaud, fit remarquer Agnès en le voyant torse nu sous sa salopette.
- Je transpire !
- Justement ! C’est comme ça qu’on attrape la mort.
Comme le marlou cherchait autour de lui quelque chose à se mettre tout en maugréant sur l’instinct maternel de sa camarade, Billy lui passa le pull qu’il avait enlevé. Il accepta ensuite la nourriture qu’on lui tendait. Il sentait un grésillement d’euphorie l’envahir, décongestionner son esprit et même griser imperceptiblement son corps. Il était à l’aise et en forme. Il ignorait l’origine exacte d’un état si exceptionnel, mais il était pour une fois superflu de la chercher.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:26

Bon, je vous jette une petite suite (je sais, ça faisait longtemps). La prochaine devrait arriver au début de la semaine prochaine, donc j'essaie de me rattraper un peu ^^'). Elle n'est peut-être pas la plus longue que j'aie jamais pondu mais elle est assez dense, ça compense. Donc, si vous tenez à l'apprécier pleinement, faites gaffe aux renvois du texte. Ils sont relativement nombreux, et l'un est particulièrement important pour la symbolique de la suite du scénar, mais il trouve écho très au début de l'histoire. Donc j'espère qu'il y en a encore parmi vous qui se souviennent de cette lointaine époque! ^^







Dominic se sentait délicieusement bien. Il se sentait encore, mais il savait qu’il allait sous peu dépasser ce stade. La course s’était amorcée dans son esprit, alors qu’il poursuivait son acolyte depuis quelques minutes. Jonas était rapide, peut-être parce qu’il aimait se départir des contingences de son fonctionnement corporel. Dominic pouvait l’être aussi, mais le processus lui réclamait du temps. Il ne cherchait pas à lutter contre les fibres musculaires de ses bronches ou la lourdeur de ses os, il cherchait seulement à passer outre, à être soulevé par une sensation qui lui permettrait de les ignorer sans effort. Il s’efforçait de suivre le sweat-shirt sombre sur lequel tiraient les lampadaires de la rue. Il saisit l’une de ses ombres alors qu’elle s’estompait déjà, et l’image commença à se modeler. C’était une chose galopante encore indistincte. Ca courait à quatre pattes, le corps délié et pointu. Dom régla ses pas sur cette musique silencieuse. Il avait atteint un premier palier, et gagnait petit à petit du terrain sur son compère sans avoir à forcer à chaque instant. Lancé, il affûta la silhouette qui l’entraînait. Il la découvrit effilée jusqu’au bout des oreilles… Oui, il devait s’agir d’un caracal, comme celui qu’il avait vu dans un de ces documentaires dont il raffolait étant jeune. Il était essoufflé de regarder les prédateurs emmêler leurs pattes pour rattraper un quelconque gibier. Toutes ses espérances tendaient alors vers la réussite de la course poursuite, alors qu’il était morveux et encore assez creux pour se mettre tout entier dans une préoccupation futile. S’ils réussissaient à embrasser leurs proies et les immobiliser au sol, il était envahi d’un soulagement presque post-orgastique et se renfonçait avec satisfaction dans les coussins du canapé. La course des animaux avait quelque chose de si désespéré qu’on ne pouvait que l’admirer. Déjà, la douleur dans ses poumons forcissait à un point difficilement supportable. Mais il se rapprochait de son compagnon. Il n’avait pas perdu son image et le caracal coursait toujours une antilope invisible. Caracal… il trouvait quelque chose d’obscène au faciès maquillé de ces bêtes, mais leur nom possédait une consonance exceptionnelle : caracal caracal, on y voyait presque déjà l’imbroglio rythmé des membres, les pattes caracolant au moment de se jeter sur la cible. Dom se jeta en avant, et fila directement sur son adversaire qui venait de s’engouffrer dans une ruelle raccourci. L’exaltation, comme il le rattrapait, travaillait sa trachée avec l’effort et la sensation qui en résultait était indiciblement intolérable.

Il s’agrippa à sa manche, saisissant enfin un morceau, et beugla :
- J’vais t’avoir !
Sa cheville heurta le jarret qui le devançait et son partenaire perdit l’équilibre ; ils furent tous les deux entraînés dans la chute, manquant de peu le marigot à vermine qui s’était formé au-dessus d’un égout bouché.
- T’es con ou quoi ? râla Jonas qui n’avait qu’à moitié apprécié d’embrasser le bitume.
Dominic releva de suite la tête, malgré l’éraflure sur sa mâchoire, et le considéra un instant, écroulé à-côté de lui. Durant cet instant, il songea qu’il aurait pu le faire là, rapidement, dans ce passage étroit et désert. La manœuvre aurait été fort peu judicieuse, il est vrai, et ce fut sans doute ce qui le retint de le clouer au sol. Mais pour s’achever à ce moment-là, il aurait eu besoin qu’il le soit lui. Il s’astreignit pourtant à retourner au calme et lui sourit.
- Désolé mais fallait courir plus vite.
L’autre maugréa en se relevant, la douleur déjà oubliée. Monaghan se redressa à son tour, lui souriant toujours de ce sourire plein et fermé, cet air content de lui qui exaspérait parfois.
- Prêt à repartir ?
Il repartit ; et cette fois Dom ne se laissa pas distancer. La fièvre déjà bien lancée, elle mit peu de temps à s’enclencher de nouveau, et les engrenages purent prendre rapidement de la vitesse. Il avait rattrapé son image et celle-ci s’était effritée dans sa conscience, mais il ne tenait qu’à lui d’en laisser une autre venir. Il dépassa l’autre sans y prêter attention, obligé seulement de se hisser à un palier supérieur pour prendre l’avance nécessaire. Le flottement commençait à arriver en douceur, à soulever gentiment son corps au-dessus de ses jambes. Il se figura bientôt un rapace en vol plané, sa silhouette seule se découpant sur le fond. Sa gorge ne se rappelait même plus à lui tant la palpitation le transportait. Il entendit simplement son acolyte le rappeler à l’ordre, mais il se contenta de piquer plus définitivement devant le véhicule qui pila non loin de lui, sûrement inutilement. Il rit à tout cet extérieur. Que risquait-il ? Il réalisa qu’il se rapprochait de son but. L’oiseau devint rougeoyant et sa tête explosa en un feu d’artifice de lumière chaude qui crépita jusqu’aux tréfonds de lui. Il prit le dernier tournant et termina sa course en éclatant la mince pellicule de glace qui couvrait une grande flaque d’eau. Le liquide inattendu l’éclaboussa et le fit déraper.


A nouveau, il se heurta à quelqu’un.


Dom sentit un poids s’effondrer devant lui, sans cri. Les jambes aspergées par cette eau glacée, il reprenait ses esprits. A ses pieds, une fille. L’air bizarre. Il l’avait déjà vue. Et pourtant il ne la reconnaissait pas. Cette attitude amorphe ne cadrait pas avec la réalité. Pourquoi restait-elle assise dans son ombre, tremblante dans cette chemisette bien incongrue pour un temps pareil ?
- Excuse-moi, lança Dominic d’un ton étrangement indulgent, tendant amicalement la main vers l’autre étudiante.
Le pitoyable pantin leva les yeux vers lui. Ils étaient sans expression, et cela le frappa. Ce n’était pas le regard torve du passif mais plutôt l’indifférence honnêtement consommée. En prenant plus amplement connaissance de lui, ces prunelles se firent peut-être plus tristes, tandis que la bouche paraissait contenir une abjection qu’elle ne pouvait pas cracher. Une petite main vint finalement se cramponner à la sienne et il redressa cet oiselet muet à la force du poignet, aussi facilement qu’il l’eût fait en tirant sur le fil d’une marionnette.

Elle hocha simplement sa tête torsadée et caressa légèrement l’anneau de son majeur en guise de remerciement, puis repartit simplement vers le portail de l’école, sur le trottoir d’en face. Monaghan ne sut pas s’il devait lui proposer de l’aide ou pas. Cette fille n’avait pas l’air dans son état normal, c’était sûr ; mais après tout, à quoi bon ? Comme il s’interrogeait, Teisseir surgit à ses côtés, évitant la flaque mais le souffle sonore. A cette vue, Dom remarqua qu’il était lui aussi haletant de sa galopade.
- Espèce de taré ! T’es peut-être arrivé le premier mais tu m’as fait une sacrée frayeur ! Ca va pas de foncer tête baissée sur les bagnoles ?
- T’exagère… répondit seulement Dominic.
Lorsque son compagnon eut regagné de quoi marcher, ils rentrèrent à leur tour dans leurs locaux. La seule envie qui les tenaillait alors était celle d’une longue douche. Leurs vêtements leur collaient à la peau et Monaghan ne se gêna pas pour retirer son tee-shirt sur le passage de deux collègues plus âgées.
- Fais gaffe, mec, je veux bien être ton garde du corps mais c’est pas pour que tu me rendes la tâche plus difficile, déclara Jonas en l’imitant.
- Surtout si on tombe sur cette grosse vache de Shenol, elle serait capable de m’assigner à la camisole pour le restant de l’année si elle voyait un de ses étudiants à moitié à poil dans ses couloirs… Enfin deux maintenant, ajouta Dom.
- Ben dans un sens elle aurait peut-être pas tort…
Sous le regard oblique de son camarade, il précisa d’un sourire goguenard :
- La camisole c’est pas très attirant non-plus.
- Ah ! Oh… Ca dépend… nuança Dominic en lui rendant son air égrillard.
- Si tu parles de celles que portaient nos grand-mères…
- Mais non, je signalais juste qu’une camisole de force ça pouvait avoir certains avantages dans l’intimité.
Jonas fit la moue.
- Ouais… Le bondage c’est pas encore le genre de trucs qui me stimulent par-dessus tout, mais si tu le dis.
- Gehst du zum Weib, vergiss die Peitsche nicht...
- En d’autres termes ?
- Si tu vas à la femelle, n’oublie pas le fouet.
- Ah. De ?
- Nietzsche.
- Je le savais si phallocrate… ni toi non-plus d’ailleurs. T’as de la chance que Coralie soit pas là !
- Tu sais bien que je dis ça au deuxième degré…
Dom accompagna cette affirmation d’un geste évasif de la main.

Ils passèrent devant les toilettes du rez-de-chaussée et Jonas ne put s’empêcher d’aller jeter un nouveau coup d’œil à l’intérieur, comme dans l’espoir d’y revoir une scène exceptionnelle.
- Te fatigue pas, ils ont tout nettoyé, lui rappela le jeune homme aux cheveux courts en replongeant sa main dans sa poche.
- Je sais… c’est juste que ça fait encore bizarre de passer là-devant.
Après un dernier regard, Teisseir conclut :
- Bon, on va la prendre cette douche ?
Et Dominic sourit à son ami qui revenait à lui.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:29

Bonne lecture!
...
C'est bon, Gred, j'attends la salve panneaux PDE... Rolling Eyes Mr. Green








Personne ne la remarqua lorsqu’elle passa le seuil du local et referma doucement la porte sur elle. Tous les yeux flottaient vers l’estrade illuminée où Renaud s’en donnait à cœur joie ; il lançait plus que ne chantait son français à la salle en s’agitant joyeusement avec sa petite guitare. Malgré sa notoriété de flémard, il avait toujours de l’énergie à revendre pour ce qu’il décidait d’entreprendre, et son comportement sur scène l’illustrait bien les soirs où il était en forme.
- Nous nos maisons, on s’les construira nous-mêmes, sur les ruines de tes illusions ! Et puis on r’prendra en main, quoi donc ? L’habitat urbain.
Quelques rires amusés traversèrent les spectateurs. Lili s’approcha sans bruit, rasant le mur de gauche. Craignant d’être remarquée, elle s’arrêta dans une zone qui était encore plongée dans l’ombre et agrippa d’une main le tuyau du radiateur à-côté d’elle. Le contact lui brûla la paume, mais c’était tout ce qu’elle demandait.
- Je sais ça t’fait pas marrer, j’pouvais pas m’en empêcher !
Elle concentra son regard sur le visage de Renaud, cherchant, appelant muettement son attention parmi les dizaines d’autres yeux qui pouvaient être fixés sur lui. Elle s’en voulait presque : l’ambiance avait l’air joyeuse et la musique était entraînante. Son ami suait l’enthousiasme et quand le refrain fut là, elle entendit plusieurs voix l’accompagner. Mais elle n’avait pas le choix. Il était le seul point de chute que le peu de conscience qu’il lui restait lui dictait.
- Maman quand ch’rai grand, j’voudrais pas être étudiant !
Lorsque ses yeux la rencontrèrent enfin, ce fut d’abord pour accentuer leur expression de scène, avec une grimace amusante. Il les abandonna bien vite, sans la quitter du regard. L’assemblée fut étonnée de voir un choc hésitant le traverser, tandis qu’il dérapait sur les paroles suivantes.
- Ben alors qu’est-ce... tu veux faire…
Une question désorientée dans son œil assaillait toujours Lili, qui ne pouvait répondre qu’en continuant de lui montrer son visage immobile, durci comme pour rester en un seul morceau.
- Je sais pas moi gangster…
Il n’avait laissé couler la fin du refrain que sur la lancée, d’un ton absent et déstabilisé. Les trois autres qui continuaient à jouer cherchèrent ce qui le perturbait, et bientôt l’air interdit du chanteur avait tourné les têtes en direction de la nouvelle venue. Ce furent quelques instants de supplice pour Lysiane qui se raccrochait désespérément à son protecteur par le fil du regard.

Finalement, celui-ci sembla réaliser qu’il ne se faisait pas d’idée et que, non, il n’était pas de mise de terminer la chanson malgré tout le public présent. Quelque chose ne tournait pas rond. Il fit passer immédiatement la bandoulière de son instrument par-dessus sa tête et le lâcha précipitamment ; celui-ci tomba par terre dans un fracas dissonant au milieu du pont musical. Déjà, Renaud avait filé au-bas de l’estrade et saisi Lili par les épaules. La cacophonie des sons qui cessaient l’un après l’autre couvrit ses premières questions paniquées. Il s’empara de sa main restée serrée sur la tubulure brûlante et la garda comme celle d’une personne inconsciente ; il plaqua ses doigts sur sa joue pour étudier sa figure. Cela provoqua une première réaction : elle se déroba vivement, comme s’il venait de lui faire mal, et le marlou remarqua la commissure des lèvres éclatée. Son expression s’assombrit, tandis qu’une rumeur commençait à s’élever du groupe d’étudiants qui tendaient le cou. Agnès fut bientôt à ses côtés.
- Lysiane, qu’est-ce qui t’arrive? Dis-nous ce qui se passe.
Mais alors que certains commençaient à se lever pour en savoir plus, Peter souleva la petite rouquine dans ses bras et la posa à l’abri contre lui ; il prit ensuite directement le chemin de la sortie. Renaud réalisa que c’était là ce qu’il aurait dû faire depuis le début et, pestant, se hâta d’aller ouvrir la porte.

Billy, qui avait assisté comme tous les autres à la scène, fut heurté par la détresse qu’il lut dans l’attitude de cette fille qu’il venait à peine de connaître. Il n’avait qu’un seul souvenir d’une étreinte aussi désespérée autour du cou d’une personne. Cette façon de cacher son visage dans une épaule pour ne pas être reconnu, découvert, ces bras qui suppliaient de l’aide… ce n’était pas souvent qu’on les rencontrait. Sa main se crispa sur le pouf. Aldebert claqua finalement la porte sur eux et Billy patienta quelques secondes. Deux filles ne tardèrent pas à aller rouvrir pour les regarder s’éloigner, et il en profita pour sortir au-dehors respirer calmement l’air froid nocturne. Quelques étudiants reprirent bientôt le chemin du bâtiment principal en commérant. Le jeune homme s’interrogeait et commençait quasiment à culpabiliser. Qu’avait-il bien pu arriver à Lili pendant qu’elle allait faire cette course pour lui ? Il se promena quelques minutes dans les pelouses du parc pour se rafraîchir les joues. Les brins d’herbes étaient rêches sous ses pieds, déjà collés par le début de givre. Ses pensées le ramenèrent à Dominic, pour la deuxième fois de la journée. Il osait à peine proférer son nom, même en pensées. Il le connaissait depuis longtemps, c’était un fait, mais il lui sembla qu’il n’avait jamais voulu le reconnaître. A présent qu’il était venu lui-même le lui présenter, le lui imposer, il n’avait plus d’autre choix que de lui appliquer un nom, comme on le fait pour une connaissance. Et cela le gênait. Il n’aurait pu l’expliquer de manière rationnelle, après tout, un nom n’engageait à rien… Ainsi, il pouvait désormais le désigner par Dominic… un nom tout simple, dont personne ne se rappelait qu’il renvoyait au maître, à l’empereur, ou même à Dieu. Il ne fallait pas se moucher du pied pour appeler comme ça un gamin de trois kilos. Billy n’avait encore de lui qu’une image faite de fragments de puzzle, grossièrement unifiée par une silhouette qui était venue s’exhiber plusieurs minutes sous ses yeux. S’il essayait de le reconstruire, il trouvait donc, plus qu’un autre être humain, une anamorphose où ses yeux narquois prenaient tout l’espace visible. Alors qu’il jouait du bout du pied avec le film glacé encore souple qui s’était formé au-dessous d’une gouttière, Boyd réalisa qu’il avait à présent presque froid. Il reprit son chemin autour des bâtiments pour regagner l’entrée.


Dominic et Jonas tournèrent les robinets de douches pour recevoir enfin une averse brûlante revigorante. Ils avaient pris les vieux sanitaires en commun du rez-de-chaussée, ceux où personne n’allait jamais, pour pouvoir récupérer tranquillement. Dom ébroua sa tête sous le jet d’eau et chassa de son visage ses courts cheveux avant de se masser les orbites. Cela lui faisait un bien incroyable de décrasser sa poitrine de temps en temps. Il se sentait comme neuf, capable de plus et, étonnamment, plus alerte. Il ouvrit les yeux pour considérer son camarade. Teisseir s’était assis en tailleur et faisait le dos rond pour détendre son corps ; il avait rassemblé sa tignasse plus haut sur son crâne et s’était placé de manière à ce que la trajectoire de la douche frappe sa nuque.
- Ca va ? lui demanda-t-il d’une voix un peu enrouée.
Il y eut un marmonnement affirmatif. Dom se résigna à retourner à sa propre relaxation, les mains appuyées sur le carrelage du mur. Il toussa quelques instants comme sa gorge se réhabituait au repos. La chaleur retrouvée l’irritait toujours un moment. Cependant, comme d’habitude, il ouvrit davantage le robinet d’eau chaude, déjà accoutumé à la température. Il retrouva progressivement un souffle normal dans la vapeur qui lui montait à la bouche.
- Fais-moi plaisir, remonte ton fut’, Monaghan, ça commence à devenir indécent.
Dom jeta un œil par-dessus son épaule et adressa à son compère un sourire ironique.
- Excuse-moi bien.
Il rajusta la taille de son jean en décalant d’un cran sa boutonnière, et remarqua que l’eau avait fait fondre l’épaisseur de sa poche sur l’outil discret qu’elle contenait. Il glissa la main à l’intérieur pour décoller le tissu et sentit à la faveur de cet arrangement le bois lisse se loger au creux de sa paume ruisselante. Du pouce, il caressa l’unique arrête d’acier qui traversait le cylindre. Il aimait le manier lorsqu’il paraissait se rappeler à lui de lui-même.

Il devait cependant être prudent, en sa présence plus qu’en celle de n’importe qui. C’était indéniable, Teisseir restait l’unique grain de sable de son entreprise, la seule donnée un tant soit peu aléatoire qu’il ne pouvait tolérer. Ce devait donc être tout ou rien avec lui. Lentement, Dominic retira la main de sa poche pour venir la replacer à plat contre la faïence froide. Son menton coulissa le long de sa clavicule pour se loger dans le creux derrière sa partie saillante. Sa pupille se déplaça à l’extrémité de son œil. Jonas lui tournait à nouveau le dos ; il était toujours assis les jambes repliées, plongé dans cette sorte de léthargie béate qui envahit d’ordinaire les gens après un effort soutenu. Il lui aurait été impossible de se relever rapidement. Une telle vulnérabilité ne se représenterait sûrement pas de si tôt… sauf bien sûr si Monaghan attendait des circonstances particulières dans lesquelles il aurait répugné à exécuter cette besogne. D’autre part, il avait la chance de se trouver présentement dans un lieu idéal… à ceci près que d’innocents étudiants parcouraient les couloirs à quelques mètres de là. Il faudrait faire vite et bien, et il n’en était jamais qu’à sa deuxième expérience… la première, en fait, sur un sujet susceptible de lui opposer une résistance. Et bien entendu il y avait aussi Coralie et les autres… s’il continuait à ce train-là, il allait devoir liquider la moitié de l’école ! Les phalanges de Dominic se crispèrent contre le mur, mais il s’intima de ne pas tapoter le carrelage de ses ongles. Après tout, si son meilleur ami se présentait naturellement à lui sous un jour aussi confiant, c’était bien qu’il n’avait définitivement aucune inquiétude à avoir à son propos. A moins qu’il ne le provoquât au piège… il connaissait le petit gars : il savait se battre et pouvait se montrer particulièrement malin quand il n’était pas beurré ! Il continuait de scruter l’eau qui s’écrasait continuellement juste au-dessous des racines des cheveux tirés. La giclée martelait le petit creux tendre ; les gouttelettes bondissaient autour de l’impact dans un bruissement ininterrompu qui le faisait frissonner, et le pinceau du jet paraissait perforer le crâne jusqu’à cette petite glande que l’on disait trois siècles plus tôt receler l’âme. Tremblant presque, Dominic renfonça la main dans sa poche de pantalon. Ce bruit d’averse précipité et lancinant, mouillé et tintant, lui excitait les nerfs à un point incoercible.


Et ce que cette sensation avait de dangereux, c’était qu’elle envoyait toute perception d’avenir lointain ou proche se faire foutre.


L’ongle de son pouce était venu se loger au creux de sa petite encoche, il avait déjà amorcé un mouvement de pivotement de la lame quand il vit Jonas redresser soudainement la tête. Immédiatement, il lâcha son instrument et porta la main à sa hanche pour se gratter avec une nonchalance étudiée. La figure qu’il avait retournée face au carrelage blanc dissonait terriblement dans son attitude corporelle. Rouge et crispée, elle irradiait et Dom pouvait sentir de multiples picotements la parcourir. Il haletait silencieusement. Il repoussa alors prestement le robinet chaud au minimum et nettoya ses traits d’une rapide rincée avant de reporter les yeux sur son acolyte. Celui-ci semblait toujours aux aguets, la tête droite dans la direction du couloir. C’est alors seulement que Dominic entendit les bruits extérieurs. Des pas marchaient vite et des voix angoissées s’élevaient.
- Où tu l’emmènes comme ça ?
- A l’infirmerie.
- Mais… on sait même pas ce qu’elle a !
- Elle s’est fait cogner, imbécile, ça se voit pas ?
- Mais vous croyez pas qui faudrait au moins lui parler avant de la jeter là-bas ?!
- OH MAIS FERMEZ-LA NOM DE DIEU ! Par pitié, fermez-la…

Monaghan ne perdit pas de temps : alors que les voix commençaient à s’éloigner, il quitta les douches sans prêter attention au fait qu’il inondait le sol et passa la tête dans l’entrebâillement de la porte pour confirmer ses suppositions. Il reconnut le groupe du club et, sur l’épaule du colosse, la fille rousse qui les accompagnait souvent et qu’il avait rencontrée brutalement au coin de la rue. Cette dernière leva un instant les yeux vers lui, la bouche toujours bâillonnée volontairement dans le tee-shirt de son ami. Il lui envoya un sourire prometteur avant que la bande ne tourne au coin du couloir.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 20 Juil - 18:06





- ’Vais voir ce qui se passe, lança Dom à l’intérieur des sanitaires.
Toujours pieds nus, il se glissa dans le couloir dans l’optique d’aller suivre discrètement ce qui se tramait du côté de l’infirmerie. La situation avait l’air intéressante, et quelque chose lui soufflait qu’en être instruit pourrait être profitable. Hélas, une mauvaise fortune voulut qu’à cet instant Uliana rentre d’une soirée de plus où elle avait eu le loisir d’offrir sa mésaventure en pâture à de nouveaux amis ; elle l’aperçut, baladant sa détestable personne dans une tenue représentative de son mépris de tout comportement correct. Le courroux lui fit monter le rouge à la figure. Elle accéléra le pas dans sa direction. Ce fut le son claquant de ses talons sur le sol qui le fit se retourner. En la voyant se diriger vers lui avec tant de résolution, il soupira par avance intérieurement et s’arrêta. Lui les jambes légèrement écartées par le contact mouillé de son jean, elle accompagnée du cliquetis des boucles de ses bottines, le tableau aurait pu rappeler la mise en scène moderne d’un mauvais western, si la jeune fille n’avait pas piqué sur son adversaire sans autre forme de procès pour le repousser contre le mur.
- Bon, on va enfin s’expliquer tous les deux, avertit-elle d’un ton féroce.
Dominic n’était pas un modèle de grand gabarit et les ongles vernis semblaient vouloir le clouer là comme un papillon sur une planche.
- Aucun problème, mais tu veux bien enlever tes griffes de ma peau fragile, s’il te plait ? Je viens de me laver…
- T’es chiant, Monaghan, tu sais ça ? Tu crois que ton cul sent la rose et que personne n’est assez bien pour te toucher mais c’est toi qui est le plus pourri de tous !
- Alors là, tu l’auras voulu.
Dom choisit sa plus capricieuse voix de jeune homme en détresse pour appeler :
- A moi mon garde du corps, je me fais agresser par Marilyn Manson version XL !
A ces mots, on entendit une exclamation venir de l’autre côté de la cloison et Teisseir ne tarda pas à se montrer à son tour, les yeux rougis par l’eau chaude et tout aussi peu apprêté que son camarade.
- Marylin Manson ? Où ça ?
A la vue de Dominic pris en otage par une gothique manifestement contrariée, il leva un sourcil interrogateur.
- Ben qu’est-ce qui se passe ?
- Il se passe que ton copain a encore fait déprimer Ludia tout un après-midi, lança l’étudiante. T’as bien vu qu’il l’avait fait pleurer l’autre soir ? Ben ça lui a pas suffit, à ce petit con.
- Doucement, c’est quand même pas ma faute si ta copine est pas capable de supporter un râteau sans verser des seaux, plaida l’autre en supportant avec patience la main crochue sur son épaule.
- Tu pourrais au moins être correct avec les gens ! On a vraiment l’impression que t’es au-dessus de tout le monde vu comment tu te comportes avec les autres. Je sais pas moi, la délicatesse, tu connais ? Parce que me dis pas t’as été clean avec elle, je te croirai pas !
Cette fois, Monaghan soupira pour de bon.
- Bon, qu’est-ce que je dois dire alors ? Dépêche-toi de me le faire savoir, tu me fais mal.
Diplomate, Jonas s’approcha et tenta de calmer la furie d’un ton conciliant :
- Allez relâche-le va, je vais m’occuper de le briefer.
- Deux secondes, Teisseir.
Elle leva sa main libre vers lui pour lui demander de ne pas l’interrompre, puis elle la ramena vers Dominic, l’indexe dangereusement pointé vers son menton.
- Contente-toi d’écouter pour une fois. Que tu méprises les filles, ça te regarde. T’as peut-être des problèmes dans ta tête ou n’importe quoi… Mais la prochaine fois qu’elle me revient dans un état pareil, je te casse la gueule, est-ce que c’est clair ?
Un coup d’œil passa entre les deux garçons et deux sourires furent plus ou moins ravalés.
- Oh tu peux rigoler, je te garantis que tu le feras moins si je dois demander à des potes à moi de te donner une petite leçon de politesse.
Dom lui adressa un sourire fermé à pleines fossettes en voyant qu’elle avait fini de décharger ses humeurs à sa façon… sur lui, en plus, quelle ironie du sort !
- Eh bien me voilà prévenu.
D’autres pas se firent entendre dans le couloir. Dominic rendit aussitôt un second hommage au hasard en reconnaissant la silhouette et l’expression particulières de Billy. Et dire qu’il lui était presque sorti de l’esprit… Sans plus de cérémonie, et las de sa position, il gratifia la jeune fille d’une gifle du plat puis du dos de la main. Elle ne recelait aucune volonté de faire mal, mais sa mollesse négligente n’en était que plus impertinente. Jonas retint son souffle et l’étudiant qui passait près d’eux fut forcé de leur lancer un coup d’œil quelque peu choqué. Dom profita de ce qu’il avait tout bonnement déconcerté son assaillante pour se dégager de sa main et lança simplement à son acolyte :
- On y va ?
Tous deux repartirent à la suite de Billy, et Teisseir ne parut se détendre que lorsqu’il entendit les éperons de Latarva s’éloigner sans un mot dans la direction opposée.
- Joli… J’espère seulement pour toi qu’elle ne va pas mettre sa menace à exécution, commenta-t-il.
- Que d’la gueule, ces gothiques…
- Ouais, ben méfie-toi quand même, je sais pas si tu connais assez le milieu pour pouvoir dire ça.
Dom lui lança un sourire. Devant eux, Billy s’engagea dans l’escalier.
- Elle a raison Coralie, tu sais… poursuivit Jonas en adoptant un ton plus léger. Un de ces jours, tout ça risque de te retomber sur la gueule.
- Alors espérons que tu sois à mes côtés ce jour-là ! conclut-il en redressant son jean pour entamer la montée des marches.
- Ca c’est toi qui le dit !
Dominic leva les yeux. Billy sortait ses clés de la poche de son pantalon. Il avait bien envie de retourner le voir… Il n’avait toujours pas tiré les choses au clair avec lui, loin de là. Au contraire, leur premier tête-à-tête ne s’était soldé que par plus d’interrogations et de non-dits pour Dom qu’il n’y en avait avant leur entrevue. Et il doutait désormais démêler tous ces mystères en une fois. Tout ceci s’annonçait bien intéressant. Il aurait le temps de se renseigner sur l’incident de la petite aux taches de rousseurs plus tard. Peut-être même que le peu qu’il savait déjà pourrait lui servir… En tournant à l’étage, il réalisa qu’il s’agissait de l’endroit où il avait pris conscience de ce garçon à la gestuelle anxieuse et aux yeux qui oscillaient à son endroit entre crainte et ressentiment. Il avait alors refusé la main pleine de bonne volonté qu’il lui tendait. Son attitude ne cadrait décidément pas avec la normalité…
- Tu sais quoi ? demanda soudain Jonas. Avec ces chamailleries on a oublié nos tee-shirts…
- Merde ! Tu crois que ça peut servir pour des rites sataniques ?
Son compère laissa échapper un souffle amusé mais retint Monaghan fermement.
- J’en sais rien mais on va redescendre les chercher.
- Je me disais aussi que ça t’aurais tué d’y aller tout seul…
- Y a pas d’raison…

Lorsque enfin il eut réintégré sa chambre, Dom put laisser tomber son pantalon et se frictionner vigoureusement avec une serviette. Passer tout ce temps trempé dans les couloirs lui avait donné la chair de poule, et ce chaud-froid qu’il venait de subir était probablement le meilleur moyen d’attraper la crève. Il attrapa donc un caleçon et un pull et se fit bouillir de l’eau. Il se coucha un instant sous ses couvertures et savoura le bien-être d’une intimité confortable. Des extrapolations germaient dans sa tête, ainsi qu’un petit projet fort palpitant. Mais l’arrêt de la bouilloire mit bientôt fin à ses réflexions. Il se releva et alla ouvrir ses tiroirs. Avec soin, il choisit un pantalon ardoise, assorti d’un tee-shirt à manches longues dans lequel il se glissa avec un aise satisfait ; il passa par-dessus une polaire noire sans manche, à la coupe étroite, récupéra les trois bracelets en caoutchouc pétrole qu’il trouva dans l’une des poches. Son Opinel, il l’avait déjà déposé sur sa table de nuit, soigneusement essuyé. Il le reprit alors et le logea à l’intérieur, refermant le zip. Dans l’autre, il fourra quatre sachets d’infusions et cinq de sucre. Ainsi paré, il s’empara de sa bouilloire qui reposait toujours sur son socle ainsi que de deux gobelets et une petite cuillère en plastique ; puis il sortit de sa chambre. Il eut toutes les peines du monde à fermer à clé avec tout ce qu’il avait dans les mains, et les quelques gouttes d’eau bouillante qu’il renversa lors de la manœuvre manquèrent de peu son pied nu. Monaghan pesta un peu contre son manque de débrouillardise et, soupirant à nouveau, il put finalement se mettre en route.

Billy venait de se mettre en pyjama et s’apprêtait à fermer les volets pour continuer un peu de lecture. Alors qu’il faisait tourner la poignée de la fenêtre, il entendit frapper. Persuadé qu’il s’agirait de Renaud ou d’un quelconque membre du groupe venu lui donner des nouvelles de Lili, il laissa là son entreprise pour venir ouvrir. Une décharge brutale d’émotion le traversa lorsqu’il se retrouva face à Dominic, se tenant derrière la porte avec sa bouilloire comme s’il avait s’agit là de la chose la plus naturelle au monde.
- Bonsoir.
Boyd le considéra, assez désemparé.
- Je peux m’incruster cinq minutes avant le dodo ?
- Mais qu’est-ce que tu fous-là ? demanda-t-il enfin.
Le jeune importun n’attendit pas d’invitation pour passer le seuil, se glissant entre l’occupant et le chambranle.
- Je t’apporte un peu de tisane, tu vas voir ça fait du bien le soir.
Billy referma la porte et s’empressa d’aller faire de même avec la fenêtre. Il regarda ensuite l’autre s’installer sur la moquette, sortir son petit matériel et commencer à préparer les gobelets qu’il avait apportés.
- C’est… c’est gentil, lâcha-t-il, incapable de trouver un commentaire plus approprié.
- Tout le plaisir est pour moi, répliqua Dominic en décapitant un sachet de sucre. Tu viens t’asseoir ?
La conscience de Boyd ne lui dictait aucune réaction de rejet légitime. Il semblait au contraire que son aversion était alors reléguée au plan du malaise global, présente, mais à peine sensible en cet instant précis. Il alla s’asseoir, une jambe repliée sous lui, ses deux mains couvrant son autre genou.
- Et pourquoi est-ce qu’il t’est venu soudain à l’idée de m’apporter tes décoctions ? Tu comptes me relaxer suffisamment pour me faire répondre à tes questions tordues ?
Dom leva les yeux du filet d’eau qui coulait dans son verre et rencontra pour la première fois une esquisse d’amusement dans l’expression crispée que Billy lui adressait. Il ne laissa paraître de sa propre satisfaction que l’alacrité dont il faisait montre depuis son entrée.
- Eh bien non, on t’a croisé tout à l’heure, et ça m’a donné envie de revenir te voir. Et je me suis dit que tu apprécierais de discuter autour de quelque chose de chaud.
Aussi étrange que cela lui parut, le maître des lieux ne put cette fois-ci en vouloir à l’intrus ; il était en tout cas moins définitivement braqué contre lui. Quelle circonstance avait pu faire ainsi retomber son hostilité ? Il prit le gobelet que lui tendait Dominic avec précautions.
- J’espère que tu aimes les fruits rouges, lança ce dernier en s’installant en tailleur.
Billy eut le temps d’apercevoir deux petites taches sur son pied gauche, sans pouvoir dire s’il s’agissait de tatouages ou de simples dessins, ni ce qu’ils représentaient. Il rabattit sa propre jambe de pyjama sur sa cheville et consentit enfin à s’asseoir à même le sol. Puis il s’intéressa au contenu de son gobelet qui devenait bleuâtre à mesure que le sachet commençait à libérer ses arômes. Les volutes liquides faisaient pour l’instant penser à de la bile. Mais une main ne tarda pas à apparaître au-dessus et, armée d’une minuscule cuillère, mélangea la préparation. Il observa les trois bracelets ronds se balancer légèrement autour du poignet, pour éviter d’avoir à scruter le mouvement des doigts. Et lorsqu’ils se retirèrent, l’infusion avait pris un profond rouge violacé plus comestible. Il reporta son attention sur son vis-à-vis qui le considérait toujours par-dessus sa boisson, sans expression particulière.
- Alors, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? demanda Billy en portant le breuvage à ses lèvres.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 20 Juil - 18:07

Vive les journées de maladie pour finir ses suites!!! ^^

Attention, va y avoir de la baston!






Dominic reposa son gobelet et lança :
- As-tu déjà oublié notre conversation d’hier soir ? Tu m’avais affirmé que je sentais le mensonge dans tout ce que je faisais. Malheureusement, ce soir-là, tu n’avais pas ta mansuétude d’aujourd’hui et tu m’avais assez promptement foutu à la porte, je dois dire… Je suis donc revenu pour que tu m’en dises plus, parce que, crois-le ou pas, ça m’intéresse.
Boyd esquissa un sourire sarcastique et replongea le nez dans son verre. Le liquide était encore un peu brûlant. Il claqua la langue contre ses dents, et demanda :
- Beaucoup de gens ici connaissent ton nom ; à ton avis, pour quelle raison ?
Surpris, Monaghan leva quelques instants les yeux sous sa frange blonde, puis il proposa :
- Major en philo ?
Billy lui sourit, avec la complaisance d’un père écoutant les explications d’un bambin barbouillé de confiture.
- Tu vois, tu mens encore. Tu mens, ou tu fais preuve de stupidité, ce qui ne te correspond pas.
Dom fronça les sourcils, contrarié. Pour une fois, il avait la sensation d’être mené dans la discussion, porté par le raisonnement de son interlocuteur sans vraiment poser le pied quelque part. Il ne permettait cela qu’aux professeurs dans le strict cadre de l’apprentissage. La façon dont celui-ci le soumettait à une question sans lui en dévoiler le but ni le rapport avec ce qui l’intéressait lui-même lui était assez déplaisante. Et tout en même temps, ce n’était que par ce retrait de la maîtrise qu’il pouvait s’ouvrir à un enrichissement éventuel.
- Si tu oses me dire que c’est la réussite scolaire qui fait monter un élève sur le piédestal de ses camarades, si petit soit-il, reprit Billy, alors tu fais l’innocent. Tu me donnes une réponse normale, qui ne creuse pas loin, et qui reste correcte vis-à-vis des principes admis. Tu ne le penses pas, parce que tu as depuis longtemps dépassé ce stade, et on le comprend très bien lorsqu’on t’entend dans l’amphi. Tu fais l’innocent si fréquemment que la première réponse venue en témoigne, si elle n’est pas posée par quelqu’un que tu crois à ta hauteur.
Dominic resta coi. Il scruta un moment le jeune homme qui lui faisait face, puis trouva à son tour refuge dans sa boisson. Il fallait se rendre à l’évidence : il avait été berné. Il s’agissait à présent de choisir entre orgueil et façade.
- Tu as raison, déclara-t-il. Oui… tu as définitivement raison. Ca m’apprendra à me méfier… Par « connaître mon nom » tu n’entendais pas seulement être un personnage, qui peut être aussi bien ridicule que populaire. Tu entendais être l’objet d’un désir collectif, au sens large, c’est ça ?
- C’est ça, confirma son vis-à-vis.
- Pour quelle raison ? Le fait que je leur donne ce qu’ils attendent, comme tu disais, indépendamment de ma propre personnalité ?
- On s’approche, concéda Billy. Mais ça ne suffit pas. Tout comme ton physique, qui n’est somme toute pas un idéal de beauté, ne suffirait pas à susciter autant d’attirances sans quelque chose d’autre.
- Ah ben j’te remercie… lança Dom comme pour détendre un peu l’atmosphère profonde et glissante.

Ce fut au tour de Boyd de le considérer calmement au-dessus de son verre. Il crépitait intérieurement. Encore une fois, il avait dû user d’audace. Le plus dur était de se lancer, d’accepter l’affrontement. Les mots venaient ensuite d’eux-mêmes. Billy était à la fois fier et tendu en constatant qu’il avait réussi à le pousser jusqu’à l’honnêteté. C’était un premier pas pour débusquer l’origine de son propre trouble, lui qui savait apparemment si bien percevoir celui des autres. Il savait qu’il devrait s’accrocher, si seulement l’autre désirait poursuivre cette double intrusion : en lui, et en lui-même. Pour l’heure, il se contentait de tenir en selle en ne montrant pas cette agitation qui le traversait. Dominic, lui, tripotait ses bagues.
- L’exploitation du physique joue sans doute un certain rôle, mais ce n’est probablement pas là où tu veux en venir…
- La mise en valeur joue son rôle, c’est sûr, admit-il d’un ton qui laissait deviner qu’effectivement, la réponse était incomplète.
Dom se gratta le cou d’un air détaché.
- J’imagine que rester relativement fermé à ce que les gens du commun appellent « choses de l’amour » doit nourrir les fantasmes.
- Pas de copine. Pas d’individu qui partage ta vie. Pas de garantie que tu puisses t’abandonner à l’une d’elles. Et par extension… ?
- Pas d’assurance que quelqu’un puisse me saisir en entier.
- Exactement.
- J’ai des amis ! objecta Monaghan.
Billy lui répondit par une petite moue et des sourcils levés qui semblaient interroger la certitude.
- Bon, d’accord, plutôt des potes si on doit s’en tenir à la définition bien-pensante de l’amitié mais… je les aime bien ! Et puis les autres ne sont pas censés savoir qu’ils ne sont pas mes confidents de toutes les peines et tous les doutes existentiels.
- Très juste ! Mais amitié n’est jamais amour. Construire de l’amour avec un autre c’est bâtir un petit nid où tu vas libérer de la vulnérabilité en guise de ponte, voire de l’humiliation. Est-ce que t’es d’accord avec ça ?
- Autant que faire se peut… répondit Dominic avec prudence.
- Tu n’as jamais expérimenté ça ?
- Oui et non… Le problème n’est pas là. Cette ponte, quel rôle elle vient jouer ?
- Les sept lieues entre « être ami » et « être amant ».
Dom but une gorgée.
- Ce que tu veux dire, c’est que l’amour est le seul lien relationnel qui permet de cerner tout ce qui fait une personne, parce qu’il réclame justement une mise à nu complète de soi que n’implique pas l’amitié, c’est bien ça ?
Billy hocha la tête.
- Il faudra que j’y réfléchisse… Enfin, admettons. Amis ou potes, donc, ils ne tiennent pas la route… Il en découle que je leur apparais comme celui qui ne se donne pas.
- Et par conséquent ?
- Un défi.
- Voilà.

Dominic resta silencieux un instant. Au fond, tout cela, il l’avait plus ou moins à l’esprit. Mais mieux valait dans tous les cas que Billy en ait fait la démonstration, et pas lui.
- Principe basique du désir… conclut-il.
- …accentué par l’effet collectif, ajouta Boyd. Tu vois, ton personnage est quelque chose de très arbitraire en somme.
Dom secoua brièvement la tête, incrédule.
- C’est tiré par les cheveux.
- Je te laisse y penser, déclara l’autre étudiant en terminant son verre.
Il avait un espoir de le renvoyer à ses quartiers, après lui avoir servi la réponse qui l’intéressait tant. Monaghan reprit cependant :
- Tu penses que c’est ce que recherchent les gens ? L’accès à ton humiliation ?
- C’est bien plus compliqué que ça.
- Développe, alors !
Billy se leva.
- Je suis crevé, pour l’instant. Une journée entière ne suffirait pas à ce débat et je ne prétends pas détenir de vérité suprême.
- Je m’en serais douté… lâcha Dominic avec un brin de rancœur.
Le maître des lieux s’approcha de lui et se tint à son côté, pour l’inviter à prendre congé. Malgré ses restes de nervosité, il ne pouvait empêcher un certain sentiment de triomphe de l’envahir. Il lui avait prouvé concrètement qu’il n’avait pas tant de raisons de s’imposer à lui en faisant le fier. Avec un peu de chances, il se sentirait déjà plus libéré en sa présence. Mais comme il le considérait avec une assurance nouvelle, l’autre leva les yeux et le saisit par la manche pour le reconduire rudement au sol. Le cœur de Billy fit un bond. Il perdit tout ce qu’il avait gagné de contenance et s’accroupit sans rechigner, trop effrayé de cette soudaine attaque physique.
- Hé ! Putain, lâche-moi ! cracha-t-il dans sa confusion.
Monaghan maintint sa prise sur le tissu à carreaux du pyjama. Il n’allait pas terminer ça en le regardant de haut ! Dominic le lui fit comprendre en braquant ses yeux dans les siens – qu’il découvrit verts – pour lui demander d’un ton qui exigeait une réponse :
- Il s’agit donc du mensonge ?
- Le mensonge, précisément.


Renaud, Michael et Guillaume patientaient nerveusement dans la salle d’attente de l’infirmerie. Lorsqu’ils avaient amené Lili à l’infirmière de garde, celle-ci les avait chassés dans cette pièce vide dont les lumières crues n’éclairaient qu’une sordide plante en pot et des panneaux d’affichages recouverts de prospectus sur les dangers des MST et du tabac. Agnès avait été la seule autorisée à entrer, parce que Lysiane s’était agrippée à sa main, et que la nurse savait qu’une présence connue pouvait faciliter les choses en cas de problème sérieux. Or, il était évident que la jeune fille n’avait pas été escortée jusqu’ici pour une petite migraine. Renaud retournait dans sa tête ce qu’il avait pu voir de son visage ces quelques instants. Plus il creusait son souvenir, moins il trouvait matière à se rassurer. Il quitta son siège pour faire quelques pas sur le linoléum. Les deux autres levèrent les yeux vers lui. Aucun n’osait soulever à haute voix la question qui les travaillaient, par peur, sans doute, d’obtenir une hypothèse trop plausible.
Enfin, la porte s’ouvrit et Agnès sortit, pâle et les traits crispés par un mélange d’abattement et de colère. Aussitôt, les trois compagnons s’approchèrent pour la presser de trancher le doute qui les tenaillait depuis près de quarante-cinq minutes. La brune préféra aller s’asseoir avant de déclarer avec difficulté :
- Il faut… faut que ça reste ici, tout ce que je vais vous dire.
Ils acquiescèrent immédiatement, le cœur serré par la gravité de ce qu’ils allaient apprendre.
- Lysiane s’est fait agresser en ville, elle n’a pas voulu me dire où ni par qui. Ils lui ont piqué son fric, ils lui ont mis quelques mandales pour la faire tenir tranquille et… ils se sont aussi servis en nature. Les bâtards…
Un silence de plomb suivit ses paroles. Elle avait eu du mal à rapporter à haute voix ce qu’il s’était passé, et prononcer le mot « viol » avait été au-dessus de ses forces. Ces quatre lettres faisaient résonner quelque chose de trop abject et de trop définitif. Elle croyait ne jamais avoir affaire à elles dans un contexte personnel, et tout cela paraissait trop ignoble pour être réel. Elle était sous le choc et craignait aussi la réaction des garçons. Renaud, qui était resté debout, s’affaissa sur l’un des sièges, sans mot dire. Aldebert couvrit son visage d’une de ses mains et lâcha :
- C’est pas vrai… c’est pas vrai… Merde, mais comment ça a pu se produire à peine en soirée ?
- J’en sais rien, répondit-elle d’un ton sec. Elle ne m’a donné aucune indication précise. Tout ce que je sais c’est qu’ils étaient deux… et tu peux être sûr que si je mets la main dessus je leur ferai avaler leurs couilles sans remords.
Michael poussa un lourd soupir. De tous, il s’était rendu le plus rapidement à l’évidence, et ne pouvait qu’accuser la confirmation.
- Et ils vont l’emmener quelque part ?
- Quand on lui a parlé de l’hosto, elle a rien voulu savoir. Elle ne veut pas sortir d’ici, et ils n’ont pas le droit de l’obliger… Pour ses vieux, pareil. Elle leur dira pas, et personne ne peut le faire à sa place. Qu’est-ce que tu veux faire, de toute façon ? Rien ne pourra changer ce qui est arrivé.
Renaud se releva alors soudainement et disparut comme un courant d’air par la porte qui donnait sur le reste de l’infirmerie.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 20 Juil - 18:07






Les autres se levèrent illico pour partir à la poursuite de leur camarade. Ils l’entendirent demander :
- Elle est où ?
Lorsqu’ils passèrent le seuil, la soignante, un combiné à la main, tentait de renvoyer le jeune Français à sa place d’un ton autoritaire.
- Je vous prie de sortir immédiatement, vous n’avez rien à faire ici !

De son lit, Lili écoutait la réaction prévisible de son ami, à quelques mètres de là. Il eût été impossible qu’elle s’en tire à si bon compte, évidemment…
- Mais s’il vous plait, Madame, il faut absolument qu’je la voie, j’en ai pour deux minutes ! Ma copine elle a pu rentrer, pourquoi j’peux pas, moi ?
- La demoiselle n’a pas demandé à vous voir, et je peux vous assurer qu’elle a plus besoin de calme que de vous à l’heure qu’il est !
- Renaud, fais pas l’enfant pour une fois, tu veux ?
- Allez, viens, si elle t’a pas réclamé, laisse-la un peu tranquille pour ce soir…
Lysiane entendit des pas obstinés dans le couloir, et les deux premières portes s’ouvrir. Elle se renfonça sous la couverture et ferma les yeux pour ne pas voir l’expression du gavroche lorsqu’il fit irruption dans sa chambre.
- Lili !
Elle sentit qu’il s’approchait du lit sans la moindre hésitation et qu’il lui caressait la joue avec plus de fièvre contenue que de tendresse.
- Je suis là, ma puce, je suis là… Ne t’inquiète pas, je vais m’occuper de ça.
Il caressa son bras et saisit à nouveau sa petite main inerte.
- Dis-moi ce qui s’est passé.
Lysiane resta immobile et fermée dans l’attente du secours des autres qui atteignaient déjà le seuil. Peter fut le plus prompt à empoigner Renaud par les bretelles de sa salopette pour l’éloigner avec fermeté.
- Tu lui fous la paix pour aujourd’hui, tu te calmes, et tu reviens quand elle aura envie de te voir.
- TOI fous-moi la paix ! On va pas la laisser tomber dans cet état !
- Tu pourrais avoir un peu de respect pour l’avis des gens.
L’autre se dégagea, excédé.
- Tu te fous de ma gueule ? C’est normal qu’elle veuille pas nous voir mais c’est pas sain ! Je la laisse pas toute seule cette nuit, moi !
Michael essaya de baisser d’un ton.
- Tu l’aides pas, Renaud. Tu ne l’aides vraiment pas, est-ce que tu te rends compte de ça ?
Agnès restait plantée à l’entrée, et rongeait l’ongle de son pouce. Et Guillaume avait le visage rouge et hésitait à venir prêter main-forte à Peter pour sortir Sechan d’ici manu militari. Et les chaussures de l’infirmière battirent bientôt furieusement dans leur direction. Et les yeux crispés de Lili se mirent à pleurer tandis qu’elle se bouchait les oreilles.

En voyant cela, le marlou soupira, la mâchoire serrée.
- Bon ça va j’m’en vais, j’m’en vais…
Il évacua la pièce aussi brusquement qu’il y avait pénétré, bousculant au passage la nurse et l’épaule de sa comparse dont le réflexe avait été un peu trop lent. Jackson lui lança un air désolé, encore un peu abasourdi et hésitant. Agnès secoua la tête.
- Va, va le calmer parce que…
Mic s’empressa de sortir à son tour et l’infirmière s’exclama enfin :
- Tout le monde dehors, tout de suite !
Aldebert sursauta et s’exécuta après un dernier regard accablé à la jeune fille dans le lit. Bihl lui lança dans un soupir :
- ‘Scuse-le, tu sais pourquoi il est comme ça. Repose-toi, on est vers toi maintenant.
Lysiane rouvrit les yeux pour acquiescer. L’infirmière s’approcha enfin d’elle pour lui expliquer doucement :
- Je vais fermer l’infirmerie pour cette nuit mais, si vous avez besoin de quelque chose, voici le numéro de la loge, et mon téléphone portable. Je vous demande de prendre du repos et surtout de bien réfléchir. Vous seriez mieux ailleurs que dans une infirmerie scolaire.
- Vous allez m’enfermer ? demanda seulement l’étudiante en réponse, sans regarder les yeux compatissants et insistants de la nurse.
- Non, sauf si vous le désirez. Je ne ferme que le pharmacie.
- D’accord.
La femme en blouse finit par se relever, et la quitta sur un « Courage. ».


Michael ne retrouva Renaud qu’au local désert, alors qu’il s’apprêtait à ressortir avec sa casquette et sa guitare. Il l’interpella mais l’autre répliqua qu’il n’avait rien à dire. Peter ne se laissa pas congédier pour autant.
- Tu n’as rien à dire ? T’as pensé que ça pourrait être différent en ce qui me concerne ?
Le gavroche fit une pause face à lui.
- Ecoute Micky… Je suis… vraiment pas d’humeur ce soir, tu vois ?
- Tu ne l’es jamais de toute façon, dès qu’il s’agit de te remettre un peu en question. Alors autant en profiter maintenant qu’j’y tiens plus de mon côté.
- Profite, Mic, profite ! Dis-moi un peu ce qui va pas chez moi. Mets-moi tout le paquet pendant que j’ai pas la force de me défendre, au moins ce sera fait pour un moment !
- Recommence pas à jouer les victimes. Ca devient gonflant que tu te fasses passer pour le bouc émissaire des hommes ! Dès qu’un truc te contrarie, la seule chose que tu sais faire c’est te transformer en reine du drame, en super héros contre toute la crasse du monde ! T’éclate un flic par surprise, tu détruis ce que t’as à portée, tu pètes les plombs devant Lili dans un moment où elle devrait pouvoir compter sur toi.
- Excuse-moi ! Excuse-moi d’être choqué parce qu’on découpe un gosse à trois pas de ma turne ! Excuse-moi d’être choqué parce que deux gonzes se sont farcis une fille que j’aime sans son accord !
- Oh, la ferme ! Tout le monde a le droit d’être choqué ! Mais tu devrais pas faire endurer tes sautes d’humeur à tous les autres, pense un peu à leur place pour voir. Tu crois vraiment que c’était cool pour elle que tu viennes lui faire une scène ?
Renaud resta silencieux quelques instants.
- Je pensais vraiment qu’elle avait besoin de moi.
- C’est aussi un être humain autonome, mec. Elle pense, elle ressent, elle peut interagir en fonction, d’accord ? Elle le fera savoir quand elle aura besoin de toi à-côté d’elle. Parce qu’elle aura besoin de toi, crains rien là-dessus ; mais pour pouvoir s’appuyer sur quelqu’un de confiance, pas pour le voir partir en sucette « à cause d’elle », est-ce que tu saisis ?
- Je saisis, répondit-il d’un ton neutre.
Michael l’enveloppa finalement dans une étreinte solide mais réconfortante. Il l’accepta, mais ne la rendit que d’un bras absent.
- Je te connais. Je sais bien que t’es un sanguin, Naud. Ca montre combien t’es sensible quelque part. Mais faut que t’arrives à te dominer, c’est ça pouvoir agir efficacement. T’es plus un ado…
Il campait dans le mutisme à présent, ce qui ne lui ressemblait pas. Mic le relâcha et sonda son visage quelques instants. Il considérait sa guitare qu’il remettait en place. Peter cligna des yeux, eut un sourire crispé, et lui redressa le menton pour l’embrasser aussitôt. Le gringalet se laissa faire, et les lèvres repartirent bientôt.
- Allez on rentre, tu veux bien ?
Le Français secoua ses mèches brunes.
- Non, s’te plait, j’ai besoin d’être un peu tranquille moi aussi.
Les yeux à nouveau rivés sur son instrument, il entendit les pas de Michael s’éloigner, et la porte du local se refermer. Quelque chose venait d’être ébranlé, et Renaud trouvait ça triste. Mais au fond, même si Peter était la voix de la raison, et que l’écouter l’aurait indubitablement rapproché de la sagesse, il se fichait parfois bien de ses préceptes de conduite saine. Il éteignit les lumières de la scène avant de sortir. Il ne serait pas quelqu’un. Il n’était que Renaud et ses potes n’avaient qu’à prendre ou à laisser.


Billy était resté assis sur le sol, plusieurs minutes après le départ de Dominic. Et dire qu’il avait cru gagner un instant… Il avait presque gagné, si on s’en tenait au discours. Il lui avait montré qu’il était assez observateur pour passer outre la composition d’un rôle, s’il s’en donnait la peine ; et surtout, il lui avait montré qu’il était assez analytique pour lui donner des leçons de raisonnement, songeait-il. Mais Dominic ne lui avait pas laissé de trophée en se retirant. C’était la première fois qu’ils se heurtaient physiquement, après l’observation et l’échange verbal. Et l’autre avait eu le dessus, sans conteste. Il l’avait ramené à lui, dans le contre-bas où Billy avait réussi à le repousser, et intimidé suffisamment pour récupérer la face. La surprise, oui… il en avait usé sans scrupule. Mais aurait-il supporté toute forme de lutte physique contre lui ? Faire entrer le toucher en ligne de compte était particulièrement bas, et démontrait en un sens la faiblesse de la position où il avait été contraint de se retrancher. Boyd ne le laisserait plus s’en tirer comme ça. Pour commencer, plus jamais il ne franchirait le seuil de cette chambre. Il lui faisait peur, mais tout valait mieux que s’incliner maintenant. Il s’était fourré dans une bien belle situation, comme prévu ; mais au moins avait-il à présent un support de mots et de chair à son anxiété chronique, un support duquel il pouvait subir mais sur lequel il pouvait également agir.
Alors qu’il réfléchissait ainsi, encore un peu sur le qui-vive, il entendit quelques notes étouffées de guitare monter à ses oreilles. Le son était bas et perceptible seulement du silence éveillé où il se trouvait. Un peu intrigué, et revenant soudain à l’autre incident de la soirée, il se leva pour gagner sa fenêtre dont il n’avait toujours pas fermé les volets. Dans l’obscurité un peu pluvieuse, il distingua une silhouette assise sur le banc et la casquette épaisse qui la coiffait acheva de l’identifier. Billy ouvrit son placard. Il enfila son blouson par-dessus son pyjama, ainsi qu’un manteau noir à capuche. Il décrocha ensuite son ciré de marin d’un beau jaune canari – jusqu’à présent, les trombes d’eau n’avaient jamais été assez suffisantes dans ce petit coin de l’Angleterre pour qu’il sorte avec celui-là sur le dos – et quitta sa chambre.


Il avait attendu que l’infirmière ferme la porte et quitte les lieux. Tapis loin au fond du couloir latéral, sa bouilloire toujours serrée contre lui, il songeait. A Billy, à sa démonstration. Celle-ci était d’une simplicité déconcertante en ce qui concernait le principe du défi. Pas besoin de creuser très loin pour en percevoir la logique. Ce qui concernait l’humiliation, en revanche, méritait plus profonde considération. Il aurait sans doute un peu de mal à s’y plonger avec honnêteté mais… il était décidé à en comprendre plus. Cependant, pour l’heure, une autre besogne l’attendait s’il voulait accéder à de nouvelles expériences, à travers quelqu’un d’autre. Il se leva, n’entendant plus un bruit dans les parages, et disparut par la porte de l’infirmerie.

Lili restait couchée, les yeux au plafond. Elle avait mal, et elle était vide. Un peu comme si on lui avait retiré toute sa substance par le sexe. Il ne lui restait qu’un peu de liquide lacrymal à évacuer. Qu’est-ce qu’elle avait mal. Elle pensait que cette nuit aurait été probablement moins dure si Renaud avait veillé sur elle. Elle se serait peut-être endormie contre sa poitrine, dans son attention exclusive… Mais elle avait tellement honte ! Pas d’un corps souillé, ça… aucune importance. Ca ne concernait que sa propre douleur. Elle avait honte de lui avoir désobéi, et d’avoir finalement eu à subir ce quart d’heure d’atrocités à cause de lui. A cause de lui… pas parce qu’il en était responsable ! Toute la faute lui revenait à elle. Mais tout du moins de son fait, car c’était de lui qu’elle tenait ce raccourci dangereux. Cet état de fait l’irritait au plus haut point, et l’avait empêchée de l’affronter pour se remettre à lui. Il ne fallait surtout pas qu’il sache ! Elle commençait à s’étrangler à force de retenir des sanglots. Tout ce qu’elle aurait voulu, c’était pouvoir oublier. Et la haine qui avait pris en elle la place laissée disponible par l’honnêteté et l’insouciance ne voyait que la vengeance pour laver ce souvenir traumatique. C’était au fond ridicule. Mais cet avilissement de quelques instants lui gâcherait une vie entière s’il restait impuni, elle le savait. Si elle en parlait à Renaud… il se débrouillerait pour leur faire payer, aucun doute là-dessus. Avec tous les contacts qu’il avait dans la crapaudaille du coin… Mais non. Surtout pas. Elle se jura sur le champ de ne jamais céder à cette tentation pernicieuse. Elle finirait par lui apporter plus de malheur que de soulagement. Les faire coffrer, c’est tout. Elle ne ferait de tort à personne.

Elle tendit l’oreille en entendant la porte de la salle d’attente se rouvrir. Le bruit d’un objet lourd qu’on posait sur le bureau. L’infirmière avait dû oublier quelque chose. La porte de la salle d’examen qu’on ouvrait, puis refermait. Une seconde, les chaussures de l’infirmière frappaient le carrelage de manière tout à fait audible ! Lysiane se redressa soudain dans son lit. On entrait déjà dans sa chambre.
- Qui c’est ? demanda-t-elle nerveusement.
Elle alluma prestement la lampe de chevet à-côté d’elle. A la lumière de l’abat-jour blanc, elle put voir son condisciple verrouiller la porte, puis se tourner vers elle, les mains derrière le dos.
- Qu’est-ce que tu veux ? jappa-t-elle.
Le sourire satisfait qui lui répondit fit naître une décharge de frayeur dans son ventre.

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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 29 Sep - 17:00

Heyyy !!!
Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy

Eh bien, bien le bonjour braves gens! ^^
...
Oui, Half je m'incruste vilement sur ton topic pour ne rien dire... Rolling Eyes
Premier post, que du flood...
Ah, oui: ça ne dérange personne s'il vient aussi, Merry? Mr. Green
Bon ben je ne manquerai pas de poster ultérieurement mes propres productions et de commenter celles qui se trouvent ici, dès que j'aurai plus de temps... ^^

Sur ce, à la prochaine! Smile
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 27 Oct - 12:28

Ah, merci pour ce petit point d'amarre que tu nous as fait, Lostinou. Enfin, enfin je réponds à tes commentaires, avec une dernière excuse pour le délais!

Citation :
Au passage, tu conçois évidemment ton perso comme tu l’entends, mais j’espère qu’on ne va pas trop tomber dans le parfait portrait du serial killer cas d’école, qui se prend pour Dieu et tout et tout…
*s'est PTDR et a répété la phrase à Gred*
Nonononon ma chère, rassure-toi, Dominic réfléchit bien trop pour se prendre pour Dieu! Il prétend à la conscience de sa place par rapport aux autres, dans une situation donnée. En aucun cas il ne sent la main de Dieu en bouffant des petites filles comme Elijah (... dans Sin city, évidemment), en aucun cas il ne se rapporte à une puissance qui serait "supérieure", en tout cas pas supérieure en elle-même. Lui tiendrait plutôt au contraire à la forger, cette supériorité. Qu'il soit doué d'un narcissisme indécent, c'est un fait, mais c'est un narcissisme tout humain avec les obstacles que cela implique!
*espère avoir rassuré Lostie*

Citation :
d’autant que personnellement j’aurais probablement réagit de la même manière… ^^’’’
Mr. Green Mr. Green Mr. Green

Citation :
Dommie n’est peut-être pas un serial killer en puissance
Non-non, et l'avenir nous en apportera d'autres preuves. Smile

Citation :
(*mode Maïté* Et sans oublier un brin de narcissisme pour corser le tout ! ^^’’’)
*s'est encore marée bêtement à l'idée de Maïté apprenant à monter son Dom soi-même* Enfin bref, voilà, un brin de narcissisme... ^^'

Citation :
comme dirait le Dom de la vraie vie –qui au passage devrait revoir sa grammaire allemande-
Alors là, a littéralement couiné à Gred, hystérique: "AH! Tu vois hein, Lostie aussi elle l'a remarqué!!" étant donné qu'elle l'a déjà bassinée plusieurs fois avec le fait que Dom parlait allemand comme son rat. (nous éviterons de parler du français pour tenter de préserver ses derniers lambeaux de dignité.
...
Au fond, reste-t-il des lambeaux de dignité au Dom actuel?
...
Dominic parle le français comme un débile profond.)

Citation :
*mode psy on* Mmh… Parlez-moi de votre enfance, de votre passé Dominic

Peut-être devrait-on (enfin, devrais-je ) creuser de ce côté là…
(Heu, je précise au passage que je ne prétends pas une seule seconde détenir la vérité en ce qui concerne cette fic, tout cet étalage ne représente que ma réflexion personnelle
Lol! *bat des mains* Ah mais vas-y Lostie, vas-y! Un écrit est fait pour que le lecteur cherche à en découvrir lui-même sa vérité, et je t'ai assez dit combien ces réflexions avaient de valeur et me servaient!

Citation :
*se dit que ça n’a vraiment aucun intérêt vu que la review que tout le monde lira sera dactylographiée…* ^^’’’)
*se marre*

Citation :
- En as-tu fait part à tes amis ? En détails, je veux dire.

Roooh… Dom !
Je précise quand même que ce n'est pas à entendre dans l'idée comme en "trop" de détails, mais plutôt comme la précision des circonstances.

Citation :
Ca y est, ça devient sordide…
Mais non, mais non... ^^
*trouve Lostie bien gracieuse pour le devient sordide...*

Citation :
« mais qu’est-ce que cherche Dom ? ? »
Pour le savoir il faudrait le lâcher dans sin city et le suivre jusque dans la bonne ruelle.
...
*va cesser immédiatement avec ses intromissions de Sin city*

Citation :
Y a des moments où il fait froid dans le dos quand même… ^^’
Aaah… Ben tu vois ? ?
*pouffe et rebat des mains avec ses yeux en ponts*

Citation :
Dominic Monaghan : le tueur d’enfant au cœur d’or qui vole au secours des femmes violées
*s'est étranglée de rire et, une fois calmée, a re-répété la phrase à Gred (pauvre Gred, elle n'a pas dû pouvoir lire son fanzine...)*

Citation :
Qu’il puisse aider Lysiane de façon désintéressée, je n’y crois pas.
Je ne saurai qu'ajouter la réflexion d'un lointain parent de Bilbon, modèle du Hobbit bouseux: "Il y a un micmac là-dessous ma chère. Mais pourquoi s'en faire? Il n'a pas emporté la boustif."

Citation :
peut-être que Dom recherche les situations « extrêmes » : viol, meurtre… tout simplement pour sortir de ce qu’il connaît par cœur. Je ne parle pas nécessairement du quotidien ( encore que peut-on qualifier un assassinat et une agression sexuelle de routiniers ? ^^’), mais du fait que dans ces nouvelles expériences, comme il le dit lui-même, il sort du schéma humain classique.
En voilà une conclusion très juste! Tu vois: inutile de te torturer tout au long de l'histoire en créant un graal unique à Dominic. Il fonctionne plus par la méthode, la culture du soi pour avancer, que par le but dans l'existence. Enfin je n'en dirai pas trop, et d'ailleurs, ce que je viens de te dire pourrait même n'être considéré comme pas entièrement juste quelque part... Aussi, taisons-nous là. Sache seulement que cette remarque est tout à fait pertinente.

Citation :
Dom semble avoir parfaitement assimilé le comportement de ses congénères (*a l’impression de parler d’une bande de primates* )
*a pour sa part l'image d'un Dominic au milieu d'une colonie de ratons-laveurs (même si je crois que ça vit en solo, non?)* Pour toute réclamation, s'adresser à Gred.

Citation :
Tiens, ça me fait penser à la fin d’American Beauty (si vous ne l’avez pas vu, courez vous le procurer, c’est un petit chef-d’œuvre ^^
Aaaah!!!! Je l'ai vu, et je suis restée également baba devant.
...
That's Pinky and that's Baba and... *court se cacher*

Oui, je l'ai trouvé très frappant. D'ailleurs, je pense que je gagnerais à la revoir une fois.

Citation :
après que le perso joué par Kevin Spacey ait été tué, il y a un plan où on voit le copain de sa fille (le fils du voisin, quoi) contempler son cadavre tout frais, un sourire aux lèvres… je vois bien le Dom SDPien tirer ce genre de tronche. ^^
*Hélas, ne se souvient plus de la tronche en question.*
*va se louer le film*
Kevin Spacey est le chéri, l'idole, l'Unique de mon cher et tendre, ça devrait pas bcp lui coûter de le revoir avec moi.

Et puisque qu'on s'échange les tuyaux Spacey: Je te conseille aussi plus que vivement "K-pax", film excellent, prenant et tranquille... admirablement goupillé. Donc à voir!

Citation :
Si intriguant qu’il en devient attirant… ^.^
Bon, doucement, là…
Tu ne vas pas tout faire comme ton cousin ?
Ben, il m’a fait une liste, regarde :
« ne pas laisser Lostie s’extasier sur le tueur d’enfants, l’empêcher de se mettre à hurler des trucs du genre « SADIIIQUE ! ! ! » « AAH, DOMINOUUU ! ! ! » « DOM/BILLY ! ! DOM/BILLY ! ! ! », veiller à ce qu’elle ne trépigne pas à la moindre occasion, lui préparer des boissons fraîches, une bassine, une bouteille d’huile, du papier toilette, deux éponges et des raviolis… »
Je crois que tu as lu aussi ton post-it pour les courses…
Heu… désolé.
(réponse probable de La Half : « j’voudrais pas dire mais on l’a déjà faite dans Naheulbeuk celle là… » )
Désolée de faire une si grosse citoche mais j'ai adoré la double-référence!!! Mr. Green Mr. Green <= Half contente quand elle comprend

Citation :
De toute évidence, Lysiane n’est pas prête à se résoudre à se confier… à des proches. De là, la proposition de Dom peut paraître alléchante : elle peut ressentir le besoin de parler, mais affronter le regard de ses amis, de Renaud (dont elle redoute sans doute la réaction, mais là encore je l’ai déjà évoqué), peut être au dessus de ses forces.
*se frotte les mains parce que pour une fois Lostie n'a pas tout entrevu*... ^^

Citation :
Alors « ce dénommé Dominic » (comme quoi, toute la population féminine de l’école n’est pas à ses pieds… )
Hé hé, vi quand même... ^^

Citation :
Vraiment, y a rien de spécial dans cette tisane ? ^^’’’’’
*se marre en voyant que tout le monde diabolise son Domimi alors qu'il vient donner si gentiment de la tisane à ses amis*
Ca me rappelle une chanson que mon cher et tendre et moi avons inventé un jour d'été en jouant au jokari au milieu de la route, alors qu'un clebs d'une maison voisine nous observait d'un air très intéressé:
Je suis le chien... au pa-nier d'oeufs
Je donne des oeufs... aux pe-tits enfants
On m'appelle Serge... chez mes pa-rents
Mais quand j'vais chercher du pain, je m'appelle pas Seeerge...

...
*court, court se cacher*

Citation :
Cela dit, après tout ce que je viens de pondre *essuie son front d’un revers de manche ^^’*, je crois être en droit de réclamer la suite!
Allez, on va s'arranger pour avancer un peu demain soir. Smile

Citation :
Ca dérange quelqu’un si je termine ma review ? ^^’
Depuis quand tu t'embarrasses de ce que pensent les gens?
C'est vrai ça... ^^'''
J'approuve! D'autant plus à présent qu'on est tranquilles sous notre Lanterne, faut pas s'priver crénom!

Citation :
Billy (dans l'Antarctique... )
*se pète de rire en repensant au moment où Gred et elle ont réécouté la chanson, complètement affligées*

Citation :
Eh béh... Dans le genre portrait pathétique j'ai rarement vu mieux...
*petite révérence*

Citation :
Citation:
Tu comptais passer la nuit à jouer sous la pluie à moitié nu ?

Sans m'avertir pour que je profite du spectacle ?
Roooooh... hum Je vais encore devoir vous sermonner, mes petites lectrices! ^^

Citation :
Merci de rappeler que ce n'est arrivé qu'il y a deux jours. C'est vrai que comme tu le disais toi-même, le temps s'étire ici... ^^
Hé oui, c'était un petit rappel en passant... Very Happy

Citation :
Je profite de cette phrase (enfin ce bout de phrase) pour demander ce que va devenir l'épisode de Noël posté y a un p'tit moment maintenant. Il finira par être incorporé dans l'ensemble ou c'était juste comme ça ? ^^
Bonne question!
Hm... je compte bien me débrouiller pour l'incorporer, voilà. ^^ Il est possible que j'y remanie deux trois trucs évidemment, hein! Mais je me resservirai de la scène, oui.

Citation :
Si je dis que j'ai pensé à Théoden qui craque, c'est grave ? ^^'
Mais, le roi Théoden n'a pas de guitare...
Jésus-Christ, figure-toi que j'ai eu la même image à la relecture! Shocked C'est si grave que ça?

Citation :
Tu sais Billy, c'est déjà pas si mal... En ce qui me concerne, ça aurait été un bonobo en train de se dissoudre les yeux que j'aurais été toute aussi décontenancée que s'il s'était agit d'un mec ou d'une nana... ^^'''
Mon dieu.

Citation :
Citation:
Celui-ci s’essuya la figure d’une main excédée (...) - ‘Fait chier, tiens !

*soupir*
C'est bien vrai, ça... -_____-
Comme quoi... "Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie!"

Citation :
Citation:
Il pourrait peut-être apporter un peu d’aide, finalement…

Billy, partisan de la castagne ?
Shocked Lostie! Mais non, voyons...
*se demande en quoi Billy pourrait être utile dans une bataille à part pour la superviser*

Citation :
Citation:
Cette fois, il tranquillisa le gavroche en l’enlaçant de plus près, de manière à ce que la longueur de son bras bloque les frissons nerveux le long de son échine.

Manquerait plus que PJ soit dans le coin...
Oh oui, oui, ouiiiiiiiiiiii... happy


Citation :
Et qui c'est qui va les trouver endormis ?
Fufu, bonne question à nouveau! ^^

Gros ziboux! (Je n'ai posté que ce matin car ma connection s'est mise à ramer en fin d'aprem et ai ensuite été occupée ailleurs...)

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 27 Oct - 14:13





Il s’approcha, prenant garde à ce que son mouvement se coule plus près du halo sans trace d’emportement.
- Fiche le camp d’ici ! cingla à nouveau la rouquine, laissant deviner sa gorge serrée.
Dominic se contenta de s’immobiliser là où il se trouvait : près du lit, à hauteur des jambes. Mais celles-ci se replièrent tandis que la jeune fille se tassait davantage à la tête. Pour la rassurer, il décroisa les doigts et avança avec grande délicatesse la main droite dans sa direction, vide. Qu’il était malhonnête… Bien entendu, cette paume étrangère acheva de la paniquer. Elle gémit une respiration suffocante. Monaghan sourit de plus belle de la réaction physique qu’il pouvait susciter par un simple lever de sa main. Il pouvait voir à la lumière luire d’attention et de peur primordiale les yeux grossis par l’humidité, montrant une pupille rétrécie. Il discernait presque une paire d’oreilles farouchement repliées vers l’arrière, cachée dans sa toison fauve. La toucherait-il ? Non, trop imposer la retournerait irrémédiablement contre lui. Il replia son bras et s’accroupit à-côté du matelas. Puis il se décida enfin à parler :
- Tu m’as déjà oublié ?
Il fallut un moment à l’autre pour recouvrer la capacité de répondre à ce ton à la fois désinvolte et intimiste. Elle réitéra :
- Non. Pourquoi tu me demandes ça, qu’est-ce que tu me veux ?
- Si tu te souviens de moi alors tu ne devrais pas craindre que je te fasse du mal.
La petite sembla se détendre légèrement à l’écoute de ces paroles. Il la sentait l’observer avec ce mélange de nécessité méfiante et de curiosité gratuite qui donnait de l’intérêt. C’était bien différent de cette considération vide des premiers instants de leur rencontre. Différent aussi des regards des personnes.
- Alors, dis-moi pourquoi tu es là, répliqua-t-elle finalement.
Dom esquissa une mimique ennuyée.
- Etrangement, c’est en partie toi qui en décideras.
- Comment ça ?
L’étudiant se releva pour rôder autour du lit. Ses pieds bruissaient très doucement sur le béton ciré et l’un de ses orteils craquait à chaque pas.
- C’est une fâcheuse mésaventure qui t’a conduite ici, n’est-ce pas ?
La figure mouchetée se referma ; à nouveau, la rousse sentit battre le creux de ses jambes. Elle ne répondit pas.
- En as-tu fait part à tes amis ? En détails, je veux dire.
Lysiane leva les yeux sous ses sourcils crispés, pour voir la forme anthracite dans le coin opposé de la pièce.
- Qu’est-ce que ça peut te faire ?
Le jeune homme haussa les épaules.
- Non, répondit enfin Lili.
Elle était curieuse de percer dans cette discussion étrange. Un pressentiment lui tordait les boyaux et elle voulait en découvrir l’origine, au lieu de flotter indéfiniment. Son visiteur se rapprocha, se révélant à nouveau dans l’auréole de la lampe qui enveloppait la couche.
- J’aimerais que tu me la racontes à moi.
On y était donc. Lysiane essaya de garder un peu de contenance pour lancer :
- Alors c’est ça, tu viens en reporter ?
Son vis-à-vis se contenta d’un simple hoquet de rire étouffé. Il la considéra d’un air attendri :
- Oh que non ! Je serais bien le dernier à avoir intérêt à cafter ma venue auprès de toi.
La petite Lili baissa le front, elle tremblait sous l’afflux nerveux.
- Pourquoi ? lâcha-t-elle seulement avant de l’interroger du regard.

Elle le vit quitter son expression amène pour s’accroupir, cette fois tout près d’elle. Il ne souriait plus mais ses prunelles conservaient à son endroit cette empreinte tutélaire, tandis qu’elles l’affrontaient, un peu par en-dessous. Il posa ses mains jointes sur le bord du matelas. Elle eut un bref réflexe de recul, mais les doigts restèrent immobile, l’un de leurs anneaux luisant le blanc comme une écaille ou une récompense.
- Parce que je ne demande qu’à te redresser, dans les deux sens du terme. Mais il faut pour ça ta volonté et ta coopération. Tu prends, tu laisses.
La jeune fille se rassit plus droite contre son oreiller. Elle avait la sensation de glisser d’elle-même vers la voix assourdie, qui ne s’élevait qu’à la suggestion. Ce parler, ainsi que le reste de l’attitude de ce dénommé Dominic, avait la séduction abominable de l’assurance offerte, proche et couverte du secret. Il laissait entrevoir une certaine hauteur sans l’afficher, tout en se plaçant sous sa coupe. Et c’était cette approche toute ambiguïté qui bloquait la réaction. Impossible de rejeter des non-dits, dans une position si flatteuse. Lysiane voulut cependant s’assurer davantage des fins de son condisciple qui venait à son chevet si discrètement. Tendue, elle demanda très vite :
- Parce que tu penses que partager avec toi me soulagerait à ce point de ce qui me pèse dessus ?
Monaghan l’étudia un instant.
- Non, répondit-t-il enfin.
Une douche de picotements s’abattit sur le corps encore douloureux. Le sang qui pulsait autour de la vulve grimpa au visage et Lili resta figée, incapable d’ouvrir ne serait-ce que la mâchoire pour impliquer ses propres desseins à ce qui se déroulait devant elle. Idéal. Providentiel. Mais fallait-il céder à cette bénédiction ? Au bout d’un peu plus d’une centaine de battements de son cœur, qui ne tarda pourtant pas tant à être décomptée, elle ne put que confesser :
- Tu sais quoi ? Aujourd’hui j’ai l’impression d’être le Petit Chaperon Rouge… sauf que c’est moi qui suis dans le lit maintenant.
Un grand sourire amusé étira alors les lèvres de Dominic, redressant un peu ses oreilles derrière son faciès flexible.
- Et je suis le Grand Méchant Loup qui attend ?
Le sourire de la jeune fille, lui, fut bref et anxieux.
- Repasse demain soir, tu veux bien ?
Il hocha la tête, les traits à présent tout à fait débonnaires.
- Tu prendras bien un peu de tisane avant ?

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 27 Oct - 14:14

Lorsqu’il repéra Billy à quelques pas de son banc, Renaud cessa de triturer les cordes dissonantes de sa guitare. La mine morne, il le suivit du regard jusqu’à ce qu’il se fût planté devant lui. La pluie avait un peu forci, et le gavroche assis ressemblait à un vieux chien boudeur avec ses yeux penaud et ses mèches collées. Ses épaules osseuses luisaient derrière les bretelles trempées de sa salopette ; son bandana imbibé dégouttait sur sa poitrine.
- Si tu veux que ta carcasse puisse encore en voir d’autres, enfile au moins ça, va…
Bill lui tendit le grand ciré qu’il avait descendu. Sechan le considéra, puis repoussa son instrument sur le côté du banc.
- Qu’est-ce que c’est que cette idée ? interrogea l’autre avec une désapprobation affligée. Tu comptais passer la nuit à jouer sous la pluie à moitié nu ?
Renaud enfila le caoutchouc jaune et serra les pans du manteau autour de lui.
- Ouais… Désolé si je t’ai réveillé.
Boyd soupira. Ainsi détrempé par la pluie, on aurait dit que le marlou était en train de fondre, de devenir encore plus grêle qu’auparavant, les traits effacés par la maussaderie.
- Allez, rentre au chaud. Quel que soit le problème c’est pas en restant ici que les choses iront mieux.
- Elles iront pas mieux non-plus quand je serai empâté dans mon pieu. Alors à quoi bon ? répliqua-t-il en reprenant sa guitare.
Cette réponse enferma un peu plus Billy dans l’impuissance. Il aurait voulu demander ce qui s’était passé avec Lili, ce qui pouvait bien mettre Renaud dans un tel état. Il aurait voulu le saisir par la manche et le traîner de force à l’abri des frontons du bâtiment. Il aurait voulu lui proposer de rester avec lui. Mais la gêne retenait toutes ces idées. Il l’envahirait, il présumerait de l’amitié qu’il semblait commencer à lui porter… Il restait donc à piétiner sans rien dire. Et pourtant la volonté de le soutenir en cet instant de faiblesse était très forte. Il gardait en mémoire son dévouement de l’avant-veille, alors que lui avait traversé un moment effroyable. Sa sollicitude et sa discrétion avaient laissé à Billy un sentiment de grande reconnaissance. Il aurait été d’une affreuse lâcheté de l’abandonner à présent à son sort, et d’ailleurs il n’en avait tout simplement pas envie.

Sans mot dire, il prit place à-côté du Français, et se couvrit de sa capuche. Son compagnon tourna la tête dans sa direction ; mais le champ de vision de Billy resta focalisé sur le tronc d’arbre deux ou trois mètres plus loin, avec le rideau de gouttes qui tombaient sur l’herbe. Au bout de quelques secondes, la voix de Renaud remarqua :
- On sera pas plus cons à deux, tu sais ?
Boyd se retourna alors et lui répondit par un léger sourire, dont il ne força pas trop l’ironie. L’expression du gavroche s’était un peu décrispée elle aussi, mais juste au-dessous de sa casquette, il avait toujours l’œil malheureux. Billy fut alors tant poussé à faire quelque chose pour lui qu’il reprit sérieusement la parole :
- Tu pourras dire que ça me regarde pas mais… quelque part, si, je pense avoir le droit de te demander ce que Lili avait en revenant tout à l’heure. D’une certaine façon, je l’ai laissée partir en la chargeant d’une commission et… vraiment, je voudrais savoir si c’est grave, je voudrais pouvoir aider s’il y a un problème, je… dis-moi juste : ‘y est arrivé quelque chose ?
Renaud ferma les yeux mais répondit de suite :
- D’accord, d’accord mec… c’est normal que tu t’inquiètes. Enfin c’est pas la peine de t’dire que tu tiennes ta langue ?
Son vis-à-vis secoua rapidement la tête.
- Bon, reprit-il péniblement. Lili a eu un problème. Elle… elle a fait une mauvaise rencontre. … Je sais pas où et comment s’est arrivé…
Renaud stoppa. Il poussa un misérable soupir. Ses pieds piaffaient sous le banc. Et quand il reprit enfin, les accents de sa voix étaient un peu étranglés.
- Elle s’est fait coincer par deux malades, et si tu permets j’entrerai pas dans les détails…
Boyd resta interdit. Il n’arrivait pas à le croire. Un instant il se demanda s’il n’avait pas trop interprété les mots de son interlocuteur. Mais celui-ci frappa brutalement les cordes de son instruments avant d’étouffer la résonance sous sa main. Ses lèvres étaient serrées, et le reste de son corps également suspendu dans une immobilité rageuse. Billy dut alors accuser le choc. Il resta muet, les sourcils crispés, la bouche entrouverte sur le dégoût. Le banc parut soudain encore moins confortable qu’avant, mais il comprenait à présent l’indifférence complète du marlou. Ils étaient aussi inaptes à faire quoi que ce soit l’un que l’autre.

Ils demeurèrent ainsi sans rien dire un moment. Comme le soir avançait, l’air se refroidissait, et bien que la pluie ait nettoyé les choses de leur pellicule de givre, on sentait l’hiver s’annoncer. Il faisait déjà très noir, et rien ne bougeait dans le parc de l’école. Il ressemblerait bientôt au décor de l’une de ces cartes postales vieillottes où des enfants emmitouflés s’amusent dans la neige, entre des arbres noirs et racornis. Le seul son qui les accompagnait était celui des notes décousues de Renaud qui s’était remis à gratter les cordes sans conviction. Puis il lança tout à coup:
- La pauv’ môme… elle qu’était si pimpante, qui bouffait toujours sa vie sans s’inquiéter de rien… tu t’rends comptes de ce qu’ils ont fait ?
Billy tourna vers lui un silence compatissant. Le plot électrique à-côté d’eux signala les 10h du soir en grésillant un peu pour allumer sa lumière fermentée. Les yeux délavés du gavroche dégoulinaient, et il ne s’agissait plus d’eau de pluie cette fois. A nouveau son camarade se sentit tiré vers lui, vers cette vulnérabilité qui lui rappelait la sienne et qu’il aurait voulu protéger sous lui, sous la plus grande force que lui donnait alors sa moindre implication dans le malheur survenu. Mais encore une fois… il n’y avait rien à dire. Tout ce que des mots auraient pu lui apporter aurait été indigent, inutile, voire un peu plus blessant.
- Ils ont tué tout ce qu’elle était, ces enfoirés… et tout ça, tout ça pour un coup d’foutre-en-l’air, putain, ça me dégoûte…
Le timbre de Sechan s’était définitivement rompu, et ça y était : son souffle haletait des trémolos, et il avait lâché ses accords pour reposer son front dans sa main, appuyée sous la courte visière de son couvre-chef de poulbot. Boyd n’en fut que plus embarrassé. Devait-il se rapprocher de lui ? L’épauler comme un véritable copain ? On préférait parfois largement être tranquille pendant les crises de larmes, et il le comprenait tout à fait. Peut-être ferait-il mieux de le soulager de sa présence contemplative ? Non, Renaud ne l’avait pas fui sur le sol de l’église… Mais au moins, si Billy avait eu une fille en pleurs à-côté de lui, le cliché aurait pu le sécuriser !
- Hé…
Coupant la poire en deux, il s’était approché pour tapoter l’épaule du marlou par-dessus l’imperméable jaune. Celui-ci s’essuya la figure d’une main excédée et relégua une fois de plus sa guitare de l’autre côté du banc.
- ‘Fait chier, tiens !
Il se retourna aussitôt vers Billy, et se jeta lui-même dans l’accolade pas tout à fait ouverte de ses bras. Le Britannique fut un peu surpris… Mais Renaud s’accrocha naturellement à lui en reniflant un peu, un bras passé derrière son épaule.
- Pourquoi je chiâle, maintenant, tu vas me dire ? interrogea-t-il, agacé. Y en a qu’auront des raisons d’gémir quand je les aurai retrouvés, par contre, tu peux être sûr.
Boyd referma délicatement l’embrasse. Bon… il était fixé, à présent ! Il pourrait peut-être apporter un peu d’aide, finalement…
- Est-ce que tu lui as parlé ? demanda-t-il à mi-voix.
- Non. Je l’ai vue à peine quelques secondes, et elle ne m’a pas dit un mot. … Faut dire aussi que j’étais… assez énervé.
Billy sentit la prise de son comparse se resserrer, un peu comme s’il menait l’étreinte à sa place.
- Mais j’ai bien vu dans quel état ils l’ont mis… Elle s’ra plus jamais la même... Ils me l’ont volée. Ma pauvre petite fille, comment ils ont pu faire ça ? … Les salauds.
Cette fois, il tranquillisa le gavroche en l’enlaçant de plus près, de manière à ce que la longueur de son bras bloque les frissons nerveux le long de son échine. Il le sentait à la fois épuisé et excédé. Le seul remède pour l’heure aurait été un peu de sommeil.
- Calme-toi… Attends au moins jusqu’à demain, et parle avec elle. Noircis pas tout d’avance. Tout ce que tu peux faire c’est te reposer pour l’instant, et aller la voir après. Vas-y doucement. Tu verras, ils te l’auront pas volée définitivement.
Renaud soupira, et se nicha quelques secondes contre la capuche de Billy pour reprendre une respiration profonde. Une fois calmés les mouvements de sa poitrine, sa voix baissa d’un ton.
- Je vais essayer de te croire… et je vais faire comme tu dis. Mais bon dieu quand je pense que pendant tout ce temps j’étais en train de faire le con sur scène… y a vraiment de quoi avoir honte. « Pas de fille cette après-midi », oh le couillon…
- La ferme, trancha doucement Boyd. Cherche pas à faire ça. C’est vain et en plus pas fondé. Ne pense plus à rien jusqu’à demain. Dors un peu, ça va te vider.
Mis en confiance par les familiarités de son compère, Billy prit les choses en main pour l’inciter à être docile : il se dégagea un peu pour faire glisser la tête du poulbot contre son blouson, puis il saisit l’instrument de musique qui attendait toujours à l’autre bout du banc. L’autocollant en forme de grosse fleur commençait à se décoller un peu avec l’humidité.
- Je vais la mettre en-dessous… Mais tu crois pas qu’elle risque de s’abîmer avec toute cette eau ?
- Oh, au point où elle en est celle-là… elle a déjà tout vu ma guitare pourrie, marmonna l’autre.
- Ah, elle aussi ? sourit-t-il. Allez, allonge-toi.
Renaud obéit, et gigota un peu pour s’installer. Lorsqu’il fut calé contre sa poitrine, Billy lui ôta sa casquette tombant à présent sur le côté de son visage. Puis il dénoua le foulard mouillé de sa gorge.
- Enlève-moi ça si tu veux pas te retrouver avec une pneumonie au réveil.
Le marlou se laissait faire en souriant un peu tristement. Il se sentait déjà un brin assoupi. Il laissa son compère boutonner les pressions de son col et le nicher dans le grand capuchon de caoutchouc canari. Enfin, il lui adressa un sourire direct entre les gouttes qui s’abattaient sur sa figure et déclara :
- Billy, soit tu es stupide, soit tu es le saint-martyr en personne.
- C’est l’hôpital qui se fout de la charité… Allez, bonne nuit.
Boyd rabattit sur eux les pans de son grand manteau et tira précautionneusement la fermeture jusqu’à son col. Avec quelques borborygmes, Renaud joua encore un peu des épaules et des jambes pour se pelotonner sous cet abri improvisée.
- Crie si t’étouffes… suggéra Billy en bâillant.

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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 27 Oct - 17:07

*a cru qu'il y avait une suite avant de se rappeler que tous les chapitres n'étaient pas encore postés sur la Lanterne* ^^''' (c'est la fin de la semaine, j'ai du mal...)

Citation :
Lui tiendrait plutôt au contraire à la forger, cette supériorité. Qu'il soit doué d'un narcissisme indécent, c'est un fait, mais c'est un narcissisme tout humain avec les obstacles que cela implique!
*espère avoir rassuré Lostie*
*est pleinement rassurée* ^^

Citation :
Dominic parle le français comme un débile profond.
"premier étage... j'habite à Wellington" -_______-''
et c'est pas avec Dents-de-Poney qu'il va s'améliorer... *encore affligée*

Citation :
*a pour sa part l'image d'un Dominic au milieu d'une colonie de ratons-laveurs (même si je crois que ça vit en solo, non?)*
Je crois que OUI. ^^

Citation :
Aaaah!!!! Je l'ai vu, et je suis restée également baba devant.
^_____________^

Citation :
That's Pinky and that's Baba and... *court se cacher*
*glousse sottement* Mr. Green

Citation :
*Hélas, ne se souvient plus de la tronche en question.*
En fait je l'ai vu il y a un moment, et je ne suis même plus sûre... *devrait le revoir elle aussi* ^^''

Citation :
Et puisque qu'on s'échange les tuyaux Spacey: Je te conseille aussi plus que vivement "K-pax", film excellent, prenant et tranquille... admirablement goupillé. Donc à voir!
Je le note, je le note...

Citation :
Désolée de faire une si grosse citoche mais j'ai adoré la double-référence!!!
Contente que tu ai vu la double référence! Very Happy

Citation :
*se frotte les mains parce que pour une fois Lostie n'a pas tout entrevu*... ^^
Raah, damned! Evil or Very Mad Rolling Eyes Rolling Eyes

Citation :
Ca me rappelle une chanson que mon cher et tendre et moi avons inventé un jour d'été en jouant au jokari au milieu de la route, alors qu'un clebs d'une maison voisine nous observait d'un air très intéressé:
Je suis le chien... au pa-nier d'oeufs
Je donne des oeufs... aux pe-tits enfants
On m'appelle Serge... chez mes pa-rents
Mais quand j'vais chercher du pain, je m'appelle pas Seeerge...
...
*ne sait VRAIMENT pas quoi répondre*

Citation :
Allez, on va s'arranger pour avancer un peu demain soir.
🆗 bravo

Citation :
Jésus-Christ, figure-toi que j'ai eu la même image à la relecture! C'est si grave que ça?
Bah, si on est deux à l'avoir eu c'est que c'est justifié... ^^

Citation :
Mon dieu.
Héééé béh quoi? ^^'''
*se demande si elle inquiète La Halfeline*

Citation :
Lostie! Mais non, voyons...
*se demande en quoi Billy pourrait être utile dans une bataille à part pour la superviser*
Mr. Green Ca, c'est pas sympa pour Billy...
*imagine Billy tentant de protester énergiquement avant de se faire immobiliser par Half... d'un doigt... le petit doigt* Mr. Green

Citation :
Oh oui, oui, ouiiiiiiiiiiii...
^____________^
*ricanement stupide*

Citation :
Gros ziboux! (Je n'ai posté que ce matin car ma connection s'est mise à ramer en fin d'aprem et ai ensuite été occupée ailleurs...)
Pas de problème, et puis je me suis bien marrée à lire ta réponse! ^^

Bisous!


Dernière édition par le Mer 15 Nov - 18:55, édité 1 fois
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 1 Nov - 12:59

ARGHL! <= Halfeline presque devenue hystérique en croyant que Lostie avait posté une suite de "la vie va" en cachette, pour se rendre compte que ce n'était que les anciens épisodes... ^^'''''

Hem hem, bon ben voilà, comme promis: une petite suite toute fraîche pondue à la faveur des vacances.
Je me dois tout de suite de vous prévenir qu'il faudra vous accrocher à votre peluche préférée pour la lire, voire à défaut à votre soutien-gorge. Bon, j'imagine que si vous en êtes arrivées là (à cette suite), vous savez que cette fic n'est pas vraiment un "Warm and Fuzzy Feelings" avec des collégiennes qui sont tellement heureuses de ne plus avoir envie de se tuer parce qu'elles ont rencontré l'âme soeur avec qui elles ont connu la magie du manque d'air dans les roulages de galoches, mais que voulez-vous, une fréquentation prolongée du Monde du Slash m'a donné une trop forte tendance à la prévention: je suis inquiète pour les enfants (mode JD devant la boîte de strip-tease).
Aussi, vous voilà informées, et ne venez pas m'agonir d'injures après avoir lu s'il vous plait! Auquel cas, mon Pippoune vous cassera la gueule. ^^
Hein?
^^'

Il y a quelques trucs à repérer... Lostie, tu vas pouvoir te faire les dents, lol! Il y a même une enculade de mouches tellement poussée que vous auriez besoin de l'anglais pour la décoder, mais je pense que c'est à peu près humainement indevinable à part pour les circonvolutions malades de l'auteur. Bon enfin je crois que vous en avez marre de mon piapiatage alors je vous laisse avec la suite. Wink









Lorsque Dominic émergea à la conscience, sa première pensée fut pour la nudité exposée de son corps. Dans la suite logique de cet éveil, encore embrumé, il voulut en mobiliser le mouvement ; mais il constata aussitôt que ses mains étaient fixées au rocher contre lequel il se tenait. Deux anneaux de fers entravaient ses poignets, empêchant toute sorte de repli.
- Merde ! lâcha-t-il en devinant la situation.
Il jeta un coup d’œil alarmé au vide lumineux devant lui ; très loin en contrebas, il distinguait une ville de piémont, immobile et contemplative. Une soudaine brusquerie réveilla ses quatre membres, et il se débattit avec un affolement qui ne lui valut que des meurtrissures aux mains, il rua contre la pierre chaude et se tordit l’échine. Il songeait pourtant qu’aucune défaillance n’aurait pu intervenir dans le sort. Fébrile déjà, il leva les yeux vers le soleil braqué sur son front blond. Il y vit lointainement tournoyer les grandes envergures, calmes, gracieuses dans leur danse prédatrice assurée du succès. Aucun doute à présent.
- Merde, merde, merde !
Il pesta frénétiquement en agitant son corps de soubresauts désespérés vers une fuite inconcevable. Son cœur battait très vite à présent, et sa gorge se serrait de peur. Il ne raisonnait plus ; il n’agissait qu’en bête prise au piège sous les yeux du chasseur. Petit à petit, les ailes brunes amorcèrent une descente vers le pan rocheux où il se trouvait. Il se savait jeté en pâture, destiné à la douleur toute prochaine et qui resterait éternelle ; et son état de refus était tel qu’il n’admettait même plus rationnellement que des entraves le contraignent. C’était l’inéluctabilité de ce qui allait arriver qui le faisait haleter, gémir même, tant la détresse lui tordait la poitrine.

Lorsque les volatiles se posèrent à quelques pas de lui, il constata avec d’autant plus d’horreur qu’ils n’étaient seulement qu’à moitié animaux. Dans un misérable effort, il tenta une nouvelle fois de ramener sa main droite contre son bas-ventre. L’un des muscles de son bras se froissa et il retint une première exclamation de douleur, sachant à quel point celles qui suivraient lui seraient incomparables. A travers la buée de ses yeux, il vit approcher la nuée de plumes et de peaux ; ses bourreaux avançaient à croupetons sur des griffes qui sortaient de l’articulation de l’aile. Il ne voulait pas les regarder de plus près, tant leur aspect devait être injurieux pour la nature. Leurs jacassements obscènes étaient bien suffisant à son dégoût. Dominic serra les dents. Mais un cri impérieux retentit soudain tout à-côté de lui. Il sursauta violemment et cligna volontairement des yeux pour éclaircir sa vue. Serait-ce finalement pour lui, le deus ex machina ? Avait-on compris qu’il y avait eu erreur de jugement ? Allait-il être libéré tout de suite ? Il observa un nouveau rapace fondre sur la horde, juste devant lui. Il glatissait furieusement et chassait les autres individus à coups d’ergots et de battements d’ailes imposants. Dominic regretta cette fois de ne pouvoir se boucher les oreilles tant le son était puissant et perçant. Son début de soulagement s’évanouit tout à fait en voyant ce nouvel arrivant – sans doute le meneur – agripper et déchirer le gésier du dernier contestataire un peu trop rétif ; trois doigts griffus dans le poitrail, et il pressa tout son poids sur sa victime pour l’immobiliser à terre définitivement, exposant une croupe nue parfaitement humaine, et aux attributs masculins même bien visibles. Le jeune homme détourna les yeux, la contraction de sa gorge montée à présent dans sa bouche par un élan nauséeux.

La tête du récalcitrant fut bientôt jetée un peu plus loin, du côté de la horde soumise qui jactait encore sa frustration. Le dominant se retourna, repoussant la dépouille d’une serre postérieure, et se redressa sur les articulations de ses ailes pour considérer l’entravé. Il parvint ainsi à capter son regard et se releva tout à fait. Dominic put alors constater que des pieds de rapaces écailleux partaient deux jambes bien ciselées, aux cuisses oblongues et épanouies qui se refermaient étrangement sur une absence de pénis. Un corset de plumes très fines, dont les reflets bouteille le distinguaient des autres charognards, habillait tout le torse jusqu’à une fraise de duvet blanc sous la gorge. De là, comme d’ordinaire, jaillissait la peau nue ; mais elle n’avait pas la texture grossière des vautours. Elle semblait délicate au contraire, tendue sur une tête de forme vaguement humanoïde. Quelques mèches de cheveux tombaient sur la nuque, mais le reste des traits du faciès était condensé dans un allongement insolite : deux grands yeux ronds et fixes ; en fait de bouche et de nez, la protubérance acérée et luisante d’un bec carnassier. Ce qui saisit le plus Dominic fut que cette effroyable prestance n’empêchait en rien une certaine majesté de se dégager du monstre. Il était à présent bien détrompé de sa première impression vermineuse, et jamais il n’avait été aussi terrifié par une allure. Il articula péniblement :
- Attendez… Je l’ai pas volé !
Lorsque le rapace déplia à nouveau ses bras désarticulés pour effectuer deux battements d’ailes décidés, le garçon sentit qu’un liquide chaud s’écoulait le long de ses jambes pour aller entacher la pierre sous lui. Il aurait été mortifié si toute sa conscience ne s’était pas trouvée glacée de peur, comme l’oiseau pressait son bec contre sa poitrine. Il tremblait. Le dos du rostre descendait le long de son torse, sans empressement. Le jeune homme sentait presque sa pulsation cardiaque par ce contact ; il savait que chaque parcelle de peau gagnée le rapprochait du premier déchirement. Il avait comme la sensation que le charognard le sentait à travers les deux minces fentes qui faisaient office de narines, qu’il cherchait l’indice olfactif du bon endroit. Finalement, les genoux ployèrent et la tête se redressa un instant pour scruter une dernière fois son visage.
- Je l’ai pas volé, je vous le jure… insista Dom.

Puis le bec perfora sa peau et commença à la lacérer rapidement. Dominic lâcha un hurlement. Mais le travail de nourrissage était maintenant enclenché pour le rapace. Son bec se ménageait un passage dans son abdomen, agrippait les premières chairs qu’il convoitait. Le supplicié eut peine à reprendre son souffle pour s’époumoner à nouveau. La panique de cette dévoration était insoutenable. Ses cris lui brûlaient la gorge tant la souffrance à extraire était abondante. Il sentait qu’on lui arrachait l’intérieur et qu’on l’avalait. Des sanglots l’étouffaient quand il finissait de hurler, ses poignets étaient broyés par les cercles qui les retenaient. Il tenta vainement de se défendre d’un coup de pied, mais l’être le punit en clouant ses chevilles au sol de ses doigts griffus. Et à nouveau, Dominic eut beau trépigner comme un beau diable quand la viscère lui fut retirée du ventre, les étaux restèrent inexorables. Tandis que l’oiseau mangeait, le jeune homme sanglotait péniblement : il était en train de mourir. Il venait d'être mutilé par ce bec ; il était en train de mourir. Une question de minutes. Des convulsions agitaient toute sa poitrine. Une rage désespérée le prit, et il profita de ce répit physique pour clamer à nouveau, la voix malade :
- Je l’ai PAS volé !
Son bourreau glatit à nouveau vivement, comme pour lui prouver combien son organe était plus puissant que le sien, et combien, ainsi, sa raison l’emportait sur la sienne.

Et alors, il se passa une chose étrange. Dom sentit quelque chose gonfler dans ses entrailles : et en reprenant de la place, cette enflure atténuait la douleur. Mais bien sûr ! Il avait oublié ce détail ! Sa viscère repousserait de toute façon. C’était là-dessus que reposait le châtiment. Il sentit soudain un intense soulagement l’envahir, et la peur fondre en lui. Il n’agoniserait pas. Il demeurerait. L’angoisse mourut. Lorsque le charognard se jeta à nouveau sur la plaie, il accusa le coup, avec les restes de son sourire triomphant. Comme le bec recommençait à fouiller, Dominic fit rapidement la grimace. La douleur était là, oh oui, elle était là ! Elle le lardait. Mais elle n’était plus que douleur de la chair sans conséquence. Elle ne lui arrachait plus que quelques expirations pénibles. Sans menacer sa conservation, elle perdait tout son réel impact. La bête secouait convulsivement la tête pour déraciner ses entrailles, mais cela le fascinait plus qu’autre chose à présent. Il observait le bec du prédateur à l’œuvre, les rémiges moirées qui s’agitaient. Il persistait à la trouver imposante, attrayante, même alors qu’elle le consommait sans le diminuer. Et comme la souffrance qu’elle lui offrait était gratuite, il comptait bien en profiter. L’esprit libéré de tout souci vital, il se plongea dans les moindres ramifications de ses sensations. Et cela lui plut très vite.

Il resta silencieux un moment, gardant tout dans la déchirure de son ventre. Il avait appuyé sa tête contre le rocher, trouvant chaque agression moins efficace, car il s’accoutumait déjà à leur violence. Il serra tout de même les dents à la deuxième extraction. Mais quand le rapace revint à lui, il laissa échapper un mince soupir d’aise. Il s’était approprié ce qui était censé constituer son supplice. Il voulait à présent en tirer parti.
-Je l’ai pas volé ! lança-t-il effrontément.
Le bec, le bec, le bec qui châtiait encore. Dominic se mit à ricaner après avoir lâché un franc soupir de plaisir. Qui aurait cru possible de tirer de plaisantes sensations d’un harcèlement organique ? Il suffisait en fait de châtrer la douleur de son sens, de lui ôter sa signification normale. Ainsi distillée, elle n’était qu’un moyen comme un autre d’éprouver son propre corps, de sentir sa vie toute proche de soi. Quoi de plus logique, alors, que de la réclamer pour l’expérience ? Le jeune homme détendit tout le haut de son corps, se laissant tomber contre le rocher, soutenu par les anneaux. Mais c’est alors qu’il sentit soudain sa main droite glisser à travers le cercle métallique, et qu’il bascula sur le côté. Le grand volatile fut un instant surpris, mais le garçon agrippa bientôt le duvet blanc sur la nuque délicate, et ramena à lui le rostre punitif. Les serres patinèrent sur ses pieds, éraflant ses orteils à plusieurs reprises, mais sans retrouver la prise fixatrice. Enfin, il se libérait.


L’image fut tout à coup ébranlée, le temps pour Monaghan d’apercevoir sa chambre. Et si elles vacillaient, les images oniriques étaient déjà presque perdues. Il se laissa donc revenir à la rigidité du réel, agacé par une démangeaison au bout du pied. Il le frotta contre le matelas… mais le grattement revint quelques secondes plus tard, comme si quelque chose de vivant agissait ! Il sursauta et se força à ouvrir les yeux pour voir autour de lui. A sa grande stupéfaction, une petite bête grise se tenait sur son lit, et était toute affairée à renifler et mordiller ses doigts de pied.
- Hé ben t’gêne pas!
Dom retira vivement sa jambe, sentant par la même occasion qu’il lui faudrait changer ses draps ; il put ainsi scruter à loisir la petite souris qui s’était invitée sur sa couche, et ne semblait nullement effarouchée par ses mouvements ensuqués.
- Allez, fiche-moi le camp, je suis pas Cendrillon… fulmina l’étudiant en se laissant retomber sur l’oreiller.
Il était six heures du matin. Dire qu’un minuscule gratte-poubelle avait suffi pour le tirer des merveilleuses possibilités du rêve… Celui-ci était tout de même pour le moins heurtant, et Dominic se hâta de le retracer au plus fidèle dans sa conscience, profitant des premiers instants décisifs du réveil. Il était à la fois rassuré et déçu d’être de retour à sa petite existence temporelle ; en sécurité certes, mais probablement coupé pour toujours de sensations permises seulement par le mythe…

Il n’avait même pas prêté attention au fait que le rongeur ne s’était pas montré très coopératif, et qu’il avait trottiné sur le drap jusqu’à flairer curieusement la tache odorante qui y était apparue. En voyant cela, Monaghan abattit un coussin sur lui.
- Mais arrête, cochonnerie !
L’importun esquiva, mais cela réussit enfin à le chasser du lit. L’étudiant le regarda se précipiter en bas, agrippé à la couverture, et détaler sous un meuble dans un petit bruissement de pattes. Il se promit de vérifier un éventuel trou dans le mur. Il soupira, tout à fait réveillé. Finalement, il prit la décision de se lever, et de mettre sa literie dans son sac de linge. Entrouvrant les rideaux, il constata que le soleil n’était pas encore levé. Il attrapa ensuite son peignoir, avec l’idée d’aller terminer sa nuit sous une douche chaude.

_________________


Dernière édition par le Mer 20 Juin - 20:06, édité 2 fois
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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 2 Nov - 14:38

*suit Dom jusqu'à la salle de bain avant d'être fermement retenue par Half*
Aïeuu... -_-'

Effectivement, voilà qui va me donner matière à reviewer! ^^
Enfin, patience, d'autant que maintenant il y a aussi KatSou sur la liste! (et Gred, je n'oublie pas TYV, peut-être même que je m'en occuperai ce soir si j'ai le temps! ^^')

En tout cas, avant que je ne revienne: Dom en Prométhée... alors là faudra que tu m'expliques où t'as été chercher ça?? (mais je pense que j'y reviendrai quand je ferai ma review ^^)
*toute fière parce qu'elle y a pensé dès la troisième (j'vous jure! ^^') ligne* Mr. Green

A aussi vite que possible! ^^'''
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Gred
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 3 Nov - 12:59

Lilith, ça s'était du rêve! *bluffée*

J'viens donc de finir de lire ta suite mais je ne peux pas te laisser de review pour l'instant. Je le ferai dès que j'aurai un instant. En tout cas, je te félicite!

Et aussi mention spéciale pour la tite souris! *gagate devant la souris*

*regarde à gauche et à droite**pique un sprint**va déposer un tit poutou sur la joue de Psychopath Dom**repart en courant pour ne pas se faire choper par Half* happy

Poutoux.
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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 16 Nov - 21:05

Bonjour, je viens pondre ma review toute sérieuse ! ^^
Lostie ??
Ben quoi, je suis là !
Ah, c'est toi... J'ai eu comme un doute... Ca doit venir du fait qu'il y a des mots comme "Lostie" et "review sérieuse" qui ne vont pas trop ensemble...
-____________-''

Citation :
Lorsque Dominic émergea à la conscience, sa première pensée fut pour la nudité exposée de son corps.
Bon... J'hésite entre un "c'est quoi ce bordel ?!" et "ça commence bien..." Rolling Eyes Mr. Green

Citation :
ses mains étaient fixées au rocher contre lequel il se tenait. Deux anneaux de fers entravaient ses poignets
Mais, mais, mais !! ^_______________^
J'avais dit que j'avais deviné dès la troisième ligne... ^^ ...mais non, je frime pas... ^^'''

Citation :
il distinguait une ville de piémont, immobile et contemplative.
*tente de se rappeler de quelle cité il peut s'agir*
...
*avait quand même eu du mal à se souvenir du nom Prométhée*
...
*devrait feuilleter un ou deux bouquins pour retrouver le mythe plus en détails*
Et surtout, devrait se taire...

Bref...
Je me contenterai finalement de wikipédia... c'est-y pas beau ça ? Mr. Green
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d6/Peter_Paul_Rubens_032.jpg
*lit un peu*
Ah, mais j'avais oublié que c'était sur le mont Caucase ! :o
Et aussi que c'est Hercule qui l'a libéré (probablement parce que ça ne faisait pas partie de ses douze travaux... ^^') !!
Tu es là pour faire un cour de mythologie ou une review ?
Hé beh quoi, c'est passionnant ! Et puis ça me rappelle mon enfance.
Décidemment, c'est la semaine "madeleines de Proust"...
Mr. Green

Citation :
Fébrile déjà, il leva les yeux vers le soleil braqué sur son front blond. Il y vit lointainement tournoyer les grandes envergures, calmes, gracieuses dans leur danse prédatrice assurée du succès. Aucun doute à présent.
Meeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde !!! ^^''' Rolling Eyes
(heu... dans l'original c'était juste un aigle tout seul ou... ?)

Citation :
- Merde, merde, merde !
J'viens d'le dire... Mr. Green

Citation :
Son cœur battait très vite à présent, et sa gorge se serrait de peur. Il ne raisonnait plus
Shocked Dom, c'est toi ??
(celui de la FIC... vous me direz, on risque pas de confondre... -__-')

Citation :
il n’agissait qu’en bête prise au piège sous les yeux du chasseur.
*ne peut qu'applaudir cette inversion des rôles, encore plus après le baratin qu'elle avait sorti sur le Dom prédateur* Mr. Green
bravo bravo bravo

Rooh, que j'aime cette image !! ^^ Very Happy

Citation :
C’était l’inéluctabilité de ce qui allait arriver qui le faisait haleter, gémir même, tant la détresse lui tordait la poitrine.
Vi vi vi, j'aime ce sentiment d'oppression... ^^
Encore une fois, ça me rappelle la réplique de Pip dans le ROTK que j'ai citée dans ma dernière rev katsouienne, même si là ça s'y prête peut-être moins.
Et la détresse "tordant la poitrine"... c'est tellement plus saisissant qu'un noeud dans l'estomac... ^^

Bon, et là, premier truc qui me perturbe... ^^'
Citation :
il constata avec d’autant plus d’horreur qu’ils n’étaient seulement qu’à moitié animaux.
Faudrait peut-être que je sorte du mythe pur et dur là... parce que dans celui-ci c'était un aigle plus conventionnel, non ? (et SEUL)
Hmm, bref, je devrais peut-être m'attarder sur la suite. :?

Citation :
Serait-ce finalement pour lui, le deus ex machina ?
*vision plus que surréaliste de Bill en Héraclès* Shocked
*fuit très très loin* ^^'''

Là, l'ultime espoir d'une "eucatastrophe" pour reprendre les termes de ce cher Ronald ^^, m'échappe un peu... Je ne sais pas si on (devrais-je dire "je" ? Mr. Green)doit y trouver une référence ou autre mais bon...
*réalise qu'elle ne connaît pas le Dom SDPien* Crying or Very sad
Moui, c'est le drame du siècle...

Citation :
des pieds de rapaces écailleux partaient deux jambes bien ciselées, aux cuisses oblongues et épanouies qui se refermaient étrangement sur une absence de pénis. Un corset de plumes très fines
Aaah, c'est des gonzesses !!! Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil
Qu'as-tu fait à Lilith (bon, on peut prendre disons Héra histoire de rester en Grèce ^^'' mais c'est pas le même acabit) nasty Dom ?
Voilà que ça prend une tournure intéressante... Enfin, à condition d'avoir vu juste ce qui est loin d'être sûr... -_-'

Citation :
- Attendez… Je l’ai pas volé !
Quoi, la foudre ? Rolling Eyes
T'as pas inventé la poudre non plus... Mr. Green
*fuit le plus loin possible*

Citation :
Il sentait qu’on lui arrachait l’intérieur et qu’on l’avalait.
Hmmm...
Voilà le genre de truc que je suis capable de raconter pendant le déjeuner, avec un grand sourire, au risque de provoquer une nausée générale chez mes acolytes... Mr. Green
(oui, je suis un monstre... Rolling Eyes)

Citation :
il était en train de mourir. Il venait d'être mutilé par ce bec ; il était en train de mourir.
Dom, tu es un petit inculte. Razz
Il est pas obligé de connaître cette histoire... et puis il rêve !
Qu'importe, il pourrait connaître les propriétés du foie... Mais l'essentiel, c'est que tu l'ai défendu ! Twisted Evil
*manque de s'évanouir*

Citation :
Mais bien sûr ! Il avait oublié ce détail !
Bon Dieu ! Mais c'est bien sûr ! Mr. Green
*ou comment placer une référence télévisuelle d'il y a 40 ans...* ^^'''

Citation :
il accusa le coup, avec les restes de son sourire triomphant
Encore une prise de vue que j'adore. Comme je le vois, ce regain d'un sentiment de supérioté, cette expression presque hautaine... ^^
Décidemment, t'as le sens de l'image ! Very Happy

Citation :
La bête secouait convulsivement la tête pour déraciner ses entrailles, mais cela le fascinait plus qu’autre chose à présent.
*tout autant fascinée* ^^
D'abord, j'aime beaucoup comment tu amènes l'idée que la "punition" puisse devenir plaisante... enfin, pour Dom, parce que faut pas pousser Gandalf dans les orties, je doute que personnellement je puisse apprécier l'expérience... ^^'
Et pour revenir à ce que j'ai cité, le fait que Dominic "admire ses propres tripes à l'air" (si j'ose dire) renvoie à sa jubilation au moment où c'était Omar qui, bien malgré lui -_-, jouait le rôle du mutilé. Intéressant, puisque Dom ne peut s'infliger ça dans la réalité... peut-être une piste pour comprendre le pourquoi du comment de ce rêve (parce que comme je te l'ai dit, dans le genre rêve érotique on pouvait faire moins... spécial Mr. Green)...

Citation :
Dominic se mit à ricaner après avoir lâché un franc soupir de plaisir.
JE VEUX LA VERSION AUDIO DE CE RICANEMENT ET DE CE SOUPIR !!! Razz
(et par pitié Dom -le VRAI cette fois- retrouve ton accent anglais... -_-' *pleure*)

Citation :
Qui aurait cru possible de tirer de plaisantes sensations d’un harcèlement organique ?
Ah, j'avoue, pas moi... ^^' (enfin, je suis sûrement loin d'être la seule... Rolling Eyes)

Citation :
elle n’était qu’un moyen comme un autre d’éprouver son propre corps, de sentir sa vie toute proche de soi
Eh vi, on se sent plus que jamais vivant. ^^
(mince, ça me rappelle quelque chose ça... encore qu'on peut trouver ça dans des tas de livres ou films... hem bref, je pense que j'éditerai si une référence me revient ^^')

Citation :
Mais c’est alors qu’il sentit soudain sa main droite glisser à travers le cercle métallique, et qu’il bascula sur le côté.
Alors c'était ça la clef ? :?:
Comprendre, ou plutôt trouver un but à cette expérience ?
En un sens, la vérité, ou du moins la connaissance l'a libéré... (aïeaïeaïe, c'est loin la philo, je ne me risquerai pas à nommer -oui j'ai bien dit nommer et pas citer ^^'''- le moindre auteur... ^^')

Citation :
Enfin, il se libérait.
Vu la suite, je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a un double-sens à cette phrase... Mr. Green
*envisage de partir à nouveau en courant*

Citation :
Dom retira vivement sa jambe, sentant par la même occasion qu’il lui faudrait changer ses draps
Mr. Green Mr. Green Mr. Green
Il en a rêvé si fooort,
Que les draps s'en souvienneuuu...

*fuit jusqu'à n'être plus qu'un point microscopique à l'horizon, creuse le trou le plus profond qui soit et s'y enterre*

Citation :
- Allez, fiche-moi le camp, je suis pas Cendrillon…
lol ! Et puis c'est pas du jus de citrouille sur le matelas...
*retourne dans son trou*

Enfin, c'est marrant ce retour à la réalité avec le rongeur... ^^ Et puis peut-être que l'animal est allé renifler Dom d'un peu près... quelques petites griffures de rien ont pu faciliter les sensations oniriques (mais je m'avance un peu là)...

Citation :
Il se promit de vérifier un éventuel trou dans le mur.
Mince, moi qui pensait que la petite souris aurait pu échapper à un(e) étudiant(e) étourdi(e)... Rolling Eyes
Mais si Dom a raison, on peut se poser des questions sur l'entretien de l'internat... Rolling Eyes

Citation :
Il attrapa ensuite son peignoir, avec l’idée d’aller terminer sa nuit sous une douche chaude.
Quelle coïncidence, au moment où j'écris ces lignes (23h11), je m'apprête à aller prendre une douche... ^^
*regard noir*
Quoi ? :ange:

Ah, et un "détail": Dominou dort tout-nu ?? Mr. Green

Bon, je ne reviendrai pas sur mes questions concernant Lili, je t'en ai déjà parlé et puis ça n'a pas trop sa place dans la review de ce chapitre.

Je me dois de signaler que cette fois j'ai l'impression d'être passée à côté d'un petit peu tout ^^'' -_-'
(aah... ces auteurs sadiques...! Rolling Eyes)
Mais cela dit, ça ne m'empêchera pas de réclamer

LA SUITEUUU !!!!!
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Sam 18 Nov - 15:40

Allez, me voilà partie pour cette réponse de review! Smile

En premier lieu, merci pour les petits commentaires postés juste après la suite, ça fait toujours un bon petit plaisir de voir une première réaction après la lecture! ^^

Citation :
J'viens donc de finir de lire ta suite mais je ne peux pas te laisser de review pour l'instant. Je le ferai dès que j'aurai un instant. En tout cas, je te félicite!
Mirchi beaucoup Gred!! Smile

Citation :
Et aussi mention spéciale pour la tite souris! *gagate devant la souris*
*contente que la souris plaise à Gredou*

Citation :
*regarde à gauche et à droite**pique un sprint**va déposer un tit poutou sur la joue de Psychopath Dom**repart en courant pour ne pas se faire choper par Half*
Roooooh trop mignon! ^^

Alors alors, pour ma petite Lostie:
Il ne va pas être facile de répondre de manière bien organisée à tes commentaires et questions. Je vais devoir m'arranger pour traiter de tes remarques tout en essayant de te mettre sur la voie de ce que tu as manqué.

Aussi je tiens à préciser avant tout quelque chose d'important: Ce passage est un rêve de Dominic et en tant que rêve (doublement en tant que récit de rêve, même) il n'a pas une signification bien établie et carrée à décoder avec les seuls outils freudiens. Je vais tenter d'amener le plus subtilement possible (ce qui s'annonce dur, surtout comme je fais dans l'sonore et l'dégueulasse, comme certaines le savent Mr.Red) des pistes a priori pertinentes de compréhension de certains éléments. Mais voilà, sachez qu'elles peuvent être plurielles et même quasi contradictoires pour certaines. Comme je l'expliquais à Gred, certes c'est moi qui ai écrit le texte, mais je n'étais pas alors en mesure de maîtriser toutes les interprétations du rêve qu'on pourrait développer à partir de Dommie. J'ai eu certaines choses en tête, et je vais essayer de les faire deviner, mais tout n'est pas de mon ressort dans cette histoire, en gros. Tâchez donc de ne pas trop vous laisser influencer par certaines possibilités émises par votre servante. Mr. Green


Citation :
Bon... J'hésite entre un "c'est quoi ce bordel ?!" et "ça commence bien..."
Coquine! ^^

Citation :
J'avais dit que j'avais deviné dès la troisième ligne... ^^ ...mais non, je frime pas... ^^'''
*applaudit sincèrement*

Citation :
*tente de se rappeler de quelle cité il peut s'agir*
*avoue humblement ne pas s'en souvenir elle-même*

Citation :
Et aussi que c'est Hercule qui l'a libéré (probablement parce que ça ne faisait pas partie de ses douze travaux... ^^') !!
Mais que veux-tu il est gentil Hercule! (et puis probablement pas très clair dans ses intentions...)

Citation :
Tu es là pour faire un cour de mythologie ou une review ?
Mais moi j'approuve! C'est super que Lostie nous amène quelques éléments culturels là au milieu. ^^

Citation :
Faudrait peut-être que je sorte du mythe pur et dur là... parce que dans celui-ci c'était un aigle plus conventionnel, non ? (et SEUL)
Je ramasse tes remarques par rapport à la relation entre le rêve de Dom et le mythe dans cette citation, pour plus de commodité:
-Pour commencer, OUI Dom connait le mythe de Prométhée. Pour un mec comme lui, ce serait un peu la honte, quand même, non? Sans compter le fait que ce serait quand même sur-gros qu'il fasse un rêve pareil sans référence à lui.
-Ensuite, oui, l'aigle était seul. On pourrait remarquer que c'est finalement ce qui se passe dans le rêve... Mais la horde du début n'était pas présente pour des queues de cerises.
-Enfin, oui, c'était un aigle tout bête. Et Dom le sait. L'affaire est qu'il n'est pas en train de se faire un film mental du mythe de Prométhée. Il se rêve dans une situation inspirée directement de ses connaissances, mais cela reste du rêve et non un calque. D'où présence de plusieurs prédateurs qui se font éloigner par le plus majestueux, et d'où le fait qu'ils aient des attributs humains, en particulier à rôle sexualisant.

*espère s'être fait comprendre*

Citation :
Citation:
- Merde, merde, merde !

J'viens d'le dire...
En même temps, c'est bien ce qu'on peut appeler une situation désastreuse... Laughing

Citation :
Citation:
Son cœur battait très vite à présent, et sa gorge se serrait de peur. Il ne raisonnait plus

Dom, c'est toi ??
Précisément! Smile

Citation :
(celui de la FIC... vous me direz, on risque pas de confondre... -__-')
Non, certes... -___________-'

Citation :
*ne peut qu'applaudir cette inversion des rôles, encore plus après le baratin qu'elle avait sorti sur le Dom prédateur*
*contente que Lostie apprécie pour finir ^^*

Citation :
Vi vi vi, j'aime ce sentiment d'oppression... ^^
Merci, parce que j'ai fait quelques manières pour trouver une expression de détresse plus parlante que celle qu'on rencontre tout le temps. I love you

Citation :
*vision plus que surréaliste de Bill en Héraclès*
*fuit très très loin* ^^'''
...
Seigneur dieu. Shocked Shocked Shocked Shocked

(En plus ça me rappelle une photo de Billy avec un petit casque de guerrier en plastique ridicule, que je n'ai hélas pas gardé tant il avait l'air idiot avec -___-')

Citation :
Là, l'ultime espoir d'une "eucatastrophe" pour reprendre les termes de ce cher Ronald ^^, m'échappe un peu... Je ne sais pas si on (devrais-je dire "je" ? )doit y trouver une référence ou autre mais bon...
*réalise qu'elle ne connaît pas le Dom SDPien*
T'inquiète chère Lostie! Il n'y a pas spécialement de référence au personnage de Dom. C'est seulement que, comme tu l'as compris, Dominic se trouve dans la position de Prométhée sans avoir commis le délit qui l'y a amené, d'après lui. Il garde donc l'espoir que les puissances divines le réalisent et interviennent pour le libérer de la punition.

Citation :
Citation:
des pieds de rapaces écailleux partaient deux jambes bien ciselées, aux cuisses oblongues et épanouies qui se refermaient étrangement sur une absence de pénis. Un corset de plumes très fines

Aaah, c'est des gonzesses !!! [...]
Voilà que ça prend une tournure intéressante... Enfin, à condition d'avoir vu juste ce qui est loin d'être sûr... -_-'
Alors... C'est là que la Half doit marcher sur des oeufs. ^^'
En effet, tu as bien saisi l'effet féminisant que j'avais voulu rendre avec ce petit extrait de la description en pied du rapace. Ces êtres portent en eux les deux versions du sexe: masculin et féminin. Mais j'ai envie de dire... que l'aspect féminin est presque un piège. Il est là, c'est le plus évident lorsque l'on contemple le monstre de face et de haut en bas.
Mais doit-il pour autant être déterminé comme féminin? Ne serait-ce pas étrange, en ce cas, qu'il soit donné de voir à Dominic une belle paire de... (gants, que l'jeune homme à la main tenait négligeammeeent... Rolling Eyes) au moment où le meneur se retourne et s'arc-boute pour terrasser son congénère?
A partir de là, considère cette question: Pourquoi alors n'y a-t-il pas de pénis entre les jambes de l'oiseau?

(Si tu trouves, on passera à plus couillu ensuite, sans mauvais jeu de mot... ^^''')

Citation :
Qu'as-tu fait à Lilith (bon, on peut prendre disons Héra histoire de rester en Grèce ^^'' mais c'est pas le même acabit)
Dans ce cas-là tu peux dire "Lamiae", reine lybienne délaissée par Zeus et enlevant les enfants pour les dévorer, afin de se venger de la bonne Héra. Smile

Citation :
Citation:
- Attendez… Je l’ai pas volé !

Quoi, la foudre ?
Le feu, pour être exacte.
Mais la phrase présente un autre intérêt, peut-être l'auras-tu deviné...

Citation :
Mais l'essentiel, c'est que tu l'ai défendu !
*manque de s'évanouir*
*se marre*
(Et pour la question du foie, comme l'a fait remarquer Merry: il rêve. Il patauge donc dans les limbes de l'inconscient si propice à nonobster des réalités, et puis la situation prête quand même à l'inquiétude pour son propre sort, non? ^^')

Citation :
Bon Dieu ! Mais c'est bien sûr !
Oh mon dieu.... ^^'''''

Citation :
Encore une prise de vue que j'adore. Comme je le vois, ce regain d'un sentiment de supérioté, cette expression presque hautaine... ^^
Décidemment, t'as le sens de l'image !
*devient toute rose de plaisir car rien ne la satisfait plus que les lectrices voyant les images*^_________^

Citation :
D'abord, j'aime beaucoup comment tu amènes l'idée que la "punition" puisse devenir plaisante... [...]
Et pour revenir à ce que j'ai cité, le fait que Dominic "admire ses propres tripes à l'air" (si j'ose dire) renvoie à sa jubilation au moment où c'était Omar qui, bien malgré lui -_-, jouait le rôle du mutilé.
Intéressant, puisque Dom ne peut s'infliger ça dans la réalité... peut-être une piste pour comprendre le pourquoi du comment de ce rêve (parce que comme je te l'ai dit, dans le genre rêve érotique on pouvait faire moins... spécial )...
*ne peut qu'approuver tout ce qu'a dit Lostie*

Citation :
Citation:
Dominic se mit à ricaner après avoir lâché un franc soupir de plaisir.

JE VEUX LA VERSION AUDIO DE CE RICANEMENT ET DE CE SOUPIR !!!
JE VEUX AUSSI!!!!!! (Rah, Lostie, t'exagères, tu m'as donné des sons mentaux à défaillir... drunken )

Citation :
Eh vi, on se sent plus que jamais vivant. ^^
(mince, ça me rappelle quelque chose ça... encore qu'on peut trouver ça dans des tas de livres ou films... hem bref, je pense que j'éditerai si une référence me revient ^^')
*mode nain* Moi je saaaiheu!
C'est mon Naunaud!
"J'aaai cent ans et chuis bien conteeent
J'ai encore maaal aux deeents...
Mais laaa souffrance c'est très rassurant
Ca n'arrive qu'aaaux vivaaants..."


C'est pas ça? ^^'

Citation :
Alors c'était ça la clef ?
Comprendre, ou plutôt trouver un but à cette expérience ?
En un sens, la vérité, ou du moins la connaissance l'a libéré... (aïeaïeaïe, c'est loin la philo, je ne me risquerai pas à nommer -oui j'ai bien dit nommer et pas citer ^^'''- le moindre auteur... ^^')
En l'occurence, la référence la plus mastoc serait Platon. Smile
On peut imaginer plusieurs clefs. Celle-là tient tout à fait la route, et se trouve particulièrement pertinente dans le cas Dominic. On pourrait aussi penser à la libération par la jouissance (on y revient juste après! ^^). La sortie de l'entrave pourrait alors s'expliquer de ces diverses façons:
-Si c'est la Providence qui contrôle ses entraves:
>Là où la force récalcitrante est vaine, l'acceptation de la douleur peut libérer du supplice.
>Si le supplicié commence à prendre son pied, à quoi bon le retenir dans la punition?
-Si c'est bel et bien Dominic qui s'en est sorti:
>Le plaisir montait tant que le besoin d'intensification pour accéder à l'orgasme l'a fait passer outre le principe de réalité, et sortir sa main droite de l'anneau qui la retenait. Le plaisir physique a donc des vertus qui surpassent la douleur dans certaines conditions.

Citation :
Citation:
Enfin, il se libérait.

Vu la suite, je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a un double-sens à cette phrase...
*envisage de partir à nouveau en courant*
*mode Fredo* Non non, attendez! Et toi, Lostie... attends.
Tu n'as aucune raison de t'enfuir ma chère, car nous y voilà!
Et je suis bien aise que tu aies relevé la particularité voulue de cette phrase. Very Happy

Citation :

Il en a rêvé si fooort,
Que les draps s'en souvienneuuu...
*fuit jusqu'à n'être plus qu'un point microscopique à l'horizon, creuse le trou le plus profond qui soit et s'y enterre*
*mode elfe* Ooooh c'est quoi?
(Coquine!)

Citation :
lol ! Et puis c'est pas du jus de citrouille sur le matelas...
Certes! Mr.Red Notez bien qu'il n'est pas établi non-plus à 100% que ce soit de la liqueur de Dominou. Bon, je vais pas mentir, dans mon esprit c'est ça. Mais le texte pourrait donner à penser que c'est un autre liquide corporel... (à dire vrai j'attendais de voir si vous vous poseriez la question... mais bon, comme je vous le dis, c'est bien à du distillat de plaisir que je pensais pour ma part)

Citation :
Enfin, c'est marrant ce retour à la réalité avec le rongeur... ^^ Et puis peut-être que l'animal est allé renifler Dom d'un peu près... quelques petites griffures de rien ont pu faciliter les sensations oniriques (mais je m'avance un peu là)...
Non non! Encore une fois, Lostinette, ne t'enfuis pas, car tu es dans le vrai! Je te remercie d'ailleurs d'avoir fait apparaître la "fonction" du rongeur dans cet épisode. Mon idée liait en particulier les serres qui patinaient sur les orteils de Dom et les petites griffures de la souris, mais je ne sais pas si c'était apparent... Bref, tu as raison, et c'est vrai que l'apparition de cette tite bête pourrait paraître somme toute incongrue après un rêve pareil sans ce rôle de petit support réel à partir duquel la matière onirique se difracte.
Il y a un tableau du cher Dali, mon idole (^^), qui illustre parfaitement cette notion, je trouve: "Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil"
http://cyrano.blog.lemonde.fr/files/el_cazadali.jpg

Citation :
Mince, moi qui pensait que la petite souris aurait pu échapper à un(e) étudiant(e) étourdi(e)...
Mais si Dom a raison, on peut se poser des questions sur l'entretien de l'internat...
MDR! ^^

... Tu sais, dans mon foyer, y en a. Elles se baladent dans les conduits ^^'
Et... à la cave y a des rats (*mode Chirac* Des RATS, d'Arvor, des rats gros comme des sangliers!*). La femme de ménage m'avait demandé si je voulais descendre voir le soir si je pouvais les attraper (tu parles Rolling Eyes), mais cette conne avait déjà foutu sa saloperie de poison et quand on y est allées le soir-même avec Flavie, ce ne fut que pour accompagner les derniers instants d'une adorable fifille qui crevait lentement au milieu de la cave (-> tableau pathétique d'une petite Half tenant la ratte dans une serviette sans pouvoir rien faire). Heureusement que les mignons sont plus intelligents que la femme de ménage en question et n'y ont plus touché depuis, apparemment.

Citation :
Quelle coïncidence, au moment où j'écris ces lignes (23h11), je m'apprête à aller prendre une douche... ^^
*regard noir*
*sourire attendri*

Citation :
Ah, et un "détail": Dominou dort tout-nu ??
Si fait.
(Coquine!)

Citation :
(aah... ces auteurs sadiques...! )
Aaaah je sais mais c'est pour ça qu'on les aime! (Dans notre HLM! :arrow: *sort en courant* M'en veuillez pas, je vais à un concert de Pierre Perret ce soir alors...

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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 21 Nov - 12:39

Citation :
*applaudit sincèrement*
*toute fière* ^_^
*mode Elfe* Je suis trop forte! ^^'

Citation :
*avoue humblement ne pas s'en souvenir elle-même*
*devrait chercher quand elle aura le temps*

Citation :
Mais moi j'approuve! C'est super que Lostie nous amène quelques éléments culturels là au milieu. ^^
*s'incline* ^^
*tire la langue à Merry* ^^

Citation :
*espère s'être fait comprendre*
Vi, vi, pas de problème... ^^ Merci d'avoir pris la peine de préciser.

Citation :
En même temps, c'est bien ce qu'on peut appeler une situation désastreuse... Laughing
*mode voleur* Je suggère la fuite... Mr. Green

Citation :
(En plus ça me rappelle une photo de Billy avec un petit casque de guerrier en plastique ridicule, que je n'ai hélas pas gardé tant il avait l'air idiot avec -___-')
Mr. Green Mr. Green Mr. Green
http://img60.imageshack.us/my.php?image=billix2xq.jpg

Citation :
Il garde donc l'espoir que les puissances divines le réalisent et interviennent pour le libérer de la punition
D'accord, d'accord... ^^'

Citation :
Mais doit-il pour autant être déterminé comme féminin? Ne serait-ce pas étrange, en ce cas, qu'il soit donné de voir à Dominic une belle paire de...
*part relire* Ah, mais voui !!! :o
Mais ça change tout ça !! -_-'

Citation :
A partir de là, considère cette question: Pourquoi alors n'y a-t-il pas de pénis entre les jambes de l'oiseau?

(Si tu trouves, on passera à plus couillu ensuite, sans mauvais jeu de mot... ^^''')
Eh ben on risque pas de passer à ce stade dans l'immédiat... -__-''

Citation :
Dans ce cas-là tu peux dire "Lamiae", reine lybienne délaissée par Zeus et enlevant les enfants pour les dévorer, afin de se venger de la bonne Héra.
*ne la connaissait pas*
*prend note* ^^

Citation :
Mais la phrase présente un autre intérêt, peut-être l'auras-tu deviné...
...
Elle sèche, elle sèche !!! ^^
Maiiiis euh !! -_-'

Citation :
(Rah, Lostie, t'exagères, tu m'as donné des sons mentaux à défaillir... drunken )
Mr. Green Mr. Green Mr. Green

Citation :
*mode nain* Moi je saaaiheu!
C'est mon Naunaud!
Heu... non. ^^''
D'ailleurs je n'ai pas retrouvé...

Citation :
-Si c'est la Providence qui contrôle ses entraves:
>Là où la force récalcitrante est vaine, l'acceptation de la douleur peut libérer du supplice.
>Si le supplicié commence à prendre son pied, à quoi bon le retenir dans la punition?
-Si c'est bel et bien Dominic qui s'en est sorti:
>Le plaisir montait tant que le besoin d'intensification pour accéder à l'orgasme l'a fait passer outre le principe de réalité, et sortir sa main droite de l'anneau qui la retenait. Le plaisir physique a donc des vertus qui surpassent la douleur dans certaines conditions.
*hochement de tête pour signifier qu'elle accepte toutes ces possibilités*

Citation :
Et je suis bien aise que tu aies relevé la particularité voulue de cette phrase.
Very Happy Very Happy

Citation :
Je te remercie d'ailleurs d'avoir fait apparaître la "fonction" du rongeur dans cet épisode. Mon idée liait en particulier les serres qui patinaient sur les orteils de Dom et les petites griffures de la souris, mais je ne sais pas si c'était apparent...
Oui, oui, c'est bien à cette idée de griffure sur les pieds ou les orteils que je pensais... ^^
Concernant le toile de Dali, j'avoue connaître assez (pour ne pas dire extrêmement ^^'') mal son oeuvre... En fait je crois que ça s'applique à tout l'art pictural en général... Par exemple, j'aime assez les tableaux de Magritte, mais j'ai parfois du mal à en saisir la signification ou à les interpréter... ^^'
Enfin, je referme la parenthèse sur mes lacunes artistiques et culturelles et je continue ^^' :

Citation :
(*mode Chirac* Des RATS, d'Arvor, des rats gros comme des sangliers!*
*se marre* Laughing
(c'est bizarre, j'entends bien Chirac -enfin, Lecocq- dire ça, mais pas moyen de me rappeller dans quel sketch c'était... ^^')

Citation :
Heureusement que les mignons sont plus intelligents que la femme de ménage en question et n'y ont plus touché depuis, apparemment.
Certes... *image d'elle même rendant une tite araignée à la nature tandis que sa conne de soeur exigait qu'on l'écrase* -_-''

Citation :
Si fait.
*change RADICALEMENT d'image mentale*
Mr. Green drunken Mr. Green

Biiiien... Je crois que ce sera tout pour aujourd'hui ! ^^'

*retourne prier sur son sujet d'optimisation dans l'espoir d'avoir au moins la moyenne ^^''*
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 22 Nov - 14:54

Citation :
http://img60.imageshack.us/my.php?image=billix2xq.jpg
Ah mon dieu, Lostie, tu l'as fait! ^^' *complètement affligée mais très amusée en même temps*

Citation :
Mais ça change tout ça !! -_-'
*hoche plusieurs fois la tête avec un petit grincement de dessin animé*

Citation :
Citation:
A partir de là, considère cette question: Pourquoi alors n'y a-t-il pas de pénis entre les jambes de l'oiseau?

(Si tu trouves, on passera à plus couillu ensuite, sans mauvais jeu de mot... ^^''')

Eh ben on risque pas de passer à ce stade dans l'immédiat... -__-''
Reprends courage, jeune croqueuse de pommes! Aide-toi et Lilith t'aidera dans cette première enigme. Il faut bien lire tous les termes de l'énoncé (Mr. Green oui, frappe-moi!), et ne pas s'attacher seulement à la question du "pourquoi", parce que ce n'est pas vraiment une "justification" que l'on cherche.
...
Connais-tu le principe freudien dit du déplacement?

Citation :
*ne la connaissait pas*
*prend note* ^^
J'avoue que je ne pensais jamais avoir l'occasion d'en parler dans ma chienne de vie...

Citation :
Citation:
Mais la phrase présente un autre intérêt, peut-être l'auras-tu deviné...

...
Elle sèche, elle sèche !!! ^^
Alors je vais faire comme pour Gred et commencer par te renvoyer plus précisément à la dernière occasion où il la lance...

Citation :
Heu... non. ^^''
Ah bon. ^^'''''''

Citation :
Concernant le toile de Dali, j'avoue connaître assez (pour ne pas dire extrêmement ^^'') mal son oeuvre... En fait je crois que ça s'applique à tout l'art pictural en général... Par exemple, j'aime assez les tableaux de Magritte, mais j'ai parfois du mal à en saisir la signification ou à les interpréter... ^^'
Enfin, je referme la parenthèse sur mes lacunes artistiques et culturelles et je continue ^^' :
Alors, si ça peut te consoler: de mon côté, j'ai la sensation de ne saisir strictement aucune peinture hormis la sienne...... -________-' <= et ça se dit en section littéraire... on est censés comprendre quelque chose à l'art, non?
Mais la sienne en tout cas, je l'adore littéralement, j'ai des transports d'interprétations quand je vois tous ces détails fourmillants et sordides se développer à tous les coin de la toile... 👅

Citation :
(c'est bizarre, j'entends bien Chirac -enfin, Lecocq- dire ça, mais pas moyen de me rappeller dans quel sketch c'était... ^^')
Ouh, c'est vieux! C'était quand Chirac essayait de persuader PPDA qu'il ne fallait surtout pas aller fouiller dans la cave du RPR.
"Oh non, faut pas aller à la caaave! Y a des squelettes qui maaarchent, et des rats, d'Arvor, des rats gros comme des sangliers! ... Et l'affiche de campagne de Balladur en 95."

Citation :
Certes... *image d'elle même rendant une tite araignée à la nature tandis que sa conne de soeur exigait qu'on l'écrase* -_-''
Les gens sont si pleutres et cruels à la fois... *tient une petite fleur avec un air misérable*

Citation :
*change RADICALEMENT d'image mentale*
COQUIIIIINE!!!!

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Lostie
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 27 Nov - 20:19

Citation :
Connais-tu le principe freudien dit du déplacement?
Non... -_-'

Allez, allez !! On explique, on explique !!! ^^'''

Citation :
Alors je vais faire comme pour Gred et commencer par te renvoyer plus précisément à la dernière occasion où il la lance...
Vouais... j'avoue que ça ne m'aide guère...
Enfin, c'est plutôt l'histoire des oiseaux qui me trulupine... ^^'

Citation :
"Oh non, faut pas aller à la caaave! Y a des squelettes qui maaarchent, et des rats, d'Arvor, des rats gros comme des sangliers! ... Et l'affiche de campagne de Balladur en 95."
Ah vouiii... Mr. Green

Citation :
COQUIIIIINE!!!!
Moi ?? :ange:
*mode Chirac (il va me poursuivre un moment, lui... ^^''')* Ah-ah-ah !! Mr. Green
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 29 Nov - 1:11

Citation :
Allez, allez !! On explique, on explique !!! ^^'''
Eh bien, en guise de petit résumé prosaïque, je dirai qu'il s'agit d'une astuce du "ça" (Tu connais les trois topiques ça-moi-surmoi?). La "ça" est l'instance des pulsions dans tout ce qu'elles ont de plus bestial et libidineux. Le rêve est une soupape qui lui permet de s'exprimer, quand il est brimé toute la sainte journée (et c'est le cas de le dire!) par le surmoi, l'instance moralisatrice. C'est cet étouffement du ça qui en rend l'accès difficile. D'où l'expression de Dr Freud: "Le rêve est la voie royale vers les portes de l'inconscient." Mais pour pouvoir s'exprimer dans le rêve, le ça a tout de même souvent besoin de déguisements. Un trop gros choc est susceptible de conduire à l'éveil, d'où le fait que notre inconscient préfère souvent nous faire passer le message avec un code. (Et après, faut se fader la psychanalyse pour redémêler tout ça)
Et entre autres astuces, donc, il y a celle du déplacement, qui consiste à déplacer certains éléments d'une personne sur une autre... à travestir une réprésentation crue... bref à faire prendre d'autres formes aux images trop peu admissibles.

Aidée? (*a encore un ou deux indices dans sa botte mais pense que ça a dû donner une piste, non?*)

Citation :
Vouais... j'avoue que ça ne m'aide guère...
Hmm... Essayons quelque chose alors:
Garde ton point de vue de lectrice extérieure, et répète la phrase de Dominic en la prenant à la troisième personne. (comme si tu décrivais la situation de Dom, tu vois ce que je veux dire?)

Hem, pour le cas possible où je ne me serais pas fait comprendre: n'est-on pas amené plus souvent qu'on peut le croire à employer cette formule, même si c'est rarement pour la même raison que Dom?

Songe que la phrase est la seule, qu'elle revient toujours à l'identique... mais que le ton sur lequel elle est dite finit par changer.



Bon bah voilà, j'espère avoir réussi à te faire un petit peu avancer dans tous ces mystères... *envoie un Dom en caleçon pure soie avec un gros noeud bleu autour de la cheville à Lostie pour l'encourager*

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Camille
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 13 Juin - 17:41

Alors, alors ... Chose promise, chose dûe, voici une tite review !

Y'a pas de fin ! Est-ce que c'est fais exprès, est-ce que ça viendra un jour pour résoudre toutes les pistes que tu nous ouvre et tous les mystères de tes personnages ?

Mais de toute façon, même inachevé, je suis totalement baba.
L'univers que tu as créé est tellement complet, tellement réel ! Je visualisais toutes les scènes, c'est vraiment très cinématographique. Rien que la scène de la manif puis de la course poursuite, on cours avec eux dans les ruelles, c'est vraiment fort !

Et tes personnages sont exceptionnels. Ils ont tous leur caractère, leur personnalité qui nous les rend si vivants. On les aime ou on les déteste, mais ils ne sont pas de simples poupées qui bougent.
J'adore Renaud, tellement ... lui-même ! Razz Les seuls qui ont moins de personnalité, ce sont les copains de Dom. Mains je trouve que ça correspond à ce qu'il ressent envers eux, comme s'ils n'étaient que des faire-valoir, des alibis pour prouver sa normalité.
Dom lui-même me plait beaucoup ! Le pervers par excellence. J'avoue que j'étais terrifiée par sa faute : je n'y croyais pas, à la mort d'Omar. Il y a ce commentaire de Scilia :
Citation :
Omar sauve toi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
*se rend compte que cela ne va rien changer à la suite*
et j'étais là, à me dire : mais quoi, qu'est-ce qu'il va se passer ?!!
Mais alors après, à chaque fois que Dom était seul avec quelqu'un ... terrorisée !! Surtout avec Lysiane, la pauvre ...
Bill est un poil trop mystérieux pour moi. Tu ne m'en a pas dévoilé assez. Mais il est bien flippant aussi, et tout le passage dans l'église est définitivement mon favori. Même au-delà des PDE, je le trouve bien écrit, et les églises donnent tout de suite un cachet inimitable à un décor !

J'aime l'ambiance générale, que j'ai ressenti comme lourde, pesante et qui accentue le mystère des personnages, les drames et le climat de suspicion. Avec une bouffée d'air frais quand Renaud vient à parler ! *envoie des bisous à Renaud*

Cette fic restera dans mes annales, je crois que je vais venir la relire à un moment ou à un autre en m'attardant sur toutes les références, les rappels et tout ce qui fait sa profondeur et sa richesse : là, je voulais surtout avancer dans l'histoire !

Donc : un immense bravo, je suis TRES admirative devant ce que tu es capable d'écrire, et un grand merci de nous le faire partager.
J'espère que tu rougis, sinon c'est qu'il n'y a pas assez de compliments !
BRAVO BRAVO BRAVO BRAVO BRAVO ... 🎁 🎁 🎁 bravo bravo bravo
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 20 Juin - 20:03

Waoh! Merci pour cette somptueuse review! J'en ai été très honorée, merci! Salut

Citation :
Y'a pas de fin ! Est-ce que c'est fais exprès, est-ce que ça viendra un jour pour résoudre toutes les pistes que tu nous ouvre et tous les mystères de tes personnages ?
Grand Dieu! Je m'empresse de te répondre, ça ne va pas se finir comme ça!!! Au risque d'être un peu dramatique, je dirais même que l'histoire ne fait que commencer, là! Eh oui, sur ce coup-là, j'avoue avoir vu très grand, si grand d'ailleurs que toute la fic ne tient pas encore dans mon petit cerveau. J'ai des projets, des idées, beaucoup d'éléments en tête... mais en aucun cas tout le scénario. Alors, rassure-toi (cela te rassure-t-il? Laughing) tout ce boxon n'est pas près de se finir, ce n'est que le début.

Mea culpa, j'ai laissé un peu cette fic en plan ces derniers mois, enfin, c'est peut-être un bien grand mot... *va regarder la date de la dernière suite* ... pale Seigneur Dieu, je n'avais vraiment pas idée que ça faisait aussi longtemps!!!! What the fuck ?!? C'est comme si les persos ne me quittaient jamais complètement il faut dire. Dans tous les cas, je compte me remettre sérieusement en selle maintenant que les grandes vacances sont là! Tu vois, je voulais même m'y remettre demain. Je pense que le prochain épisode arrivera mardi ou mercredi prochain - je pars en week-end prolongé de demain soir à lundi...- donc ne désespère pas, ma chère! bounce

Citation :
L'univers que tu as créé est tellement complet, tellement réel ! Je visualisais toutes les scènes, c'est vraiment très cinématographique. Rien que la scène de la manif puis de la course poursuite, on cours avec eux dans les ruelles, c'est vraiment fort !
Argl, Lilith! Tu n'imagines pas à quel point tous ces commentaires me font plaisir. C'est à chaque fois une véritable jouissance que de pouvoir constater, à travers un élément d'une review, qu'on a "réussi" telle ou telle intention!

Citation :
On les aime ou on les déteste, mais ils ne sont pas de simples poupées qui bougent.
Ca aussi, ça me rend très contente. ^____^

Citation :
Mais alors après, à chaque fois que Dom était seul avec quelqu'un ... terrorisée !!
Hé hé! sadique

Citation :
Bill est un poil trop mystérieux pour moi. Tu ne m'en a pas dévoilé assez.
Ca va venir, les éléments sur Billy. Mais c'est un fait que ce personnage me fait un peu peur à moi-même en tant qu'auteur... je me demande si je serai apte à le... combler, tu vois ce que je veux dire? J'ai comme la sensation de lui avoir donner la forme un peu promptement, forme qui va être délicate à remplir pour en faire un vrai personnage de corps, à la fois particulier et crédible, vois-tu? Mais j'espère bien en faire quelque chose, il est primordial après tout! ^^

Citation :
J'aime l'ambiance générale, que j'ai ressenti comme lourde, pesante et qui accentue le mystère des personnages, les drames et le climat de suspicion. Avec une bouffée d'air frais quand Renaud vient à parler ! *envoie des bisous à Renaud*
Roh la la! C'est si beau ce que tu dis sur ma petite histoire que j'aurais envie de faire encadrer tes commentaires! Mr. Green Quand j'en ferai un best-seller, tu voudras bien faire la préface? Mr. Green Mr. Green'

Citation :
Cette fic restera dans mes annales, je crois que je vais venir la relire à un moment ou à un autre en m'attardant sur toutes les références, les rappels et tout ce qui fait sa profondeur et sa richesse
Là je vais finir par verser une larme. Tu sais que c'est rarissime, pour ne pas dire quasi-inexistant, les lecteurs qui vous disent ça? En tout cas sache que c'est incroyablement gratifiant! Encore merci pour cette grande bouffée de gentillesse. Je suis vraiment très très heureuse de te divertir avec SDP.

Salut Salut Salut Salut Salut Salut Salut Salut Salut Salut Salut Salut


PS: Je ne sais pas si le dernier strip buggait chez toi aussi, mais je viens de me rendre compte qu'il ne s'affichait plus pour moi. Aussi, je l'ai remis à jour...

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Sang de pluie
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