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 Sang de pluie

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Date de naissance : 28/08/1987
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MessageSujet: Sang de pluie   Jeu 31 Mar - 20:02

Sang de pluie


Dominic repoussa d’un geste enjoué la fille qui venait de faire mine de l’embrasser, pour faire rire la galerie de copains qui les accompagnait.
- Tout doux ! Je suis un jeune homme pur : pas avant le mariage, décréta-t-il avec une fausse solennité.
- Oh, est-ce que c’est une demande ? interrogea la brunette qui venait de le taquiner.
Dominic se retrancha près de Jonas, celui dont on disait qu’il était son meilleur ami.
- Cette fille me fait peur, Jo…
- Mais elles te font toutes peur, de toute façon, mon pauvre Dom…
Dominic Monaghan n’avait pas d’ami, à s’en tenir à la définition honnête du terme. Non pas qu’il fût l’un de ces solitaires arrogant qui daignent à peine adresser la parole à leurs congénères, encore moins qu’il fût un mal-aimé laissé dans son coin. Avec ses cheveux sable repoussés en une frange plus blonde sur le côté, son visage sculpté d’une mâchoire fine mais dure et de sourcils marqués, il était le point de mire de plus d’une étudiante de la British Reuel School, l’établissement universitaire haut de gamme où ses parents l’avaient inscrit. Ce que l’on aimait surtout chez Dominic, cependant, c’était ce côté éternellement frivole et amusé qui se manifestait dans son physique avantageux par un nez rond et plat, de grandes oreilles qu’il ne cherchait pas à cacher sous ses cheveux blonds cendrés, des plis joyeux omniprésents aux coins de ses yeux et des grimaces plutôt cocasses. Cet équilibre heureux lui avait valu une excellente réputation au sein de ses camarades, quoiqu’un peu troublée d’interrogations sur sa réfraction constante à la convoitise amoureuse ; les professeurs quant à eux ne pouvaient qu’apprécier chez lui la vivacité d’esprit et les facilités dans le domaine philosophique.
- Pas fâché d’en avoir terminé pour aujourd’hui… soupira-t-il tandis que lui et le reste de la harde se dirigeait vers le réfectoire.
- Oui, je commence à avoir hâte qu’on l’ait passé, cette saloperie d’examen… ajouta Jonas.
- Parce que tu crois que tu vas l’avoir, Teisseir, branleur comme t’es ?
- Je t’emmerde, Monaghan.
L’intéressé offrit un sourire rayonnant à son interlocuteur avant de lui tirer la langue avec une expression exagérément enfantine.
- De toute façon, je sais que tu m’aimes bien quand même.
Malgré tout cela, Dominic ne pouvait par définition pas disposer de cette entité sympathique et simplette qu’on appelait « ami », n’étant lui-même qu’une vaste mise en scène.


La nuit avait happé dans son ventre obscur le monde familier de la Bristish Reuel School. Le clocher de la très ancienne école seul se détachait du reste, la lune plaquant un éclat métallique sur le côté de sa toiture conique. Les fenêtres alignées des dortoirs étaient seulement troublées, de temps à autres, par les bourrasques remuant la pluie froide qui s’abattait sur les locaux, les soignant du soleil imperturbable qui les avait rôti tout au long de la journée. Dominic, dans sa chambre où il était le seul pensionnaire, était allongé sur le dos, sur son lit, les yeux grands ouverts. Il cherchait à comprendre. Les minutes et les heures passaient, rythmées par le réveil digital aux chiffres rouge agressif. Dominic saisit un petit objet sur la table de nuit, le tint au-dessus de lui, le contempla. Sa pupille se dilata au moment où la lame fendit l’air opaque d’un éclair régulier et tranchant. Le jeune homme la regarda longuement. Il s’amusa ensuite à tenir le canif au-dessus de son visage, pointe en bas. Il le déplaça du côté de sa poitrine. Bien. Son autre main frôla le bord aigu du petit couteau qui lui imprima une ligne si fine qu’elle en était presque invisible, mais dont Dominic savait la présence dans la douleur pointue qu’il sentait à présent dans ses phalanges. Comment cela ? Il sentait remonter en lui une oppression malsaine, s’extirpant directement de ses entrailles pour venir obstruer sa gorge et l’étouffer. La détresse et la colère le firent haleter et suer. Sa main était crispée autour du manche de bois d’olivier de son canif. Qu’est-ce que cela signifiait-il ? Ca n’avait pourtant aucun sens !

Dominic se leva. Il se congestionnait. Autant retourner à des satisfactions plus directement primaires. Il chercha dans sa sacoche la pomme qu’il avait ramenée du self. Approchant la petite lame d’une délicatesse fatale de la chair ferme et tendre à la fois, il y fit une entaille qui cercla tout le fruit. Il caressa cette fissure régulière. Puis il empoigna la pomme et, par un mouvement de torsion d’une puissance impromptue, la scinda en deux.
Il resta immobile quelques instants. Introduisant ses doigts dans les petits creux du fruit qui suintaient de jus. Il en retira les pépins et les déposa sur le bureau. Puis Dominic reprit son canif et défigura l’harmonie appétissante avant de croquer les quartiers la chair sucrée.

Dominic se promenait seul dans les couloirs en cette fin de matinée, ce qui était relativement inhabituel. D’ordinaire, il était toujours happé dans sa troupe usuelle, et accompagné par les rires et les conversations futiles. Son dernier cours s’était terminé il y avait moins d’une heure de cela, et il avait prétexté du travail pour rester flâner en paix dans les étages du bâtiment Reuel, là où la méditation était facilitée par la fraîcheur, le calme et les relents d’ancienneté qui transparaissaient à travers les pierres du mur, les statuettes ou les armoires à souvenirs de l’établissement : plumiers en étain brunis, loupes, vieilles balances déséquilibrées…

Ses pas claquaient sans hâte dans le silence. Quelques voix de professeurs sourdraient des rares salles encore en service des vieux étages. Le jeune Monaghan ne les entendait pas, semblant perdu dans de très lointaines pensées. Il s’arrêta un instant à l’une des étroites fenêtres pour laisser son regard poursuivre l’épaisse couche de nuages barbeaux qui obstruait le ciel. Il trouvait ces formations cotonneuses magnifiques, apaisantes et énigmatiques à la fois, pouvant contenir tant de merveilles cachées lorsque le temps se tourmentait assez pour les laisser voir. Il resta là jusqu’à ce que les nuées aient pris une couleur d’ardoise. Le coude posé sur le rebord de pierre usée, Dominic ne put s’empêcher d’écarter les doigts, avant de les refermer doucement sur le vide. Il aurait tant voulu pouvoir attraper l’un de ses nuages qui semblaient tellement palpables avec leurs formes effilochées ou boursouflées... Il imaginait souvent la manière dont il les manipulerait, en rêvait parfois.

Il cligna soudain des yeux, comme s’il revenait à une réalité plus exigeante, et reparti à pas posés mais rapides. Il s’engouffra dans l’escalier qu’il descendit avec une certaine vivacité, trottinant un peu sur les marches. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait du rez-de-chaussée, l’animation, explicite ou non, croissait, mais l’heure n’était pas encore tout à fait terminée.

Un choc l’ébranla soudain au tournant du couloir du premier étage. Il avait voulu y bifurquer pour aller attendre que Coralie, l’une de ses comparses, sorte de cours pour manger avec elle à la cantine, mais une brutale résistance s’y était opposée sans qu’il ne la voie arriver. Par chance, il avait encore une main sur la rampe et avait pu s’y raccrocher pour ne pas perdre l’équilibre. Ce fut comme s’il revenait pleinement à lui, découvrant à ses pieds une autre présence. Le jeune homme était châtain, et avait les traits crispés par la chute. Il gisait avachi sur le sol, se retenant sur les coudes, ses jambes légèrement repliées et écartées. Il portait comme lui un sac en bandoulière dont la lanière bavait à présent sur son bras gauche.
- Excuse-moi, lança Dominic d’un ton dégagé, tendant amicalement la main vers l’autre étudiant.
Mais lorsque celui-ci ouvrit les yeux, ils semblèrent assaillis d’un choc plus farouche encore que leur collision. En un instant, le jeune homme était déjà debout, sans l’avoir touché.
- Ca va, marmonna-t-il en fuyant déjà dans la suite de l’escalier qui descendait en-bas du bâtiment.
Dominic leva un sourcil perplexe, puis pénétra dans son couloir sans plus se poser de questions, y saluant les premières élèves qui sortaient de l’une des classes.

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 31 Mar - 20:03

Billy dévala les dernières marches pour se retrouver bientôt dans le hall principal du bâtiment. Il lâcha doucement la sangle de sa sacoche et osa se retourner discrètement, à présent environné d’élèves et de professeurs qui se pressaient vers le réfectoire. Il savait, quoi qu’il en soit, que l’autre n’était plus dans les environs. Il avait développé une certaine habileté à pressentir sa présence alentours, même si cette dernière venait en l’occurrence de le trahir sournoisement. Ce garçon l’inquiétait, et ce malgré tout l’illogisme de cette méfiance. Il était après tout un élève comme les autres, travaillant, sortant, aguichant volontiers les filles à l’occasion… beaucoup plus « normal » que lui, en somme.

Billy redressa la bandoulière de son sac sur son épaule étroite, et suivit le mouvement qui se vidait par les deux portes principales. Il se sentait plus à l’aise au milieu d’une foule, encore que cela ne lui procurât aucun plaisir par ailleurs. Au moins cette profusion de gens avait-elle le mérite de le faire passer inaperçu. Il pouvait penser sans verser dans l’angoisse. En entrant dans le bâtiment Winston, beaucoup plus récent, Billy songeait toujours à son chasser-croiser instantané avec ces yeux qui le rendaient malade. Quelque chose en eux le pétrifiait par moments, et c’était probablement pourquoi il cherchait leur vision en même temps qu’il la fuyait. Leur reflet faisait parfois descendre une douche acide le long de sa poitrine. C’était impressionnant, mais aussi éprouvant.

Billy soupira en passant sa carte dans le distributeur de plateaux. Il n’était décidément pas net. Cette désagréable tendance à penser que le monde lui en voulait l’étouffait et le coupait de toute relation fructueuse. Les gens qui le connaissaient – et qui se résumaient à peu dans l’ensemble de l’école – le trouvaient toujours gentil, mais sans plus. Un repas de plus qu’il passerait seul à une table, en l’ayant choisi. Il passa avec une envie un peu amère devant un groupe qu’un éclat de rire secouait, et chercha une place proche de la fenêtre.


Agnès se calma enfin avec les autres, suite à la plaisanterie un peu vaseuse que Michael avait lancé sur le compte du doyen de l’université, un jeune loup qu’il soupçonnait de manœuvres douteuses pour avoir obtenu son poste. Elle essuya ses mains sur son pantalon avant de resservir de l’eau à la tablée. Agnès n’avait jamais accepté de porter les petites jupettes ridicules des autres étudiantes de la BRS, arguant auprès de l’administration qu’il s’agissait de ségrégation sexiste arbitraire, et que certaines filles pouvaient avoir envie de se présenter dans le pantalon, qui constituait une avancée culturelle, tout comme certains garçons pouvaient préférer la jupe. Son comportement était toléré, par complaisance vis-à-vis de son esprit brillant, quoiqu'un peu extrémiste par moments, selon ses professeurs. Son visage semblait toujours un peu crispé, et ses yeux noir d’encre, sous sa frange brune claire, pouvaient intimider.
- Alors, tout le monde est prêt pour ce soir ? demanda-t-elle à ses quatre compères.
- De mon côté c’est tout bon, répondit Aldebert à-côté d’elle. Faudrait peut-être juste qu’on refasse une dernière fois la nôtre, mais vraiment par mesure de précaution.

Guillaume, de son patronyme Aldebert plus couramment employé, avait depuis peu été intégré le petit groupe sans prétention monté par les trois amis présents à la table. Au départ composant et se produisant seul au sein de l’université, en particulier les soirs de week-end, les paroles justes et acérées de ses chansons avaient séduit le trio qui donnait lui aussi dans le regard musical sur la société, et l’avait donc invité à se joindre à lui. L’initiative était venue de Renaud, en face de lui. Ce dernier avait, tout implicitement, le rôle de leader en tant qu’instigateur et chanteur principal. Mais le drille n’était pas bégueule pour autant, et l’avait accueilli en bonne amitié, lui assurant qu’en plus, il avait une gueule de chanteur… Guillaume ne s’était jamais trouvé beau, avec sa petite tête un peu simiesque, ses lèvres et ses sourcils trop épais et ses oreilles de femme Africaine. Mais il était content d’avoir rencontré un petit succès, et ses productions sur la petite estrade l’avaient aidé à s’assumer un peu mieux. Lorsqu’une fille était venue lui demander son premier autographe, il s’était senti un peu couillon devant l’agenda, mais en était ressorti fier comme un coq.
- Moi ça va, ma chansonnette sur la p’tite olive est impeccable, annonça Michael.

Avec son mètre quatre-vingt-huit, sa crinière bouclée très fournie et sa courte barbe, Michael formait la figure imposante de la bande, par ailleurs surtout constituée de gringalets. Il avait de petites lunettes rectangulaires à travers lesquelles brillaient ses yeux rieurs noisette, et une casquette en daim constamment vissée sur le crâne, hors des salles de cours. Celle-ci était usée jusqu’à la corde, et souvent percée de divers badges anti-Bush ou écolos – ce qui allait parfois de paire. Nul ne voulait savoir depuis quand il possédait cette casquette tant elle était miteuse et ringarde. Son allure placide ne savait être contrariée que par un seul détail à son propos : ses parents, de leur nom Jackson, n’avaient pas pu lui trouver un autre prénom que celui du roi de la pop, dont ils étaient aussi fanatiques l’un que l’autre. Le vivant relativement mal, Michael avait pris l’habitude de se faire appeler par son deuxième prénom de Peter, ou préférait les raccourcis tels que « Mic », fréquemment utilisé par ses compagnons. Il était particulièrement content de vivre dans cette école, loin de ses bobos de géniteurs avec qui il ne partageait guère que les opinions politiques. Il se sentait mieux ici, aimant plus et étant plus aimé. Il entoura Renaud de son bras lorsque celui-ci se pencha sur poitrine et lui frappa affectueusement le ventre en lançant :
- C’est vrai que cette chanson transcende absolument tout ce que la musique a pu connaître jusqu’à présent ! Comment t’as pu avoir une idée pareille ?
- Eh bien je crois que c’est l’autre jour, avec Agnès, quand on se faisait des sandwiches au poulet et aux endives, tu t’rappelles ?
- Bien sûr, on avait renversé l’huile dans le tien, c’était positivement infâme ! commenta la jeune femme avec désinvolture en croquant dans un gâteau en sachet.
Aldebert et Renaud ricanèrent, tandis que ce dernier se redressait pour attaquer son flan.

Le dernier membre du quatuor, celui qui avait commencé à chanter bien avant les autres, était ce petit freluquet débraillé, le bandana coquelicot couvrant la cravate bleu et blanche de l’établissement, défaite et régulièrement pendante de chaque côté de la chemise. Renaud était l’exemple type de l’élève dont la BRS se serait amplement passé. Il n’avait en effet pour lui que l’esprit critique et le capital rondelet de ses parents qui versaient chaque année un généreux don à l’université, comme dans un marché noir plus ou moins reconnu que le jeune homme aimait railler. En dépit de cette dérision constante, il se trouvait aussi bien ici, avec la plupart de ses potes et son public. Le cossu ambiant de sa résidence précédente le déroutait et avait vite fini par lui sortir par les yeux. Peu de choses comptaient en définitive pour lui, hormis la chanson, l’engagement social et les copains. Il appelait allègrement le travail « crime contre l’humanité » et l’amour « chaînes de l’individu », ce sur quoi Agnès était particulièrement d’accord. Son visage triangulaire avait pourtant quelque chose d’attachant quand il ne crachait pas de fiel prolétaire, et ses cheveux bruns vaguant calmement jusqu’à ses épaules étaient soyeux comme ceux d’un enfant, lorsqu’ils avaient connu un lavage dans la semaine.
- Bonjour !

Renaud sursauta vivement avant de considérer le petit bout de femme roux qui se tenait tout sourire à-côté de lui.
- Ah ! Lili, c’est toi…
- Tiens, je te rapporte ton CD.
Lysiane plongea le nez dans son sac à dos. Elle portait une casquette de mauvais garçon semblable à celles qu’arborait souvent Renaud, en jean effiloché, d’où s’échappaient ses boucles abricot. Sa cravate était toujours mal nouée et elle dédaignait, elle aussi, les jupes réglementaires. Elle avait réussi à se procurer, par l’intermédiaire de « Nounours » - c’était le surnom personnel qu’elle avait trouvé à Michael – un pantalon beaucoup trop long, qu’elle avait fait rajuster à la taille par une de ses copines, et qui tombait jusqu’à ses baskets où il était un peu retroussé pour éviter qu’elle ne s’y prenne les pieds. Elle admirait et avait beaucoup de tendresse pour chacun des quatre musiciens, tous plus âgés. Elle avait en particulier connu et apprécié Renaud en tant que chanteur depuis son arrivée à l’université, et avait d’ailleurs pour lui un faible résigné. Lorsqu’elle lui tendit le disque gravé, celui-ci l’attira vivement près de lui pour lui planter sur la joue une bise râpeuse.
- Au fait, c’est aujourd’hui le grand jour, ma p’tite grenouille rousse !
- Non, chut ! s’exclama la jeune fille.
- Aha ! s’écria alors Agnès avec triomphe. Tu ne vas pas y couper, ma mignonne !
Elle se mit aussitôt à fouiller dans son propre sac.
- Non ! Pitié ! couina Lysiane en cachant son visage dans ses mains. Ce pari était stupide ! En plus, je devais être cuite quand j’ai accepté, c’est d’la triche !
- Là ! répliqua la brune en lui tendant une ardoise Véléda, un feutre, et un informe bout d’étoffe rouge. Un pari est un pari !
Gémissant, la plus jeune saisit l’ardoise sur laquelle elle écrivit rapidement quelques mots, et enfila le tissu. Elle marcha ensuite dignement jusqu’au bout du réfectoire, où elle grimpa debout sur l’unité où étaient disposés un micro-onde et des bacs à couverts. Les joues écarlates, elle se tint là, une affreuse culotte en dentelle sanguine lui ceignant les hanches par-dessus son pantalon trop grand, tenant l’ardoise devant sa poitrine. La bonne moitié des étudiants attablés éclatèrent alors de rire avant d’applaudir avec enthousiasme. Elle entendit même Agnès pousser un sifflet strident entre ses doigts, comme elle savait si bien le faire. Elle lui paierait très cher ce coup-là, songea Lili. Sur le blanc du petit tableau qu’elle tenait, on pouvait lire : « CA Y EST : J’AI 20 ANS. »

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Scilia
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Jeu 31 Mar - 20:10

est il utile de dire que j'ai aimé I love you et que ze veux la suite !!!!!!!!!

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 1 Avr - 21:45

Ca devrait arriver bientôt! Very Happy

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Dim 10 Avr - 20:27




Lorsque Renaud ouvrit la porte de l’aile Nord du bâtiment Reuel, il leva sur le champ les yeux sous sa casquette noire vers l’épaisseur sombre du ciel vespéral. Sortant au dehors, sa guitare à la main, il déclara :
-On va avoir un grain dans la soirée, c’est certain…
Agnès le suivait, précédant Michael et Aldebert.
-De toute façon, maintenant qu’on a la chance de pouvoir jouer à l’intérieur…
-C’est vrai. Nous avoir confié le local est la meilleure chose que l’administration ait jamais faite. Bon, on y va ?
Les quatre musiciens se dirigèrent vers la petite construction parallélépipédique sise à quelques dizaines de mètres des locaux scolaires. Cette bâtisse, qui ressemblait un peu à un blockhaus en terrain dégagé, était située sur la propriété de l’établissement, mais celui-ci ne lui avait trouvé aucun usage jusqu’à des temps récents. A ses débuts, Renaud s’était produit dans des bars environnants – ce qu’il faisait toujours à l’occasion - ou dans la salle commune de l’internat, ce qui exaspérait au plus haut point l’administration –le « politburo » comme le jeune homme l’appelait parfois - du fait du tapage occasionné et des idées agitatrices diffusées bon gré mal gré parmi les élèves. Lorsqu’il avait commencé à jouer avec Peter et Agnès, et qu’on lui avait en haut lieu clairement fait comprendre qu’il ne pouvait plus continuer à chanter dans l’internat "parce que de plus en plus d’élèves étaient ainsi conduits à délaisser leur travail et à se coucher tard", ils s’étaient mis tous trois à dépoussiérer patiemment ce local, à le vider des déchets qui y étaient entreposés, à le nettoyer, à le rafistoler et à l’aménager. La direction, tout d’abord perplexe face à cette initiative, leur donna finalement sa bénédiction, considérant après tout qu’il s’agissait là d’une marque de motivation et d’implication exemplaire dans l’animation de l’établissement. C’était donc là qu’ils avaient coutume de divertir leurs camarades, cédant à l’occasion la place aux quelques volontaires qui le demandaient.

Lorsqu’ils y entrèrent par la petite porte, plusieurs étudiants étaient déjà installés. Le trio avait réussi à se procurer des fauteuils et des divans un peu défraîchis, jadis peuplant les salles des professeurs ou l’internat, puis remisés au placard. L’intendance leur avait même débloqué un petit capital financier totalement inattendu, avec lequel ils avaient pu compléter l’aménagement avec quelques poufs de diverses couleurs et des tapis épais. « Avec ce que mes vieux leur refilent chaque année… ils pouvaient bien faire ça ! » avait commenté Renaud. Certains les applaudirent un peu lorsqu’ils grimpèrent sur l’estrade, construit de leurs mains, Lysiane en tête, bien entendu. Ils grattèrent un peu leurs instruments puis, le jeune homme au foulard rouge s’avança vers le micro :
-Coucou, vous m’entendez ?
Les nombreux jeunes gens déjà présents répondirent par l’affirmative. Renaud était toujours surpris d’entendre sa voix dans les amplis aux premiers mots qu’il prononçait. Il ne s’y sentait à l’aise que lorsqu’il était pris dans ses chansons, mais n’avait par ailleurs jamais été doué pour discourir sans mélodie.
-Bien. Vous êtes plus doués que le gouvernement, alors, sourit le chanteur.
Un léger ricanement traversa la salle.
-Heu… Je sais qu’il est pas tout à fait huit heures mais si vous voulez je peux déjà vous faire une petite chanson pour passer le temps…
Le public déjà présent approuva, et Renaud reprit :
-Avant, j’aimerais vous rappeler qu’en cette fin novembre 2001 les troupes américaines sont en train d’occuper l’Afghanistan, pas pour nous protéger d’armes de destruction massive hypothétiques, pas pour libérer le peuple afghan du régime crapuleux… heu… entre parenthèse… je trouve d’ailleurs très personnellement que c’est assez culotté de parler de ça quand on a fait du pied audit régime pendant des années et qu’on déboise ledit peuple à la cluster bomb mais… peut-être que je suis trop simpliste, au fond… enfin, bref. Heu… Il y a une manif demain, place Thomas More, à seize heures, histoire de dire un peu au premier ministre ce qu’on pense, et de lui faire comprendre que s’il veut jouer ce rôle-là avec Bush, il ferait mieux d’aller lui faire une petite pipe que de cautionner et encourager les génocides. Alors voilà, j’espère vous y voir pour les plus concernés.
Certaines personnes applaudirent brièvement, mais déjà le jeune homme pinçait les premières notes d’une mélodie très douce sur sa guitare. La musique évoquait une sorte de tristesse mélancolique, et la voix lasse et murmurante de Renaud vint bientôt s’y mêler.
-Enervé par la colère, un beau soir, après la guerre, j’ai balancé ma télé par la f’nêtre… Comme chuis un garçon primaire, je m’suis dit : « Un militaire, avec un peu d’bol, s’la mange en plein’ tête… »
Dès lors, plusieurs cris d’approbation s’élevèrent, et certaines mains claquèrent à nouveau rapidement, avant que les paroles ne soient de retour.


Les applaudissements moururent doucement sur les mains de Billy tandis qu’il écoutait Renaud. Il aimait sa voix, même si elle n’était pas belle. Elle lui mettait du baume au cœur lorsqu’elle gouaillait, trop nasillarde, contre tel ou tel fait de société, ou d’histoire… elle l’apaisait, et le faisait baigner dans un calme doux-amer lorsque, comme à présent, elle se faisait un peu plus suave, sans être enjôleuse, pour laisser filer son désarroi… Elle l’amusait lorsqu’elle bondissait et traînait dans un accent prolétaire exagéré lors des chansonnettes plus légères. C’est en somme pourquoi Billy venait pratiquement tous les soirs l’écouter : cette voix le réconfortait de tout. Et pourtant, il ne connaissait rien de son possesseur, n’ayant, comme à sa timide habitude, pas osé aller discuter avec lui, malgré sa totale disponibilité. Blotti, seul, dans son petit pouf habituel, il se laissait bercer et interpeller. Renaud et ses compagnons leur faisaient souvent un petit flash info en début de concert, pour les encourager à réagir face à certains faits, que ce soit pour les contester ou les saluer.


Dominic et ses compagnons venaient de sortir de table, et déambulaient nonchalamment sur le chemin qui les ramenait à l’ancien bâtiment. Quelques gouttes commençaient déjà à tomber du ciel, tachant le gravier blanc.
-On va au club, ce soir ? proposa Coralie.
-Encore ? Ca va devenir une habitude… observa Jonas.
-J’aime bien l’ambiance qu’il y a là-bas… Toi, Dommie, t’es d’accord ?
-Ah oui, pour moi pas de problème…
-Oh non ! brama l’étudiant à queue de cheval. S’il vient il va encore aimanter toutes les jolies filles du périmètre ! Ca devient vraiment gênant, tu sais…
-Qu’est-ce que tu veux, on a une gueule de tombeur ou on en a pas… commenta avec un sourire goguenard Daniel, un type avec une masse de cheveux noire léonine.
-Oh arrêtez… lança Dom avec le découragement de celui qui a déjà tenté de mener ce combat maintes fois auparavant.
-Eh, moi j’dis rien, c’est un fait : on se pointe quelque part et en quelques minutes tu as la moitié de la gent féminine du coin pendue à ton cou. Si c’est pas une marque de bénédiction céleste, ou génétique, comme tu veux… Enfin remarque il fallait bien compenser certains autres trucs !
A ces mots, Dominic éclata d’un rire cynique.
-Désolé les gars mais c’est pas moi qui suis un sex-symbol ; c’est tout simplement qu’entouré de vous deux… par défaut, les filles font vite leur choix !
Monaghan prit soin de bondir d’office vers l’avant, déjà poursuivi par ses deux acolytes masculins. Il se précipita enfin vers la porte du local et y fit irruption avant de se jeter sur un canapé, Jonas et Daniel à sa suite. Certains étudiants râlèrent quelque peu face à une entrée si fracassante.

A ce moment-là, Aldebert était en train de faire une petite présentation de la chanson qu’il s’apprêtait à interpréter avec Agnès.
-Comme la plupart d’entre vous le savent, nous avons aujourd’hui une sympathique collègue qui fête ses vingt ans tout rond.
Dans un fauteuil un peu défoncé, tout près de la scène, Lysiane piqua un fard devant le sourire espiègle du musicien.
-C’est pour ça qu’on va vous donner de la chanson un peu plus personnelle ce soir. Celle-ci s’appelle « La norme et la marge », et elle est pour toi, Lili.
Tandis que la musique prenait son essor, vive et entraînante, Coralie et Noémie rejoignirent leurs amis sur le canapé situé assez au centre de la petite salle envahie de pénombre et de quelques fumées de cigarette, malgré l’interdit officiel.
-Vous êtes vraiment des gamins ! s’exclama la dernière, tout en gardant au coin des lèvres un sourire complaisant.
Jonas lui pinça le nez en guise de réplique.

A cet instant, deux autres filles rappliquèrent auprès d’eux. L’une, Uliana Lasarva, était, comme Coralie aimait à le résumer, « l’archétype de la blonde pulpeuse au crâne vide ». Probablement un brin réducteur, ce qualificatif n’était pas, de l’avis de tous, totalement dénué de fondement. Ce soir-là engoncée dans un tee-shirt et un pantalon serrés, ses bourrelets malmenés semblaient chercher à s’échapper de cet étau par l’espace disponible au niveau de sa taille. Dominic trouvait cela particulièrement amusant d’un point de vue strictement psychosocial.
-On peut s’asseoir ? questionna-t-elle.
Le groupe l’accueillit de bonne grâce, ainsi que son alter ego et plus ou moins faire-valoir Ludia Thorens, une jolie brune pourvue un peu plus harmonieusement et moins tape-à-l’œil. Elle avait l’avantage –pour certains- de faire preuve de relativement plus de subtilité d’esprit que son acolyte, sans se distinguer par une finesse hors du commun. Elles étaient de ce genre qui aime aborder un groupe qu'il connaît à peine, lorsque le désœuvrement ou la convoitise l’exige. Dominic sourit intérieurement : il allait encore devoir baliser… Détendu, il alla se nicher avec l’air matois d’un chat contre l’épaule de Coralie, l’individu pour qui il éprouvait alors, sinon des sentiments, au moins du respect, et reporta son attention sur la scène. Agnès et Aldebert, chacun un micro en main, alignaient les vers de leur petite chansonnette avec enthousiasme, le sourire aux lèvres, échangeant des œillades conniventes entre eux où avec la jeune rousse à qui ils dédiaient leurs mots. Dom récupéra les paroles du couplet suivant, amorcé par la brune aux yeux sombres et vifs.
-Qu’est-ce qui t’retient ici, c’est vrai, tu dis tout l’temps
-Qu’il faut faire vite, qu’il est déjà plus d’vingt printemps !
Le jeune homme au crâne ras lança un clin d’œil joyeux à Lili qui lui répondit par un tirage de langue amusé.
-Que tes copines sont toutes casées, cocoonisées par l’habitude, qu’elles font la gueule…
-Qu’elles sont dev’nues plus tristes qu’un resto tout seul…
-Je n’aime rien tant que ces heures où tu t’énerves !
-En montrant du menton ceux qui avalent les idées tout rond
-Toi tu n’mâches pas tes mots et c’est comme ça qu’on t’aime
L’expression d’ordinaire si teigneuse et énergique d’Agnès se teinta l’espace d’un instant d’une certaine tendresse incongrue, tandis qu’elle regardait à son tour sa jeune amie dans les yeux, les siens lui opposant un gris clair radieux, dans les lumières de fortune jaunes qui éclairaient l’estrade.
-Quand tu dis, les sourcils en V…
Les deux chanteurs se lancèrent un coup d’œil avant de conclure le couplet en chœur :
-« On n’a pas l’temps d’attendre d’aller fertiliser les chrysanthèmes ! »
Derrière, Renaud compléta l’instrumentalisation par un discret apport d’harmonica, restant sur un accord allongé et doux évoquant la rêverie qui contrastait avec le rythme assez effréné de la guitare de Michael. Les deux autres reprirent à nouveau leur refrain de concert.
-Mettre les formes, prendre le large, elle veut vivre les normes et l’extra-large… glisser de la norme à la marge…
La dernière partie du texte fut entonnée par Aldebert.
-Alors toute disposition à l’ennui s’envole
-Quand elle rêve d’excès, de démesure, de sensations folles
-Se font la malle les lapins, les râteaux, les grippes, les rentrées,
-Les mois d’novembre, les lundis, les découverts,
La frénésie des paroles s’acheva finalement dans une unisson mi désespérée, mi exubérante, dont la fluidité témoignait de quelques répétitions.
-Et les trains ratés… !


Billy avait beaucoup apprécié la composition des deux amateurs, et songeait par ailleurs qu’elle aurait également pu lui être adressée d’un certain point de vue. Tout replié sur lui-même et soumis au quotidien qu’il était, il lui prenait parfois à rêver, surtout le soir, dans la solitude de sa chambre, qu’il aurait pu se trouver mieux en un autre contexte, qu’une vision plus « réelle » de la vie aurait peut-être pu lui permettre de s’épanouir. La loi inlassable du café en cruches de plastiques noires, du cartable, des amphis, des notes et des draps propres avait peut-être cet effet castrateur qu’il supportait en l’abhorrant. D’autres horizons n’auraient avec du recul pu se révéler que meilleurs pour lui, songeait-il parfois, le dos contre le matelas. Mais tout plaquer semblait un tel acte, une énormité accessible par un seul brusque coup de tête, chose dont il ne se savait pas capable… Alors il restait là, dans cette petite niche que l’existence semblait avoir aménagée pour lui, sans qu’il n’ait besoin de prendre part à la question. Billy Boyd, Britannique oublié éternel. Riche ; même pas à plaindre. Orphelin, certes, mais l’eau avait coulé dans les rigoles depuis.

Il fut réveillé par les applaudissements, qu’il suivit en jetant un regard à la jeune fille à casquette sur le fauteuil non-loin de lui. Elle participait avec cœur en souriant avec un ravissement touché aux chanteurs. Un instant, elle tourna la tête vers lui, détournant sa tignasse de frisettes couleur ambre à l’éclairage, et lui offrit aussi un sourire à la chaleur communicative. Billy le lui rendit avec le moins d’amertume possible, avant que son regard ne soit attiré par un visage, plus en arrière du public. Il était là aussi, comme souvent. Mais ici, le péril sourd qui émanait de lui était comme inhibé par l’atmosphère sûre du local entretenue par la musique, et Billy pouvait se consacrer au repos de son esprit.

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Nasty
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 19 Avr - 13:47

(cette fic devrait être interdite aux Nasty ! *est assommé par une paire de saïs*)
*fait craquer ses doigts plusieurs fois et se prépare psychologiquement pour reviewer (et vi, c’est ça de prendre du retard : après, on se sent très couillons devant les huit pages… Laughing Laughing )*
Alors, d’abord, je ne me souviens pas avoir
IYIYIYIYIYIYIYIYIYIYIYIYIYIYYIYIYYIYIYYI
er suffisamment devant cette suite de Sang de Pluie que l’on
*prend un mégaphone et monte sur les épaules de Lij (ce qui au final ne change pas grand chose, étant donné la taille de… *est déjà fusillée du regard (… aidé par un Uzi, certes Rolling Eyes Rolling Eyes )*)*
attendait depuis TROOOOOOOOOOOOP longtemps !!!
(bah quoi ? Faut bien que je trouve quelque chose à critiquer, non ? Wink )

En tout cas, après tant d’attente, de fantasmes, de publicité et de frustrations… (… les publicités Naheulbeuk !! -_-' Ca y est, maître POC est chez moi Laughing ) eh bé on n’est pas déçus… Y a un gros changement d’atmosphère, il est vrai, par rapport au tout début, et ça fait bizarre, mais… qu’est-ce que c’est agréable, toute cette vie, toute l’installation de ce nouvel univers… Very Happy Very Happy Faut dire que j’ai toujours aimé les débuts, les instants de bonheur où y a pas trop de problèmes, parce que je sens que ça n’ira pas toujours comme ça… Alors j’apprécie doublement ces petits moments de bonheur avec la bande… ^^ Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Comme d’habitude (Oh, des Claudettes en formes de Leggy dans mon salon ! Smile ), je dirai que tu arrives à tout faire passer très facilement, de façon très fluide et agréable à lire, sans entraîner aucune lassitude, ou quoi que ce soit d’autre… C’est vraiment plaisant de te lire, en tout cas, et là-dessus, toute la description de cet univers en devient encore plus intéressante… Enfin, tu maîtrises bien les persos (rien que la maîtrise des sentiments de Billou… Shocked Shocked C’est absolument génial, parfaitement dit… J’admire, vraiment…), leur façon d’interagir, et on reconnaît tout de suite les caractères que l’on peut voir en réalité… ça donne tout de suite un côté bien plus attachant aux personnages…
Donc, pour faire claire,
*lève les deux pouces et entraînent tous les habitants de son salon, sa salle de bain, etc. à faire de même*
Un AU absolument génial, superbement décrite, génialement faite, pensée…
BRAAAAAAAAAAAAAAAAAVOOOOOOOOOOOOO !!
:thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft: :thumright: :thumleft:

En revanche, faut que je prévienne, je me sens toute conne devant la fic parce que… je ne sais pas où disséquer… :? :? Alors je vais essayer, mais… je sens que je vais avoir du mal étant donné que ce sont tous les paragraphes qui forment cet ensemble si particulier, si intéressant… :?
*part se motiver dans les bras de Dom* (comment ça, encore une excuse à la con ? Mais j’en ferai un livre, un jour… Rolling Eyes )

Bon… Déjà ça commence bien… Alors pour résumer, on va faire
Citation :
la scène dans laquelle Dom se promène dans les couloirs
Parce qu’une phrase toute seule ne pourrait résumer tout à fait tout ce que j’aime dans ce moment… L’atmosphère est parfaitement restituée, la solitude, le lieu ancien, avec tous les souvenirs qui se baladent partout (sous forme de caniches nains à poils roses et mèches bleues… Euh… Non, Nasty… *ton à la Renaud* Ah bon…), c’est parfaitement décrit… Tu vois, pour moi, rien que la mise en scène à ce moment-là, la description du moment, ta façon d’évoquer en quelques mots, en quelques phrases, toute l’ambiance qui règne, absolument génial (j’adore ce genre d’ambiance, en plus), c’est déjà fascinant (… ça lui donne envie de se jeter sur Dom hystériquement pour lui faire un énorme câlin. Oui, mais ça, c’est normal, c’est pas que la fic, mon tendre. -_-' Si tu pouvais arrêter les surnoms à la con… -_-' *mignotte avec des grands yeux* Mon Dommie chéri… Grr.) Tout le calme du lieu… J’entendais réellement le bruit de ses pas, et puis l’arrêt pour les nuages (qui sont, au passage, sublimement retranscrits… L’image est très poétique, j’aime beaucoup)…

Raaaaaaah, mais c’est frustrant, on voit bien que la tête de Dom est un peu… comment dire… aussi claire que le cuir d’un Uruk Hai (Haï… Hay… Aïeaïeaïe, oui…. -_-') ? Hum… Oui. Et pourtant, ça s’arrête…
Et c’est perturbant, et c’est super bien retranscrit et c’est…
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !! DOOOOOOOOOOOOOOOOM !! (on remarquera que Nasty, se sentant coupable, remplace l'autre review en faisant des coloriages à la con sur celle-ci... -_-''' Embarassed Embarassed Embarassed )
*se jette hystériquement dans ses bras*
T’ES UN PSYHCOPAAAAAAAAAAAAAATHE !!
*l’embrasse très fort sur le nez*
*embrasse sa Half qui est très très forte pour perturber les gens de manière à les gluer à la fic*
*vient de laisser échapper un lamentable « Oh ! Frustrée… »… Euh… Non, c’est pas grave, maman, c’est rien -_-'*

Citation :
Il resta là jusqu’à ce que les nuées aient pris une couleur d’ardoise. Le coude posé sur le rebord de pierre usée, Dominic ne put s’empêcher d’écarter les doigts, avant de les refermer doucement sur le vide.
Oui, quand même… Laughing Laughing Il fallait que je cite ça au moins, parce que l’image mentale est totalement
RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!
(Half, je te préviens, va falloir que t’écrives une fic sur moi… *la voit qui se prépare à répliquer* où j’aurai le beau rôle, tu vois le genre… Le genre où ce sera sur MOI qu’elle bavera !!)
J’adooooooooooooooore ce Dom à sa fenêtre avec le ciel sombre, et la position et…
AAAAAAAAAAAAAAAAH !!
*saute partout*
Je crois qu’elle aime.

Citation :
Il imaginait souvent la manière dont il les manipulerait, en rêvait parfois.
*sourire des plus crétins et reprend sa chanson ‘Dom est un psychopatheuh’ avec une guitare, prenant sa meilleure tête de Francis Lalanne avec une perruque de cheveux courts (Nasty est grandement traumatisée par ça)*
Haaaaaaalf, espèce de frustratrice à la mangue *l’attrape par le col* C’est-y pas permis de me faire fantasmer comme ça sur la folie de Dom avec une simple phrase ?!! *admire quand même le talent de sa Half, parce que pour faire naître comme ça toute une idée, tout le malaise derrière avec quelques mots… faut être très fort*

Je tiens juste à signaler que les hormones de Nasty doivent être en pleine agitation, parce que rien que le fait d’avoir Dom dans une fic (qui, en ce moment, descend un escalier) la fait gagater… Rolling Eyes

Citation :
Il gisait avachi sur le sol, se retenant sur les coudes, ses jambes légèrement repliées et écartées. Il portait comme lui un sac en bandoulière dont la lanière bavait à présent sur son bras gauche.
*toujours en mode fan hystérique ayant soit ses hormones en mode on soit une horloge biologique en mode quarantaine (ce qui, dans le cas de Nasty, à moins que la chirurgie esthétique ne fasse vraiment des miracles… Oh ça va, hein)*
Billouuuuuuuuuuuuu !!!

Bon, le seul problème, c’est que je n’arrive pas à visualiser la position… :scratch: C’est con, mais… j’arrive pas à voir (le truc qui coince, c’est ce qu’il fait de ses jambes à ce moment-là… Toujours en dessous de la ceinture -_-', je sais, mais… je vois pas) cette première apparition de Billy… :?
Sinon, j’aime bien le p’tit détail très réaliste de la lanière… Je trouve ça cute… Smile Smile (voui, je sais… je mignonne sur n’importe quoi -_-')

Citation :
celui-ci ouvrit les yeux, ils semblèrent assaillis d’un choc plus farouche encore que leur collision. En un instant, le jeune homme brun était déjà debout, sans l’avoir touché.
Très jolie, la manière de montrer immédiatement leur ‘relation’ (enfin, pour l’instant, c’est pas ça qu’est ça, mais… Mon Dieu, d’où je sors cette expression ?)…
*du bout des lèvres* Donne envie d’en savoir plus…
Elle est frustrée.
Oui.
Mais (ce sera un privilège uniquement pour cette fic, Half, n’en fais pas une habitude), j’apprécierai presque ce sentiment… ^^

Citation :
les premières élèves qui sortaient de l’une des classes et lui adressèrent des sourires avenants.
LOL !! Mais quel tombeur, ce Dom ! Laughing
(I’m too sexy for my looove, too sexy for my love, love’s going to leave meeeee… *gagate*)

Citation :
Billy dévala les dernières marches pour se retrouver bientôt dans le hall principal du bâtiment.
Mon Dieu, pauvre Billou traumatisé… I love you I love you I love you

Je peux aller le réconforter ?

Non ?
Bon.
J’aime bien la façon de retranscrire la peur qu’a pu ressentir Billy, simplement par ses actions toute simples mais si significatives… ^^

Citation :
Il savait quoi qu’il en soit qu’il n’était plus dans les environs. Il avait développé une surprenante habileté à pressentir sa présence alentours.
YAAAAAAAAAAAAHA !!
J’aime beaucoup le lien qui s’est créé entre les deux, même s’il sert pour l’instant à l’éviter… Il le sent déjà, arrive à être aware de sa présence… J’aime vraiment beaucoup…
On sait tous comment ça finit, n’est-ce pas ?
Et béh par sur ce coup-là, mon ange… Et c’est ça qui est très intéressant dans sa fic.

Citation :
Ce garçon l’inquiétait, et ce malgré tout l’illogisme de cette méfiance. Il était après tout un élève comme les autres, travaillant, sortant avec ses amis, aguichant volontiers les filles à l’occasion… beaucoup plus « normal » que lui, en somme…
*vire hystérique*
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARG !!
BILLYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY !!

*sautille partout* bounce bounce bounce bounce bounce
Bon, déjà, j’aime beaucoup le personnage de Billy, qui voit arrive à voir au-delà des apparences pour comprendre mieux que les autres ce que peuvent être les gens (et surtout pour Dom, dans ce cas-là…), mais surtout…
*saute au cou de Billy et s’y accroche, commençant à frotter son nez contre sa nuque dans un acte qu’elle pense affectueux et qui est tout simplement insupportable*
Il faut s’assumer mon chou, il faut s’assumer…
(et que vivent les guillemets, qu’ils croissent et fassent des petits guilletons tout en finesse…)

Ca y est, maintenant les hormones de Nasty se lâchent sur le fait qu’il remonte la bandoulière de son sac… -_-'
(... mon message est quatre fois trop long... Ma Half, suis sorry pour le calvaire que tu vas traverser... -_-''')
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Nasty
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 19 Avr - 13:47

Citation :
Il se sentait plus à l’aise au milieu d’une foule, encore que cela ne lui procurât aucun plaisir par ailleurs. Au moins cette profusion de gens avait-elle le mérite de le faire passer inaperçu
Exactement !!
*admire beaucoup et opine du bonnet*
Ma Half, tu arrives à exprimer parfaitement ce sentiment… Very Happy Very Happy C’est connu, et c’est tout à fait vrai, et très bien dit… Enfin, je reviendrai dessus, je trouve que ton Billy est absolument génialement décrit et caractérisé… En deux mots, j’aime ton Billy ^^ (Meugneugneu !! *main plaquée sur la bouche pour ne pas qu'on entende ses cris*)

Citation :
Billy songeait toujours à l’élève aux yeux bleus si déconcertants. Quelque chose en eux le pétrifiait par moments, et c’est pourquoi il cherchait leur vision en même temps qu’il la fuyait. Leur reflet faisait parfois descendre une douche acide le long de sa poitrine. C’était impressionnant, mais aussi éprouvant.
Parfaitement décrit… :thumleft: :thumright: En même temps une sensation de malaise, comme celle que peut ressentir Billou, encore une fois en peu de mots parfaitement exprimé, et puis l’envie de le voir, l’envie de se plonger dans ses yeux… et puis la peur…
*sort un orchestre* Et puis la teeeeeeeeeeeerre… Lij, tu laisses le single du Tsunami tranquille, et tu le rends au monsieur de la Fnac.
(et puis une certaine jubilation de slasheuse, je tenais à préciser)
J’aime vraiment beaucoup la relation DomBilly, très originale, on sent toute l’étude derrière, c’est toujours aussi… intéressant… Je sais que je me répète, mais c’est vraiment ce qui revient en lisant la fic... :afro: Enfin, une nouvelle fois, tu fais passer tous ces sentiments facilement, et c’est vraiment très bien fait…
*voit un petit Pippin gicler hors de son salon en criant un ‘bien fait pour ta tronche’ (Renaud… Arrête de parler à Pippin…) à Frodon*

Citation :
Cette désagréable tendance à penser que le monde lui en voulait l’étouffait et le coupait de toute relation fructueuse. Les gens qui le connaissaient –qui se résumaient à peu dans l’ensemble de l’école- le trouvaient toujours gentil, mais sans plus. Un repas de plus qu’il passerait seul à une table, en l’ayant choisi… Il passa avec une envie un peu amère devant un groupe qu’un éclat de rire secouait, et chercha une place proche de la fenêtre.
Encore une grosse citation, mais c’est impossible de couper, parce qu’à chaque phrase, il y en a une autre qui donne envie d’approfondire la même idée, de…
Enfin, juste pour signaler que sur ce coup-là, ma Half… :affraid: :affraid: :affraid: :affraid: :affraid: :affraid: J’admire. Et j’ai aussi une grosse boule dans la gorge parce que… Putain, Half, est-ce que tu te rends compte que tu viens de taper en plein milieu des sentiments de plein de gens (dont moi, par la même occasion) ? :suspect: Non, mais sérieusement, tu fais ça avec tellement de facilité, ça coule tellement bien, fluidement… Tu sais que c’en est… décourageant ? :? :? :? (et en même temps, m’amûr, ça me rend toute fière de toi *guillerette* et heureuse d’avoir l’honneur de te lire)… Je veux dire que… tout, TOUT, de la ‘peur’ de l’autre à l’amertume devant ceux qui sont heureux, en passant par le 'gentil mais sans plus', est parfait, c’est juste… exactement exacte, tombant comme il faut, sans caricature, parfaitement. Là, c’est le mot. Enfin, je ne sais pas quoi dire… C’est juste… sciant… *perd son vocabulaire et tombe dans le niveau de langage d’une pouffe américaine*
Alors… Bravo. Simplement.

En passant, j’aime bien la façon dont tu as fait les changements de point de vue, on dirait que
*sort une bouteille (et la vide sur la tête de Dom qui prend sa tête de pub télé en agitant ses cheveux, les yeux fermés et la bouche entrouverte, béat)* ça coule de source. *clin d’œil Billien*
*a vraiment des références pourries*

Citation :
un jeune loup qu’il soupçonnait de manœuvres douteuses pour avoir obtenu son poste
Il a couché avec le directeur, n’est-ce pas ? Wink
(me rappelle quelque chose cette histoire, c’est marrant de retrouver les petits détails, comme ça)

Citation :
Son visage semblait toujours un peu crispé, et ses yeux noirs d’encre, sous sa frange brune claire, pouvaient intimider.
J’aime beaucoup Agnès (Ah ! je savais pas qu’elle serait là, elle ! Ca a été un grand plaisir de la retrouver en tout cas), du moins celle que tu décris, dans son caractère (pantalons power !! Dit la fille maintenant deux jupes dans sa garde-robe… -_-' Ca y est, ma honte est révélée). Mais là… Elle est plutôt teinte, la Agnès que l’on connaît, non ? :? :? :? :?:?
Non, parce que c’est bête mais… ça me perturbe un peu le ‘brune’ que l’on retrouve après… Elle fait quand même plus blonde (fausse, il est vrai, mais quand même) que brune… (… je suis d’accord pour châtain, à la rigueur, mais… Je crois qu’elle s’en fout, Nasty…)

ALDEEEEEEEEEEEEB !! *vire hystérique* Lui non plus je savais pas qu’il serait là !! *lui saute au cou*
Nan, mais Half… Ais pitié, quoi, je sais pas, moi, fais un effort… Arrête de faire une belle compagnie comme ça, qu’est-ce que tu veux que je devienne après ?
C’est super de retrouver tout le monde, je dois dire que sur ce passage, j’ai pas arrêté de glapir comme une conne, c’était très très agréable ! ^^

Citation :
Mais le drille n’était pas bégueule pour autant, et l’avait accueilli en bonne amitié, lui assurant qu’en plus, il avait une gueule de chanteur…
On sait tous comment ça finit… (« si tu veux v’nir dans mon groupe… » *se perd dans ses fantasmes*)
J’aime bien ce petit passage, on entend très bien Renaud dire ça, en plus ! ^^

J’aime beaucoup la description d’Aldebert qui suit, très bien faite, très précise… Ca m’a donné envie de le voir et au final… Oh, l’est cute !! *petit sourire*
*gémissements divers*

Citation :
Il s’était senti un peu couillon devant l’agenda, mais en était ressorti fier comme un coq.
OUAAAAAAAIS !
*a déjà pris Aldebert sous son aile telle une mère protégeant son enfant (oui, je sais, il m’en faut pas beaucoup, mais je suis prise d’une certaine crise d’affection continue avec ta fic et ça finit par se voir) et est toute contente pour lui*
Cute l’anecdote qui donne tout de suite une vraie réalité au personnage… Très bien fait, comme toujours Wink

Alors, pour PJ, je tiens à dire que ça a vraiment été royale de ta part… D’abord, j’ai pensé à Michael Moore (même si ça me perturbait grandement dans la description –encore une fois bien réalisée, quand je m’y remets avec le bon personnage en tête Wink ), et puis avec le nom, j’ai eu un grand moment de frayeur, et enfin, pour ‘Peter’, y a eu ce délicieux petit moment de « Mais… ça veut rien dire ? *commence à haute voix pour vérifier* Peter Jack… NOM DE DIEU !! Laughing Laughing Laughing » *est encore toute honteuse mais morte de rire*

Citation :
aimant plus et étant plus aimé. Il entoura Renaud de son bras lorsque celui-ci se pencha sur poitrine et lui frappa affectueusement le ventre en lançant
*fébrile* Je peux le dire, hein, je peux le dire, hein ?
AH ! PDE !!
*est brutalement assommée par Lij et Half d’un même coup de poêle en fonte incrustée de diamants bien acérés*

Et ensuite, la description de Renaud est… comment dire…
Je crois que j’exprimerai mieux qu’elle l’effet de quelques mots… HAAAAAAAAAALF !! *la prend par le col et la secoue presque violemment* Half, mais il faut que tu arrêtes ça, il faut que tu arrêtes de la faire baver aussi facilement, il faut que tu arrêtes d’écrire aussi bien, c’est plus possible !! Je vais jamais m’en tirer, moi !! Est-ce que tu te rends seulement compte du nombre de personnes qu’elle adore, soudain, dans cette fic ? Et moi ? *gémissements lamentables* Arrête d’être douée, Half… Crying or Very sad
Voui, euh… Tout le personnage est décrit rapidement, mais parfaitement, de l’histoire au visage (je sens que sa bruneur va encore me choquer… Laughing Laughing Oui, je sais, il m’en faut pas beaucoup, mais j’ai un Renaud blond dans la tête -_-'), passant par la tenue, le physique… Une nouvelle fois, j’admire, adore et applaudis Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy : tu as ce don pour montrer si rapidement, en quelques touches qui font le personnage, qui dessine toute cette idée… :cheers: Bravo !!
( Bave Et il faut que je commence dès lors à te remercier pour refaire naître ce Renaud que je n’ai jamais connu… Merci… *petite larme émue*)

Wow… Tout ça de review pour ne rien dire… Mais c’est que je suis en retard, en plus *paniquée*

Citation :
Renaud sursauta vivement, s’écroulant à nouveau à moitié sur Michael
Hey ! Mais… Il rivalise avec moi pour trouver des excuses à la con, là, non ?
On sait tous très bien comment ça finit Rolling Eyes

Oh ! J’aime beaucoup Lysiane *sourire crétin*
*catastrophé* Haaaaaalf *à terre, tire sur son pantalon pour réclamer un peu d’attention* Pitiéééé…
Et surtout MDR la fin !! Laughing Laughing Laughing La pauvre… Very Happy Very Happy Very Happy
En tout cas, toute la bande est vraiment sympathique ^_____^ C’est très agréable des les voir tous… ^^
(et c’est là que Nasty voit qu’on est déjà lundi soir, qu’elle a encore lambiné comme une conne, qu’elle ne mérite pas de reviewer et qu’elle n’a pas d’excuses… Enfin, si… Apprendre la classification périodique, c’est chiant Wink Ca c’est lamentable, Nast’… Aussi lamentable que Renaud qui fait des câlins à Michael avec l’unique excuse d’avoir été ‘surpris’… Rolling Eyes )

*retrousse ses manches et part se faire une tartine de fromage de chèvre (ou un bout de tarte à la rhubarbe… A réfléchir… ARG !! LIJ, lâche le gâteau, lâche le… Bon, ben tartine… *fait un petit rire à la Fogiel*)*
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Nasty
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 19 Avr - 13:48

Citation :
Lorsque Renaud ouvrit la porte de l’aile Nord du bâtiment Reuel, il leva sur le champ les yeux sous sa casquette noire vers l’épaisseur sombre du ciel vespéral.
Ooooooooooooooooh…
Oh nooooooooon…
Cuuuuuuuuuuuuuuuute !!
Zuuuuuuuuuuuteuh...
Quelle image...
À la con, vi ! Encore un joli truc qui fait gagater les Nasty devant, pour ensuite se retrouver avec encore davantage d’invités dans le salon, et qui font des trucs pas clairs, en plus !
Toute la noirceur du moment, et puis j’imagine bien l’angle de vue (oui, c’est très... cinémaïsé, sur ce coup-là, dans ma tête), les yeux qui se lèvent... J’aime beaucoup l’impression d’ensemble... Smile Smile Smile Smile

Citation :
Sortant au dehors, sa guitare à la main, il déclara :
It’s raining meeeeen, hallelujah, it’s raining...
*est brutalement assommée par M’sieur Sechan en personne qui ne peut tolérer qu’on lui attribue de telles paroles (déjà qu’il a à faire avec ce qu’il a vraiment chanté… Rolling Eyes )*

MDR l’histoire de l’aménagement de leur salle, j’imaginais bien la réaction de la direction… (en plus, je me répète, mais ça donne une valeur totalement réaliste, qui donne tout de suite sa tangibilité à l’univers, et qui en fait l’un des meilleurs AU que j’ai pu lire… Bon, d’accord, mon expérience dans ce domaine n’est pas étendue jusqu’aux étoiles et au-delà de l’infini, mais… *rire hystérique de Lij en fond, à qui on vient de raconter celle de l’Indiana Jones s’accrochant à la ceinture des garçons respectables*) Et pis c’est vrai qu’il faut quand même pas trop perturber les jeunes avec des chansons de Renaud parce qu’après, on se retrouve avec « Maman, quand j’s’rais grand, j’voudrais pas être étudiant… » Laughing Laughing Laughing dans la tête pendant tout un contrôle… et ça, ce n’est pas admissible *regarde en l’air en sifflotant une chanson à la con*

Maintenant, elle mignotte sur l’image d’un Renaud tout jeune avec sa guitare et sa tenue en jean se produisant dans des bars enfumés, tout ça…

Incurable, hein… -_-'


Citation :
Le trio avait réussi à se procurer des fauteuils et des divans un peu défraîchis jadis peuplant les salles des professeurs ou l’internat, et aujourd’hui remisés au placard. L’intendance leur avait même débloqué un petit capital financier totalement inattendu, avec lequel ils avaient pu compléter l’aménagement avec quelques poufs de diverses couleurs et des canapés larges et bas.
Je trouve que ça donne tout de suite l’ambiance, un peu fanée, pas reluisante, certes, mais très confortable… Le petit coin assez intime, en quelques sortes, agréable… ^^
Et pis, si y a des canapés (et des poufs… les poufs, c’est génial… *commence à s’enfoncer sur son siège avec un petit sourire rien qu’à l’idée* J’comprendrai jamais les slasheuses… -_-'), moi, tu sais… J’suis heureuse…

Citation :
-Coucou, vous m’entendez ?
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!
Non, c’est pas grave, là, il a juste parlé dans un micro… Calm down, Nast’…
BAAAAAAAAAAAACK, CRAZY FANGIRL, BACK !! ...your hands off my boyfriend !

Citation :
Renaud était toujours surpris d’entendre sa voix dans les amplis aux premiers mots qu’il prononçait. Il ne s’y sentait à l’aise que lorsqu’il était pris dans ses chansons, mais n’avait par ailleurs jamais été doué pour discourir sans mélodie.
Oooooh, c’est-y pas mignon…
Non, ça ne l’est pas, Nasty… S’il aime pas parler dans un micro, il le fait pas et qu’on n’en parle plus, quoi… Zut, à la fin, on n’est pas là pour se faire emmerder par des chanteurs à la… *se prend une tong en pleine tête*
Encore une fois, un petit détail réaliste que j’aime bien… ^^

Citation :
-Bien. Vous êtes plus doués que le gouvernement, alors, sourit le chanteur.
BOUHAAAHAAAAH !!
Non, c’est pas grave, là, il a juste fait un trait d’esprit…
MDR en tout cas, la réplique !!
Et très in-character en plus, j’imaginais tout à fait Renaud le dire, avec le petit sourire et…
*tend laconiquement une bassine à Nasty*

Citation :
Je sais qu’il est pas tout à fait huit heures mais si vous voulez je peux déjà vous faire une petite chanson pour passer le temps…
*est partie pour citer toutes les phrases de Renaud rien que parce que c’est Renaud et que grâce à sa Half, depuis le début de la soirée, elle a un vrai de vrai Renaud dans la tête qui émet de vrais sons pour former des phrases (et tout ça pour quoi… Parce que tu maîtrises le langage Renaud comme personne, m’amour…) … Alors ma Half, je ne peux que te remercier et baiser les pieds poilus de Pippin ^^* Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
Lol le Renaud qui se propose pour ‘passer le temps’, en tant qu’amuse-bouche… Sympa ^^

EXPLSDRRRR sur le ‘discours’, et tellement vrai ! Alors là, franchement, je ne peux qu’admirer et te féliciter une nouvelle fois, parce que… Bah c’est Renaud, quoi, et sur le coup ça m’a donné l’impression que tu avais été cherché dans ses vraies paroles… drunken drunken drunken Bon, p’êt pas pour la fin, mais… réellement, j’ai toujours un doute, d’ailleurs (et j’ai peur que tu finisses par m’apprendre que c’est le cas), mais c’est pour dire à quel point tu as réussi à faire passer LE Renaud, son langage, sa façon de parler bien particulière, l’ironie…
Raaaaaaaaaaaaaah
Ca m’tue
*morte crucifié sur son lit avec trois hobbits*
J’ai décidé de haïr Renaud. *se prend une tong en pleine tête… de la part de Billy*

Citation :
la voix lasse et murmurante de Renaud vint bientôt s’y mêler
Court, rapide… et pourtant totalement précis et efficace : c’est exactement la voix de Renaud à ce moment-là, ce timbre lassé, fatigué… :cheers:
J’ai dé… *se prend une troisième tong de la part d’Eowyn qui est devenue fan et glapit en même temps que Nasty*
J’adore la réaction du public, ça me fait toujours péter de rire en l’entendait ^^

Citation :
Les applaudissements moururent doucement sur les mains de Billy tandis qu’il écoutait Renaud.
… :affraid:
Ah, Half… Comment fais-tu pour passer des applaudissements de tous, de l’amusement à… Billou… C’est terrible, je m’y suis faite prendre aussi beaucoup trop facilement (*Nasty, mode grand sourire, crie un ‘Ouéééé’ convaincu en même temps que les spectateurs, puis d’un seul coup perd tout sourire* pale pale )… Comme quoi, t’as tout de suite réussi à en faire un personnage terriblement à part…
Et là, rien que cette introduction… brrrrr… Tout se calme, tout… ‘meurt’, exactement… C’est… génialement fait… really.

*vient d’essayer de citer une phrase de la suite… en passant sur la phrase suivante, aussi intéressante… puis sur la ligne d’en dessous… puis sur la suite… et se retrouve avec tout le paragraphe concernant Billou (je crois qu’il va devenir mon personnage préféré (encore que, c’est très dur de choisir, étant donné que tu arrives à nous faire aimer tout le monde)… je trouve que c’est celui que tu évoques le mieux, par petits flash, par petites étincelles de sentiments auxquels on peut s’identifier)*
Bon… Alors… La description de la voix de Renaud est…

Embarassed Embarassed

*perd définitivement ses mots*
à tomber par terre. Bave Bave :sunny: :sunny:

*cherche quelque chose à ajouter*
C’est génial… Je sais que j’ai toujours tendance à m’exalter à coups de grands noms tout de suite (et je le pense toujours), mais… là… je me sens conne parce que… à ce niveau, je sais plus quoi dire. Tu as le don. C’est tout, ça ne s’explique pas. Le don qui fait vibrer, qui fait dire ‘Oui, c’est ça, c’est exactement ça’ tout en ne voyant pas le truc, la recette, derrière, juste… c’est juste vrai. Parfait. Et sensuel, je trouve (il faut dire que je suis moi-même très très sensible aux voix, et c’est peu dire Laughing )… C’est la première chose que Billy connaît de lui, celle qui peut soigner ses peines (aaaaaaaah !! terrible cette façon de montrer ses sentiments, d’ailleurs, et puis cette attention aux moindres détails récoltés à chaque fois qu’il vient, tous les soirs… aaaaaah, l’amour, l’amour, l’amour… I love you I love you I love you ), c’est…

Bon, et bah voilà.

Je sais pas quoi dire.
Je t’admire, vraiment… Et j’adore ce morceau.

Citation :
Quelques gouttes commençaient déjà à tomber du ciel, tachant le gravier blanc.
Magnifique image du liquide qui tombe sur le gravier, terre et ciel mêlés dans le grisâtre de la pluie… J’aime bien.

Citation :
-On va au club, ce soir ? proposa Coralie.
Tu vas au bal qu’y m’dit
J’lui dis qui
Y m’dit toi
J’ui dis moi
Y m’dit oui

*se perd soudain dans les paroles et repart dans son gagatage sur Renaud (« ouaaaaaiiis, il est trop fort »)*

Citation :
on se pointe quelque part et en quelques minutes tu as la moitié de la gent féminine du coin pendue à ton cou. Si c’est pas une marque de bénédiction céleste, ou génétique, comme tu veux… Enfin remarque il fallait bien compenser certains autres trucs !
MDR !! J’aime beaucoup les interactions dans la ‘tite bande, z’ont l’air sympas… Et je suis tout à fait d’accord : Dom est un sex-symbol béni par les dieux (bah vi, on hérite pas d’un charisme comme ça sans certaines interventions divines…)
(c’est qui, déjà, qui a un fan-club uniquement dédié à ses hanches ? Non, ça doit pas être Dom, mais je me rappelle avoir lu ça et… non, c’est pas grave Rolling Eyes )

Citation :
Ce soir-là engoncée dans un tee-shirt et un pantalon serrés, ses bourrelets malmenés semblaient chercher à s’échapper de cet étau par l’espace disponible au niveau de sa taille.
MDR !! Laughing Laughing Laughing
Ah, la bonne pouffe que l’on connaît (chez nous, on l’appelle soit la taupe, soit la boule de Noël… Non, c’est juste pour dire que y a ça partout et que c’est… presque sympa d’en trouver une) ! Super description ! ^^

Citation :
Dominic trouvait cela particulièrement amusant d’un point de vue strictement psychosocial.
PTDRR !!
J’adore le regard froid qu’il peut poser sur les choses, cet aspect totalement détaché, tout le recul… Aaaah, Dominic… Bave Bave Bave
*dresse l’oreille* NASTY !! M’enfin !
Pardon -_-'

Citation :
C’était ce genre de filles qui aimaient aborder un groupe qu’elles connaissaient à peine lorsque le désœuvrement ou la convoitise l’exigeait.
Toutafé exacte… Encore. C’est une étude de la société estudiantine que tu nous fais, là…
T’as jamais pensé à la sociologie, ma puce ? (dit la fille qui n’y connaît rien, il est vrai)

Citation :
Détendu, il alla se nicher avec l’air matois d’un chat contre l’épaule de Coralie, l’individu pour qui il éprouvait alors, sinon des sentiments, au moins le plus grand respect, et reporta son attention sur la scène.
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah, Dominiiiiic…
*gros bruit de tabouret qui s’écroule sur le sol*
Liiiiij, la corde elfique ne marche pas pour la pendaison, je te rappelle…
*gros bruit d’un corps plus mou qui s’écroule sur le sol*
Rolling Eyes
(parfaite l’expression de chat de Dom, c’est comme ça que je le perçois aussi… Il a cette élégance, cette grâce…)

Super la chanson, j’imaginais bien toutes les œillades, la complicité évidente entre les chanteurs, l’orchestration, les voix qui se mêlent…

*passe en mode Chouchou* J’AAAADOOOOOOOOOOOOOOOOORE ce groupe…
*secoue vivement la main de sa Half* C’est super bien écrit, très gai, très agréable, ça donne du baume au cœur de les imaginer tous réunis, comme ça… Aaaaah, que ta fic soit bénie et sanctifiée entre toutes…

Encore un POV de Billy, et une nouvelle fois je ne peux choisir… Ca coule trop bien pour que je sélectionne… je dirai simplement que l’envie de tout plaquer, la peur de le faire, l’énumération du quotidien… C’est très beau… Très bien exprimé dans toute son amertume, toute sa lassitude… Et encore une fois, ça touche en plein cœur…
J’aime ton Billy, j’aime ses sentiments, j’aime… j’aime ton écriture aussi…

Citation :
Billy Boyd, Britannique oublié éternel. Riche ; même pas à plaindre. Orphelin, certes, mais l’eau avait coulé dans les rigoles depuis.
Sublime, la rythmique, aussi… Pas de raisons de se sentir si triste, après tout, tout va bien… :? Un autre point dans la foule, pas différent des autres, que l’on ne regarde pas… Rien qui sort du lot.
Je sais pas comment tu fais, Half… Définitivement…
*toujours sans voix*
:suspect: C’est… bien. D’un point de vue psychologique, c’est vrai, ça frappe exactement où il faut. Sur l’écriture, c’est tout simple, mais toujours sublimement exprimé.

J’aime.

Citation :
Il fut réveillé par les applaudissements
Exactement ce que l’on ressentait : l’endormissement, petit à petit, on plonge dans l’inconscience… et soudain, les applaudissements, les bruits qui réveillent… Petit Billou presque surpris qui se redresse…

Citation :
Il était là aussi, comme souvent. Mais ici, le péril sourd qui émanait de lui était comme inhibée par l’atmosphère sûre du local entretenu par la musique, et Billy pouvait se consacrer au repos de son esprit.
Ca aussi c’est très beau… Billy qui repère toujours Dom… Et le « péril » qu’il représente, tout en étant dans un lieu neutre (… et avec Renaud pour protéger… Moi j’dis ça, j’dis rien… *sifflote en regardant en l’air*), qui atténue…
Douce fin que le repos…

Que je vais rejoindre d’ailleurs après avoir invité tout le monde à danser la farandole autour de ta maison en gueulant
LA SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITE !!
Pour que tu ne trouves la caresse des bras de Morphée dans une étreinte presque mortelle qu’après l’avoir écrit.

Cette fic est tout bonnement sublime, ma puce. Suis fière de toi.
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Sam 23 Avr - 0:07

Citation :
En revanche, faut que je prévienne, je me sens toute conne devant la fic parce que… je ne sais pas où disséquer… Alors je vais essayer, mais… je sens que je vais avoir du mal étant donné que ce sont tous les paragraphes qui forment cet ensemble si particulier, si intéressant…
*part se motiver dans les bras de Dom* (comment ça, encore une excuse à la con ? Mais j’en ferai un livre, un jour… )
Mais non, m'amûr, on va quand même bien t'autoriser ça, manquerait p'us qu'le contraire!! Shocked
M'enfin, pour ce que tu dis, je crois que tout ce qui suit parle de lui-même et me dispense de commentaire... Laughing

Citation :
la description du moment, ta façon d’évoquer en quelques mots, en quelques phrases, toute l’ambiance qui règne, absolument génial
Merci au cloître du lycée Louis Pasteur. ^^

Citation :
(Half, je te préviens, va falloir que t’écrives une fic sur moi… *la voit qui se prépare à répliquer* où j’aurai le beau rôle, tu vois le genre… Le genre où ce sera sur MOI qu’elle bavera !!)
Alors, un peu heureux, Lijie? Laughing

Citation :
Bon, le seul problème, c’est que je n’arrive pas à visualiser la position… C’est con, mais… j’arrive pas à voir (le truc qui coince, c’est ce qu’il fait de ses jambes à ce moment-là…
Alors en fait, notre Billou a son petit croupion par terre, il se retient par derrière sur les avants-bras (pour empêcher sa tête d'aller cogner le sol) et ses jambes son devant lui, repliées verticalement (en gros, fesses et talons sont par terre tandis que les genoux sont plus hauts, ce qui fait que les jambes ont cette forme là: /\) . Et, aussi, elles sont légèrement écartées par la chute, valà... Tu vois mieux ou..?

Citation :
Mon Dieu, pauvre Billou traumatisé…

Je peux aller le réconforter ?
Heu... Ca dépend, si tu ne le traumatises pas davantage... Mr. Green'

Citation :
le personnage de Billy, qui voit arrive à voir au-delà des apparences pour comprendre mieux que les autres ce que peuvent être les gens
Vi, c'est un peu là le paradoxe du personnage. On dirait que c'est son incapacité à se faire comprendre des autres qui le rend si habile à les décrypter, eux. Enfin c'est l'idée que j'ai voulu montrer...

Citation :
et puis l’envie de le voir, l’envie de se plonger dans ses yeux… et puis la peur…
Valà... En fait j'essayais de montrer que Billy voyait avec une profondeur d'avance sur le commun... en m'inspirant de loin de la méthode paranoïa-critique de Dali.

Citation :
J’aime vraiment beaucoup la relation DomBilly, très originale, on sent toute l’étude derrière, c’est toujours aussi… intéressant…
Pour tout dire, j'avais le sentiment que le dombillisme classique avait tellement été fait et de manière souvent si somptueuse que si je voulais pouvoir me lancer dans un nouveau D/B de grande échelle en évitant sans trop de peine le déjà vu, le Dom psychopathe et le Billy un peu torturé, lui aussi, seraient de bonnes opportunités... Après, loin de moi l'idée de renier le bon vieux dombillisme bien éperdu et entier! C'est loin d'être impossible que j'en refasse un un jour (même si dans un avenir relativement proche, avec les trois fics-fleuves que je tiens, ce serait l'affaire de petites fics seulement). Mais bon, disons que là, du point de vue de l'écriture, je trouvais que c'était un filon pour le moins excitant à essayer d'exploiter... Smile

Citation :
Putain, Half, est-ce que tu te rends compte que tu viens de taper en plein milieu des sentiments de plein de gens (dont moi, par la même occasion) ?
Ben, il me semblait bien un peu, vi... Même si ce n'est, sincèrement, pas fait pour refléter une image venant de toi en particulier, au départ. Disons que j'avais conscience que tu te reconnaîtrais peut-être bien en certains traits de Billy (je pensais en particulier à la difficulté à créer des liens profonds avec beaucoup de personne de l'entourage, etc..., du fait d'un certain décalage de ressenti). Mais enfin, si tu me dis que je parviens à présenter un être humain et pas une caricature, je suis contente!

Citation :
Tu sais que c’en est… décourageant ? (et en même temps, m’amûr, ça me rend toute fière de toi *guillerette* et heureuse d’avoir l’honneur de te lire)…
Oh tu me flattes, Nast!!! Embarassed Embarassed Embarassed
*fait un petit sourire timide par en-dessous comme Pippin le lui a appris (sauf que lui il peut baisser le bout des oreilles en même temps et tripoter ses boutons de culotte avec une innocence insoutenable)*

Citation :
En passant, j’aime bien la façon dont tu as fait les changements de point de vue, on dirait que
*sort une bouteille (et la vide sur la tête de Dom qui prend sa tête de pub télé en agitant ses cheveux, les yeux fermés et la bouche entrouverte, béat)* ça coule de source. *clin d’œil Billien*
Bave
Heu... Half?
Vi?
Moi aussi j'peux l'faire, même que tu sais j'ai de longues boucles sombres sur lesquelles peuvent ruisseler les gouttes et...
Hmmmm... Do that now... ^^
... *va rejoindre Elijah en pleine confection de pancartes "Our dignity is not in Dom's gob".

Enfin, pour commenter constructivement, je suis contente que tu aies aimé mon astuce de changements de pov, en glissant d'un perso à l'autre un peu à la "Elephant" (Je dois dire que je me suis pas mal inspirée de l'effet pour cette 1ere partie.)

Citation :
Mais là… Elle est plutôt teinte, la Agnès que l’on connaît, non ? ?
Non, parce que c’est bête mais… ça me perturbe un peu le ‘brune’ que l’on retrouve après… Elle fait quand même plus blonde (fausse, il est vrai, mais quand même) que brune… (… je suis d’accord pour châtain, à la rigueur, mais…
Certes certes, après visite de son site, j'avoue que j'ai un peu honte. Mais pour te donner l'explication, je te dirai que la seule photo d'elle que je connaissais au moment où j'ai écrit était celle-là...

...et du coup, par le bon processus d'imprégnation, c'est cette image là que j'ai gardé de "mon" Agnès" :?

Citation :
Alors, pour PJ, je tiens à dire que ça a vraiment été royale de ta part… D’abord, j’ai pensé à Michael Moore (même si ça me perturbait grandement dans la description –encore une fois bien réalisée, quand je m’y remets avec le bon personnage en tête ), et puis avec le nom, j’ai eu un grand moment de frayeur, et enfin, pour ‘Peter’, y a eu ce délicieux petit moment de « Mais… ça veut rien dire ? *commence à haute voix pour vérifier* Peter Jack… NOM DE DIEU !! »
FUFUFUFU... ^________________________^
Vraiment ravie que ce soit si bien passé! Very Happy Lol le grand moment de frayeur! :lol!: Ne t'inquiète pas, je n'aurais quand même pas fait ça... Pour Michael Moore c'était justement le but... Very Happy Figure-toi, ma chère, que j'ai eu envie de faire un personnage deux-zen-un, avec nos les deux réalisateurs chers à mon coeur qui partagent certains points communs. Je me disais que le résultat pouvait être sympa, alors j'espère que ça va marcher... Smile Wink

Citation :
HAAAAAAAAAALF !! *la prend par le col et la secoue presque violemment* Half, mais il faut que tu arrêtes ça, il faut que tu arrêtes de la faire baver aussi facilement, il faut que tu arrêtes d’écrire aussi bien, c’est plus possible !! Je vais jamais m’en tirer, moi !! Est-ce que tu te rends seulement compte du nombre de personnes qu’elle adore, soudain, dans cette fic ? Et moi ? *gémissements lamentables* Arrête d’être douée, Half…
Heu... Je me suis un peu rachetée, Elichou? Embarassed *a peur de se prendre une beigne*

Citation :
( Et il faut que je commence dès lors à te remercier pour refaire naître ce Renaud que je n’ai jamais connu… Merci… *petite larme émue*)
Je le suis tout autant après une telle affirmation... Crying or Very sad Smile

Citation :
*fait un petit rire à la Fogiel*
ARGH! *fait un arrêt cardiaque*

Citation :
Toute la noirceur du moment, et puis j’imagine bien l’angle de vue (oui, c’est très... cinémaïsé, sur ce coup-là, dans ma tête), les yeux qui se lèvent..
Merci! Very Happy Je le voyais déjà plus ou moins consciemment avant mais, là, grâce à toi qui m'arrête sur ce point, j'ai réellement l'image très concrète devant mes yeux ébaudis. SmileSmileSmile

Citation :
It’s raining meeeeen, hallelujah, it’s raining...
O-m-g... Laughing
*tombe par terre*
Tu sais qu'en seconde, Marie-Neige et moi pensions naïvement que le refrain voulait dire "Il pleut des mecs"?
*honte soudain*

Citation :
*est brutalement assommée par M’sieur Sechan en personne qui ne peut tolérer qu’on lui attribue de telles paroles (déjà qu’il a à faire avec ce qu’il a vraiment chanté… )*
Tu veux parler de "Depuis nous nous aimons comme s'aiment les oiseaux, les huitres, les poissons et puis les pédalos"?

Citation :
Je trouve que ça donne tout de suite l’ambiance, un peu fanée, pas reluisante, certes, mais très confortable… Le petit coin assez intime, en quelques sortes, agréable… ^^
Vui, c'était l'idée... encore une fois, heureusement que tu es là, parce que tu as le don de me rassurer sur beaucoup d'effets plus ou moins implicitement que je n'étais pas sûre d'être pleinement effectif. *mode Renaud dans le CD live* Alors, merci Nasty... Wink

Citation :
Et pis, si y a des canapés (et des poufs… les poufs, c’est génial… *commence à s’enfoncer sur son siège avec un petit sourire rien qu’à l’idée* J’comprendrai jamais les slasheuses… -_-'),
Ca y est... je commence à imaginer tout pleins de trucs qui n'étaient certainement pas censés être inclus dans l'idée... -___________-'

...
Nasty, tu peux me dire si je suis définitivement atteinte ou si le mini-dialogue à la fin de "Tu vas au bal", par la façon dont il est dit, a quelque chose de PDE? -____________-'


Citation :
Oooooh, c’est-y pas mignon…
Non, ça ne l’est pas, Nasty… S’il aime pas parler dans un micro, il le fait pas et qu’on n’en parle plus, quoi… Zut, à la fin, on n’est pas là pour se faire emmerder par des chanteurs à la…
EXPLSDR!!!!!! *se roule par terre* J'aime Lij! Very Happy

Citation :
Bah c’est Renaud, quoi, et sur le coup ça m’a donné l’impression que tu avais été cherché dans ses vraies paroles… Bon, p’êt pas pour la fin, mais… réellement, j’ai toujours un doute, d’ailleurs (et j’ai peur que tu finisses par m’apprendre que c’est le cas),
Eh bien écoute, je ne pourrai te répondre que non, honnêtement... J'ai relu pour vérifier mais rien n'est repris texto. Néanmoins, ce que je peux t'avouer tout aussi sincèrement c'est que moi aussi, je l'ai réellement entendu prononcer ce petit discours, en particulier pour certains morceaux des phrases. Mais c'est tout, tout est fruit de mon ijamination.
Comme d'hab, très flattée, et vraiment heureuse que ça t'ait touché avec une telle prégnance.

Citation :
Billou (je crois qu’il va devenir mon personnage préféré (encore que, c’est très dur de choisir, étant donné que tu arrives à nous faire aimer tout le monde)… je trouve que c’est celui que tu évoques le mieux, par petits flash, par petites étincelles de sentiments auxquels on peut s’identifier)*
Pour en revenir à ce que j'ai déjà évoqué plus haut, je suis vraiment ébaudie (La Half se creuse le ciboulot pour trouver autre chose que "contente", "ravie" ou "heureuse"... Rolling Eyes) de cela. Les personnages et leurs interactions non-seulement entre eux mais avec le lecteur vont vraiment s'avérer particulièrement primordiaux dans cette histoire. J'imagine d'ailleurs que cette mise en place généreuse ne t'as pas tant étonnée que ça, connaissant mon goût définitivement prononcé pour les pléthore de personnages, ayant tous une présence relativement définie... Cet AU serait une sorte de feu d'artifice de ce concept, dans l'idéal que je m'en fait... Smile C'est pourquoi tu comprends à quel point j'apprécie chacune de tes remarques sur mon petit monde (et d'ailleurs, au passage, je te rappelle de ne pas te gêner pour les critiques!).

Citation :
Tu as le don. C’est tout, ça ne s’explique pas. Le don qui fait vibrer, qui fait dire ‘Oui, c’est ça, c’est exactement ça’ tout en ne voyant pas le truc, la recette, derrière, juste… c’est juste vrai. Parfait.
Lol, vous avez un don, mon amie... ^^
Hm, sérieusement, ben... rooooh quoi Embarassed Embarassed Embarassed *est plus rouge qu'un bigarreau de cerisier de la Comté*! Je ne sais pas quoi dire, à part que je suis vraiment flattée et touchée et émue... Embarassed Et que mercimerci mais tu vas finir par me gâter, mon carillon des Alpes...
Yes: spare the road, spoil the child... *sourire malsain*
*s'éloigne précautionneusement de Dom avec un air inquiet*

Citation :
C’est la première chose que Billy connaît de lui, celle qui peut soigner ses peines (aaaaaaaah !! terrible cette façon de montrer ses sentiments, d’ailleurs, et puis cette attention aux moindres détails récoltés à chaque fois qu’il vient, tous les soirs… aaaaaah, l’amour, l’amour, l’amour...
^^

Commentaire constructif, s'il en est.
Enfin, pour re-re-redire la même chose: je suis vraiment ravie, aux incubes, que tu ressentes aussi bien les textes. C'est très gratifiant et motivant, tu sais. Sûrement plus que ce que tu n'imagines.

Citation :
Billy qui repère toujours Dom… Et le « péril » qu’il représente, tout en étant dans un lieu neutre (… et avec Renaud pour protéger… Moi j’dis ça, j’dis rien… *sifflote en regardant en l’air*), qui atténue…
Douce fin que le repos…
Mais dis, ma choute, mais dis... C'est pas pour rien que l'auteur tente maladroitement de foutre de l'implicite dans ses textes alors, quand ils sont décelés, ça fait toujours bien plaisir!

Enfin voilà, et là, ma Nast, pendant les quelques minutes qui me restent, je tiens à te faire des remerciements tout particuliers (je suis d'ailleurs un peu effondrée par avance en sachant que tout ce que je vais dégoiser ne pourra pas être à la hauteur de ma reconnaissance... aaaaargh! Nom de Dieu! La prof de philo avait raison: les mots font parfois obstacles à notre pensée! Damnit!), parce que, vraiment, ces reviews que tu m'as faites, c'est des reviews de luxe, haute qualité, haute teneur, haute émotion, haut humour, haut en couleur, haut...
Bon, magne, tu fais pas avancer le chmil-bique, là... Rolling Eyes
Enfin quoi disons que... ça m'a touchée. Vraiment. Et que ça m'a fait rudement plaisir. Comme tu le sais j'ai un peu tendance à soupirer en voyant mon audience sur le forum, maintenant, où j'ai de plus en plus la sensation d'être une étrangère (C'était mieux aaaavaaat... Rolling Eyes), mais quand je vois à quel point mon "travail" peut profiter à quelqu'un, ça me fait penser (même si je persiste à être adepte du "écrivons avant tout pour nous même") que je pourrais vraiment n'écrire que pour cette personne, s'il le fallait. Parce que prendre son pied avec ses propres production, c'est chouette, mais le partager avec un autre individu qui semble tellement en phase avec soi-même (c'est vraiment une expression qui me revient souvent, je sais, désolée... -__-''') qu'on se demande parfois comment c'est possible et comment on a pu à ce point se trouver béni par le destin ben...
*mode Renaud*
C'est bien.

Et valààà... et désolée pour l'attente, ma chérite. Prends un médoc et va vite te coucher. :(


Dernière édition par le Mer 6 Juin - 12:55, édité 2 fois
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Dim 24 Avr - 0:05





Dominic avait applaudi avec les autres à la fin de la chanson, se redressant de l’épaule de Coralie. Ludia, elle, en profita pour se caler contre son bras à la fin de l’ovation. Il la laissa faire. Il aimait bien assister à l’attrait qu’on lui portait, surtout en sachant d’avance qu’il serait vain. Et puis, il aimait cette ambiance, lui aussi. Le faible éclairage concentré sur la scène, il se trouvait dans le bain agréable de la semi-obscurité qui élargit les pupilles et permet d’observer les gens à la dérobée, sans qu’eux ne puisse clairement distinguer votre attitude. Dominic avait aussi remarqué que le comportement corporel n’était pas le même, dans l’ombre. On se détendait, se laissait aller à plus de choses ; ce qui témoignait aussi d’un relâchement de l’esprit pour la plupart des personnes. Elles étaient plus vulnérables. Il dégagea son bras pour le passer autour des épaules de Ludia et l’attirer un peu plus contre sa poitrine, ce à quoi elle se complut en silence. Dominic caressa discrètement la courte hampe à travers la toile de son pantalon, du côté droit. Oui, il était là.

Son attention fut soudain attirée par de l’animation sur l’estrade. Trois des chanteurs poussaient ou tiraient Renaud vers le micro qui reposait sur son trépied, mais l’intéressé ne semblait guère enclin à obtempérer.
-Nooon ! J’veux pas !
-Mais si, tu veux ! s’exclama Agnès en lui donnant une tape sur le derrière. Sinon, pourquoi tu l’aurais composée, c’te chanson ?
-Pas tout de suite ! implora le jeune homme aux longs cheveux. Après, plus tard, peut-être. Micky il l’a pas encore chantée, la sienne ! Je peux le faire après !
-Pas question, trancha le colosse en le soulevant pour le planter devant le microphone. Tu la chantes maintenant, et puis c’est tout. Tu sais que c’est en ce moment que tu te donnes en spectacle ? Vous voulez qu’il nous la ponde, sa chanson, hein ?
Le public répondit par des beuglements d’encouragement et quelques sifflets de motivation. Agnès, Peter et Aldebert le laissèrent alors sur le devant de la scène, le dernier avec une petite tape de soutien dans le dos. Renaud resta là, la guitare en bandoulière et les mains dans les poches, considérant un instant Lili puis le reste de l’assemblée.
-Cette chanson, j’ai peur de vous la chanter…
Quelques réactions s’élevèrent, principalement des rires amusés par l’attitude peu coutumière de l’artiste et des exclamations d’attendrissement féminines devant son attitude candide et incertaine.
-Je voulais pas la dire devant tout le monde, au départ… C’est la demoiselle là-bas, avec sa djellaba à la con, là, qui m’a engueulé pour que j’le fasse… se plaignit-il en désignant la brunette de son groupe. Alors voilà, ceux qui veulent vous pouvez sortir. Cette chanson s’appelle heu… « Petite », et je crois qu’elle a deviné qu’elle était pour elle.
Il osa un dernier regard affectueux vers Lysiane avant d’entonner les premiers accords balancés de son instrument.

-Tiens, t’en veux une gorgée ?
Dominic se tourna vers Uliana qui lui proposait une canette de bière. Avant qu’il n’ait eu le loisir de réagir, Jonas répondit à se place en saisissant la boisson :
-Non, laisse tomber. Monsieur est un plus imperméable qu’un ciré.
-Vous êtes cons de vous saouler à tout bout d’champs, même ici… Un jour ça finira par retomber sur le dos du club et l’admin’ le fera fermer, prédit Monaghan.
-Hey, s’ils s’en souciaient tant que ça, Renaud ne s’amènerait pas une fois sur cinq à moitié rond ici, répliqua le jeune homme à la queue de cheval avant de prendre une longue goulée.
Dominic le regarda avec affliction. Il trouvait l’attirance humaine pour les drogues de toutes sortes pitoyable… Comment pouvait-on volontairement risquer de se faire l’esclave d’une substance inanimée, en perdant le contrôle de son propre soi ? Il ne trouvait rien de plus minable que Teisseir lorsqu’il devait le ramener jusqu’à sa chambre alors que lui ne tenait plus debout mais avait encore assez d’énergie pour babiller des inepties diverses. Il avait parfois envie de l’achever sur place dans ces moments.
-Une petite main jaune au revers du zonblou, un côté un peu zone pour crier ton dégoût de ce monde trop vieux, trop sale et trop méchant, de ces gens silencieux, endormis et contents…
Renaud était finalement bien lancé dans sa chanson, même si l’on devinait qu’il l’alignait avec un trac et une pudeur qui ne lui ressemblaient pas. Sa voix avait tendance à partir encore plus facilement que d’ordinaire, malgré une attention accrue, et il n’avait jusque là pas osé regarder sa destinataire principale dans les yeux. Avant de reprendre son refrain, il jeta un rapide coup d’œil anxieux à Agnès qui répondit aussitôt par l’un de ses rictus approbateurs.
-Quinze ans, vingt ans à peine… Garde-moi ton amour… Garde-toi de la haine. Quinze ans, vingt ans, je t’aime… comme j’aime le jour, Petite, qui se lève.
Il avait osé jeter l’encre de ses yeux d’aigue-marine pâle dans ceux, pétillants et touchés, de Lysiane tout près de la scène. Cela avait duré tout le temps du refrain, et avait exsudé une innocence sincère et très tendre, mais un peu mal à l’aise. Renaud avait très longuement hésité sur ce chant. Pour le public en général – de quoi aurait-il l’air, lui le contestataire teigneux qui incitait à casser la gueule aux flics à coups de pavés ou de grenades, en train de chercher à protéger quelqu’un contre la corruption de l’animosité ? Mais surtout pour la petite Lili. Il fallait prendre garde aux mots, inscrire derrière chacun d’eux un sens précis qu’elle reconnaîtrait. Lorsqu’il acheva la chanson au rythme câlin, il y eut quelques secondes de silence qui traumatisèrent le gavroche. Il eut envie durant ces quelques instants de disparaître, de plonger sous terre en laissant un gros trou au milieu de l’estrade. Et puis, finalement, alors même que Lysiane se levait de son fauteuil, les applaudissements retentirent. Pas plus fébriles que d’habitude, mais honnêtes et appréciateurs, bien plus que ce à quoi le chanteur s’était attendu. Il eut à peine le temps d’être soulagé que déjà Lili bondissait sur l’estrade puis dans ses bras, le serrant avec la vigueur qui sortait du cœur, les bras en bandoulière autour de lui. Renaud se félicita d’avoir repoussé sa fidèle guitare pourrie sur le côté. La jeune fille reposait à peine sur le sol, avec ses petits pieds chaussés de baskets dressés sur la pointe. Et lorsqu’il l’étreignit affectueusement en retour, elle perdit un peu l’équilibre et sa casquette tomba sur le plancher. Il l’entendit chuchoter avec excitation par-dessus son épaule :
-Merci, merci… J’t’aime fort comme ça, moi aussi.
Elle le relâcha ensuite, lui laissant voir un sourire rayonnant bousculant les quelques éphélides qui lui piquetaient les pommettes. Renaud n’avait pas failli : elle avait parfaitement saisi ce qu’il croyait si ardu à exprimer. Cela lui mit plus encore de baume au cœur et il chiffonna sa tignasse rousse si fournie. Puis comme Lili sautait à bas de l’estrade après avoir récupéré son couvre-chef, il reprit le micro.
-Bon, maintenant que cette jeune fille m’a aidé à laminer mon image de scène…
Des sourires et quelques ricanements accompagnèrent sa conclusion.
-Qu’est-ce qu’on fait, là ? Quelle heure il est ? Huit heures et demi, oh ben ça va… Nounours, tu veux v’nir faire la tienne ?
-Oh, y a l’temps, répliqua Michael. Vas-y tu peux refaire un truc, là, j’te sens chaud.
-Okay…
Il se retourna vers l’assemblée.
-L’a l’trac aussi, hein, vous voyez…
Plusieurs membres du public se moquèrent et huèrent gentiment.
-Bon alors qu’est-ce que j’pourrais vous faire… ? Vous voulez une petite chanson en français ou pas ?
Une bonne partie approuva ; les élèves de la BRS pratiquaient pratiquement tous cette langue, et pouvaient la comprendre plus ou moins bien. Le parler natal de Renaud pouvait toutefois s’avérer un peu difficile à suivre parfois, pour qui ne maîtrisait pas le langage parisien convenablement.
-Alors heu…
-La blanche ! suggéra enfin une voix avec peu d’accent.
Renaud avisa le jeune homme qui tenait une fille contre lui, assis avec quelques autres étudiants dans les canapés du fond.
-La blanche, ça vous dirait ? Bon ben, La blanche.

-Qu’est-ce qui t’as pris de proposer cette chanson débile ? railla Teisseir.
-Bah, elle est marrante… sourit Dominic. Et puis, c’est l’une de ses vieilles chansons, ça doit faire un an qu’on ne l’a pas entendue.
-Moi aussi je la trouve débile, décréta Lasarva en roulant des yeux.
Décidément, il n’était entouré que d’êtres affligeants. Il se concentra sur les longs cheveux raides de Ludia qui tombaient sur son tee-shirt, comme elle était appuyée contre son torse, la tête tournée vers la scène. Il commença à les caresser d’un geste absent. Les interminables mèches auburn glissaient comme de l’eau sous la pulpe de ses doigts. Imperceptiblement, il commença à les ramener sur le côté, dégageant un coin de sa nuque et de son cou. Il passa à nouveau son autre main contre sa poche, dans la pénombre complice qui entourait le petit groupe. Ceci fait il se pencha doucement contre la parcelle de peau délicate, plus fine qu’ailleurs, et laissa quelques instants s’y perdre son haleine. Lorsqu’il la sentit frémir contre son bras, il logea quelques légers baisers dans le creux accueillant. Son souffle restait calme et indétectable. L’épiderme était si diaphane à l’endroit qu’il avait déniché qu’il sentait le pouls emballé courir dans la jugulaire sous ses lèvres et le bout de sa langue. Mais lorsqu’il sentit qu’il commençait à sortir les dents, il se redressa immédiatement. Où était-elle ?
-Elle est passée où, Coralie ? demanda-t-il à la ronde.
Il sentit sa compagne se détendre légèrement tandis que Daniel lui indiquait :
-Je crois qu’elle a trouvé mieux à faire avec le juif aux grandes mirettes.
Dominic tourna son regard quelques mètres devant pour voir la jeune fille sourire avec une affabilité amusée au type dont les yeux azur immenses réussissaient à en faire un concurrent au tableau de l’admiration féminine – sa dévotion et son tempérament un peu spécial ne jouaient cependant pas en sa faveur, par ailleurs. Monaghan eut une grimace contrariée tandis que le jeune homme lançait une réplique désinvolte qu’il ne parvint pas à percevoir correctement, le son des amplis couvrant les quelques conversations.
-T’as p’têt raison : j’te parle comme un vieux con. Mais j’suis un vieux con vivant, j’ai la gaule, j’suis content. Toi t’as les boules, moi j’ai la frite. C’est pas du Bashung, non mon pote, c’est du Nietzsche.
Dominic se recala dans le canapé ; lorsque Ludia remua discrètement près de lui, comme pour le rappeler à sa présence, il plongea résolument la main dans sa poche. Il fit tourner lentement le petit objet entre ses doigts. Son contact était si subtil… Lisse, arrondi, continu… plus parfait que n’importe quoi.
-Et puis, j’vais t’dire : si tu m’fais un sourire, tout c’que j’t’ai dit, ben j’te jure que j’le r’tire.
Son bras autour d’elle commençait à lui paraître un garrot. La sensation de la chair qui pulsait remonta soudain aux lèvres de Dominic.
-Mais si j’croise ton dealer, j’y fous dans l’cœur…
Il serra fort, puis secoua la tête aussi vigoureusement que brièvement, comme un chien qui s’ébroue, les yeux hagards.
-Un coup d’surin…
Il sentit la tête de Ludia commencer à se retourner vers lui. Aussitôt, il la lâcha et se leva.
-De la part d’un copain.
Les mains au fond des poches, le petit manche de bois verni bien niché au creux de l’une d’elles, Dominic déclara hâtivement :
-Il faut qu’j’aille faire valser la goutte, je reviens.
Il se fraya rapidement un chemin dans l’ombre vers la petite porte, les paroles résonnant dans ses oreilles.
-Ca risque d’êt’ dur, vu que c’t’ordure, un cœur, ça m’étonnerait qu’il en ait un.
-Vous savez ce qui s’passe, avec lui ? interrogea Ludia avec une grimace légèrement agacée.
-Oh, c’est rien… T’as dû un peu trop l’exciter et il est allé faire une vidange…
La claque arracha un cri protestataire à Jonas dont la bière se renversa sur le pantalon.
-On t’couch’ra avant lui entre quat’ planches… toutes blanches…

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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Dim 22 Mai - 22:48





Billy était parcouru de frissons. Ils étaient presque imperceptibles mais il les sentait remonter le long de sa colonne de façon continue. Il n’osait plus regarder derrière lui, et fixait son attention sur la scène pour essayer de contrer l’angoisse. Il n’eut même pas conscience que la chanson de Renaud se finissait et que les bravos grouillaient du reste du public. Enfin, tandis que Peter prenait le micro et prononçait quelques mots de préambule, la poigne de l’émotion le relâcha quelque peu et les frissons se calmèrent. Il recommença à entendre peu à peu les mots qui sortaient des enceintes, saisissant vaguement que Renaud avait un peu aidé à l’écriture des paroles. Puis il osa se retourner brièvement pour ne plus le trouver. Cela le détendit tout d’abord, et il relâcha une longue expiration aussi discrètement que possible avant de reprendre le cours du concert. Michael commençait tout juste sa chanson.
-Julie la p’tite olive rêvait de voyager mais elle était captive d’un rameau d’olivier. Elle tannait ses copines à longueurs de journées, avec les Philippines et Saint-Germain des Prés.
Les trois autres, assis à l’arrière de l’estrade avec le deuxième micro, se mirent alors à entonner un chœur en prenant des voix aiguës et légères au possible, ce qui réussit à arracher un sourire à Billy.
-C’est bon Julie, arrête de nous les briser. Tu sais bien que notre vie finira dans un panier. On est nées pour faire de l’huile d’olive, c’est comme ça c’est la nature et c’est très bon avec les endives !

Dominic était resté quelques instants adossé au local. Il avait besoin de se calmer, mais savait que cela ne fonctionnait jamais tout seul. Il scruta à nouveau les nuages d’un mauve très foncé. La pluie s’était légèrement intensifiée jusqu’à rendre le chemin de gravillons gris luisant. Il s’y engagea sans se presser, espérant que le contact de l’eau lui ferait du bien. Il arriva dans le hall du bâtiment Reuel le tee-shirt moucheté de taches sombres. Il arpenta un moment l’entrée, laissant son regard errer sur les panneaux d’affichages où l’on pouvait trouver des affiches d’évènements culturels ou des annonces toutes plus futiles les unes que les autres. Cette contemplation ne paraissait l'irriter que plus. Il songeait avec un sourire cynique à ce qu’il pourrait y placarder, lui, sur ce panneau de liège. « Cherche à se débarrasser de son exaspération à ne pas comprendre ».
Brusquement, son Opinel se retrouva planté dans le matériau tendre, aux côtés des petites punaises de toutes les couleurs. Les doigts délicats de Dominic en ressaisirent ensuite doucement le manche pour le retirer avec précautions. Mais au moment où la pointe s’extrayait du liège, le jeune homme entendit des petits pas précipités arriver du couloir et un enfant, qui n’avait sûrement pas encore atteint l’âge de raison, débouler dans le hall, à quelques mètres de lui. Le bambin pila en le voyant, apparemment surpris de rencontrer quelqu’un, et intrigué par son couteau encore pointé vers le mur. Dominic le fixa en retour, laissant son bras se décrisper élégamment jusqu’à pendre le long de son corps, terminé par la lame du canif toujours sortie.

Billy tressaillit à nouveau. La chanson de Michael était finie et la petite olive, après être devenue géante en captant les rayons d’un soleil trop prolixe, avait fini par voir le monde en étant exposée dans les salons de l’agriculture. A présent que le silence s’installait momentanément au micro, le jeune Boyd se trouvait à nouveau très mal à l’aise. Il se retourna encore vers les canapés où se trouvaient toujours les deux filles brunes et les garçons aux longues tignasses, pour constater que l’autre était toujours absent, et cela l’inquiéta d’autant plus qu’il ne comprenait pas les raisons de son trouble. Une envie de sortir commença à lui taquiner le fond de la gorge, et il se força à se focaliser sur Aldebert qui s’installait à son tour à l’avant-scène.

Dominic soutenait toujours les profonds yeux bruns qui l’observaient. Il fallait qu’il en ait le cœur net. Il sourit au songe de ses pensées. Là, de la bonne excitation s’engageait dans ses veines. Alors qu’il amorçait tout juste un mouvement vers le gosse, une voix féminine retentit dans le couloir.
-Justin ! Justin, où es-tu ?
C’était Madame Ribero, l’une des nombreuses femmes de ménage de l’établissement. Elle logeait elle aussi dans l’une des chambres de l’internat avec son fils qui fréquentait l’école primaire deux rues plus loin. Monaghan se glaça aussitôt qu’il entendit l’écho. Un réflexe le rejeta en arrière, et le fit se retourner vivement pour se précipiter à la grande porte. Il fit irruption au-dehors et courut se dissimuler sur le côté du bâtiment. De là, il regarda la femme aux longs cheveux sombres s’avancer jusqu’à la grille avec l’enfant, les abritant tous deux sous un grand parapluie rouge.

Lorsque la porte du local s’ouvrit soudain, Billy sursauta et tout le haut de son corps fit volte-face. Le garçon avait fini par revenir, trempé, et s’avançait rapidement vers ses amis. Boyd rentra légèrement la tête dans les épaules pour continuer à l’épier discrètement derrière le dossier mou du pouf. Il ne semblait plus aussi décontracté que d’ordinaire. Billy ne parvenait pas à décider s’il était soulagé ou angoissé de le voir de retour dans la salle.
-Bon écoutez je vais y aller, j’en ai ma claque.
Les cinq jeunes gens levèrent le nez vers Dominic.
-C’est vendredi soir, Dom… lui fit remarquer Daniel.
-Je sais. Mais je suis vraiment crevé, je me rentre.
-D’accord. Salut, mec.
-Salut tout le monde !
Après un dernier signe à l’assemblée, il tourna les talons et repartit en direction de la sortie. Ludia eut un instant d’hésitation, puis se leva à sa suite.
-Tu perds ton temps ! entendit-elle de la part de Teisseir alors qu’elle se dirigeait vivement vers la porte de métal qui venait de se refermer.

-Dominic !
Monaghan, les deux mains vissées dans les poches, se retourna vers la jeune fille qui venait elle aussi de sortir du local.
-Quoi ?
-Attends, attends deux secondes, le pria-t-elle en le rejoignant, prenant garde à ne pas déraper dans le gravier mouillé.
Le jeune homme resta patiemment immobile. Un premier éclair zébra le ciel à l’Est. Arrivée à sa hauteur, trois pas plus loin, Thorens prit une grande inspiration et déclara :
-Est-ce que je peux venir avec toi ?
-Hein ?! Non !
L’exclamation de Dominic fut à demi couverte par le ronflement du tonnerre au loin.
-Pourquoi ? Je ne peux même pas te raccompagner ? demanda la brunette avec espoir.
-Ecoute, Ludia… répondit Monaghan d’un ton ennuyé. Je crois que c’est pas la peine, d’accord ?
La jeune fille inclina la tête et affirma avec insistance, comme si elle s’adressait à un individu un peu lent :
-Dominic, je t’aime, tu dois le savoir…
-Non.
-Mais si, enfin !
-Si je te dis que non… tout simplement impensable, affirma-t-il d’un ton dégagé.
-Je pense le savoir mieux que toi, non ? déclara Ludia que l’agacement rendait sarcastique.
-C’est là où tu te trompes complètement, sourit simplement Dominic, presque avec sympathie.
-D’accord, j’ai compris : tu ne m’aimes pas, résuma-t-elle avec un air triste et fort. Enfin pas comme je le voudrais mais… je ne te demande pas ça, je sais que tu es… enfin tu es… un grand solitaire, à ce niveau-là, n’est-ce pas ? Je ne te demande qu’une soirée, une seule. Et après je te laisse tranquille, je te le promets.
La jambe droite de Dominic piaffa doucement tandis qu’il fixait les yeux noirs de son interlocutrice.

Billy ne se sentait décidément plus à son aise pour la soirée, même si l’étudiant qui était l’un de ses principaux tourments inexpliqués semblait reparti pour de bon, et cela l’épuisait. La migraine lui montait d’ailleurs au front. Il aurait aimé disposer de quelqu’un de confiance pour le réconforter, quelqu’un qui soit doux et sincèrement compréhensif. Mais il n’avait jamais rien gagné de tout ça. Il se contenterait encore de faire ami-ami avec l’ibuprofen pour se soulager avant de se mettre au lit. Il regrettait parfois d’avoir demandé à être seul dans sa chambre… Il releva la tête de sa main et sortit discrètement du pouf pour longer le mur qui conduisait à la sortie du club.

-Non, ce n’est pas une bonne idée. Ce genre de truc fait plus de mal que de bien, tu devrais le savoir. Si tu veux, je te fais un petit calcul sur la table de Bentham…
-C’est pas grave, ça, assura-t-elle en venant doucement se blottir contre Dominic, comme pour ne pas le prendre en traître. Pour moi ce n’est pas un problème, et toi je ne te laisse pas totalement insensible, tu dois l’avouer.
Monaghan baissa les yeux sur sa chevelure marron, sans retirer les mains de ses poches. A cet instant, un léger claquement lui fit vivement relever le regard. Le garçon de ce midi refermait la porte de la bâtisse. Lorsqu’il se retourna, il capta ses yeux glauques durant un éclair et sentit plus qu’il ne vit le jeune homme sursauter légèrement. Il marcha vivement vers le bâtiment principal, passant à-côté d’eux en lorgnant les cailloux du sol. Dominic le suivit des yeux presque distraitement, ayant comme oublié la présence d’une autre personne contre sa poitrine.
-Alors, c’est d’accord ? interrogea celle-ci comme pour le rappeler à la situation.
L’étudiant fit un petit pas en arrière.
-J’ai dit non, et je ne suis pas du genre à revenir sur ma parole. Il est inutile d’insister, conclut-il d’une voix posée.
Il ressentit Ludia se raidir contre lui, elle se retira lentement, se reculant de deux pas absents, comme une biche devant une situation inaccoutumée. Son visage n’avait cependant rien de naïf, encadré par ses longues mèches trempées, mais reflétait plutôt une profonde contrariété excédée, assortie d’une rancœur blessée qui rappelait cette fois davantage le renard traqué avant la curée.
-Mais pourquoi ? Merde ! T’es pédé, ou quoi ? On ne t’a jamais vu avec une fille alors que tu pourrais avoir toutes celles que tu veux ! Tu n’es pourtant pas méchant, mais on dirait que rien ne te touche réellement. Mais qu’est-ce qui faut faire pour te saisir ? Dis-moi ! Ou alors t’es tout simplement impuissant ?
Dominic éclata de rire. Il laissa passer quelques secondes pour la contempler d’un sourire amusé, laissant sa tête se secouer doucement tandis que les gouttes de pluie roulaient sur son visage.
-Ma pauvre Ludia… C’est bien présomptueux de ta part de penser que si l’on ne te désire pas, on ne peut avoir envie d’aucune. Ma queue va très bien, merci. Mais pour ta gouverne il y en a beaucoup d’autres moins délicates à pêcher là-dedans, répondit-il en désignant le club du menton.
La main fut fauchée en plein vol. Un flash éclata dans le ciel qui devenait de plus en plus orageux. Tenant toujours la gifle au bout des doigts, Dominic déclara sans ôter son autre main de sa poche :
-Ne fais pas ça, Ludia. C’est vraiment un conseil.
Il y eut alors quelque chose dans son regard qui brisa la jeune fille. Ce n’était rien de définissable. Juste une lueur, pas spécialement hostile, mais plus pénétrante que du métal tranchant. L’étudiante se retira, en pleurs, n’osant plus croiser le regard bleu qu’elle trouvait jadis si attirant. La main de Dominic se décrispa. Il reprit alors simplement le chemin qu’il suivait. Il sentait un vague soulagement l’envahir. En grimpant les escaliers de l’internat, il se mit à fredonner quelques vers de Gainsbourg que Renaud leur avait fait connaître lors d’une ancienne soirée :
-Allez sans esclandre, mes chatons… Allez vous faire pendre, allez donc… Ailleurs qu'à mon gilet, à quoi bon…? Je n'suis pas le gibet d'Montfaucon…
Il ricana silencieusement en arrivant dans le couloir où régnait une agréable fraîcheur. Un nouveau petit claquement de porte le fit taire immédiatement pour le mettre aux aguets. Ne décelant rien de plus, Monaghan se dirigea vers sa propre chambre, voisine de celle de Jonas et Daniel, et, après un dernier tour d’horizon du large corridor, referma la sienne.


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Gred
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 23 Mai - 22:50

Kuku ma NHalf à moi, j't'ai laissé une review pour la suite sur le MDS, donc comme j'ai la flemme, j'fais un copier-coller de ce que j'ai écrit!C'est juste ce que je pense et comment j'ai interpreté ta suite, si ça se trouve, je suis complètement à côté de la plaque!
Voici:

Premièrement, merdum pour tes interro et autres épreuves de sport! Je pense fort fort à toi! *encourage mentalement sa Half*

Ensuite:

UNE SUITEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!!!!

*toussote* *essaye de reprendre contenance mais a dû mal à ne pas afficher un sourire béat*

Comme je te l'ai dit sur msn, Shocked Shocked Shocked OMG (version Friends: OH! MY! GOD!....) j'ai été trop emballée par cette suite.

Autant j'ai eu du mal à accrocher au départ, autant maintenant, je VEUX SAVOIR ce qui va se passer!

... Arriverais-je à faire une véritable review avec "quotes" à l'appui... J'en doute... Allez je me lance....

Comme dis précédemment, j'adore ton Dom. Au début, j'ai eu de mal mais maintenant, j'en suis raide dingue (attention, j'risque de tomber amoureuse de ce Dom limite psychopate...).

Et pis, Billou... *yeux dans le vague en imaginant le BB décrit par sa Halfou d'amûreuh!* Trop trop choupi!!!
Dis tu me le prêtes pour que je lui fasse un câlin, il a l'air d'être un peu perdu le bonhomme, dis, hein? hein? nieux de Sméagol

(quand je te disais que j'allais avoir du mal! Rolling Eyes )

Citation :
Billy était parcouru de frissons. Ils étaient presque imperceptibles mais il les sentait remonter le long de sa colonne de façon continue.

Oh, mon petit Billou... Je ne serai pas te dire pk mais je trouve cette image trop mignonne (tu as le droit de penser que je suis tarée). Billy qui relâche la pression et puis les frissons, un brin sensuel tout ça et pourtant non, c'est juste censé être son contre-coup de son angoisse...

Citation :
Julie la p’tite olive rêvait de voyager mais elle était captive d’un rameau d’olivier. Elle tannait ses copines à longueurs de journées, avec les Philippines et Saint-Germain des Prés.

:laughing: :laughing: :laughing:
Merci pour les Wriggles!!!!
(dites Pinec ou la Half, yen aurait pas une pour me passer la chanson sur msn, parce que je ne l'ai plus sur mon ordi et elle me manque c'te chanson!)

Citation :
Il scruta à nouveau les nuages d’un mauve très foncé.

Je ne sais pas pk mais j'adore cette image!

Citation :
Il songeait avec un sourire cynique à ce qu’il pourrait y placarder, lui, sur ce panneau de liège. « Cherche à se débarrasser de son exaspération à ne pas comprendre ».

^^ *imagine la tête des autres étudiants en trouvant l'annonce*

C'est à partir de là que j'ai été de plus en plus emballée par cette suite mais surtout par Dom! Ah la scène qui arrive!

Citation :
Dominic le fixa en retour, laissant son bras se décrisper élégamment jusqu’à pendre le long de son corps, terminé par la lame du canif toujours sortie.

Mon dieu, l'image que tu nous offres de Dom est magnifique! Bon, dans ma tête j'ai un peu extrapolé parce que finalement je le voyais dans une certaine obscurité, éclairée par quelques éclairs mais heureusement, tu nous écris pas un film d'horreur de série B (ou W ou que sais-je encore!)... Franchement, chapeau parce que tu nous fait ressentir un atmosphère lourd et une certaine "menace" dans la posture de Dom (menace réelle ou non).
J'ai adoré toute la scène d'introduction du gamin *époustouflée par le talent de Halfinou*

Citation :
Il se retourna encore vers les canapés où se trouvaient toujours les deux filles brunes et les garçons aux longues tignasses, pour constater que l’autre était toujours absent, et cela l’inquiéta d’autant plus qu’il ne comprenait pas les raisons de son trouble.

L'angoisse que ressent Billy envers Dom est vraiment très très intrigante... Surtout qu'elle n'a pas vraiment de raison (ou alors tu nous l'as pas encore livrée)... Ca me rend très curieuse forcément!

Citation :
Une envie de sortir commença à lui taquiner le fond de la gorge

A nouveau j'adore l'image!

Citation :
Dominic soutenait toujours les profonds yeux bruns qui l’observaient. Il fallait qu’il en ait le cœur net. Il sourit au songe de ses pensées. Là, de la bonne excitation s’engageait dans ses veines. Alors qu’il amorçait tout juste un mouvement vers le gosse

Shocked Shocked Shocked Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il va lui faire à ce gosse! En même temps, j'ai envie de savoir (juste intimidation ou réelle menace) mais je ne peux m'empêcher de crier en mon for intérieur au gosse de se barrer et en courant même.
Et puis, j'imagine la fascination du môme qui voit venir vers lui ce type plutôt mignon, qui doit dégager un certain charisme (celui des prédateurs en chasse) mais qui a un "couteau" dans les mains... Un mélange d'attirance mais de peur...

Et puis maman arrive!!! La pression se relâche et Dom s'enfuit... Heureux d'avoir été détourné de son idée? Ou frustré?

Citation :
Boyd rentra légèrement la tête dans les épaules pour continuer à l’épier discrètement derrière le dossier mou du pouf. Il ne semblait plus aussi décontracté que d’ordinaire. Billy ne parvenait pas à décider s’il était soulagé ou angoissé de le voir de retour dans la salle.

J'adore la compléxité de tes perso! Voir ici Billy presque (j'ai bien dit presque) heureux de revoir celui qui l'angoisse mais en même temps, il a cette boule au fond de lui qui lui donne envie de courir le plus loin possible (il est dans le mm cas que le gosse, en gros, sauf que pour Dom c'est inconscient).

La scène avec la fille m'a bcp plue aussi. Bizarrement, j'aurai (j'imagine)dû ressentir un brin de compassion pour elle mais j'ai été plutôt contente, affichant un petit sourire de mépris pour elle (j'devrais avoir honte, je sais).

Citation :
Dominic, je t’aime, tu dois le savoir…
-Non.
-Mais si, enfin !
-Si je te dis que non… tout simplement impensable, affirma-t-il d’un ton dégagé.

Trop fort ce bout de dialogue! Ludia qui déclare son amour et Dom qui soutient mordicus que c'est faux. Il a tout à fait raison, elle ne peut pas l'aimer, elle ne le connaît pas. (question: peut-on aimer sans connaître quelqu'un? Je ne m'essaierai pas à répondre ça!) Et si elle le connaissait vraiment, pourrait-elle l'aimer ou mm le comprendre?

Citation :
Je ne te demande qu’une soirée, une seule. Et après je te laisse tranquille, je te le promets.

Bizarrement, ça me donne envie de la bouffer Evil or Very Mad ! Est-ce normal comme réaction docteur?

Citation :
Il aurait aimé disposer de quelqu’un de confiance pour le réconforter, quelqu’un qui soit doux et sincèrement compréhensif. Mais il n’avait jamais rien gagné de tout ça. Il se contenterait encore de faire ami-ami avec l’ibuprofen pour se soulager avant de se mettre au lit.

Roooooo mon Billiney! :( :( :( il est tout triste.
Si tu veux qqn pour te consoler, j'suis là!
J'aime la façon que tu as de nous livrer petit à petit, sans tomber dans la sensiblerie de bon marché, les preuves de la solitude et du besoin d'amour de ton perso!
Il me donne trop envie de le consoler.

Citation :
Lorsqu’il se retourna, il capta ses yeux glauques durant un éclair et sentit plus qu’il ne vit le jeune homme sursauter légèrement. Il marcha vivement vers le bâtiment principal, passant à-côté d’eux en lorgnant les cailloux du sol. Dominic le suivit des yeux presque distraitement, ayant comme oublié la présence d’une autre personne contre sa poitrine.

J'entends presque le battement du coeur de Billy en voyant Dom (et la nana accrochée à lui en plus!). Et puis ce regard du blond sur Billy, pas encore vraiment de l'interêt mais quand mm un peu de curiosité (enfin je le ressens comme ça!).

Citation :
Son visage n’avait cependant rien de naïf, encadré par ses longues mèches trempées, mais reflétait plutôt une profonde contrariété excédée, assortie d’une rancœur blessée qui rappelait cette fois davantage le renard traqué avant la curée.

Pas vraiment l'image de l'innocence mais c'est marrant comment tous les perso qui font face à ce Dom se retrouvent dans la peau d'une proie.

Citation :
Dominic éclata de rire. Il laissa passer quelques secondes pour la contempler d’un sourire amusé, laissant sa tête se secouer doucement tandis que les gouttes de pluie roulaient sur son visage.
-Ma pauvre Ludia… C’est bien présomptueux de ta part de penser que si l’on ne te désire pas, on ne peut avoir envie d’aucune. Ma queue va très bien, merci. Mais pour ta gouverne il y en a beaucoup d’autres moins délicates à pêcher là-dedans, répondit-il en désignant le club du menton.

J'ai tout quoter je sais mais c'est je crois l'un de mes passages préférés.
Plutôt prétentieuse cette Ludia qui pense que parce que le jeune homme ne veut pas d'elle, il est homo ou impuissant!
Quant à la réaction de Dom, elle est jouissive, jubilatoire, que ce soit son attitude comme sa réaction! Mention spéciale à sa petite tirade!
"Prends ça dans les dents!"

Citation :
La main fut fauchée en plein vol. Un flash éclata dans le ciel qui devenait de plus en plus orageux. Tenant toujours la gifle au bout des doigts,

Superbement écrit! Cette "gifle au bout des doigts", Lilith, c'est si bien écrit!

Citation :
y eut alors quelque chose dans son regard qui brisa la jeune fille. Ce n’était rien de définissable. Juste une lueur, pas spécialement hostile, mais plus pénétrante que du métal tranchant. L’étudiante se retira, en pleurs, n’osant plus croiser le regard bleu qu’elle trouvait jadis si attirant.

La scène finale, qui achève brutalement toutes les croyances de la jeune fille. je l'ai vu son regard, tu nous les décrit tellement bien que j'avais presque l'impression que c'était moi qui était traversé par cet éclat. Et ce "jadis" qui vient briser tout. Elle sait maintenant, pas de manière définie mais elle comprit qu'il ne vaut mieux pas s'approcher de Dom, qu'il y a qq chose en lui, qq chose qui n'est absolument pas beau, repoussant.

Citation :
Un nouveau petit claquement de porte le fit taire immédiatement pour le mettre aux aguets.

Billou?

Très bonne fin, avec les paroles de Gainsbourg et puis se petit ricannement qui m'a fait froid dans le dos!

Merci ma N'Half pour cette suite!
bravo bravo bravo

Poutoux.
Gred
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 24 Mai - 21:35

Citation :
Autant j'ai eu du mal à accrocher au départ, autant maintenant, je VEUX SAVOIR ce qui va se passer!
Ben voilà qui m'fait plaisir! ^^

Citation :
... Arriverais-je à faire une véritable review avec "quotes" à l'appui... J'en doute... Allez je me lance....
Eh bien comme tu vois, tu t'es parfaitement débrouillée! J'étais super contente en voyant cette superbe revn merci bcp!

Citation :
Comme dis précédemment, j'adore ton Dom. Au début, j'ai eu de mal mais maintenant, j'en suis raide dingue (attention, j'risque de tomber amoureuse de ce Dom limite psychopate...).
Oh mon Dieu! Attention, c'est que c'est une vilaine bête, le drille... Very Happy

Citation :
Et pis, Billou... *yeux dans le vague en imaginant le BB décrit par sa Halfou d'amûreuh!* Trop trop choupi!!!
Dis tu me le prêtes pour que je lui fasse un câlin, il a l'air d'être un peu perdu le bonhomme, dis, hein? hein?
Mais vi, mais vi, mais attention, c'est un paranoïaque et torturé, le drille.... Very Happy

Citation :
Mon dieu, l'image que tu nous offres de Dom est magnifique! Bon, dans ma tête j'ai un peu extrapolé parce que finalement je le voyais dans une certaine obscurité, éclairée par quelques éclairs mais heureusement, tu nous écris pas un film d'horreur de série B (ou W ou que sais-je encore!)... Franchement, chapeau parce que tu nous fait ressentir un atmosphère lourd et une certaine "menace" dans la posture de Dom
Fort bien, fort bien, je suis plus que ravie que tu te sois fait une bonne image de la scène, loin d'être insignifiante.

Citation :
Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il va lui faire à ce gosse! En même temps, j'ai envie de savoir (juste intimidation ou réelle menace) mais je ne peux m'empêcher de crier en mon for intérieur au gosse de se barrer et en courant même.
C'est bien, apparemment plusieurs personnes ont eu cette réaction. Smile

Citation :
Et puis, j'imagine la fascination du môme qui voit venir vers lui ce type plutôt mignon, qui doit dégager un certain charisme (celui des prédateurs en chasse) mais qui a un "couteau" dans les mains...
Mmmmh, merci pour cette image renforcée... Tu sembles très bien percevoir l'effet de l'aura de Dominic sur son entourage, lorsqu'il est un peu de mauvaise humeur... *toussote*

Citation :
La scène avec la fille m'a bcp plue aussi. Bizarrement, j'aurai (j'imagine)dû ressentir un brin de compassion pour elle mais j'ai été plutôt contente, affichant un petit sourire de mépris pour elle (j'devrais avoir honte, je sais).
Mais non, mais non, c'est fait pour...

Et pis, c'est jamais qu'une pouffe. ^^

Citation :
Bizarrement, ça me donne envie de la bouffer ! Est-ce normal comme réaction docteur?
Bis. Libérez votre Ca Gredou... Mr. Green

Citation :
J'aime la façon que tu as de nous livrer petit à petit, sans tomber dans la sensiblerie de bon marché, les preuves de la solitude et du besoin d'amour de ton perso!
Il me donne trop envie de le consoler.
Encore une fois, fort bien, c'est fait pour.

Citation :
Et puis ce regard du blond sur Billy, pas encore vraiment de l'interêt mais quand mm un peu de curiosité (enfin je le ressens comme ça!).
Oui oui, c'est bien ça... C'est vraiment génial, ta sensibilité à ce texte semble très aiguë.

Citation :
Pas vraiment l'image de l'innocence mais c'est marrant comment tous les perso qui font face à ce Dom se retrouvent dans la peau d'une proie.
Oui, bien noté là en particulier.

Citation :
J'ai tout quoter je sais mais c'est je crois l'un de mes passages préférés.
Plutôt prétentieuse cette Ludia qui pense que parce que le jeune homme ne veut pas d'elle, il est homo ou impuissant!
Quant à la réaction de Dom, elle est jouissive, jubilatoire, que ce soit son attitude comme sa réaction! Mention spéciale à sa petite tirade!
"Prends ça dans les dents!"
Ah, impec, c'était la réplique défouloir destinée à exorciser tout l'agacement et la haine contenus dans chaque lectrice, ce à des fins sainement cathartique.
Vraiment touchée que tu l'aies spécialement appréciée; en plus, le plus rigolo, c'est qu'elle m'est venue assez naturellement. Smile

Sur ce, poutoux ma chère Gred, et merci encore énormément pour ta belle review qui m'a fait tout chaud au coeur.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Sam 30 Juil - 14:52

Allez, une petite suite pour celles qui suivent cette histoire, en espérant que ça leur plaisent. Smile

Peut-être certaines reconnaîtront un petit clin d'oeil à une certaine fic que j'adore Wink










Les djembés résonnaient entre les murs des anciens bâtiments de la vieille ville. Un rythme de lutte. Non pas le grand martèlement uniforme des tambours de guerre, mais les éclats exubérants et endiablés du mouvement volontaire et bon, fusant de toutes parts, et s’accordant malgré leur cacophonie primaire. Le cortège remontait la grande rue en direction de la préfecture. Les banderoles et les pancartes abondaient autour de Billy. Certaines étaient porteuses de messages humanistes, d’autres de menaces et divers jeux de mots acides à l’endroit de Bush et Blair. Toutes témoignaient d’une conscience heurtée une fois de plus ou de trop. Il goûtait particulièrement cette ambiance d’échauffement massif. Il se fondait avec les autres pour devenir une particule d’un gigantesque échafaudage vivant. Il lâchait sans problème la bride à sa liberté d’être et se laissait porter par le mouvement de cette immense réunion, ayant pleinement conscience de participer à quelque chose, d’offrir sa maigre et pourtant importante contribution à la grande machine de la cohésion engagée, seule capable d’agir efficacement face aux décisions détenues par les oligopôles des commandes humaines de ce monde.

Il regardait autour de lui avec un ravissement peu commun, voyant les autres marcher autour de lui par dizaines sans pour autant le heurter, ou courir pour rejoindre des amis plus à la tête de la manif. L’agressivité latente de tous semblait sublimée, puisqu’elle était dirigée sur un adversaire plus ou moins protéiforme mais restant, en définitive, la guerre et la tuerie propres. Cela ouvrait plus facilement les portes aux contacts de l’inconnu, à la connivence spontanée avec des yeux vifs au détour d’un slogan…

Il aperçut soudain une silhouette qui dominait les autres quelques mètres plus loin et reconnut la tignasse brune coulant d’une casquette de mauvais garçon de Renaud, grimpé sur les épaules du colossal Michael. Il sourit et pressa un peu plus le pas. Le drille, un symbole pacifiste pendant autour de son poignet, une Kanterbrau dans l’autre main, s’époumonait dans un sifflet de métal. Il le laissa retomber autour de son cou lorsqu’il remarqua Billy, marchant non loin d’eux, et s’exclama :
- Hé ! Salut mec, je suis content que tu sois venu !
Boyd sourit, un peu étonné que le chanteur l’ait reconnu si facilement alors qu’il ne lui avait jamais adressé la parole. En l’entendant, Michael se tourna à son tour vers lui pour le saluer.
- T’as des œufs pour pourrir la façade préfectorale ? lui demanda le gavroche. Peter, files-en-lui…
- Non, répondit Billy, je préfère vous laisser ça… Tu vois, je viens ici pour désapprouver ce qu’ils font au gouvernement mais…
Il fut interrompu par une nouvelle brève harangue du mégaphone.
- Mais je ne veux pas dégrader et me laisser emporter moi aussi… Je sais que ça peut paraître bien sage et docile comme attitude, mais…
- Non, je peux comprendre, le coupa Renaud. Tu n’as pas tort dans le sens où il vaut mieux pas que les gens qui n’ont jamais eu la malchance de tomber dans la haine s’y plient un beau jour. Mais j’ai peur qu’y ait parfois pas d’autre réaction effective, même si j'le déplore…
Il resta silencieux quelques instants, semblant écouter la colère des gens psalmodiée par la manif, puis jeta à nouveau un œil à son camarade qui marchait en contrebas.
- Je suis le premier à vomir le fonctionnement de ce monde, déclara-t-il avec une sorte d’assurance désinvolte.
Ils continuèrent à cheminer jusqu’aux grands bâtiments de la préfecture. De là où il était juché, Renaud pouvait nettement voir le début du cortège escalader les grilles, au nez et à la barbe des fonctionnaires de police dépassés par le nombre. Le temps ne s’était pas beaucoup amélioré depuis la veille, et un ciel épais pesait au-dessus des manifestants. Quelques gouttes s’en échappaient d’ailleurs déjà, mais restaient ignorées. Les percussions retentissaient toujours et le mégaphone des organisateurs hurlait plus que jamais. La vision avait quelque chose de sourdement apocalyptique.

Lorsqu’ils arrivèrent au rassemblement, ils constatèrent que beaucoup restaient devant le portail, tandis que les autres installaient leurs slogans un peu partout dans la cour de la préfecture. Renaud avait repris son sifflet et Michael commença à marteler de son coffre puissant « Plus de sang pour le pétrole ! ». Billy se laissa entraîner et l’accompagna, bien vite suivi par un périmètre de plus en plus étendu. Ils repérèrent bientôt le préfet qui les considérait, impassible, depuis l’une des hautes fenêtres. Sa figure était mince et dure au-dessus de sa cravate sombre ; il ne paraissait nullement impressionné et semblait au contraire contempler ce remue-ménage comme quelque chose de bien vain, en homme d’institution. Un premier œuf vint éclater contre la vitre, et fut le déclencheur d’un échauffement redoublé. D’autres fusèrent, maculant bientôt les murs de glaires visqueuses jaunes. Renaud atteignit l’Union Jack du premier coup, ce qui parut redonner un coup de fouet aux autorités. Les policiers reformèrent le rang devant l’entrée. Quelques menottes dissuasives furent passées parmi les manifestants ayant pénétré dans la cour, ce qui eut pour effet de déchaîner les autres. Tout le restant du cortège commença à se déverser à l’intérieur par toutes les faiblesses des clôtures. C’était une merveilleuse marée humaine, un organisme fluide qui passait à l’attaque. Les policiers furent pris à partis et les premiers coups de matraque tombèrent.

Billy se figea, frappé d’assister à des démêlés tout près de lui. Une jeune fille était maintenue à plat ventre sur le goudron par un gendarme, les bras serrés dans le dos tandis qu’il cherchait les bracelets pour l’entraver. D’autres personnes hurlaient et s’indignaient violemment sur l’uniforme sombre mais aucune n’intervenait. Son cœur fit un autre bond en reconnaissant soudainement l’expression rageuse d’Agnès qui se débattait en vain. Il appela sans réfléchir :
- Renaud !
- Qu’est-ce qu’y a ? cria en retour le poulbot toujours perché quelques mètres plus loin.
- Y a Agnès, elle a des ennuis ! expliqua-t-il précipitamment en désignant l’arrestation musclée.
En la voyant, Renaud descendit en hâte des épaules de son camarade et tous deux chargèrent immédiatement vers l’endroit. Le gringalet à casquette donna un violent coup de pied dans les menottes alors que le flic s’apprêtait à les enfiler à sa captive. Celui-ci se releva sur le champ, craignant de subir le même sort, et, quelque peu effrayé à la vue de le stature de Mic, porta la main à son arme à feu. Mais son erreur fut justement de libérer la furie qu’il tenait sous son genou, car aussitôt qu’elle put rouler sur le côté, celle-ci lui décocha un coup de pied dans l’entrejambe sans aucune pitié. Un autre gendarme survint à la rescousse de son collègue momentanément incapable de poursuivre son service. Il repoussa sans ménagement tous les manifestants qui l’entouraient en jurant et maudissant.
- Ah ils sont beaux les militants anti-violence !
- Ton pote a les burnes mixées, mais c’est des tripes que les gens qu’il sert broient tous les jours, je te signale ! cracha Agnès, déjà debout.
- Et alors ? hurla son interlocuteur. Tu crois peut-être que nous en sommes responsables, tarée ? Tu crois que c’est en nous provoquant et en dégueulassant un mur que vous allez sauver des vies ? Non mais réfléchissez une fois dans votre vie au lieu de profiter de la moindre bonne cause pour faire les cons, bande de malades !
- C’est bien triste, c’est sûr, mais il n’y a que comme ça qu’ils nous entendent, là-haut. S’ils prêtaient un peu plus attention aux messages du peuple qui les élit, on serait pas obligés d’en arriver là ! Alors je suis désolé que vous morfliez mais fallait y penser avant de vous faire roussins, décréta Renaud, sa bière toujours à la main.
- Combattre la violence par la violence, donc ? Faire payer des innocents pour la faute de certains de leurs représentants ? Nom de Dieu mais c’est pas précisément ce que vous fustigez ?
- Vous avez choisi votre condition, pas eux, rétorqua-t-il en criant pour couvrir le ton du policier et l’immense brouhaha de la manif en ébullition. Tout ce que je voudrais, moi, c’est qu’on empêche vos troufions de collègues de massacrer aux côtés des amerloques, ducon ! Alors si je dois foutre un peu de boxon pour ça, je prends le risque.
- Ah c’est facile, c’est facile pour vous d’étaler vos beaux idéaux et de jeter des œufs pourris sur les autres en clamant votre amour de la paix.
Il considérait les débordements près de la porte d’un œil affligé.
- Je sais même pas pourquoi j’essaie de discuter avec des tordus comme vous, débarrassez-moi le plancher et essayez de vous trouver quelque chose d’utile à faire, enfoirés d’hypocrites.
Ce disant, le gendarme donna une nouvelle bourrade à l’assemblée et agrippa le blouson de Billy, maigrelet et silencieux, dans le but de le jeter un peu plus loin. Mais Renaud le repoussa de suite à son tour, énervé par ce flic par définition obtus à l’extrême, selon lui.
- Hé, du calme, il a rien fait, lui. C’est un des rares pacifistes encore sage, comme tu sembles les admirer, alors ne l'conduis pas à changer, tu veux?
Le brigadier ne l’avait pas lâché.
- Il a pénétré de force dans un bâtiment officiel, je suis en droit de le serrer pour ça. Mais j’imagine qu’avec tout ce formidable bordel vous avez vite oublié la notion de loi…
- Putain, mais ça t’excite d’être payé pour faire chier ? explosa le jeune homme aux yeux délavés, qu’une telle obstination avait définitivement sorti de ses gonds.
- Renaud, calme-toi… tenta Peter entre ses dents.
Le gendarme, pour asseoir son pouvoir dénigré et user de ce qui énervait ce petit merdeux au maximum, entraîna Billy vers la ligne de policiers.
Celui-ci eut à peine le temps de se braquer sur place que Renaud était déjà sur eux, agrippant le poignet du flic et enfonçant ses ongles dans la main velue, le secouant férocement.
- Lâche-le, connard !
Les exclamations commencèrent à monter des personnes présentes et, comme il ne parvenait pas à lui faire lâcher prise, un geste emporté le conduisit à éclater sa bibine sur la tempe du représentant de l’ordre. Quelques cris s’élevèrent. Renaud n’attendit pas que le restant de la garde policière soit ameuté, et lâcha immédiatement le tesson du goulot qu’il lui restait dans la main pour attraper la manche d’un Billy passablement choqué, et s’enfuir ventre à terre à la grille.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 5 Aoû - 10:46





Après l’avoir rapidement escaladée de nouveau, les deux jeunes hommes firent quelques pas au milieu de la foule qui restait. Le cœur de Bill se remettait à battre la chamade, comme il commençait à peine à réaliser l’incident dont il venait d’être responsable. Il n’eut pas le loisir d’y songer plus avant car, déjà, Renaud le ressaisissait pour se ruer dans une ruelle adjacente, et il n’eut d’autre choix que de se laisser entraîner au pas de course. Ils ne tardèrent pas à entendre derrière eux l’injonction d’un homme qui les sommait de s’arrêter, et des bottes claquer précipitamment tandis que Renaud leur frayait un chemin parmi les badauds, par chance assez peu nombreux, à coups de bousculades. Billy galopa de plus belle sur les talons de son camarade.
- Où est-ce qu’on va comme ça ? s’écria-t-il, une frayeur étrangement excitante se répandant dans ses veines.
- Nulle part ! répliqua tout de go le gavroche en négociant un angle de rue, la main toujours cramponnée à sa veste.
Cette réponse, tout aussi inexplicablement, lui convint ; il accéléra encore pour rattraper son complice qui ne le lâcha pas pour autant. Ils semblaient gagner du terrain sur leurs poursuivants, lorsqu’au bout de l’étroite allée pavée, qui débouchait sur une nouvelle avenue plus animée, se profilèrent deux autres uniformes qui firent piler un instant Renaud sur place. Les policiers qui les filaient ne tardèrent pas à interpeller leurs collègues de puissantes vociférations. Billy eut à peine le temps d’être agité par l’adrénaline que son complice le poussait sans ménagement dans un bar dont il aperçut au passage l’enseigne du « Cochon pendard ».
- Qu’est-ce que tu fous ? s’exclama-t-il.
- T’occupes, je sais ! assura vivement le petit Français.

Ils déboulèrent à l’intérieur et Renaud fonça directement sur une porte à l’ombre d’une encoignure, trouvant tout juste l’occasion de saluer la tenancière d’un enthousiaste :
- Mes hommages, Ally, je fais que passer !
Il ouvrit sur une misérable arrière-cour où étaient entreposées les poubelles du bistrot. Celles-ci bavaient quelques déchets sous leurs couvercles et il y avait dans un coin du sol terreux une mosaïque de bouts de verre, comme si la présence de quelqu’un dans cet endroit avait été fait rare. Claquant la porte juste derrière Billy, il relâcha enfin sa manche pour se hâter vers le mur de briques qui fermait le petit espace abandonné. Il l’escalada rapidement, semblant connaître les prises adéquates, son compère à sa suite. Renaud avait déjà disparu de l’autre côté lorsque Billy atteignit le haut, moins agile que le gavroche qui l’avait précédé. Celui-ci l’attendait en bas, une expression nerveuse sous la casquette molle.
- Vas-y, saute, ça craint rien.
- C’est bon, répliqua Boyd, mais ne te mets pas en-dessous, je ne veux pas te tomber dessus.
Il atterrit finalement sur ses pieds, devant cela dit absorber la chute en finissant lourdement accroupi, et ils repartirent aussitôt dans ce qui semblait être un petit dédale d’arrières de bâtiments délabrés, où les détritus jonchaient le sol en-dessous, et où s’entrecroisaient au-dessus des fils à linge plus ou moins garnis qui traversaient entre deux fenêtres. Une forte odeur de viande salée flottait dans ces pauvres couloirs qui ne paraissaient, effectivement, mener nulle part, colorés seulement par les marques en lettres outrageusement criardes d’une kyrielle d’emballages vides. C’était comme de redécouvrir une facette inconnue de sa ville et de son pays.
- Ne traîne pas trop, demanda Renaud tandis qu’il semblait chercher à les perdre soigneusement au milieu de ces taudis.
Billy obéit. La tension courait toujours son corps et l’agitait d’une sourde exaltation optimiste qui le sidérait littéralement lui-même. Au diable ce qu’ils avaient fait, au diable sa sempiternelle bonne conduite sans écart ! Que risquaient-ils, après tout ? Qu’étaient une nuit, ou même quelques semaines derrière les barreaux, devant cette vie qu’il sentait enfin couler en lui, dans ses membres frissonnants et sa tête emplie de chaos ? Il était prêt à suivre cette nouvelle rencontre qu’il avait déjà la sensation de connaître à peu près n’importe où pour conserver cet état qui vrillait son être… comme si cela avait dû se passer, à la manière d’un palier franchi vers l’âge adulte.

Il interrompit ses réflexions car, après leur avoir fait descendre un dernier pan de béton, le gringalet aux cheveux longs alla finalement s’asseoir tassé contre une palissade cassée. C’était donc là qu’ils devaient finir. Pourquoi cet endroit ? Avait-il été calculé à l’avance ? Cela restait un mystère en équilibre entre la détermination dextre de son guide et l’apparente insignifiance de ce point de chute. Bill s’approcha, l’interrogeant muettement, et Renaud leva vers lui des yeux au bleu trop clair, presque grisâtre.
- Bon, je crois que j’ai un peu mis la merde… résuma-t-il.
Boyd eut un sourire légèrement amusé. Il n’eut pas conscience sur le moment d’éprouver de l’attendrissement pour un voyou qui venait de refaire le portrait d’un honnête homme.
- Merci quand même… osa-t-il.
Il vint s’asseoir aux côtés de son compagnon et, à cet instant, sentit les gouttes de pluie humecter son nez. Les deux garçons scrutèrent le ciel de lourds nuages gris qui commençait à crever tout bonnement sur la ville.
- Oh, manquait plus que ça… commenta le poulbot d’un ton abattu et blasé à la fois.
Il ôta son blouson de cuir et drapa la tête de Billy d’une moitié, l’invitant à s’abriter dessous avec lui.
- Tu vas pas avoir froid ? interrogea l’intéressé, un peu surpris.
- Oh, ma carcasse en a vu d’autres… se contenta de répliquer Renaud dont le visage lisse et jeune jurait quelque peu avec son attitude de vieux briscard.
Billy se pelotonna sous sa moitié de manteau et ferma les yeux, écoutant la pluie canarder le cuir au-dessus de lui. Il se sentait assez en sécurité sous cet abri de fortune, mais son esprit restait encore un peu en alerte :
- Tu crois qu’ils vont nous chercher ?
- Je sais pas, avoua Renaud, tout dépend du bleu avec lequel le mec va s’en tirer, je pense… En même temps, retrouver deux jeunes d’une manif ayant un peu débordé sur les bord et au milieu… tu repasseras ! Certains des petits poulets me connaissent, mais pas à ce point j’espère ! Et de toute façon, ils ne viendront pas nous chercher là, c’est net. Trop impraticable pour des flicards…
Fort de cette assurance, le jeune homme sentit ses yeux bouteille se clore tout doucement. Le concentré d’émotions trop fortes retombait lentement, laissant son corps engourdi et ensommeillé.
- Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ? bâilla-t-il.
- Maintenant, on attend un bon moment histoire de s’assurer qu’ils aient complètement taillé la route et puis… on avisera. Mais prépare-toi à l’idée de passer ta nuit dehors, mon brave… Billy, je crois… ?
Le compère put tout juste hocher vaguement la tête. Il se sentait bien… Vide. Prêt à être rempli de consistance. Et pourtant presque confiant. Il entendait d’une oreille absente une chanson des Pink Floyd qui s’échappait d’un transistor par une fenêtre ; ce fut sa berceuse.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 5 Aoû - 13:37

(Je te le poste en double exemplaire, car lu ici, mais ca me donne l'impression d'être plus officiel sur le mds... boh... Rolling Eyes )

Waaa... j'ai prit la peine de tout relire pour reprendre le fils... Superbe. Je redécouvre tes mots, depuis le temps que je ne t'avais pas lu... (Un pwp c'est pas pareil qu'une si belle fic)... Et ca m'enthousiaste. Oubli soudain du monde autour (crise de l'autorité parentale, etc) et plongée dans tes persos. Ah, Billy... Dom (superbe facon de se débarasser de la fille, je tiens à dire)... Ah, Renaud... Agnès... Bien vivants là, ça fait un bien fou.
Merci ma Half (et désolée d'être aussi courte)...
A toi ^^
J'attend la suite ^^
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 5 Aoû - 14:32

Merci beaucoup ma petite Pinec, je t'adore! :kiss: A fond avec toi pour les révisions! :hungry:

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Ven 19 Aoû - 0:52












Omar errait dans une autre des rues anonymes de cette ville qu’il n’habitait que depuis trois semaines... et qu’il devait déjà quitter le lendemain. Il avait voulu suivre un peu la manifestation qui avait agité le centre, pour admirer le cortège, parce que c’était l’une de ces rares fois où l’on voyait les adultes hurler et faire les fous. Outrepassant l’ordre de sa mère de ne pas quitter l’avenue centrale, il était allé avec eux jusqu’au grand bâtiment avec les drapeaux. Mais là, c’était devenu la cohue et il n’avait eu d’autre choix que de laisser ces gens bien excités à leurs affaires. C’est à ce moment-là qu’il s’était mis à pester intérieurement en réalisant qu’il n’était plus sûr du chemin qu’il avait emprunté. Cependant, du haut de ses six ans et demi, Omar ne craignait pas de se retrouver livré à lui-même dans des allées inconnues. Il avait l’habitude. Eh puis, les gens étaient si serviables… Il était encore à cet âge béni où son petit nez écrasé et ses grands yeux noirs, vus de haut, avaient raison de n’importe quel quidam, qui ne remarquait alors même plus sa couleur de peau. C’était en bonne partie pour cela que sa mère n’aimait pas qu’il s’éloigne : sa présence était synonyme d’une récolte journalière doublée.
Il décida donc, pour se faire pardonner, de mettre à profit cette déambulation pour ramasser quelques sous.
- Madame ! Madame ! s’exclama-t-il à l’adresse d’une femme replète qui regardait la vitrine d’un magasin de verreries.
Celle-ci se retourna et, voyant arriver près d’elle ce tout jeune bambin apparemment seul, répondit :
- Qu’est-ce que je peux faire pour toi, mon garçon ? Tu es perdu ?
- Oui. La Grande Rue, c’est par où, s’il vous plait, Madame ? demanda l’enfant en se balançant d’un pied sur l’autre.
- Ah, mon petit, tu n’y es pas encore ! Voyons… tu vas suivre cette rue jusqu’à ce que tu voies une petite place avec une statue de Churchill, et là tu prendras celle tout à droite. Poursuis jusqu’au Mark and Spencer et, à ce moment-là, prends la prochaine sur la gauche… Et le mieux est peut-être que tu redemandes ton chemin à cet endroit.
- D’accord, merci Madame. Est-ce que vous auriez une petite pièce ? J’ai pas eu mon goûter…
La dame esquissa un rictus légèrement pincé, puis ouvrit son sac à main.
- Non, je suis désolée petit garçon mais je n’ai pas d’argent à te donner. Par contre, si tu veux, je t’offre un gros bonbon comme tu es si poli.

Omar se promenait toujours, les mains dans les poches de son gilet, jetant un œil un peu blasé sur les vitrines, mâchonnant la pâte sucrée au fruit que lui avait donné la femme. Lui, il s’en fichait bien, de la monnaie, et ce cadeau lui avait fait plus plaisir qu’un minuscule disque de ferraille. Il avait marché jusqu’au bout de la rue et, bien qu’il n’eût aucune idée de la tête que pouvait bien avoir ce Churchill, pensait avoir trouvé la place en question. De là, il avait pris à droite, dans une rue un peu plus fréquentée. Bien sûr, trouver le magasin Mark and Spencer aurait été plus facile s’il avait su lire… Pourtant il fallait bien qu’il retrouve sa mère et les autres ; le soleil commençait déjà à décliner. Il remonta son écharpe devant sa bouche et scruta la foule de badauds autour de lui, ne sachant lequel choisir. Ils étaient tous si grands et si laids…
Finalement, il se décida pour un monsieur qui sortait d’une boutique de vêtements, un sac en plastique à la main.
- M’sieur ! Vous pouvez m’indiquer la Grande-Rue, s’il vous plait ?
Mais déjà l’homme repartait vers le flot de passants du trottoir.
- Non, désolé, le môme, demande à quelqu’un d’autre…
Omar ne se laissa pas démonter, également habitué aux quelques grincheux, et l’attrapa par la toile de son pantalon.
- Et une petite pièce, vous pouvez pas non-plus ? J’en ai vraiment besoin, M’sieur !
Son interlocuteur daigna enfin lui jeter un regard et Omar vit alors qu’il avait des yeux bleu-vert très pénétrants derrière les pointes de sa frange… Il s’accroupit devant lui, paraissant enfin le considérer avec un quelconque intérêt, puis finit par lui sourire naturellement en répliquant :
- J’ai beaucoup mieux que ça.


- Eh, Billy…
Billy Boyd émergea péniblement de l’agréable sommeil sans rêve où il était plongé, tiré à la surface par une voix qui l’appelait doucement. Elle n’était pas inconnue, mais il n’avait pas l’habitude d’être réveillé par quelqu’un. Aussi marmonna-t-il en ouvrant un œil torve, pour découvrir avec surprise un ciel mauve foncé au-dessus de sa tête. Il se trouvait au-dehors et… ah, oui, sa nouvelle connaissance était à ses côtés. Il essaya sans beaucoup de succès de répondre à son sourire amical, encore dans les brumes de la somnolence. La nuit était donc déjà pratiquement tombée ? Quelle idée il avait eu de s’endormir ainsi ! Enfin, la bonne nouvelle était qu’il avait arrêté de pleuvoir.
- Ben dis donc, t’as bien dormi mon gars !
Billy prit sur lui pour reprendre rapidement pleine possession de ses moyens et s’étira, trouvant que l’air était devenu soudain bien frais. Il secoua la tête et la fit rouler vers l’arrière pour détendre sa nuque, puis parfaitement réveillé considéra son compère, attendant avec un empressement candide de connaître la suite des évènements. Celui-ci annonça :
- Je suis désolé de devoir te faire lever, mais je me disais qu’à présent que quelques heures sont passées et qu’on se trouve entre chien et loup, ce serait bien de nous dégoter une planque pour cette nuit.
Billy acquiesça.
- Dans un bar, peut-être ?
- Non, non, répondit Renaud. Beaucoup trop risqué. Ce n’est peut-être même pas sûr qu’ils cherchent encore à nous coincer mais, si c’est le cas, le tripot est le meilleur moyen de leur faciliter la tâche : c’est public, on peut y arrêter facilement sous prétexte de comportement louche et puis, ils ont tous ces petits mouchards minables…
Le gavroche eut une grimace de dégoût. Billy fouilla alors dans les poches de son blouson, mais n’y trouva que quelques pences.
- C’est trop bête, j’ai rien sur moi… Enfin de quoi nous payer une barbe à papa mais pas une chambre d’hôtel, toujours…
Le sourire revint aux lèvres de son compagnon.
- On va pas se faire arnaquer de 50 livres pour un pieu et une pissotière. Moi je connais une autre sorte d’hôtel où tu payes que dalle et t’as une déco autrement plus classe qu’ailleurs. Enfin encore faut-il que ce soit ouvert... Allez, viens, je te montre ! s’exclama-t-il avec l’enthousiasme de la fierté en bondissant sur ses pieds.
Billy se leva à sa suite, lui rendant son cuir mouillé.
- T’es sûr ? Parce que sinon on pourrait peut-être rester ici, moi ça ne me dérange pas…
- Oh que non, moi j'te fais pas passer la nuit là, déclara fermement Renaud tandis qu’ils repartaient tranquillement sur leurs pas. Vaut mieux pas trop y moisir passée une certaine heure, y a des choses pas très catholiques qui se trament là-dedans… impliquant entre autres des messieurs avec de la poudre blanche et des gros chien-chiens pas très gentils, si tu vois ce que je veux dire…
Billy confirma à nouveau d’un bref hochement de tête et pressa un peu le pas. Oui, il était sans aucun doute plus sage de se fier à Renaud, il semblait savoir de quoi il parlait.


Lorsque l’homme s’arrêta enfin devant l’immense édifice qui ressemblait à une abbaye, le soleil était complètement couché. Omar savait qu’il n’aurait pas dû se trouver là mais, l’occasion était trop belle. Grand-père Selim lui avait dit un jour de toujours saisir l’opportunité au vol, et c’était bien ce qu’il avait l’intention de faire. Il savait qu’on le décrivait souvent comme un enfant intelligent, débrouillard… Il retrouverait bien les autres avant le départ du lendemain. Le camp était juste à la sortie de la ville, sur l’aire de la Misburg. Il n’aurait qu’à prendre le bus, il n’était de toute façon pas si tard. Il leva les yeux vers son guide.
- Bon, alors ?
- Alors, répliqua ce dernier sans baisser les siens, voilà l’endroit. On peut y accéder par l’arrière où les murs donnent directement sur la rue. Suis-moi.
Il poursuivit sur les talons du jeune homme. Ils passèrent devant le portail bien fermé de la grille, et son ombre glissa sur leurs deux corps, les maculant pour quelques instants de rayures mouvantes. Omar aperçu un écriteau doré, mais n’eut pas le temps d’essayer de le déchiffrer avec ses connaissances des lettres plus que rudimentaire. Puis l’ombre du muret reprit le relais. Il ne leur fallut pas beaucoup plus d’une minute pour arriver derrière le plus gros des bâtiments. La ruelle était très étroite et comme elle ne contenait pas non-plus de magasins de l’autre côté, occupé par un vaste dépôt informatique, elle était fort peu fréquentée, même dans la journée. Son complice s’arrêta enfin pour lui montrer du bout du pied un soupirail que fermaient seulement trois courts barreaux de métal.
- Voilà, c’est ici.
Omar se pencha pour mieux voir l’ouverture obscure, plus très rassuré.
- Qu’est-ce que je dois faire, alors ?
- C’est très simple. Tu vois cette porte, là-bas ? lui demanda son acolyte en désignant du menton un renfoncement quelques mètres plus loin.
- Oui.
- Cette porte ne s’ouvre que de l’intérieur, ou alors avec une clé. Ton boulot ça va être de rentrer, de retrouver cette porte et de venir m’ouvrir. Ensuite je t’aiderai à trouver des objets intéressants et tu pourras les ramener à ta famille. Tu peux être sûr qu’il seront fiers de toi. Si tu veux je te raccompagnerai en bus s’ils sont en périph’…
Il observait l’enfant qui étudiait le soupirail, engouffrant sa tête à l’intérieur pour tenter d’y voir quelque chose.
- Il y a tellement de tordus partout…
Au bout de quelques instants, l’expression entière et réfléchie d’Omar réapparut.
- Je te crois pas. Pourquoi y aurait des objets de valeur, là-dedans, ça doit juste être tout plein de vieilleries !
- Eh, tu apprendras que ça peut se vendre très cher, les vieilleries… Il suffit de trouver les bonnes, et de les proposer à qui il faut. On appelle ça des antiquités. Et tu vois, regarde cette bâtisse…
Tous deux levèrent le nez vers le clocher et les vieilles tuiles du toit.
- C’était une école religieuse dans le temps, et avant ça, c’était une sorte de monastère, c’est pas des blagues. Ils ont amassé tous pleins de trucs d’époque qu’ils ont mis en vitrine, de nos jours… Et certains sont très précieux, je connais des antiquaires qui vendraient leur peau pour les avoir. Tu vois je suis sûr qu’une seule de ces pièces vous éviterait d’aller dans la rue pendant au moins six mois.
Omar serra les dents, en proie à un dilemme bien trop difficile pour son jeune âge. La chandelle semblait vraiment valoir le coup, mais serait-il à la hauteur du jeu ? Cette ouverture noire était tout de même bien effrayante, et puis, ça pouvait être dangereux. C’était quand même un cambriolage ! Il n’osait imaginer la honte de sa mère et les débordements qui pourraient s’ensuivre s’il revenait au camp accompagné par la police, avec les menottes !
- Non… J’ai plus trop envie, pardon… dit-il en se reculant du passage.
- Oh mais moi j’ai besoin de toi… J’ai besoin de toi pour aller m’ouvrir, je suis trop gros pour passer par là…
- Ben oui, mais…
- T’as peur, c’est ça ? Je me suis donc trompé, je me disais que tu avais l’air d’un petit gars courageux…
- Non, c’est pas ça ! s’énerva l’enfant, la gorge un peu serrée.
- Quand je pense à tout ce que tu aurais pu rapporter juste en allant ouvrir une petite porte… songea l’autre tout haut. Bon eh bien n’y vas pas… mais après, pas de regret…
Omar était si déchiré qu’il en avait les larmes aux yeux. Et puis, après tout, il ne s’agissait que d’une malheureuse porte…
- D’accord, mais alors… c’est toi qui va chercher les choses, et tu me promets de partager quand tu sors !
- Compte sur moi, répondit simplement le jeune homme avant de le regarder se glisser entre les barres du soupirail.


- Voilà, c’est ici !
Renaud grimpa d’un pas altier les marches du parvis.
- Une église ? s’étonna Billy.
- Cela même, répliqua-t-il en tirant sur le gros anneau de métal fixé à l’une des deux portes.
Celle-ci s’ouvrit prudemment dans un grincement grave.
- Allelujah, elle est toujours ouverte, cette bonne vieille Saint-Georges !
Il tapota affectueusement le montant puis s’engouffra vivement dans l’ouverture, attendant Billy pour refermer soigneusement derrière lui.
- Mais on a le droit d’entrer comme ça ? interrogea Boyd.
- Eh ben, droit d’asile, mon vieux ! Si la religion ne pouvait plus servir à planquer les malfrats alors où irait-on, je te le demande !
Sur ce, Renaud s’engagea dans l’allée centrale et marcha gaiement jusqu’à la barrière délimitant l’endroit réservé à l’office, où il proclama :
- Le voilà, mon autel !
Billy eut un rire léger en le rejoignant.
- C’est digne des autres jeux de mots de tes chansons, ça !
Renaud s’approcha de lui avec le coup d’épaule du jeune zonard qui cherche la rixe.
- Vas-y, exprime-toi, j’aimerais bien savoir ce que tu veux dire par là…
- Moi ? Rien du tout… sourit un Billy amusé en se laissant reculer de quelques pas.
- Tant mieux. Parce que c’est pas parce qu’on est dans la maison du bon dieu qu’il empêche ma main de coller une petite mandale s’il le faut, tu sauras…
- J’en prends note, assura-t-il avec un air de bon élève.
Renaud se retourna alors à nouveau vers l’autel.
- Ah, les sagouins, ils ne nous ont même pas laissé de vin de messe !
Billy ricana un peu jaune, et le poulbot s’empressa de préciser :
- Non t’inquiète, hein, je déconne. Je chie sur la religion mais pas dans l’assiette de mon hôte, si tu vois la nuance.
- C’est si clairement dit que je ne pourrais pas mieux la voir.
Renaud passa devant lui avec une œillade faussement suspicieuse, réfléchie par le sourire détendu et amène de l'autre étudiant.
- Bon, toujours est-il que moi je t’ai trouvé une résidence secondaire qui en jette… Tu viens, on va faire nos petits lits ? proposa-t-il en ramassant quelques un des coussins sagement alignés devant la barrière pour les genoux des fidèles.
Billy l’observa les étaler sur l’un des bancs de messe, et lui en amena quelques autres.
- Voilà. Tu vas voir, ce sera pas forcément des plus confortables mais c’est déjà nettement mieux que du bois… ou que l’asphalte, d’ailleurs.
Renaud retira ses bottes et s’installa, allongé sur le dos.
- Et en plus, regarde, on a une magnifique vue sur des petits anges tout nus. Si avec ça on fait pas de rêves érotiques…
Billy retint tout juste une détonation de rire. Mais qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Comment la force des choses avait-elle pu le conduire jusque là ? Il ôta ses baskets et s’allongea à son tour sur le banc, la tête du côté de celle de son acolyte pour ne pas lui faire profiter des effluves de ses pieds nus. En tout cas, ce serait une expérience à renouveler, songeait-il. Puis il pensa qu’il n’en aurait peut-être plus les capacités dès la semaine suivante, et cela assombrit un peu son esprit, qui avait paru si léger depuis un moment.
- Et ce que je ne t’ai pas dit, aussi, c’est qu’il y a une acoustique du tonnerre ! lança alors Renaud près de lui. GARE AU GORI…I…I… ILLE !
Les mots français résonnèrent dans toute la coupole de l’église et allèrent se répercuter un peu partout. Cette fois, Billy éclata de rire. Et avant qu’il n’ait pu le réaliser, le sommet du crâne de son compagnon vint lui donner un petit coup amical et celui-ci conclut :
- Bonne nuit, Billy.

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Scilia
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Lun 22 Aoû - 0:11

Omar sauve toi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

*se rend compte que cela ne va rien changer à la suite*

triste triste triste

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 23 Aoû - 12:28

Attention cependant, je dois dire que celle-ci contient un passage qui sort vraiment foncièrement des règles de bienséances littéraires mais également primordial puisque il s'agit de la fameuse scène de mon rêve qui m'a inspiré toute cette histoire. ... Et de plus, j'en fais bien voir à ce pauvre Billy!!! :( :( :( :(

Mais avertissement, donc, comme dans Happy Tree Friend: Planquez les enfants!













Dominic attendit plusieurs secondes, qui parurent se dérouler lentement devant lui comme le colimaçon d’un escalier, les yeux fixés sur le trou béant du soupirail. Il sentait une étrange sensation envahir son corps. Les os qui n’étaient pas à leurs places, le pouls qui s’accélérait pour lui remonter dans la gorge et lui donner un arrière-goût de nausée étourdissant. Il vacilla légèrement, mais cela lui donna l’occasion de se ressaisir. Le gamin avait l’air malin, il retrouverait peut-être la porte correspondante assez promptement. Il était enfin sur le point de découvrir. Il eût été imbécile de reculer et de se recroqueviller maladroitement comme une jeune fille effarouchée. Tous les enseignements étaient bons à prendre. C’était là la clé du fonctionnement des êtres et des choses. Il avait médité ce premier instant pendant si longtemps… Il sortit des gants de laine noire et les enfila calmement l’un après l’autre, faisant jaillir chacune de ses mains sous le tissu comme pour s’assurer qu’elles y étaient bien logées. Il avait à peine terminé ce sage préparatif que la poignée ronde et travaillée de la porte désaffectée de l’école tournait. Lorsqu’il ouvrit enfin, Omar trouva son complice l’attendant, les mains dans les poches. Il semblait le regarder avec fierté, et l’orgueil juvénile du petit garçon en fut flatté.
- Bon… A toi d’y aller, maintenant.
Le jeune homme s’avança mais, à sa surprise, lui barra le chemin tout en entrant. La porte fut refermée mais Dominic eut le temps d’entrevoir dans l’ombre épaisse la lueur d’incompréhension dans les profonds yeux de l’enfant. Il acheva de le déplier dans cette obscurité, l’accompagnant jusqu’au bout pour étouffer le petit déclic habituellement si cher à son cœur. Surtout, pas de bruit. Ne pas faire souffrir le gosse.


Billy revint à lui. Il ne savait pas même s’il avait réellement dormi jusque là, et combien de temps. Mais il se sentait brutalement vidé de toute torpeur. La première chose qu’il sentit fut le crâne chaud de Renaud contre le sien. Puis il fut surpris de sentir son cœur pulser dans sa poitrine, bien trop rapidement pour la somnolence. Il se leva, ne ressentant pas de courbature malgré la précarité inhabituelle de sa couche, et cligna fortement des yeux pendant un moment, se sentant un peu abruti par les circonstances, et exaspéré. Il jeta un œil à son compère qui, lui, dormait du sommeil du juste – Billy sourit à cette pensée - sa casquette posée sur son visage. Cette vision le rassura quelque peu, mais lui fit tout en même temps envier un sommeil aussi entier.

Il alla se promener entre les bancs, regardant les vitraux et les sculptures de chapiteaux des colonnes. Il se sentait soudain physiquement inadéquat, trop à l’étroit dans sa peau, dans son myocarde qui ne se décidait pas à se calmer, dans sa gorge dilatée par intermittences. Billy était habitué aux malaises corporels mais ils étaient cette fois assez différents de l’ordinaire. Pas de frisson fugitif, rien ne cognait dans sa tête. Et puis soudain, il ressentit comme un coup de pied dans le dos. La respiration lui manqua et il faillit s’écrouler. Il se raccrocha à une colonne, lâchant une plainte étouffée. Il haletait comme s’il venait de traverser la ville en courant, et ce devint bientôt douloureux au-dessus de son sternum. Il lui vint alors l’idée de paniquer ce qui, bien sûr, n’arrangea rien à son état. Il voulut appeler son camarade mais sa gorge était littéralement en feu. Titubant quelques pas plus loin, il plongea la tête dans l’eau du bénitier et s’en abreuva désespérément. Cela calma ses sens et, après quelques toussotements, il était de nouveau en état respirer et de tenir debout, les mains appuyées sur le rebord de la coupe sacrée. Pendant un instant, il eut profondément honte de son acte ; et puis un sentiment autrement supérieur vint se nicher et grandir en son sein : la terreur. Il se sentait terrorisé au sens le plus nu du terme. Il serrait les dents, laissant les filets d’eau dégouliner de ses courts cheveux. Il n’osait même plus regarder ailleurs que dans la vasque qui le soutenait. Mais d’où provenait donc une fois de plus cette peur glacée qui s’emparait de lui comme jamais ? Etait-ce parce qu’il était sorti de son cocon réglé ? Billy en avait vraiment assez de ces attaques inexpliquées. Il se sentait victime d’un mal incurable mais qui l’épuisait pourtant.

Pendant ce court répit qu’il eut pour raisonner, le jeune homme se redressa et marcha au milieu de la grande allée. Il essayait de se maîtriser, sans grand succès. Non, c’était terrible… Que faire et vers qui se tourner ? Il sentait un écrasant sentiment d’impuissance peser sur lui, le murer vivant. Il finit par s’effondrer sur la barrière. Il contempla la statue de la Sainte Vierge dans le coin droit. Il n’avait jamais crut aux icônes mais, si la dernière ressource qu’il pouvait rester pour ramener les choses dans l’ordre, pour empêcher l’horreur d’avoir raison de lui, étaient des divinités agissant aussi mystérieusement que ses troubles, alors Billy les supplieraient des pensées qu’il lui restaient. Il tourna fébrilement les yeux vers l’énorme Christ qui trônait derrière l’autel. Sa figure et son attitude suppliciée le figèrent. Il fixa les clous qui perforaient la chair dans les mains et les deux pieds, et le sang qui coulait des plaies. Son cœur rata un battement et il sentit la bile envahir sa bouche. Le sang coulait sur les draperies, mangeait la soie blanche qui recouvrait l’autel, et voilà qu’il atteindrait bientôt ses genoux sans qu’il ne puisse bouger, les mains collées au bois verni.

Il hurla.

Il n’y avait plus eu d’autre alternative que celle-ci. Il hurlait parce qu’il était terrorisé jusqu’à l’os. Il hurlait parce que quelque chose d’ignominieux était survenu. Il hurlait parce que son cœur semblait patiner comme les rouages d’une vieille machine et qu’il ne pouvait plus remplir ses poumons d’air normalement. Son premier cri retentit dans l’Eglise et enfanta, à la manière de la chanson un peu plus tôt, des échos à glacer le sang.

Il sentit bientôt qu’on le secouait, qu’on lui parlait, mais il n’entendait que des marmonnements aquatiques. Il hurlait, et hurlait encore, sentant sa poitrine se libérer progressivement. On lui détacha bientôt les mains de la barrière, et il put rouvrir un instant les yeux.
- BILLY ! BILLY ! QU’EST-CE QUI SE PASSE ? BILLY ? REPONDS-MOIS BON SANG, BILLY !
En reconnaissant Renaud, sans sa chère casquette, il finit de crier pour hoqueter spasmodiquement. Ses yeux le fixaient avec une fièvre de supplique et d’inquisition insupportable. Le jeune Français s’était baissé à son côté, mi-accroupi mi-à genoux, et lui secouait les épaules pour le faire sortir de sa folie furieuse.
- BILLY, NOM DE DIEU, TU VAS ME DIRE QUI T’ARRIVE A LA FIN ? criait-il à son tour d’une voix angoissée.
Cela n’eut pour effet que d’effrayer un peu plus le jeune homme qui semblait commencer à se calmer, Renaud s’en rendit compte. Billy lâcha une longue plainte en se détournant pour faire errer frénétiquement son regard sur les lieux sans l’arrêter sur quelque chose de précis.
- Allez, ça va, maintenant.
Renaud raffermit sa prise autour de ses épaules et logea la tête de Billy contre lui, pour qu’il ne puisse plus rien voir de ce qui semblait le perturber dans ce lieu saint. Celui-ci laissa filer son soupir étranglé jusqu’au bout ; puis il se tut quelques secondes, et Renaud sentit son corps tressauter plusieurs fois. Puis Billy éclata dans ces pleurs furieux qu’on ne voit de coutume que chez les enfants. Renaud le serra un peu plus contre sa poitrine. Billy tremblait comme une feuille. Ses cris sans dignité étouffés dans son tee-shirt que trempaient aussi de chaudes larmes le fascinaient tout autant que l’inquiétaient. Il semblait s’en dégager une telle force, une telle puissance de détresse dans un seul corps aussi gringalet que le sien. Il se mit à lui parler avec plus de douceur.
- Mais qu’est-ce qui a pu te mettre dans cet état ? Allez, Billy, mon pote… Tout va bien… Tout va bien…
En caressant ses cheveux pour l’apaiser, le gavroche remarqua qu’ils étaient trempés. Il se demandait vraiment quelle mouche avait pu le piquer tout à coup, lui qu’il n’avait jamais perçu comme un garçon bien expansif. Il l’incita à venir se blottir un peu plus pour lui épargner une position inconfortable et grotesque, et l’enserrer davantage dans une chrysalide rassurante. Billy s’agrippa alors au pan et à la manche gauches de son blouson et s’affaissa sur le sol froid de l’église, ses jambes repliées près de lui.
- Qu’est-ce qui t’est passé par la tête, mon pauvre vieux ? On n’a rien à craindre, ici… je t’assure… Allons, finit-il par conclure devant les sanglots déchirants, vide-toi bien et tu vas m’expliquer… On a tout le temps…
Mais Billy ne savait pas ce qu’il pourrait expliquer. Il était soulagé d’avoir recouvré son souffle et ses battements de cœur, il ne se sentait plus oppressé. Mais il était impossible de justifier de manière rationnelle ce qu’il lui avait pris. Renaud ne comprendrait pas. Personne n’aurait pu comprendre. Il allait encore passer pour à moitié givré. Il chercha un autre coin encore sec sur le tee-shirt pour y terminer ses sanglots de peur.


Dominic était fier de lui. Pour sa première fois, cela avait été propre et rapide. Il traversa le couloir du rez-de-chaussée comme une ombre, attentif à ne laisser aucune trace. Il portait sans effort le petit corps sans vie sous un bras ; à l’autre était suspendu son sac, et la main gardait pressée l’écharpe de l’enfant contre l’écoulement sombre. Il s’engouffra dans les premières toilettes qu’il rencontra. La seconde partie intéressante allait pouvoir commencer.

Il posa son sac plastique, installa son funèbre chargement dans le grand évier et ôta l’écharpe ensanglantée, qu’il jeta par terre. Avec une prudence toute délicate, il retira l’Opinel de l’occiput. Il n’avait aucune chance de s’en tirer ni même de ressentir la moindre douleur, songea-t-il à nouveau avec une satisfaction émue. Lorsque la pointe finit de s’extraire, le sang afflua abondamment. Si Dominic esquissa une grimace, c’était de contrariété attendue. Il ne tarda pas à palier ce flot amarante en allumant un robinet. Il regarda l’eau se déverser dans le siphon, d’un rouge qui tirait sur le rose foncé en se délayant. Il savait déjà qu’il n’avait pas fini avec cette contrainte technique. Il défi la fermeture éclair du manteau et aida son petit cadavre à le retirer, prenant garde à ce que sa tête ne heurte pas trop rudement la céramique en retombant. Le blouson suivit ainsi l’écharpe par terre. D’une rapide glissade de couteau, il ouvrit la chemise sans embarras et la fit rejoindre les autres vêtements. Les chaussures et le pantalon achevèrent bientôt le tas humide et taché.

Dominic ne tenait plus en place, et pourtant, il fallait qu’il se maîtrise. Il pouvait se laisser aller sur du brouillon, mais il n’était pas question de gâcher enfin la noble matière première. Après avoir brièvement rincé la lame sous le jet d’eau, il incisa juste sous le sternum. A nouveau, d’un mouvement ferme et droit, il fendit l’enveloppe de peau jusqu’en dessous du nombril. Aussitôt, le sang vif et fort se pressa le long de ce mince trait avec une fébrilité qui alarma presque son auteur. Il rappuya sur le bouton-poussoir du robinet qui s’était éteint. Insérant ses doigts dans la fissure, il écarta ensuite les chairs avec une force mesurée pour pouvoir apercevoir ce qu’elles recelaient. Ce fut un saisissement et un enchantement lorsqu’il vit survenir les matières molles, chaudes et glissantes. Ainsi, voilà donc comme c’était réellement. Une sorte de ravissement tout enfantin le prenait, comme s’il s’était attendu à trouver une panse vide et que l’agencement des organes, avec toutes leurs propriétés physiologiques, n’avait été qu’un vaste canular inventé par les biologistes. Ces merveilleux objets vivants étaient bien là à leur place et fonctionnaient… du moins en lui. Il les touchait, les prenait, en sentait la texture à travers la laine trempée de ses gants. L’intestin le contrariait un peu car il prenait toute la place, mais il se sentait empreint d’un tel aise et d’une telle aménité devant ce spectacle que Monaghan ne s’en offusqua pas. Les viscères commencèrent à joncher l’évier et à couvrir le siphon à mesure qu’il poussait plus loin ses découvertes et ses divertissements, mais il n’en avait cure. Il était confondu de bien-être. Trop d’émotions dignes lui tombaient dessus en même temps. Son travail commençait d’ailleurs à s’en ressentir et perdait de sa chirurgie. Le torrent rouge ne cessait pas et commençait à former une petite mare dans le bac à eau qui se bouchait. Emporté, l’étudiant ne pouvait plus s’arrêter, cherchait toujours plus de nouvelles choses et de nouveaux plaisirs qu’elles engendreraient… un peu comme dans un gigantesque œuf de Pâques ! se dit-il en se permettant un petit rire étouffé. Ah, que tout cela était merveilleux !

Mais Dominic se glaça soudain. Oui, c’étaient bien des bruits de pas qu’il entendait résonner dans le couloir depuis quelques instants. Non ! Personne n’était supposé descendre aux toilettes du bas au milieu de la nuit ! Et pourtant quelqu’un avait l’audace de venir troubler sa si rare liesse. La colère le prit d’abord, et il resserra sa main humide autour de son manche désormais glissant. Mais en l’espace d’une seconde, il s’était raisonné. Il n’allait pas enchaîner les risques si vite, il n’avait rien préparé, et cela ferait trop pour lui. Aussi vite qu’il s’était raisonné, il paniqua, et lorsqu’il attrapa son sac pour se précipiter dans la première cabine venue, les pas étaient déjà tout proches.

Dominic n’osa refermer la porte, par peur de la faire claquer ou grincer. Il attendit, le cœur battant, que les pas soient parvenus tout à fait à hauteur des toilettes. Les chaussures claquaient sagement sur le sol… des espadrilles, sans doute… et finalement s’arrêtèrent… tout près. Le meurtrier retint son souffle, plaqué contre la cloison de la cabine, les yeux agrandis par l’effroi. Il serrait son canif à s’en faire blanchir les jointures sous ses gants noirs. Quelques secondes se passèrent dans le silence le plus complet et le plus insupportable que le jeune homme ait connu. Puis un cri fusa à quelques mètres. Le cri aigu et affolé d’une étudiante, qui s’enfuit bientôt à travers le couloir.

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Scilia
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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mar 23 Aoû - 12:55

c'est trop affreux... pauvre petit bonhomme !

*attrape la tronconneuse qu'elle a piqué a viggo dans un de ses films gores et commence à avancer vers Dom*

scilia : dommie, j'ai qq chose pour toi Twisted Evil Twisted Evil
dom : euh... faut qu' j'aille aiguiser mon opinel
scilia : j'crois pas non

La scène suivante a ete censurée pour cause de... ahhhhh pkoi y a un bras qui me tombe dessus ? Je suis que la voix off moi !!!!!!!!!!!!!!!!

...
...
...

bip... bip... bip....

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:07




Billy était toujours frileusement replié dans ses bras, mais il avait cessé ses pleurs désespérés. L’oreille contre son buste, le menton sur ses poings serrés, il gardait grands ouverts des yeux dont coulaient perpétuellement des rus de larmes. Renaud avait eu beau déployer des trésors de gentillesse et de calme, il ne s’était pas décrispé ni n’avait ouvert la bouche de son propre chef. Au moins ne tremblait-il plus… se consola le garçon aux cheveux longs. Il retenta sa chance.
- Ecoute, Billy, je sais que quelque chose t’a fait peur. Mais si tu ne me dis pas quoi, je ne pourrai pas faire quoi que ce soit pour toi. Alors, si tu veux, on sort d’ici, et on trouvera bien…
- Non… répondit enfin Billy en se raccrochant à son cuir. Ne sors pas d’ici, je t’en supplie.
- Pourquoi, Billy ? demanda-t-il avec insistance. Pourquoi je ne dois pas sortir ?
L’Ecossais poussa un soupir. Le savait-il seulement lui-même ?
- Parce qu’il s’est passé quelque chose d’horrible… déclara-t-il enfin, sa voix s’étranglant dans sa gorge.
- Quoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Où ?
Billy ferma les yeux comme pour échapper à cet interrogatoire.
- J’en sais rien, avoua-t-il. Dehors…
Renaud resta perplexe. Puis il entendit Billy qui demandait :
- Tu me prends pour un dingue, n’est-ce pas ?
Il n’y eut pas de réponse. Le jeune homme soupira à nouveau contre la poitrine de son acolyte, qui dit alors :
- Tu me permettras d’être un peu paumé. Je me réveille en sursaut au milieu de la nuit parce que tu brames comme un possédé devant ce bon vieux Jésus, Dieu ait son âme, tu te mets à trembloter comme une gelée aux fruits de la cantine et, en définitive, tu n’es même pas capable de me donner la raison de tout ce tintouin…
Il réussit à arracher un début de sourire à Billy, qui répondit :
- Je te le permets. A qui est-ce que je pourrais l’interdire, d’ailleurs ? Et toi au moins tu as la franchise de le dire.
- Eh, Billy, je pense pas que tu sois dingue. Enfin pas complètement mais, je m’intéresse pas aux gens trop sains d’esprit. Ce que je pense, c’est que passer la nuit dehors t’a un peu chamboulé et que tu nous as fait une crise d’angoisse bien carabinée… T’en avais jamais eu, avant ?
« Oh si, Docteur Freud, mais c’était tout autre chose… » eut envie de lui répondre son interlocuteur.
- Je suis allé boire l’eau du bénitier, insista-t-il, éludant la question par l’anecdote.
- Alors je retire : tu es dingue.
La déclaration solennelle allégea quelque peu l’esprit honteux et tourmenté de Billy. Il renifla et se nicha un peu plus dans l’étreinte amicale. C’était la première fois depuis des lustres qu’il goûtait au plaisir d’être rassuré et délesté des maux qui coulaient en lui, et il s’y complaisait avec la crainte ambivalente de trop l’apprécier et de ne plus y avoir accès par la suite.
- Désolé d’avoir trempé tes vêtements… lança-t-il en réalisant l’état du pauvre tee-shirt.
- Bas les pattes, maraud, tu ne me les feras pas enlever avec des stratagèmes aussi usés, décréta le gavroche.
Il sentit l’amusement de Billy dans le soubresaut de ses épaules et fut content de lui. Il devait parvenir à lui faire oublier toutes ses pensées noires s’il voulait espérer les comprendre.
- Tu veux peut-être aller te recoucher ? questionna Boyd, semblant un peu remis d’aplomb.
- Si tu crois que je dors pas déjà… répliqua Renaud.
Billy sourit. Il sentit qu’on le couvrait d’un pan de blouson, et son camarade qui dépliait sa jambe droite derrière lui. Il n’escomptait pas se rendormir de la nuit mais essaya néanmoins de se détendre et de ne penser à rien.
- Allez, pleure plus… tu vas nous noyer.
Sur ces sages paroles, la tête de Renaud retomba sur sa poitrine.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:09

Dominic jura plusieurs fois mentalement avant d’entendre les pas précipités grimper les escaliers centraux. Que faire ? Que faire ? Que faire ? Maintenant ! D’abord, ne pas rester ici, oh que non ! Il fila comme un trait dans les toilettes des garçons, juste à-côté, et s’enferma dans une autre cabine. Il devait enlever toutes ces frusques ensanglantées, et sans tarder ! Tout en se déshabillant frénétiquement, il mit au galop son cerveau en ébullition pour décider de la façon de s’en sortir. Un plan précaire acheva de se former dans sa tête lorsqu’il fourra son pantalon dans le sac plastique, heureusement spacieux et épais ; il le replia sous son bras et, en caleçon et tee-shirt, jeta un œil dans le couloir avant de foncer à l’escalier gauche. Il grimpa comme une flèche au premier étage et alla ouvrir le vieux placard à balais du bout du couloir. Il y entreposa son sac qui contenait son manteau et ses gants, et son Opinel encore tout poisseux de sang, puis il referma doucement, mais fermement. Il eût été assez douteux qu’on le rencontre ainsi au milieu de la nuit avec une quelconque besace. Il se précipita ensuite à son tour aux étages supérieurs. Après s’être passé les mains sous l’eau aux waters du haut, pour être sûr d’être débarrassé de toute trace fâcheuse, il ressortit un peu tranquillisé. Enfin, il s’en était tiré sans dommage pour le plus dur et le plus dangereux. Resterait maintenant à récupérer les preuves et les faire discrètement partir en fumée. Juste à cet instant, l’agitation commençait à se faire entendre un peu plus loin dans le bâtiment. Adoptant alors le pas engourdi de l’étudiant réveillé au beau milieu de la nuit et de son précieux sommeil réparateur, il se dirigea vers le couloir central de jonction avec les chambres des filles. Il eut le temps de faire tomber ses paupières et d’ébouriffer un peu plus ses cheveux avant de tomber nez à nez avec Emilie, une donzelle un peu ronde, aux boucles noires, qui accourait donner l’alerte de ce côté des chambres.
- Qu’est-ce qui se passe, ici ? articula Dom avec une curiosité un peu réprobatrice.
- Uliana ! s’écria la jeune fille aux abois. Il paraît qu’elle a vu un enfant, mort, dans les toilettes ! Qu’il y avait du sang partout, oh mon Dieu…
- Un enfant mort ?
Mais Emilie détalait déjà sonner le tocsin dans toutes les chambres, en fille aimant à être celle au courant de toutes les trames de l’école et qui annonce les évènements. Dominic haussa les sourcils d’un air surpris et dubitatif, tandis que d’autres étudiantes le croisaient en courant à la suite de leurs camarades. Il en aurait pleuré de rire. Ainsi donc c’était cette brave Lasarva qui avait eu le plaisir de rencontrer sa chère victime les tripes à l’air. La situation était vraiment trop cocasse ! Que n’aurait-il pas donné pour avoir vu la décomposition de sa face pulpeuse.

Il s’empressa de devancer sa camarade et de prévenir lui aussi quelques chambres, ouvrant les portes à la volée en s’exclamant « Debout, tous ! », cognant contre celles qui étaient fermées à clé. Bientôt, le couloir où s’alignaient sagement les chambrettes fut transformé en une véritable volière de chemises de nuit, de pyjamas et de tee-shirts en coton. Ceux qui n’étaient pas encore au courant du drame en profitaient d’ailleurs pour épier leurs camarades en tenues de nuit d’un œil égrillard. Ca piaillait fort. Personne ne comprenait vraiment, où n’osait comprendre, la nouvelle qui passait de bouche à oreille au milieu des exclamations d’horreur. Dominic s’amusait follement. Et dire que c’était lui qui était à l’origine de toute cette chienlit ! Finalement, Emilie bondit devant les escalier et beugla qu’il fallait descendre voir exactement de quoi il retournait. Tel le panache d’Henri 4, sa longue chemise de nuit blanche fut suivie par une déferlante de jeunes gens, avides de la décision d’un chef charismatique devant tant de confusion. Dans la cohue qui se ruait au rez-de-chaussée, il aperçut Coralie, bousculée comme tous les autres dans la mêlée. Il accéléra et faucha la foule pour la rejoindre.
- Coralie !
Entendant son prénom, elle se retourna, et sourit légèrement en voyant Dom arriver à son côté.
- Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire, encore ?
- De deux choses l’une : ou il y a eu un assassinat dans les WCs du bas, ou la Miss Lasarva a décidé d’augmenter sa popularité en nous jouant un drame nocturne. Mon Dieu, si tu l’avais vue glapir et se tortiller au milieu du couloir…
Dominic se mit à rire.
- Je vois tout à fait ! Et ça ne m’étonnerait encore pas tant que ça de sa part. … Enfin, quand même, un assassinat dans les toilettes… bientôt ce sera une bombe dans le local à poubelles !
Coralie acquiesça.
- Au fait, reprit le jeune homme alors qu’ils atteignaient le rez-de-chaussée, et que d’autres étudiants accouraient avec encore plus d’ardeur, je n’ai pas vu les autres, tu sais où ils sont ?
- Noé est chez son copain, Daniel est allé aux péripatéticiennes, si j’ai bien compris, et Jonas qui était avec lui avant est rentré complètement bourré, pour changer. Je pense qu’il n’a même pas entendu cette pie-grièche de Skones quand elle est venue jouer les sirènes de votre côté. Puisse le cuvage de sa gnaule lui épargner la vue du sang…
Dominic eut cette fois l’embryon méprisant d’un rire.

Ils virent bientôt qu’un attroupement s’était formé devant l’entrée des toilettes, et des cris perçants fusaient de toutes part, polluant l’environnement sonore de Monaghan, mais lui procurant tout en même temps une certaine distraction. Les restes de son festin mental semblaient faire leur petit effet sur cette bande de charognards. Oui, c’était cela : il était le prédateur et tous ceux-là étaient les chacals, les hyènes ou les petits vautours. Lui seul avait eu le loisir, parce qu’il avait plus de cran que les autres, de se délecter des bons morceaux. Et maintenant il se plaisait à les voir si perturbés en devant se contenter de regarder. Coralie fronça les sourcils et pressa le pas, Dom sur ses talons. Ils se ménagèrent un peu de place à coups de bousculades parmi le conglomérat d’étudiants. Arrivés devant l’encadrement, sa compagne se plaqua une main sur la bouche, et il contempla le lieu du crime… de son crime, avec l’expression d’un dégoût ahuri. C’était étrange de revoir toutes ces joyeusetés sous cet angle. Cela faisait-il déjà tant désordre lorsqu’il était penché au-dessus, son cher instrument à la main ? Il pensa avec mélancolie au petit objet qui l’attendait, dangereusement terré dans le cagibi du premier étage, et se promit de l’aller chercher sous peu.

Pour l’heure, il s’attacha à remmener Coralie hors du cercle, qui se pressait pour assouvir la curiosité morbide de voir en vrai ce que beaucoup de gens n’avaient jamais vus que sur écran. Cela aussi donnait au bourreau une sensation de fierté. Qu’ils se divertissaient donc bien, grâce à lui ! Ce petit choc émotionnel ne pourrait leur faire que le plus grand bien et, avec un peu… avec beaucoup de chance, peut-être deviendraient-ils moins superficiels par la suite… pour un temps. Il se tourna vers Coralie qu’il tenait toujours par les épaules, attendant ses commentaires. La jeune fille était choquée, mais en pleine possession de ses moyens.
- Ca va, ça va, le chassa-t-elle gentiment une fois qu’ils furent sortis de l’attroupement.
- Merde… lâcha simplement Dom.
- Tu l’as dit.
- Mais c’est horrible, qui a bien… comment a-t-on pu venir trucider un môme ici ?
- J’en sais rien.
- Tu crois que c’est quelqu’un de l’école ?
- J’en sais rien ! répéta Coralie, agacée.
- Ca va aller ? interrogea Monaghan d’un ton prévenant en penchant la tête sur le côté, une main sur son épaule.
- Oui, oui, le rassura sa camarade. Mais c’était abominable. Je n’ai jamais vu une chose pareille de ma vie.
- Je crois qu’on est beaucoup dans ce cas-là… fit remarquer le jeune homme d’un air grave, enfin plus satisfait de cette réponse.
- Mais enfin… faut vraiment être infâme pour arriver à…
- Coralie ! Oh, mon Dieu, tu as vu ça ?
Tous deux tournèrent la tête vers le garçon aux grands yeux bleus qui se pressait vers eux dans un pyjama rouge où un adorable Snoopy réclamait « J’ai besoin d’un câlin ».
- Ah, Eli, mais quelle horreur !
Dom eut un pincement de lèvres amusé, lorsqu’il constata que son dévot concurrent au titre de « chouchou de ces dames » était, lui, assez bon pour réconforter sa vieille connaissance dans ses bras. Cela dit, il n’aurait pu espérer mieux que sa survenue. Il eut tout juste à se donner la peine de glisser un « Je vais chercher Teisseir, il faut quand même qu’il soit là ! » à Coralie, pour s’éclipser en trottinant jusqu’à l’escalier.

Il grimpa les marches d’un pas tonique et se coula subrepticement dans le premier couloir pour aller récupérer son sac. Tout le monde était sans nul doute descendu à l’heure qu’il était. Il referma la cache et remonta comme un voleur, avec la ferme intention d’aller tirer de son lit ce gros pochard de Teisseir, n’était-ce que pour étayer son alibi. Monaghan voulut tout d’abord aller cacher ses affaires pour le moins compromettantes dans la chambre où il avait la chance d’être seul. Cependant, arrivé au dernier étage, alors qu’il s’y dirigeait résolument, la porte voisine s’ouvrit doucement et apparut Jonas, habillé, les cheveux encore attachés bien qu’éméchés à de nombreux endroits, l’œil vitreux. Dominic se figea sur place, maudissant vingt fois la providence en pensées. Il soutint le regard torve de son vieux copain sans sourciller, et comprit qu’il devait être encore passablement imbibé.
- Qu… Qu’est-ce que tu fais, Dommm ?
- Je remonte des affaires. Figure-toi qu’il y a eu un meurtre, en-bas. Eh oui, vieille galette cuite, un gamin en plus ! Tu ferais mieux d’aller voir, tu es le dernier. Je te rejoins.
Sur ce, Dom s’enferma dans sa chambre et, après avoir provisoirement rangé le sac en plastique dans un fond de tiroir de la vieille commode qu’il avait à disposition, s’assit lourdement sur son lit. C’était trop bête, il était passé entre toutes les gouttes jusqu’à présent ! « Il était plein comme un tonneau… » se dit-il, comme pour se convaincre lui-même. « Après l’annonce que je lui ai balancée, il ne se souviendra que de ça… s’il s’en souvient seulement demain, parce que… dans l’état où il était ! ». Il se leva et tourna en rond un petit moment, essayant de se tranquilliser au souvenir de la face rougeaude, de l’expression vide et de la lueur éteinte de l’œil qui avait tout juste réagi en apprenant le crime. Non, il n’y avait rien à craindre…

Il ressortit dignement, et trouva Jonas dans les escaliers, cramponné à la rampe. Il le rattrapa et passa son bras autour de son cou, entourant sa taille d’un geste mû par l’habitude.
- Allez, mon vieux… ça te dessoûlera.
Ils descendirent ainsi tous les deux, dans un silence total. Monaghan jetait de temps en temps un coup d’œil furtif à son acolyte, mais celui-ci semblait complètement absorbé par la descente des nombreuses marches. Lorsqu’ils parvinrent au rez-de-chaussée, la concierge et deux femmes de l’administration s’occupaient déjà, à grand peine, de disperser les étudiants. Dominic s’approcha, Jonas pendu à lui. Coralie et son ami au truculent pyjama vinrent à leur rencontre.
- C’est la débandade, lui apprit-elle. Shenol a appelé les flics et ils voudraient bien qu’on remonte tous pour qu’ils puissent opérer dans le calme. Seulement, les gens n’y sont pas du tout décidés, et il y en a déjà qui commencent à paniquer et à geindre qu’ils veulent rentrer chez eux… Remarque, je les comprends, ça n’est pas très rassurant…
- Demandez à Skones, elle sait y faire pour mener le troupeau… suggéra Dom.
- Mais je ne suis pas sûre qu’elle y mette du sien, à dire vrai… On dirait plutôt qu’elle contribue à affoler le monde. Mais j’avais pensé que tu pourrais peut-être…
- Moi ? Pas question ! S’exclama Dominic sur l’un de ces tons qu’on savait définitif chez lui.
- Mais pourquoi ? Qui peut le faire, sinon ? insista Coralie, toujours soucieuse que les choses fonctionnent bien.
- Je n’en sais rien, moi non-plus, et c’est pas mon problème ! Je suis déjà assez harcelé sexuellement pour me poser en icône du lycée, gronda-t-il.
- Dom, on parle d’un meurtre, là, tu comprends ? lui rappela la jeune fille d’un air réprobateur.
- Et alors ? Tu crois que ça va ramener le gosse à la vie de faire gagner du temps au commissaire ?
Coralie soupira, agacée. Dom n’avait vraiment pas un caractère facile, quand il avait décidé de s’y mettre.
- J’vais voir une seconde, déclara alors Jonas, à qui personne ne semblait faire attention.
Dominic sourit intérieurement. Ah ça, c’était beaucoup trop attractif pour qu’on puisse s’en priver. On ne voyait pas ça tous les jours ! Et ce n’était certainement pas lui qui allait faire rentrer tous ses charmants collègues au bercail : la jeunesse aussi avait le droit de savoir ! Pourquoi les fonctionnaires et les légistes auraient-ils dû se réserver toujours le constat des dégâts sur le terrain, tandis qu’on offrait des fictions au public ? Dom était tout content de la mauvaise volonté dont ses camarades faisaient preuve, témoin sans nul doute de la fascination que son petit ouvrage provoquait.

Finalement, lorsque toute une volée d’hommes en uniformes déboula dans le couloir et aménagea sans ménagement le périmètre, les étudiants furent contraints, bon gré mal gré, de céder la place. La plupart remontèrent dans les étages, mais ce fut surtout pour parler entre eux, dans la salle commune, du drame qui venait de se produire dans leur établissement. Dominic, lui, préféra rester au rez-de-chaussée pour surveiller, de loin, les opérations. Une barrière de sécurité fut rapidement dressée autour de l’entrée des toilettes, et un gros homme en imper qu’il devina être l’inspecteur de police, accompagné d’un auxiliaire à longue veste en cuir brun, pénétra dans la pièce aux lumières crues. D’autres spécialistes le rejoignirent peu après, et tout ce que Dom put distinguer pendant un bon moment furent les flashs d’appareils photos. Il sentit un grattement désagréable dans sa gorge lorsqu’un nouveau venu en blouse et gants de caoutchouc traversa la bande de sûreté. Mais il se décida, en désespoir de cause, à remonter dans sa chambre. Il avait en effet des soucis plus urgents, et en premier lieu, nettoyer son canif et faire disparaître les vêtements maculés. La question était maintenant de savoir ce qu’il comptait faire, en particulier de son très cher « meilleur ami ».

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:12




Billly vit le matin se lever doucement à travers les vitraux. Des petites taches de lumières tamisées de rouge, de bleu, et de jaune furent jetées petit à petit sur le sol, dans de jolis éclats de couleurs. Il les regarda un moment. Il n’avait pas dormi, comme il s’y attendait. Il était resté caché dans le blouson de cuir et avait tâché de faire le vide, de se laisser tranquilliser par la présence dévouée qu’il lui paraissait connaître déjà avant de l’avoir rencontrée, et de se calquer sur la profondeur régulière de sa respiration, afin de couler progressivement dans un agréable état léthargique qui se substitua au sommeil. Il n’avait pas voulu réfléchir ou analyser sérieusement sa mésaventure ; il ne voulait plus y penser. Plus jamais. A présent que le soleil se levait, la vie allait pouvoir continuer comme avant, sans tracas insurmontable. Il commençait à sentir Renaud remuer et soupirer. Le drôle se réveillait aussi doucement que se vivifiaient les reflets des vitraux par terre. Billy sourit et, très prudemment, sortit un peu plus la tête de sous son abri noir et la redressa pour le voir. Il se retrouva juste en-dessous de ses yeux encore clos.

Il patienta ainsi un moment, détendant sa nuque un peu douloureuse. Il profitait de cette inconscience pour l’observer. Il n’avait eu jusqu’à présent l’occasion de le regarder que d’assez loin, terré dans son pouf au coin du club ; et encore qu’il n’aimât pas du tout dévisager les gens, le jeune homme s’intéressait beaucoup aux visages et aux physionomies. L’un de ses rêves aurait été de faire de la photo mais, là encore, il aurait fallu entrer en contact avec des modèles, pour bien faire. Il préférait réserver les paysages pour son bonheur instantané et périssable. Un paysage mis sur une feuille de papier, ça n’avait pas de sens : il était écrasé, aplati, dénaturé… perdait toute son atmosphère. Mais les personnes, si communes, voire repoussantes mises toutes ensembles, renfermaient souvent prises une à une la petite tache de merveilleux qui les distinguaient comme les créations d’un heureux hasard. Il croyait la photographie capable de révéler cette trace. Les gens en eux-mêmes ne se prêtaient pas à la contemplation : ils étaient pudiques, indécis, pressés… trop profanes. C’était pourquoi Billy se sentait particulièrement favorisé par ce petit moment. Il était reconnaissant de tout son être à ce gavroche qui semblait imprégné d’une rare entièreté débarrassée de faux-semblants.

Renaud se mit à grogner de plus en plus fréquemment, et Billy vit bientôt un œil bleu sarcelle s’entrouvrir et papillonner sous la frange brune. Il l’accueillit par un timide sourire. Le garçon à la longue tignasse, après avoir claqué la langue et baillé sous son nez avec une innocence touchante, crispa légèrement la commissure droite de ses lèvres pour lui en rendre une esquisse.
- Déjà réveillé ? marmonna-t-il d’une voix encore toute pâteuse et geignarde.
- Oui, répondit Boyd sans préciser qu’il ne s’était pas rendormi. Le matin était très joli à voir.
- Bien… J'suppose qu’il vaut mieux qu’on s’en aille avant que le cureton donne sa messe et qu’on fasse fuir les bourgeoises, qu’est-ce que t’en penses ?
Si cela n’avait tenu qu’à lui, Billy serait bien resté là. Quelque chose lui faisait appréhender la sortie au-dehors ; cependant, il ne s’agissait là que d’un pressentiment aisément abattable, et il savait que Renaud parlait une fois de plus au nom de la sagesse. Aussi acquiesça-t-il avant de se retirer lentement, et de laisser la fraîcheur des lieux lui mordiller la chair. Le poulbot le laissa se redresser, puis fit un mouvement pour s’étirer. Il se crispa aussitôt douloureusement :
- Oh… Les courbatures, bon Dieu…
- Je suis désolé… compatit Billy, lui proposant son aide.
Renaud finit par se relever, dépliant sa carcasse maigre comme on déplierait un siège de jardin rouillé. Après quelques simagrées destinées à réchauffer ses muscles douloureux, et un dernier ébrouement de tête pour pleinement se réveiller, le drille était remis d’aplomb et souriait déjà avec entrain. Il alla remettre ses bottes avec une nonchalance détachée. L’incident de la nuit semblait lui être déjà sorti de l’esprit. Il se contenta de lancer à Billy :
- Tu devrais pas te réveiller si tôt, t’as une sale dégaine, mon pote.
L’intéressé cligna des yeux rougis, sans voir les petites mèches qui s’étaient dressées sur le devant de son crâne après avoir séché.
- Non mais tu t’es pas vu ! protesta-t-il en trottant à la suite du Français qui se dirigeait déjà vers la grande porte.
- Prends pas la mouche… J't’emmène boire un petit café chez Mimi, ça te remontera ! déclara Renaud en plongeant la main dans le bénitier d’un geste absent pour se recoller un épi. Ca te dit ?
Il se retourna, étonné de voir Billy encore plusieurs bancs plus loin.
- Ouais, eh bien n’empêche que sans moi tu aurais oublié ton cher couvre-chef ! lui lança-t-il fièrement avec la casquette noire lorsqu’il le rejoignit.
- Ah ! Sacrebleu, merci beaucoup et infiniment ! s’exclama le gavroche en la recoiffant. Je t’embrasserais bien si j’avais pas mon haleine du matin.
L’Ecossais rit, et referma derrière lui avant de descendre les marches du parvis, au-bas duquel son compère avait déjà sauté.
- Bon, alors, on va où, tu disais ?
- Chez Mimi. Ils sont ouverts vachement tôt et ils font les meilleurs petits pains briochés de toute la ville, assura Renaud.
- Alors allons-y, approuva Billy en tâtant avec inquiétude les quelques pièces oubliées au fond de sa poche.


Le petit matin commençait à baigner la chambre aux rideaux ouverts. Dominic, allongé sur son lit, les bras dans une croix un peu plus proche du Y, fixait le plafond. Il avait nettoyé religieusement ce cher Opinel qui reposait à présent, propre comme un sou neuf et bien au chaud, dans le tiroir à clé de sa table de nuit, sur un petit mouchoir replié. Son pantalon, qu’une heureuse chance n’avait pas taché, il l’avait consciencieusement nettoyé avec une bassine d’eau et une éponge pour éliminer d’éventuelles traces des petits doigts de ce sale gosse qui l’avait attrapé. On n’était jamais trop prudent. A présent, il séchait sur la poignée de porte. Son manteau, ses gants et le plastique, sanguinolents témoins, avaient été découpés sans pitiés et compactés dans un second sac de manière à ne prendre pas plus de place qu’un gros parpaing de maison. Aujourd’hui, il profiterait du dimanche pour aller les brûler en forêt. D’ailleurs, le temps s’annonçait au beau fixe.
Dom se leva pour aller saluer les premiers rayons dorés en ouvrant la fenêtre. Il enleva son tee-shirt et se laissa retomber avec une veulerie délectée sur son matelas. Il frissonna de plaisir en sentant la chaleur de l’astre en une large bande sur son torse. Il se gratta nonchalamment le ventre, bailla, puis se replia sur le côté pour sentir le soleil sur son échine. Ses pieds trahissaient son bien-être. Il adorait se faire ainsi dorloter par le soleil qui donnait sur sa chambre, les matins de week-end. Il se prélassait et pensait à tout un tas de choses agréables. C’était l’un de ses rares petits bonheurs rituels qu’il exécrait manquer. Personne ne devait s’aviser de le déranger ces matins-là, et si ceux-ci se révélaient trop nuageux, Dominic en était des plus déçu. Ces nuages… s’il pouvait les tenir, parfois ! Il poussa un soupir accompli en roulant complètement sur le ventre. Oh oui… tout allait très bien. Il était le maître. Une petite sieste au soleil… puis il irait au bois.

Promenons-nous dans les bois
Pendant que le loup y est pas…



- Merchi Mimi, lança chaleureusement Renaud à la patronne en mordant déjà dans son imposant petit pain.
- C’est rien, mon chat, lui répondit la grande brune en posant une main maternelle sur sa casquette qu’il n’avait pas enlevée.
Elle se pencha ensuite brièvement à son oreille et lui glissa alors qu’il était toujours en train de mastiquer :
- Appelez-moi si vous voulez double ration, les galopins.
Alors qu’elle repartait, Billy fit remarquer :
- Eh bien, on peut dire qu’elle est gentille…
- Mh, confirma Renaud dans son café. Avec mes copains on a redressés des petits cons qui étaient venus faire la foire chez elle, une fois. Depuis elle nous a à la bonne, c’est sympa.
- Je m’en doute ! sourit le jeune homme aux courts cheveux châtains.
- Allez, mange donc, tu sais pas qui te mangera…
Renaud vit avec attendrissement Billy croquer dans son petit pain brioché et ses yeux s’allumer avant qu’il ne s’exclame :
- Ah, c’est drôlement bon !
Il se mit aussitôt à déchirer la viennoiserie à belles dents. Il faut dire qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de se remplir l’estomac depuis la vieille au midi. Le petit chanteur regarda l’horloge du café depuis la terrasse. Il était 8h32.
- L’école a dû rouvrir à l’heure qu’il est, remarqua-t-il. On pourra rentrer prendre une douche chaude juste après.
Billy s’amusa de son expression ravie à cette perspective.
Lorsqu’ils eurent repris chacun un petit pain – la patronne et Renaud s’y mettant à deux pour persuader le jeune Britannique gêné de sagaces « Ne me force pas à te le fourrer moi-même dans le bec. » et autres « De toutes façons, si t’en veux pas, c’est moi qui le prendrai, alors… » - Boyd sortit ses maigres pences pour les compter avec appréhension mais, Renaud les lui fit ranger sur le champ.
- C’est bon, c’est bon, je te l’offre en remerciement d’avoir sauvé ma casquette des griffes du curé.
- Pas question, je…
- Tais-toi donc ! On n’est pas là pour compter, avait tranché son acolyte en détruisant les soigneux petits tas que l’autre construisait sur la nappe.
- Bon… avait cédé Billy, songeant qu’il était inutile de faire le fier dans le cas probable où il n’aurait pas de quoi payer la totalité de sa part. Mais, un jour, tu me le paieras… ou c’est plutôt moi qui te paierai quelque chose, et tu n’auras pas le droit de refuser !
- Mais, j’y compte bien ! répliqua Renaud.
Cet accord implicite sur la continuation future d’un bon copinage procura une grande joie à Billy, et lui fit presque oublier les murs de l’école où ils s’apprêtaient à retourner.

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MessageSujet: Re: Sang de pluie   Mer 26 Avr - 15:15







Et c’est toujours guillerets qu’ils arrivèrent à la British Reuel School, le cœur léger et le ventre lourd. Ils discutaient encore en prenant l’angle de la rue ; mais bien vite, ils remarquèrent la population anormalement abondante qui se déployait à la grille. Des véhicules officiels étaient garés sur l’accotement : voitures de polices, fourgonnette médicale… et plusieurs camionnettes à l’enseigne de diverses chaînes télévisées ou de stations radio. Ils s’interrogèrent un instant du regard avant de presser le pas en direction de l’entrée. Les gens qui s’amoncelaient là, malgré les policiers leur demandant de faire place, avaient l’air bien agités. Les journalistes, armés de leurs micros, semblaient attendre fébrilement. Renaud fut le premier à demander :
- Qu’est-ce qui se passe ?
Un homme en tablier, qu’il reconnut comme le pizzaïolo de la rue, lui répondit en le considérant à peine :
- Ils disent qu’il y a eu un crime cette nuit.
- Comment, dans l’école ? s’écria l’étudiant.
- A ce qui paraîtrait…
- Mais… Mais qui ? Qui ? Qui est la victime ? balbutia le malheureux, pris de peur.
- J’en sais rien, moi, mon petit ! Il faut croire qu’ils ne vont pas tarder à sortir le corps, mais… ça m’étonnerait qu’on puisse le voir, estima le commerçant d’un ton désinvolte.
Renaud resta quelques secondes figé par l’énormité de la nouvelle, sans voix ; puis il jeta un bref coup d’œil indéfinissable à Billy qui se tenait derrière lui, l’espace d’un instant, avant de fendre l’attroupement sans ménagement. Il se précipita par les grilles ouvertes, mais se fit intercepter par l’un des hommes en uniformes.
- Désolé, jeune homme, personne ne peut rentrer.
Il le repoussa avec aussi peu d’égard qu’il l’eût fait pour un gros putois.
- Oh, lâchez-moi, j’ai de la famille là-dedans ! ne mentit-il qu’à moitié.
Il courut le long du chemin qui accédait à la grande porte. Billy voulut le suivre mais n’eut pas le courage de se dégager du bras dissuasif de l’un des policiers. Il ne put donc que regarder son ami s’engouffrer à l’intérieur, se demandant sans crainte pour qui que ce soit, mais avec une anxiété toute personnelle, ce qui avait bien pu se produire dans son si calme établissement.


Lorsqu’il déboula dans le hall, Renaud ne vit aucun des étudiants de la BRS. Seuls quelques hommes armés de talkies-walkies jalonnaient le lieu, jetant sur son arrivée des regards austères. Le gavroche ne s’attarda pas et se précipita dans l’escalier le plus proche malgré une sommation déjà lointaine, agrippant sa casquette qui menaçait de glisser de sa tête. Arrivé à l’étage de la salle commune, il se rua dans le couloir et ouvrit la porte à la volée. Il découvrit enfin un nombre impressionnant d’élèves rassemblés là. Aussitôt, il se mit à fouiller fiévreusement des yeux ce rassemblement de personnes, qui paraissaient le scruter toutes d’un air interrogateur. Il fut soulagé en voyant Agnès et Aldebert se lever et se hâter dans sa direction. Il les attrapa chacun par un bras et les serra vivement contre lui.
- Putain, vous êtes là.
Il les relâcha rapidement, et attira ensuite à lui Lysiane qui s’était approchée aussi, un air inquiet sur le visage.
- Et Lili aussi est là.
Mais, de même, il se redressa promptement.
- Où est Michael ?
Ses compagnons furent un peu surpris de l’entendre appeler son plus cher copain par son vrai prénom, mais Agnès le rassura aussitôt :
- Il est dans sa chambre, il…
Mais il aurait été inutile d’informer de la suite une embrasure de porte déjà vide.

Renaud grimpa quatre à quatre le dernier étage et pénétra dans leur chambre sans frapper. Il trouva Peter sur son lit, les mains croisées derrière la nuque. Celui-ci eut à peine le temps de tourner la tête vers le gringalet aux cheveux raides que celui-ci lui tombait dessus, à moitié assis sur le bord du matelas.
- Ah, Nounours, tu vas bien toi aussi…
Mic passa un bras autour de lui pour lui rendre son étreinte.
- Oui, t’inquiète pas. La victime n’est pas quelqu’un d’ici. T’étais où toute la nuit ? Au poste ?
- Qui c’est, alors ? interrogea vivement Renaud en se redressant.
- Tu vas pas le croire… un simple gosse. Et je peux t’assurer que ça n’avait rien de propre… Guillaume a failli renvoyer le dîner.
- Qu… Attends, vous l’avez vu ?
- Oui. C’est Uliana qui est tombé dessus… dans les toilettes du bas. La pauvre…
- Un gamin ? Mais on sait qui a fait le coup ?
- Pas encore… Les flics ont pris les choses en main.
Renaud resta silencieux quelques instants ; puis il donna un violent coup dans le réveil posé sur la table de nuit, qui alla heurter le mur dans un inquiétant bruit de mécanismes brisés.
- Putain, quelle vie de chiottes !
- Hey ! s’exclama Michael d’une voix énervée. On se calme, Monsieur J’aime-éclater-des-choses-quand-je-m’énerve ! C’est pas en cassant notre réveil que tu changeras la situation.
Le garçon considéra son camarade, qui le fixait avec reproche derrière les carreaux de ses lunettes. Ce genre d’acte dépassait son entendement.
- Mais qu’est-ce qu’on peut bien vouloir à un môme, nom de Dieu ?
Peter haussa les épaules. Ce n’est qu’alors que Renaud remarqua que la tristesse avait envahi son visage depuis un moment.
- Ne fais pas comme si c’était la première fois que tu apprenais que des enfants sont tués. Je croyais que tu avais perdu ta naïveté depuis un moment.
Il soupira.
- Monde de tarés… gronda le Français entre ses dents.
- Oui… Vivement qu’on se casse d’ici, hein ?
- Dis pas ça… Pendant quelques instants, tu sais, j’ai eu vraiment peur, déclara le poulbot en lui lançant un regard embarrassé et inquiet.
Michael trouva le courage d’esquisser un faible sourire, en l’invitant à revenir près de lui d’un signe de la main. Renaud retira sa casquette, et Mic laissa ses paupières se refermer pour recevoir son baiser.


Billy piétinait encore devant le portail lorsque plusieurs personnes sortirent de l’école. Un homme et une femme en blouses blanches portaient une civière sur laquelle reposait un petit corps recouvert d’un drap noir. Plusieurs policiers les entouraient, et suivait le commissaire flanqué de son assistant. Les agents restés à la grille resserrèrent aussitôt le cordon de sécurité pour leur ménager un passage. Quand le cortège passa, Boyd observa les replis du drap auréolé de quelques taches. Le cadavre semblait très petit… trop petit pour un étudiant. Il vit les médecins charger le corps dans leur véhicule, tandis que les fonctionnaires de police remontaient dans le leur. A peine eût-il atteint l’entrée que le corpulent homme en imperméable fut assailli de questions par la presse, qui s’échauffait derrière la ligne de policiers encore en place. Les ignorant, comme à l’habitude qu’il fallait avoir acquise à son grade, le commissaire se dirigea vers un adjudant qui se tenait près de Billy. Celui-ci l’entendit lui ordonner d’une voix épaisse:
- Ils vont bientôt se disperser… mais restez ici et veillez à ne laisser circuler que les étudiants et le personnel. Harry va vous donner une liste, et exigez la carte d’identité, je n’ai pas besoin de vous le dire. On vous enverra une relève pour treize heure.
Lorsque l’équipe médicale et les représentants de la Crim’ furent repartis, la foule commença comme prévu à se déliter, chacun emportant un sacré fait divers à raconter à la table familiale du soir-même. Billy s’empressa de montrer ses papiers dont il ne se séparait jamais pour sortir, et marcha d’un pas rapide jusqu’aux grands bâtiments. Il monta immédiatement pour rejoindre les chambres.

A nouveau, tout en gravissant les étages, il sentit son crâne pulser, sa figure rougir et une mince pellicule de sueur sourdre sur son front ; il dut saisir la rampe pour s’aider à grimper normalement. Et il fut malgré tout choqué lorsqu’il l’aperçut en relevant la tête, à l’avant-dernier palier. Il descendait nonchalamment les marches, les doigts glissant sur la main-courante, vêtu de son uniforme, un sac au dos, ses yeux bleu perçants masqués par des lunettes de soleil. Billy continua de monter, mais sa conscience semblait avoir sauté comme des plombs sous la foudre. Il ne récupéra un semblant de raison que lorsqu’il se retrouva nez à nez avec lui, sa main tenant toujours la rampe qu’il suivait aussi. Sa vision, concentrée au centre de son visage, se redressa légèrement pour trouver une réponse au blocage de la situation dans son regard. Mais ne lui fut renvoyé que son propre reflet un peu ahuri dans les verres noirs. Brutalement, il se jeta presque de l’autre côté de l’escalier, sans le quitter des yeux. Tout cela n’avait duré que quelques instants, et pourtant Billy, dans la brève transe hypnotique qui l’avait envahi, avait vécu, subi chaque fraction de seconde, comme si son incapacité à réagir l’avait poussé dans une réception particulièrement accrue. A présent que le charme était rompu, il ne put que regarder l’autre s’en aller et lui lancer au tournant un regard prolongé – probablement intrigué, mais Billy n’aurait pu le dire avec ses lunettes – en continuant à descendre les marches d’un pas dégagé.

Boyd remonta les dernières qui le séparaient du havre de sa chambre, et se laissa tomber sur son lit après avoir claqué la porte. Chacun ressentait cela à certains moment de sa vie, cette sensation de ralenti contemplatif… du moins c’est ce que prétendaient les auteurs. Mais Billy aurait voulu savoir pour quelle raison il était la cible de ce genre de décalage conscient de façon si prononcée depuis la dernière nuit... et surtout sans prétexte valable. Son visage se crispa, se recroquevilla dans une expression d’agacement exténué. Il en avait plus qu’assez. Pourquoi ? Pourquoi lui, qui n’avait jamais rien demandé ? Il était si fatigué… Qu’est-ce qui n’allait pas avec lui ? Il avait l’impression que son corps se révoltait contre la réalité. Etait-il en train de devenir un peu plus fou à mesure du temps ?


Dominic marchait sur un petit sentier de terre, bien loin au cœur de la forêt de Dartfold. Il se sentait bien. Il avait passé son uniforme, la plus officielle de ses tenues, et avait protégé ses yeux derrière d’épaisses lunettes de soleil noires. Il avait attendu d’avoir quitté les chemins pour promeneurs trop fréquentés pour ramasser du petit bois. Il était particulièrement attentif à ce qui l’entourait, voulant courir le moins de risques possible pour une formalité aussi morbide que la flambée des preuves matérielles. Bien sûr, celles-ci contenaient encore quelques traces de sa victime, songea-t-il avec un sourire, mais plus rien de vivant. Mais, il fallait le faire ! De plus, cette petite promenade en forêt lui ferait le plus grand bien. Cela faisait trop longtemps qu’il ne l’avait plus explorée.

Comme pour le conforter dans son optimisme, un gros buisson de ronces lui dévoila un mûrier quelques pas plus loin. Ravi, Dom s’arrêta et lâcha ses quelques branchettes. Après une énième vérification de son environnement, il compta cinquante centimètres au-dessus du sol pour choisir les baies. Il ne fallait pas se laisser avoir par ces sacrés renards qui réussissaient à causer la mort des hommes avec leur seule pisse. Dominic ricana à nouveau, cela devait être follement drôle de pouvoir faire ça ! Il cueillit quelques mûres et les savoura, les égrenant entre sa langue et son palais. Il avait la chance d’être tombé sur des fruits juste à point, ce qui était rare, mais peu étonnant compte tenu de l’ensoleillement de cet endroit reculé et abrité du vent. Il adorait le goût de ces mûres sauvages toutes chaudes. Il se gava seulement avec les plus grosses et les plus noires, qui se décomposaient presque entre ses doigts quand il les attrapait. Ses phalanges furent bientôt maculées de jus pourpre, et lorsqu’il se décida à s’en retourner, songeant à ses responsabilités, il prit soin de les sucer consciencieusement pour ne pas tâcher sa chemise blanche d’une marque indélébile.

Finalement, après quelques minutes de marche supplémentaire au beau milieu de l’épaisse futaie, Dominic se décida pour un endroit plus quelconque que les autres. Il posa ses branches et son sac à dos, et aménagea soigneusement un petit foyer avec de grosses pierres. Il ne s’agissait pas de déclencher un feu de forêt ! Non seulement attirer l’attention des autorités était la dernière des choses à faire par les temps qui couraient pour lui, mais il en aurait été également mort de honte. Ceci fait, il s’accroupit, disposa quelques brindilles, sortit de son sac le plastique compromettant, et le recouvrit de feuilles mortes. Enfin, il prit dans la poche de sa veste le zippo que Jonas avait oublié dans sa chambre deux jours auparavant, et le dégaina. Mais juste après avoir entendu le petit déclic, un autre son parvint à ses oreilles. Il redressa immédiatement la tête, le cœur battant. Mais l’alarme fit bien vite place à l’étonnement, au soulagement, puis au ravissement. Un gros renard se tenait plusieurs arbres plus loin, l’observant de deux grands yeux d’un orange aussi vif que son pelage, la tête abaissée et tendue par une curiosité craintive. Dominic sourit avec sympathie. Il lui lança à voix basse :
- Qu’est-ce que tu fais là, mon gros ? Tu ferais mieux d’attendre la nuit pour sortir ton museau, c’est plus confortable…
Comme le renard ne bougeait pas, il le contempla un moment, puis finit par reprendre sa tâche, permettant à la bête de rester pour l’accompagner. Il ralluma la flammèche et fit prendre délicatement les feuilles déjà sèches qui se racornirent très rapidement, et incendièrent le petit foyer. Dominic se releva. Il surveilla le feu qui prenait de l’ampleur avec une vélocité traîtresse, en repensant à sa formidable expérience de la veille. Ses doigts faisaient cliqueter machinalement l’ouverture du zippo. Il aimait bien le son que cela produisait. L’odeur du plastique brûlé commença à monter à ses narines, lui rappelant celle épaisse et métallique du sang, et il lécha brièvement sa lèvre supérieure où s’étaient attardées quelques traces de l’arôme des mûres. Il osait par moments un regard à son farouche ami, qui avait reculé de quelques pas à la vue des flammes, sans pour autant s’enfuir. C’était un bon moment. L’harmonie le remplissait tout entier.

Finalement, lorsque tout fut réduit en cendres, Dominic aida le feu à s’éteindre en versant dessus une bouteille d’eau qu’il avait pris soin s’emporter, et piétina scrupuleusement les restes. Il éparpilla les pierres, et creusa un petit trou juste à l’endroit où il avait brûlé ses affaires pour les enterrer. Lorsqu’il eut fini de rendre parfaitement méconnaissable son forfait, il pris soin d’effectuer un dernier contrôle visuel, et reprit son sac à dos. Jetant un dernier regard au renard, il lui adressa un petit sourire, puis repartit vers les sentes après l’avoir salué de la tête.

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