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 Les temps sont durs pour les rêveurs, songfic

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Nombre de messages : 1973
Date de naissance : 28/08/1987
Age : 30
Localisation : La Comté-Franche

MessageSujet: Les temps sont durs pour les rêveurs, songfic   Jeu 10 Mar - 22:46

Voici une songfic faite à partir d'une chanson d'Aldebert, "la plage" (je suis disponible pour celles qui la veulent) que j'ai, certaines le verront, très légèrement modifié sur la fin, de manière à ce que ça colle encore mieux à mon idée.
Je sens que je vais me faire tuer. En fait, pour tout vous dire, même si l'idée m'est venue un peu à l'écoute de l'avant dernier petit bout de couplet, la raison principale de cette fic est une basse vengeance un peu amère envers toutes les traîtresses aveuglées se complaisant dans les ténèbres des pairings qui craignent du boudin. Bon allez, je n'en dis pas plus... Pas taper, svp. Rolling Eyes


Les temps sont durs pour les rêveurs
10/03/05
Par la Halfeline


Pré en bulles :

Il fait bon dans cette chambre ; et te revoir enfin me fait baigner dans une béatitude et une paix de l’âme à peine réelles. Je repense à la journée d’hier. C’est une belle surprise que les membres du cast t’ont préparée à l’occasion de la fin de la première saison de ton contrat, avec la complicité de tes propres coéquipiers : nous avons tous fait le trajet jusqu’à ton exotique lieu de tournage, et nous avons prévu d’accompagner ta semaine de congé. Tu étais à la fois interloqué et touché lorsque tu nous as vus, tous, t’attendant dans ta loge. C’est un véritable cadeau que l’émotion que tu nous as laissé voir dans tes prunelles incrédules. Et maintenant nous revoilà en tête à tête, ou presque. J’ai été assigné à ta chambre naturellement. Nous avons un lien spécial, tout le monde le sait… A force de me raconter, à force de blaguer, à force de goûter les caresses, tu as fini par tomber de sommeil, la tête sur la toile lâche du pantacourt froissé sur mes cuisses, le corps recroquevillé avec nonchalance sur le dessus-de-lit. Et moi, je n’ai eu d’autre choix que de rester immobile, et de m’endormir assis contre le mur, une main sur ton front et l’autre sur ta poitrine, pour sentir ta respiration et être bercé par elle.


Et tu dors encore à présent que la journée est plus avancée – à en croire l’intensité du rai de lumière qui s’est glissé entre les rideaux pour aller réchauffer tes pieds nus. Tu t’es retourné dans la nuit, me présentant les mèches vanille et réglisse qui envahissent ton crâne d’une jungle luxuriante. Je souris en touchant précautionneusement la petite zone un peu plus nue d’où elles partent. Tu frissonnes légèrement, émets un très bref son un peu plaintif et étouffé, et je suspends mon geste un instant. J’aime jouer tendrement avec toi, lorsque tu es trop endormi ou groggy par l’alcool pour que ta conscience s’invite aussi. C’est là que je constate avec joie la sincérité des réactions que je peux provoquer chez toi, là que je peux m’assurer que je suis bien celui qui te connaît. Allez, il est tout de même temps de te réveiller, maintenant, ou cette journée sera déjà à moitié consommée lorsque tu émergeras des limbes du sommeil. Ma main droite glisse jusqu’à ton visage et caresse très doucement, très délicatement ta tempe, ton nez rond, ta mâchoire barbue. Un petit changement dans ta respiration m’indique ton réveil. Tu demeures quelques instants apathique avant de saisir, encore pataud, mes doigts qui sont restés à ton chevet à parcourir tes traits. Tu ronronnes comme un gros chat avant de lâcher un profond soupir et un bâillement. Puis, tu gigotes pour te retourner vers moi et m’offrir ton sourire d’Ami devant l’éternel, ton expression pâteuse ajoutant une touche comique à la scène.
- On se réveille, petit naufragé…
Pour toute réponse, tu te hisses à ma hauteur et te vautres contre moi, sur mon épaule, quémandant un extra de somnolence et de torpeur voluptueuse en ronchonnant, puis en geignant de satisfaction mes bras t’ayant tout juste entouré pour te soutenir inutilement. Si tu peux te comporter ainsi en grand enfant, c’est parce que je t’aime trop. Parce que c’est trop bon d’être ainsi à nouveau emboîtés l’un dans l’autre.


Sous la chaleur, le goudron fait des bulles
La bouche en cœur, un seul nuage : c’est la Lune.
Comment ne pas bâiller sous ces températures,
Rester serein devant la montée du mercure ?



Voici pourtant qu’Elijah, après avoir frappé vivement à la porte de la chambre, l’entrouvre et nous glisse un espiègle regard bleu électrique.
- Alors ? Debout là-dedans, ça fait des heures qu’on vous attend, il est presque midi ! On aimerait bien profiter un peu de la plage, nous !
Combien de temps s’est-il passé depuis ton réveil? Je ne saurais le dire, mais je n’ai aucune envie de me lever, finalement. Je garde mes bras en harnais autour de toi, si d’aventure cela encourageait Eli à lâcher le bout de gras… Mais non ; les grands yeux bleus restent là, profanant sans vergogne. Et tu te redresses péniblement, mettant pieds à terre et frictionnant tes cheveux.
- Ca va, on arrive…
Lorsque notre cadet redescend à l’étage inférieur, tu me lances un sourire d’excuse.
- On sera à nouveau tranquilles, ce soir. En tout cas, Bill, je suis heureux que tu sois là. J’ai eu l’occasion de faire plus d’une connaissance intéressante sur ce tournage mais… je réalise que l’amitié au sens noble du terme n’est pas ce qu’on peut appeler monnaie courante, surtout une comme la tienne. C’est comme ça, et y a personne à blâmer pour ça mais… merci. Merci d’être là, en face de moi, dans ton tee-shirt qui craint du boudin, tu m’as manqué.
Tu as prononcé la dernière phrase très rapidement, avec la vanne qui montre elle aussi que tu es encore pudique. Je joue le jeu et m’insurge en me levant à ta suite :
- Il est très bien, mon tee-shirt, je ne te permets pas, petit couillon d’Anglais sans qui j’ai cru dépérir !
- Un tee-shirt canari avec marqué « I love hip hop » et « Shut up ! » dans le dos, tu oses dire que c’est très bien?
- Moi au moins je ne l’ai pas cradement peinturluré pour faire genre, et quand on a une barbouze digne du Mollah Omar, on ne peut pas se permettre de critiquer le style des autres, jeune homme.
- Alors là, tu m’as eu…
- N’est-ce pas ?
- Bon… Je vais m’offrir le luxe d’un rasage digne de ce nom, s’il faut fêter l’événement…
- Ne tarde pas trop si tu veux trouver quelque chose à manger… en dehors d’un pain d’Elijah.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur cette plage hawaïenne, sous un soleil douloureusement écrasant pour mon organisme de petit Ecossais couleur jockey élevé à la grisaille brumeuse des ruelles de Glasgow. Mais enfin, tout le monde semble s’amuser, et c’est là le principal…


J’aime sa façon de faire des petits sauts
Pour éviter les vagues en entrant dans l’eau.
Je me vois au ralenti courir dans le décor
Avec un standard de Barry en fond sonore.



C’est la deuxième fois que je ricane en te regardant tenter très péniblement d’entrer dans la mer, trempant un orteil pour te retirer ensuite comme un chat échaudé, te précipitant sur trente mètres de sable, tête baissée et hurlement de guerre, pour enfin freiner des quatre fers juste avant que l’écume ne puisse lécher tes orteils, poussant des cris d’orfraie lorsque Ian avise de t’éclabousser à grands coups de pieds. En fait, tu nous offres l’un de tes spectacles personnels bien connus, et tu nous fait toujours autant rire. Ton short de bain noir imprimé au verso d’un menaçant « You touch, you break, you pay ! » en lettres blanches est la cerise sur le gâteau –mais mon tee-shirt n’a par ailleurs rien à lui envier ! Tu reviens me voir. « Allez, Billy, viens, comme ça j’y vais après toi ! » Je décline pour le moment, à l’abri de l’ombre sûre du parasol. Je n’aime pas non-plus avoir à me presser pour rentrer à l’eau, et je n’aime pas être éclaboussé pendant que je m’adonne à cette tâche. Or, je te connais fort bien, cher alter ego, et tu le sais toi aussi.

Finalement lorsque, baigné jusqu’aux mollets, tu te jettes dans les bras d’Eli à l’approche d’un rouleau, vous tombez tous les deux dans l’eau qui ne doit pourtant pas être si glacée que tu veux bien nous le faire croire. Tout le monde éclate de rire et vous émergez ensuite vautrés dans le fond sablonneux, vos cheveux désespérément collés, vos visages ruisselants et vos yeux bleus encore tout choqués. Comme je me tords d’hilarité encore davantage à cette vue, vous finissez d’un commun accord par venir me chercher et me portez jusqu’au bord malgré mes protestations actives. Tu me plaques ta paume trempée sur le torse et derrière la nuque avant de me lâcher avec l’aide d’Elijah dans un bon mètre de profondeur. Si vous n’aviez jamais assisté à la colère d’un enfant des Highlands, accrochez-vous !


Vamos a la playa
Deux ou trois balles en plein cœur.
Vamos a la playa
Cupidon charge au fusil-mitrailleur.
Vamos a la playa
Les temps sont durs pour les rêveurs…



Lorsque je considère t’avoir coulé un nombre suffisant de fois pour te faire expier ta mauvaise action, je sors m’emmitoufler dans une grande serviette et sécher quelques instants au soleil, à-côté d’Orlando et Viggo qui ne tardent pas à aller se rafraîchir à leur tour. Je me retire alors sous mon ombre et t’observe par-dessus le bord du linge. Je te vois continuer de jouer avec Lij, à vous éclabousser, à vous surprendre en vous cachant sous la surface, à vous jeter tous les deux dans les rouleaux, tête la première et jambes en l’air comme des perdus. Je te vois essoufflé, je te vois sourire et rire et cela me contente bien largement.

_________________


Dernière édition par le Dim 18 Fév - 23:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les temps sont durs pour les rêveurs, songfic   Jeu 10 Mar - 22:46

Je serre un peu les mâchoires lorsque arrive une troupe de jeunes hawaïens auxquels vous ne manquez pas de vous mêler. Cette tendance à faire le jeune coq partout où tu passes fait partie de ta nature, et tu ne serais plus celui qu’on connaît sans elle. Mais ça me donne toujours une petite boule dans l’estomac lorsque je te vois draguer quelqu’un d’autre que la presse. Le pire, c’est que tu restes on ne peut plus naturel à ce jeu-là, ou presque… Le numéro n’en est que plus envoûtant. Voilà que ta main claque affectueusement le derrière de notre cher benjamin et que vous éclatez tous de rire. J’admire le bagou d’Elijah… Lorsque tu te lasses de ce public jetable, tu te diriges vers l’auréole de mon parasol, non sans être passé par les bras de l’ensemble de la petite bande. Je n’aime pas quand tu fais ça. C’est comme un synonyme de dévalorisation de ton affection, à mes yeux. Mais je ne dis jamais rien. Je n’ai rien à dire, d’ailleurs. Tu ne mérites pas un ami trop possessif. Tu es magnifique. Je n’ai que ce fait en tête lorsque tu déroules ta serviette à-côté de moi et t’y étends, toujours avec cette indolence désinvolte et presque lascive malgré elle. L’amour classique et préfabriqué n’a jamais été le genre de relation que j’aurais souhaitée pour nous mais, je dois avouer que parfois j’aimerais bien être quelqu’un d’autre, pour avoir le droit de flirter ne serait-ce qu’un bref moment avec toi. Les très vagues bribes de cette drôle de soirée me reviennent à nouveau… Ces flashs si prégnants et en même temps si scindés. La braguette de mon jean ouverte comme la cosse d’un fruit trop mûr, ta main à l’intérieur. Mon corps roulant sur toi dans l’obscurité à peine perturbée par les éclats blancs d’un écran de télévision réduit au mutisme. Le son de tes soupirs et des canettes tombant sur le sol. Je crois que tu ne te souviens de rien. Ca ne s’était pas terminé par une trop grosse bêtise.


Barbecue géant, concours de coups d’soleil,
Un banc de vacanciers vient d’échouer sur mes orteils.
Comment se faire remarquer sur ce rivage ?
Sous les serviettes : la plage !



C’est une journée à la plage normale. Vers 15h, lorsque Sean se met en tête de faire griller quelques saucisses, nous constatons que son adresse dans ce domaine s’est peu améliorée. Encore une fois, Ian le houspille tandis que chacun tente de mettre son grain dans le problème. Au final, on s’amuse plus que l’on ne mange. Un autre groupe est arrivé, et s’est installé non loin de nous sur des couvertures. Deux d’entre eux balbutient quelques accords de guitare. Je me sens un peu désœuvré au milieu de tout le monde. Ian lit au soleil chaussé de Ray-ban profilées, les deux Sean s’essaient à quelques glissades sur les vagues, Viggo et Orlando s’embrassent à bouche que veux-tu sous le parasol que je squattais tout à l’heure, et toi tu sembles absorbé par le coup de soleil qui a rougi la nuque d’Eli. Tandis que tu pars en guerre contre l’astre du jour à grands coups de crème solaire, massant Lij avec sollicitude, je m’approche des quatre bohèmes qui accueillent ma présence avec chaleur.

Ils ont tous quelque chose d’attachant dans leurs regards. L’un est malingre, avec le crâne ras et une chemise à fleurs bleue, et possède un sourire très communicatif. Le grand gabarit à-côté de moi, aussi barbu et chevelu que Peter et vêtu d’un tee-shirt où l’on peut lire « Bush hates me », irradie une bonhomie débonnaire derrière les carreaux de ses lunettes. Le seul représentant de la gent féminine est une brunette au visage teigneux mais juste et attentif, flottant dans une djellaba légère. Le dernier renferme un air de vieux copain dans ses prunelles délavées, parfois masquées par une frange aussi folle que le reste de sa tignasse négligée, et n’a protégé son torse qu’avec un simple bout de chiffon rouge. Ils me mettent très vite une guitare entre les mains en apprenant que je sais manier l’objet, sans même savoir mon nom.


Dans une chanson d’amour ordinaire
Avec coucher de soleil, violons réglementaires,
Je t’offrirais ton prénom sur un grain d’riz,
Tu m’écrirais le mien dans l’sable en faisant un rond sur le « i ».



Lorsque j’entonne un chant après avoir un peu travaillé l’instrument pour l’apprivoiser, vous finissez tous par nous rejoindre. On dirait que j’ai finalement trouvé quelque chose pour vous divertir, à mon tour. C’est une chanson d’été classique, qui ne va pas chercher très loin ses paroles un peu fleur bleue mais, après tout, c’est à cela que se prête l’atmosphère, et je me prends au jeu, encouragé par vos sourires, les regards amicaux et sympathiques des inconnus. Je me laisse croire un moment que je chante pour toi, en donnant à cette chansonnette une portée moins pompeuse et plus décalée, car tu cherches mon regard, même lorsque c’est sur toi que mes yeux s’attardent comme sur chacun des membres de l’auditoire. Mais alors, je déchante brutalement lorsque je perçois qu’une main s’empare discrètement de la tienne… et que tu ne la retires pas. Je lève précipitamment le regard. Elijah. Je change brusquement de point de mire. Mais… que se passe-t-il, au juste ? Je ne veux pas croire l’hypothèse que me persifle mon esprit. Comment une telle chose aurait-elle pu arriver ? Je te connais si mal, en définitive ?


Vamos a la playa
Deux ou trois balles en plein cœur.
Vamos a la playa
Cupidon charge au fusil-mitrailleur.
Vamos a la playa
Les temps sont durs pour les rêveurs…



C’est une chance que j’arrive à la fin de la chanson, car ma voix commence à se libérer de ma maîtrise. Après le dernier coup sur les cordes, toute l’assemblée applaudit, même vous deux, même toi. Je te considère à nouveau, t’implorant presque du regard, mais ce que tu me renvoies n’est qu’une joie et une affection pétillante, fière et comblée. Puis tu me reprends ta main en reprenant la sienne, et lui offre à son tour un sourire. Charmeur. Comme tu sais si bien en lancer. Elijah le dévore des yeux de longues secondes avant de reporter son attention sur ce qui se passe autour. Une douleur vive, aussi intense que soudaine vient me distordre l’estomac et me torturer comme le personnage d’un Dali.


C’est la fin de journée, le soleil redescend dans la mer se coucher.
Y a ce type un peu con qui partage ta serviette, il est star de ciné.
De ses yeux de cocker il te raconte, blessé, qu’il sort d’une grande histoire, enfin…
Qu’il a besoin d’chaleur, qu’il est pote avec un dauphin…
Bras dessus bras dessous, vos épaules soudées à former une éclipse.
Sans dessus sans dessous, j’avale le calice… hips !



Maintenant que la nuit tombe doucement sur cette plage, il recommence à faire froid. Je suis à nouveau terré sous mon parasol, mais pour m’abriter du vent, cette fois. Je vous regarde, assis sur une serviette quelques mètres devant, face à la mer qui gronde toujours en martelant férocement la grève. Cela fait longtemps que vous êtes assis là à discuter, sans que personne ne vienne violer votre intimité. Votre intimité. A-côté, ils ne tarissent pas de mignardises sur votre sort. Comment il était amoureux depuis longtemps, comment tu n’osais pas agir. Comme tout cela est merveilleux. Tout ce que je me dis, personnellement, c’est qu’à force de ne vivre que par nous je suis passé complètement à-côté de la plaque. Elijah semble heureux, en effet. Ses grands yeux bleus si exceptionnels peinent à se détacher de toi, et je les vois presque briller d’ici tandis que vous plaisantez. Mais la blague ne dure pas, car il sait aussi faire feu de ses atouts, adoucir ou exacerber de malice son regard troublant ancré dans la mémoire de millions de spectateurs, et j’assiste bientôt pour vous à votre premier baiser. Chaque relance un peu plus goulue que la précédente me perce la gorge, et je m’en inflige la vision avec une sorte de masochisme que je ne comprends pas. Le mal qui m’étrangle non-plus, je n’en cerne pas la raison réelle. Jamais je n’ai demandé à t’embrasser comme ça sciemment. Je m’étais simplement pris à rêver qu’un amour fusionnel te suffirait. Que je pourrais garder l’unique place d’importance dans ton esprit. A présent, je me vois comme un pauvre candide regardant voler les coquecigrues, qui se crée des histoires pour supplanter la réalité. J’ai à mes côtés la bouteille que m’a payée le type au bandana, tout à l’heure, pour me féliciter de mon interprétation. Gobelet de sangria sur gobelet de sangria, je dodeline bientôt vaguement de la tête. Mais rien n’efface la souffrance. Quelque chose s’est cassé.


Allez, partons tous les deux dans ce petit avion qui survole les plages en traînant dans le vide
Ce long bandeau qui flotte au vent. Nous écrirons dessus : « Just severed ».



Vous finissez allongés côte à côte, à échanger des caresses petit à petit plus langoureuses sur vos corps déjà dénudés. C’est bientôt trop dur. Je m’éclipse discrètement derrière la dune, en titubant le moins possible. Savoir que ce n’est pas avec moi que tu seras « tranquille » ce soir, que ce n’est pas moi qui partagerai ta chambre, ton lit, en tout bien tout honneur, que ce ne sont pas mes mains qui te serreront ou te caresseront, juste par tendresse, me soulève le cœur. Une terrible image de toi, gémissant entre ses bras, se forme dans ma tête imbibée du terreau de l’alcool. Le pire, peut-être, et d’avoir conscience de la totale illégitimité de ma contrariété, de l’illogisme de ma rancœur. Appuyé à l’un des mythiques cocotiers hawaïens, les arbres du plaisir tropical sans souci, je vomis bientôt toute ma sangria, comme si les morceaux effrités de mon être devaient à présent en être expulsés. Je tousse, halète pitoyablement, et finis par sangloter. Aussi piteux qu’un chien renvoyé à la niche. Les larmes salées viennent se mêler à l’infâme jus sanguinolent qui souille le sable. Mes humeurs répandues par terre témoignent de la mutation radicale et nécessaire qu’il me faut à présent subir. Accepter la brisure étrangère comme faisant partie de moi, me piquant à ma place réglementaire comme un papillon sur une planche. Il va maintenant me falloir arrêter de trembler et retourner près des autres, en espérant que mon corps encore convulsé et crispé va accepter de se rouvrir.


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