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 D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17

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La Halfeline
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Date de naissance : 28/08/1987
Age : 29
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MessageSujet: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:07

D’or et d’argent
05/08/04
Par la Halfeline



« Frodon ! Frodon ! »
Voilà ce que j’avais hurlé lorsqu’il était tombé. Voilà le cri qui avait monté de ma poitrine en feu avec le naturel des choses sincères au moment où Frodon, notre Frodon, avait perdu la vie pour préserver celle de la terre. Notre Frodon, car tous les gens qui chevauchaient à présent à mes côtés ne savaient rien de lui, n’éprouvaient rien pour lui. Qu’il s’agisse de ce fier guerrier rohirrim à l’œil brave ou ce jeune soldat de Gondor, la mine encore incrédule, Frodon Sacquet n’était rien pour eux, hormis le porteur, le sauveur. Le sauveur, il est vrai ; pas un ami. Pas un ami, ni un guide sur le tortueux chemin de la vie. Pas un frère de coin du feu, ni une bienveillance aimante omniprésente.

Il était cela pour nous. Il avait été cela pour moi, avant que je ne le fûs à mon tour avec lui pour cet autre frère meurtri qui ne retenait pas ses sanglots de douleurs quelques mètres plus loin. Je n’osai encore m’en approcher, incapable d’assurer un réconfort dont j’aurais moi-même eu trop besoin pour en prodiguer. J’avançai, mes mains gantées crispées sur les rênes pour empêcher leurs tremblements.

Lorsque nous parvîmes devant les murs de Minas Tirith profanée, aucun n’eut le cœur à s’y réinstaller comme avant, comme si rien de tout cela ne s’était passé. Comme si le Seigneur Sombre n’avait jamais forgé d’Anneau de Puissance, comme si cet anneau n’était jamais tombé entre les mains d’un innocent, comme si cet innocent n’avait pas dû périr avec tant d’autres pour le restituer au néant. Un vaste campement fut monté aux pieds de la Cité balafrée. Les tentes se dressèrent comme autant de petites maisons qui devaient constituer le premier village des Hommes. On nous soigna, nous lava, et nous revêtit de vêtements d’honneur destinés à faire éclater par nous la noblesse de nos appartenances libres. Mais j’étais étranger à tout ceci. Lorsque, nu dans cette salle d’eau rescapée des projectiles, l’on m’enfila ce pantalon de riche tissu roux, aux jambes assaillies par de gracieuses lignes dorées entrelacées formant ici et là des figures de chevaux, je fus heureux, certes, mais eus tout en même temps le sentiment d’être indécent. Lorsque l’on fit couler sur mes bras et mes épaules cette tunique de lin si fin que le sentir était comme apprécier une immense caresse, je me surpris à avoir une sourde envie de l’arracher. Lorsque le lourd bliaud rouge cire tomba sur mes épaules, ses broderies d’or en têtes de chevaux stylisées me firent prendre conscience de l’inharmonie de ma personne. Lorsque l’on croisa sur ma poitrine les baudriers de cuir de même couleur sanglés par des boucles de métal précieux, je réalisai définitivement ne pas appartenir à ce monde. Les larmes perlèrent lorsque l’on rassembla le haut de mes cheveux pour les lier en une courte gerbe d’épis dorés et indisciplinés à l’arrière du haut de mon crâne.
On me montra ma tente, l’une des plus luxueuses réservées aux héros de cette guerre. Tout le monde ou personne ne méritait cet honneur. Je refusai de m’attarder sur son riche intérieur et me dirigeai vers le grand espace couvert où le festin de victoire se préparait, festin auquel ne participerait pas Gandalf, ni encore moins Frodon ou Sam. Lorsque je pénétrai dans l’endroit, je le vis, déjà assis entre Legolas et un homme du Gondor dont le regard empreint d’une tristesse sourde me rappelait celui de Boromir. Mon frère de deuil buvait une gorgée d’hydromel sans plus s’adresser au premier qu’au second. Sa position assise en tailleur tendait son pantalon de velours sombre qui s’irisait légèrement à la lumière incandescente. Une épaisse ceinture métallique ceignait toujours son surcot au niveau de la taille. Il avait troqué sa cote de maille trop grande contre une moire argentée aux reflets semblables, mais on lui avait laissé la belle tunique sans manche où les armoiries de Gondor se découpaient en blanc sur le bleu marine. Je remarquai aussi que sa frange folle était tenue en respect par un bandeau d’argent au-dessus de son front. Ses prunelles, bien que ne coulant plus, semblaient constamment couvertes d’un film de larmes miroitant dans cette lumière dansante, qui aurait dû donner à chacun la joie de vivre pareille victoire inespérée. Elles croisèrent un instant les miennes lorsque j’arrivai, mais ne s’y arrêtèrent pas, et se tournèrent dans la direction du seul elfe présent, qui avait une discussion animée avec Gimli. Aussi, je décidai de ne pas le rejoindre pour le moment.

Nul n’eut la présomption d’un discours. Les plats valsaient devant nous. Viandes fraîches et rôties à point qui faisaient gémir l’estomac de leur seule odeur et de leur seul crépitement, préparations de divers légumes aux saveurs épicées, fromages forts ou raffinés, corbeilles et cornes débordantes de fruits mûrs. Chacun se servait comme il lui plaisait, et nul n’était tenu à des convenances plus dérisoires que jamais après un tel combat. L’alcool coulait en fontaines, mais je me surpris à ne point m’abreuver comme le fripon insatiable que je connaissais en moi. En le regardant, tandis que lui me jetait aussi des coups d’œil furtifs et mal à l’aise, je pus constater que c’était également son cas. De même, il touchait à peine à cette providentielle profusion de nourriture qui aurait rendu fou tout bon représentant de notre race. Ses yeux les trouvaient bien séduisants ; mais alors qu’il les entamait à peine, sa gorge closait le passage.

J’ignorais où voulaient me conduire mes sentiments, à présent. J’étais heureux, le plus heureux peut-être de toute cette assemblée. Quand je posais mes yeux sur lui, ma poitrine se gonflait d’elle-même d’un bon air pur et frais, ragaillardissant. Mais je ne pouvais m’empêcher de songer que ce bonheur était égoïste et déplacé, lorsque je voyais sur son visage l’air contrit de ceux qui ont perdu une chose indispensable et doivent se résigner, car la vie est faite d’une myriade de petites choses essentielles. Je réalisai alors que c’était ce que je ressentais aussi. J’avais, en l’espace d’un jour, retrouvé ce qui m’étais le plus cher et perdu la deuxième personne la plus importante au monde pour moi. Tiraillé entre ces deux extrêmes, je décidai de quitter ces festivités à la fois trop ternes et trop vives pour moi et de me retirer dans ma tente. Je saluai quelques personnes de la tête, puis sortis sous le ciel haut et noir de la nuit.
Alors que je le scrutai, dans le fol espoir d’en voir soudain descendre en planant un aigle géant porteur de chères connaissances, je l’entendis m’interpeller par mon surnom. Je me retournai au milieu d’une rangée de campements, surpris. Il trottina un instant vers moi, puis finit par me rejoindre en marchant.
- Tu rentres… ?
- Si l’on peut dire…
- Je te comprends.
Il se passa quelques secondes durant lesquelles plus aucun de nous ne prononça un mot. Enfin, comme nous arrivions devant ma tente, je lançai :
- Tu n’as pas eu droit toi aussi à une grande et belle tente pour trouver un peu de repos ?
- Si.
Il acquiesça, continuant de répondre à mon regard un peu trop long. Je compris aussitôt. J’avais compris dès le départ, à vrai dire. Je pénétrai à l’intérieur après un léger sourire d’assentiment.

A peine eut-il passé le pan de l’immense toile qui nous protégeait du reste des survivants que je le prenais vivement, presque violemment contre moi pour sentir sa chair familière et semblable contre la mienne. Il ne protesta pas, il n’émit même pas un sursaut de surprise malgré la brusquerie soudaine requise par mon étreinte. Au contraire, il se nicha, se pressa contre moi avec le désespoir des trop petits pour les épreuves auxquelles le destin les a soumis. Il m’abandonna son être mais surtout son esprit d’un seul geste. Je l’étreignais. Il me demanda pourquoi. Il me demanda ce que nous avions pu faire de mal pour qu’un tel poids retombe si directement sur nos épaules bien trop frêles. Il me demanda ce qui allait se passer à présent. Il ne concevait plus de suite à ces treize mois de sa vie encore irresponsable. Je le serrai et massai tout doucement son dos à travers les couches de tissu, en osant lui rappeler que l’espoir survenait parfois là où on ne l’attendait plus. En mon for intérieur, je savais que ces paroles étaient traîtresses et d’une destruction plus insidieuse que la franchise, mais j’avais toujours été là pour cela auprès de lui. Moi je disais que tout allait bien se passer, et il pouvait se calmer lentement en plaçant en moi sa confiance. Je me trompais rarement, mais ce soir allait être la promesse de trop. Il sanglotait contre moi, amenant mes propres larmes à se mêler aux siennes sur nos peaux et nos habits trop beaux.

Une soudaine agitation à l’extérieur nous fit tendre l’oreille, sans pour autant nous séparer.
- Maître Meriadoc !
Il voulut me relâcher mais je raffermis au contraire mon étreinte, pressant sa poitrine grêle contre la mienne, peu disposé à laisser une autre de ses stupides Grandes Gens nous interrompre.
- Maître Meriadoc ! répéta la voix au-dehors. Des nouvelles de Mithrandir !
Sans nous poser plus de questions, nous nous désunîmes d’un commun accord et je sortis de la tente.



De l’obscurité feutrée de la tente, je les entendis parler de l’arrivée de Gandalf, accompagné de trois aigles ainsi que… oui… j’avais bien entendu… de Frodon et Sam ! J’étais si stupéfait que, sur le moment, je n’eus aucune réaction, comme par peur d’entraîner forcément une correction tragique de ces excellentes nouvelles. Il parut aussi incrédule que moi, et s’assura plusieurs fois, la voix courte, que ce qu’il venait d’entendre était bel et bien réel. Il finit par prendre congé de l’informateur, et je le vis aussitôt pénétrer à l’intérieur dans un grand battement d’étoffe lourde qui me dévoila un instant l’extérieur. Quel doux moment que celui où il s’approcha de moi sans bruit pour me retrouver, à tâtons dans cette nuit complète, et m’enlaça cette fois-ci avec précautions pour me souffler :
- Ils sont en vie… Ils sont en vie, tous les deux.
Je fis moi aussi preuve d’une délicatesse prudente en l’entourant de mes bras. La crainte de s’emporter trop vite planait encore autour de nous. J’osai pourtant demander :
- Pourrions-nous les voir ?
- Je ne pense pas… Apparemment, Gandalf n’a laissé personne entrer, pas même Aragorn lui-même !
- Oui… Mais nous c’est différent…
- Apaise-toi, Pip ; ils doivent être plus éreintés que de raison ; nous les verrons demain matin.
Nous les verrons demain matin… Nous les verrons demain matin… A ces mots, je sentis une vitalité incroyable percer l’enveloppe de mon cœur figé et parcourir mes veines tout le long de mon corps. Oui. C’était bel et bien ! J’allais à nouveau voir mon vieux cousin, sa figure aimable et ses yeux indulgents ! J’allais à nouveau l’entendre rire et dispenser pour nous la sagesse ! Un grand éclat de rire m’échappa soudain tandis que j’étreignais Meriadoc avec une force joyeuse. Il répondit alors avec autant d’enthousiasme et se laissa aller à rire sa joie avec moi. Personne ne saurait dire le sentiment de soulagement et de triomphe entier qui s’abattit sur nous en l’espace de quelques instants, transportant nos cœurs au plus haut sommet de l’aise. Lorsque nous nous relâchâmes , nous échangeâmes un sourire débridé dans le noir. Le bonheur nous avait définitivement imbibés.

Meriadoc se détourna alors en lançant :
- Peut-être devrions-nous mettre un peu de lumière pour fêter cela, qu’en penses-tu ?
Il sortit un instant réclamer une chandelle et revint allumer une lampe à huile posée près de l’entrée. Allant rapidement restituer la flammèche à son propriétaire, il rentra pour découvrir avec moi l’intérieur des lieux. Les murs avaient été ornés de plusieurs tapisseries plus riches les unes que les autres, dans les tons rouges, noirs et or, et portant sur elles des chevaux aux postures nerveuses et combattives. Des oriflammes pendaient comme autant d’hommages révérencieux à l’occupant de cette fastueuse demeure éphémère. Il y avait une petite table de bois précieux dans le fond, et sur elle un pichet que je devinais contenir un alcool raffiné et quelques minuscules flacons d’huiles délassantes et revigorantes. Devant elle, un petit tabouret fait d’une toile tendue entre deux fourches de bois semblait attendre que quelqu’un s’y reposât pour ôter avec soulagement ses bottes de cuir. Enfin, tenant la place la plus importante au sein de la pièce-maison, un vaste amas de peaux diverses constituant un véritable patchwork de couleurs et de textures. Les cuirs tannés formaient un épais matelas sur le dessous. Ils devaient être obtenus, comme par chez nous, à partir des animaux de bétail. Dessus reposaient des fourrures de plus belle facture. Je décelai, en plus du lapin et du rat musqué, de la zibeline. Je n’en avais pu voir que très rarement, dans le bureau de mon père par exemple. Ce gibier, bien qu’abondant, était l’un des plus farouches et des plus insaisissables à la fuite qui existât. Ce n’est pas un piètre lanceur de pierres comme moi qui aurait pu mériter une telle prise…
Alors que Merry se retournait vers moi avec un air légèrement désapprobateur, mais où régnait le ravissement immuable, je balbutiai :
- Cela te contrarierait-il si… si malgré tout…
- Non, Pip. Il n’y a aucune contrariété.
Ce disant, il se laissa tomber sans cérémonie sur le somptueux lit de camp avec sur le visage la satisfaction terminant les journées ardues mais fructueuses.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:10

Peregrin vint s’asseoir à-côté de moi. Il me regarda de ses yeux doux et souriants. Je me décalai pour lui faire une place – il y en avait à revendre dans cette couche – et il s’allongea doucement, reposant enfin son corps fatigué par les efforts et l’émotion. J’avisai les couvertures roulées au pied du lit et les remontai jusque sur nos reins, protégeant nos pauvres pieds nus et éprouvés. Enfin, je plaçai la lampe à huile proprement sur le coffre plat à-côté du matelas de peaux. Je me détendis enfin et laissai tomber ma joue sur la douceur des fourrures. Tendant la main vers Peregrin, je caressai rapidement sa joue d’un geste affectueux. Pippin sourit à nouveau. Son bandeau d’argent miroitait à la lumière de la lampe, et je dus sur l’instant reconnaître qu’il faisait ressortir en lui une noblesse digne de son rang, mais jamais dévoilée par ses tenues champêtres négligées et souvent décorées de brin d’herbes et de pailles.
- J’ai du mal à le croire… déclara-t-il soudain au milieu du silence.
- Que Frodon soit vivant ?
- Pas seulement Frodon…. Tu sais, c’était vraiment un fol espoir qui me faisait aspirer à te retrouver. Lorsque tu m’as dit, à Edoras, que tu ignorais ce qui allait se passer, ayant fait l’effort d’être complètement honnête avec toi-même, je me suis dit : « Peregrin, mon gars, grave ces dernières secondes à voir son visage dans ton esprit : c’est la dernière fois que tu le vois. »
Il avait dit cela sans me regarder. Je réitérai ma brève caresse sur sa pommette, puis sous sa mâchoire, lui faisant lever à nouveau les yeux.
- Tu vois, il peut être bon de se fourvoyer, parfois.
Peregrin sourit, étirant son faciès fin et pointu et plissant ses yeux verts brillant d’une lueur joyeuse.
- Là, ne te laisse pas abuser, tu m’auras sur le dos encore longtemps, et vice-versa.
Pippin nicha sa tête contre mon buste, bras et mains toujours repliées devant lui. Je posai doucement ma main sur son épaule, m’insinuant un peu sous le surcot pour n’être que sur la chemise de satin gris argent, et continuai, ému :
- Dame Eowyn me disait souvent de penser à ce que j’avais de plus cher sur cette terre, lorsque nous étions en route pour la guerre…
La suite resta soudain bloquée dans ma gorge sans que je ne m’y attendisse. Etonné, j’essayais de rassembler mes idées pour continuer mon récit, mais Pippin interrompit cette réflexion d’une question trop simplement directe, étouffée dans mon bliaud.
- Et à quoi pensais-tu ?
Après quelques secondes et une grande inspiration aussi silencieuse que possible, je déclarai :
- Lorsque nous étions en route pour la guerre, je te revoyais lorsque nous nous sommes quittés, lorsque tu as su que le Seigneur des Ténèbres allait te traquer et qu’ils devaient pour cela t’emmener loin du Château d’Or. Je te revoyais, la figure exubérante et rouge comme une pomme, lorsque nous chantions pour les Rohirrims. Je te revoyais les nuits où tu me confiais que tu avais peur de l’issue de cette histoire.
Je sentis le minois se cacher un peu plus dans le dur tissu, et ses menottes s’accrocher aux baudriers. Je lui caressai le bras avec douceur, réalisant tout l’aveu qu’impliquait ma déclaration.

Il releva finalement la tête, et se mit à genoux sans cesser de me fixer. Il prit ma main droite, et dit :
- Quand tu étais dans mes bras sur les champs de Pelennor, j’ai eu peur un instant de te découvrir sans souffle et exsangue. Ta peau était si pâle…
Ses doigts coururent à ce moment-là sur mon front et ma tempe, engendrant des frissons sur mon visage.
- Puis je t’ai senti frémir, juste là, au creux de mes bras… C’était terriblement… troublant.
Je le scrutai à mon tour tandis qu’il me confiait les effets de notre longue séparation. Son torse, un peu disproportionné par le surcot, se soulevait de manière assez rapide, comme s’il revivait son récit. La lumière, le baignant par le côté gauche, faisait rutiler la moire de sa manche qui tremblait légèrement. Son expression était douce, mais beaucoup plus mûre que ce à quoi j’étais habituée. C’est alors que je réalisai qu’il n’était plus mon petit Pippin si candide d’avant notre quête. Il était devenu en l’espace de treize mois bien plus sage au fond de lui que la plupart des autres Hobbits de la Comté.
- Et puis tu as ouvert les yeux, et j’ai su que je ne connaîtrais jamais plus belle couleur jusqu’à ma mort.
Il continuait de me considérer avec le même ménagement enthousiaste que lorsqu’il m’avait retrouvé. Sa main avait à présent rejoint les nôtres, déjà liées. J’ouvris la bouche à mon tour :
- Après m’être rendormi, je ne savais pas si ta venue s’était réellement passée, ou si elle n’avait été qu’un demi-songe comme il y en avait eu tant. Mais j’étais heureux, je me pensais content d’avoir pu revoir une nouvelle fois ton visage avant de sombrer définitivement…
L’expression de Pippin s’était faite inquiète, bouleversée à mesure que je parlais. Il secoua soudain vivement la tête :
- Ne dis pas des choses pareilles…
- C’est pourtant la vérité. J’ai été presque mort quelques instants avant que tu ne me sauves. J’avais abandonné toute lutte, rongé par le Mal que j’avais eu l’audace de toucher. J’étais comme parti dans une longue rêverie sans image et dont je n’aurais pas dû revenir…
Ma bouche fut soudainement close sans que je comprenne immédiatement pourquoi. Non… je devais me tromper, être en plein songe, justement… Mon cœur se mit soudain à s’emballer en pensant à celui qui était à-demi allongé sur moi, m’offrant un timide et maladroit baiser qui contenait pourtant toute la détermination du monde. Je sentis quelques boucles taquiner mon front sur lequel je sentais le bandeau.



J’avais cédé à l’ordre impérieux de ma folie. J’avais décidé, sans vraiment disposer de toute ma raison, de goûter aux lèvres trop longtemps interdites qui m’avaient côtoyé si longtemps, prodiguant des mots tranquillisants et complaisants, ainsi que, si rarement, la colère et l’amertume, pouvant aussi faire naître des frissons réprimés avec de chastes baisers dans mes boucles. Je ne savais pas assez comment l’on s’y prenait, à dire vrai. Je n’avais jamais eu de vrai premier baiser, car tous ceux d’avant étaient de rares accidents de soirées, ou de stupides tests infantiles pour « savoir comment ça fait ». Ce qui devait donc inaugurer mon édification en la matière fut pourtant interrompu par des mains qui repoussèrent doucement mais fermement mes épaules. N’osant regarder Merry après cela, je voulus fuir, mais fus retenu par mon cousin qui avait toujours été plus fort que moi. M’agrippant le poignet, il me maintint près de lui, et mes yeux angoissés tombèrent sur son visage.

Il me fixait au fond des prunelles, mais sans colère, ni sévérité. C’était plutôt un effarement profond qui écarquillait ses yeux turquoises, tendait chaque trait de son visage dévoilé de toute mèche protectrice. Il ne disait rien, mais semblait manifestement attendre une explication. Laquelle lui donner ?
- S’il te plait, Merry… Laisse-moi partir, laisse-moi regagner mon campement, s’il te plait !
Il me scrutait toujours, semblant retrouver petit à petit ses moyens.
- Pas après ce que tu viens de faire.
- Je suis désolé… gémis-je lamentablement.
- Pour quelle raison ?
- Eh bien…
La question était plus difficile qu’elle n’en avait l’air.
- Je sais… que cela ne se fait pas…
- Ah oui ? Alors à présent j’aimerais savoir depuis quand enfreindre les règlements te pose autant de scrupules.
Je restai silencieux, sondant l’expression de Merry avec méfiance, cette fois. Où ce drôle d’interrogatoire devait-il me conduire ? Le visage de Merry était un peu crispé, à présent, son regard plus pénétrant que jamais.
- Penses-tu que ce que tu viens de faire était honnête, Pip ?
Après quelques secondes, l’esprit en ébullition afin de déterminer la réponse la moins désastreuse, je redressai la tête pour le défier du regard.
- Eh bien oui, je le pense, ne t’en dépl… !

Merry m’embrassait. Il s’était redressé d’un rapide et harmonieux mouvement et j’avais senti son souffle se bloquer tandis que ses lèvres prétendues maudites assaillaient les miennes dans une emprise tendre et palpitante. Je closais mes paupières, encore tout stupéfait. Après trois de ses baisers lents et courts, il s’était éloigné un peu. La tête me tournait un brin et j’eus peine à lui sourire malgré toute ma sincérité.
- C’est mon cas aussi, Pippin.
Il se recoucha, puis me considérant d’un air gêné, précisa :
- Tu peux rejoindre ton campement, à présent, si tu le souhaites…
Je restai un moment à le scruter. Lui ne me regardait pas, et faisait mine régler la lampe à huile. Une partie de moi m’enjoignait de partir, arguant que j’étais apaisé, à présent, mais l’autre me poussait à rester me détendre ici, dans cette chambre aux chevaux qui me changeraient des arbres blancs, bien au chaud dans l’intérieur éveillé et… contre Merry.

Glissant sur le matelas de duvets hétéroclites, je me rallongeai en lançant avec un sourire:
- Non, je suis bien ici, à moins que je ne t’importune…
Merry, bousculant la lampe qui manqua se renverser sur le sol, répondit un peu vivement:
- Non, certes !
Se recouchant sur le dos à-côté de moi, il laissa passer les minutes sans mot dire, nous laissant dans un étrange flou à la fois soulageant et préoccupant. Enfin, alors que la torpeur du sommeil commençait tout juste à m’effleurer, il déclara :
- Je te remercie de m’avoir sauvé la vie, Pippin. Ca ne représente pas rien pour moi, sache-le.
Je ris légèrement avant de répliquer :
- T’avoir retrouvé est la meilleure des reconnaissances, cher Merry.
D’une impulsion commune, nous nous tournâmes l’un vers l’autre pour nous étreindre dans une joie pleine et entière, enfin.

Promenant ma bouche sur son visage doux, je retrouvai ses lèvres tant de fois convoitées et tant de fois redoutées. Je n’osais encore les considérer comme m’appartenant aussi, comme un cadeau trop beau que l’on vient d’ouvrir. Aussi, je me contentai de laisser les miennes auprès d’elles, les frôlant par moment pour sentir une étincelle me traverser le corps.
- Désires-tu un nouveau baiser ?
La voix toute proche s’exhalant de ces lignes de chair fine et alléchante me fit sursauter un peu, avant que je n’acquiesce avec un minable borborygme affirmatif.

Après une discrète inspiration, Merry joignit à nouveau nos lèvres piquantes d’attente. Les débuts ne furent pas franchement des réussites. Peu habitué à s’embarrasser de circonlocutions, il voulait entrer très vite en moi pour me découvrir. Je trouvais ceci encore un peu bizarre, et la curiosité méfiante l’emportait sur le plaisir. Trop de fois, je me dérobai, et je commençais à me sentir de plus en plus idiot. Merry finit par me sourire d’un air amusé avant de baiser très doucement mes lèvres, me laissant répondre anxieusement pendant un moment avant de me caresser du bout de sa langue câline. Je me laissai alors aller, plongeant dans un calme attentif, sans me rendre compte que ma bouche s’entrouvrait d’elle-même, comme prenant ses décisions propres. Ce fut alors presque un soulagement lorsque Merry pénétra en elle pour continuer ses dons voluptueux. J’ouvris imperceptiblement les paupières, éprouvant la curieuse envie de le voir dans ce moment perdu. Il avait les yeux clos, ses cils blonds reposés sur sa peau qui apparaissait un peu caramel devant la lampe. En pleine observation furtive, je fus surpris par une main qui vint se poser sur ma joue, le pouce rabaissant très délicatement ma paupière. Pris en faute, je sentis le sang me monter au visage tandis que je gardais les yeux bien fermés, et me concentrais à nouveau sur mon baiser. Cependant que je suivais attentivement , la main de Merry se mut à nouveau pour descendre sur la courbe nue de ma joue.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:11

Mettant pour un instant fin à l’échange, je glissai ma main dans le cou pour remonter jusqu’à la jointure de la mâchoire ; je nous laissai ensuite nous perdre dans un nouveau baiser tandis que mes doigts longeaient du dos le dessous de celle-ci jusqu’au menton, imprimant un va-et-vient très délicat, subjugué par la douceur de cet endroit. Pippin, me lâchant, renversa lentement la tête en arrière dans le but d’amener mes lèvres à remplacer mes phalanges. Je répondis à sa demande muette et pourtant explicite en relâchant mon souffle contre la peau tendue sur laquelle jouait un peu la lumière flambante, puis en la parsemant de baisers légers et de frôlements. Jamais je n’avais connu pareil duvet qui faisait frissonner tant son satin était fin. Je m’y égarai un peu, y jouant de ma bouche ouverte jusqu’à ce que j’entendisse un embryon de râle provenir du gosier que j’excitais malgré moi à un point inconvenant. Je le quittai, remontant face à Pippin qui eut, je le remarquai, une expression désappointée.

Souriant, je l’invitai à un nouveau baiser au cours duquel il s’initia à quelques jeux de nos bouches gourmandes avec le même amusement que moi. Sa main s’éleva alors vers moi pour me gratifier d’une petite caresse sur la joue et dans mes cheveux. Je lui répondis en laissant couler les fils torsadés de ses boucles dans mes doigts, me délectant des frais tortillons qui caressaient les mains. Peregrin s’était à son tour aventuré dans mon cou, explorant tout doucement et me chatouillant sans prévenir à l’endroit qu’il savait le plus sensible chez moi. Je m’écartai en pouffant de rire. Pippin en profita pour se serrer contre moi et m’embrasser à la manière que je lui avais fait subir quelques instants auparavant. Je me laissai faire, lui laissant découvrir le goût de ma peau à ces endroits inconnus. Il se montra très délicat et si attendrissant…

Je glissai ma main sur le velours épais du surcot, m’attardant sur l’arbre central avec de lents cercles de la paume. Pip ne bougeait plus. Je réalisai alors que faire un pas de plus se révélerait extrêmement dangereux, et que Peregrin n’était peut-être pas encore prêt à cela. Remontant sur son épaule, j’appuyai ma tête sur la sienne en déclarant :
- Peut-être devrions-nous dormir. La journée a été dure…
Pippin eut tout d’abord un air surpris, puis perplexe. Il semblait avoir son mot à dire, mais en définitive rien ne sortit. Je l’embrassai une dernière fois avec douceur, laissant ses lèvres plus inertes détendues dans une expression un peu maussade. Je le serrai dans mes bras pour l’envelopper malgré tout d’une chaleur bienfaitrice, et il fit de même, posant sa tête juste devant la mienne.

Je sentis au bout de quelques minutes sa main faire de courts va-et-vient sur mon bras. Je le laissai, appréciant ce geste affectueux. Je ne tardai pas, plus ou moins consciemment, à le reproduire sur lui. Il se rapprocha un peu de moi, et je le sentis s’emparer à nouveau de mes lèvres. Gardant de fait les yeux clos, je laissai une nouvelle fois ma main plonger et se crisper dans ses cheveux bruns. Il fit de même, entourant et caressant de la main la petite queue de cheval qui descendait sur l’arrière de ma tête, s’égarant par la suite dans mes boucles libres.

Son autre main glissa au-bas de ma gorge et passa légèrement sous l’encolure du bliaud, se promenant avec lenteur et prudence. Je me retirai alors du baiser avec un air ennuyé.
- Pippin, sois prudent pour une fois… Tu sais, je…
Peregrin s’était retiré pour me prendre la main qu’il ramena contre lui.
- Merry, si tu préfères que je retourne à ma tente, tu peux me le dire sans embarras. Mais rester contre toi sans pouvoir te toucher, sans pouvoir m’assurer que tu es ce soir à mes côtés, sans pouvoir enfin t’exprimer combien je tiens à toi serait trop dur.
- Non ! Non, là n’est pas ma volonté non-plus ! réagis-je. Mais c’est juste…
- Si tu savais les nuits que j’ai passées à être dévoré par le manque… C’était vraiment la chose la plus… la plus… pas naturelle que j’aie connue, bien plus encore que de me retrouver embrigadé dans toute cette aventure. Jamais je n’avais songé à l’idée même qu’on puisse nous séparer, que ce soit en Comté ou aux contreforts de Mordor. Je pensais toujours sentir tes mains et tes bras m’envelopper pour me réconforter du froid, de l’obscurité et de la peur… mais ce n’était, il y a quelques temps, toujours qu’un rêve furtif.

J’écoutais, attentif, troublé de retrouver tous mes déboires dans ses paroles. Mes yeux le dévisageaient tandis qu’il baissait les siens en relatant d’amers souvenirs. Ma main fut bientôt guidée vers le haut de son flanc pour être conduite à l’intérieur du riche surcot porteur des armoiries par le large trou du côté. Pippin l’arrêta sur son buste, dessus la chemise de satin sans boutons si précieuse au toucher.
- Alors… à présent que nous avons retrouvé la lumière et la chaleur… J’aimerais les sentir à nouveau véritablement.
Mon cœur cognait si fort dans ma poitrine qu’il m’en faisait presque mal. Ma gorge s’était serrée, bloquant ma respiration. Je n’osais pas bouger mes doigts. Au fond de moi, une certaine chaleur se réveilla et je me hâtai de donner un nouveau recours à Pippin avant de perdre la raison.
- Es-tu certain de ce que tu dis, Pip ?
Il était toujours allongé et avait fermé les paupières.
- Oui, j’ai envie que tu poses ta présence partout autour de moi, que plus jamais je n’aie à craindre que tu ne sois plus près de moi.



Merry me scrutait, appuyé sur un coude. Ses iris bleus comme des opales semblaient m’étudier étonnamment sérieusement, bien dégagés par les mèches du front rassemblées derrière. Il se pencha sur moi et emprisonna à nouveau mes lèvres d’une manière tendrement possessive avant de les relâcher et de les bénir d’un baiser léger. Charmé, je me délectai plus encore lorsque sa main se décida à explorer mon torse aux formes plus dévoilées à travers le satin moiré. Il alla cajoler la base de ma gorge, me souriant légèrement en frôlant mes lèvres des siennes. Je réprimai un sursaut lorsqu’il redescendit en glissant sur mon sein dont il avait trouvé le dessin même à travers le tissu. Il poursuivit sur mes côtes chatouilleuses avant de remonter sur l’autre en des caresses lentes. Je serrai alors les dents, le cœur battant. Je n’étais pas habitué à sentir des main couvrir ainsi ma poitrine trop grêle, et je chuchotai le nom de Merry, juste pour être rassuré. Ce dernier embrassa mon front pour répondre doucement :
- Tu n’aimes pas, cousin ?
- Si. Si, j’aime beaucoup ça. J’aimerais seulement… que tu restes là.
Meriadoc baisa à nouveau mon front dévoilé.
- Je reste là.

Après quelques instants d’exploration câline de Merry, je commençai à sentir les pointes de mes seins s’irriter légèrement contre le tissu pourtant si soyeux et caressant à chaque froissement. Je me mis à pousser des sons nerveux que je retenais, penchant à nouveau la tête pour m’abandonner aux gestes de mon cousin, gigotant très légèrement. Meriadoc, remontant alors tout le long de ma gorge, s’éleva pour chercher mes lèvres et me donner un baiser de plus grande ampleur, que j’eus un peu de peine à gérer.

Je sentis alors sa main remonter ma chemise sans boutonnière jusqu’à découvrir mon ventre. Après avoir gratifié ma petite panse de caresses à pleine paume, il continua de relever le satin gris argenté de gestes langoureux, dénudant mes côtes. Animé par le goût de l’inconsidéré propre aux Took, je me cambrai doucement pour l’inciter à poursuivre. Je frémis néanmoins quand je sentis le bord de l’étoffe glisser sur ma poitrine, la sachant à présent offerte sans aucune protection.

Merry quitta le baiser pour me dire doucement à l’oreille que tout allait bien, mais qu’il restait toujours près de moi à l’écoute. J’acquiesçai et allai me promener parmi ses cheveux dorés, avisant soudain son oreille pour la toucher avec délicatesse du bout des doigts et en cerner le lobe pointu au sommet. Meriadoc reprit ses caresses sur mon torse à présent nu. Je fermai les yeux en me représentant ainsi exposé sous ma noble tunique de velours. Les mains étaient gentilles et douces, et glissaient avec fluidité et délicatesse sur ma peau vierge. Je me détendais tandis qu’il avait la tête dans le creux de mon épaule. Il effleura la peau plus fine avec une grande douceur, un ronronnement inaudible montant de sa gorge lorsque je l’embrassai. Je voulus alors défaire les baudriers de cuir qui se croisaient sur son torse. Ayant un peu de peine à sortir la première sangle de la boucle, Merry s’amusa à me compliquer la tâche en m’embrassant les coins des paupières et chatouillant légèrement l’avant-bras au travail.

Je le repoussai alors avec un sourire malicieux et l’allongeai à-côté de moi. Entraîné par le jeu, je grimpai à califourchon sur lui et m’occupai enfin de ces satanées boucles pour détacher les baudriers qui rendirent les armes dans un bref tintement.
Je posai alors mes mains sur Meriadoc, comme hypnotisé par les dessins multiples et compliqués du bliaud rohirrim. La flamme de la lampe faisait rutiler le cuir rouge et scintiller les fils d’ors brodés dessus en de mystiques figures. Je contemplai cela, fasciné comme un enfant. Les mains de Merry, se posant sur les miennes, me ramenèrent à son visage baigné lui aussi de lumière chaude. Il souriait et ses boucles encore frivoles encadraient ses traits familiers. J’allai le caresser, mû par une inspiration naturelle, et il ferma les yeux en suivant mes gestes d’imperceptibles mouvements demandants et câlins. Il était beau et attendrissant à la fois, tant que j’en avais le souffle tremblant.



Les mains petites et fines de Pippin semblaient vouloir se consoler de tous ces mois passés à enserrer la garde d’une épée ou d’une dague, et s’ouvraient pour laisser s’écouler par elles une tendresse qui, si elle avait été étrangère pendant un temps effroyablement long, reprenait ici sans avoir rien perdu de son naturel. Je les suivais doucement, me laissant transporter jusqu’à l’entêtement. Point n’était besoin de majestueuse dame elfique à la chevelure dorée ou de fille de la rivière légère et dansante comme une eau vive pour s’emparer d’un cœur et le faire voltiger entre anxiété respectueuse et joie incoercible : le plus petit, le plus jeune et le plus ingénu de nous tous y parvenait tout aussi bien. Lorsqu’un doigt insouciant descendit suivre l’amorce de la clavicule sur la large encolure de mon vêtement, ce fut comme si un froid agréable s’était répandu dans tout mon corps, me tétanisant dans une passivité confiante.

Alors qu’il maintenait le sortilège en agaçant la peau mince de mon buste, il vint m’embrasser sans bruit, conduisant lui-même son présent avec une sincérité qui dépassait n’importe quelle virtuosité. Mon souffle s’intensifia. Le sentir reposé sur moi, tant de lui lié à mes sens, me rappelait les rêves amers affolant le cœur indéfiniment lors des nuits froides d’avant le conflit final. Le besoin m’obnubilant, je le basculai précautionneusement sur le côté et inversai notre position, me décidant enfin à répondre au baiser, en accroissant l’intensité. Cette fois-ci, je n’étais pas décidé à laisser s’évaporer mon rêve comme il se dissipait en une brume volatile chaque matin. Mes mains cherchèrent, tremblantes, l’épaisse ceinture à la boucle d’argent rapidement soumise à ma résolution ardente. Mes doigts trouvèrent ensuite les bords du surcot et je délaissai les lèvres de Peregrin pour lui retirer la livrée du Gondor.

Il se laissa faire. Son regard verdoyant portait à présent sur moi une couleur hardie qui se voulait masque à une faiblesse qu’un autre que moi n’aurait pu voir. La chemise rutilait comme un jardin gris de rosée froide, aux premières aurores. Elle tombait sur le torse de Pippin en une cascade de plis moirés qui restait pour un instant figée avec l’immobilité de son porteur. Débridée par mes soins désireux, elle ne cachait plus un lambeau de la taille, à droite, de la teinte plus réelle de la chair jeune, tendre et belle. Vaguant de façon légère et bigarrée tout le long de ses bras, et sur le haut de sa main, elle remontait très loin au col pour se refermer sous le cou velouté et le cercler parfaitement. Un amigaut si fin qu’il en était presque indécelable se fendait alors jusqu’au bas de sa poitrine. Dieu sait le désir frémissant qui m’envahit en le voyant ainsi. Mais Pippin méritait davantage que mon envie confondue.

M’allongeant à-côté de lui, je l’enlaçai et l’étreignis. Ni lui ni moi ne nous lassions de ce contact si ardemment et longtemps désiré. Et là, dans l’intimité îlienne de cette demeure qui ne serait qu’un déjeuner de soleil, nous étions tous deux épanouis de la présence de l’autre. Ses paumes me caressèrent à nouveau, progressives, attentives, aimantes sur mon bliaud rouge. Il souriait et ne pouvait résister par moment à me serrer fort contre lui. Je m’offrais avec le même bonheur complice. Lorsque nous nous embrassâmes à nouveau, je promenai mes mains sur le tissu dans son dos, jouant et me délectant du satin que mes doigts froissaient, plissaient, lissaient, au rythme de mes gestes. Je finis ainsi par dénuder ses reins sans m’en apercevoir, et fus tout surpris lorsque, descendant plus bas dans mes tendresses, je dérapai sur un satin plus subtil encore que celui dont je venais de m’amuser. Pippin le fut aussi, apparemment, lorsqu’un frisson l’ébranla. Je rabaissai sagement l’étoffe sur ce trésor et laissai la douceur de ma langue taquiner Peregrin. Mon cousin répondit avec une avidité inédite et, par une pression de la main timide, mais qui me soumit immédiatement, m’allongea sur la couche. Quittant délicatement notre baiser, il baissa à nouveau les yeux sur mon riche vêtement et caressa quelques un des chevaux qui se cabraient ici ou là parmi les volutes d’or des broderies. Je le laissai faire avec un sourire complaisant. Lui aussi, à moitié agenouillé à-côté de ma hanche, avait un pâle sourire dans un coin de ses lèvres encore humectées par notre échange incandescent, mais rien de plus ne trahissait ses pensées. Je décidai alors de le provoquer au jeu.
- Est-ce réellement moi qui te plait ou plutôt ces chevaux sur mon habit ?
Il releva les yeux vers moi avec une expression plus amusée et mutine.
- Il faudrait s’en assurer, en effet ! Veux-tu l’ôter que je juge ?
Je ris et, me redressant jusqu’à être tout auprès de lui, pris ses deux mains et lui fis saisir la bordure du long bliaud qui tombait sur mes cuisses.
- Je suis un peu las après cette dure journée, daignerais-tu m’aider ?
Pippin ne put s’empêcher cette fois de rougir vivement tout en piquant du nez sur ses doigts.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:13

Réfrénant mes tremblements, je fis passer le bliaud rohirrim par-dessus la tête et les bras de Merry. Il portait en-dessous une tunique en lin ivoirine si légère que l’on devinait le corps sous elle aux endroits où elle y était pressée. Le col avait la forme d’une coupe évasée qui se prolongeait verticalement par un court amigaut, formant comme un calice sur son buste. Il était bordé, tout comme les manches courtes et le bas du vêtement, d’un ourlet qui rutilait le jaune d’or comme une médaille ou l’un de ces trésors sur lesquels dorment les dragons dans les légendes, avec un dessin d’une finesse enchanteresse qui formait une délicate frise d’arrondis noirs. Une mince ficelle d’or tressé fermait également la droite échancrure, juste sous la coupe gracieuse du cou, et se terminait en deux fins cordons au bout desquels pendaient des gouttes de métal tronquées qui luisaient elles aussi au feu de la lampe. Je relevai les yeux vers Merry que je découvris me scruter avec insistance, avant qu’il n’étirât ses lèvres d’un sourire qui ne faisait pas mentir son surnom. L’incitation était telle que j’en pris peur et me retournai vers mon surcot qui gisait dans un coin de pénombre. J’y crapahutai aussi rapidement que possible et déposai le bliaud de Merry à son côté.
- Tu sais que ce surcot appartenait au futur intendant ? Il le portait enfant, paraît-il.
Une fois de plus, la nervosité m’avait empêché de tenir ma langue. Je commençais à avoir l’habitude… J’attendis, comme à l’accoutumée, les conséquences de ma bourde. Je sentis alors Meriadoc se serrer contre moi, entre mon dos et mon flanc, sa tête dans le creux de mon épaule.
- Vraiment ? Ils ne se sont pas moqués de toi quand ils ont refait ta garde-robe…
- Détrompe-toi. Dans les rues, tout le monde me prenait pour un gosse.
Le souffle de Merry marqua son amusement avant de se perdre dans mon cou. Son corps me divulguait une chaleur troublante. Je me surpris à me tendre sous les sensations et les pensées qu’il suscitait en moi. A présent que les armoiries reposaient devant nous, inertes, je ressentais beaucoup mieux les réalités physiques de mon être, son identité, ses réactions, ses vœux… De nouvelles paroles me firent rouvrir les yeux.
- Et tu n’en es pas un, petit bêta de Took ? A vingt-huit ans, on ne parle pas comme un aîné…
Je tournai la tête d’un air offensé. Merry me lécha alors un instant le lobe de l’oreille avant de se dérober. Je ne restai qu’une seconde interloqué. Déjà la sensation de sa présence me manquait. Je partis à sa poursuite tandis qu’il se pelotonnait de nouveau sous la couverture.
- Ohé, où vas-tu ?
Il se retourna, toujours sous le grand patchwork de peaux, et lança, narquois :
- Qui ?
- Toi !
- Nulle part. Il fait sombre là-bas…
Résolu à mon tour à me moquer de lui, je rangeai la lampe à huile dans le grand coffre sur lequel elle reposait, amenant ainsi l’obscurité sous la tente.
- Tu as peur du noir, alors ?
Pour toute réponse, je sentis une main se poser sur mon mollet légèrement replié et grimper jusqu’à la cambrure de ma cuisse. Je me retirai d’un bond en arrière, joueur. Merry grogna d’une fausse exaspération et bondit à son tour hors de sa couverture. Je détalai plus loin. Il s’élança derrière moi, se guidant au bruit de ma fuite. Finissant par me rattraper, il me planta un baiser dans le cou avant de s’éloigner à son tour précipitamment. J’ignore combien de temps dura cette course poursuite, mais le plus dur fut sans conteste de retenir nos rires. Nous alternions les fuites éperdues, les déplacements silencieux, les cachettes parfois divulguées à l’importune lumière d’une torche qui passait au-dehors. L’amusement fut délicieux, et n’allégea que plus nos cœurs qui se devaient à présent de se purifier de leur sombres noirceurs afin de retrouver une nudité originelle. Au cours des accrochages où nous nous rencontrions au milieu de la nuit presque totale de l’endroit, des baisers et des caresses se perdaient, plus aventureux qu’ils n’auraient dû, parfois, mais toujours savourés jusqu’aux prochains.

Une fois, pourtant, ce fut trop pour que nous nous quittions à nouveau. Nous étions au beau milieu de la tente, reposés juste à moitié sur la couverture rejetée par Merry, moi la tête sur le début du matelas de peaux. Nous nous embrassions avec plus d’audace, aidés par l’obscurité opaque et notre meilleure connaissance de l’autre. Mes mains parcouraient son dos sans obstacle, glissant, telles des embarcations folles sur une eau calme, sur la tunique au travers de laquelle la découpure des omoplates, l’échine ou les rondeurs fermes des épaules ne m’échappaient pas. Meriadoc avait pour sa part recommencé ses caresses à la sensualité plutôt suggestive sur l’ensemble de mon torse. Il finit par abandonner mes lèvres avec un sourd ronronnement de bien-être et m’embrassa sur le menton, puis dans le cou, me chatouillant de minuscules décharges de foudre qui me firent rire doucement, tandis que je balançais entre offrandes et rétractations sous les guilis parfois volontaires.

Alors, il descendit à la base de ma gorge, puis s’enfonça sous l’amigaut, l’écartant légèrement d’une main. Je retrouvai à ce moment-là mon sérieux un peu rapidement. La bouche de Merry essaimait de tout petits baisers le long de mon sternum, faisant éclater à nos oreilles de minuscules sons évoquant l’éclosion des bourgeons au début du printemps. C’était si doux et pourtant, cela me rendait anxieux. Mes mains dans son dos s’étaient arrêtées, mais si quelqu’un en avait conscience, ce ne pouvait être que lui. Mon cousin lécha un instant ma peau d’un tout petit bout de langue chaude qui fit son apparition hors de sa tanière humide. Lorsqu’il fut parvenu à l’extrémité de la fente, je ne pus me retenir et déglutis :
- Merry, tu…
La suite s’étrangla dans un léger cri de surprise en même temps que d’autre chose… Meriadoc avait réussi à amener ses lèvres de velours jusque sur l’une des éminences de chair. Il venait de l’effleurer du nez, de la bouche, puis l’avait béni à sont tour d’une ébauche de baiser, comme tout le reste. Je ressentis cette fois une véritable secousse en moi, comme lorsqu’un éclair tombe tout près de votre maison. Je ne pouvais plus prononcer un mot. Merry recommença alors, déposa une multitude de baiser autour, sans précipitation, me laissant étrangler tout ce qui avait soudainement décidé de sortir de ma gorge. Tous mes sens semblaient s’exiler pour se rassembler autour de ce tumulus miniature autour duquel mon ami créait une danse qui les exaltait.

Enfin, il pinça doucement le point culminant entre ses lèvres, le gardant un instant avant de le libérer. Les traits crispés, le gosier se contractant rapidement et échappant des plaintes saccadées réprimées mais cette fois bien audibles, je gigotai de frustration. Merry caressa une fois encore le mamelon de sa bouche avant d’y passer une langue brûlante, moite et lente. Ce qu’elle infligea à ce retranchement de peau plus sensible parut couler tout à l’intérieur de moi, jusque très bas au fond. Mon désir se réveilla à nouveau à ce signal. Je laissai cette fois exhaler un gémissement plaintif, mes mains tombèrent sans conscience dans le creux de ses reins, et l’une crut bon de continuer sur la croupe courbée qui en finissait la vallée. Merry frissonna ; puis il prit enfin la pointe de mon sein dans sa bouche pour la sucer avec précautions. Je laissai ma paume immobile à sa place, et amenai l’autre à ses cheveux pour les caresser et les serrer lorsque je sentais la langue magicienne faire bouillir mes sens.

Meriadoc me relâcha alors.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:15

J’allai à tâtons ouvrir le coffre près de notre couche, libérant la lumière qui inonda mon visage encore troublé. Je sortis la lampe à huile et la reposai à sa place, chassant l’obscurité de la tente et y ramenant un peu de chaleur. Je me retournai prudemment vers Pippin, ne sachant pas encore dans quelles dispositions j’allais le trouver après ce moment de jeu qui avait amené plus loin les découvertes physiques de nous-mêmes. Cela commençait toujours ainsi : après l’une des innombrables fêtes bien arrosées de la Comté, de jeunes Hobbits s’éclipsaient dans un pré voisin, un sous-bois, ou même un recoin quelconque pourvu qu’il soit moins fréquenté que les buffets, et on commençait par se taquiner avec une innocence maladroite. On avait trente ans, vingt-sept, vingt-cinq pour certains téméraires, et on avait envie de défier l’âge de la majorité ; on découvrait les premiers émois de nos corps dans ce genre de moments. Cela finissait par une complicité ou, plus rarement, un mariage, et personne n’en faisait une affaire. Les adultes voyaient au contraire ces friponneries d’un œil complaisant. Je me rappelais avec amusement Estella à mes débuts, ma gaucherie et ses moqueries retenues. Une atmosphère bon enfant, en somme. En revanche, ces grenouillages n’étaient pas censés se produire entre garçons, ou entre filles. C’eût été une hérésie par-dessus tout. « Contre-nature » avaient dit les vieux au Dragon, à propos de Fredegar et Folco qu’on avait trouvé s’embrassant dans un cellier – j’avais alors quinze ans –, « démoniaque » avait commenté ma mère, « criminel » avait décrété mon père, prenant l’âge du dernier comme prétexte.

Je frissonnai en cherchant Peregrin des yeux. Il était toujours allongé sur la couverture, tourné cette fois sur le côté. Je m’approchai de sa forme frêle comme tapie parmi les peaux. Lorsque je m’agenouillai à son côté et me penchai légèrement sur lui, il ouvrit son torse replié et me fit face. Il souriait tout doucement, et ses yeux verts étaient vifs de félicité. Il les plongeait dans les miens sans crainte. Se redressant un peu, il enroula ses bras autour de mon cou et nicha son visage dans le creux de mon épaule, me caressant la joue de ses mèches chocolat.
- Mon Merry.
Non… Je ne voyais pas où résidait le démon là-dedans. Pippin était encore un enfant selon nos lois, et pourtant, comme je l’avais précédemment réalisé, il était plus conscient et éveillé que beaucoup d’anciens qui radotaient au bar toute la journée. Etais-je un bandit de répondre à la passion providentielle qui nous unissait tous les deux ? Peregrin émit un petit gémissement demandant, et je vins placer mes mains dans son dos pour le soutenir contre moi et le gratifier de caresses.
- Viens, nous ne sommes pas bien là… murmurai-je. Retournons sagement au lit.
Pippin me sourit tout en se retirant.
- Pas trop tout de même, j’espère…

Nous nous réinstallâmes sur l’immense matelas de doux pelages. Pip ramena la couverture, drapé dedans comme dans une cape de pluie. Je l’attirai contre moi et baisai la pointe chafouine de son nez, sa joue, puis son oreille, m’enfonçant un peu sous le capuchon improvisé jusqu’à le renverser sur sa nuque que je goûtai à son tour goulûment. Je le repoussai ensuite délicatement pour examiner son adorable petit visage que je vénérais et n’aspirais qu’à voir serein et joyeux. C’était à présent le cas tandis qu’il me considérait en retour avec affection. Tout à cet échange, mes mains passèrent sous la riche couverture et se frayèrent à nouveau un chemin dans les plis de sa chemise. A l’instant où je me glissais en-dessous, Pippin ferma les yeux et son sourire s’amenuisa pour se muer en une détente complète. Je remontai sur son ventre et sa poitrine qui battait sous ma paume. Je frôlai les deux boutons de chair fine sans m’y attarder, et mon aimé s’allongea, hésitant, devant moi. Sa peau me déraisonnait de par sa chaleur et sa subtilité qui flattait le toucher. J’en avais si envie… Son invite muette ne m’incita pas me brider inutilement.

Sous les restes de couverture qui reposaient encore sur son corps inerte, je lui retirai son vêtement moiré sans beaucoup de ménagement. Je l’embrassai ensuite éperdument, éloignant de nous les restes d’étoffes. Lorsque je voulus le laisser, il me retint pour me reprendre un nouveau baiser inconvenant de volupté. Il me maintint auprès de lui en parcourant mon dos, et je sentis les pointes éveillées de ses seins pressées contre les miennes à travers ma tunique.

L’échange terminé, je me relevai pour le contempler, détendu, offert, et même lascif malgré lui tandis que ses mains étaient retombées au hasard sur son ventre tendu. Songeant déjà à toutes les voluptés que j’allais lui faire subir, je fus devancé lorsqu’il se redressa et m’adressa un sourire des plus mutins, comme fier de lui, la tête tout près de la mienne. Baissant les yeux, il se mit à jouer innocemment avec les cordons de mon amigaut. J’enfouis mon nez dans sa tignasse couleur des marrons d’automne avec délice, la baisant brièvement, élevant discrètement ma main gauche pour faire couler sur son bras droit une caresse légère et délicate, à peine perceptible. Le corps de Pippin frissonna mais il ne se désintéressa pas pour autant de sa tâche. Détendant petit à petit les liens qui retenaient mon col bien clos, il se mit à son tour à fureter sur la peau attentive de ma gorge… sa base… avant de s’insérer un peu plus bas… plus bas… jusqu’à trouver mon sein gauche et à le couvrir précautionneusement de sa main. Je lâchai un premier soupir. Pip en traça les contours, palpa en divers endroits, expérimentant mon corps aux dépends de mes sens. La chair sensible se tendait inexorablement, victime d’un fourmillement irrésistible. Peregrin retira sa main de mon encolure. Les paupières closes dans ses cheveux qui sentaient la poire, je ne vis pas ce qu’il faisait.

Il réintégra bientôt ma gorge et mon sein. Des doigts humides vinrent alors s’emparer de sa pointe et la triturer tendrement. Je ne pus retenir un cri de plaisir tandis que tout mon être sursautait et réagissait à ses attouchements. Il était moins emprunté que ce que j’avais bien voulu croire, tout bien considéré… Les phalanges lisses et glissantes pétrissaient ma chair sensible ni trop légèrement, ni trop violemment, avec un désir mesuré que j’appréciais. Je me sentis durcir tout au fond, avec une soudaineté éperdue. Une ébauche de grognement m’échappa. Ma bouche s’empara d’une boucle soyeuse et la suçota, cherchant à en capter la fragrance sur les papilles expertes de ma langue. Pippin m’embrassa alors dans le cou, léchant la fragilité de la peau à cet endroit, mordillant les muscles qui tombaient sous ses petites incisives agaçantes. Elancé dans des abîmes de plaisir, je gémis mon bonheur en m’affaissant sur le lit, à moitié étendu, ne tenant plus droit que par les coudes ; jamais je n’avais éprouvé pareille sensation de désir. Alors que Peregrin poursuivait ses stupéfiantes caresses, je soufflai près de son oreille.
- Retire-moi ça, je t’en prie…
Pippin s’exécuta et me laissa en paix pour ôter le léger lin qui me couvrait encore la poitrine.

Lorsqu’il me vit, il sembla rencontrer comme un choc suivi d’une hésitation paniquée. Ne pouvant me permettre d’y porter une réelle attention dans l’état d’excitation prodigieux où je me trouvais, je prenais ses deux mains pour les poser sur moi.
- Viens…
Comme il détournait une tête chagrinée, je m’enquis :
- Veux-tu en rester là ?
- Je ne sais pas…
Je voulus malgré tout m’assurer que ce n’était pas moi qui avait commis une erreur.
- Ai-je mal agi ? Ou est-ce toi qui ne désires pas t’aventurer plus loin ?
Pippin se décida alors à me regarder à nouveau. Il soupira.
- Ce n’est ni l’un ni l’autre. C’est que… Merry, tu es magnifique, et… j’ignore… j’ignore si je suis la bonne personne pour te donner ce que tu mérites. J’ignore si je suis à même de combler tes vœux…
- Approche, l’interrompis-je avec un sourire.
Amenant sa nuque à moi, je le fis allonger l’oreille contre ma poitrine. Il ferma les yeux et je laissai s’écouler quelques instants, caressant ses mèches brunes frisées d’une main, me soutenant toujours d’un coude, avant de demander :
- Entends-tu comme tu me troubles ?
- Oui… me répondit un tout petit souffle vacillant.
Pippin se releva sur les genoux et esquissa un sourire ennuyé. Il était encore dubitatif après avoir entendu la mélodie affolée de mon cœur. Je lui pris alors la main avec délicatesse et, sans cesser de le fixer, la posai sur mon bas-ventre, l’amenant doucement jusqu’à mon entrejambe.
- Et là, sens-tu comme je te désire fort ?
L’expression de Peregrin passa tout d’abord par la surprise brusque, les sourcils relevés et les yeux grands ouverts, avant de se changer en une sorte de ravissement ébahi, ses lèvres courant toutes seules d’un bout à l’autre de son visage. Je souris moi aussi, amusé de ses réactions. Je me repris bien vite lorsque je le sentis écarter sa main et la presser légèrement contre mon envie. Je constatai alors que ses prunelles s’étaient cette fois teintées de cette nuance assombrie qu’appelait la concupiscence, les rendant de la couleur des bouteilles qui contenaient parfois les vins bouquetés.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:16

Je tenais aux creux de ma main le désir de Merry. Cela était fort troublant. C’était si étrange de savoir que ce n’était autre que moi qui provoquait une telle chose en lui… et agréablement palpitant, il fallait l’avouer. Je gardai le gonflement épanoui sous ma paume, tandis qu’il ne cessait de me considérer d’une expression intense et anxieuse à la fois. Après une hésitation, je me penchai vers lui pour frôler sa bouche de la mienne. Il répondit avec une mesure respectueuse à ce baiser. Aventureux, hardi, téméraire, inconsidéré, inconséquent… appelez-moi comme vous voudrez, j’étais de la lignée des Took. Aussi je commençai à conduire ma main en de très lents va-et-vient sur le trésor qu’elle couvait. Le corps de Merry se cambra progressivement, ses cuisses commencèrent par se resserrer autour de mes doigts comme pour les retenir prisonniers. Meriadoc délaissa le baiser pour déclarer d’une voix plus rauque encore qu’à l’ordinaire :
- Je ne veux nul autre que toi, Pippin, si tu es prêt à partager cela avec moi.
Une nouvelle pression tout en bas lui arracha un gémissement suppliant. Lorsque ses yeux vert d’eau s’entrouvrirent à nouveau, je lui fis comprendre ma réponse d’un franc regard. Comme je reprenais mes interminables frictions, Merry renversa la tête en arrière, révélant sa gorge ambrée de lumière, chaude, dorée et appétissante comme un biscuit au miel à la fin de la journée. J’y posai tout doucement mes lèvres et goûtait de nouveau à sa saveur de sucre, plus exquise que celle des mets les plus fins. Les jambes de Merry s’écartèrent alors cette fois, marmonnant quelques paroles d’encouragement peu intelligibles.

Alors que le jeu de le tenir sous ma coupe me plaisait de plus en plus, Meriadoc s’écroula sur l’un de ses coudes qui se déroba sous lui. Je m’apprêtais à lui demander si tout allait bien, mais il se redressa alors complètement, d’un mouvement brusquement résolu. Enlaçant ma taille, il m’attira contre lui fermement. Il replia ses jambes en tailleur comme pour m’en faire une sébile. Glissant mes mollets repliés sous ses cuisses, je m’assis sur les siens dans ce calice improvisé. Merry commença par me serrer ardemment contre lui, nous mêlant en une sculpture étrange dans laquelle nos deux êtres ne formaient qu’un tout indissociable.

Puis ses mains commencèrent à se mouvoir. Elles coulèrent le long de mon dos… de haut en bas… puis rejaillirent de bas en haut… courant sur ma peau nue qui en frémissait comme l’eau sur un doux feu. Mon gosier manifesta mon bien-être d’un bref son sur l’épaule de Merry, et j’allai le caresser à mon tour. Je promenai ma main sur le côté du torse chaud comme un petit pain à peine libéré du four, l’épaule d’une ligne délectable, la courbure du cou, si douce, sa nuque envahie par les mèches frisées dans lesquelles je remontai. Je laissai la profusion de boucles blondes assaillir ma main un moment. Puis je passai avec attention ma paume sur le haut de son crâne, maintenant bien ordonnés les cheveux liés sur l’arrière, et finissait en écoulant ma main refermée sur toute la longueur de sa courte queue de cheval.

Ses propres paumes et ses doigts continuaient inlassablement à galvaniser mon dos qui n’avait pas connu pareille aise depuis ce qui paraissait des lustres. Il effaçait les douleurs, les chocs, les chutes d’un seul geste gracile. Il laissait à la place un plaisir aussi puissant qu’éphémère et qui faisait qu’à peine ses mains passées, ma chair était déjà brisée de les sentir partir. Ce fut bientôt une indicible douceur qui m’enveloppa à travers cette abondance de caresses et de gestes tendres qui avait tant manqué à mon être pendant les derniers moments de cette quête. Tout de lui marquait l’amour le plus pur, des mots qu’il s’était mis à susurrer à mon oreille à sa manière de remonter le dos de son doigt sur la cambrure nue de mes reins. Les frissons se firent tels le long de mon échine et dans l’ensemble de mon corps que je dus me résoudre à m’abandonner complètement, les bras laissés autour du cou de mon cher Merry. Il m’attira contre lui, unissant nos torses dévoilés et respirant intensément. Je humais son odeur, perdu dans la jungle miellée de ses cheveux bouclés comme les miens. Merry était les mirabelles de la saison de notre départ, le vieux Tobby qui partait en volutes cotonneuses dans les soirs frais, le cidre acidulé des celliers bien garnis. Merry était la Comté. Je me sentais chez moi dans son étreinte accueillante.

Il laissait ses lèvres musarder à leurs guise sur moi, comme pour me reconnaître. Baisant gentiment le haut de mon bras, il me confia que j’étais plus doux que les abricots de notre dernier été, et cela m’amusa autant que me fit plaisir. Me reculant légèrement, je pris son visage au creux de mes mains et le contemplai. Sa position, légèrement inférieure du fait de notre posture, lui faisait lever imperceptiblement le menton, et j’avais le loisir de plonger mon regard directement sur l’ovale de son visage, ce qui était assez inhabituel. Je passai doucement mon pouce dans la petite fossette de son menton, puis remontai sur ses joues. Je me désaltérais un moment de ses lèvres par leur seule vue, avant que celle de son gros nez rond et aplati ne ramène un sourire de malice sur les miennes. Combien de temps avais-je passé à jouer avec ce museau arrondi quand j’étais gamin ?

Ses yeux enfin attendrirent mon sourire. L’expression qu’ils contenaient me faisait hésiter entre rire de félicité trop forte et gravité fascinée. Leur couleur suffisait même à faire fourmiller mon esprit de mille choses. Sa pupille, comme une éclipse, semblait masquer une brillance dorée, qui ne se percevait que par une mince couronne sur son pourtour, visible seulement à l’attentif ou au familier. Et tout autour éclatait en une sphère parfaite le bleu acidulé tout rayonné de reflets irisés. Encore que je n’aie jamais vu la mer, et ne me la sois imaginée qu’à travers les histoires de nos aînés, je savais qu’elle avait la couleur impétueuse des iris de Merry. Lorsque lui-même m’en parlait dans ses contes, quand j’étais petit, je m’abîmais déjà dans ses deux aigues-marines. Ses yeux étaient la première couleur que j’avais réellement perçue à ma naissance, et ils resteraient synonymes de l’émotion la plus forte qui me traversa, aujourd’hui, sur le champs de bataille de Pelennor. Meriadoc me rendait mon regard, un brin par en-dessous, calme, étudiant, s’abreuvant aussi, je crois. Inaccoutumé, ce rapport de hauteur… inaccoutumées aussi, ses prunelles aussi entières et dégagées, sans aucune arabesque d’or s’égarant trop près d’elles.

Mes mains remontèrent sur ses tempes. Merry baissa alors les yeux et, gardant une expression d’avidité tranquille, ils glissèrent sur mon cou, suivirent la courbe tombante de mes épaules et de mes bras, caressèrent mon torse de la poitrine au ventre. Le sentiment d’être ainsi examiné à fleur de peau me fit craindre quelque chose que je n’aurais su définir, mais qui tendait mes nerfs comme les cordes d’un violon. Lorsque Merry revint à mes yeux, il me déclara que j’étais superbe, plus pur que toute autre chose. Mon cœur se regonfla alors. Le sentiment d’être admiré était tout autre, et j’aimais cela, comme tout bon Hobbit aimant animer les auberges de chansons et de récits applaudis avec enthousiasme. Mais, bien entendu, la joie était ici beaucoup plus profonde et merveilleuse. En regardant Merry, je fus épris de reconnaissance, et voulu le remercier de son compliment.



Les yeux de Pippin brillaient de contentement. La lampe teintait cet éclat de jaune. Il franchit le court espace qui nous séparait et vint poser ses lèvres sur mon front. S’y arrêtant quelques instants, il y laissa un petit baiser, l’un de ceux que je me permettais de lui offrir avant cette nuit. Il recommença plusieurs fois, visitant mon front exposé. Il pris ensuite le chemin de ma tempe, et la petite courbe de ses lèvres vint pincer imperceptiblement le coin de ma paupière dans une délicatesse infinie, fermant mes yeux. Ma joue fut à son tour semée de baisers extrêmement doux et tendres, se posant tout en légèreté sur ma peau et y transmettant en même temps une passion frissonnante. Mon nez eu droit aux mêmes égards, avec ce qui semblait être plus de câlineries encore que le reste. Dieu, comment un être pouvait-il faire démonstration de tant de tendresse après être passé par la guerre ? Cette expérience ne semblait qu’avoir avivé en lui des sentiments aimants qu’il avait besoin d’exprimer, et dont tous ces petits baisers si particuliers se faisaient ambassadeurs. J’attendis le sort qui serait réservé à mes lèvres. Il ne fut pas autre. Sa bouche s’y posa et les prit un instant, comme on goûte une saveur à la cuiller, avant de les laisser.
- Je t’aime.

C’était sorti tout seul. Je n’avais pas même eu le temps de réfléchir que déjà les mots s’étaient échappés du sanctuaire de mon esprit. Je gardais les yeux clos, n’osant affronter les réactions de mon Pippin.
- Moi aussi.
Le chuchotement avait été très rapide et craintif, mais je l’avais bel et bien entendu près de mon visage. J’ouvris les paupières. Pip me fit alors un sourire confus, les émeraudes de ses yeux alors pétillantes et chatoyant d’intensité. Je restai immobile, m’interrogeant sur la convenance de sourire aussitôt avec la béatitude d’un bienheureux et sur les mots de circonstances. Comme je ne me départais pas de mon plaisant choc, Pippin eut un rire léger et enlaça plus étroitement ma nuque, posant sa tempe contre mon front et l’embrassant à nouveau brièvement. Puis il murmura :
- Laisse à nouveau tes mains vaguer sur moi… J’aime beaucoup tout ça, tu sais… C’est vraiment agréable… J’aime tout de toi.

Emu à ne plus pouvoir en respirer, je répondis cependant à sa requête. Mes doigts regagnèrent son dos pour s’y replier distraitement en une chute de caresses irréfléchies, tournoyant autour et entre ses omoplates, puis choyant la petite vallée centrale où mes phalanges jouaient la délicate musique du plaisir sur les petits os qu’elles y sentaient à travers sa peau. Sa peau, merveille de grège lisse, caressait, aimantait, provoquait mes doigt. Ma paume droite remonta tout en haut, jusqu’à la nuque recouverte de frisettes brunes, et se laissa choir, appréciant la ligne parfaite de son dos qui bombait imperceptiblement l’échine puis se creusait au-dessus des reins pour glisser avec délice dans la cambrure qui s’accentua sous son passage, et entrevoir l’inversion de la courbure avant de rencontrer le tissu du pantalon. Mais non… la sensualité de cette peau veloutée, les réactions subtiles de délectation du corps de Pippin dont les muscles roulaient et frémissaient sous mes mouvements, les soupirs enchantés sur mon front, tout cela m’empêcha de m’arrêter là.

Mes doigts s’insérèrent dans le pantalon assez lâche à cet endroit de par la position de son porteur. Comme je n’obtenais aucune objection, je glissai bientôt toute ma main à l’intérieur, découvrant avec un recueillement tout nerveux des chairs secrètes plus éclatantes encore de douceur. Pippin gémit. Ses hanches se cambrèrent contre moi. Mon désir s’accrut une nouvelle fois brusquement, après s’être momentanément raisonné. Les caresses n’étaient guère aisées dans le cocon du pantalon, aussi je me contentais de courts va-et-vient le long de la vallée centrale, sans jamais chercher plus loin que de raison, puis, incapable de résister à lui, prenais l’une des petites fesses fraîches dans ma main. Elle ressemblait à une pêche mûre, moelleuse à souhait, avec un mince duvet si fin qu’il n’était perceptible qu’à la caresse. Elle procura une exceptionnelle félicité à ce qui avait été plus tôt meurtri puis rongé par une morsure froide, douloureuse et morbide. Mon pouce caressa un flanc de la dune satinée. Pippin remua à nouveau un peu et j’entendis :
- Je veux plus, Merry… Je te veux tout entier pour moi.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:19

Malgré mon surcot et ma chemise abandonnés au hasard, je sentis les premières sueurs monter en moi. Les gestes plus aventureux de Merry, nos corps de plus en plus proches, son désir à présent parfaitement identifiable entre mes jambes, le mien de plus en plus ardent, avaient confondu mon discernement, si tant est que ce fût davantage possible… Je ne songeais plus à rien d’autre qu’aux réactions de mon corps, qui envoyaient une myriade d’appels à mon esprit affolé, qui finit par rendre les armes. Je laissai donc échapper cette demande incongrue. Merry retira sa main des pantalons de velours sombre que je portais. Il releva la tête pour me regarder en face, mais je ne pus résister longtemps avant de lui donner un baiser amoureux qui s’approfondit petit à petit. La langue de Merry répondit à mon intrusion consentie avec une maestria saisissante... Ses mains voyagèrent sur mon torse, y jouant des doigts, longeant mes flancs, frôlant mes mamelons, migrant de plus en plus visiblement sur mon ventre… Meriadoc effleura le bord de ma braguette… Mon être se crispa l’espace d’une seconde, hésitant un éphémère instant… Merry remonta caresser ma taille… Puis l’une de ses mains se posa sur mon sexe. Jamais on ne m’avait touché là ; jamais… jamais… Le bouton du haut fut défait, bientôt suivi par les trois autres… Moi, je me contentais de retenir Merry dans nos baisers, par pur embarras… Sa main me caressa légèrement à travers les culottes légères qui restaient en rempart, puis elle dévia un peu sur ma hanche.

Merry me prit alors étroitement dans ses bras, et m’allongea avec douceur dans les riches toisons dont je sentais à présent la douceur dans tout mon dos… Je me laissai entièrement faire, incapable d’agir de quelle manière que ce fût… Après un dernier baiser, il se redressa au-dessus de moi, appuyé sur les mains, et me rassura d’un sourire. Pourtant, et j’ignorais pour quelle raison, celui-ci n’eut pas l’effet magique qu’avait toujours eu pour moi un sourire de Merry. Je le sentis retirer doucement mon pantalon… Mais quelque chose n’allait pas… ce sourire avait eu quelque chose d'inexact, et cela ne me plaisait pas, pas avant ce que… pas avant la tournure qu’allait prendre cette nuit. Je sus que Meriadoc avait perçu mon inquiétude au moment où je le regardai. Il revint s’agenouiller près de moi, me dévisageant anxieusement.
- Ca ne va pas, Pip…
C’était une déclaration, et non une question. Je tentai de nier de la tête, mais Meriadoc se pencha un peu plus sur moi et affirma d’une voix sincère et insistante.
- Je suis tout près de toi… je t’aime, Pippin.
Plus tranquillisé, je répondis dans un souffle le moins crispé possible :
- …’t’aime…
Il pencha la tête de côté, comme perplexe. Je l’étais aussi.

Et alors, je trouvai.
- Embrasse-moi…
Toujours un peu dubitatif, l’écuyer du Rohan s’exécuta cependant. Sa bouche de velours rencontra la mienne. J’allai alors chercher dans la foison de mèches or, et y trouvai le petit lien de même couleur. Je le détachai, et toutes les boucles de miel ruisselèrent sur les côtés de son visage et son front, ainsi que sur le mien. Il me quitta, et le sourire qu’il m’offrit alors ragaillardit mon cœur. C’était le vrai sourire apaisant de Merry, celui bordé de petits anneaux dorés inoffensifs que j’avais plaisir à entortiller au bout du doigt, ajouté à des yeux familiers jouant à cache-cache dans une frange souple couleur des blés mûrs, quand il se penchait sur mon lit pour me dire bonne nuit après l’histoire. J’étais si baigné de joie et de confiance que je ne ressentis même pas de crainte lorsque ses pouces commencèrent à faire glisser le bord de mes culottes d’organsin sur mes hanches.



Lentement, et sans cesser de fixer son visage, j’abaissai les culottes en fine soie noire le long du bassin de Peregrin, puis sur ses cuisses, ses genoux, glissant au passage mes pouces sur les douces courbes. Je dénudais un trésor inestimable, et j’arrivais à peine à croire à ma chance de l’avoir mérité… ou tout du moins d’avoir été jugé comme tel. J’allai embrasser tendrement Pippin une nouvelle fois. Puis, accrochant ses mains à ma taille, je l’invitai à se redresser légèrement et prit son visage dans mes paumes ouvertes. Ses joues étaient un peu rouges, mais il soutenait mon regard de ses yeux prasins. Je remarquai que son bandeau d’argent, miroitant comme l’eau d’un étang sous le soleil, était orné de l’étoile du Gondor qui brillait de tous ses feux, m’éblouissant même quelque peu. Ne m’attardant pas plus longtemps sur ce détail, je remontai mes mains et repoussai le bandeau sur sa chevelure brune jusqu’à l’ôter tout à fait. La frange bien connue de mon petit Pip se reposa alors à nouveau avec une précaution délicate sur son front haut. Je me chargeai de ranger les cheveux sur le côté, réordonnant les petites pattes toutes bouclées qui retombaient devant ses oreilles, en dégageant la forme effilée que j’aimais et que je surprenais de baisers quand l’occasion s’en présentait. Je baisai enfin la frange chérie, et reposai sa tête sur la couche soyeuse.

Je me redressai ; et mon cœur pulsa plus vite. Pippin avait gardé les yeux clos. Son visage était imperceptiblement crispé, je le voyais aux commissures des paupières et à la mâchoire bien fermée. Ses lèvres minces et incurvées étaient pour leur part doucement closes, sans être serrées. Son nez adorablement pointu se dilatait par intermittences. Ses cheveux bruns étaient courus de reflets roux qui jouaient sur le mouvement de ses boucles. Un visage que l’on voulait caresser. Son torse mince, mais néanmoins plus robuste que les souvenirs qu’il m’en restait, était étendu, offert, les bras et les mains reposant sur les côtés dans une inertie paralysée. Seuls quelques rares et courts poils le parsemaient vers le milieu de la poitrine, au-dessous du buste. Le reste était d’une unité de chair nue parfaite, baignée dans le doré rougeoyant de la flamme qui y laissait tomber son bienfait, mettant en valeur chaque fin muscle qui se distinguait sous la peau ferme, et les zones plus tendres et que je savais délicieusement moelleuses avant même de les avoir touchées. Sous le précieux velouté de la fin du ventre, une courte toison brune et bouclée annonçait un membre légèrement tendu et rosi par le plaisir nouveau que Pippin venait de recevoir. Ses jambes, puis ses pieds recouverts eux aussi de poils frisés et nappés en-dessous d’une corne coutumière, terminaient l’ensemble pétri d’une harmonie baroque qui conférait à l’être que j’avais allongé devant moi un attrait exceptionnel. J’aimais tout de cet être, moi aussi. Revenant à son visage, je constatai qu’il me scrutait à présent avec inquiétude.

Je n’osais pas. Je n’osais pas toucher à ce corps qui m’invitait muettement au plaisir et qui éveillait mon désir comme jamais auparavant. Cette découverte après tant d’années de vie unie n’avait pour effet que de me couper le souffle, me faire monter des sueurs et me rendre maladroit. Que n’allait-il donc pas avec moi ? Pippin semblait visiblement se demander la même chose. Il me regarda quelques instants, interrogateur, puis, devant mon absence de réaction, se retourna sur le côté, en chien de fusil, l’air mortifié. Affolé, je posai une main sur son épaule. Cette fois, je me sentais ignorant et idiot devant lui, chose qui n’était guère coutumière, loin de là ! Le cœur me manqua quand je vis qu’il pleurait doucement.
- Pippin !
Je dus radoucir ma voix rauque d’un toussotement.
- Pippin, que se passe-t-il ?
- Rien… hoqueta-t-il misérablement.
- Tu pleures… fis-je remarquer un peu sottement.
Pippin ne répondit pas immédiatement. Ma respiration ne s’était pas libérée, à la vue de la tristesse soudaine dont l’être que j’aimais était empreint.
- Crois-tu que c’est agréable pour moi de savoir que je ne te plais pas ? interrogea-t-il enfin. Je t’avais dit… Je t’avais prévenu que je n’étais peut-être pas la personne qu’il te fallait !

Ma mâchoire tomba tout net à cette déclaration. Ainsi Pippin pensait que je boudais son offrande si sincère, touchante et ô combien précieuse ? Je restai quelques instants si abasourdi devant l’absurdité du malentendu que je ne pus prononcer un mot. Puis, comme Pippin saisissait l’assemblage d’étoffes pour s’en couvrir, je le retins d’une poigne ferme.
- Pip ? Si tu avais ne serait-ce que la moindre idée de combien tu es désirable à mes yeux, tu rirais de ce que tu viens toi-même de dire.
- Je ne comprends pas, déclara-t-il sans se retourner.
- Ce que j’essaie de te dire, c’est que tu es inestimable ! Tu es complètement différent de ce que j’ai déjà connu, et cela me déstabilise à tel point que j’en deviens… eh bien… aussi niais qu’un enfant, il faut le dire…
J’eus un bref rire ennuyé.
- Je te présente mes excuses.
Peregrin relâcha alors lentement la fourrure que sa main agrippait.
- J’ai bien l’impression que c’est moi qui suis le plus niais des deux…
- Alors j’aime jusqu’à ta niaiserie, stupide Took, répliquai-je.
Laissant s’évanouir mon sourire, je renvoyai avec la même lenteur la couverture jusqu’à ses chevilles, dévoilant à nouveau la ligne frêle mais bien droite de son dos, la rondeur tendre des fesses, la terminaison harmonieuse des jambes. Je laissai mes plus profonds instincts me plonger dans la contemplation de ces courbes soudain révélées à la faveur du repli de ce corps qui s’était cru dédaigné. Le creux de la taille, puis la petite saillie de la hanche et ensuite le galbe de cette chair secrète, protégée dans l’ombre de mon corps, et dont la crête latérale seule était nappée de lumière. Comme suivant aveuglément sa directive, ma main effleura la tache de clarté et se mut un soupçon sur la peau qui eût semblée de vermeil à cet endroit. Pippin n’avait pas bougé. Ce n’est que lorsque je descendis avec une légère sournoiserie dans le petit coin si sensible du pli de l’aine qu’il sursauta et replia un peu plus sa jambe, par réflexe. Je souris en voyant les délices charnus inconsciemment épanouis par ce geste. Je me risquai à les caresser dans une globalité plus osée. Peregrin sursauta à nouveau et tremblota lorsque ma main effleura les dunes dont la peau d’aspect juvénile devait receler une réceptivité particulière.

Je commençai à poser doucement des baisers sur le haut de son bras, puis sur sa taille. Je ne m’aventurai pas très loin sur le chemin de l’exploration de ses secrets, et remontai bientôt ma main le long de son dos. Après l’avoir parcouru de plusieurs ellipses qui le faisaient frissonner au moment où elles coupaient la colonne vertébrale, je redescendis frôler ses fesses avant de grimper à nouveau sur sa hanche. C’est lors de cet effleurement isolé que j’obtins un gémissement de la gorge crispée de Pippin. L’envie me prit alors de me glisser tout de suite entre ses jambes, durcissant déjà à la pensée de ce dont mes doigts s’y délecteraient. Mais je me contrôlai, glissant ma main sur son torse, ne faisant qu’accroître la douloureuse restriction de mes pantalons.

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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:20

Nu à présent, j’avais tous les sens en éveil pour goûter les caresses indicibles de légèreté et de volupté que Meriadoc faisait courir sur mon corps. Sa bouche baisait sans fin mon bras ; sa main visitait à présent mon torse. Il commença par s’y promener, comme sans but, flânant entre mon sternum et mon flanc, puis s’amusa à gratouiller un peu la base de mon buste. Je ne pouvais empêcher mon corps de trembler comme une feuille, et ce même si je n’avais pas intrinsèquement peur.

Merry conduisit de légers va-et-vient le long de ma gorge, entre le pouce et l’index. Je manifestai inconsciemment ma satisfaction par un grognement sourd et continu. Puis il descendit soudain tout le long de ma poitrine jusqu’à mon ventre. Lorsque sa paume grande ouverte glissa sur cette partie de mon corps plus moelleuse, plus vulnérable, mais aussi plus sensible, gardienne des nourritures, cible de l’épée et annonce des centres interdits du plaisir, un autre gémissement de ma part, plus long, marqua un pas dans l’intensité des sensations. Merry la parcourut à nouveau à pleine main, comme il l’avait déjà fait sous mon surcot. Il commença par de fortes caresses, puis finit par pétrir ma peau sous mes respirations troublées. Une langue goulue était venue s’ajouter aux douceurs des lèvres sur mon bras et mes épaules. Je n’en frémissais que plus.

Merry mit alors le feu aux poudres qu’il avait répandues de sa maestria incendiaire. Il commença par s’éloigner ou cesser tout à fait ses cajoleries, me laissant demander après sa tendresse en remuant ou en geignant avec mécontentement. Puis, n’ayant probablement le cœur à me laisser languir trop longtemps, sa main sur mon ventre, sa bouche sur mon bras, redoublèrent d’avidité. Je le sentis remonter sa main, qui atteignit bientôt mon sein gauche qu’elle sembla protéger, s’y plaquant comme dans une anxieuse recherche de chaleur, la fine extrémité frottant contre sa paume. Ma gorge émit un son à mi-chemin entre le grondement et le gémissement. Merry, se glissant dans le creux plié de mon épaule, alla l’embrasser avec voracité. Le ronronnement s’en fit plus plaintif, et je me serrai contre lui pour l’inciter à se plonger plus loin encore.

Je sentis alors l’entièreté de sa chaleur contre moi. Son cou, petit abri de douceur et de tiédeur ; son torse, ancestral refuge de mon enfance, synonyme de robustesse protectrice et de foyer réchauffant ; son bas-ventre, encore couvert d’étoffe, tenant mon propre bassin en coupe, comme un fauteuil confortable et chaud ; son pénis, mystère interdit auquel je prêtais dans mon inconscient un pouvoir particulier, que je sentais en une insistance inexorable à la naissance de mes jambes. Il se colla un peu plus à moi et je pus le sentir bouger légèrement derrière moi. Instinctivement, ma jambe gauche se mit à suivre le rythme des lentes frictions qu’effectuaient à présent son bassin seul. Je découvris que ma main était sévèrement crispée sur une peau de chevreuil lorsque Merry prit également mon bras en coupe dans le sien pour croiser nos doigts enfiévrés. Je lâchai un lourd soupir ; nous nous serrâmes un peu davantage, jusqu’à ce que je n’en puisse plus et me retourne pour lui faire face.

Ayant tout juste le temps de voir son beau visage troublé de plaisir, je l’embrassai longuement, avec langueur et passion à la fois, me laissant entièrement porter par mes pulsions physiques. Je me délectai d’une réponse lascive et d’une nouvelle embrasse tendre et jalouse. Mes bras se glissèrent naturellement autour de son cou pour me reposer contre lui. Qu’il était bon de s’offrir sans cuirasse, sans moyen de défense, sans même une ombre pour nous séparer de l’autre… Qu’il était bon de ne plus pouvoir se résoudre qu’à la confiance sur une peau hâlée de pénombre, chaude comme un biscuit, exhalant une sourde fragrance de miel et d’herbe que masquait de moins en moins la senteur du bain. Inspirant avec une douce profondeur cette odeur sempiternellement bénie, je caressai inconsciemment le corps ferme qui la renfermait. Merry ne tarda pas à m’imiter. Tandis que nous nous embrassions, il fit glisser une caresse de ma cuisse à mon aisselle, profitant de mes bras relevés sur ses épaules pour effleurer le très léger arrondi de mon sein de la fin de la paume. Il laissa là sa main dans un repos apaisant et provocant tout à la fois.

L’avidité de ma bouche redoubla tandis que mes doigts s’afféraient, fébriles, autour des ficelles de son pantalon. Meriadoc finit par ceindre ma taille et me rallonger à plat dos. Il m’enfourcha ensuite, s’asseyant à genoux de part et d’autre de mon torse, l’entrejambe sur mon ventre. C’était inextinguible : mon regard était attiré, comme celui de tout un chacun l’est par les choses fascinantes mais également malséantes, par son sexe bandé que l’on devinait sans peine dans le tissu roux du vêtement rohirrim, derrière les croisillons de cordon d’or relâchés. Je réalisai alors la domination qu’il exerçait sur moi. Sa posture, me maintenant à terre entre ses cuisses, m’inquiéta ; de même que le fait qu’il soit toujours vêtu, lui, qui plus est d’un habit de riche facture. Cela lui conférait… comme plus de pouvoir, en quelque sorte… Je relevai vers lui une expression anxieuse. Il me souriait doucement de son air un peu canaille bien connu, les boucles désormais bien éparpillées autour de sa tête, comme dans mes souvenirs profonds. Ses yeux bleus avaient pris une nuance violette et le regard qu’il me lançait me stupéfia, me donnant une soudaine sensation d’humidité au-delà de mon simple désir tendu. Je baissai les miens, contemplant son torse imberbe et magnifique dans la finesse de son ciselage, jusqu’à les clore tout à fait. Je laissai les vagues de sensations physiques nouvelles bouillonner puis s’écouler quelques instants en moi, les lèvres entrouvertes pour en laisser s’échapper les vapeurs.

Puis je me redressai face à Merry, le repoussant de ce fait un peu, sur mes cuisses. La teinte violacée dans ses iris n’avait que cru durant ce temps. Répondant à l’envie folle qui me harcelait, j’allai toucher le renflement plein des croisillons ; puis je le caressai, ce membre empli de faim si proche du mien, me glissant petit à petit à l’intérieur de la braguette… puis de la culotte… jusqu’à trouver des chairs inconnues, que je n’avais pas encore expérimentées. Bigre… Toutes les exclamations du monde n’auraient pas suffit à marquer mes impressions, au moment où mes doigts virginaux touchèrent à la verge si douce, elle aussi légèrement mouillée de son envie. Merry lâcha un cri, à cet instant, un cri sourd qui venait de la gorge. Il débrida les derniers harnachements de son pantalon en l’écartant et le faisant couler sur ses hanches. Il me rallongea, et nous tournoyâmes quelques instants, échangeant successivement de position, nos jambes se mêlant pour nous presser un peu plus l’un contre l’autre.



C’en était trop, je voulais plus de Pippin. Je voulais ses doigts fins sur moi, je voulais ses lèvres inexpertes sur mon visage et dans mon cou. Je voulais tout son petit corps chaud juste pour moi. Ce bref contact avait exacerbé mon désir jusque vers les plus hauts paliers. Je le serrais à présent tandis qu’il était étendu sur moi, le caressant aussi avec feu. Il sursauta lorsque, l’ayant basculé sur le côté, je passai ma main le long de son pénis tendu. A la deuxième fois, un geignement s’échappa du haut de sa gorge. Satisfait, je continuais un moment, savourant la finesse de la peau à vif et humide, et que je savais humide pour moi.
Bientôt, Pippin retrouva le chemin de ma propre virilité dans mon pantalon, et l’explora, imitant timidement ce que je lui faisais par moments subir, mais expérimentant aussi par lui-même. Lorsque je glissai la main entre ses cuisses, la laissant caresser la peau si délicate, et les deux bourses tendres et fermes, Pippin émit comme un couinement insolite et prolongé de quelques instants gémissants. Tout en continuant de palper ces deux perles de douceur, je l’observai.

Sa tête était un peu rentrée dans ses épaules grêles, ces épaules rendues d’aspect plus fragiles encore par leur nudité nimbée de lumière, ces épaules qui n’étaient pas celles d’un guerrier. Son tendre visage était crispé, les paupières closes très fermement, les narines dilatées, la lèvre inférieure mordue, je le devinais, à l’intérieur de sa bouche chaude et plaisante. Sa tignasse bouclée, tombant en de vifs tortillons mutins ou de volages mèches légères et ondulées, encadraient tout son minois, comme le préservant dans les cheveux chocolat roussis par la flamme. Il continua de pousser des gémissements retenus, se tortillant légèrement sous l’effet de la volupté qui commençait à devenir presque trop bonne. Ah, comme j’aimais provoquer le plaisir en lui… Je comprenais à présent que la seule chose primordiale en ces heures, c’était que Pippin soit oublieux de toutes ses mésaventures.

Je l’embrassai longuement, débordant d’amour. Il me répondit en couvrant mes jambes de l’une des siennes, se voulant protecteur. De fait, ma main s’invita à visiter plus avant, effleurant bientôt le petit creux sensible, ce qui arracha une crispation de plus à mon amant. Il se retira du baiser, nichant sa tête contre la mienne, me laissant libérer mon souffle sur ses cheveux marrons. Lentement, je commençai à cercler la mince entrée de mon index. La respiration de Peregrin gagna en amplitude. Bientôt, je me raidis moi aussi à la sensation de ses doigts entourant mon membre gonflé d’envie dans un mouvement précautionneux et incertain.

Les caresses allèrent progressivement crescendo, si bien que, à un moment trop intense, Pippin redressa la tête pour me fixer dans les yeux. Son œil vert exprimait tant de choses… tant et si mêlées qu’il était difficile de les définir toutes. A cet instant, je ne sus plus que dire ou faire. Instable, je demandais de ma voix trop rauque :
- Que désires-tu, Pippin ?
Il fit son possible pour ne pas rougir, je le vis bien ; mais ses oreilles trop rosées le trahirent une fois de plus. Ce fut alors qu’il baissait à nouveau la tête qu’un début de réponse me parvint.
- As-tu déjà fait cela à…
Cela s’avérait une autre interrogation. Mais elle ne vint pas immédiatement dans son entièreté. Pippin s’arrêta un instant, puis après un très discret soupir de sa poitrine contre la mienne, se décida à reformuler.
- As-tu déjà fait cela à… à un garçon ?
J’avais l’impression de retrouver mon tout jeune Pippin et ses questions gênées, toujours proférées dans les plis d’un tricot d’hiver, d’une chemise ouverte pour le soleil estival, ou d’un pyjama. Posant le menton dans ses cheveux, je répondis laconiquement :
-Non.
Pippin laissa passer un moment avant d’interroger d’une petite voix :
- Je vais avoir mal ?
Que répondre ? Tiraillé entre mes désirs et mes serments de protection envers Pippin, je finis par déclarer :
- On n’est pas obligés, Pip, tu sais…
Sa tête se releva juste assez pour laisser ses yeux reprendre possession des miens.
- Vas-y. Je n’ai pas peur.
- Pippin… ce n’est pas un jeu, tu n’as rien à prouver.
J’ignorais à ce moment-là si je parlais réellement dans le but de protéger Pippin, ou dans celui de me protéger moi-même. Mon compagnon avait un air grave.
- Je sais… J’en ai envie, c’est tout.
Je caressai un moment ses boucles et ses épaules, incapable de vider mon esprit. Observant inconsciemment l’intérieur de la tente, j’avisai soudain quelque chose.
- Je reviens… chuchotai-je à mon amant.

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Dernière édition par le Mer 2 Mai - 20:12, édité 1 fois
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: D'Or et d'Argent, Merry/Pippin NC-17   Ven 11 Fév - 1:26

Merry se leva alors et quitta la couche au sol d’un pied silencieux. Au moment où il passa à-côté de la lampe à huile, la lumière ondoya sur son corps charmant, faisant varier l’or et le bronze sur son dos très finement musclé, et briller quelques unes des arabesques dorées des jambes de son pantalon qui, relâché, tombait de ses hanches. Il alla s’emparer d’un petit flacon sur la table de bois et revint à moi. Il posa la fiole de liquide ambré tout à-côté de la lampe ; je le regardai faire, un peu anxieux. Le fluide chatoyait d’un éclat d’or dans la lumière, projetant une petite ombre claire sur le bois sombre du coffre. Des lèvres survinrent bientôt sur les miennes. Je fermai les paupières, par réflexe. Merry m’embrassa avec une avidité contenue mais continue, et il me caressa longuement le flanc, dérivant petit à petit sur la hanche, le dos, les reins. Lorsqu’il s’insinua doucement entre mes fesses, une très brève plainte soucieuse m’échappa dans le baiser que nous échangions toujours. La bouche exigeante de Merry me relâcha alors, et je gardai les yeux bien clos comme quelques instants d’attente s’écoulaient. « Ne crains rien. » chuchota-t-elle contre ma joue tandis que mon cousin se rapprochait de moi.

Je l’étreignis alors avec force, mes doigts pressant de petits lopins de peau moelleuse et tiède dans son dos. Je laissai les sensations me conduire à leur gré tandis que Meriadoc, blotti dans mon embrasse, s’employait à éveiller ma réceptivité, le fluide tiède créant des vagues de brûlures profond dans mon ventre. Je serrai lorsque je le sentis pénétrer en moi pour la première fois. Je plaquai mon front dans son cou lorsque l’intrusion se doubla. C’était si étrange… mais, pour une fois, je ne parvenais pas à décider si cette nouvelle curiosité m’enthousiasmait ou m’effrayait. Les doigts glissèrent alors d’un mouvement régulier. Très progressivement, je commençai à me détendre. J’entendis la bouche de Merry s’ouvrir, très près de mon oreille. Il s’enquit de mes réactions, me rassura de quelques mots tendres.

Je m’apaisai bientôt pour apprécier une sensation de bien-être sourd, aiguillée par des sursauts plus intenses par moments. Merry prit le temps qu’il fallait pour me rendre de plus en plus disposé à l’accueillir de manière plus entière ; cette progression qui nous astreignit à la rétention augmentait le désir avec calme, mais ce calme ne permettait que de nous incendier vers des horizons plus aigus à mesure que nous nous découvrions, et que nous sentions nos corps s’affirmer à nos esprits jusqu’à sembler s’en détacher petit à petit. J’entendais parfois Merry sursauter doucement dans sa respiration fragile. Je finis par faire définitivement glisser son pantalon roux de ses hanches, et il s’en dégagea sans tarder.

Après quelques caresses d’une flamme recueillie sur son corps cuivré, je remarquai qu’il avait pour sa part cessé ses attouchements si particuliers et donneurs d’aise incertain. Il se redressa alors et, avec de doux baisers, me rendit pour quelques instants plus absent de la scène. Mais bientôt je pris conscience de la paume chaude sûre sur ma cuisse, et je me crispai un peu en sentant Merry la repousser doucement sur le côté. De fait, mon cousin se vit contraint de me guider avec un peu plus de fermeté.

A présent ouvert à lui, le cœur cognant, je n’osais plus bouger. Lorsque Meriadoc revint tout contre moi, glissant sous mes bras ses poignets, j’éprouvai une peur terrible. Ce n’était pas la peur noire et fataliste qui précède les combats ou le danger, lancinante angoisse étirée et récurrente dans l’esprit, celle que j’avais découverte depuis peu et qui avait initié mes entrailles au désespoir à la fois terrifiant, rageur et inéluctable. C’était la peur inexplicable et panique de l’inconnu qui surprenait soudain mon cœur de Hobbit et faisait grelotter ma chair. Qu’allait-il arriver ? Qu’allait-il advenir de moi ? Ces questions dénuées de sens défilaient dans une farandole effrénée et implacable dans ma tête, se mêlant à l’excitation pour engendrer un sentiment des plus insolites.
- N’outrepasse pas tes envies, Pippin.
C’est ce que me susurra Merry juste avant que je ne sentisse une chaleur ferme et lisse à l’orée de mon puit dilaté.



Il avait la tête plaquée dans les étoffes de la couche, et son visage était crispé tandis qu’il émettait de brefs gémissements plaintifs. Cependant que je le pénétrais doucement, consumant mon désir comme on consume un bâton de cire rouge ruisselant, il recommença à s’agiter un peu, et un cri frais et sec parut soudain se libérer de sa gorge étranglée pour tinter dans le silence étouffé de la tente. Je rassemblai toute ma volonté pour me stopper, pour ne pas poursuivre ce plongeon dans l’exquis antre brûlant, qui étreignait délicieusement mon membre fourmillant de volupté. Pippin respirait laborieusement, la mâchoire serrée, les boucles collées près de sa nuque et de ses épaules moites. Lorsqu’un œil vert trouva le courage de s’entrouvrir, ce fut un drôle de regard qu’il m’adressa, ardent et tout à la fois comme de reproche assourdi.
- Devrais-je cesser ? demandai-je en tentant de maintenir ma voix solide.
Peregrin ne répondit pas tout de suite. Il parut prendre quelques secondes pour se calmer ; puis, l’une de ses mains décolla des pelages raffinés pour se poser dans le creux de mes reins. Il resta ensuite immobile, les paupières closes, semblant attendre de voir où cette nouvelle expérience le mènerait. J’espérais de tout mon cœur me montrer à la hauteur et lui donner du bien. Qu’arriverait-il si je laissais pour seul souvenir de ce moment de la stérile douleur ? Cette seule pensée me faisais frémir d’angoisse, et c’est le cœur battant que je repris mon cheminement au creux de celui que j’aimais.

Enjôlé par les premières vagues de plaisir fatales, je vis le visage de mon cousin changer d’expression. Passant rapidement de la crispation à la détente, puis de la détente à une autre tension qui semblait plus attentive, plus demandante, Pippin pressa soudain plus fort mes reins, les caressants brièvement. Lentement, je me reculai pour glisser à nouveau complètement en lui. Un son instable lui échappa encore, mais ses lèvres courbées entrouvertes ainsi que ses yeux, empreints d’une curieuse absence songeuse, me firent comprendre que quelque chose de plus fort était en train de prendre le pas sur le mal-être.

Ne pouvant plus empêcher mes expirations d’exhaler un léger bruissement continu, je me retirai à nouveau plus loin de son coin secret, avant de m’y laisser perdre encore. Pippin m’étreignis alors à son tour, voulant me retenir tout près, contre sa peau toute chaude et nue, et plus appétissante que tous les mets de ce monde. Je savourai la merveilleuse sensation de douceur et d’intensité mélangées, la tête tenue au creux du berceau des bras de mon aimé, ses mains dans mes boucles blondes. Je continuai d’aller et venir en lui, encore et encore, son puit accueillant caressant ma verge sur toute sa longueur, sanglotant bientôt contre la chair satinée de son buste où j’écoutais naître les sons de la volupté.


Le plaisir venait juste d’amorcer sa croissance en moi. La première approche avait été assez troublante, mais Merry avait pris tant de précautions afin de m’aider à accepter sa présence que je n’avais pour ainsi dire pas souffert. Et à présent, je commençais enfin à connaître cette joie des sens dont les adultes faisaient tant cas. Nous abandonnant l’un contre l’autre, Merry et moi, tous deux en proie à un charme unique, nous sentions le rythme s’accélérer sans le besoin de notre volonté. Notre plaisir grandissant entraînait avec lui un désir exponentiel. La hampe durcie de Meriadoc s'engageait avec plus de passion, et mes hanches se tendirent bientôt davantage pour venir à sa rencontre.

Puis Merry redressa sa tête douce et bouclée où j’entremêlais mes doigts et me fixa. Retrouver au milieu de cette tempête mes opales chéries par-dessus toutes, ce bleu qui perçait dans le mordoré du décor, fut comme une violente secousse. Je lâchai un lourd gémissement tandis que Merry élançait ses reins au plus profond de moi. Il se stoppa quelques instants, bloqué sur ses avants-bras, tremblant, les épaules irisées par la sueur. Ses pupilles étaient plantées aux tréfonds des miennes. Il me couva du regard un moment ; sa main droite descendit à mon bas-ventre et cercla mon sexe gonflé, glissant tout du long. Un geignement monta à nouveau de ma gorge ; ces effleurements faisaient l’effet d’une torture insoutenable. Un sourire s’esquissa sur le visage de Merry, durci par le plaisir. Transporté trop loin déjà, je réclamai de nouveaux essors en caressant sa croupe de la main, puis en l’amenant sur la petite saillie de sa hanche. Il reprit ses va-et-vient, d’abord délicatement, puis accélérant rapidement.

Crescendo monta mon bonheur déjà rapproché, au rythme des unions de nos reins, sur la couleur de la contemplation de Merry. Mon cher cousin semblait lui aussi emporté par la félicité au fur et à mesure que durait notre étreinte. Ses gémissements ne tardèrent pas à accompagner les miens. Il nous fit taire tous deux en happant mes lèvres dans les siennes. Suivit un baiser d’une sensualité raffinée et fatale, sa bouche prenant possession de la mienne avec une adresse fondante, incandescente, qui acheva brutalement de me mener à la jouissance.

Dans un sursaut, mon ventre se libéra contre celui de Merry. La poitrine de ce dernier échappa un cri plaintif. Il me caressa les cheveux, et ferma les paupières, la bouche toujours entrouverte. Je fixai cette dernière avec concupiscence, ressentant comme un véritable supplice d’avoir pareille source de délice à quelques centimètres de mon visage. Meriadoc continuait à se mouvoir en moi, à présent plus fiévreux que jamais. Je n’hésitai plus qu’une seconde avant de me redresser légèrement et de le capturer entre mes bras pour l’embrasser ardemment, à pleine bouche, ne pouvant plus me résoudre à des concessions avec l’amour dévorant qui me brûlait le fond des entrailles ; mes hanches se cambrèrent une dernière fois dans une dure poussée, presque désespérée.

Merry répondit à mon ultime baiser l’espace d’un fugitif instant, puis il me repoussa tandis qu’un dernier cri, suprême et essoufflé, venait le délivrer dans une éruption de sa poitrine pure, aux petit boutons caramel érigés, continuée par le col doré et velouté de sa gorge renversée, dans le prolongement de son corps courbé avec un art naturel.



Je retombai, ayant tout juste la force de me retenir sur mes avant-bras, tant je me sentais vidé, abouti et… assouvi. Je me retirai cependant avec douceur, et regardai Pippin. Mon cadet me considérait de son air familier d’interrogation ; ses grands yeux verts, foncés par la soif qui les avait envahis, rehaussés de sourcils arqués. Le silence se prolongeait ; je le connaissais bien, et le chérissait, ce moment où les paroles paraissaient plus obsolètes que jamais. Je contemplai Peregrin avec un doux sourire, caressant tendrement les mèches de sa frange libre, perdant mes doigts dans leurs formes bouclées et ondulées. Cependant, je voyais que mon cousin ne partageait pas complètement la sérénité entière qui me baignait. Ses prunelles restaient vives et attentives, et sa bouche était crispée. C’était l’expression qu’on pouvait lire sur son minois lorsqu’il brûlait de dire quelque chose.
- Je… je… enfin...
Fronçant les sourcils avec amusement, je me penchai plus près sur lui.
- Oui ?
La fine bouche curviligne se referma à nouveau. Après deux clignements de paupières, il passa ses mains derrière ma nuque et m’attira un peu plus à lui. Fermant déjà les yeux avec un sourire, je le sentis me donner un baiser d’une tendresse encore toute incertaine, et cela porta à son point culminant des années d’affection profonde et indéfectible. Je lui répondis lentement, lui laissant le privilège de conduire ses lèvres contre les miennes, sa langue chaude redevenue timide.

Lorsqu’il reposa sa tête sur le matelas moelleux, je lui souris à nouveau, des escarbilles encore toutes chaudes dans mon cœur et qui devaient se refléter dans mes iris. Je roulai tranquillement sur le côté, et le pris contre moi, où il se pelotonna en m’étreignant avec autant de force, et en prononçant mon nom d’un chuchotement presque inaudible. Je l’embrassai brièvement dans l’oreille, et parcourus une dernière fois la ligne de son corps d’un frôlement des phalanges, qui s’acheva sur la courbure si douce d’une petite fesse satinée. Tandis qu’il frissonnait légèrement, répondant par une petite caresse sur mes reins, je murmurai :
- Nous serons bientôt chez nous.

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