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 chr 5: L'odeur des pommes

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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MessageSujet: chr 5: L'odeur des pommes   Ven 11 Fév - 1:02

L’odeur des pommes
29/06/04
Par la Halfeline


Cette après-midi était rôtie par la chaleur. En plein mois de Juillet, le soleil ne pardonnait qu’aux cigales dont le chant retentissait de la Vieille Forêt. La plupart des Hobbits se terraient dans leurs trous volets fermés pour espérer conserver un semblant de fraîcheur. J’étais pour ma part étendu dans un hamac dressé entre les deux pommiers juste devant la porte de nos appartements de Château-Brande. La chemise entrouverte, un chapeau de paille baissé sur les yeux, je savais goûter à ma façon aux caprices de la canicule. Comme il était bon de laisser l’air torride baigner son corps sans penser à rien… Mes orteils s’en agitaient de satisfaction à l’autre bout du hamac.

Je jetai un œil au bas de ce dernier. Abrité comme moi par l’ombre mouchetée des deux arbres, allongé sur le ventre sur une grande serviette blanche, Peregrin se reposait paisiblement. Il avait sur lui une chemisette à carreaux jaune et blanche, des culottes courtes canari, et un petit ruban de la même teinte maintenait ses cheveux devenus plus abondants en une courte queue-de-rat sur sa nuque. Il laissa échapper un léger soupir dans sa somnolence. Je souris en le contemplant. Ce petit bonhomme avait grandit si vite… Bientôt, il soufflerait ses deux bougies !
Tout en songeant à cela, je le vis ouvrir les yeux. Il les leva vers moi et, lorsqu’il vit que je le regardais, m’offrit un sourire. Il se mit debout et s’approcha de moi, agrippant les mailles du hamac.
- Dis… peux monter ?
Lui souriant, je répondis :
- Je croyais que ta mère ne voulait pas te laisser monter dans un hamac…
Peregrin ne répondit pas, l’air déçu.
- Enfin, là ce n’est pas pareil puisque tu ne seras pas tout seul dedans… Et puis de toute façon, Eglantine n’est pas là, n’est-ce pas ?
Il releva la tête avec une expression incrédule qui se changea vite en joie excitée. Me penchant sur le côté, je voulus l’attraper, mais à la place je sentis le filet se dérober sous moi et me renverser par terre. Je me retrouvai donc à plat ventre dans l’herbe sous les moqueries de mon petit cousin.
- Tu vois ? Voilà pourquoi ta mère ne veux pas que tu grimpes là-dedans : c’est extrêmement dangereux !
Je remis avec une fierté exagérée mon couvre-chef que Peregrin avait ramassé. Cela le fit rire à nouveau. Je le pris par les flancs et le soulevai pour l’asseoir précautionneusement dans le filet.
- Ne te balance pas, et ne fais pas l’idiot, surtout !

Je grimpai à mon tour. Le hamac remua quelques instants d’un mouvement pendulaire et le petit Hobbit s’accrocha aux bords avec une prudence incertaine. Puis, il crapahuta vers moi jusqu’à me sauter dessus. Je reçus son poids de bambin potelé en pleine poitrine.
- Doucement, Peri… priai-je d’une voix étouffée.
Mais déjà il s’était assis sur mon ventre avec l’air du conquérant et prenait mon chapeau pour se le planter sur la tête. Malheureusement pour lui, le couvre-chef lui mangeait tout le haut du crâne et ne tarda pas à lui tomber sur les yeux. Il s’avachit sur mon torse et je soulevai tout doucement le bord du chapeau pour voir Peregrin me guetter en-dessous avec un sourire bienheureux. Je m’allongeai convenablement et mon cousin me renfonça mon canotier sur le crâne. Il laissa ensuite retomber sa tête sur mon buste et ferma les yeux, ne faisant plus un geste.

Je refermai mes bras sur lui et le regardai encore, ne me lassant pas de cette bouille qui pouvait prendre le sourire le plus angélique comme la bouderie la plus furieuse. Et je ressentis alors une impression très étrange… C’était la première fois que j’avais quelqu’un d’autre sur moi, et cela me faisait tout bizarre au fond de la poitrine. Nous restâmes ainsi immobiles pendant un long moment. Les cigales crissaient toujours vers l’est, imperturbables, et rien ne venait troubler cet instant de sieste repue sous l’ombrage des pommiers, hormis un fruit qui tomba pour aller rouler sur l’herbe. Le soleil cuisait les pommes qui se mettaient à exhaler leur arôme sucré pour la plus grande satisfaction de nos narines, frémissant à peine. Entrouvrant les yeux, je vis des fragments de ciel bleu à travers les feuillages. Aucun nuage, fût-il petit et blanc, n’entachait le ciel.

Machinalement, je caressai les bouclettes brunes de mon cousin qui était toujours emboîté à moi. Au bout d’un moment, il se mit à lâcher un ronronnement bienheureux à chaque passage. Je plongeai alors plus profondément dans sa tignasse, la libérant involontairement de l’anneau du ruban. Peregrin prit une longue inspiration et relâcha en un gros soupir ses derniers lambeaux de nervosité. Je le serrai un peu contre moi. Cette sensation était décidément profondément bouleversante. Sentir un petit bout de chou s’abandonner contre votre cœur, vous faisant toute confiance, est à la fois valorisant et infiniment fort en tendresse. Etant fils unique, j’y étais probablement plus sensible que la moyenne des enfants de mon âge… ou peut-être que cela tenait à l’attachement particulier qui m’avait poussé vers lui depuis sa naissance ?
Je caressai très lentement son dos couvert de la chemise à carreaux et déposai un petit baiser dans ses boucles. Peregrin redressa alors la tête et, enlaçant mon cou, s’éleva un peu plus haut sur le matelas de mon corps et, gagnant lui aussi le couvert de mon canotier, appuya sa joue sur la mienne. Il posa ensuite ses lèvres minuscules contre cette dernière et me donna à son tour un baiser léger. C’était si doux que je le berçai contre moi sans un mot, mais continuant ces petits baisers qui ne ressemblaient à rien de ce que j’avais déjà connu.

Bientôt, un autre parfum monta cette fois de la fenêtre. La tarte aux pommes que cuisait ma mère venait d’y être mise à refroidir. Ce fut bientôt une bulle d’odeurs alléchantes qui nous envahit, s’ajoutant à la chaleur rayonnante de l’air. Elevant ma main, je passai légèrement le dos de mes doigts sur la joue de Peregrin, petite et ronde comme un abricot. C’est alors que je pris conscience de la douceur infinie et duveteuse de cette peau. Ce que j’ignorais, c’était que cette particularité était propre à mon cousin qui devait la garder jusqu’à maintenant, et probablement la garderait-il encore longtemps… Il posa alors lui aussi sa petite main sur ma joue pour la caresser de sa paume. La mienne ne devait pas être aussi cotonneuse, mais il le fit cependant avec une tendresse égale. Ce fut la première fois que nous prîmes le temps de nous exprimer notre affection. Et puisque les mots étaient encore trop étrangers pour lui et déjà trop gênants pour moi, ce moment de câlins nous combla durant de longues minutes sur le chant des cigales, sous les rayons du soleil et dans le nuage exquis des fragrances de pommes. C’est ainsi que Peregrin fut toujours associé pour moi au goût des reinettes, et j’en regrettai presque la voix chantante de ma mère qui annonçait « Le goûter est prêt ! ».

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