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 Un scandale à Hobbitebourg

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Nasty2.0
Pucelle à la chandelle
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MessageSujet: Un scandale à Hobbitebourg   Dim 17 Fév - 1:16

Hum, hum... Lanterneux, lanterneuses, voici venu le temps du retour...
Pour ceux qui ne me connaîtraient pas, j'ai traîné quelques temps ici il y a fort, fort longtemps (les statistiques du forum indiquent même que j'ai participé à hauteur de 3% de ses messages, un score auquel je n'aurais jamais songé -oui, alors, je voudrais remercier ma maman, ma Half, et... mais ceci n'est pas le sujet-) sous le même nom, ou presque (bon, entre temps, j'ai oublié le mot de passe et changé d'adresse mail, alors bon... on fait comme on peut... bref.)

Sous l'impulsion de la Halfeline (que Lilith te bénisse 666 fois, toi qui illumines mondes réel et imaginaires), ou, pour être plus précise, après un harcèlement moral de longue haleine, je reviens donc, et avec une fic (... et ceux qui me connaissent savent que ce dernier point n'était vraiment pas gagné d'avance... ai-je dit que tout ça était grâce à Half ?), co-écrite avec... devinez qui ? (non, parce qu'après 3 citations, on va dire que c'est de l'idolâtrie)
(promis, un jour, j'arrêterai les parenthèses)

Je vous laisse donc avec un tout petit début de ce que nous appellerons du SherLOTR, qui reprend la fin du Hobbit (le livre, hein...) à notre sauce (arrabbiata pour moi, merci).


***********************************************


- Il ne peut pas faire ça !
- Il est des temps, mon cher Bilbo, où le pouvoir se résume dans le seul savoir. C'est vous-même qui avez fourni à Bard cette connaissance et il s'en servira. La paix de son royaume compte bien plus que vos remords.

La mésange était épuisée. Après d'angoissantes minutes à explorer les différentes couches qui s'étaient peu à peu élevées dans son habitation, Radagast retrouva enfin les quelques charançons séchés restants de l'année. Il tenta d'en glisser d'infimes morceaux dans le bec de l'oiseau. En vain. Les piaulements retentissaient, bourdonnaient dans les airs, laissant derrière eux la vibration caractéristique des catastrophes.
Radagast refusait d'entendre. Il en avait trop vu, trop compris déjà et trop subi en trop peu de lunes. Sebastian, en boule près de la cheminée toujours allumée pour lui, en était un exemple bien trop douloureux. Cette nouvelle perte, il n'en voulait pas. La montagne des petits désespoirs vacillaient et menaçaient de l'engloutir. Il n'avait rien demandé. Si chaque jour, un nouvel émerveillement ponctuait la grâce de la Terre du Milieu, l'étendue de sa responsabilité l'accablait toujours plus.

- Vous êtes Gandalf le Gris, le maître des artifices. Vous pouvez sans doute faire quelque chose !
- Je ne suis qu'un magicien errant. Mon rôle n'est pas d'intervenir dans l'écoulement naturel du temps et du destin de chacun. Le dernier des dragons va disparaître, et avec lui une partie du mal qu'ils ont toujours apporté en Terre du Milieu.
- Je lui ai parlé, Gandalf. Parlé ! J'ai vu le mal que vous évoquez. Mais j'ai aussi vu....

Il avait disparu dans la forêt. Il avait disparu dans les rêveries herbacées, dans les songes poétiques qui donnaient une couleur tout à la fois plus chatoyante et plus douce à son entourage. Il avait disparu dans une routine de gestes appris des animaux et des arbres. Il avait disparu dans les conversations avec une âme plus simple, plus pure, plus franche. Mais le monde le retrouvait, lui rappelait que nulle fuite n'est suffisante quand elle dépend d'un environnement en danger.
Les pépiements se faisaient plus aigus. Radagast se força à écouter jusqu'aux moindres détails. L'histoire était décousue, vue par les yeux d'un être qui prêtait plus attention aux fluctuations de l'air le stabilisant et à l'état des dernières réserves de nourriture laissées par l'hiver, qu'à la lutte permanente des 'êtres conscients' entre eux. Et pourtant, les yeux grands ouverts de l'Istar ne voyaient plus que les images retranscrites, ses oreilles n'entendaient plus que le grondement de la chute à des lieues de là. Le rugissement de colère qui faisait trembler jusqu'aux fondations d'Erebor. La soudaine lueur, éblouissante, terrifiante, si crue dans une nuit anthracite dont les diamants étaient les seuls sur lesquels il n'aurait pu veiller. L'orgueil déchu, la colère personnifiée dont la forme faisait onduler le ciel. Et les cris de tous à cette vue. Ils étaient ridicules dans leur frayeur. Ridicules, petits et gris face à la masse d'or fondu qui défendait son honneur plus que sa vie. Facilement défaits. Et pourtant, l'oiseau racontait une histoire toute autre. L'histoire d'un simple trait qui s'élevait dans les airs. Ajusté. Précis. Les ailes de feu se repliaient. Derrière toute la puissance, le grondement n'exprimait plus que souffrance. Et la comète se suspendit dans les airs. Vrilla. Chuta. Radagast ferma les yeux et cessa d'écouter. Un être de plus était réduit au néant par la volonté dévorante de puissance des hommes.

- Bilbo, votre aventure touche à sa fin, et avec elle la bizarrerie de votre monde. Bientôt vous retrouverez votre trou et son jardin, vos livres et votre garde-manger, un feu tout naturel dans votre cheminée...
- Je ne suis pas sûr de pouvoir à nouveau regarder le feu sans penser à la fin du plus grand d'entre eux. Bonne nuit, Gandalf.

Radagast s'empara de son manteau. Deux rats jaillirent des poches, réveillés dans leur sieste, pour filer se réfugier sous l'une des racines de l'arbre qui soutenait à présent toute sa maison. Il prit le temps de regarder autour de lui une dernière fois. Qu'en serait-il quand les chênes disparaîtraient et cesseraient d'imprimer ce mouvement tanguant et rassurant à son toit ? Qu'en serait-il quand Sebastian lui-même ne serait plus qu'une nuisible boule d'épines ? Il oubliait parfois. De nombreuses choses se mêlaient dans son esprit sans qu'il puisse vraiment savoir si elles avaient existé, ou si elles n'étaient que le fruit d'un nouveau rêve. Mais il savait que le regret de ne pas agir ne se fondrait pas dans l'herbe à pipe. Pas cette fois.
Une dernière fois, il essaya de se souvenir de ce qu'il pourrait oublier. Mais il n'était déjà plus sûr de l'endroit où ses décisions le portaient. Il ramassa délicatement le hérisson, le fourra dans un replis de sa cape. La mésange fut résolument posée sur le haut de son crâne, évitant néanmoins de perturber les deux petits derniers des pouillots qui avaient pris possession de sa coiffe pour les derniers jours. Il faudrait un jour qu'il leur redemande leurs noms, mais la famille était déjà tellement grande qu'il n'était pas sûr de pouvoir s'en souvenir.
Se ressaisir. Se concentrer. Il était temps pour l'Istar de se souvenir de l'étendue de ses pouvoirs.


***********************************************


Allez-y, cognez !
(mais pas trop fort...)
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Pinec
Lilitu à la lanterne
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Dim 17 Fév - 4:42

*fait une petite danse pour le retour de Nasty*
(Il est toujours meilleur de faire un bon accueil avant de commencer à râler.)
Hourra ! Nous n'y croyons plus ! (Je me nounoie.) C'est un moment historique, dont nous sommes fiers d'être témoins ! Nasty2.0 dont le nom ressemble étrangement à une très mauvaise série télévisée mais à laquelle tout est pardonnée, welcome back!

And, now it's decent for you to start complaining.
Merci Pocket!Moriarty ! (Il m'apprend les manières. Vous comprenez, il est tellement maniéré... *rit tout seul en tapotant la tête de Moriarty*)
*commence à râler*
NON MAIS C'EST BEAUCOUP TROP COURT !
C'est quoi ce teaser ?!
On me dit SherLOTR je m'attends à un cross-over et je n'ai que des miettes ? Mon ventre fanficeux gronde dangereusement... (Haaaaalf, est-ce pour cela que tu aimes bien le fanart avec Sherlock dans la Comté ?)
(Aussi : je n'avais jamais remarqué à quel point Hagrid était inspiré de Radagast... )

Citation :
Il avait disparu dans la forêt. Il avait disparu dans les rêveries
herbacées, dans les songes poétiques qui donnaient une couleur tout à la
fois plus chatoyante et plus douce à son entourage. Il avait disparu
dans une routine de gestes appris des animaux et des arbres.
Ooooh awww... *ne sait plus articuler ses reviews, vous êtes prévenus*
Mais d'ailleurs tout ce passage, ce paragraphe, mystérieusement tissé aux bordures embrumés de l'esprit de Radagast qui se mêle à celui de la mésange... est merveilleux. Aguicheur. (Enticing.)

La suite ?
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kedralyn
Lascive luciole
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Dim 17 Fév - 17:14

Ooooh... Un douloureux serrement de gorge s'empare de moi à la lecture de ce prologue. On souffre presque pour ce Radagast désespéré et sa pauvre mésange, ses divagations mentales à peineboostées aux amanites tue-mouches...

Citation :
Se ressaisir. Se concentrer. Il était temps pour l'Istar de se souvenir de l'étendue de ses pouvoirs.
Hum. Ce suspens me tient en haleine. Que va-t-il donc faire? Sa consommation mycologique va-t-elle le pousser à l'erreur dans ses incantations? Un Sherlock sauvage va-t-il soudain apparaître?

Un SherLOTR, tu dis? Bave
J'ai hâte. C'est tout à fait le genre de crossover qui me manque. *imagine un Sherbo...Bilock?* Hé, le problème est de taille, si je puis me permettre de m'exprimer ainsi LOL.


Citation :
(Aussi : je n'avais jamais remarqué à quel point Hagrid était inspiré de Radagast... )
Ah oui, maintenant que tu le dis... Oo'

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EmmaTook
Pécheresse luisante
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Lun 18 Fév - 20:39

Ah ! Quel plaisir de lire un tel prologue après une éreintante journée !
…Tu sais que tu parles du collège, là ?
… Passons.

Waow. Je n’avais pas vu les choses de cette manière. Pour moi, qui ne cherche jamais plus loin que le bout de mon nez, je m’étais arrêtée aux idées que Tolkien (ou l’histoire, en livre ou au cinéma, peu importe) explicitait clairement dans son ouvrage : Smaug est un dragon méchant qui a volé l’or des nains, aussi prétentieux que lui (il est vrai que tout le monde est un peu prétentieux dans le Hobbit…). Je n’avais pas pensé au côté « être vivant » de Smaug.
Alors de voir (enfin, lire…) un Radagast (personnage que j’affectionne, bien qu’il ne soit seulement survolé dans le livre) aussi désemparé, ça m’a fait réfléchir. D’autant plus que si c’est un Bilock (je ne sais pas pourquoi, Kedra, mais j’aime beaucoup, on dirait une marque de montre… *fuit*), ça accentue le malheur de Smaug.

O.K., je suis vraiment incompréhensible passé 18 Heures et je ne sais pas si ma review est très constructive, vu qu’elle comporte 60% de racontage de vie…
M’enfin, j’aurais donné mes impressions.

J’attends la suite avec impatience ! (dit la fille qui n’écrit pas)

E.T.
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La Halfeline
Prophète de Lilith
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Jeu 21 Fév - 1:41

^_______________________________^

bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce bounce

*déboule en tenue de majorette mit casque à plume eeeeet boutons de cuivre, suivie de tous les hobbits assortis*

When Nasty comes marching home again
Hurraaaaah... Hurraaaaah...
We'll give her a hearty welcome then
Hurraaaaah ! Hurraaaaah !
The girls will cheer, the dwarves will shout
The hobbits they will all pass out
AND WE'LL ALL FEEL GAY
WHEN NASTY COMES MARCHING HOME !


*orgie de hobbits*

OOoh ma Nast, c'est bon de te revoir ici ! Je suis tellement contente que tu aies accepté de venir poster ton saisissant début ! Merci beaucoup !

Puisque je t'ai déjà fait une review orale détaillée (ce qui, contrairement aux apparences, n'a rien de moralement répréhensible), je vais m'amuser... à reviewer les reviews !

Citation :
NON MAIS C'EST BEAUCOUP TROP COURT !
C'est quoi ce teaser ?!
*se jette héroïquement pour faire rempart de son corps*
Non mais alors là, j'assume l'entière responsabilité (sans pour autant en tirer les conséquences en me retirant définitivement de l'écriture...) *se rend compte que ses références seront probablement complètement périmées aux yeux d'Emma* Bref. Nasty, elle, avait des scrupules, et n'était pas partie pour poster ce début. C'est moi qui l'ai obligée, en pensant que vous préféreriez de plus petits bouts, plus fréquemment, pour des questions d'allégement de reviews et de répartition du plaisir, tout ça... Si vous considérez que j'ai eu tort, je vous invite à attendre deux mises à jour avant de lire Mr. Green.

Citation :
(Haaaaalf, est-ce pour cela que tu aimes bien le fanart avec Sherlock dans la Comté ?)
Ouiii ! Mais l'affaire ne va sans doute pas être aussi simple que vous le croyez... *Half mystère derrière son éventail en biscuit* (Pineeeeec j'ai mangé un citron givré de soir !!)

Citation :
Un douloureux serrement de gorge s'empare de moi à la lecture de ce prologue.
Ah, bien. Je ne fus donc pas la seule. N'est-ce pas qu'elle distille l'angst de façon magistrale, cette Nasty ?

Citation :
Un Sherlock sauvage va-t-il soudain apparaître?
*ricane en se frottant les mains telle la sorcière de Blanche-Neige/Louis de Funès en Avare*

Citation :
Ah ! Quel plaisir de lire un tel prologue après une éreintante journée !
…Tu sais que tu parles du collège, là ?
Mais c'est éreintant, le collège ! Tant de cons à gérer dans une journée ! Personnellement je t'admire beaucoup.
Peut-être que tout le monde ne refuse pas toute concession à la sociabilité collégienne, Half...
Eh bien, j'admire d'autant plus !

Citation :
(il est vrai que tout le monde est un peu prétentieux dans le Hobbit…)
Tout à fait ! C'est d'ailleurs une originalité que j'apprécie tout particulièrement, la petite mesquinerie récurrente des personnages I love you.

Citation :
Alors de voir (enfin, lire…) un Radagast
C'est qu'on s'y tromperait, n'est-ce pas ? Mr. Green

Citation :
si c’est un Bilock (je ne sais pas pourquoi, Kedra, mais j’aime beaucoup, on dirait une marque de montre… *fuit*)
*a pouffé de rire comme une dinde*

*contente que le début de Nasty, qui l'a elle-même beaucoup touchée, ait interpellé E.T.*

Bon, bonne nouvelle pour celles et ceux qui s'impatientent : la suite est écrite et Nastynou l'a lue (et approuvéééée, du moins globalement, elle me l'a dit dans son message (et c'est là que Half revêt son mode fanette, qui ne l'avantage pas du tout)). Il faut encore qu'on en cause convenablement, elle et moi, mais vous ne devriez pas tarder à la voir arriver. Et elle sera probablement plus longue de moitié, même si ça, c'est bad de ma part Hem .

_________________
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Nasty2.0
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Sam 23 Fév - 13:31

Misère, les gens, il m'a bien fallu trente secondes avant de retrouver le bouton "répondre". Shit C'est pathétique, j'ai honte... M'enfin, si Ratzinger peut twitter, il n'y a pas de raisons que les vieux réflexes ne reviennent pas !
*se sent investie d'une nouvelle mission, marche héroïque avec violoncelles à la clef*
Oui, bon, il ne s'agit que de tenter une réponse avec une fréquence supérieure à une fois par semaine.
*chute de la musique*
On dira que c'est le temps d'incubation du forum avant de se remettre à une activité délurée ?
Non ?
...
Bon, non. Je chercherai une autre raison un peu plus cohérente une prochaine fois.

Cette petite intro sans grand intérêt pour en arriver au coeur de la chose :
MERCIIII !!!
Comme ça fait plaisir de lire vos commentaires et votre accueil ! (... l'inverse serait plus chronologique...)
Je suis contente que vous ayez aimé ce Radagast, il faut organiser des comités de sauvegarde des personnages insuffisamment exploités ! (et j'ai déjà plein d'idées dans moults fandoms...)

Pinec, contente de te retrouver ! ^_^ Et je ne me sens plus en lisant que mes quelques mots ont eu l'effet escompté, ça fait bien plaisir ! *gonfle la poitrine* *...bon, gonfle le torse serait plus exact*
Pour te répondre quant au pseudo, certes la série était particulièrement mauvaise, mais l'acteur, dans mon souvenir, n'était pas désagréable à regarder.
*va vérifier*
Ah. Bon. Je devais être bien frustrée à l'époque, alors -_-'''
On mettra le nom uniquement sur le compte de nouvelles fonctionnalités Nastyennes, alors : le mode écriture n'existait pas (ou n'était pas si facilement accessible) avant. Comment ça, "pas convaincant" ?

Pour ce qui est de la longueur, mes chers compatriotes, je vous ai entendus et je vous ai compris ! Accusez Half, comme elle l'a très bien fait remarquer, j'avais des remords de ne vous offrir que cela. Mais ne vous inquiétez pas non plus, les facultés de la donzelle donneront quelque chose d'un peu plus long (z'allez voir, on va passer de la bouchée au cupcake, ça serait déjà un grand pas !) (bah quoi ? C'est l'heure du second petit-déjeuner...)

Citation :
(Aussi : je n'avais jamais remarqué à quel point Hagrid était inspiré de Radagast... )
Mmm... Pas si sûre. Etant donné la quasi-absence de Radagast dans l'oeuvre originale, je doute qu'il y ait vraiment un lien. Radagast et Hagrid reprennent en partie le topos de l'homme sauvage, mais de là à dire que l'un a inspiré l'autre, j'hésiterais à sauter le pas. Ceci dit, mes souvenirs littéraires sont trop flous pour argumenter plus avant (il faut vraiment que je me fasse rapporter du Tolkien, ma bibliothèque actuelle se sent nue et incomplète... Vous avez déjà entendu les lamentations d'une bibliothèque, vous ? C'est d'une tristesse infinie...) (et je ne parle pas des grincements quand on l'achève avec une bible scientifique de 3 kg. Slash à son âme)


kedralyn que je ne connaissais pas mais dont j'ai déjà entendu beaucoup de bien. Wink Je suis ravie que cela ait pu te tocucher ! *toute rose
Citation :
Un SherLOTR, tu dis?
Soyons honnête, ce n'est que par vanité d'avoir trouvé un nom à ce que nous pouvions tricoter que j'ai ressorti cette expression. Il va falloir encore un peu de temps avant de voir arriver notre Sherlock (mais pas sauvage) (quoique, Half, si à un moment il pouvait courir nu dans les bois...)
*se frotte les mains dans l'attente de tout pouvoir dérouler*
*rire sadique et suspens*

Emma aussi (oui, je suis tactile, faites gaffe), et toutes mes condoléances pour le collège...
Euh...
Un esprit éducatif n'emploierait peut-être pas ces termes.
...
Attends, je vais essayer d'être encourageante...
...
euh... courage, tu n'as jamais été aussi proche de la fin !
...
Ca marche pas non plus, hein ?

*toute fière d'offrir un point de vue "original"* Merci merci pour ta review !

Citation :
Je n’avais pas pensé au côté « être vivant » de Smaug.
Encore une fois, sauvegardons les pauvres oubliés ! Foule
Bon, ça c'est grâce à la clairvoyance de Half, rendons à César etc.

Citation :
J’attends la suite avec impatience ! (dit la fille qui n’écrit pas)
Rien n'est définitif et tout s'arrange, que cela soit au chantage affectif ou à coups de fouet, ou... mais je risque de vous donner de mauvaises idées... (stratégique, soyons stratégique)

Ma Half... Tu me fais trop rire ! Essayer de pallier ce blanc en répondant toi-même aux reviews, c'est encore une fois trop gentil ! Embarassed
Je peux avoir un éventail en biscuit moi aussi ? Voir un paravent ? Voir une forteresse pour éviter les jets de cailloux (du gave...) ? Comment ça, ça ne servirait à rien si je ronge la base ? Mais pourquoi la Garde de Nuit a droit à tout un mur en glace et pas moi ? ... Je m'égare, peut-être ? (finissons vite cette review de review avant qu'elle ne tourne à la compréhensibilité d'un Heidegger)

Citation :
N'est-ce pas qu'elle distille l'angst de façon magistrale, cette Nasty ?
C'est croooooooop gentil ^_^
(je me répète, peut-être ?)

Les gens, je vous promets de régler les derniers détails pour que vous ayez vite la suite : vous verrez, c'est du grand art :-)

Merci encore pour vos commentaires, vous ne pouvez savoir à quel point c'est réconfortant (je continue à avoir l'impression de me jeter dans une grande mer agitée et sans fond en laissant d'autres yeux que les miens lire mes pauvres mots... merci de faire les bouées de sauvetage ! ^_^)

(... bon, j'espère qu'il y a quelques lambeaux compréhensibles dans cette réponse... mais je n'en suis pas sûre... Le take-home-message étant quand même MERCIIII !!!)
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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Date de naissance : 28/08/1987
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Sam 23 Fév - 21:10

Après tenue de conseil avec ma chère Nasty, voici la suite !
Je crois que vous m'avez un peu influencée, les thilbotiennes... Rolling Eyes



Ainsi donc Smaug était tombé. Une telle immensité, abattue par un trait que lui, simple semi-homme de la Comté, avait guidé avant même d’en considérer tout à fait l’office. Il en voyait la trace saillir avec une obscénité grotesque du grand ventre tout caparaçonné de joyaux, comme le dragon était étendu de tout son long sur les décombres des habitations humaines. Tombé mais s’attardant encore dans le monde, comme le prouvait la houle douloureuse qui soulevait le lourd poitrail sous la flèche assassine. Vain entêtement, car le monstre à l’agonie se trouvait à présent encerclé par les peuples qu’il avait meurtris. Thorin, futur roi sous la Montagne, entendait anéantir l’infâme qui hantait désormais les chants des nains. Bard, encore ruisselant de l’eau du lac et une rageuse lueur dans l’œil, était résolu à sceller l’exploit pour lequel les hommes l’acclamaient déjà. Et Gandalf, en témoin grave, attendait que s’éteignît l’un des maux de ce monde, les pensées déjà tournées vers ceux de son ordre. Et Bilbo, le hobbit sans suite et sans titre, que dirait-il du sort de Smaug, de cette bête flamboyante qui n’avait répandu que désolation en ces lieux ? Le temps était encore suspendu par la fascination des vengeurs, comme remplis d’effroi incrédule à la vue de leur propre haut fait. Cet instant, Bilbo ne put le laisser s’échapper naturellement vers une conclusion funeste. Il considéra la créature formidable qui exhalait encore un souffle rauque, peinant à la poitrine, et s’avança sans se risquer à évaluer les tenants et les aboutissants d’une telle intrusion. Malgré un pas intimidé et une terrible impression de malséance, Maître Baggins, guidé par une résolution brûlante, trouva en lui suffisamment de hardiesse pour faire face à l’assemblée et clamer d’une voix forte :
- Je suis le Cambrioleur ! Je suis celui qui trouva la clé pour défaire Smaug ! Je suis celui qui parla au dragon !
Un murmure plein d’étonnement respectueux parcourut les rangs des hommes.
- J’ai découvert un être doué de conscience et… et d’intelligence. Une intelligence trop bouffie de sa propre démesure, et sèche de tout autre chose. Voilà ce qui l’a perdu. Et voilà ce qui vous a perdus, vous, à qui Smaug a causé tant de malheur et de misère.
« A mort, le fléau ! » s’écria l’un des hommes de Bard. Dans l’assemblée, Gandalf fronça les sourcils, confus et inquiet. Bilbo, un peu fébrile, s’empressa de poursuivre.
- J’entends que ses dégâts et ses méfaits sont inqualifiables. Mais je vous prie de considérer son état à présent diminué et inoffensif, et de ne pas commettre la même erreur que lui. … Vous avez vaincu Smaug ! Ne vous complaisez pas à l’anéantir pour éprouver votre propre toute-puissance. Votre triomphe n’en sera que plus grand, aujourd’hui et dans les mémoires.
« Que dit-il ? » s’indigna un autre homme d’Esgaroth, incrédule.
- Oh, Bilbo… Non... intervint aussitôt Gandalf, calme et définitif, dans l’espoir d’escamoter un pénible esclandre.
Une grande agitation gagnait les rangs de Bard et de Thorin. Le semi-homme tourna vers le magicien un regard déconfit, mais encore empli d’attente.
- Vous avez un grand cœur, mon cher hobbit, sourit tristement Gandalf. Mais vous vous égarez. Les dragons sont des créatures de Morgoth. Ils sont intrinsèquement mauvais…
- Si sa nature même est mauvaise, comment punir celui-ci de mort ? Ne peut-on pas la réformer, à présent que le voilà déchu et presque réduit à néant ?
Bilbo vit ses anciens compagnons le considérer avec de grands yeux consternés. Il fut un instant ébranlé mais reprit vaillamment, en s’adressant au magicien :
- « Le vrai courage n’est pas d’ôter une vie, mais de savoir en épargner une ». N’est-ce pas vous qui m’avez enseigné cela, Gandalf, en me donnant une épée ?
Gandalf ferma les yeux, appuyé sur son bâton, semblant crouler sous le poids d’une terrible responsabilité. Lorsqu’il les rouvrit, ce fut pour s’avancer vers le hobbit et s’adresser à lui avec une profonde tristesse, non-feinte, mais entièrement dévolue à sa personne :
- Bilbo… la pauvre créature est en train de mourir.
Le cambrioleur se tourna alors vers le dragon. Son souffle était laborieux et du sang coulait en lentes rigoles entre ses écailles mais, au fond de son œil doré, on ne discernait rien d’autre qu’une attente indifférente qui n’était ni héroïque ni animale. A cette vue, Bilbo sentit son cœur se serrer. Gandalf posa sur son épaule une main tutélaire et conclut avec douceur :
- Laissez-la…

Le hobbit fut tenté de lâcher prise et de se laisser emporter dans les robes grises du magicien, à l’abri de cette pénible agonie et de la mise à mort qui l’achèverait enfin. Il chercha une aide dans l’assemblée, n’en trouva aucune, mais ses yeux rencontrèrent ceux de Thorin et il s’échappa du surplomb apaisant de Gandalf pour courir à lui.
- Thorin ! Fils de Thrain… L’ennemi est terrassé, vous allez retrouver le royaume qui vous revient… Je vous en prie, ne montez pas sur le trône en foulant au pied une vie aussi formidable !
Thorin le saisit alors par les pans de son gilet, modérant sa brusquerie, mais espérant sans doute lui remettre les idées en place.
- Bilbo, avez-vous perdu l’esprit ? Je devrais épargner cette bête abominable ? Elle qui nous a dépossédés, exilés, massacrés comme autant d’insectes contrariants ? Avez-vous vu les armures de nos guerriers fondre sur leurs corps ? Les robes de nos femmes en flammes ? La chair de nos enfants rôtie vivante ?
A ce récit, le hobbit blêmit soudainement. Il répondit pourtant avec fièvre :
- Il fut sans pitié ! Ne le soyez pas. Mon Prince, je vous ai sauvé la vie une fois. Laissez-moi la vie de Smaug.
A ces mots, le regard sombre de Thorin se brisa, et il sembla supplier à son tour.
- Ma dette envers vous est immense, maître hobbit. Mais ne la faites pas payer à mon peuple. Demandez-moi n’importe quoi ! … Mais cette vie-là, il n’est pas en mon pouvoir de vous l’offrir.
Bilbo avertit alors Thorin, sur un ton qui indiquait qu’il était tout à fait étranger à ces usages :
- Mon Prince, je suis à vos genoux.
Et le semi-homme, déjà si petit face à cette muraille de guerriers, s’agenouilla devant Thorin Ecu-de-Chêne.
- Non, Bilbo, ne faites pas cela, protesta le prince-nain avec effroi.

Une voix cinglante interrompit ce plaidoyer.
- Assez ! Finissons-en !
Puis un grondement douloureux vibra dans l’air et jusqu’au fond de la poitrine de Bilbo : Bard venait d’extraire la flèche du fragment de chair tendre visible sur le poitrail de Smaug. Le sang jaillit de l’orifice à gros bouillons.
- ARRETEZ ! s’écria le hobbit en voyant l’homme dégainer son épée longue.
Il bondit sur ses pieds et courut se jeter sur la plaie, comme pour la panser de son propre corps, sentant le sang chaud couler à flots contre son ventre.
- Cessez ce caprice grotesque, semi-homme ! fulmina Bard en l’empoignant brutalement pour l’arracher à l’interstice vulnérable et le caler sur son épaule comme un vulgaire enfant turbulent.
Le hobbit poussa un cri d’alarme, humilié et désespéré en cet ultime instant.
- Bard, mon ami ! appela Gandalf, dévasté par la tournure que prenaient les évènements.
Mais ce ne fut pas lui qui saisit le bras de l’homme pour lui intimer :
- Lâchez le hobbit… Et laissez-moi le dragon.

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EmmaTook
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Dim 3 Mar - 19:41

Nasty2.0 a écrit:
Emma aussi (oui, je suis tactile, faites gaffe), et toutes mes condoléances pour le collège...
Euh...
Un esprit éducatif n'emploierait peut-être pas ces termes.
...
Attends, je vais essayer d'être encourageante...
...
euh... courage, tu n'as jamais été aussi proche de la fin !
...
Ca marche pas non plus, hein ?

*toute fière d'offrir un point de vue "original"* Merci merci pour ta review !

Le collège est un chemin qu'il nous faut tous prendre. C'était ma minute Gandalf du jour.
La fin ?! Oui, je la touche du bout des doigts et je suis ravie que ça se termine. Les gens de ma contrée ne sont certes pas très ouverts d'esprit, mais je ne suis toutefois pas insociable (no, I'm not a sociopath !) et je les apprécie tout de même... Enfin, sauf quand leur seconde personne raciste et homophobe fait surface. Brrrr. Mais, merci pour tes encouragements ! Mr. Green

La Halfeline a écrit:
Je crois que vous m'avez un peu influencée, les thilbotiennes... Rolling Eyes
C'est embêtant pour ta fic en cours mais... Héhéhé. Twisted Evil

Citation :
Gandalf ferma les yeux, appuyé sur son bâton, semblant crouler sous le poids d’une terrible responsabilité.
Ooooh. Je revois cette scène dans le SdA quand Frodon dit qu'il sera définitivement le Porteur de l'Anneau et qu'il le détruire en Mordor.
Bon, d'accord, c'est un commentaire inutile mais j'aime tellement cette scène que la lire me rend toute chose.
Trop émotive, dit-on, trop émotive...

Citation :
Thorin le saisit alors par les pans de son gilet, modérant sa brusquerie, mais espérant sans doute lui remettre les idées en place.
Là est l'influence des thilbotiennes ? La brusquerie modérée ? Dur, dur pour un nain. ^^

Citation :
- Il fut sans pitié ! Ne le soyez pas.
L'intelligence de ne pas faire ce que l'on aimerait pas que l'on nous fasse. Rolling Eyes Wink Quelle phrase compliquée. ><'

Citation :
Demandez-moi n’importe quoi !
Sa main ? *Fuit* *définitivement*

Citation :
Il bondit sur ses pieds et courut se jeter sur la plaie, comme pour la panser de son propre corps, sentant le sang chaud couler à flots contre son ventre.
C'est beau, touchant et désespérant à la fois. Bilbo désemparé face à l'immensité qui se dresse contre ses idées, qui tente le tout pour le tout en se transformant en un pansement ridicule. C'est héroïque. Petit coup de coeur pour ces quelques lignes. Embarassed Confused

Citation :
- Cessez ce caprice grotesque, semi-homme ! fulmina Bard en l’empoignant brutalement pour l’arracher à l’interstice vulnérable et le caler sur son épaule comme un vulgaire enfant turbulent.

Brrrr. D'où tu touches Bilbo ainsi, vile créature ?! *s'apprête à étrangler Bard à mains nues* *est retenue par les Lanterneuses*

Citation :
- Lâchez le hobbit… Et laissez-moi le dragon.

*bondit comme une petite fille excitée* C'est Thorïn, hein, hein, Half, hein que j'ai raison ? C'est Thorïn, c'est sûr ! Hé ! J'ai trouvé !
*se fait bâillonner*

En tout cas, c'est toujours un plaisir de vous lire. C'est extrêmement bien écrit, si bien que j'ai l'impression d'entendre les voix françaises des acteurs tergiverser. ^^ Et c'est agréable, ça donne vie au texte.
Ou bien, est-ce simplement un symptôme d'une certaine folie ? pale Mr.Red
Bonne chance pour la suite ! Que j'attends avec impatience, une fois encore (Non, Nasty, ne t'en fais pas, je n'utilise point les fouets).
E.T.
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Lun 11 Mar - 0:39

Citation :
Le collège est un chemin qu'il nous faut tous prendre. C'était ma minute Gandalf du jour.
Ah, s'il m'avait dit ça avec son petit air sentencieux de Gandalf à l'époque... ça m'aurait aidée à endurer sans me singulariser ! Bon... tant pis ! ^^'

Tu as réagi comme Nasty à la scène où je lui fais fermer les yeux. Wink Eh bien, je ne peux que me féliciter au contraire que vous ne le preniez pas comme une sorte de plagiat qui ne dit pas son nom, mais comme une référence assez émouvante. Je suis contente !

Citation :
La brusquerie modérée ? Dur, dur pour un nain. ^^
Eh oui, je sais, je le mets à rude épreuve, le chéri !

Citation :
Sa main ? *Fuit* *définitivement*

*a éclaté de rire en lisant, et pouffé un peu plus en imaginant la scène, et la gêne ambiante qui s'en serait suivie dans l'assemblée*

Merci pour ton coup de coeur ! I love you

Et, pour Bard, vas-y, moi je te retiens pas ! Mr. Green *va à son tour aménager des passerelles métafictionnelles spécialement pour E.T.*

Citation :
*bondit comme une petite fille excitée* C'est Thorïn, hein, hein, Half, hein que j'ai raison ? C'est Thorïn, c'est sûr ! Hé ! J'ai trouvé !
...
*lance un regard appuyé à Nasty*
Merci ! Enfin une lectrice qui répond correctement aux stimuli que je lui envoie par l'intermédiaire de mes suspenses totalement artificiels !
Nan parce que Nasty ne pensait pas au même, elle. ^^' Elle peut encore changer d'avis, d'ailleurs, puisque le destin des personnages est entre ses mains. Mais bon, en effet, dans mon esprit... c'était Thorin qui balançait ses attributs poilus de Prince-nain sur la table. Gare à toi, Bard !

Pour finir, je préfère récuser l'idée de ta folie éventuelle, ce qui me permet de m'attirer tous les mérites. Salut

Un grand grand merci pour ton commentaire. Ca m'a vraiment fait plaisir d'avoir ta réaction.
J'ai bien reçu ton MP et je reviendrai vers toi à ce sujet dans deux semaines, si ça ne t'ennuie pas trop.
Tu me diras d'ailleurs où en est la bêta-lecture de ton dernier chapitre à ce moment-là. S'il se trouve que personne d'autre n'a fait, je m'en chargerai en même temps.

Encore merci ! Bisou halfelin ! Smilifro

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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Dim 29 Déc - 20:29

Je prends la liberté de poster la suite, en vous précisant que nous la devons à Nasty.

J'aimerais tenter par la suite de publier régulièrement, une fois par mois si possible. En tout cas, je vous annonce d'ores et déjà que le chapitre suivant sera posté pour le 1er février. Wink 

En vous souhaitant une excellente lecture pour cette fin d'année !  



Par Nasty




Bard eut un sourire moqueur et se dégagea d'une bourrade, faisant chuter Bilbo sur le nain. Les deux roulèrent dans la fange rougie de sang qui embourbait les lieux de l'agonie. Le hobbit se retrouva un instant paralysé sous l'armure épaisse de l'aîné des Oakenshield. Son insignifiance le frappa. Lui, seulement protégé par une cape de coton léger, vestige de ses confortables habitudes de la Comté, seulement possesseur de ses faibles mots et quelques principes face au conflit armé qui sévissait sur les esprits et les corps. Comment croire, ou même souhaiter, que son avis puisse être suivi, lui qui ne répondait qu'à une impulsion inexplicable face à des enjeux écrits depuis des générations ? Et pourtant, alors qu'il croisait le regard du futur roi le surplombant, il devina, derrière la colère et l'incompréhension, un même doute. Sous l'armure, sous la future couronne, il retrouvait les questionnements de toute conscience face à une mise à mort calculée. Cela ne dura pas. Le nain roula sur le côté et effaça d'un grognement tout atermoiement.

- Ce dragon a décidé du destin de trois générations des miens. Il a changé notre avenir en nous soumettant à une servitude sans nom, dont vous, et vos sujets ont su profiter, Bard, fils de Girion. Renoncer à ce privilège vous est impensable, mais il est temps de supprimer ce reliquat...

- Croyez-vous être le seul à avoir subi la colère du dragon ? gronda Bard. Contrairement aux éclats rageurs précédents, la voix était sourde mais autrement plus menaçante, couvant une révolte dangereuse que seul le façonnage de toute une vie pouvait expliquer. Pensez-vous que votre seul tribut lui a suffi ? Après votre fuite, qui croyez-vous avoir laissé ? Nos chevaux, nos troupeaux, mon peuple a subi votre lâcheté. Vous avez failli face à lui, et vous voulez maintenant rattraper cet égarement ?

Thorin blêmit, les mains tremblantes de violence contenue. Le silence de la foule heurta Bilbo. Après les cris de terreur, de douleur et de haine, après le mélange des langues de la Terre du Milieu, l'attente était assourdissante. Tous les yeux tournés vers la carcasse merveilleuse se repaissaient du spectacle de trois peuples se disputant la décision fatale. Nains, hommes, elfes... Le hobbit leur jeta un œil, désemparé. Leur communion autour d'un choix mortel ne trouvait de reflet que dans leurs habituelles luttes internes, et seules les plaisanteries à l'encontre de chaque peuple pouvaient égaler par leur cruauté l'actuelle situation, le jeu d'un monstrueux haret arrachant un à un les membres d'un lézard pour le seul plaisir de la chasse. Plus que le sang qui continuait d'inonder lac et alentours, affaiblissant à chaque minute la créature dans son dos, ce tableau lui souleva le cœur.

- Mes ordres ont dominé cette bataille ! Mes décisions ont su décider du sort de la poignée des vôtres que je vois devant moi ! Faibles. Vous êtes faibles, fatigués, planqués, incapables de lutter seuls. C'est ma flèche qui a mis à terre la bête. Ma flèche qui l'a soumise en premier lieu, et a clos un combat que vous ne sachiez mener. Cette victoire est la mienne, Thorin, fils de Thrain. Elle le restera jusqu'à la plus grande des gloires.

L'épée fut brandit. Elle resplendit sous la lune. Les lumières argentées et céruléennes de la nuit la plus longue que Bilbo ait jamais connue se mêlèrent pour iriser un instant la carapace de joyaux du dragon. Celle-ci se soulevait de plus en plus doucement, irrégulièrement, au profit d'un dernier instinct qui ne tenait plus de la lutte consciente. Un papillon de nuit flotta jusqu'à la pointe effilée, s'y posa un instant.

- Honte sur les hommes ! hurla Bilbo, pris d'une inspiration soudaine. Gloire au roi sous la Montagne !

Les nains réagirent aussitôt, comme s'ils n'attendaient que l'oralité pour y souscrire. Un concert d'approbations suivit. Les armes étaient à nouveau dégagées de leur fourreaux. Le crissement caractéristique du combat à venir retentissait dans toute la plaine. Bard se figea. Thorin se redressa, prêt à montrer aux hommes-mêmes la valeur de son peuple.

- TAISEZ-VOUS !

Les mots de Gandalf résonnèrent dans toutes les oreilles, couvrant à la fois les bruits des armes et des insultes, mais aussi toutes les voix internes exhortant à la querelle, toutes les velléités et les

vénalités qui émergeaient des acquis de chacun contre le peuple en face. Sa silhouette sembla rayonner d'une lumière noire. Il n'étaient plus un mage en robe grise, il était une source et un puits sans fond de sagesse et d'autorité. Aveuglés, absorbés, soumis, ils le furent en quelques secondes, le temps du battement d'ailes du papillon, qui se posait à présent sur la paupière baissée du reptile.

- Pauvres fous ! et la voix du mage tonnait contre chacun. Pauvres créatures imbéciles ! Que croyez-vous faire ? Est-ce ainsi que vous gagnez une bataille ? En en recréant une nouvelle ? Est-ce ainsi que vous luttez contre l'ennemi extérieur? En vous affaiblissant vous-mêmes ?

- Bien parlé, Gandalf ! Je suis le seul capable de...

- Bard, votre avis, comme celui de tout autre, est superflu, coupa sèchement le magicien. Cette créature doit être supprimée, nous sommes tous d'accords sur ce point.

Bilbo émit un couinement. Il devait avoir honte pour les années à venir de cette dernière révolte, étouffée par la crainte dévote que l'Istari lui suggérait.

- Si le rôle du dernier bourreau vous tient tant à cœur, si la mise à mort vous excite tant, ne choisissez pas. Le temps seul ferait bien son œuvre, garantit Gandalf en indiquant d'un mouvement de bras les traînées poisseuses de vie qui atteignaient maintenant les pieds de tous les spectateurs, mais puisque l'impatience vous guide, Thorin, Bard, Thranduil, prenez chacun votre meilleur combattant. Il ne s'agira pas de vous. Aucune de vos royautés ne doit dépendre d'une exécution aussi sommaire. Que chaque représentant de votre peuple se place près de Smaug. Que chacun salisse son arme sur son corps, et nous jugerons alors de la mort tant attendu de cet être.

Un bruissement se répandit dans toute la foule. On approuvait, on refusait. Surtout, on attendait sa propre désignation pour avoir l'honneur de tuer. Les jambes de Bilbo cessèrent de le porter. Il s'écroula aux pieds de tous.




Une étendue d'eau noire, collante, absorbant presque tous les rayonnements de la Lune, ou les diffractant telles les huiles développées par les hommes. Deux êtres se faisant face, transpirant l'animosité à travers leurs plaques et leurs mailles souillées. Une masse uniforme, agitée de mouvement serpentant, et de murmures, elle aussi brillant d'une foule d'armures bosselées et de corps cassés. Entre les deux, une minuscule silhouette effondrée, tremblante, résignée et honteuse, tournée vers le centre de gravité de la scène, dont les éclats dorés n'étaient qu'une pauvre copie d'une époque révolue.

Vu de Meneldor, Radagast ne comprit pas. Il ne cherchait pas à le faire. Depuis longtemps, les agissements des esprits complexes lui échappaient. Lorsqu'il les comprenaient, ils le révoltaient par leur illogisme, leur inadéquation à une nature évidente. Mieux valait se tenir éloigné de tels fonctionnements pervers, autant que faire se pouvait. Il marmonna cette vérité aux pouillots. Ceux-ci ne semblèrent pas impressionnées par ce nouveau savoir, s'agitant simplement un peu plus dans son chapeau en espérant que la leçon de vie se solderait par quelques vers, ou quelques très jeunes reptiles qu'ils pourraient croquer à leur aise.

L'inspiration vint alors au mage. Il ne comprenait pas. Il ne vit que la survie du plus grand des êtres de l'ancien monde. Prenant une lente inspiration, oublieux de tout entourage, oublieux du vide sous ses pieds, il se concentra. Il oublia. Tout. Ne restait que la chaleur intérieure qu'il n'avait plus vécue depuis des années. Ses yeux se révulsèrent, ses mains s'accrochèrent à des prises élémentaires que lui seul pouvait sentir.

La tension explosa sous l'ombre géante de son aigle. Le monstre avait disparu.

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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Mer 29 Jan - 0:39

La Halfeline a écrit:
Bard eut un sourire moqueur et se dégagea d'une bourrade, faisant chuter Bilbo sur le nain. Les deux roulèrent dans la fange rougie de sang qui embourbait les lieux de l'agonie.

Ah non, Bard ! Pas encore !    *se jette sur Bilbo non sans pousser Thorïn* *se calme et revient à son clavier* C’est un Bard différent de celui que l’on nous présente dans le film, d’ailleurs le vôtre se rapproche beaucoup plus de celui du livre, il n’a pas l’étoffe du super-héros auquel tout le monde tourne le dos, et qui devra alors se débrouiller seul pour tuer le dragon. Et, votre Bard (si je puis me permettre de le nommer ainsi) m’agace autant qu’il m’intéresse. J’ai très envie de voir ce que va donner son évolution au cours de l’histoire, à moins qu’il ne soit présent que pour le début ? Pour le moment il a surtout l’air d’un antagoniste mais… que ne ferait-il pas pour son peuple ? Hm, le film m’embrouille il me semble !
Je voulais également m’arrêter sur les termes employés afin de décrire le sang dans lequel les personnages pataugent, parce que c’est ce qui rend cette scène d’autant plus touchante, ils baignent dans le sang de leur victime, du Fléau, ils baignent à la fois dans leurs problèmes passés, dans leur vengeance mais aussi dans leurs erreurs, comme tente de le faire comprendre Bilbo. Du moins c’est ainsi que je l’ai perçu et… ouf, ça fait beaucoup pour un début ^^.

Citation :
Son insignifiance le frappa

Ca fait froid dans le dos. On s’imagine facilement à la place de Bilbo, et je pense que beaucoup de personnes pourraient s’y identifier, frêle créature qui s’oppose à trois grandes races (ou plus encore ?) et à un destin si tragique, armé seulement de ses « faibles mots et quelques principes ». C’est tellement ridicule, et tellement désespérant que l’on a rapidement pitié de ce pauvre Bilbo. Je crois que c’est mon petit coup de cœur pour ce chapitre, la description de l’insignifiance des petites gens.

Les dialogues sont hum… époustouflants. Désolée, c’est un peu exagéré, mais je ne trouve pas d’autre mot. Ils collent parfaitement avec le contexte et, eh bien, le livre. Il n’y a pas de prise de liberté (libertés ?) à ce niveau là et ça fait du bien de pouvoir lire du vrai français de temps en temps (on me met à part de ce débat, je ne prétends absolument pas respecter le français lorsque j’invente des dialogues entre personnages de Terre du milieu). Je tire mon chapeau, donc, pour le réalisme et l’effet sonore que cela engendre (vous savez, au niveau des voix dans ma tête… cf dernière review^^).

J’aime beaucoup les quelques lignes sur le silence qui s’installe après le tumulte et les cris, et le fait qu’une nouvelle fois ce soit Bilbo qui le ressente. Les événements le surpassent, le contexte aussi, il sait ce qui est en jeu, mais doute des causes qui les ont conduits jusqu’ici. Et il est là, petite boule d’émotion, comme un agneau abandonné au milieu des loups.
… C’est moi ou je cite Smaug ?   

Citation :
La carcasse merveilleuse
Aaaah… oui… Qui aurait pu penser un jour qu’une carcasse pouvait être merveilleuse ? ^^ D’accord je cesse ce genre de commentaire inutile.
Enorme coup de cœur pour Bilbo qui s’époumone et fait réagir ces idiots de nains. Pardonnez-moi, mais je ne peux plus être objective maintenant que je vois Smaug sous un autre angle, alors je me range du côté de Bilbo…

Citation :
- TAISEZ-VOUS !
Quelqu’un peut me dire pourquoi j’ai eu l’image de Alain Finkielkraut qui s’énerve dans « Ce soir ou jamais » ?  What the fuck ?!? 

Citation :
- Bien parlé, Gandalf ! Je suis le seul capable de...
- Bard, votre avis, comme celui de tout autre, est superflu, coupa sèchement le magicien.
Oh ! Une Thorinade ! Non… Une Bardinade du coup ? J’adore ces petits moments où tout le monde est remis à sa place, où le héros descend de son piédestal alors qu’il se croyait incroyablement supérieur aux autres. C’est une situation qui me fera toujours sourire et je me doutais bien que je n’allais pas tarder à la retrouver dans une de vos fics, héhé  Laughing 

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, mais je reviendrai très bientôt pour terminer comme il se doit cette review, d’autant plus que je préfère prendre le temps de bien exprimer mon ressenti, et les paragraphes qui suivent son d’une telle intensité que je ne peux me permettre de ne pas en parler.
Tout cela pour dire que… J’adore toujours autant et à très bientôt pour la suite, donc !  Salut  cherry
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Mer 23 Avr - 23:05

Comme je le disais par MP à Emma : avant de poster la suite, je me permets de réagir à sa review, même si elle ne me concerne pas vraiment (ben quoi, on a bien le droit de fourrer son nez dans les affaires des autres, non ?).

Citation :
J’ai très envie de voir ce que va donner son évolution au cours de l’histoire, à moins qu’il ne soit présent que pour le début ?
Hmm, je crains que la seconde option ne s'avère la bonne. Pas trop déçue, j'espère !

Citation :
Hm, le film m’embrouille il me semble !
Puis-je saisir cette occasion pour rappeler à quel point j'ai trouvé le Bard du film peu convaincant ?
*se fait frapper par sa cuillère à tisane, maniée à l'autre bout du monde par Nasty et la seule force de son esprit*

Citation :
ils baignent à la fois dans leurs problèmes passés, dans leur vengeance mais aussi dans leurs erreurs
Comme c'est bien dit ! Laisse-moi me placer à tes côtés et approuver.

Citation :
Les dialogues sont hum… époustouflants.
*continue à opiner vigoureusement du bonnet*  

Citation :
vous savez, au niveau des voix dans ma tête…
Je me souviens. Et je fonctionne exactement de la même façon.
Half ?
Oui, mon Pippety-Pip ?
Peut-être pourrais-tu envisager de servir à autre chose dans ce post que citer Emma en approuvant...
Ben, je m'apprêtais à souligner à quel point il était de bon aloi de citer Smaug mais, si tu insistes...

Citation :
Qui aurait pu penser un jour qu’une carcasse pouvait être merveilleuse ?
Il fallait Nasty pour ça.  I love you 

Citation :
Quelqu’un peut me dire pourquoi j’ai eu l’image de Alain Finkielkraut qui s’énerve dans « Ce soir ou jamais » ?
*a honte de l'avouer, mais a littéralement éclaté de rire en lisant ça*
Alors, personnellement, je verrais la même chose en plus cinglant et surtout en plus maîtrisé. ^_______^
N'empêche que j'aurais probablement été tentée par la même réaction face à ce simplet illettré dont j'ai oublié le nom. Mais bon, de là à perdre effectivement ses nerfs pour si peu... Il aurait dû aller faire un stage chez feu ce cher Mitterrand : "Il faut être patient, avec les imbécieeeles !"
Ah la la, ce brave Finkiel et son sens du spectacle... Dans un Charlie d'il y a quelques semaines, ils avaient pondu une réplique-choc parodique dont il était censé être l'auteur (type exergue d'article) : "Alain Finkielkraut : 'La Terre tourne trop vite. Je vous préviens : je vais vomir.'" Je ne sais trop pourquoi, mais elle continue à me faire crisser d'amusement tant je trouve qu'elle fait mouche (encore une fois, tout est dans le réalisme de ce qu'on entend mentalement, je crois).

Citation :
Oh ! Une Thorinade ! Non… Une Bardinade du coup ?
Non non, une thorinade : c'est un modèle du genre, y a pas d'erreur (Sam, sors de ce corps !) (Tu vois, Pippouille, je conteste... je rectifie... oh, fuck it Maudit )

Et après ces commentaires indispensables, la suite ! (Et c'est pas la peine de m'imaginer en PPDA, Emma.)

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Dernière édition par La Halfeline le Jeu 24 Avr - 23:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Mer 23 Avr - 23:11

Un bruyant sursaut secoua la vaste assemblée. Chacun ouvrait de grands yeux incrédules et affolés, et même Gandalf s'en trouva interdit. Tous cherchaient désespérément la masse chatoyante qui miroitait là, sous la lune, quelques instants auparavant. L'air même semblait avoir avalé la gigantesque carcasse, en la gobant d'une bouchée subreptice. Que s'était-il passé ? Smaug n'était-il plus de ce monde ? L'avait-il quitté dans une déflagration immatérielle, propre aux monstres anciens ? Ainsi s'interrogeaient fébrilement hommes et nains, sans qu'aucun n'osât encore élever la voix. Les elfes, eux, étaient tout simplement confondus, accusant la violente décharge d'énergie qui venait de troubler l'air tout près d'eux. Le hobbit, affaissé à terre, acheva de baisser la tête.

C'est ainsi, en tombant sur le sol à la fois noirci et humide de la berge, que les yeux de Bilbo rencontrèrent une petite trace, une petite réplique, ou du moins fut-ce ce que son intuition lui souffla aussitôt. Un minuscule lézard brun gisait dans la saleté à moins d'un pas de lui, trahi tout juste par le battement frénétique de sa gorge. Le hobbit fit de son mieux pour dissimuler son agitation, et lorgna avec inquiétude les lourdes bottes qui l'entouraient, menaçant d'en finir avec Smaug par une absurde inadvertance. C'est alors que quelqu'un s'écria : « regardez, là-haut ! », et qu'une grande clameur s'ensuivit. Bilbo ne leva pas le nez, trop rompu qu'il était à l'art de profiter des occasions inespérées ; il s'avança à genoux, furtivement, jusqu'à refermer ses mains autour du reptile. Il sentit la vie palpiter faiblement au creux de ses paumes, lui le géant désormais. Le hobbit fut pourtant bien vite rappelé à sa petitesse, lorsqu'une envergure aussi vaste qu'une voile de navire le survola de tout près dans un bruissement de plumes. Un grand aigle, semblable à leurs sauveurs des Monts Brumeux, se posa à quelques mètres de là, sous les yeux ahuris des hommes qui reculèrent prudemment, ébranlés par les bourrasques que soulevaient les amples ailes.
- Radagast...! S'exclama Gandalf. Et dans sa voix couvait un effroi incertain, mêlé à l'étonnement.

Un homme couvert de hardes souillées était juché sur le majestueux volatile. La compagnie reconnut aisément le magicien saugrenu qui avait déjà croisé sa route auparavant, et l'avait sauvée des wargs en maraude près de Fondcombe. Radagast glissa à terre et se pressa sans ambages en direction de Bilbo. Les nains, quoique désemparés, s'inclinèrent sur son passage pour lui témoigner leur gratitude. Le mage, cependant, ne parut pas leur prêter attention, et sa seule révérence fut adressée au hobbit : lâchant son bâton, il se pencha sur lui avec fébrilité, prit ses mains dans les siennes, et lui murmura quelques mots qui semblaient empreints de sollicitude, avant de conclure par quelques gestes spasmodiques, secouant ses longues robes. Puis il reprit son appui, tourna les talons et repartit tout de go vers son imposante monture, au milieu de l'assistance figée dans son désarroi. Il se fût sans doute envolé sans plus de cérémonie si Gandalf n'avait pas pris l'initiative de l'arrêter en lui posant fermement la main sur l'épaule.
- Radagast ! Qu'avez-vous fait ?
Au ton pressant du Magicien Gris, le Brun répondit par un air affable, quoique affairé.
- Oh, Gandalf, vous voilà ! Je viens de mettre fin à une catastrophe. Suivez-moi, vous en saurez plus une fois à la maison.
Après l'avoir tiré par la manche, Radagast s'apprêta à rejoindre le grand aigle, quand Gandalf le retint à nouveau par ses nippes brunes et l'interrogea avec une terreur grandissante.
- Qu'en est-il de Smaug, mon ami ? Quel sort lui avez-vous réservé ?
Mais il était si agité qu'il était impossible de l'entraver plus longtemps sans user de la force.
- Gandalf, allons, je n'ai pas le temps de bavarder ! Je dois rentrer de toute urgence à Rhosgobel ! Pressez donc !
Radagast se hâta de sa démarche brinquebalante, et le Magicien Gris ne put que le poursuivre. Même Bard n'eut pas l'audace de barrer la route à celui qu'il devinait être un mage ancien. L'oiseau monumental se blottit à terre pour le laisser monter ; Gandalf, après un bref instant d'hésitation, eut tout juste le temps d'enfourcher l'aigle à sa suite avant que ce dernier ne prît son envol, pressé par les suppliques de son ami.

Les nains, les hommes et les elfes se considéraient à présent, si déconcertés qu'ils en oubliaient d'être méfiants. Après un long silence désemparé, cependant, les regards se tournèrent peu à peu vers le hobbit. Ce fut Thorin qui se résolut à le remettre sur pied et à lui demander avec feu :
- Que vous a-t-il dit ?!
« Je ne devrais pas mentir à un roi... songea Bilbo. Mais, après tout, Thorin n'est encore que l'héritier du trône, et sûrement pas couronné en bonne et due forme. »
- Radagast le Brun a occis Smaug ! annonça-t-il tout haut. Il l'a anéanti, afin que sa dépouille ne souille pas la Terre du Milieu. Et il s'est acquitté de cette tâche, afin d'en épargner la responsabilité à ses peuples. Il a tenu à me prodiguer quelque brève consolation, à moi qui croyais sa pérennité possible.
Il crut bon d'ajouter ces quelques mots afin d'expliquer l'intérêt tout particulier que lui avait porté le mage, alors que Radagast ne lui avait pas adressé la parole un seul instant... Tous restèrent muets en apprenant cette nouvelle, ne sachant s'il convenait de s'en réjouir ou de la déplorer amèrement. Bilbo scruta le visage du Prince-Nain, qui ne l'avait pas lâché ; il lui sembla que l'aigreur spontanée refluait, pour laisser place au soulagement. Finalement, Thorin le serra dans ses bras, pour compatir à sa peine autant que pour soutenir la joie définitive de la reconquête. Le hobbit s'en trouva quelque peu ennuyé, mais laissa le futur roi recouvrer une paix de l'esprit longtemps attendue, tout en souhaitant bon vent au dragon. Tout dépendait du Magicien Brun, à présent. Il pouvait rentrer chez lui.

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EmmaTook
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Mer 6 Aoû - 1:31

Je viens enfin terminer ce que j'avais commencé il y a maintenant quelques mois !

Citation :
Une masse uniforme, agitée de mouvement serpentant, et de murmures, elle aussi brillant d'une foule d'armures bosselées et de corps cassés. Entre les deux, une minuscule silhouette effondrée, tremblante, résignée et honteuse, tournée vers le centre de gravité de la scène, dont les éclats dorés n'étaient qu'une pauvre copie d'une époque révolue.
Je suis absolument fan de cette description !
...C'est possible, ça ?
On s'en fiche ! En lisant, ça m'a donné l'impression d'être une caméra, avec un point de vue totalement externe, qui descendrait du ciel et qui, au fur et à mesure qu'elle progresserait, découvrirait une scène pour le moins tendue. Et puis on s'arrête sur la frêle créature qu'est Bilbo, complètement... diminué ? En fait dans ce passage, Bilbo est le seul être à avoir encore un aspect vivant, puisque les autres sont décrits comme « une masse uniforme » et « le centre de gravité de la scène ». Et ça renforce son isolement, si j'ose dire. *prend sa pipe, sa fausse barbe et se balance sur son rocking-chair*
Arrête de te la péter parce que plus ça va, plus c'est laborieux pour toi d'écrire un phrase qui ait un minimum de sens.

J'aime beaucoup la vision des choses de Radagast, reculé, loin de tout et pourtant si concerné par les événements. Son esprit tellement pur comparé à celui des autres. Lui qui préfère la compagnie des animaux à celle des hommes (nains, elfes...), parce qu'eux aussi ils possèdent un esprit simple, et j'espère ne pas me tromper en disant que c'est cette idée qui est soulignée avec les oiseaux qui n'attendent qu'une chose : que leur estomac soit rempli. Peut-être que je suis à côté de la plaque, mais je tente d'écrire ce que je pense de ce chapitre et franchement, ce n'est pas du tout évident. J'ai dix mille idées à la seconde et je n'arrive pas à en retranscrire une seule, c'est consternant.

Citation :
La tension explosa sous l'ombre géante de son aigle. Le monstre avait disparu.

Et là je vois trop un Thorïn complètement perdu qui chouine à Balïn : « qu'est-ce qui nous a échappé ? »

Les chapitres ne sont, certes, pas très longs, mais je me régale à chacun d'entre eux. Ce sont de vrais perles (dans le bon sens du terme!), je trouve l'idée très originale (et Lilith (puis-je?) sait ô combien j'aime l'originalité), le décor planté est sublime, je n'ai pas besoin d'imaginer les sentiments, ils me viennent naturellement et c'est un véritable délice de vous lire.

La Halfeline a écrit:
Hmm, je crains que la seconde option ne s'avère la bonne. Pas trop déçue, j'espère !
Non, bien sûr que non! Je prends ce que vous me donnez! C'était simplement que Bard est un personnage qui m'intrigue, je n'ai pas réussi à le caser : héros ou anti-héros?

Citation :
Puis-je saisir cette occasion pour rappeler à quel point j'ai trouvé le Bard du film peu convaincant ?
Comme je le disais, je n'arrive pas à me faire d'opinion sur le personnage, peut-être parce qu'il s'éloigne de la version Tolkien, peut-être parce qu'il n'est apparu qu'à la "fin" du deuxième volet... Je ne sais pas, donc j'attends le troisième.

Citation :
N'empêche que j'aurais probablement été tentée par la même réaction face à ce simplet illettré dont j'ai oublié le nom.

Si ma mémoire ne me fait pas défaut (j'avais vu la scène rapidement au zapping), il s'adressait au scénariste Abdel Dafri, ou quelque chose comme ça?
Citation :
Mais bon, de là à perdre effectivement ses nerfs pour si peu... Il aurait dû aller faire un stage chez feu ce cher Mitterrand : "Il faut être patient, avec les imbécieeeles !"
C'est bien A. Finkielkraut que l'on surnomme "L'homme qui ne sait pas comment ne pas réagir"... J'avais lu ça quelque part.  Smile 

Citation :
Et après ces commentaires indispensables, la suite ! (Et c'est pas la peine de m'imaginer en PPDA, Emma.)

Bon d'accord...  Laughing 

Je n'ai pas tout à fait fini ma review pour le chapitre du 23 avril, et cette fois-ci je préfère la poster en entier plutôt que de m'étaler sur toute l'année et d'oublier des centaines de choses.
A bientôt!
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Lun 6 Avr - 21:31

Hello Hello ! Comme le disait Emma: n'ayons pas peur de rallumer la flamme de la Lanterne une fois de plus, en cette période où je recouvre le temps de vivre, où quelques retrouvailles slasheuses s'annoncent et où le printemps revient, bon sang !


Mais avant de vous coller la suite, quelques réactions au dernier commentaire d'Emma.

Citation :
Je suis absolument fan de cette description !
...C'est possible, ça ?
C'est en tout cas une émotion que je ressens fréquemment en lisant Nasty. I love you
*opine du bonnet aux différents éléments qui s'ensuivent*

Oui, c'est ce que nous trouvons intéressant avec le personnage de Radagast (et j'entends ici "Nasty et moi", je n'ai pas encore viré Gollum). Il est porteur d'une logique et d'une morale très élémentaire en fait. Il s'en dégage, de fait, un sentiment de pureté originelle ; et tout en même temps, nous avons tenté de ne pas occulter ce que cela peut comporter d'injustice ou d'inconséquence (notamment par la suite). En tout cas, pour ma part, je vois Radagast comme une autre conception du monde et donc comme une autre option morale, pas nécessairement supérieure à celle de ceux qu'on appelle les "peuples libres" mais plutôt alternative.

Citation :
Lilith (puis-je?)
Tu m'obligeras ! *couve Emma du regard avec attendrissement*

Citation :
je n'ai pas besoin d'imaginer les sentiments, ils me viennent naturellement et c'est un véritable délice de vous lire.
*ne découve pas* (C'est Pâques, après tout. dehors )

Citation :
Je ne sais pas, donc j'attends le troisième.
... Happy? Hem
Je devais être l'une des seules personnes du cinéma, au moment fatidique, à penser très fort : "Nooon ! SALAAAUD ! Loupe ! LOUPE !!!"

Citation :
Si ma mémoire ne me fait pas défaut (j'avais vu la scène rapidement au zapping), il s'adressait au scénariste Abdel Dafri, ou quelque chose comme ça?
C'est possible. Je ne sais pas qui c'est. En tout cas il était con.
Half: la précision, le recul, la rigueur.

*s'en va par petits bonds, toute contente à l'idée de poster un nouveau chapitre*

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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Lun 6 Avr - 21:34

Après ce raccrochage de wagons, l'histoire continue (si si...).


- Je ne puis accepter ce que vous avez l'audace d'envisager.
Gandalf avait parlé d'un air sombre. Arrivé dans la tanière de Radagast, à la vue du lézard mal-en-point, il avait vociféré, tempêté à travers le capharnaüm exigu qui l'entourait, chassant de son perchoir un oiseau de nuit courroucé dans un mouvement de robes... mais il avait fini par s'affaisser sur un petit banc rudimentaire, près de la table, résigné à prendre son mal en patience. A présent que le Magicien Brun était à nouveau en mesure de l'entendre, il ne se récriait plus. Radagast ne l'aurait pas compris.
- Pourquoi cela, Gandalf ? demanda le maître des lieux en lui servant un bol de thé. Ce n'est pas un arrangement idéal, certes, mais il aura le mérite de ne nuire à personne.
Le Mage Gris fixa longuement l'insignifiant reptile qui gisait sur un meuble tortu, gorgé de sortilèges de soin, un emplâtre de plantes et de cérat en haut du ventre. Puis il morigéna son égal, avec calme mais dureté.
- Cela devrait vous nuire à vous, Aiwendil, qui, tout comme moi, avez été envoyé pour chasser du monde la sombre souillure de Morgoth !
- Allons, mon ami ! Ce dragon n'est pas un résidu dégénéré d'Ungolianth s'employant à contaminer et étouffer les bois ! Cette créature ne suinte pas la corruption. Elle avait un éclat...
- Vos sens vous abusent. Dois-je vous rappeler que tout ce qui brille n'est pas d'or ? Quant à moi, c'est précisément afin de soustraire ce dragon à l'Ennemi que j'ai mis en œuvre cette quête de longue haleine ! protesta Gandalf, avant de se relever.
Radagast fut aussitôt sur pied à son tour, l'air quelque peu alarmé. En voyant l'autre Istar faire les cent pas dans sa petite maison, il reporta son attention sur le reptile, se laissa gagner par un sourire clément, puis demanda :
- Ne le lui avez-vous pas soustrait ?
Gandalf considéra à nouveau ce qu'il restait de Smaug le Doré, déterminé à s'interroger. Radagast reprit :
- Il ne recouvrera jamais sa forme draconienne. Vous le savez, Gandalf...
Le Gris acquiesça, presque grave, malgré lui.
- Mais qu'arrivera-t-il, s'il procrée ?
Cette question parut étonner Radagast, qui répondit sur le ton de l'évidence :
- Oh, il n'en fera rien ! Il ne tolérerait pas d'engendrer une progéniture plus puissante que lui.
Il avait raison ; Gandalf saisit toutefois l'occasion. Il savait fort bien qu'il eût été oiseux d'invoquer la morale – la morale des peuples libres – pour dissuader Radagast de soigner cette créature. En revanche, il tenait à lui opposer d'autres considérations, qu'il serait capable d'entendre. Il le rejoignit, et lui parla à voix basse :
- Quelle que soit son enveloppe, Smaug ne sera jamais une simple bête, avide et insouciante. Il demeurera par essence un dragon, descendant de Glaurung... Pardonnez-moi, ami, si je m'adresse à vous avec une franchise qui vous paraîtra cruelle : êtes-vous sûr de ne pas lui infliger un sort pire que la mort, en le faisant subsister de la sorte ?
Radagast se troubla, comme frappé par une idée foncièrement étrangère. Il demeura silencieux, hagard, les paupières agitées de tics inquiets. Au bout d'un long moment, il sembla se rasséréner peu à peu, jusqu'à tendre le bras vers son bol pour boire une gorgée de thé.
- Je préfère lui laisser une chance, Gandalf ! déclara-t-il. Je m'efforcerai d'éviter qu'il en soit ainsi. Et si je venais à échouer, eh bien, cette malheureuse créature pourrait au moins décider de son sort.
Gandalf vit que cette résolution avait pleinement gagné la conscience de Radagast, et il vit ce que cela lui coûtait. Il baissa la tête. Trop d'innocence se dressait décidément sur son chemin pour qu'il la dénigrât, et passât outre pour accomplir une volonté de principe.
- Ceci ne doit jamais arriver aux oreilles de quiconque, finit-il par murmurer.
Le Mage Brun tourna vers lui un visage revigoré, dont il happa le regard.
- Je me fie à vous, Radagast le Brun.
Sans plus tarder, il se dirigea vers la porte de la chaumière cabossée, mais s'arrêta tout de même pour lancer à Smaug :
- Vous allez survivre, sous la protection du meilleur des êtres. C'est à un hobbit que vous devez cette bonne fortune, et son nom est Bilbo Baggins. Guérissez maintenant, et embrassez une vie moins âpre, et plus simple.


Enfin, Maître Baggins avait regagné son cher Cul-de-Sac et Thorin Ecu-de-Chêne, après avoir essuyé une immense bataille aux portes d'Erebor, avait été couronné Roi Sous la Montagne. Tout rentrait dans l'ordre. Le voyage de retour en compagnie de Gandalf avait été jovial, mais Bilbo n'avait osé piper mot au sujet de Radagast et de la disparition de Smaug. Il ne saurait sans doute jamais tout à fait ce qu'il était advenu du dragon. Après avoir chassé Lobelia de son vaisselier, et constaté que son garde-manger ne s'était pas regarni tout seul en son absence, il était descendu au 3 chemin des Trous-du-Talus se faire dépanner de quelques denrées, afin d'offrir à Gandalf un modeste déjeuner. La famille Gamegie l'avait accueilli à grands cris éberlués et réjouis, et il avait promis de conter son aventure par le menu dès le lendemain. Il était rentré les bras chargés de saucisses, de pain blanc, de crème et de poires. Avant de le quitter, le Magicien reconnaissant lui avait confié :
- Vous pouvez être fier de vous, cher Bilbo. Voyez, en dépit de toutes vos réticences initiales, vous avez joué votre rôle à merveille, comme je m'y attendais... mieux, en vérité ! … si ce n'est tout à fait selon les termes que j'avais envisagés.
Il l'avait baigné de son regard gris-bleu, et Bilbo avait cru y comprendre mille choses. Le hobbit s'était légèrement rembruni, et avait souhaité bon voyage à Gandalf.

Il était seul à présent dans la paix de son foyer, avec pour seuls vestiges tangibles de son aventure un poney, qu'il mènerait un peu plus tard chez le palefrenier, et trois coffres emplis de richesses (ainsi qu'un anneau, toujours enfoui au creux de son gilet). Il les ouvrit à même le sol : l'argent fin d'Erebor, l'or des trolls, ancien et patiné, et celui, miellé et reluisant, dans lequel Smaug l'avait pourchassé. Il avait passé dans cet or sa dernière nuit sous la Montagne Solitaire, aux côtés de Thorin, qui veillait les restes incommensurables de son trésor, profondément mortifié d'avoir dû en abandonner une partie aux hommes et aux elfes. « Défiez-vous des grandes gens, Bilbo. Ce sont des profitants sans scrupule ! ». Il avait tenté, par sa bonne humeur et un sermon d'une loyauté sans faille, d'adoucir l'amertume du roi, et n'avait accepté qu'une maigre portion de la récompense convenue. Thorin s'était récrié que sa part du butin lui revenait légitimement, et que ceux de Durin n'avaient qu'une parole, mais le hobbit avait rétorqué qu'il n'aurait su qu'en faire. Le trésor qui s'étalait sous ses yeux paraissait déjà suffisamment absurde comme ça sur le carrelage de sa salle à manger. Après avoir caressé les pièces de métal, encore quelque peu incrédule, il referma les trois coffres, avec l'intention de les cacher en lieu sûr.

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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Ven 31 Juil - 0:06

Coucou tout le monde !

Oui, c'est bel et bien le retour de la petite E.T., qui devait reviewer Scandale à Hobbitbourg depuis... très, très longtemps. Donc me voilà ! J'avais commenté le chapitre précédent, mais suite à des problèmes informatiques, j'ai perdu ce que j'avais rédigé et beaucoup d'autres textes, c'est pourquoi je n'ai pas eu le courage de recommencer. J'en étais bien marrie, on va dire '^^ Mais en somme, je l'avais trouvé génial, et ce rebondissement m'avait réjouie au plus haut point ! Il va sans dire que, aussitôt la suite postée, je me suis ruée dessus, et c'est en effet quatre mois plus tard que je viens soumettre ma review ! Trêve de bavardage, plongeons en Terre du Milieu !

Ah au fait ! *voit toutes les personnes qui étaient prêtes à plonger se raviser maladroitement* Deux mots sur le film (c'est en lien avec SaH). J'ai déjà eu le loisir d'en discuter avec Half, à mon avis ce n'était pas le pire des trois, mais c'était tout de même une grande déception. Je n'ai pas pu retenir quelques "facepalm" et je voulais vous communiquer mon point de vue sur la mort de Smaug, parce que c'est le premier "détail" (vous allez comprendre pourquoi "détail"...) qui m'a fait tiquer.
Allez, c'est reparti pour un tour...
Bilbo!  bounce
Donc pour la mort de Smaug, il est évident que je ne m'attendais pas à une scène grandiose, avec violons, fausse pluie, cris et larmes. De toute façon, si mes souvenirs sont bons, dans le livre, la fin de Smaug n'était pas décrite en long en large et en travers, mais si PJ est capable d'accorder de l'importance à des choses/personnes qui n'en ont aucunement besoin, alors il aurait pu dramatiser un chouïa plus ? J'avais l'impression que les dialogues se cantonnaient à « Smaug est mort. -O.K. » Je ne sais pas, c'est quand même le monstre qui les a maintenu terrés dans leurs grottes/forêts durant des décennies...
Arrêtez-là immédiatement, je la sens qui s'emballe !
Bon, d'accord, peut-être que je chipote, et peut-être que votre version dans Scandale à Hobbitourg m'a tellement plue qu'elle a emporté avec elle quelques morceaux de ma raison...
Lèche-bottes.
Mais!  Shocked

(allez, plongeons (sérieusement) en Terre du Milieu!)

La Halfeline a écrit:
- Je ne puis accepter ce que vous avez l'audace d'envisager.
Gandalf avait parlé d'un air sombre.
Quelle entrée en matière ! C'est pour ça qu'on l'aime, Gandalf !  Gandalf

Mais quel est donc cet éclat dont parle Radagast ? Je suis bien curieuse hinhinhin (oui ceci est un rire, ne vous déplaise!)...


Gandalf a écrit:
- Vos sens vous abusent. Dois-je vous rappeler que tout ce qui brille n'est pas d'or ?
Oui mais tout ce qui n'est pas d'or n'est pas foncièrement mauvais...

 Ce que j'aime particulièrement dans cette fic, c'est qu'elle fait travailler notre jugement. Ce que je veux dire, c'est que l'on n'a pas cette morale imposée, la vérité vraie, la solution qui découle obligatoirement du bon sens. Dans un premier temps, tuer Smaug semble être ce qu'il y a de mieux à faire : le dragon cupide a causé un certain tort aux nains, hommes, elfes, a fait en sorte que le dénouement de leur quête soit semé d'embûches, il a détruit des villes et, par extension, des vies. Donc, la justice primaire (je peux l'appeler comme ça, vraiment?) voudrait que l'on tue le dragon, histoire de rééquilibrer la balance. Pourtant, plus votre histoire progresse, plus on se rend compte que ce fameux « bon sens » ne se trouve pas forcément là où on l'attend. Votre fic pousse à la réflexion dans le sens où l'on n'est pas obligé de s'arrêter à « smaug est méchant, il a tué et détruit et en plus il a volé l'argent des nains », et on peut pousser la chose jusqu'à se dire, « oui mais ces nains, ces hommes, ces elfes, étouffés dans leur vénalité et leur soif de vengeance, à quel moment acquièrent-ils le droit de vie et de mort sur le reptile ? » D'autant plus qu'il s'agit davantage d'une démonstration de puissance (allons voir qui a le plus de testostérone ici), le Smaug agonisant n'est plus le problème en soi, il devient un simple argument pour ranimer les conflits entre les races.
 Alors l'enjeu pour le moment (et surtout pour moi parce que je ne donne que mon impression, c'est très plausible que vous ayez écrit ceci sans jamais penser à ce que j'avance ; dans ce cas... me voilà bien embêtée) est de déterminer qui a raison, et pourquoi. Evidemment, je penche pour Radagast, parce que j'aime Smaug et Benedict Cumberbatch, mais lorsque j'étais plus jeune, et que ma lecture était vierge de toute influence, eh bien, je n'étais pas si désolée de la mort du dragon...
 Donc voilà, c'est un aspect qui m'intéresse vivement dans votre fic, et je trouve que ça se perd dans le domaine de la fanfic. La réflexion n'est plus au centre du tableau.

E.T., humaniste dans l'âme ! *aurait bien aimé faire une référence au visiteur du futur mais ne trouve pas*

J'aime beaucoup Radagast et sa façon de penser, jusqu'au petit doute qu'il a lorsque Gandalf lui demande s'il est sûr de ne pas infliger à Smaug un sort pire que la mort en le laissant vivre tel quel.

Radagast a écrit:
Et si je venais à échouer, eh bien, cette malheureuse créature pourrait au moins décider de son sort.
Oui, je partage cet avis ! Ce qui rejoint ma tirade (un peu emportée) du haut !

La Halfeline a écrit:
[...] et constaté que son garde-manger ne s'était pas regarni tout seul en son absence
Je reconnais bien là mon cher Hobbit ! *attrape Bilbo et lui colle une bise sur la joue*

En fait je ne sais quoi rajouter, continuer serait vain puisque je ne ferais que vous paraphraser. Ce chapitre est merveilleux, tout comme les précédents. Je confirme le fait que les trésors qui s'étalent sur le carrelage semblent bien absurdes dans la maison d'un Hobbit, et plus particulièrement dans la maison de Bilbo.
 Aussi est-il encore nécessaire de souligner le réalisme prenant de votre prose ? Prose qui parfois me fait songer à de la prose poétique tant les images sont belles, les formes enjolivées, même les paysages me paraissent réellement colorés... Je n'ai aucun effort d'imagination à fournir, tout m'est servi sur un plateau d'argent !
 J'attends impatiemment la suite : il me tarde de savoir ce qu'il est advenu de ce cher Smaug !

A bientôt j'espère !
E.T.
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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Mer 19 Aoû - 14:58

Emma !!

Suite à notre coup de grelot de l’autre jour, j’ai eu le plaisir de découvrir tes commentaires éclairées sur le film et la fic…
En même temps ce qui concernait votre histoire était essentiellement un éloge. Bonjour la modestie !
Rrrroh, Pip, ne soit pas de mauvaise foi : Emma est éclairée dans tout ce qu’elle fait !
Soit, soit… *finit les restes de la raclette d’hier soir*

J’adhère bien entendu à tes remarques sur le troisième opus du Hobbit, à ceci près qu’il s’agissait vraiment pour moi du plus grotesque. Il est vrai que le deuxième avait déjà de quoi crisper les mâchoires de toute honnête tolkieniste, mais disons que je trouvais qu’il tenait encore vaguement la route en termes d’aventure… En gros, tu enlevais tout le lamentable sentimentalisme et on s’y retrouvait… à peu près… Enfin, quand même, pourquoi tant d’omniprésence d’un Legolas catcheur ? Tu me diras, dans le troisième Legolas catcheur se digivolve en Legolas catcheur volant, alors… CQFD en termes d’aboutissement de la gradation grotesque. Oh, et puis zut ! Les deux derniers opus craignaient salement, voilà !

*long hululement narquois des Hobbits ayant entendu Half sortir son parler banlieue des années 90*

En tout cas, je suis bien d’accord en ce qui concerne la mort de Smaug. Quel anticlimax ! Quand tu mets ça en regard avec le pataquès GROTESQUE de la mort de Kili (oui, « grotesque » est le mot de ce film… j’ai cherché un synonyme pour éviter d’avoir l’air de radoter, mais n’en trouve pas qui égale en acuité l’effet qu’il m’a fait)… On croit rêver ! Tiens, allez, pour la peine : voilà comment tout cela aurait dû se terminer (mais... vraiment. J'adhère à 100% du message, du début à la fin ^^)

How it should have ended

Passons à une œuvre autrement plus sérieuse, à n’en pas douter.
Oui, enfin… Il faut voir ce qu’il se passe par la suite…
Taisez-vous, Elkabach !
Ooooh, Georges Marchais ! Vous, sur la Lanterne ?
J’pense bien ! Y faut bien qu’je voâe à quoâ les trovâilleuses occupent leurr temps libre !
En tout cas, vos rebuffades rhétoriques expéditives me semblent fort utiles. Installez-vous donc, prenez un café ! *réconforte un Pippin boudeur en sortant une part de tarte aux pommes de derrière son oreille pointue*

Je suis très contente que notre fic suscite en toi ces réflexions – et « contente » au sens non galvaudé de pleine satisfaction. En tant qu’auteurs, il est d’autant plus intéressant pour nous de soulever ces problèmes moraux qu’il ne s’agit pas d’une remise en cause un peu facile et bon sentiment de la « justice primaire », comme tu l’appelles. La donne est un peu plus subtile, je crois, pour Nasty mais, pour ma part, je serais justement plutôt partisane de cette loi du Talion, de la rétribution plutôt que la clémence – je sais, ce n’est ni noble ni populaire, mais j’ai une morale plutôt féroce, à la mesure d’un instinct de défense de ceux qui subissent des torts… Mais je n’ai de cesse de me poser des questions telles que celles que tu as soulevées en évoquant l’histoire : est-ce mérité ? est-ce nécessaire, voire seulement utile ? est-ce adéquat ?...
L’un des cœurs du problème est d’après moi la question du déterminisme ou du libre-arbitre : choisissons-nous ou ne sommes-nous que le fruit de notre histoire (de notre nature, dans le cas du dragon…). Au stade de ma réflexion, j’en suis rendue à l’idée que nous avons indéniablement une marge de décision, mais qu’elle est sans doute différente d’un individu à l’autre, en fonction des leviers d’appropriation de soi qu’il aura rencontrés au cours de sa vie (ceux-ci pouvant prendre la forme de personnes, d’enseignements, d’occasions…). L’idée d’une égale responsabilité s’en trouve donc considérablement fragilisée.

Quoi qu’il en soit, il faut bien vivre en société et, de façon froidement pragmatique, je ne vois guère de meilleure conclusion pour la majorité des êtres que celle de Spinoza, qui veut qu’on étrangle les chiens enragés et les serpents venimeux (les deux exemples étant particulièrement parlants pour ce qui nous occupe, puisqu’il s’agit dans un cas d’une dangerosité acquise et dans l’autre d’une dangerosité innée – naturelle). Plus qu’une véritable appétence pour la rétribution, c’est en réalité un souci de mettre hors d’état de nuire qui m’anime. L’utilité de l’anéantissement d’un être réduit à cet état est donc elle aussi douteuse à mes yeux.

Vient ensuite la question de l’acceptabilité de cette réduction. Quel sort devient pire que la mort et à partir de quand occasionne-t-on davantage de négativité en mettant un nuisible hors d’état de nuire ? La réponse, bien entendu, varie d’un être à l’autre sans doute encore davantage que la marge de responsabilité. Elle ne saurait sans doute être située objectivement par qui que ce soit.

Bref, tous ces épanchements ronflants pour te confirmer que cette situation initiale est l’objet de tous les questionnements que tu évoques, et également pour te préciser qu’il ne s’agit pas d’un plaidoyer hébété contre la peine de mort. Le bien-fondé des velléités meurtrières des peuples libres peut être interrogé, mais il ne s’agit pas non plus de prêcher la miséricorde, qui tient pour moi d’une excentricité de la morale et d’une distorsion de la pensée logique.

Ce qui m’amène à indiquer que, d’après moi, l’enjeu est moins de déterminer qui a raison que de comprendre les rouages qui animent les différents partis. L’intérêt, cependant, peut être de nourrir une réflexion destinée à se positionner, ne serait-ce que temporairement, dans le débat.

Je n’ai d’ailleurs pas évoqué ici l’exception et la splendeur de Smaug, qui sont des considérations plutôt d’ordre poétiques (ou seulement « patrimoniale » si l’on entend avant tout « exception » au sens de rareté) et qui, à ce titre, n’entrent pas en compte dans mes propres interrogations morales. Il en va néanmoins différemment de certains personnages de l’histoire, évidemment.

… Et ceci m’offre une transition en or et absolument insoupçonnée pour te remercier sincèrement de tes compliments sur la poésie de notre prose. Nasty est une passionnée de couleurs, y compris dans la vie de tous les jours. Pas étonnant que cet aspect transpire dans ses écrits.
… Eh ben ! Câ, c’était du discours, ou j’m’y connais pâs ! On va pouvoâr t’envoyer harranguer dans les usines pour le pârti, câmârode !
Certes mais, avec tout ça, il ne faudrait pas oublier d’envoyer la suite ! Tu sais qu’Emma est avant tout là pour ça, n’est-ce pas ?
Tu as raison, mon Pipouille, j’envoie de ce pas !

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MessageSujet: Re: Un scandale à Hobbitebourg   Mer 19 Aoû - 14:59

Je commence, Nasty poursuit... Wink


Le cadavre désarticulé d'une libellule atterrit sous le nez de Smaug. Un sympètre rouge sang, l'abdomen renversé sur la tête et les ailes déchirées, mort moins de dix minutes plus tôt. Smaug, quant à lui, choisit de rester immobile, comme il le faisait depuis des jours, depuis que, passée son inertie impuissante de convalescent, l'Istar avait cessé de le reléguer dans les recoins en tentant de le saisir pour lui biberonner sa subsistance. Un museau effilé et velu poussa vers lui les restes de ce fragile assemblage vivant, jusqu'à ce que les yeux énormes ne butent contre sa gueule.
« … A tout le moins, tenez cette bête absurde éloignée de moi. Pourquoi ne m'a-t-elle pas déjà mangé, au lieu de m'apporter ma pitance ? »
Radagast, occupé à rajuster l'atèle d'une effraie, leva les yeux vers l'étagère où gisait le lézard et sourit. Il avait sursauté la première fois qu'il l'avait entendu : sa voix ronflante et caverneuse s'élevait de nulle part et couvrait impérieusement dans son esprit les murmures des rongeurs et les pépiements des passereaux. Il l'oyait toujours avec gratitude, cependant.
« Peut-être Sebastian veut-il vous engraisser d'abord ! »
Le hérisson recula de quelques pas patauds, propres à son espèce, avant de rejoindre ses congénères sur un amas d'étoffes à la propreté douteuse. Radagast reprit, d'abord plus sérieux puis préoccupé :
« Vous ne craignez rien ici : c'est un lieu sûr pour tout le monde. J'aimerais vraiment que vous mangiez quelque chose, cependant. Vous ne pourrez pas ainsi rester à jeun aussi longtemps qu'autrefois.
- Et je m'en réjouis dans mon malheur.
- Ne dîtes pas cela ! protesta Radagast sur un ton presque plaintif. Vous devez vivre. Je partagerai vos récits, votre compagnie, et je vous ferai voir la terre à nouveau ! Nous irons survoler le Rhovanion, si cela vous plaît ! »
Le reptile gronda lentement, empli d'une révolte amère qu'on devinait essentiellement consumée et pourtant inextinguible :
« Je n'ai pas le goût de vos simulacres, magicien. Un rampant rampe, et c'est assez. Ramper... pouce à pouce... sans rien convoiter ni saisir ; sans amasser, sans déjouer, sans veiller, sans inspiration d'aucune sorte : telle est la vie que vous m'avez choisie. Et dans chacune de ces minuscules écailles molles est inscrite cette injonction : « rampe » ! Mes plus fourbes ennemis ne se voyaient pas arracher tout vifs bras et jambes. Que ne m'avez-vous laissé périr Smaug, vous et ce misérable voleur ? Je la refuse, votre vie de petites pensées et de petits œuvres trompée parfois par des souvenirs et des succédanés ! Achevez cette humiliation et laissez vos bêtes me gober ou me mettre en charpie. »
Radagast se tut, glacé et abattu. Pour la première fois, il envisagea d'accéder aux doléances de Smaug, avant de s’effrayer de cette pensée. Il se leva, la chouette au poing, pour la reconduire à son perchoir habituel. Cette nuit, elle pourrait peut-être prendre son envol.


Il fallut à Bilbo près de trois semaines pour reconstituer un garde-manger digne de ce nom. Bien sûr il faudrait attendre la saison prochaine pour la pâte de coing et la gelée de framboise, mais Maître Baggins s'estima satisfait, après avoir fait rouler une meule de fromage de vache aux côtés de ses grandes sœurs plus affinées dans le fond du cellier. En voyant la petite porte qui conduisait au réduit où il rangeait sels, bocaux et ustensiles, il ne put résister à l'envie d'y entrer et, refermant soigneusement derrière lui, de tâtonner du bout du pied, presque gêné, jusqu'à soulever la lame de parquet branlante qui lui donnerait accès à sa cachette. Il aimait revoir ce trésor de temps en temps pour mieux apprécier sa sécurité d'alors... et aussi, peut-être, un peu par nostalgie – l'anneau, lui, était attaché à des émotions plus froides, souvenirs de son égarement solitaire et anxieux dans le repaire humide de Gollum. Étonné de ne rien percevoir sous la première latte, Bilbo en retira une seconde, puis une troisième... sans plus de succès. De plus en plus alarmé, il se précipita pour craquer une allumette et passa la tête toute entière sous le plancher. Son trésor avait disparu !


Il resta interdit quelques secondes puis se jeta hors du réduit. Courant le long du couloir, il rejoignit sa chambre, y fit voler les draps recouvrant ses deux plus petits coffres. L’or des trolls et l’argent, babioles qu’il gardait près de lui plus par fétichisme que par véritable goût, et qu’il inspecta d’un regard. Rien n’avait bougé… mais ce qu’il cherchait ne s’y était pas ajouté non plus. Virevoltant sur lui-même, il reprit le boyau de Cul-de-Sac, qui lui semblait s’allonger démesurément alors qu’il parcourait chacune des pièces, le ventre tordu d’une peur grandissante. Rien dans la première chambre d’amis. Rien dans la deuxième. Rien dans la bibliothèque, dans l’atelier, dans le salon, dans la cuisine ou la salle à manger. Rien dans les trois penderies, même caché derrière ses monceaux de chandails, gilets et chausses. Ses jambes commencèrent à trembler quand il atteignit l'étude, étouffé pour la première fois par le goulet que formait sa maison.

Il sortit chacun des tiroirs du bureau, vida les feuilles dans toute la pièce pour atteindre leurs compartiments cachés. Rien. Il jura. Rien, rien, RIEN ! Soudain, ses pieds firent défaut au calme séculaire des hobbits et il s’écroula sur le parquet. Plus rien ! Et si… ? Il vacilla le long d’un gouffre infini, plus glacé que toutes les tombes. Ce nouveau doute lui redonna les forces qui venaient de lui manquer et il fila à son chevet, qu’il évacua avec violence. Un éclat doré jaillit et se nicha dans le tapis. Le soulagement coupa définitivement les jambes du hobbit. Il se laissa tomber à côté de l’anneau, le prenant en main avec la même avidité qu’une première bouffée d’air. La tête lui tournait.

Ses esprits lui revinrent avec sa respiration. Il tenta de se raisonner. Tout n’était que babioles, tout n’était que pièces sonnantes ou bijoux chatoyants qu’il aurait tôt fait d’oublier ou de remplacer de ses rentes. Tout ? Les souvenirs affluaient, tous porteurs de la même image. Son armure ! Il sentit le mithril couler dans ses mains quand il l’avait prise pour la première fois, sensation fugace et fraîche comme une cascade fortuite en plein été, cette même sensation glissant sur sa poitrine et ses hanches quand Thorin la lui avait mise… et il revit son regard, attentif, écrasé de paroles muettes, d’encouragement et d’affection. Cette armure, il l’enfilait alors avec sa bénédiction. Avec sa disparition, il lui semblait perdre jusqu’à la réalité de ce moment.

Alors, pour la première fois depuis qu’il était rentré, pour la première fois depuis des mois, Bilbo se laissa aller à la perte et à sa commémoration, endeuillant des murs qui n’avaient que rarement vu cette scène. Pour la première fois à Cul-de-Sac, il pleura.



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