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 Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)

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EmmaTook
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MessageSujet: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Mer 6 Fév - 20:03

Voici un second Thilbo découpé en plusieurs autres parties. Pour cette première, je me suis appuyée sur le film. Merci à La Half pour ses corrections ainsi que ses précieux conseils.
J'espère que vous apprécierez !
(Certaines répliques ne sont absolument pas de moi, elles viennent du film).


Pas à pas
Partie I : "Je suis un Baggins... De Bag-End".

Bilbo se cramponnait à l’arbre. Il sentait ses bras faiblir et si par malheur il lâchait prise, ce ne serait pas un sol bien fertile qui l’attendrait, mais la bouche béante d’un gouffre sans fond. L’instant d’après, il oublia sa fâcheuse posture et reporta son regard sur Thorïn.

Ce dernier avançait sur le tronc renversé, le visage pâle mais le pas assuré. Les flammes semblaient éclairer son chemin. Bilbo ouvrit de grands yeux ahuris : Thorïn venait de tirer son épée et la pointait droit devant lui, c’est-à-dire, vers Azog. La gorge du Hobbit se serra. Il avait l’impression qu’un étau de fer cherchait à l’étouffer tout en l’empêchant de crier. Le nain accéléra l’allure. Il ne cillait pas. Son courage et sa prétention s’étaient-ils liés afin de le rendre imprudent ?
Le premier coup porté le désarma. Comme la toute première fois, il ne pouvait compter que sur son écu de chêne pour se défendre. L’orque pâle revint à la charge et abattit son arme sur le nain, qui s’écroula sous le choc. Thorïn tentait vainement de récupérer son épée non loin de lui.

Le warg s’élança.
Un éclat de rire.
Un corps qui tombe.

Lorsque Bilbo rouvrit les yeux, il manqua de lâcher sa branche. Thorïn gisait sur un rocher, à quelques pas du démon blanc qui, victorieux, s’adressait à ses alliés dans son langage grossier. Le Hobbit ne comprenait nullement ce qu’ils disaient mais il était assez fin pour deviner les atrocités que pourrait planifier un orque. Les pupilles des ennemis reflétaient la lumière chatoyante des flammes, faisant danser une sorte de folie meurtrière au fin fond de leurs iris. Oui, ils allaient en finir. Cependant, une force soudaine circula dans les veines de Bilbo, animant tous ses sens, détendant ses pauvres muscles. C’était bien trop simple !

Mourir sans gloire n’était pas digne d’un Roi ! Thorïn ne le méritait pas ! C’était debout qu’il devait succomber et non en rampant comme de la vermine ! Le Baggins se hissa lentement et dut s’y reprendre à deux fois pour réussir à se stabiliser. Finalement, il avança en équilibre sur la branche, dégaina son épée scintillante et, dans un dernier élan de rage, se rua vers ses ennemis.
Un autre Bilbo était en lui, peut-être ce côté Took qui ressortait ? Ou bien autre chose de plus complexe encore ? Il courut donc, malgré la petitesse de ses jambes puis se jeta sur le warg blanc. Il n’avait pas assez de force pour le faire tomber, tout juste pour l’éloigner de Thorïn. Il se remit vite sur pieds et s’interposa entre lui et ses adversaires.

Son cœur battait extrêmement fort. Derrière lui était étendu le corps d’un Roi, certes, mais pas seulement…
Bilbo croisa le regard haineux de l’orque. Il le vit sourire et une sueur froide dévala son dos, le long de son échine.
Bilbo ferma les yeux, donna quelques coups d’épée au hasard et ne se fia qu’à son instinct. Ce choix le perdit puisque, la seconde suivante, Azog l’avait expédié à une dizaine de mètres et il était retombé tel une poupée de chiffon. Le Hobbit sentait le monde tourner autour de lui mais, voyant qu’Azog revenait vers Thorïn, il oublia sa propre santé et chargea une nouvelle fois.
Un cri strident résonna le long des falaises avant qu’un aigle majestueux n’apparût brusquement, suivi par d’autres.

Il glatit à nouveau et Bilbo tressaillit.

Les orques étaient devenus livides, si cela était encore possible. L’aigle qui paraissait être le chef s’empara de quelques-uns et les jeta sans cérémonie dans le vide. Ce fut comme un signal et les autres aigles firent de même. Ils balançaient les orques avant de partir chercher les nains apeurés. Mais ceux-ci ne se souciaient guère de leur moyen de transport, ils n’avaient d’yeux que pour Thorïn, agonisant dans les serres d’un aigle.

C’était effroyable. La poussière volait en tous sens, les aigles et les orques hurlaient. Bilbo ne voyait plus rien. Il toussait et crachotait. C’est alors qu’il aperçut un aigle se rapprocher de lui à la vitesse de l’éclair.

-Non…, geignit-il en reculant. Non ! NON !

L’oiseau se saisit de lui et le jeta à son tour. Le Hobbit crut un instant que c’en était fini de lui quand il sentit la douceur des plumes sous ses mains. Il soupira, soulagé. Toutefois, sa quiétude fut de courte durée. Bilbo releva la tête.
Les nains appelaient leur Seigneur sans réponse en retour. C’était impossible… Il ne pouvait pas… Il avait un trône à reprendre ! Une boule amère s’était immiscée dans sa gorge. Il s’en voulait de ne pas avoir réagi plus tôt… Les aigles se posèrent délicatement sur un pic rocheux, abandonnant là leurs passagers, puis repartirent vers l’Ouest. Les nains s’étaient hâtés autour de Thorïn. Voir Gandalf aussi inquiet n’arrangeait rien au mal-être de Bilbo, resté en retrait. Il se sentait coupable. Il scrutait l’horizon sans même le voir. Des larmes glacées retenues prisonnières brouillaient sa vue. Il cligna plusieurs fois des yeux afin de les chasser.

-Seigneur Thorïn ! S’exclama un nain.

Bilbo sursauta. Une mêlée de cheveux hirsutes peinait à se relever. Le Hobbit souriait béatement, en même temps que grimpait en lui une vague de chaleur pour le moins agréable. Les yeux couleur du ciel de Thorïn s’étaient posés sur lui et un mélange de sentiments s’agitait en dedans. Bilbo ne put toutefois dire de quoi il s’agissait avec exactitude.

-Votre réaction a peut-être été courageuse, Monsieur Bilbo Baggins. Mais totalement démesurée !

Les mots sifflèrent et claquèrent comme un fouet, jetant de ce fait un silence tendu sur les treize autres compagnons. Bilbo sentit à nouveau l'étau l'étouffer et il dût se concentrer pour ne pas se laisser aller.

-Vous auriez pu y laisser la vie !

Les mains de Bilbo devinrent moites et tremblantes. Il serra les poings aussi fort qu’il le put.

-Après tout… N’avais-je pas dit que vous seriez un fardeau ? Les yeux du Hobbit s’écarquillèrent imperceptiblement. C’était donc ça. Le problème n’avait jamais vraiment été soulevé avec Thorïn lui-même. Bilbo surprit Gandalf en train de froncer les sourcils.

-Que vous ne pourriez pas survivre dans la nature ?

Cette fois, il baissa le regard, vaincu. Il n’était qu’un Hobbit de la Comté. Il le savait, il l’avait toujours su. Les Hobbits aiment leur petite vie tranquille et tout le monde le vit très bien. On ne change pas une équipe qui gagne. Bilbo devait l’accepter, se faire à l’idée qu’il n’était pas un nain, pas fait pour l’aventure.

-Que vous n’aviez pas votre place parmi nous ?

Les larmes fraîches s’amusaient à lui cacher la vue. En d’autres circonstances, il n’aurait pas réagi de la même manière. Non, si son interlocuteur avait été un autre, il aurait pris son sac et serait parti avec déjà des histoires à raconter. Cependant, ces mots, ces phrases cinglantes sortaient de la bouche de Thorïn, Roi sous la Montagne. Et Bilbo en était gravement affecté… Comment avait-il pu penser qu’une quelconque amitié aurait pu exister entre lui et le Seigneur Nain ? Il s’apprêtait à répondre qu’il le savait mais une voix l’interrompit. Elle était pleine de respect et d’émotion :

-Je ne me suis jamais autant trompé de toute ma vie.

En deux pas, Thorïn avait glissé ses bras autour de Bilbo et l’embarquait dans une étreinte puissante. Celui-ci mit du temps avant de réagir. Tout avait été vite… Beaucoup trop vite… Pourtant, il se rendit compte qu’il était bien, là où il était. Dans cette sécurité chaude et robuste.

___________________

Le seconde partie est inspirée du livre. Elle se déroulera lors des vadrouilles des nains et de Bilbo dans l'antre de Smaug. Cependant, rien de ce que j'ai raconté ne s'est véritablement passé. Ce sera différent de la partie ci-dessus. Merci d'avoir lu !
E.T.
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Jeu 7 Fév - 1:48

Aaaah, je suis contente que tu nous aies enfin posté ce début prometteur ! ;D

Tu nous as bien retranscrit la scène de l'attaque finale ! J'aime ta façon de mettre en mots ce reflet de flammes qui lui dans les yeux des orques.

Citation :
Un autre Bilbo était en lui, peut-être ce côté Took qui ressortait ? Ou bien autre chose de plus complexe encore ? Il courut donc, malgré la petitesse de ses jambes puis se jeta sur le warg blanc.
J'adore ce passage ! Pour la référence au côté Took, pour la petitesse des jambes et la précipitation irréfléchie avec laquelle le hobbit se jette directement sur le warg pour l'arrêter.
On le sent à la fois si effrayé et si courageux, notre petit hobbit...

Citation :
et ne se fia qu’à son instinct. Ce choix le perdit puisque, la seconde suivante, Azog l’avait expédié à une dizaine de mètres
J'apprécie ce passage parce que le fait de se fier à son instinct a trop tendance à être automatiquement associé à du positif. Que ce soit dans les récits d'aventures ou dans les romances, on nous serine toujours qu'il faut se fier à son instinct ! Eh bien moi j'apprécie que quelqu'un nous montre que ça ne marche pas toujours. Wink

Citation :
Ils balançaient les orques avant de partir chercher les nains apeurés.
Ah, c'est beaucoup mieux maintenant que tu nous as précisé ce qui se passait au détour d'une phrase.

Citation :
Le Hobbit crut un instant que c’en était fini de lui quand il sentit la douceur des plumes sous ses mains.
Encore une phrase que j'adore ! La formulation du début correspond tellement au personnage Smile ! Et j'aime comme tu nous amènes le fait qu'il retombe sur l'aigle : tout en douceur, exactement comme si on y était. Salut

Citation :
il dût se concentrer pour ne pas se laisser aller.
Ah, je ne sais plus qui de nous d'eux l'a laissé passer mais c'est un "dut" sans accent de passé simple.

Citation :
Non, si son interlocuteur avait été un autre, il aurait pris son sac et serait parti avec déjà des histoires à raconter. Cependant, ces mots, ces phrases cinglantes sortaient de la bouche de Thorïn, Roi sous la Montagne. Et Bilbo en était gravement affecté…
Ce passage a retenu mon attention. Ce Bilbo qui serait parti dignement, si ce n'était le trouble blessant que lui cause le manque d'estime (supposé) du Prince nain. C'est très fidèle à l'esprit Tolkien, tout ça.

Citation :
Pourtant, il se rendit compte qu’il était bien, là où il était. Dans cette sécurité chaude et robuste.
Ouiii...! Un bel hommage à l'un des plus beaux câlins de l'histoire du cinéma !! Mr. Green

Ce début est bien alléchant ma foi, et on sent du potentiel dans le domaine du récit d'aventure ! J'ai vraiment hâte de te voir quitter le tuteur du film pour t'émanciper un peu et nous créer tes propres scènes ! Continue comme ça, ça vaudra le coup !

_________________
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EmmaTook
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Jeu 7 Fév - 23:02

La Halfeline a écrit:
J'adore ce passage ! Pour la référence au côté Took, pour la petitesse des jambes et la précipitation irréfléchie avec laquelle le hobbit se jette directement sur le warg pour l'arrêter.
On le sent à la fois si effrayé et si courageux, notre petit hobbit...

Pour ce passage, j'ai regardé la scène plusieurs fois, notant chaque petit détail dans un coin de ma tête (le reflet des flammes, la rage qui danse dans les yeux de Bilbo...) et je me suis dit : "Qu'est-ce que ce petit homme-là peut bien penser à cet instant précis ?". Et voilà ce que ça a donné...

Citation :
La formulation du début correspond tellement au personnage Smile !

Je trouvai cette phrase mal formulée, justement. Ce que je veux dire c'est que je parle d'une angoisse profonde à l'idée que ce soit "la fin" et puis suit directement l'atterrissage en douceur. Mais le choc devrait être plus brutal, non ? Je ne sais, je me suis longuement interrogée sur cette phrase. Heureuse qu'elle te plaise, je me dis que même si elle ne me convient pas, elle n'a pas l'air de te déranger. Smile

Citation :
Ah, je ne sais plus qui de nous d'eux l'a laissé passer mais c'est un "dut" sans accent de passé simple.

Oh ! Ça doit être moi, je vais corriger cela tout de suite. Quelle étourdie !

Citation :
C'est très fidèle à l'esprit Tolkien, tout ça.

Ca m'a fait énormément plaisir que tu me dises ça parce que j'ai peur d'une chose lorsque j'écris : ne pas être fidèle au créateur (qui est un écrivain [mais pas seulement !], dans le cas présent).

Merci pour ta review complète (alors que tu aurais pu me la faire par e-mail ou même pas du tout !) et toujours agréable à lire. Je sais qu'il y aura de bons conseils et des appréciations utiles et rien que pour ça, je vais me hâter d'écrire la suite. ^__________^ Bon, je n'oublie pas ma satisfaction personnelle, évidemment !
Bises,
E.T.
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kedralyn
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Ven 8 Fév - 16:12

Hé! Ce Thilbo tout en douceur est ma foi bien intriguant. Je ne suis pas bien douée dans les reviews, mais je vais tâcher de t'apporter ce que j'en pense.

Donc.


Citation :
Ce dernier avançait sur le tronc renversé, le visage pâle mais le pas assuré. Les flammes semblaient éclairer son chemin. Bilbo ouvrit de grands yeux ahuris : Thorïn venait de tirer son épée et la pointait droit devant lui, c’est-à-dire, vers Azog. La gorge du Hobbit se serra.
J'aime beaucoup ce passage. L'image des flammes a quelque chose de "royal", comme une haie d'honneur pour le Prince. Tu soulignes ce moment du film, et t'as bien raison: jamais vu autant de majesté et de charisme en une ou deux minutes dwarf Le pauvre Bilbo en est tout retourné!


Citation :
Un autre Bilbo était en lui, peut-être ce côté Took qui ressortait ? Ou bien autre chose de plus complexe encore ?
La Half a déjà souligné ce passage, mais je me devais d'apporter mon avis ;D J'aime beaucoup l'idée d'un sentiment caché, que Bilbo ressent depuis longtemps mais qu'il n'arrive pas à comprendre - ou a assumer. Ce sentiment qu'il n'arrive pas à déchiffrer mais qui lui redonne des forces et l'envie de se battre, de protéger Thorin en état de faiblesse... C'est adorable.


Citation :
Il glatit à nouveau [...]
J'ai...découvert un nouveau mot. Les aigles glatissent, donc. Du verbe "glatir". Merci XD *pose un sac en papier sur sa tête de honte sur son manque de vocabulaire*


Citation :
Bilbo sursauta. Une mêlée de cheveux hirsutes peinait à se relever. Le Hobbit souriait béatement, en même temps que grimpait en lui une vague de chaleur pour le moins agréable. Les yeux couleur du ciel de Thorïn s’étaient posés sur lui et un mélange de sentiments s’agitait en dedans. Bilbo ne put toutefois dire de quoi il s’agissait avec exactitude.
Hihi. Ça commence déjà à se bousculer, dans la petite tête bouclée du hobbit. Il devrait faire attention, les sourires béats parlent plus qu'il ne pourrait le penser!


Citation :
En deux pas, Thorïn avait glissé ses bras autour de Bilbo et l’embarquait dans une étreinte puissante. Celui-ci mit du temps avant de réagir. Tout avait été vite… Beaucoup trop vite… Pourtant, il se rendit compte qu’il était bien, là où il était. Dans cette sécurité chaude et robuste.
So. Thilbo. Feels.
Comme quoi, même les plus grands princes nains peuvent reconnaître leurs erreurs et faire des câlins. Pour Bilbo, la présence rassurante de Thorin contre lui doit être le plus beau des cadeaux surtout après ce qu'il vient de vivre.

Voilà voilà, j'ai bien envie de lire la suite, et de voir les changements de comportement de Thorin vis-à-vis du hobbit bounce bounce C'est très joliment écrit!
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EmmaTook
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Dim 10 Fév - 22:52

kedralyn a écrit:
J'aime beaucoup ce passage. L'image des flammes a quelque chose de "royal", comme une haie d'honneur pour le Prince. Tu soulignes ce moment du film, et t'as bien raison: jamais vu autant de majesté et de charisme en une ou deux minutes dwarf Le pauvre Bilbo en est tout retourné!

Ça fait maintenant presque deux mois que je suis allée voir le film mais j'ai des images qui me reviennent parfois alors, tout de suite, je prends un stylo et je la décris telle que je la vois. Un peu comme si je prenais des photos et que je les consultais quelques jours plus tard afin d'écrire. Je revois d'ailleurs la tête déconfite de Bilbo, les bras enroulés autour de sa branche et les yeux grands ouverts...

Citation :
La Half a déjà souligné ce passage, mais je me devais d'apporter mon avis ;D J'aime beaucoup l'idée d'un sentiment caché, que Bilbo ressent depuis longtemps mais qu'il n'arrive pas à comprendre - ou a assumer. Ce sentiment qu'il n'arrive pas à déchiffrer mais qui lui redonne des forces et l'envie de se battre, de protéger Thorin en état de faiblesse... C'est adorable.

Rien à dire, belle analyse. ;D

Citation :
Citation :
Il glatit à nouveau [...]
J'ai...découvert un nouveau mot. Les aigles glatissent, donc. Du verbe "glatir". Merci XD *pose un sac en papier sur sa tête de honte sur son manque de vocabulaire*

*prend le même sac en papier et le pose également sur sa tête*. A vrai dire, ce n'est pas moi qui ai donné ce mot.
Alors, qu'est-ce qu'on dit ?
MERCI LA HAAAAAAALF !

Merci pour tous ces compliments, cette analyse et, en somme, merci pour la review !
Emma, peut-être faudrait-il que tu reviewes le magnifique Ori/Fili que tu as lu il y a déjà une semaine ?

E.T.
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Lun 11 Fév - 2:01

Citation :
Mais le choc devrait être plus brutal, non ?
Pas forcément, si l'aigle maîtrise très bien sa manoeuvre... Rolling Eyes Enfin, quoi qu'il en soit, ça ne m'a pas choquée.

Quelle chance d'avoir une si excellente mémoire photographique, en tout cas ! Très utile pour un auteur. Wink

Bon ben je vais me couvrir aussi d'un sac en papier puisque c'est la nouvelle tendance... Honte
Merci pour ces remerciements, E.T. ; cela dit, j'ai moi-même bien appris le terme "glatir" quelque part à un moment donné. Je ne suis pas née avec la science infuse et c'est bien dommage, parce que ça m'épargnerait bien du tracas ! *soupire*

Encore bravo pour ce beau début et tous mes encouragements pour la suite !

_________________
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EmmaTook
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Sam 30 Mar - 16:57

J'arrive avec une, hum, hum... mini suite. Avant-dernière partie !
(Encore) Un énorme merci à La Halfeline pour sa correction express ! applause


_________________

Partie II : « Et cette vie vaut bien plus que tout l’or… d’Erebor ».


Bilbo progressait dans l’antre du dragon avec, pour seule source de lumière, une pauvre torche qui peinait à rester allumée. Le Hobbit ne parvenait pas même à voir ses pieds. Il marchait donc, lentement, la peur au ventre et le cerveau en ébullition. Son front ruisselait et l’Anneau glissait peu à peu de son doigt. Son sang battait à ses oreilles. Quelle idée d’être allé si loin ? Si Smaug rentrait de sa longue chasse, il ne mettrait guère de temps à le trouver, tant sa respiration était forte.

Bilbo venait de perdre sa torche. Il se recroquevilla sur un monticule de pièces d’or et resta là, tremblant dans l’obscurité. Il avait été trop curieux, une fois encore, et avait jeté un regard dans une mince fissure. Le vent avait alors soufflé et le feu s’était brusquement éteint. La curiosité. Il savait que cela le perdrait.
Cette longue aventure avait changé bien des choses en lui et, parfois, il pouvait se surprendre lui-même.
En l’occurrence, il était redevenu le fragile Hobbit de Bag-End qui regrettait amèrement de ne pas être resté chez lui, auprès de son feu ronflant dans l’âtre. D’une voix forte, quoique fébrile, il hurlait le nom des Nains. Aucune réponse ne venait en retour. Avaient-ils pris la fuite après que le petit point lumineux ne s’était éteint ? Smaug les avait-il dévorés, tapis dans l’ombre, aussi discret que le murmure du vent ?

OoOoOoO



Les Nains, quant à eux, commençaient sérieusement à paniquer. Ils quittèrent leur cachette d’un commun accord et s’enfoncèrent à leur tour dans la grande salle. Chacun tenait sa torche d’une manière différente, de sorte qu’ils pouvaient voir ce qui arrivait de chaque côté.
Ils entendirent enfin les appels terrifiés du Hobbit. Ils s’empressèrent de venir le rejoindre.

-Ah ! Vous nous avez fait peur ! S’exclama gaiement Bofur en rallumant le flambeau de Bilbo. Sacré vous, monsieur Baggins !

Bilbo se redressa maladroitement, s’agrippant aux mains tendues. Il parvint finalement à se remettre sur pied. Il allait s’excuser quand il s’aperçut que les Nains ne prêtaient plus attention à lui : tous étaient partis d’un côté ou d’un autre afin d’explorer leur trésor. Seul Thorïn était resté, mais il scrutait la salle avec intérêt. Bilbo savait parfaitement ce qu’il cherchait : l’Arkenstone. Or, le Hobbit l’avait déjà trouvée et, pour il ne savait quelle raison, il ne voulait pas la lui rendre. Le cœur de la Montagne avait charmé Bilbo avec toutes ses couleurs chaudes, son éclat et sa forme. Il l’avait vivement cachée sous sa chemise, si bien que lorsqu’il faisait un pas, elle menaçait toujours de tomber.
Soudainement, Thorïn s’avança, sans dire mot, se dirigeant vers une petite masse sombre. Si sombre qu’elle paraissait plus noire encore que l’obscurité environnante. Bilbo, réticent à l’idée de rester seul à nouveau, se mit à trottiner derrière le Nain.

-C’est bien ce que je pensais, murmura Thorïn en saisissant l’objet de leurs interrogations.

C’était une veste bleue. Bleue comme la nuit, lorsque la lune descend bas dans le ciel et que le soleil tarde à se montrer. Il y avait à son col un ornement de pierres précieuses. Ce n’était pas une veste d’Homme, ni de Nain, sa taille étant très réduite. Elle semblait destinée à une personne de petite taille, pareille à celle d'un enfant.
Thorïn avisa Bilbo un instant puis la lui tendit.

-Elle vous ira parfaitement, dit-il d’un ton bourru. Prenez-la, je vous l’offre. Elle ne fait pas partie de votre part d’or. Disons… que c’est en remerciement de tout ce que vous avez fait depuis le début, M. Baggins. Elle a été conçue par des Nains.
-Merci, dit Bilbo en s’inclinant, non sans tenir fermement l’Arkenstone contre son ventre.

Il tint l’étoffe dans ses mains, ne sachant quoi en faire. Thorïn avait l’air en plein débat intérieur, les yeux perdus dans le vide. Il lâcha brusquement sa torche et s’approcha de Bilbo.

-Je vais vous aider.

Une tornade de sensations et de sentiments se mit à tournoyer en Bilbo. La crainte d’abord. Puis la gêne. Et enfin, une agréable vague de chaleur partie du creux de ses reins remonta jusqu’au sommet de son crâne. Il semblait ne plus avoir assez de place dans cette salle, pourtant déjà immense. Il transpirait et son cœur battait. Bien que les symptômes fussent les mêmes, ce n’était pas la même excitation qu’il avait ressentie alors qu’il devait vérifier si la voie était libre. Celle qui l’agitait à ce moment-là était bien plus agréable.
Les doigts épais de Thorïn glissèrent le long des bras du Hobbit avec une étrange et infinie douceur. Bilbo respirait avec de plus en plus de difficulté. Son veston, usé par les intempéries, se retrouva bientôt au sol. Pendant un court instant, Thorïn put admirer une partie de la peau du cou du Hobbit. Elle semblait si douce et si fragile. Il aurait tant aimé pouvoir la frôler, la sentir, la goûter… Mais il ferma les yeux, refoulant ses envies qu’il jugeait stupides, et rejeta, un peu trop brutalement au goût de Maître Baggins, la veste sur les épaules de ce dernier.

-Merci, répéta fébrilement Bilbo.

Sa voix était rauque et semblait venir de loin.

-Avez-vous trouvé quelque chose qui vous convenait, pendant que nous y sommes ? Demanda Thorïn en prenant tant bien que mal un air détaché.
-Non, mentit l’intéressé, j’avais tellement peur que Smaug revienne que je n’ai pas vraiment prêté attention à ce qu’il y avait autour de moi. D’ailleurs, ne devrions-nous pas déserter les lieux avant que le danger ne se fasse plus menaçant encore ?
-Vous avez sans doute raison… Cependant, je souhaite laisser un peu plus de temps à mes amis. Cela fait si longtemps qu’ils rêvent de revoir notre Royaume.

Sur ce, il partit rejoindre Balïn qui paraissait avoir trouvé un objet fort intéressant. Bilbo se retrouva seul et décida de s’asseoir. Il pensait à Smaug et à la discussion qu’ils avaient eue, quelques heures auparavant, à son chez-lui qui devait crouler sous la poussière, à l’Arkenstone qu’il avait pour ainsi dire dérobée aux Nains, et à cette foule de sentiments qu’il n’expliquait pas.

Peut-être qu’il savait, au fond, ce qui se passait. Simplement, il tentait de l’étouffer sous des questions auxquelles il savait déjà répondre.


_________________

Merci d'avoir lu ! La prochaine fois, ça se passera après la Bataille des Cinq Armées. Je vous laisse supposer de quoi ça va traiter... Smile
Bises !
E.T.
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Mer 10 Avr - 0:08

Ah, ça fait plaisir de voir un autre fragment s'ajouter à la première scène. Un moment apparemment plus calme... et pourtant bien agité pour notre pauvre hobbit, ainsi que pour ce cher Thorin, toujours aussi bourru. Mr.Red

J'aime que tu prennes le temps de décrire l'action, avec ce genre de détails, par exemple :

Citation :
Chacun tenait sa torche d’une manière différente, de sorte qu’ils pouvaient voir ce qui arrivait de chaque côté.

Ca permet à ton lecteur de visualiser ce que tu as en tête et ça apporte à la consistance de ta scène.

Ce pauvre petit hobbit qu'on laisse toujours partir devant tout seul... c'est pas juste ! Frodo aux larmes Moi aussi j'ai été rassurée de voir les nains le retrouver.

Citation :
Sacré vous, monsieur Baggins !
C'est un détail, mais j'aime bien ces tournures de langage un peu frustes et un peu désuètes, qui correspondent bien aux personnages d'origine.

Je dois avouer que j'ai été un peu perturbée par la manière dont tu nous amènes l'Arkenstone. J'imagine que tu voulais créer un effet de surprise en ne racontant pas au préalable le moment où Bilbo l'a récupérée mais, du coup, on a l'impression que tu nous tasses un peu l'information sur le moment, comme si tu avais oublié de la mentionner avant. Quitte à ne dévoiler la tromperie qu'après coup, je crois qu'il aurait fallu prendre davantage le temps de détailler comment les choses s'étaient passées, sans se dépêcher pour revenir aussitôt au récit principal. Je n'ai pas cru bon de t'embêter avec ça dans la bêta car ce n'est pas très gênant ; il s'agit plutôt d'un conseil général, pour une autre fois. Néanmoins j'ai apprécié que tu prennes quelques instants pour décrire la pierre.

J'ai également aimé la description de la veste, comme tu le sais. Moi qui aime imaginer les belles choses, en particulier ce qui a trait à l'aspect des personnages, j'ai été servie. Smile

Bravo pour la description des sensations de Bilbo, qui sonne très juste en peu de mots. Et bravo pour la sensualité du déshabillage, qui n'était ni excessive ni idéalisée (j'aime le fait que tu parles de transpiration, par exemple... ça change de l'amour sans bavure, sans poil, sans pet et sans écoulement qu'on a l'habitude de présenter dans les romances). J'ai trouvé la petite phrase pourtant toute simple sur le veston assez marquante, de ce point de vue.

J'ai vraiment hâte de lire le dernier morceau de ce triptyque ! Bon courage pour l'écriture ! thumright

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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Sam 13 Avr - 22:46

La Halfeline a écrit:
C'est un détail, mais j'aime bien ces tournures de langage un peu frustes et un peu désuètes, qui correspondent bien aux personnages d'origine.

A vrai dire, Bofur est un personnage que j'apprécie beaucoup mais je peine à lui inventer une personnalité (il n'est pas tellement traité dans le film, et je ne me souviens pas d'un rôle important dans le livre), alors je me suis un peu inspirée de Clumsy'. D'où ce personnage un peu décalé, un peu grossier par rapport au langage employé...

Une fois mon dernier chapitre achevé, je revisiterai celui-là et, à l'occasion, les passages où je mentionne l'Arkenstone. Dans la première version du texte, je n'avais pas parlé de la pierre du tout. Or, je pensais que c'était un élément important puisque la querelle qui suit, quelques aventures plus loin, est issue de cette pierre. Mais j'insisterai davantage, c'est noté ! Smile

Merci encore pour tes corrections et tes encouragements, c'est toujours aussi agréable !
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Ven 26 Juil - 13:57

Voilà, c'est le dernier chapitre de Pas à pas. En espérant que ça vous aura plu... Salut 
Merci au bêta-reading de La Halfeline ! cherry applause
La partie en italique ainsi que les personnages, l'univers ne m'appartiennent pas, mais à ce cher Tolkien. 




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Partie III : « Mais, triste ou joyeux, ce monde, il me faut maintenant le quitter ».

Quand Bilbo entra dans la tente, il perçut une très forte odeur d’eucalyptus, et d’autres senteurs de plantes qui lui étaient inconnues. L’intérieur était sombre, aussi ne put-il pas décrire correctement la tente, sinon qu’elle était très peu meublée et que la toile était immaculée. Gandalf l’amena à un coin encore plus sombre. Là, il alluma une bougie à l’aide de son bâton et Bilbo découvrit Thorïn étendu dans un lit, drapé dans une peau de bête maculée de sang. La lueur chevrotante révélait le visage du blessé entre ombre et lumière. Le Seigneur Nain était couvert de plaies, certaines profondes, d’autres superficielles ; il serrait son ventre, là où le sang affluait le plus. Bilbo ne savait que faire, aussi dégoûté que désespéré.

Comme pour le réveiller, Gandalf le poussa en avant. S’assurant que le Hobbit rejoignait bien le Nain, il s’autorisa à se retirer.

-Qu’ai-je mérité, se plaignit le mage en se passant la main sur son visage ridé, vraiment, qu’ai-je mérité pour vivre aussi longtemps ? Est-ce pour regarder mes amis tomber les uns après les autres ? Ne puis-je pas m’en aller à mon tour ? Pourquoi ai-je toujours l’impression que mon rôle dans ce monde ne touche pas à sa fin ? Qu’est-ce qui m’attend, au-delà de cette épreuve ? Que devrai-je supporter en plus du poids des années qui pèse sur mes épaules ?

Le magicien s’éloigna du petit village improvisé fait de tentes et d’abris éphémères, menaçant de s’écrouler à chaque bourrasque de vent. Il alla marcher, profitant de la chaleur du soleil pour reprendre son masque impassible, bien que son cœur fût longtemps ravagé par la tristesse de la mort de tant d’amis.

OoOoOoOoOoO

-Ainsi disparaissent les derniers descendants de Durïn ! éructa Thorïn pour crever le silence pesant qui s’était installé depuis le départ de Gandalf.

Mais son exclamation fut suivie d’une violente quinte de toux qui effraya Bilbo. Le Hobbit sentit ses oreilles bourdonner, son ventre se creuser et ses jambes flancher. Il attrapa maladroitement la main du guerrier, la serrant de ses petites forces. Bilbo luttait pour ne pas se laisser aller et garder sa dignité. A quoi bon pleurer maintenant ? Quelle image Thorïn garderait-il de lui en s’en allant s’il craquait alors qu’il n’avait jamais été aussi proche de la fin ?

-Ne vous fatiguez pas ! Je parlerai pour vous ou me tairai, si telle est votre décision.

-Mon cher M. Baggins, il ne me reste que très peu de temps à vivre et je souffre horriblement. Mais, lorsque je rejoindrai mes ancêtres, je veux partir avec le souvenir d’un Hobbit aimant parler, chanter, inventer et apprendre. Car vous avez énormément grandi depuis votre départ de Cul-de-Sac. Vous rentrerez avec l’impression que quelque chose vous a échappé et que votre chez-vous est devenu trop étroit. Gardez en mémoire Thorïn Ecu-de-chêne qui recouvra ses forces, son royaume et son trésor après maintes aventures, et non celui qui perdit la guerre et succomba à ses blessures !
-La victoire nous appartient, Seigneur Nain, répliqua Bilbo. Et ne parlez pas de ce qui ne s’est pas encore passé, s’il vous plaît.

Etait-ce cela, le châtiment pour avoir retrouvé ce que l’on convoitait depuis tant d’années ? Chercher, obtenir, mourir. Bilbo se sentit soudainement nauséeux.

-Non, souffla difficilement Thorïn. J’ai échoué. Ma prétention… Mon orgueil… Mon avidité et ma cupidité ont causé ma perte. Je suis décédé depuis que j’ai refusé de donner de mon or aux hommes qui nous ont débarrassés du Fléau. J’étais devenu un autre dragon, enfermé dans ce que j’appelais « la raison » mais qui n’était que folie.

Bilbo se sentait vide, comme si plus rien ne vivait en lui. Dans son regard ne brillait que la douleur et le reflet de Thorïn, allongé dans le lit improvisé, mourant. Il avait envie de hurler et de se battre, de détruire tout ce qui se trouvait autour de lui. Puis, il se coucherait auprès du Roi sous la Montagne et s’endormirait là, tentant vainement de réchauffer le corps glacé.

-Quelle injustice, parvint-il à dire. Que vous soyez là, en train d’épuiser vos dernières forces afin de garder les yeux ouverts. Que je me tienne debout, que je vous nargue avec ma vie à moitié entamée. Que vos heures soient comptées pendant que je planifie ce que je ferai dans quelques années.
-Non, bien au contraire, Maître Baggins. Si vous êtes encore en vie, complètement en vie, c’est parce que vous avez usé de tout le courage enfoui en vous depuis trop longtemps, vous avez enfin tiré l’épée de son fourreau…
-Si je suis en vie, c’est parce que j’ai été assommé. Il n’y a rien de glorieux dans mon histoire.
-Vous avez plus en vous que n’importe quel Hobbit, Homme ou Nain. Ne pensez pas que vous n’êtes pas à la hauteur parce que l’on vous l’a dit. Vous êtes bien plus fort que ces beaux-parleurs. Vous êtes différent. Pardonnez-moi encore de ne pas avoir cru en vous.
-Ce n’est pas le moment de vous excuser, vous l’avez déjà bien assez fait. Reposez-vous. Vous passerez la nuit. L’aube sera là pour vous accueillir, n’ayez crainte.

En disant cela, Bilbo tentait de se convaincre lui-même. Il refusa de croiser le regard du Seigneur Nain et fixa l’armure fendue posée à côté de la hache ébréchée. Le coup porté n’avait pas dû être doux et il baissa la tête, désemparé.

-Ne pleurez pas, je sais que mon chemin s’arrête ici. Je vous l’ai dit, c’est ma faute, tout est entièrement ma faute. C’est seulement maintenant que je m’en rends compte, c’est au bord du gouffre que j’ouvre enfin les yeux. C’est malheureux de vivre avec les yeux bandés… Je regrette Bilbo, je regrette amèrement.

Il toussa encore, crachant un peu de sang. Le Hobbit aurait voulu rester là éternellement, le regarder s’éteindre à petit feu, l’observer dormir paisiblement, loin du monde déchiré, loin des guerres et auprès de ses petits neveux. Mais il se sentait inutile en ne faisant rien. Il se leva donc et alla chercher de l’eau avec un mouchoir propre. Il trempa le tissu dans l’eau glacée et revint auprès de Thorïn, plus pâle que jamais. Bilbo écarta délicatement les mèches de cheveux gênantes et appliqua, toujours doucement, le mouchoir humide sur les blessures ensanglantées.

Une poignée de minutes plus tard, le visage mourant du seigneur Nain était presque intact. S’il n’y avait pas eu d’écorchures si profondes, et ce teint trop blanc, on aurait pu croire qu’il se reposait.

-Rien que pour cela, vous méritez de vivre, Bilbo, haleta Thorïn.

Son vis-à-vis sourit tristement. Il était une nouvelle fois tiraillé entre l’envie de s’enfuir de la tente et de courir en hurlant sa détresse, et celle de rester jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de raison de le faire. Finalement, il s’agenouilla et reprit la main de Thorïn dans la sienne, pressant les doigts épais.

Cela faisait plusieurs minutes que le Nain ne disait rien, se contentant de respirer bruyamment. Bilbo l’observait de ses yeux perdus. Puis, comme secoué par une main invisible, il se leva calmement et se pencha sur le visage royal de Thorïn. Il ne savait pas ce qu’il faisait et, de toute façon, il l’ignorait depuis longtemps déjà. Une larme fraîche s’échappa de son œil humide, roula le long de sa joue lisse et parvint à sa bouche. Au même moment, leurs lèvres scellèrent un baiser. Il était agréablement fruité mais également amer.
 Quand Bilbo se retira, il vit que les yeux du Seigneur Nain étaient clos. Un mince sourire étirait ses lèvres et la douleur n’affectait plus ses traits. Apaisé, semblant presque dormir après une vie de souffrance. Le Hobbit ravala péniblement ses sanglots et retomba lourdement sur le corps inerte, tentant, malgré lui, de percevoir le moindre son d’un battement de cœur. Il n’y eut aucun signe de vie. Seule la froideur d’un silence éternel lui répondit.

Alors Bilbo se détourna et s’en alla tout seul ; il s’assit dans un coin et pleura à en avoir les yeux rouges et la voix enrouée.



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Merci d'avoir lu !
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)   Jeu 5 Sep - 12:10

J'avais dit que je commenterais quelques passages sur la Lanterne, me voilà donc. Wink 

Je ne vais pas répéter tout ce que je t'avais dit dans mon mail de bêta, et qui est le plus important. Considère ces précédentes généralités comme le corps de la review. Ici, je ne ferai que préciser mon impression sur quelques détails.

Pour commencer, je dois t'avouer que l'eucalyptus me trouble un peu, dans la mesure où il s'agit d'une plante exotique. Je n'ai pas osé corrigé car il n'existe pas d'herbier exhaustif de la Terre-du-Milieu mais... ça sonne un peu bizarre à mes oreilles, c'est tout.

Citation :
La lueur chevrotante révélait le visage du blessé entre ombre et lumière. Le Seigneur Nain était couvert de plaies, certaines profondes, d’autres superficielles ; il serrait son ventre, là où le sang affluait le plus.
Beau et tragique tableau en clair-obscur. Je le visualisais bien. Et encore merci de m'avoir appris l'utilisation du terme "chevrotant" pour une lumière thumright .

J'ai aimé les quelques lignes narratives sur Gandalf, qui attirent l'attention sur son propre fléau. On voit bien dans le LOTR et le Hobbit que Gandalf n'est pas insensible, qu'il tient même aux personnes dont il s'entoure. Ce ne doit pas être facile de traverser les âges et les guerres de la sorte...

Citation :
Je parlerai pour vous ou me tairai, si telle est votre décision.
J'ai simplement bien aimé cette réplique, qui sonne juste.

J'en profite pour te complimenter également sur les répliques de Thorin qui suivent. On sent un réel effort pour rester dans la noblesse de parler originale. C'est agréable de ne pas se sentir en décalage avec l'univers.

Le dialogue avec Bilbo est réussi, en particulier lors du passage où il rétorque qu'il a été assommé. C'était presque freemanesque avant l'heure Smile.

Bilbo d'ailleurs, montre presque davantage de courage et de dignité que Thorin, en ce funeste moment. Tu ne fais aucune concession au roi ni au lecteur, en nous présentant un Thorin amer et rongé de regrets au moment de mourir. C'est dur, tout ça Neutral. Mais sa quête était bel et bien son hybris...
Incidemment, je suis très curieuse de voir ce que Peter Jackson va nous montrer du personnage, dans la dernière partie. Pour l'instant, nous l'avons essentiellement vu dans toute sa majesté écrasante de virilité et de noblesse, en dépit de ce que nous avons appelé ses "thorinades" (dont le réalisateur semble à peine avoir conscience lui-même...). Dans le livre, Thorin est assez nuancé : il est capable de faire preuve d'arrogance, de mesquinerie, voire de couardise à l'occasion ! J'aimerais beaucoup retrouver cela dans le film mais, à vrai dire, je ne suis pas super optimiste.

Pour en revenir à Bilbo, quels efforts, pour un hobbit, de se contenir ainsi face à l'agonie d'un compagnon ! Ce sont des créatures émotives et pourtant notre Maître Baggins garde son sang-froid jusqu'au bout. La petite phrase de fin a pourtant quelque chose de terrible ! pale 

J'espère que tu continueras à nous faire écrire moult fics, ma chère !

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Pas à pas (Thorïn/Bilbo -The Hobbit.)
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