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 Manchester, England Englaaaand...

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Nombre de messages : 1973
Date de naissance : 28/08/1987
Age : 30
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MessageSujet: Manchester, England Englaaaand...   Mer 16 Sep - 19:33

Bonjour tout le monde !

Ah, je trouve enfin le temps de me mettre à ce petit compte-rendu de mes débuts à Manchester England England, comme le chantent si bien les hippies de Hair ! Enfin, pour être plus précise, je suis donc à Bolton, une petite ville située juste à-côté de la métropole si célèbre pour ses équipes de handicapés mentaux velus poussant des balles comme on pousse un étron en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints (Vous l'avez sans doute reconnu, ce n'est pas de moi, mais j’aurais aimé…). Ca fait tout juste un peu plus d’une semaine que j’ai posé mes pénates dans le coin et, bigre, ça paraît à la fois une éternité et un simple clin d’œil. Tellement de choses me sont arrivées sur le coin du nez ! Et en même temps tout s’enchaîne à la vitesse d’une valse à mille temps (la preuve en est que je ne compose ce petit journal de nouvelles que maintenant alors qu’il était prévu pour le week-end dernier). Aussi vais-je passer sans plus tarder au récit de mes aventures rocambolesques.
Boromir Vous êtes autorisés, voire encouragés à sauter des passages, et je vous mets d’emblée entre balises “spoiler” la version courte d'une page qui sera, je pense, bien utile à tout ceux qui ne tiennent pas à se fader toutes les péripéties. Petite remarque néanmoins, j’ai mis quelques photos de mon environnement plus bas, pour qui veut jeter un oeil.

Spoiler:
 

Pour commencer, évidemment, je me dois de formuler un solennel MERCI mit fleurs, flans et flonflons à Marco, qui a compromis sa personne dans un voyage presque aussi périlleux que la quête de l’Anneau. Du fond du cœur, merci d’avoir attendu plus d’une heure et demi sur un trottoir nocturne qu’un car daigne nous embarquer, merci de t’être fait passer en revue au milieu de la nuit à la frontière intra-européenne – rappelons-le – comme un clandestin, merci d’avoir veillé sur mon sommeil dans ce navire où nous avions embarqué des rats Smile, et merci d’avoir accompagnés ces longs moments d’attente dans la gare routière de Londres. Voilà qui vous donne une idée du voyage. Oh, ce n’était pas si pénible que ça en à l’air. Sarah doit juste se foutre de moi parce que j’ai encore joué ma manouche-SPA en trimballant Dali et Bakounine dans DEUX boîtes de transport savamment dissimulées dans un sac par les bons soins de Sabine pour éviter qu’ils ne poussassent des couinements au moment inopportun. Bah, j’ai quelques mois de Rescue derrière moi… Ca avait quelque chose d’une épopée, en tout cas. La dernière partie fut la plus aisée : car très confortable, trajet d’une seule traite, un peu de dodo rattrapé. Nous sommes tellement dans le flot du moment que je n’ai pas réalisé que c’était mon anniversaire, mais un arrivage de textos successifs me le rappelle bientôt… ce qui fut grandement cardio-calorifique.

Nous voilà rendus à Bolton England ! C’est le milieu de l’après-midi. L’ADORABLE Mister Robson (bien plus adorable que le détenu aryen éponyme dans « Oz », je vous prie de le croire), mon mentor, vient nous chercher lui-même à la gare routière et nous emmène en vitesse à l’école, le temps pour moi d’être présentée à quelques membres du personnel avant que ceux-ci ne fuient tels une volée d’étourneaux hystériques vers la liberté d’un week-end prolongé. Comme prévu, les lieux en imposent, avec de longs couloirs à la Harry Potter ornés de divers portraits des anciens dont ils peuvent s’enorgueillir – dont Ian McKellen, ce cher Gandalf ^^ ^^ - une cour intérieure et un immense parc pourvu notamment de terrains de rugby.

Nous nous rendons ensuite à mon logis, à environs… quinze pas de là en passant par le raccourci, et je n’exagère pas. Et mes enfants, tenez-vous bien, il consiste en une maison pour quatre personnes… que je suis la seule à occuper ! LE fantastique !! Je n’osais pas y croire. Il se trouve que l’assistant allemand, ayant amené sa copine avec lui – comme disait Aurore : « Je viens avec mes parents »… - a préféré emménager juste à-côté. En fait, le bâtiment est le même mais il est divisé en deux, comme c’est courant en Grande-Bretagne. De fait, j’ai vraiment tous les avantages : je peux prendre la meilleure chambre mais, en cas de pépin, je sais que Sebastian et Eileen sont juste à-côté. Oui, j’étais mauvaise langue il y a un instant en sous-entendant qu’il s’agissait de personnes interdépendantes à l’excès, mais tout le monde réalise que c’est par pure frustration (comme c’est le cas de la plupart des actes mesquins perpétrés en particuliers par les secrétaires scolaires, les rappeurs et les rombières de chez GIFI) ; en réalité, mes deux allemands de voisins sont des individus outrageusement charmants, et j’irais même jusqu’à dire mignons à certains moments. Pour commencer ils ont tenu à s’assurer que leur désertion ne m’avait pas vexée, que je n’avais pas interprété la chose comme un comportement de repli asocial parce qu’il ne s’agissait pas du tout de ça etc. Si c’est pas chou… Ils viennent faire leur lessive chez moi deux fois par semaine, je leur emprunte leur aspirateur, je leur prête un bureau, ils me pourvoient en petites cuillers et m’emmènent en course avec eux en voiture. A ces relations de bon voisinage s’ajoutent un petit café-gâteau de temps en temps, même au pied levé, ou un pub ensemble les soirs de week-end – parfois en mangeant à l’œil quand on a la chance de tomber sur une soirée privée de pseudo-bikers-néonazis avec un buffet trop abondant, mais ceci est une autre histoire.



Fichaise, je digresse, revenons à nos moutons ! J’ai donc, moi petite halfeline, une petite maison à étage à mon entière disposition ! Bon, c’est vieux et ça se voit (comme pour les locaux du RPR, il faut pas aller à la cave… mais en l’occurrence, c’est parce qu’il y a de l’amiante ^^’) mais ça me permet de payer un loyer littéralement misérable (les assistantes des filles ont une petite chambre chez un prof, loin de l’école et pour le double, c’est vous dire si j’ai été bien inspirée d’aller affronter la testostérone bourgeonnante). Et puis, que d’espace pour m’ébattre, bigre ! On y trouve une première chambre au rez-de-chaussée, un petit salon avec télé, lecteur DVD etc, une salle de bain, et la cuisine équipée au-delà du nécessaire (un sèche-linge, honnêtement ? Et même pas de la marque Maytag…) ; la fenêtre de cette dernière donne sur une mini-cour partagée avec les allemands et, juste derrière la barrière, sur l’un des terrains de rugby des garçons.











Un petit escalier mène à l’étage. Sur la droite, une buanderie-cuisine où on peut trouver tout et n’importe quoi du fer à repasser aux bouteilles de shampoing. Sur la gauche, une autre salle de bain et trois chambres, dont l’une est la mienne.



Il y a également un genre d’étage supplémentaire qui sert de grenier élaboré, et où il semble y avoir eu une cinquième chambre par le passé. L’inconvénient de ce vaste logis, c’est qu’il y fait assez froid, et que je dois le chauffer avec parcimonie comme je paie mes charges au fur et à mesure que je consomme (ce qui est très bien pour apprendre à être économe en énergie, finalement). Ainsi, je n’utilise guère que deux pièces : la cuisine et ma chambre. Là, je veille à ce que la température soit correcte, ne serait-ce que pour Dali qui est nu comme un ver et n’apprécierait sûrement pas qu’on tombe en-dessous de 18. Néanmoins cette abondance de pièces, en plus de m’offrir de la place, m’a permis de récupérer des tas d’objets utiles quand j’ai scanné la baraque. En gros, j’ai rapatrié les meilleurs éléments de l’ensemble dans mes quartiers, en particulier des meubles et des lampes. En résulte une pièce à vivre tout à fait « acceptable », comme disent les Bretons dans Astérix. Une porte y donne même sur un vaste placard qui permet aux rats de passer la nuit au calme, mais dans un endroit bien chauffé et pas trop loin de moi. Bref, je suis accommodée comme un coquelet en pâte.









Après m’avoir installée, croyez-le ou pas, Mister Robson nous emmène FAIRE LES COURSES pour que nous ayons le frigo et les placards remplis pour le week-end. Moi qui était déjà complètement béate, je m’attends à voir pousser une paire d’ailes dans le dos du mecton ! En plus le supermarché qu’il nous a conseillé « à son humble avis » est anti-expérimentation animale, ce qui m’a permis de trouver de quoi me laver sans avoir à engraisser des marques de produits de beauté qui assassinent des petits ratous par camions entiers pour que des pouffes puissent se persuader qu’elles sont un peu moins laides après leur utilisation. Fort satisfaisant, sans compter le Nesquik et le brie français ;) ! Encore une fois, j’ai apprécié la présence du sentencieux Marc-Antoine à mes côtés, sans qui mon efficacité dans les rayons aurait été grandement amoindrie et sans qui il ne me serait même pas venu à l’idée d’acheter certains articles ménagers pourtant vitaux. Je suis navrée : dans ce genre de situation, je fonds d’instinct sur les sachets de thé et les céréales bios comme la petite vérole sur le bas-clergé. C’est dur pour une halfeline de se projeter au-delà de son ventre quand il s’agit de survie…

Finalement, les courses sont effectuées avec autant d’exhaustivité que possible, et Robson nous rejoint à la caisse pour nous aider gentiment à les ranger (Je sais, Flavie, ça doit te faire très bizarre de lire ce genre de phrase…). Retour à la maison pour déposer tout cela. Et là, tenez-vous bien une fois de plus : il nous propose de nous emmener dans un charmant petit pub pour que nous nous sustentions tous ensemble ! Je commence à penser que tant d’amabilité, c’est à peine humain. Je proteste : on ne voudrait pas vous prendre tout votre temps ! Ah, il se trouve que vous avez deux enfants de trois et cinq ans à charge, et que vous êtes bien content d’avoir une bonne excuse pour les laisser à votre nana pour un soir ? Vous m’en direz tant… (Et en plus, il nous déculpabilise, l’animal.) C’est parti pour le pub. On mange très bien en discutant en français, ce qui permet à tout le monde de suivre sans se casser la tête.

Chose étonnante, Robson m’instruit d’emblée des petites guéguerres et autres enjeux de pouvoir qui se déroulent au sein du département de langue. L’infortunée prof d’espagnol et de français, qui arrive également dans l’école pour la première fois, est sacrifiée sur l’autel des contentieux hiérarchiques et de fait reléguée pour travailler dans un placard à balais, alors que j’ai une belle place près de la fenêtre et un ordinateur dans la salle du département de français, situation qui crée un malaise calculé pour le responsable des langues et le proviseur. Il s’avère aussi que jusqu’à présent, il était prévu dans le contrat des assistants qu’ils donnent quelques cours aux élèves de l’école primaire rattachée à l’établissement. Néanmoins, le directeur de l’école en question ayant fait montre de beaucoup de mauvaise volonté en ce qui concerne le travail d’équipe pour les langues, Robson a décidé de ne plus le faire bénéficier des services de l’assistant. Qu’il se débrouille tout seul, et cela libère du temps pour que je m’occupe des 4ème à la place. Franchement, si cela ne montre pas que Lilith veille sur moi… Suffit que je me pointe et on fait sauter les heures avec les mômes en bas-âge ! Enfin, Robson m’a prévenue qu’il était probable que le directeur de primaire tente une manœuvre d’approche, étant donné sa réaction déconfite et désemparée quand il lui a été précisé qu’il pouvait me proposer un contrat en plus, mais que c’était probablement payant… Sous ses dehors adorables, ça a l’air d’être un sacré finaud sur le plan des relations professionnelles, ce Robson (Après tout, il me le disait lui-même quand je me confondais en remerciements : « Happy staff work hard » ;) ). En tout cas, si on me propose effectivement, j’imagine que j’accepterai quand même… C’est toujours ça de pris en terme d’expérience et de profit matériel – même si je dois avouer que je me reconnais plus dans Tony Soprano que dans Super Nanny…

Quoi qu’il en soit, le voilà qui me raconte tout ça d’un ton espiègle, et je m’en trouve assez surprise. En tant qu’étrangère, je ne m’attendais pas à ce qu’on m’entretienne de toutes les petites crasseries diplomatiques au sein de l’école, et pourtant mon mentor s’en gausse très naturellement devant moi, ce qui est assez rassurant. J’ai moins l’impression d’être jetée dans une machine éducative magnifiée que le moindre grain de sable que je pourrais émettre involontairement risquerait de coincer dans un grave grincement de rouages. Cela m’assure aussi une certaine confiance et un accueil dans l’« équipe ». Ce nouveau statut qu’il faut accepter et porter en bandoulière pour être crédible est quelque chose de très curieux à appréhender. Je pense cependant que je vous en entretiendrai la prochaine fois (sans tarder, car je veux vraiment tenir ce petit rapport à jour, et il y a beaucoup à dire au début, évidemment). Je vous laisse donc au soir fort sympathique de notre arrivée, et reprendrai mon fil au moment de la rentrée, quand il s’agira de passer de l’autre côté du miroir. ^^’

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Ruika
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Mer 16 Sep - 23:53

Oh ^_^ Que de petites aventures ! Je suis heureuse de voir que ça se présente plutôt bien ! Continue de nous tenir au courant hein !
(Je vois que tu t'es bien installée, en faisant de la chambre un petit chez toi grâce à quelques images bien placées :p)
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Jeu 17 Sep - 15:01

Hey ! Hello Ruika ! Oui, vraiment, pour l'instant tout se passe a merveille, je touche du bois.

Lol, oui, je ne voulais pas transplanter tout mon decor quotidien ici, et d'ailleurs c'eut ete fort peu commode, mais j'ai quand meme pose quelques petits jalons signalant "habitat de la halfeline" Mr. Green. Et encore, lorsque j'ai pris les photos, je n'avais pas encore ajoute les adorables fanarts de Merry et Pip que j'avais amenes dans une pochette... Laughing

Je ne manquerai pas de vous donner promptement des nouvelles. Merci beaucoup pour le petit coucou !

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Anathema
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Jeu 17 Sep - 19:46

Wow, ça à l'air bien sympa comme départ ça. J'espère que ça va continuer à bien ce passer.
En tout cas, ça a l'air bien plus cool que bosser à France Télécom.
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s0phia
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Jeu 17 Sep - 20:10

OH, tu habites en Angleterre ? C'est génial, ça ! Mon père est britannique alors bon, ça me fait toujours quelque chose =D En tous cas, la maison est super sympa ! Puis bon, un logis de quatre personne pour toi, c'est cool =) Tu es à Manchester pourquoi, exactement ? Etudier, enseigner ?
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Ven 18 Sep - 18:59

Merci Ana ! cherry
J’en déduis que tu as de l’expérience chez France Télécom… Etait-ce particulièrement chiant ?

Oh la la, t’en as de le chance, Sophia ! Tu dois être parfaitement bilingue, du coup, je t’envie. Oui, pour cette année seulement je vais habiter en Angleterre, pour enseigner le français à des petits boys en tant qu’assistante de langue. Ca signifie que je n’ai que 13 heures de cours par semaine (plus des cours particuliers que je dois dispenser à un môme qui arrive d’Australie et doit rattraper son retard), ce qui est assez confortable pour aborder le métier. C’est vraiment très intéressant en tout cas, surtout avec les plus àgés, avec qui je peux avoir de vraies discussions pendant les cours de français.

Je continue mon récit par petits bouts…

Comme prévu, me revoici avec la suite de mes premiers pas à l’école… en tant que membre du personnel, s’entend. On m’a filé un beau badge électronique avec ma photo dessus et la mention « Boys division staff », qui me permet d’ouvrir la porte de l’école de 7 à 19h, d’avoir droit à un repas gratuit le midi, et de me sentir très importante.

Le mardi, c’est la « journée pédagogique » pour les profs. Moi qui ai fait gaffe à bien m’habiller, avec l’ensemble noir offert par ma grand-mère et tout, je découvre qu’en fait tous les enseignants sont venus vêtus comme des sacs, parce que la vraie rentrée ne s’effectue que le lendemain. Bon, c’est pas grave, mieux vaut ça que l’inverse. Ca ne m’empêche pas d’être assez nerveuse les premières minutes, quand Robson me présente à la ronde, et de boire mon petit café raide comme une saillie pendant que le provo donne son petit discours de bienvenue. Il s’avère que cette matinée consiste en une série d’exposés sur la pédagogie, précisément, donnés par des profs volontaires. Ce fut assez intéressant, surtout le passage sur ces merveilleux tableaux blancs magiques qu’ils ont et sur lesquels on peut faire bouger les mots et faire plein de trucs tactiles incroyables grâce à un logiciel informatique. J’avoue que ça en jette, question modernité (Dans l’école publique française où j’ai grandi, c’était plutôt « Oh, c’est pas vrai, le feutre marche pas… Bon attendez-moi en silence, je vais voir si j’en trouve un autre »…).

L’après-midi, séance paperasse.


Le mercredi, c’est la vraie cérémonie de rentrée ! Les hommes sont pratiquement tous en costards-cravates, et comme d’habitude les femmes s’habillent comme elles veulent mais avec élégance (voilà bien la seule miette d’émancipation vestimentaire dont nous bénéficions par rapport à la gent masculine). Que ce soit bien clair : ça ne m’a pas empêchée de venir en baskets, mais des baskets noires toutes neuves luisantes qu’on voit même pas que c’est des baskets. Re-discours du proviseur, dans le bureau duquel tous les nouveaux membres de l’équipe sont convoqués pour un petit briefing. En définitive, il n’y avait pas de quoi stresser, puisque Mr le Directeur nous offre un petit thé/café avec des biscuits, et se contente surtout de discourir lui-même. Nous sommes cinq jeunes nouveaux et on nous donne quelques conseils, notamment de navigation. « Vous verrez, demain, quand les garçons seront là, ça vous fera un choc : les locaux apparaîtront soudain sous un jour très différent, ça va grouiller et bouillonner. Quand vous marchez dans un couloir, tenez vos positions (Comme le clamait Gandalf à la bataille du Pélennor : « STEADY !! »). Si vous n’avez pas l’air sûr de vous ou si vous avez l’air perdu, vous vous ferez piétiner. Marchez tout droit et normalement les gars se poussent. » Finalement, intégrer l’équipe pédagogique d’une école c’est un peu comme entrer dans un gang en prison par certains côtés. Même le déplacement dans l’espace doit se faire conformément à un rang, et les répercussions sur la considération des autres individus sont plus importantes qu’on pourrait le croire. Amusant…

Après cela, réunion intra-départementale avec mes collègues de français. Les présentations sont faites. Andrew McNeil est un petit homme dégarni aux traits fins, avec des yeux perçants derrière des lunettes rectangulaires. Je l’adore ! Enfin, ils sont tous adorables, de toute façon. Lui a la particularité d’être à la fois très ferme avec ses élèves, ce qui me facilite le travail, et tout à fait espiègle en coulisses, surtout quand il me parle en français, avec son accent snob et gay. Il est probablement l’exemple le plus frappant du personnage qu’on se monte pour conduire une classe. Martin Prentki est aussi un petit marrant, mais plutôt du genre râleur cynique. C’est un jeune gars plus brun et de constitution plus épaisse. J’ai eu encore assez peu de contact avec lui, car il préférait garder ses classes pendant mes heures pour la première séance, mais il m’a bien fait rire pendant la réunion au sommet quand il a répondu à Robson avec un accent british exagéré « Com’ tu veuil, mon peutit lapin »… Helen Baker est une délicieuse petite dame assez âgée, avec des bouclettes brunes un peu plus courtes que les miennes, est qui parle toujours avec une douceur infinie. Elle a quelque chose de très reposant au milieu du reste. Et non-seulement elle me laisse beaucoup de latitude pour proposer mes propres activités en rapport avec le thème étudié en cours, mais en plus elle en est reconnaissante et enthousiaste. Tous les autres, il faut le dire, ont plus tendance à me faire faire les choses « by the book », au sens figuré comme au sens propre. Enfin, bien sûr, Carl Robson chapeaute le tout, avec son dévouement étonnant et son énergie débordante… et j’ai cru comprendre parfois un chouïa excessive pour les autres membres du gang français. Quoi qu’il en soit, nous voici tous en réunion pour discuter des derniers résultats d’examens, des nouvelles consignes et des objectifs pour l’année à venir. On distribue les livres et les listes d’élèves, puis Robson en arrive à mon cas, expliquant quelles heures sont allouées à qui et avisant ses collègues qu’ils peuvent « [m’]utiliser comme bon leur semble »… Là, évidemment, mon regard rencontre celui de McNeil avec la même expression de « Hem hem, ouiii… c’est-à-dire ? » et Martin glousse un peu, mais ça semble passer totalement au-dessus de Robson, qui est à fond dans son dispositif scolaire à tel point que ça fait plaisir à voir…

L’après-midi, nous allons m’ouvrir un compte en banque, grâce à la maestria de Robson qui a circonvenu la petite banquière alors que, d’ordinaire, ils sont beaucoup plus réticents à accueillir des jeunes qui ne restent qu’un an et prennent un compte gratuit. J’ai bien vu qu’au fur et à mesure de la discussion, l’attitude de la nana est passé de « quelque chose obstrue mon gros côlon » à l’enthousiasme minaudier de la xénophile de base. Et tout ça parce que Robson a « joué sur les mots » (sic). Words, words, words…

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s0phia
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Ven 18 Sep - 21:26

Oh franchement, ça doit être super. Je sais qu'au lycée, quand les assistants étrangers arrivent (bon, là, c'est le contraire, ils sont anglais et viennent enseigner aux petits Frenchies que nous sommes), on arrive à bien parler avec eux, ils nous apprennent vraiment de bonnes choses sur les cultures des pays dans lesquels ils sont allés. Bref, en clair, j'adore. Et je t'envie aussi !
En tous cas, le staff à l'air sympa, ils ont l'air marrant, pas le genre de personnes qui sont hyper-froides ou qui te regardent de haut. L'ambiance doit être top. Et puis j'espère aussi que les cours se passent bien. Tu y fais quoi, en fait, exactement ? Tu leur apprends la langue ou la "civilisation" française ? Ou les deux ?
Désolée si je pose trop de questions, hein, t'es pas obligée d'y répondre Mr.Red


& oui, je suis bilingue. Trilingue, même, mais bon, voilà, le grec, je m'en tamponne un peu. J'compte pas trop voyager là-bas, mais bon, ça peut toujours bien faire sur un cv = langues parlées : grec, anglais, français, notions d'espagnol et d'allemand lol.
Breffouille, je divague. J'ai juste quelques soucis oraux avec le français, des moments où on ne comprend pas tout à fait ce que je dis, mais sinon, ça va. Voilà, c'étais le 3615MyLife de Sophia M. xD
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Latitefraisedesbois
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Dim 20 Sep - 12:26

Je suis contente d'avoir de tes nouvelles ! C'est formidable que ça se passe aussi bien pour toi !
Etre entourée de gens compréhensifs et sympathiques et quand même un des trucs les plus importants... Profite à fond de cette expérience (mais je pense que tu es en bonne voie ;))
et j'ai hâte de savoir comment se sont déroulées tes premiers cours ! ^^
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Mer 23 Sep - 18:00

Trilingue en plus ? Oh, quelle chance ! Eh puis, même s’il est vrai que tu ne peux pas parler grec avec beaucoup de monde, ça doit être incroyablement instructif en ce qui concerne les rapports entre les mots, parce que j’imagine que cette langue, même modernisée, renferme beaucoup de traces des origines communes de l’anglais comme du français, entre autres. C’est la langue des érudits (j’ai toujours été complexée par mon collègue en spécialité philo quand il notait certains concepts en VO… -____-‘) et comme tu le dis ça doit faire plutôt classe sur un CV. En tout cas voilà un bagage intéressant, s’il en est.

Oui, les assistants ont cet avantage d’amener l’authenticité dans la salle de classe, même s’ils ne sont pas toujours pris au sérieux par les élèves les plus attardés, hélas (mais j’ai la chance de n’avoir eu ce problème que pour une seule classe ici, ce qui est relativement impressionnant à mon avis). En tout cas c’est super que tu aies toi-même profité de ce qu’ils pouvaient t’apporter.

Alors, ce que je fais, eh bien des cours de français, tout simplement, et cela inclut langue et civilisation (surtout langue, d’ailleurs, en général la civi est plutôt un “plus”). En fait, mes collègues ont des méthodes différentes et, comme mes classes sont toujours sous la responsabilité de l’un d’eux, je dois souvent me contenter de “faire ce qu’on me dit” en rajoutant ma patte dans la mesure du possible ou quand les objectifs donnés sont remplis avant la fin du cours. Helen, elle, me laisse beaucoup d’initiative. C’est donc souvent dans ces cours-là que je vais leur donner du matériel authentique. Pour les classes les plus avancées, les 1eres et les Terminales qui ont choisi le français comme option et sont donc très performants du point de vue de la langue, il s’agit souvent de discussions, de débat autour d’un sujet dit “de civilisation” française (immigration, cinéma, télévision…). Valà valà, et aucun problème pour les questions ! Ca me fait plaisir de partager tout ça, ne t’inquiète pas. thumright

Merci pour tes gentils encouragements, Tite Fraise, ça fait chaud au coeur ! Like a Star @ heaven
Voici donc un petit récit de mes débuts... Honte




Nous voici à jeudi, journée de rentrée pour les élèves. Eh bien effectivement, je vous assure que c’est quelque chose de voir une marée de petits garçons, tous habillés pareils, folâtrer dans des lieux qu’on trouvait si vastes et solennels. Une cérémonie d’accueil dans la grande salle, mit proviseur en robe de sorcier et morceaux joués à l’orgue, redonne un peu de majesté à tout ça en début de matinée, puis les élèves sont relâchés à la pause en attendant de gagner leur salle de cours. J’essaie de bien appliquer les conseils de navigation, mais, franchement, les petits sont impeccables. Pour vous donner une idée, il s’est trouvé une fois que j’arrive à une grosse porte à battants vitrés en même temps qu’un groupe de quatre garçons qui chargeait en face. Avec le naturel conféré par des années de condition étudiante dans des établissements publics franchouillards, je m’arrête pour laisser passer le flot. Et LÀ cette petite chose, ce petit écolier aux longs cheveux, d’à peu près 11 ans sans doute, POUSSE la porte, puis la TIENT OUVERTE en me considérant avec de grands yeux tandis que les trois autres larrons ATTENDENT DERRIERE en retrait pour me laisser passer. Et LÀ des années de misanthropie et de dégoût du prochain fondent comme neige au soleil en l’espace d’une fugitive seconde, je me fends d’un « Thank you ! » du genre trop touché et je retiens à grand peine le fameux « Aaaaaawww » d’attendrissement que T-bag pousserait face à… ben, face à un petit écolier aux longs cheveux d’à peu près 11 ans sans doute, finalement. -_____-‘


Ce jour-là, je vais observer des classes et heureusement, parce que la semaine d’observation qu’on m’avait promise va se résumer à ce jour-là, puisque je suis censée donner des cours le lendemain -____-‘. Au moins j’ai pu prendre un peu la température avant de monter sur scène, et ce que j’ai vu m’a plutôt rassurée. C’est une atmosphère bien particulière qui règne dans les classes de la Bolton School, en vérité. Les élèves ponctuent souvent leurs réponses non-scolaires de « sir » (et je vous rassure, ça n’a rien à voir avec ceux qu’aboient les militaires ricains, c’est tout en diphtongue et en douceur) mais tout en même temps il semble se dégager une sorte de familiarité entre eux et leurs professeurs, surtout perceptibles chez les plus âgés, les jeunes gaillards de 17 ans qui ont déjà fait leurs preuves en demeurant dans les classes de français. Je ne voudrais pas jouer les agences de pub mais c’est comme si, au-delà du respect, on sentait une sorte de complicité communautaire entre certains d’eux. Et puis, ces Britanniques que je croyais presque aussi comme-il-faut que les Asiatiques et que tout le monde prend pour des belettes frigides, figurez-vous qu’ils n’ont pas les quatre pieds blancs ! Alors que j’assistais à un cours que Martin donnait à des gamins de douze ans, celui-ci interroge un élève qui, faute de pouvoir donner la réponse attendue, détourne la question pour pouvoir répondre à-côté quelque chose de pertinent en soi. Martin esquisse alors son sourire coincé de prof désabusé et lâche : « … Cunning linguist… » (littéralement « petit malin de linguiste » pour les non-anglophones). Moi, je ne peux pas m’empêcher d’émettre un hoquet étouffé de choc et d’amusement, et quelques élèves seulement se mettent à rire (sans s’esclaffer), certains retournant vers moi leurs trognes joyeuses. Non mais franchement, je me demande combien ont compris le jeu de mot qu’il y avait à comprendre, y compris parmi ceux qui se sont amusés de la réplique. Non mais quand même, vous vous rendez compte ? Si je m’étais attendue à ça dans une école où on nous demande de ne pas porter de jean…



Le lendemain matin, après avoir passé la veille au soir à élaborer un cours de présentation pas trop bateau et l’avoir répété devant mes rats, je mets presque autant de temps à choisir ce que je vais me mettre sur le dos qu’une pouffe avant d’aller chercher le pain du dimanche. Finalement, j’opte pour le tee-shirt noir-gris-blanc que ma maman m’a ramené de Lille. … Et puis je me plaque les cheveux sur le crâne telle John Abruzzi et je les enferme entre les griffes d’une grande pince. Je me persuade que ça me donne l’air plus professoral – même si, quand j’ai expliqué ça au déjeuner à un prof d’allemand qui, du coup, ne m’avait pas reconnue, il a simplement esquissé un gentil sourire avant de retourner à son assiette… Les deux cours que je dois donner sont les deux de l’après-midi, ce qui me laisse toute la matinée pour stresser mais, honnêtement, ça va. J’ai de la paperasse pour m’occuper. Et puis, j’accompagne Helen pour participer à son cours, ce qui constitue une bonne transition. Je pose des questions à des petits gars de 3ème et je réponds aux leurs. Oui, je dis « petits gars » parce que, vous verriez, collégiens sont tout petits là-dedans ! McNeil s’est d’ailleurs fait la même réflexion, pour le cru des 3ème en particulier. Il y en a toujours qui poussent plus tôt que les autres mais, globalement, ils ont vraiment tout des petits british anémiques avant 15 ans, on leur en donnerait 11. Enfin bref, Helen étant là, ça n’a rien d’impressionnant. De surcroit ils sont assez gentils pour me remercier à la fin du cours, sachant que j’ai pris sur mon temps libre pour venir les voir.


En début d’après-midi, c’est une autre histoire… Après la cloche, j’installe mes affaires dans la salle, toute nerveuse et un peu excitée aussi... Mes élèves arrivent, ce sont des grands de 16 ans et ils sont huit, ça ne fait pas trop peur… Ils attendent que je leur dise de s’asseoir avant de prendre place, comme certains profs de mon collège ont ridiculement tenté de nous l’inculquer faute d’inspirer une véritable forme de respect. AAAAAH c’est si bizarre !! Mais qu’est-ce que je fous là ? En plus ils font tous trois têtes de plus que moi, ils doivent trouver ça ridicule !! Calme-toi ma chérie, Hitler et Theodore Bagwell ont eu sous leurs coupes de grosses brutes nazies alors qu’ils étaient tout pitits, tout est dans l’affirmation de soi. Et puis souviens-toi des conseils de Carol la Canadienne : feins l’assurance ! Ils ne s’en rendront pas compte… Oh oui mais quand même, pourquoi ne suis-je pas John McClane ?


Moi qui avait préparé un mini-discours d’entrée pour leur exposer mes objectifs et les galvaniser jusqu’à ce qu’ils soient prêts à mourir pour le français, je peux vous dire que j’ai fait beaucoup moins bien que le roi Theoden avant la bataille du Pélennor précédemment citée… Faut dire aussi que j’avais pas de cheval. Mais enfin je ne sais pas si c’est vraiment une excuse valable. Toujours est-il que pendant que j’y vais de mon petit couplet d’introduction, je sens la malédiction du rougissement s’emparer de moi… Ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Mes copines savent de quoi je parle. Sitôt que le moindre rosissement s’annonce et se fait connaître je suis bonne pour l’explosion fleurie d’un bon rouge wriggles au travers de la tronche. C’est atroce. Mais la fin voulant les moyens, dans le plein feu de l’action, je trouve suffisamment de ressources en moi-même pour l’ignorer et le faire passer en trente secondes de parlotte afin de regagner une contenance nécessaire. Mais sincèrement, je ne peux que remercier grandement mes premiers élèves, qui m’ont regardée sans broncher, sans sourire, et sans en profiter un instant. Il faut dire qu’à ce stade ces gars ont choisi d’étudier le français et sont sincèrement intéressés par la perspective d’entraîner leur parler en discutant avec une native, du moins j’aime à le croire. En tout cas, apparemment, ils étaient déjà au-dessus de ça, et c’était vraiment ma chance. Franchement, je pèse mes mots en disant que je n’aurais pas pu rêver mieux pour sauter le pas ; parce que la toute première minute passée dans l’autre camp est vraiment la plus difficile. Tout le reste du cours est allé comme sur des roulettes, et j’ai pu apprécier différentes personnalités d’élèves : le très-impressionnant qui veut devenir avocat, celui qui a toujours un avis intéressant, le petit rigolo curieux de tout qui n’a rien d’un bouffon et met toute la bonne volonté du monde à parler même s’il n’est pas très fort à l’oral. Bref, c’était chouette. Et en plus ils me remercient pour le cours en quittant la salle, les anges !


La deuxième leçon se passe aussi très bien, et je n’ai aucun mal à m’y lancer, cette fois. Les conditions sont encore meilleures, puisque je suis avec quatre gaillards de Terminale – lors de leur dernière année, ils peuvent choisir leurs propres costumes, ça diversifie un brin le paysage… mais un brin seulement ^^’. J’ai eu un moment intéressant pendant ce cours. Parmi mes questions pour apprendre à les connaître, il y avait « Quelle serait la première loi que tu édicterais si tu en avais le pouvoir ? » Jamais vous ne devinerez ce à quoi j’ai eu droit. … Le rétablissement de la peine de mort ! Et le truc le plus incroyable, c’est qu’après qu’Abdul l’ait proposé, ils ont pratiquement tous approuvé (sauf un, qui s’appelait Michael, évidemment…). Non mais si c’est pas totalement surréaliste pour notre culture ?? Là d’où je viens, si un lycéen s’était prononcé pour la peine de mort, il aurait été verbalement lynché par toute la classe et officiellement ostracisé ; là, ils s’accordaient sur le fait que c’était une bonne idée ! « Et pour qui la peine de mort ? Seulement pour les meurtriers ou… ? » Là, par contre, vous pouvez deviner la réponse qui est sortie : « Les pédophiles… » ! Ma première réaction consiste évidemment à sauter mentalement sur mon T-bag pour m’y accrocher en clamant « C’est pas d’sa faute s’il aime les enfants ! Il a été traumatisé par son papa, qu’était aussi son oncle en plus !! ». Avouons-le, comme bouc émissaire, c’était tristement commun. Mais j’apprécie tout de même l’intérêt purement anthropologique de la réaction obtenue à la question générale. C’était pour le moins inattendu chez un groupe d’individus de 17 ans. Enfin, je simplifie un peu en disant qu’ils étaient tous d’accord sauf un. Un autre se rapproche plus de ma position, en disant qu’il considère l’idée comme moralement juste dans le cas d’un meurtrier, mais que dans la mesure où la justice est une instance imparfaite, la possibilité de la mise à mort d’un innocent doit proscrire de principe l’institutionnalisation de la chose (sachant qu'en plus, selon moi, une véritable condamnation à perpèt’ serait bien plus à même de tourmenter un individu, sinon moralement, au moins physiquement et psychiquement...). Le dernier quant à lui pensait que non-seulement il fallait remettre en place la peine de mort mais aussi obliger les criminels à donner leurs organes. Celui-là m’a fait éclater de rire. Voilà un raisonnement qui me plaît ! Aussi délicieusement pragmatique que Mrs Lovett confectionnant des tourtes à la viande avec les victimes de son locataire. Moi j’vous l’dis, si ces petits arrivent un jour dans les hautes sphères, ce qui n’est pas totalement improbable, les comités d’éthique pourront ergoter sur autre chose que les mères porteuses...


Et voici pour mon tout premier essai en tant que Memselle la prof de français. Laughing

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Mailine
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Jeu 24 Sep - 21:21

Rah, j'adore tes comptes-rendus ! Tout ça me passionne au plus haut point et j'ai hâte de voir la suite !
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Ven 25 Sep - 9:36

Mais c'est le paradis c'te affaire ! *_____*
Je veux dire : des élèves qui remercient à la fin du cours. A-t-on jamais vu ça en Belgique (ou en France) ? *retient une larme d'émotion*
Bon ben tu auras de quoi t'occuper... Smile

En tout cas, pour le coup de la peine de mort, c'est en effet assez étonnant... Un peu inquiétant aussi peut-être ^^;;
(C'est marrant, parce que dans mon école, ceux qui se prononçaient pour la peine de mort étaient ceux qui n'atteidraient sans doute jamais les hautes sphères... Tandis que les "bonnes" classes défendaient unanimement les droits humains Razz. Faudrait aller voir dans les lycées ultra privé....)
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s0phia
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Lun 28 Sep - 23:08

Je suis d'accord avec Mailine, j'adore tes comptes-rendus ! Des perles ! C'est toujours trés sympa de te lire =D

Des élèves qui disent mercci ? Mais des vrais anges, ces British =D
Mais ce doit être franchement sool de se trouver face à une classe réceptive, qui est vraiment là pour toi, ton cour.
En tout cas, j'espère que tout se passee bien. Impatiiente de te relire. Bon courage, bisous
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Mer 30 Sep - 19:45

Lol, merci de votre intérêt ! Ca fait bien plaisir.
Oui oui, je suis bien d’accord avec vous : des élèves qui remercient pour le cours, quoi ! Bon, ils ne le font pas tous, hein, loin de là, c’est seulement quelques uns. Mais ça reste quelques uns quand même ! Et puis cela montre aussi que ce n’est pas un automatisme qu’on leur a inculqué. Ceux qui le font doivent être, du moins j’aime à le penser, sincères. Ça fait chaud au coeur en tout cas. Tiens, aujourd’hui, j’ai aussi eu un 1ere d’une classe qui avait été assez agitée hier et que j’avais dû réprimander à plusieurs reprises (rien de méchant, vraiment, juste du bavardage et de la bouffonnerie constante entre eux qui devenait très agaçante) qui est venu me dire dans les couloirs “Désolé d’avoir foutu le caillon hier” en gros. C’est le genre de chose qu’on apprécie. Je ne sais pas dans quelle mesure ça a été exigé par Andrew, leur responsable, mais bon… en tout cas, jusqu’à présent, il est le seul à l’avoir fait et je lui mets une pierre blanche dans la balance pour ça.

Oh tu sais Tite Fraise, peut-être que quelques années de plus leur feront changer d’avis… Enfin j’en sais rien. Parfois c’est le contraire… Moi, par exemple, il m’a fallu quelques souffrances existentielles de plus avant d’être en faveur de la peine de mort pour les chanteurs illettrés.
Enfin dans tous les cas je vois ce que tu veux dire. En ce qui me concerne, je ne crois pas que j’aie connu un seul débat scolaire où quelqu’un défendait cette position. Il faut dire aussi que parfois la pression de la masse conduit les partisans éventuels à fermer leur gueule, ce qui est tout aussi dommage, en un sens. Au fait, si ça peut réconforter la cantonade, j’ai posé la question à mes autres Terminales juste par curiosité, et eux m’ont tous répondu qu’ils désapprouvaient…

Merci encore pour les gentils encouragements, Sophia, voilà la suite de notre grande saga « La Halfeline maîtresse d’école » (après « Martine cuisine » et « Legolas fait du bateau »…) !






A l’heure où je reprends ce journal, vous ne devinerez jamais ce que je viens de faire. Je rentre tout juste d’avoir poussé la balle comme on pousse un étron en compagnie des collègues et des garçons. En gros, je viens de me payer une séance de foot comme je ne m’en étais pas payée depuis mes 11 ans !
Boromir Pour retrouver "La Halfeline maîtresse d'école", vous êtes invités à vous rendre directement à la flèche suivante. Arrow

Tout a commencé au déjeuner que j’ai passé comme souvent avec les deux allemands, quand Sebastian me confie avoir un peu d’appréhension pour le match de l’après-midi. Ah, un match ? Quel match ? Ah, ils organisent une rencontre entre les élèves et le personnel et ils sont venus te chercher pour te persuader de participer ? Tiens, c’est marrant, personne n’est venu me mettre la pression, à moi… Dommage, ça m’aurait bien amusée. Si je me sentirais à l’aise avec la chose ? Oh mais, mon cher, gamine j’étais fouteuse ! Et avec qui crois-tu que je jouais ? Des mistinguettes à petites barrettes, petites jupettes, petites couettes ? Ha ! Oh, tu crois que je pourrais en parler à Chris, le responsable des langues ? Mmmh, eh ben t’as raison mon pote, peut-être que je le ferai. Tout cela m’amène dans le bureau de l’intéressé, qui organisait, et je pointe mon museau pour demander si, par hasard, ils auraient encore besoin de monde pour le match de cet après-midi. J’ai vu un instant le désarroi le plus abyssal passer dans les yeux de Chris. Puis il enchaîne : oh, oui… oui… en plus tu m’avais dit que tu faisais du foot, Ariane, n’est-il pas ? Oui, enfin, j’en ai fait surtout, il y a un certain temps. D’accord… heum, tu as des bottes à crampons ? … Nnnon mais j’ai des baskets… D’accord. Et tu as ces trucs pour protéger les jambes ? … Non, pas exactement, non… Oh mais, je suis sûr que si tu veux venir, on peut trouver une solution, quelqu’un t’en prêtera… Oh la, et il faut dire aussi que les maillots sont, genre, gigantesques he he… He… … Oui, ce serait super si tu voulais participer. Enfin je ne veux surtout pas paraître grossièrement sexiste mais, tu sais, c’est une confrontation avec le personnel alors les garçons vont être un peu… (Come on, mec, tu veux me faire croire que ce sont les bagnards d’Oz pendant un basket contre le staff du pénitencier ?) Ben si tu préfères Chris, je viens d’abord regarder et si je me sens… Oui, c’est ce que j’allais te proposer. Eh bien parfait. Great. Nice. Peace. See ya later !

Ce qui m’amène, après les cours et un verre de lait de chèvre avec une pêche pour me fortifier les abattis, au terrain de foot où je prends le match en route avec Abdul (un de mes Terminale, celui qui proposait de rétablir la peine de mort ^^’) et quelques autres gars. En regardant tout ça je comprends vite que Martin, le professeur de français, est un gros fou de foot, totalement hors de portée. A cause de lui, les pauvres garçons se font relativement plier par le staff. Niark. Ce qui me rassure, en revanche, c’est que Sebastian ne fait pas spécialement des étincelles (touchant peu le ballon, il faut bien le dire). Finalement, à la mi-temps, Chris me demande si je veux jouer et, la réponse étant positive, me balance en souriant un maillot effectivement gigantesque. J’ôte mon cuir, ma liquette sans manche, mon pull, et je resserre le cordon de mon futal avant d’enfiler la chose. « Are you going to play too, Madmselle ??! » me demande Abdul, hystérique, comme si la chose tenait du prodige. Ah ben j’vais essayer, mon gars, j’vais essayer. Cinq minutes plus tard, je rentre. Et là, il faut vous figurer la halfeline dans un immense maillot rayé d’orange et de noir courant comme une dératée après le ballon… J’avais l’impression d’être un gros bourdon vrombissant zigzaguant entre les joueurs, ni plus ni moins. Je pensais que la gentlemanie anglaise les réfrènerait peut-être, mais non, ça y est allé au contact franco d’porc, comme dirait Flavie, ce qui est très bien ! N’empêche, c’est dur de ne pas penser à Desproges quand on essaie de cueillir une balle entre les pattes d’un adversaire, vraiment, c’est tout à fait le geste qu’il décrit…. -_-‘ A la fin du match, lors duquel les pauvres chéris se sont fait battre à plates coutures, chose à laquelle je ne m’attendais pas, l’arbitre fait tout de même des remontrances aux profs en leur disant qu’il ne comprend pas pourquoi ils m’ont si peu passé le ballon alors que j’étais souvent bien démarquée. Ah, eh bien moi qui essayait de me convaincre que c’était mon agressivité féministe semeuse de discorde, ça me fait quand même plaisir. Merci bien Monsieur l’arbitre. Ceci montre donc que ces petits béjaunes de profs se prenaient quand même pas mal au sérieux dans leur ma-match contre les élèves. Il s’agissait de compter sur les personnes de confiance pour les attaques décisives, et de gagner… Mais bon, c’était quand même bien marrant ! Et c’est agréable de boire un bon coup tous ensemble après. Le fait d’avoir accompagné Seb pour rendre nos maillots dans la baraque des vestiaires – et pas dans les vestiaires, bande de pervers – m’a aussi valu les hauts cris très flegmatiques (ils sont british après tout) de Chris qui s’est senti obligé d'alerter toute sa brochette de confrères de mes velléités de voyeurisme. Que voulez-vous que je réponde à cela, franchement ? C’était aussi très purgatif, si j’ose dire. A l’heure qu’il est, j’ai l’impression que Tony Soprano est assis sur mes genoux et qu’on m’a vidangé les poumons de fond en comble.



Arrow Reprenons cependant la suite de mes premiers jours à la Bolton School, que je résumerai dorénavant à de petits épisodes notables. A présent que je les ai tous vus, je peux me permettre d’affirmer que, dans l’immense majorité, les élèves sont adorables. Lorsque l’on fait de la conversation, ils mettent souvent de la bonne volonté à exprimer ce qu’ils veulent et sont aussi curieux de plein de choses. Il n’y a que deux classes dans lesquelles j’ai dû faire de la discipline, et aussi étrange que cela puisse paraître, pas les plus petites. Les 2ndes semblent en fait rassembler la plus grande proportion de petits péteux et Sebastian, de mon avis, explique cela par le fait qu’ils viennent d’avoir leur premier examen et s’en trouvent assez auto-satisfaits. Il y a un après-midi où les circonstances matérielles n’ont pas aidé non-plus, puisque la salle d’histoire dans laquelle on nous avait collés était trop petite pour que chacun ait une véritable place. Les gamins étaient serrés, et c’était là la meilleure occasion de jacasser et de glousser pour ces petites oies. Oh ce jour-là, j’ai dû botter du cul de petit garçon ! Un certain James, en particulier, a commencé par arriver en retard pour n’écouter strictement rien de ce que je lui disais, ou plutôt ne l’appliquer que pour une durée approximative de 30 secondes. Quand il m’a lancé en étant très content de lui qu’il n’aimait pas les échecs « parce que c’est un sport de pédés » (sic…), il a fallu que je me farcisse le chapitre « « Pédé » est une abréviation de « pédéraste » à connotation définitivement péjorative sous-entendant que les homosexuels ont par nature une virilité atrophiée et je ne tolérerai dans ma classe aucun vocabulaire à caractère homophobe » (Pour le coup, c’était le moment d’être pédagogue…) Je pense que le message est bien passé mais, si l’animal récidive, je lui présenterai Keller pour qu’il ait une idée de ce qu’est un pédé, un vrai, un tatoué. Enfin bref, cette classe-là, sur la fin, j’ai eu vraiment du mal à maîtriser. Ils n’était pas « directement » insolents mais tout simplement trop absorbés par les commentaires personnels que suscitaient la conversation du cours pour en avoir quelque chose à cirer quand je leur disais de se taire (Peut-être aurais-je dû troquer le so british « Stop chatting pleaaaase !! » par « SHAT YAR FOUL MOUTH, BOI !! » mais ils ne m’ont tout de même pas poussée dans mes sudistes retranchements). Il est plutôt opportun que Robson, le responsable de cette classe, m’ait demandé de lui-même comment ça s’était passé. Je n’ai pas eu à jouer les délatrices actives. Apparemment, il devait déjà prendre le petit James entre quat zieux pour une histoire de « commentaire inapproprié à l’égard d’un autre élève » dont je peux d’ici imaginer à peu près la teneur ; il a donc ajouté ses turbulences à son ardoise. Je tends à penser que la politique de l’endroit en matière de discipline n’est pas au laxisme – il n’y a qu’à voir la façon dont Robson lui-même a insisté pour que je ne laisse rien passer – mais nous verrons comment le drôle se comporte la prochaine fois, qui aura en principe lieu dans une autre salle…

L’autre classe a été matée plus aisément (sur le moment... on en reparlera -_-'). Robson a l’expression parfaite pour résumer cela : ils ont poussé un ou deux boutons pour voir ce que ça allait faire. Je fus ferme. *enfile ses lunettes de soleil à la Cartman* « RESPECT MY AUTHORITAAA ! » Ca paraît très incongru comme ça, et je suis sûre que si je pouvais me voir moi-même en train de jouer la vilaine maîtresse, ça me ferait pouffer de rire sous cape. Pourtant encore une fois, tout est dans la composition. Il n’y a pas le choix, de toute façon : si on ne le fait pas, on se fait bouffer. Il suffit d’avoir bien conscience du rôle qu’on doit tenir par rapport aux autres intervenants, et d’agir en conséquence. Si un élève outrepasse sa position, il faut le rabrouer pour bien délimiter ses plates-bandes, et cela peut se faire très honnêtement si l’on a affaire à des jeunes hommes de bonne volonté. Je pense que pour ça je dois remercier l’étude des intrigues intra-claniques carcérales, bien sûr, mais surtout mes années de jeu de rôle avec les potes. Le reste s’est déroulé dans la bonne humeur. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire quand un élève a lancé à un autre larron qui avait répondu à la question à sa place : « Keep it in your pants… ».


Voici donc pour les seules difficultés que j’ai rencontrées jusqu’à présent, mais à part ça, aller faire cours à ces petits bonshommes est bien souvent du pain béni. C’est à tel point que par deux fois je leur ai fait savoir à la fin du cours que c’était un plaisir de travailler avec des élèves aussi intéressés et qui participaient autant, et je peux vous dire que ça leur fait tout plaisir d’entendre ça, au vu de leurs sourires et de leurs remerciements. Les plus jeunes sont marrants quelques fois. Pendant les présentations, ils pouvaient me poser des questions, et c’était comme s’ils avaient voulu tout savoir. Ils m’ont demandé entre autres si je pouvais faire la différence entre l’accent british et l’accent américain ; pour illustrer mon propos, j’ai pris mon plus bel accent T-bagien-péquenot-consanguin-du-sud-pur-veau-du-Dakota pour leur déclamer un superbe « I ain’t gonn do tha’ no more, boi ! » tout en purée locutoire, ce qui les a considérablement amusés. ^___^

Les plus vieux sont certainement ceux avec lesquels on peut s’offrir les cours les plus intéressants. Dans l’une de mes deux classes de Terminale à quatre élèves, en particulier, il y a deux gars qui ne tarissent jamais de choses à dire, dont la teneur dépasse la simple phrase de français correcte. Nous avons de vraies conversations, finalement, même si elles ne sont pas aussi fluides que des bavardages entre natifs, que je dois leur donner des éléments de vocabulaire, simplifier et expliciter mon discours. Sur l’immigration choisie, ils évoquent les conséquences pour les pays pauvres, sur le voile, j’interroge la légitimité morale de l’avilissement volontaire avec l’exemple des esclaves de maisons dont Malcolm X parlait lui-même. Bref, on a autre chose à moudre que « Qu’est-ce que tu manges comme légumes ? » et c’est tout à fait enchanteur. En outre, aujourd’hui, j’ai eu le plaisir d’entendre Sebastian me confier que Samuel et James (les deux gars en question, James n’étant pas le même que le précédent, évidemment…) lui avaient dit être « « fascinés » » par mes cours *regarde par la fenêtre avec une auréole sur la tête* …. Hem, bon, je suis à peu près sûre que Seb a magnifié le terme exact faute de s’en souvenir exactement mais quand même… c’est le genre de chose qui vous fait avaler votre pitance journalière de travers et demander à ce qu’on répète… et qui vous illumine la trogne pour la journée. ^__________________^ Je vous assure que ce genre d’écho a une résonnance particulière en vous, quand vous avez entendu tout un chacun affirmer que votre prédécesseur était sans doute le meilleur assistant qu’ils aient jamais eu, et que vous ne sentez pas du tout une pression incommensurable peser sur vos épaules grêles et non-aguerries…

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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Sam 3 Oct - 17:23

C'est un vrai plaisir de lire tes comptes-rendus (avec du retard, pour cause de rentrée, mais beaucoup de plaisir quant même).

Les élèves et les membres du staff semblent être très agréables à vivre, ce qui doit donner une ambiance de travail des plus agréables.
Au lycée, je n'ai jamais eu la chance de travailler avec des assistants d'anglais (monopolisés en fait par les classes européennes) par contre cette année à la fac on à un lecteur venu tout droit de l'Arizona profond, quadrillingue, passionnant et très sympatique, aussi dérouté que nous face à l'accent british (ce qui est assez amusant vu qu'il s'occupe des cours d'oral) et qui nous donne des conseils précieux tel que : "It may seem a paradox, but to improve your pronunciation, you have to mumble."

Par contre, sur la peine de mort, je peux te garantir que l'opinion dominante dans ma classe de terminale dans un lycée publique français des beaux quartiers de la banlieue parisienne, était, à ma grande horreur, tout à fait en faveur de son rétablissement.

Bonne chance avec tes petits anglais en tout cas, et au plaisir de lire la suite. (J'aurais plus de choses à dire mais faut vraiment que je finisse d'écrire la page 126 de mon autobiographie).
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Dim 4 Oct - 19:02

Vraiment ravie que ça te plaise Ana. Smile

Lol, oui, votre lecteur a tout à fait raison, finalement ! J'aimais bien bosser avec eux moi aussi. Certains étaient plus inventifs que d'autres... mais dans tous les cas c'était agréablement interactif et authentique.

Non, tu rigoles ? Shocked De là où je me tiens, ça paraît parfaitement dingue qu'une classe publique non seulement soit en partie favorable à la peine de mort, mais en plus le soit majoritairement ! pale Et c'est marrant de noter tous ces paradoxes : chez Tite Fraise c'étaient apparemment les plus éduqués qui étaient contre, si j'ai bien compris, et chez toi c'est un lycée de "beaux quartiers" donc, ne soyons pas hypocrites, de gens plutôt mieux instruits que la moyenne qui est pour. Cette histoire semble sortir de toute logique de catégories... Dans tous les cas je suis sciée. C'est si loin de moi... Tu as dû te sentir bien seule, ma pauvre. C'est quand même bizarre. La perpèt' me paraît tellement plus pertinente à tous points de vue !

Oh, mais tu m'intéresses, là. Tu écris vraiment une autobiographie ? C'est dans le cadre de quelque chose ou c'est juste pour toi ?
Tell me more, Georgie-boy, tell me more...

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Anathema
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Dim 4 Oct - 20:06

Ce qui est très sympa avec lui c'est que les questions de civilisation le passionnent, et qu'il aime beaucoup à faire des comparaisons entre nos deux pays.

Et bien en fait, j'avais également été très surprise (et choquée bon sang, surtout qu'en Terminale, ils avaient presque tous le droit de vote ou bientôt).
Quant à l'instruction et bien, oui, c'est un fait, ils en ont plus. Ceci dit, selon Bourdieu par exemple le capital culturel et économique ne vont pas forcément de paire. Et puis, entre les pères en majorité ingénieurs, chefs d'entreprise, etc... (et les mères au foyer en presque totalité) ils avaient finalement accès surtout à une culture "scientifique" ou "mathématique" plus qu'a une culture historique, philosophique, etc...
Et puis, soyons honnête, ils étaient quasi-tous de droite, bien de droite comme... et bien la majorité de la population de ces quartiers là. Je veux dire, au moment du CPE, certains élèves avaient organisé une sorte de "manif" anti-CPE parce que, partisans de Sarko, ils espéraient que l'échec du CPE allait couler Villepin.
Et la politique pénale de cette droite là, qui espère détecter les futurs délinquants vers trois ans, qui créer des fichiers dans lesquels les délinquants sexuels sont inscrit pendant 30 ans, etc... Je suis pas sur que ce soit elle qui croit le plus que l'Homme peut changer, évoluer. La peine de mort est alors, dans cette logique, moins incongrue.
(Je suis pas en train de dire que l'UMP ou Sarkozy veulent rétablir la peine de mort. Je m'essaye juste à cerner quel type de convictions peuvent être celles d'un jeune adulte favorable à son rétablissement).
Je crois ceci dit, pour en avoir discuté avec une amie et camarade de classe venant elle de la "cité", qui m'a attentivement écouté et pris en compte mes arguments sans vraiment pouvoir m'en opposer, que ce soutient à la peine de mort tient plus de la soif de sang, des émotions, que de la réflexion raisonnée sur ce qui est mieux pour la société et l'ordre publique (ce qui est pourtant censément la base de la loi pénale...).
Oh, et bien sur, la prof de français s'est vite empressé de changer de sujet, au lieu de faire appel à Monsieur Hugo.

Alors, je n'ai écris que la page 126 de mon auto-biographie. C'est mon devoir pour lundi dans le cour de Creative Writing que j'ai pris en option ce semestre (j'aime ma fac).
Pour dans quelques semaines, en littérature française, je dois écrire une nouvelle "réaliste" reprenant le mythe d'Oedipe aussi. Et tenir avec de 10 à 15 minutes à l'oral.
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Dim 4 Oct - 21:25

Non, c'est sûr, le capital économique est loin d'induire forcément un capital culturel, surtout si on affine les comparaisons comme le fait Bourdieu. Néanmoins si l'on regarde dans les grandes lignes seulement, entre "le milieu chic lambda" et "le milieu nécessiteux lambda", il semble qu'il aide à y avoir accès... ou alors la discrimination positive qui bloque des places de prépa pour les établissements de banlieue n'a définitivement plus la queue d'une légitimité Maudit.
Intéressant le petit graphique, en tout cas. Smile
C'est surtout ta remarque sur la culture "scientifique" qui me paraît le plus mettre le doigt sur la chose, finalement...
(Lol, j'y crois pas pour la manif... Laughing )

Ce n'est qu'un détail de la discussion mais, de mon côté ça ne me choque pas que les dossiers des délinquants sexuels soient archivés pendant un bout de temps. On sait que ce type de comportement est sujet à récidive et puis, surtout, le tort que ça leur fait reste pour le moins limité par rapport aux séquelles que les victimes vont, elles, se traîner à vie.
Cela étant, j'ai moi aussi ri à gorge déployée quand Sarko nous expliquait qu'ils allaient bientôt détecter le gène de la pédophilie, en avançant l'argument suivant, je cite : "Est-ce que vous trouvez que c'est normal d'avoir envie de violer un enfant de cinq ans ?" "On ne saurait l'affirmer", répond le disciple platonicien ou le premier péquin venu. "Vous êtes d'accord, ce n'est pas normal ? Donc c'est bien que c'est génétique." Conclusion implicite logique...

Citation :
ce soutient à la peine de mort tient plus de la soif de sang, des émotions, que de la réflexion raisonnée sur ce qui est mieux pour la société et l'ordre publique (ce qui est pourtant censément la base de la loi pénale...)
Mais, tu sais, je ne suis même pas convaincue que la peine de mort soit moins favorable à l'ordre public ! En tout cas je ne suis vraiment pas sûre que l'argument doive se baser là-dessus. Il n'y a jamais eu d'ordre public plus parfait que celui des régimes autoritaires où l'on zigouillait pour un pet de travers... Confused Et cela prouve d'ailleurs que la peine de mort n'est pas qu'une question d'émotion, ça correspond aussi à un certain idéal politique... "hobbesien" oserais-je dire ? On délègue tous les pouvoirs à une institution, y compris sur nos vies, et si le bon roulement de la société doit passer par ce sacrifice particulier, qu'il en soit ainsi...

AAAAAAH ! Bougre de fichtre, mais c'est génial ce cours !! Je veux le même ! Foule Pourquoi on a pas ça dans notre merveilleuse "Université de Bourgogne" ? *va se jeter sur son lit pour se lamenter*

(Et au fait, qu'est-ce que tu as pondu alors ? Tu pourrais peut-être nous faire partager les meilleurs résultats de cet exercice régulier !)

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Ruika
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Dim 4 Oct - 22:34

*s'incruste sans honte*

Moi, l'année dernière, on m'a forcée à faire mon autobiographie alors que j'avais pas envie >< C'était norrible *petits n'oeils larmoyants*

Certes, le prof a adoré et je suis la seule à qui il ait donné des commentaires au final (un mail trèèès long et un peu philosophique) et je suis plutôt satisfaite du résultat avec le recul mais bon... j'aime pas voir un tel exercice imposé à la fac... est-ce toujours le bon moment pour la personne que de remuer certaine chose ?
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Anathema
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Dim 4 Oct - 23:18

Bien sur, les enfants issus de ces milieux sont privilégiés dans l'accès à la culture scolaire (qui est, tjr selon Bourdieu la culture de leur classe sociale), ne serait-ce que par leur bagage de vocabulaire à l'entrée au primaire par exemple.
Mais oui, je pense que c'est surtout une question de "culture scientifique".
(C'était vraiment déprimant cette manif. Ils étaient tout sincère et c'est a seule foi en 3 ans de lycée où je les ai vu aussi impliqués politiquement.)

Concernant le fichage des délinquants sexuels, je ne me prononcerais pas, je ne me suis pas suffisamment penché sur la question pour me forger une opinion dessus.
Par contre, au delà du problème spécifique des délinquants sexuels, la crainte que j'ai vis-à-vis de ce fichage est qu'il soit en fait une étape vers une généralisation du fichage. On commence par les violeurs, parce que, qui peut vouloir défendre les violeurs ? Et une foi que c'est accepté, on l'entend, progressivement... Je veux dire, en matière d'exceptions pénales, c'est quelque chose qu'on a souvent vu.
Mais oui, j'ai l'impression qu'il y a chez nos politiques un retour assez effrayant au déterminisme comportemental.

Oh mais, défendre la société et l'ordre publique, c'est aussi défendre les valeurs de la dites société, comme la liberté. Valeurs que n'ont pas les dictatures.
Je parlais d'ordre publique en matière de lutte contre la délinquance en fait. J'ai pas vérifié les chiffres depuis un certain temps, mais la dernière foi, ils montraient qu'aux USA (état démocratique, ayant et n'ayant pas la peine de mort) il n'y avait pas corrélation entre les deux.

Après je suis d'accord avec toi sur l'idéal politique que peut sous-tendre la peine de mort. Mais, sur la question spécifique finalement de "la classe de Terminale d'un pays démocratique où la peine de mort est abolie, qui est en sa grande majorité pour son rétablissement : mais pourquoi?!" je ne pense pas que ce soit l'envie de se retrouver dans une dictature qui joue. Et pour avoir discuté avec certains, ils sont assez convaincus quant je leur parle justement du risque de dérives. Sur un plan intellectuel. Mais... au fond, au niveau de l'émotion... ils restent pour le rétablissement, malgré tout...

Mais ouai, c'est très sympa comme cours. Il a en partie emporté mon choix sur cette fac plutôt que rester dans celle où j'étais d'ailleurs.

Quant à poster le résultat ? Et bien puisque quelqu'un semble intéressé, avec plaisir, je suis toujours contente d'avoir des retours.
Après, c'est de l'anglais, et j'ai pas encore un niveau avec lequel je me sente à l'aise vraiment pour écrire. Sur la correction syntaxique de mes phrases en particulier. Donc vous attendais pas à quelque chose de... bien.

Et je suis d'accord avec toi Ruika, l'autobio, c'est dur. Surtout que très honnêtement, j'ai pas grand chose d'intéressant à raconter. Et que j'ai pas forcement envie de raconter ce qui est intéressant.
Mais bon, nous n'avions qu'une page à faire, c'est déjà bien plus confortable.

Mince, j'ai carrement l'impression de polluer ce topic avec plein de trucs sans rapport. Désolée Confused
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Lun 5 Oct - 17:45

Oh, je ne pense pas qu’un professeur puisse demander une autobiographie très détaillée… Si quelqu’un n’est pas d’humeur à l’introspection, il peut bien prendre le parti du vague voire du fictif non ? Je sais pas, ça me paraît un peu dramatisant de dire que cet exercice est dommageable alors qu’il y a tout à fait moyen de ne pas l’affronter si ce n’est pas le bon moment. Enfin, j’admets tout à fait qu’on ne l’apprécie pas personnellement, c’est sûr… Néanmoins, en ce qui te concerne, même si tu l’as mal vécu sur le moment, tu en auras tiré une certaine satisfaction pour finir, parce que tu auras surmonté un obstacle et te sera approprié son objet.

Oui, Anathema, je comprends ce que tu veux dire à propos du fichage. C’est un peu le même problème qui te fait désapprouver la gestation pour autrui : tu crains les dérives éventuelles. En ce qui me concerne, je dirai que je considère son emploi actuel normal. Si la législation devait s’étendre, je reconsidérerais la question. Peut-être que ce ne serait pas le cas de la population et que l’affaire serait vite classée dans les hautes sphères juridiques, me répondras-tu. Le point de vue d’où on se place diverge davantage que nos opinions, je crois, et sans vouloir être simpliste, je suis persuadée qu'encore une fois nos formations respectives y sont pour quelque chose. On regarde la même question dans deux perspectives différentes.

Oui, j’avais eu le même écho sur l’absence de corrélation statistique entre criminalité et peine de mort dans les Etats américains, dans “Oz” il me semble. Ne te méprends pas, je ne voulais pas dire qu’elle garantit mieux le fonctionnement de la société ! Je disais juste que l’ordre public stricto sensus n’était sans doute pas l’élément qu’elle bafouait le plus.

Oui, certes, tu as indubitablement raison pour la raison directe du soutien des quidams de base : l’émotion. Ah la la, je trouve ça génial quand tu me dis “ils n’ont rien à opposer sur le plan intellectuel et sont convaincus de ce côté-là, mais peu importe : l’émotion prime en définitive”. C’est une telle négation de l’intelligence humaine ! Ca me donne envie de mettre la tête contre une brique à tous ceux qui fonctionnent de cette manière, et le pire c’est qu’ils sont incroyablement nombreux, ils peuplent la Terre entière, ces couillons ! Tu n’es pas la seule à avoir été confrontée au “Bien. Tu m’as poussé dans mes retranchements logiques, j’admets ce que tu me dis, mais c’est pas la seule chose qui compte. Je ne me vois pas ne pas croire en ceci-cela, ça ne correspond pas à mon éducation, mon idéal de vie etc.” Ca me fait bouillonner ! Comment peut-on assumer le fait d’avoir un esprit limité avec autant d’aplomb ? Vraiment, je m’interroge…

Tu m’étonnes ! En tout cas vas-y, poste-nous tes réussites. Ne sois pas modeste ; au pire, on pourra t’aider à corriger un détail syntaxique éventuel, mais je suis sûre que ça vaudra le coup !

Et ne t’inquiète pas , c’est l’un des avantages d’être un petit forum reclus : on peut flooder ! Je suis sûre que les gens retrouverons le chemin du journal en suivant les gros pavés… Laughing

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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Lun 5 Oct - 22:16

Disons que ce qui m'a étonné pour le choix de l'autobiographie c'est que la majorité des étudiants de L1 sont quant même tout jeunes, donc sans trop de matériel de base en fait. Encore que mon voisin à écrit un texte sur le fait qu'étant orphelin de père, il avait des tendances mythomanes, s'inventant un père héros mort glorieusement, et qu'il était encore plus mal vu par les adultes autour, le tout e façon très cynique (pour le coup, c'est moi, qui avait à commenter son texte de façon détaillée, y compris sur l'intérêt du propos, qui fut mal à l'aise).

En fait, pas tout à fait. Concernant le fichage, je ne crains pas comme pour la gestation pour autrui des dérives éventuelles. Je soupçonne une volonté politique de généralisation. Et je soupçonne ça parce que il y a pas mal d'exemples récents de ce mode d'action. Par exemple, tout bêtement, le FNAEG, d'abord réservé aux seuls délinquants sexuels lui aussi puis étendu par des lois successives à pleins d'autres crimes et délits.
Nos formations respectives ? Je suis très intéressée, tu développerais ? *curieuse*

Pour l'ordre public en fait, je disais que ce n'était pas l'argument qui intéressait le plus les "pro-peine de mort" alors que ça devrait l'être (avec l'intérêt de la société), puisqu'on parle de politique pénale. Mais oui, même de ce point de vue, la peine de mort n'ets pas efficace.

C'est terrible hein ? C'est pour cette raison d'ailleurs qu'un procès pénal oppose la "Société" à l'accusé, et non pas la victime (même si nos politiques lui donne une place de plus en plus grande). Le pénal, c'est pour garantir l'intérêt de la société (son ordre public, ses valeurs) pas pour réparer la victime. Y'a le civil pour ça.
Enfin, ce n'est pas sur la peine de mort que j'ai été confronté le plus crassement à la bêtise humaine et à l'aplomb dans la limite intellectuelle. C'était au cours de discussion avec mon camarade de classe évangéliste et créationniste (qui adorait les débats d'idée en plus le bougre).
J'aurais du le savoir, pourtant, qu'un type comme ça, alors qu'on a une heure à rien faire devant nous, qui vient me voir journal en main en lâchant comme une fleure "c'est quoi ton avis sur le mariage homo" ne pouvait rien augurer de bon.

Je pense, après mon merveilleux cours de Creative Writing de ce matin que je vais ouvrir un sujet dessus, pour vous parler des exercices qu'on fait (et poster mes écris) alors. Histoire que vous en profitiez.

C'ets bien, j'aime le flood. Et discuter avec toi, c'est toujours très intéressant.
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Ven 9 Oct - 15:50

Oui, j’imagine que le commentaire devait être un peu délicat… Belle preuve de courage, en tout cas.

Hm, grâce à toi j’aurai fait un petit tour sur le site de notre ministère de l’intérieur. Ce fut très instructif.

Oh, quand je disais "nos formations", je pensais tout simplement au droit et à la philo. Je pense que ça me conduit à considérer les questions une par une, dans une recherche de rigueur, et à délibérer pour savoir si la morale est lésée quelque part ("morale" se référant forcément à mon éthique personnelle, que j’estime être mûrement réfléchie et pour autant relativement basique dans ses termes). De ton côté, je crois que tu considères plutôt les choses directement dans un cadre concret, juridique, sociétal, et de fait tu t’interroges directement sur les suites probables, les dérives éventuelles, les conflits avec d’autres clauses du droit… le tout étant également coloré de ton sens moral, évidemment. C’est une impression, en tout cas ! Comme tu l’as compris, j’espère, elle ne vise à déprécier ni l’une ni l’autre des perspectives par rapport à la seconde, et bien entendu elle n’engage que moi.

Citation :
C'est pour cette raison d'ailleurs qu'un procès pénal oppose la "Société" à l'accusé, et non pas la victime
Oui, même si ça doit empoisonner la vie de la victime, parfois…

Citation :
mon camarade de classe évangéliste et créationniste
Okay, n’en dis pas plus… -____-‘ Question aplomb dans la limite intellectuelle, cette engeance-là fait brillamment carton plein…
Et alors, en deux mots, quelle a été la teneur de votre débat sur le mariage homo, même si je pense que j’imagine d’ici les grandes lignes…? (Lilith, je me demande si cette situation va m’arriver un jour…)

Excellente idée, ce topic de creative writing. J’irai volontiers voir ça !

Oh, merci bien… je te retourne le compliment ! Comme je l’ai dit plus haut, d’ailleurs, tu me conduis à apprendre plein de choses sur la législation française, ce qui m’aide considérablement à comprendre la logique de certains raisonnements qui me sont d’emblée absurdes. Et comprendre une logique est toujours primordial.

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Dernière édition par La Halfeline le Sam 10 Oct - 0:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Ven 9 Oct - 21:43

J'ai été assez... embarrassée sur le coup, d'autant plus que le ton du texte était assez léger finalement, et c'était plutôt bien écrit (par contre, l'auteur lui même était un individu fort désagréable).

Et bien, si j'ai pu t'amener a découvrir quelque chose d'intéressant, j'en suis ravie. Et par curiosité, qu'en a tu pensé ?

Il est vrai que j'ai tendance à examiner un loi dans son application et dans ses conséquences, d'un point de vue juridique et... disons, sociologique. Et à être disons... méfiante sur ses motivations politiques. Et c'est vraie que tu as une vision plus... abstraite finalement, sur la nature intrinsèque de la loi. C'ets pour cela que je trouve nos discussions sur ses points intéressantes, j'ai tendance à perdre de vue la valeur morale et les valeurs véhiculées par les lois.

Citation :
Oui, même ça doit empoisonner la vie de la victime, parfois…
Le plus souvent, les victimes ne sont pas satisfaites de l'issue des procès pénaux. Mais peuvent-elles vraiment l'être ?

Il a déjà eu pas mal de mal à admettre que la "volonté de Dieu", ça n'avait rien à faire dans une politique publique. Mais ça à finit par passer.
et voyant d'ailleurs mon propre athéisme farouche, il a abordé la "question homosexuelle" sur l'angle du naturel/pas naturel. Et à bien sur nié avec ... j'ai même pas de mot pour qualifier ça, que la "nature" (déjà ça veut rien dire ça la "nature") "contenait" de l'homosexualité.

Et bien suite à la résurrection de mon ordinateur, le topic devrait pas tarder.
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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Sam 10 Oct - 14:12

Ce que j'en ai pensé ? Hmm... j'étais mi-figue mi-raisin pour tout dire. Rien ne m'a fondamentalement choquée dans ce que j'ai lu, mais tout en même temps la glorification très unilatérale qui baignait le ton des articles était suffisamment voyante à mes yeux pour m'inspirer d'emblée la méfiance. Oui, je crois que ça résume assez bien mon sentiment à la lecture.

Citation :
Mais peuvent-elles vraiment l'être ?
Ah ça, vaste question... et je ne me sens pas assez qualifiée pour y répondre, si tant est que quelqu'un puisse l'être. J'aurais tendance à m'en débarrasser en disant que tout dépend des circonstances, des personnes impliquées, et qu'il n'y a pas deux cas pareils... Tu as un avis plus développé là-dessus ?

Citation :
sur l'angle du naturel/pas naturel
Tudieu mais il n'y a pas d'argument plus creux et avec lequel il est plus facile de conduire les religieux à se mordre la queue !!! Qu'est-ce que ça veut dire, la nature ? Je serais moins radicale que toi : il y a une nature. En revanche là où ça ne fait plus du tout sens pour nous, et je pense que c'est ce que tu voulais dire, c'est que plus rien n'est naturel dans le mode de vie humain !! Bon, alors quitte à proscrire ce qui n'est pas naturel de la communauté des hommes, dis à ton mec de se foutre à poil et d'aller chasser le lapin pour se faire un slibard et se nourrir, à mains nues cela va sans dire ! Dis-lui de détruire toutes les oeuvres d'art qu'il pourra ! Dis-lui de brûler sa putain de Bible ! Lilith, dis-lui de renoncer drastiquement à ce qu'il appelle la charité ! Il n'y a pas émotion plus anti-naturelle que la charité ! Si on devait s'amuser à élaborer une échelle, la charité serait plus anti-naturelle que les rapports sexuels entre semblables ! Combien de mammifères du même sexe partagent le rut, parce que leurs pulsions les y poussent et qu'ils en tirent une satisfaction ? Combien sont susceptibles d'offrir nourriture, territoire, protection à un individu étranger quand cela va à l'encontre de l'instinct de survie ?

Et pour clore toute possibilité théorique d'utilisation de cet argument, aussi impertinent soit-il dans les faits : c'est la nature qui a engendré la culture, tête-de-noeud !

Bon sang mais comment peut-on être assez con pour utiliser un argument qui néantise le fondement de ce sur quoi on s'appuie à la base : une manifestation de la culture, pour ne pas une excroissance...

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MessageSujet: Re: Manchester, England Englaaaand...   Sam 10 Oct - 14:27

J'avoue que moi même, je ne suis pas allé sur le site du ministère pour lire ce qu'ils en disent, je suis restée surtout à Legifrance. Mais ça me semble être un exemple assez probant du "on commence par mettre en place ça pour ces méchants pédophiles, et on l'entend à tout le monde".

Pas vraiment... disons que mon avis se résume assez au tien en fait. Elles peuvent l'être ou pas, selon les circonstances. Et c'est tellement aléatoire que ça doit être vu comme un bénéfice annexe très favorable, mais pas comme un but.

Oh oui, c'est ce que je lui ai dit. Ca se résumait en gros à "mais qu'est ce que tu fous dans un lycée ? Avec des vêtements ? Un mp3 dans ton sac ? Va courir à poil dans les bois au lieu d'aller prier le matin bon sang."
Après, l'opposition nature/culture, vaste débat.
Mais plusieurs études ont montré que l'évolution avait favorisé le développement de traits qu'on appel "empathie", "solidarité", etc... dans des espèces sociables, parce que ça facilitait justement la survie de l'espèce.

Mais de toute façon, un débat de cette nature avec quelqu'un qui croit en la Bible mot pour mot, ça n'apporte rien. Il réfute tout les arguments logiques, c'est terrible.
Enfin, il a du redoubler la 1er : monsieur avait boycotté l'épreuve de SVT du bac parce qu'on y parlait évolution.
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