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 Les belles dames épousent l’hiver - Mailine pour Half

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Qui est le petit lutin écrivain ?
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Ruika
Lilitu à la lanterne
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Date de naissance : 03/04/1989
Age : 28
Localisation : *en mode "Sauvons la Lanterne"*

MessageSujet: Les belles dames épousent l’hiver - Mailine pour Half   Jeu 25 Déc - 20:16

Titre : Les belles dames épousent l'hiver.
Fandom : Original
Rating: PG-13
NB : Ce cadeau a été fait par un petit lutin sauveteur après que KatSou se soit désisté. Il ne respecte donc pas PARFAITEMENT les requêtes que j'avais reçu, par manque de temps mais, peut essayer de combler des envies particulières qui ont pu être émises dans ces requêtes.

Ici, au lendemain du réveillon, il neige souvent. Pas à tous les coups. Parfois, ce n’est qu’un peu de verglas où se prendre les pieds. Parfois, c’est quelques flocons qui se prennent sur le visage. Quelques flocons qui voudraient ne jamais partir mais qui disparaissent, une minute plus tard. Écrasés sur le sol. Parce qu’on ne les avait pas vus.

On ne fait pas vraiment attention à la neige. On la piétine, surtout. On ne fait pas attention à grand-chose, quoiqu’on en dise. On a la tête trop froide. Tout est bouché. Des oreilles jusqu’au nez. Tout le système est enrhumé. Alors, on voit sans voir, on mange sans goûter. On n’entend que sa propre tête, gelée. Parfois, aussi, on aime sans aimer.

Mais pas Florian. Pas lui. Dès qu’il l’avait vue, il l’avait aimée. Chaque année, il l’aimait plus fort. Chaque année, Florian était gelé, de la tête au pied par cette neige-là. Enrhumé, jusqu’à la pointe des pieds. Bouché, suant, dégoulinant. Florian n’était plus qu’un bloc de glace devant elle. Devant la neige la plus douce du monde. Devant ces quelques cheveux blancs. Devant cette vieille dame assise sur son fauteuil. Souriante, toujours. Extraordinaire, pensait Florian.

Elle, la neige pouvait bien lui tomber sur le visage, lui manger le côté gauche, elle s’en rendait toujours compte. Elle, elle n’écrasait jamais la neige. Elle ne dérapait pas sur le verglas. Elle n’était jamais froide. Elle ne se plaignait jamais. Cette femme-là, elle avait épousé l’hiver. Elle était immortelle et belle. Prise dans le plus grand des icebergs. Glacée, mais brillante.

Sublime.

***

Au lendemain du réveillon, il n’y eut pas de neige. Il n’y eut pas un bruit. Pour Florian, il n’y eut qu’une absence. Un truc qui pince le cœur. Un pic de glace coincé entre les côtes.

Il avait pensé qu’un sourire pareil ne disparaîtrait pas. Il avait pensé à l’iceberg, au glacier qui la retenait. A l’hiver qui l’avait épousée ! Mais non, sa belle dame était partie. La neige avait fondue. Écrasée sur le sol. Des pas assassins l’avaient piétinée. Et elle, sans plus d’issue, se répandait sur le sol alors que plus haut, on riait de ce spectacle. On riait pendant qu’elle se vidait de son eau pour que le monde entier puisse boire de tout son saoul. Rire et chanter, et surtout, écraser les vieilles dames. Briser le cœur de l’hiver.

Le pic de glace éclata à l’intérieur de Florian. Ça lui faisait mal. Il repensait à ce sourire, saupoudré de flocons de neige. A cette vieille dame, sur son fauteuil. Cette vieille dame, la seule qui aimait tout le monde et que tout le monde aimait. La seule à qui on ne faisait pas vraiment attention.

Florian se jeta dehors, il voulait voir. Il voulait voir qui l’avait écrasée. Il voulait voir qui ferait des boules de ses cheveux. Il voulait un coupable.

Mais le sol était sec. Il ne neigeait pas. Il faisait moche. La vieille dame était partie et le monde entier se repesait de son crime. Tous les hommes, tous, sont les assassins des vieilles femmes. De sa belle dame.

Florian laissa couler une larme. Et il ne s’arrêta plus. Là, sur ses joues, sa belle dame mourait lentement. Pour lui. Pour ses larmes. Pour son chagrin. La belle dame qui ne se plaint jamais. La vieille dame aux cheveux blancs que Florian aimait plus que la neige elle-même.

Florian voulait un glacier, un iceberg pour congeler ses larmes. Il voulait emprisonner sa belle dans une prison de glace, pour qu’elle puisse sourire pour toujours, main dans la main avec l’hiver. Mais il ne pouvait rien faire. Il restait là, sans bouger. Il la tuait du regard. Assassin, comme les autres.

Une main s’approcha doucement de ses joues. Elle caressa les quelques gouttes d’eau qui s’y étaient installées et les attrapa doucement. D’un coup de mouchoir. Un mouchoir blanc, comme l’hiver, pour que la belle dame y soit bien, pour l’éternité. Emportée par les bourrasques et les tempêtes. Belle et glacée. Pour que tous ne soient pas des assassins.

Florian suivit la main du regard. Il fixa les yeux qui le regardaient. Des yeux saupoudré de quelques épis de blé. D’un peu de soleil. Un peu de soleil caché derrière quelques nuages.
Florian sourit. L’homme aussi :

- Ca va mieux ?

Florian ne répondit pas. Sa tête se dégelait, doucement. La belle dame était partie. Il ne faisait plus froid. Elle était toujours là, au fond, mais Florian avait compris. Les belles dames épousent l’hiver. Et les hommes…

Les hommes, eux, épousent un peu de soleil.


Dernière édition par Ruika le Ven 9 Jan - 16:48, édité 1 fois
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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Date de naissance : 28/08/1987
Age : 29
Localisation : La Comté-Franche

MessageSujet: Re: Les belles dames épousent l’hiver - Mailine pour Half   Mar 30 Déc - 22:30

Un immense merci à mon lutin salvateur dont, sans le savoir, j'avais deviné l'identité dès le titre dwarf. C'est une perle de secours que tu m'as sécrété là en si peu de temps. Comme d'habitude, je suis toute admiration et béatitude. Tu le sais déjà, je me trouve systématiquement hébétée lorsqu'il s'agit de commenter l'un de tes textes, parce qu'ils sont toujours trop riches et surtout trop directement *sensibles* pour se prêter à un quelconque décorticage méthodique. Celui-ci comme les autres en appelle à quelque chose qui se trouve au-delà du simple plaisir intellectuel provoqué par une bonne lecture. On pressent plus qu'on ne perçoit, sans pour autant que la prégnance de la sensation ne s'en ressente le moins du monde. Tout est enraciné dans une réalité qui nous fait un tremplin très efficace vers le reste, où on peut alors flotter sans chercher à se raccrocher aux branches.

Citation :
Florian se jeta dehors, il voulait voir. Il voulait voir qui l’avait écrasée. Il voulait voir qui ferait des boules de ses cheveux.



Je note aussi tout particulièrement la présence de la patte Mailine dans toute sa splendeur. Wink Les vieilles gens, les longs fils blancs, les sourires... et le monde qui ne suit pas. C'est d'autant plus tendre qu'on a la sensation d'y retrouver beaucoup de toi. ^^

Un immense bravo pour un tel brio, et un immense merci pour avoir sauvé mon Noël.

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