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 Le plus heureux des hommes - Ruika pour Mailine

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Ruika
Lilitu à la lanterne
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MessageSujet: Le plus heureux des hommes - Ruika pour Mailine   Jeu 25 Déc - 19:58

Titre : Le plus heureux des hommes.
Fandom : Harry Potter
Pairing : Albus Dumbledore/Alastor Maugrey
Rating : PG-13

Le château de Poudlard reposait au creux d'un écrin blanc, le ciel ne se distinguant plus des étendues neigeuses ou du lac gelé. Il se dressait, aussi superbe et terrifiant que le maître des lieux, pensait Maugrey. Sa petite figure semblait engloutie par les éléments alors qu'il attendait sans bouger devant les grilles, comme hésitant à y entrer. Il laissa échapper un frisson sous la soudaine bourrasque d'un vent des plus glaciales. Il resserra sa pèlerine usée autour de ses épaules, serrant plus fortement son sac en toile contre lui. Le grand Alastor Maugrey, héros des Aurors, cauchemar des Mangemorts, ne s'était jamais senti si faible. Il pouvait combattre l'armée de Voldemort à lui tout seul, suicidaire, sans sourciller. Mais, à l'heure de se montrer humain, à l'heure de redescendre à la hauteur du simple mortel qu'il n'avait jamais cessé d'être, il sentait ses forces lui manquer, son courage lui échapper. Même une réclusion d'un an au fond d'une malle n'avait pas réussi à le briser. Mais Albus... l'image même de ce vieux sorcier, ses yeux bleus pétillants et son sourire tendre, le brisait bien plus sûrement qu'aucune torture ne le pourrait jamais.

Avant d'arriver, pourtant, toute cette mascarade avait paru être la meilleure tactique qu'il avait jamais mise en place. Mais, maintenant, face à cet énorme bâtisse malmenée par la neige, il se sentait comme piégé, au pied du mur. Son sac, qui ne contenait alors que deux très petits cadeaux emballés grossièrement, semblait soudain trop lourd pour ses vieilles épaules. Depuis qu'Albus l'avait libéré de l'emprise de Croupton Jr., ils s'étaient beaucoup rapprochés. Il lui avait fallu du temps pour s'en apercevoir mais, après tout, Dumbledore n'était pas quelqu'un de très tactile. Ainsi, Alastor avait bien dû se rendre à l'évidence. Cependant, le retour du mage noir l'affectait beaucoup plus qu'il ne le montrait face à l'Ordre et, ça, Maugrey le savait bien. Alors, le plus vieux gardait ses distances en quelques sorte... des barrières qui empêchaient leur relation d'avancer vers un petit bonheur simple et commun dont ils avaient pourtant tant besoin. Ils s'étaient rapprochés, mais n'étaient pas proches. C'était typiquement un paradoxe tel que seul Albus Dumbledore savait les construire. C'était un paradoxe qu'Alastor voulait détruire. Définitivement. Ce soir.

Pourtant, un instant, il hésita. Il considéra la possibilité de rebrousser chemin, d'abandonner la mission. Mais cela ferait de lui un mauvais Auror, un mauvais sorcier... un mauvais amant. Il savait que la période de Noël était la plus difficile pour le vieux héros du monde sorcier. Celui-ci s'était confié à lui à propos de sa famille, de la mort d'Ariana. Il savait que cette période de joie familiale était insoutenable mais qu'il la subissait chaque année comme une punition méritée. À cette idée, il sentit l'injustice et la colère se propager dans ses veines. Pas cette fois. Pas s'il avait son mot à dire. Et tant pis s'il devait passer pour un vieux sénile ridicule. Peu importait que son image de terreur du monde sorcier soit brisée pour toujours. Cette année, il s'offrirait pour Noël. Cette année, Albus Dumbledore serait heureux pour Noël, autant que faire se pouvait. Résolu, décidé, en colère encore et un peu angoissé tout de même, il poussa les lourdes grilles de Poudlard avant de traverser le parc enneigé d'un pas rapide.

Il ne s'autorisa à souffler qu'une fois arrivé devant les appartements privés du Directeur. Il avait bien croisé Severus puis Minerva en traversant le château. Cependant, il avait craint de s'arrêter. Même deux secondes, même pour un bonjour, il savait qu'un rien pouvait tout faire basculer et le convaincre de rebrousser chemin. Il s'était donc contenté de les saluer d'un signe de tête. Ce qui, vu l'importance de sa mission, était déjà bien suffisant. Habituellement, il laissait courir son œil magique à travers les vieux murs de la bâtisse. Cet instrument de vie lui avait été pratique mais l'avait surtout, même s'il avait honte de l'avouer, rendu très curieux. Cependant, rien n'avait pu le détourner de son but cette fois.

Après avoir repris son souffle, il leva son poing pour frapper contre le battant, mais suspendit son geste, soudain incertain. Il n'avait plus de doutes, ce n'était pas là le problème. Mais, à travers la porte, il pouvait voir Albus installé sur son canapé fétiche, face au feu, tournant les pages d'un album photo contenant des souvenirs de sa famille brisée. Il se demandait si Albus avait déjà vraiment réalisé, sincèrement compris, à quel point Harry et lui se ressemblaient. Leurs attitudes, leurs réactions... leurs mimiques de protection face au manque et à l'absence. Ils étaient tellement semblables. Pourtant, peu importait combien Albus pouvait être perspicace, Maugrey était persuadé qu'il ne comprenait pas complètement le lien qui existait entre lui et son protégé. C'était l'image d'un vieil homme pourtant si enfantin, de la naïveté qu'il voyait se superposer à l'expérience sur le visage ridé, qui l'empêchait soudainement d'entrer. Le tableau touchait trop pour ne pas être contemplé.

C'était sans compter sur Albus. Lentement, comme s'ils avaient tout le temps du monde, comme s'il savourait chaque mouvement pour le graver dans sa mémoire, le Directeur de Poudlard referma avec délicatesse le grimoire de sa vie, avant de laisser quelques secondes son regard se perdre dans le feu qui brûlait dans la cheminée. Un sourire jouait sur ses lèvres. Alastor savait qu'il était découvert. Pourtant, il ne bougea pas d'un pouce. Il avait envie de laisser faire Dumbledore. Il avait envie qu'il vienne le chercher, là, derrière cette vieille porte de bois qui les séparait encore. Toujours laisser le contrôle à Albus, c'était ce qu'il fallait pour que ce dernier ne se sente pas déstabilisé... Ou au moins, lui donner une impression de contrôle. C'était pour cela qu'il ne bougeait pas, qu'il attendait. Quelque part, après tout, Noël était intemporel. Ils avaient vraiment tout le temps du monde, ce soir.

Le plus vieux se leva avec souplesse. Comment un corps si âgé, si usé, ayant vécu tant de malheurs et tant de combats pouvait encore présenter ce côté félin, Alastor n'en savait fichtrement rien. Mais il se retrouvait à ne pas s'en soucier. Cela rendait Albus tellement beau qu'il aurait pu le regarder se déplacer des heures entières sans se lasser. Il savait que ces sentiments se rapprochaient beaucoup de ceux d'une jeune fille en fleur, mais cette fois-ci, après tant d'années, Maugrey se retrouvait à ne plus vraiment s'en soucier. Il vit Dumbledore ramener sa main blessée contre lui, essayant calmement de la cacher. Une fois cela fait, Alastor le vit se mouvoir, toujours avec légèreté, jusqu'à la porte, les pans de sa robe de sorcier ondulants sous le mouvement. Arrivé à destination, les yeux d'un bleu hypnotisant -même cachés par les lunettes en demi-lune- plongèrent dans les siens. Une lourde porte de bois les séparait et, pourtant, soudain, c'était comme s'ils étaient vraiment face à face. Encore une chose que Dumbledore pouvait faire sans que Maugrey ne comprenne comment. Mais il savait qu'il le voyait, réellement, il laissa donc son propre regard se perdre dans celui du vieil homme. Il lui sourit, où plutôt -il en avait conscience- laissa échapper un rictus qu'il voulait tendre. Cela sembla suffire pourtant et, quelques secondes plus tard, il se laissait introduire dans les appartements du Directeur, quittant le couloir froid pour trouver du réconfort dans le petit salon chaleureusement aménagé.

- Bonsoir Alastor, commença Dumbledore de sa voix calme et apaisante.
- Albus.

Maugrey se laissa diriger sans un mot de plus vers le canapé où il s'assit en essayant de se faire le moins lourdaud possible. Il s'empêtrait souvent avec lui-même, surtout quand il était seul avec Albus. Celui-ci lui sourit avant de lui proposer, d'un ton désinvolte et léger, un thé. Quelques minutes plus tard, deux tasses attendaient à côté d'eux, accompagnées d'une coupe pleine de sucrerie, le tout reposant sur la petite table de salon très finement ouvragée. Pourtant, si quelques instants étaient passés, ils ne les avaient pas comblés par des conversations anodines. Le silence, loin d'être pesant, les rapprochait. Maintenant qu'il était là, Alastor ne regrettait plus rien. Il était soulagé. Être avec Albus, partager un thé, lui lancer des regards en coin, lui suffisait à avoir l'impression que le plus difficile était fait. La présence du vieil homme le calmait. Il n'avait jamais eu peur, n'avait jamais été nerveux ou en colère en sa présence, même pas pendant les combats de la première guerre contre Voldemort. Il réalisa qu'il s'était perdu bien loin dans ses pensées quand la voix d'Albus le tira de sa torpeur. Il devait honteusement avouer qu'il n'avait aucune idée de ce que ce dernier avait pu lui dire. Mais, ce n'était pas vraiment un problème car, Albus Dumbledore semblait toujours tout savoir. Cette fois-ci ne fit pas exception. Il se répéta, sa voix trahissant un amusement tendre et protecteur.

- Il n'était pas nécessaire de vous déplacer après une si longue mission, mon ami. Vos informations pouvaient attendre la réunion de demain.
- Ce n'est pas pour cela que je suis ici.
- Plaît-il ?
- Non, Albus. Vous le savez. Nous ne parlerons pas de l'Ordre. Ni de la guerre. Pas ce soir, Albus, c'est Noël.
- Je suis parfaitement au fait du jour qu'il est, Alastor, l'informa Dumbledore sans aucune méchanceté.

Maugrey n'était pas vraiment un homme de discours. Comme tout Auror qui espérait survivre, il était homme d'actions. Pourtant, il n'osait pas bouger, manquant d'assurance. Il se sentait comme déplacé parmi les meubles finement ouvragés, entre les coussins confortables, dans cette atmosphère paisible, à côté de cet homme si beau et si parfait. Il se sentait large et pouilleux. Soudainement, il aurait voulu avoir sa malle magique avec lui. Il aurait pu y enfouir la vieille guenille qui lui servait de pèlerine, son sac de toile grossière qui protégeait des cadeaux bien plus grossiers encore, s'y enfouir lui aussi, tel que ça avait déjà été le cas. Avant ce soir, des pointes d'angoisse de ce genre l'avaient déjà secoué lorsqu'il passait du temps avec son ami. Jamais ainsi. Jamais au point de réaliser qu'Albus était tout ce que lui-même n'était pas. C'était comme si soudainement, toutes les cicatrices qui déformaient son visage prenaient vie. Il les sentait, comme il ne les avait jamais senties. Elles croulaient sur sa peau, le déformant, l'enlaidissant. C'était comme si son nez, qu'il savait cassé, prenait soudainement tellement de place qu'il gênait sa vue.

Ses mains abîmées par le temps et les combats contre les Mangemorts se crispèrent sur le pauvre sac de toile. Et le silence s'étirait. Alastor ne vit pas la main d'Albus l'approcher, lentement comme pour ne pas l'effrayer, avant que celle-ci n'ait atteint ses cheveux. Elle se glissa entre les mèches gris sombre qui retombaient le long de son visage mutilé pour atteindre sa joue où elle se déposa dans une caresse. L'autre main approcha du sac, s'y déposant comme pour attirer l'attention d'Alastor dessus.

- Montre-moi... chuchota Dumbledore. J'aime beaucoup les cadeaux, ajouta-t-il avec malice quand Alastor osa enfin croiser son regard.

Maugrey ne retint pas un petit rire rauque. Évidemment qu'il savait. Quelque part, c'était rassurant. Le calme. C'était vraiment ce qu'Albus lui apportait. Toutes ses pensées ridicules sur son physique, toutes ses inquiétudes dignes d'une lectrice de Sorcière Hebdo, semblaient s'évanouir face au regard de son aîné. Il était étonnant qu'un homme si impressionnant puisse être si relaxant. Il sortit un premier petit paquet rectangulaire mal emballé pour le tendre, incertain, à son vis-à-vis. Dumbledore le prit avec enthousiasme, ses yeux retrouvant cet éclat joueur qui ces derniers temps manquait à Maugrey. Il ne s'embarrassa pas de sa baguette, semblant préférer le contact avec le papier. Il glissa un de ses longs doigts dans un pli, avant de soulever le tout très doucement, comme par peur d'abîmer l'emballage cadeau. L'attente était insoutenable mais Alastor se contint. Une fois le papier défait, Albus le chassa d'un geste ample du dos de la main pour dévoiler le cadre contenu par le paquet. Maugrey ne savait pas à quoi Dumbledore avait pu s'attendre, mais apparemment, il avait été loin d'imaginer cela. Le vieux sorcier habituellement si sûr de lui semblait soudainement perplexe. Il fixait la photo sorcière, les sourcils froncés, cherchant à en comprendre la signification. Alors qu'Alastor s'inquiétait de savoir comment il pourrait bien réussir à expliquer une chose pareille, un éclair de compréhension traversa les yeux clairs. Son visage s'apaisa, ses traits se détendirent, le sourire seul reprit sa place. Le pouce du Directeur vint se frotter contre le verre.


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Ruika
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MessageSujet: Re: Le plus heureux des hommes - Ruika pour Mailine   Jeu 25 Déc - 19:58

- Cela se voit plus que je ne pensais... chuchota-t-il.

Alastor ne répondit pas. Dumbledore ne le regardait pas, absorbé par la photographie. Celle-ci, sorcière, représentait un cliché pris un an plus tôt, lors de la Renaissance de l'Ordre du Phénix. Beaucoup de gens étaient morts depuis les débuts de l'Ordre, mais Sirius avait insisté et, personne, mis à part Snape, n'avait eu le courage de le lui refuser. Dans le cadre, chacun parlait avec son voisin, à part Snape encore une fois qui boudait dans son coin, clairement mécontent. Les discussions partagées avaient l'air si joyeuses, si loin de la guerre. L'espoir rayonnait hors du cadre. Mais, Maugrey savait pertinemment que ce n'était pas ça qui absorbait Albus. Car ce n'était pas cela qui l'avait lui-même absorbé la première fois qu'il avait vu cette photo traîner sur une table de la salle de réunion du Grimmauld Place. Au centre du cliché, sa représentation chuchotait quelque chose à celle d'Albus. Ils se tenaient face à face, la main droite de Dumbledore sur son épaule dans une étreinte marquée mais pas étouffante. Parfois, entre quelques échanges, l'un ou l'autre souriait. La tendresse qui transparaissait entre eux était tellement claire, que, la première fois, Alastor avait eu peur. Pas qu'il prétende un instant que leur relation puisse faire peur à l'immense Albus Dumbledore.

Après quelques instants, celui-ci posa le cadre avec douceur sur la table, non loin de sa tasse de thé. Toujours souriant, il prit les mains d'Alastor dans les siennes, caressant l'une d'elle du seul pouce non-endommagé qui lui restât. Il ne semblait pas avoir envie de parler. Simplement, tout était dit par ses yeux. Les remerciements, les sentiments, l'importance du cadeau et combien cela le touchait. Si beaucoup trouvait que le Directeur de Poudlard était un homme mystérieux, en cet instant, sa malice avait disparu, laissant ses sentiments apparaître clairement. Maugrey ne pouvait pas se résoudre à quitter son vis-à-vis des yeux, il était tellement beau ainsi, détendu, libéré de ses soucis quotidiens. Il semblait soudainement tellement plus jeune. Les rides sur son visage et les cernes sous ses yeux semblaient moins marquées. Seule sa main endommagée, noircie et rêche sous les doigts, rappelait à Alastor le temps qui avait passé depuis qu'il avait rencontré cet homme. Cela lui rappelait que, malgré tout, il n'avait pas vraiment tout le temps du monde.

Mais Dumbledore ne ferait rien de plus que de le regarder amoureusement. Maugrey le savait, le vieux fou avait trop de principes, était trop raisonnable et respectueux. Encore une fois, il était tout ce que l'ancien Auror n'était pas. Prenant sur lui, essayant d'être plus délicat qu'il ne savait l'être, il approcha ses grosses pattes du visage délicat qui lui faisait face. Après avoir laissé traîner un de ses doigts épais le long de la joue blanche, il referma ses mains sur les branches des lunettes en demi-lune, de chaque côté de la tête de son vis-à-vis. Tirant le plus doucement possible dessus, il essaya de les lui retirer sans lui faire mal. A en croire l'immobilité et le sourire tendre du vieux sorcier, il avait réussi sa mission avec plus de succès que prévu. Après avoir déposé les lunettes gênantes près de sa propre tasse de thé, il prit une grande inspiration pour se donner du courage. Voyant le sourire tendrement moqueur d'Albus, il se décida à agir rapidement avant d'être plus ridicule encore. Tremblant, il se pencha sur le visage tant aimé le plus gracieusement qu'il pût avant d'apposer ses lèvres sur celle d'Albus avec une légèreté qu'il ne se connaissait pas.

Alastor ne vit pas les instants suivants passer. S'il avait fait le premier pas de manière complètement autonome, les moments qui suivirent ne furent que bonheur partagé à deux. Évidemment, de l'extérieur, Alastor savait qu'ils ne ressemblaient sûrement pas à ces couples glamours qui faisaient la Une de Sorcière Hebdo... non, ils n'étaient même pas assez beaux pour la Gazette. D'ailleurs, leur échange n'avait rien de passionné. Albus l'embrassait avec un calme et une douceur qui contrastaient avec la puissance dont il pouvait faire preuve. Tout n'était que touchers légers, des lèvres, des mains sur un visage, d'une mèche de cheveux échappée, de deux nez qui se frôlent. Alastor s'y sentait perdu, dépassé, presque gêné même, parce qu'Albus l'embrassait comme une chose précieuse. Tout était nouveau et déstabilisant. Jeune, il avait été séduisant, surtout après son entraînement d'entrée à l'école des Aurors. En vieillissant, il avait été respecté. Mais jamais auparavant il ne s'était senti admiré, jamais rien ne l'avait fait se sentir beau dans l'expression la plus simpliste de ce sentiment. Il avait attendu toute sa vie et, soudain, il se sentait aussi fragile qu'un adolescent qui découvre l'amour.

Il lui sembla pourtant que tout fut fini en un instant. Il dut retenir un gémissement de déception en sentant le visage d'Albus s'éloigner du sien. Il se força à ouvrir les yeux pour ne pas avoir l'air d'un imbécile, cependant, plus de temps était passé qu'il ne le pensait car Dumbledore avait déjà rechaussé ses lunettes. Alastor eut un petit sourire contrit et Albus ne put retenir un rire léger qui resta de longues minutes, flottant dans l'air, réchauffant l'atmosphère plus sûrement que la cheminée n'en était capable. Rassuré, l'Auror à la retraite se décida à ouvrir son sac de toile une dernière fois, sortant un petit paquet tout aussi mal emballé que le précédent. Il vit, soudain hilare lui aussi, Dumbledore se laisser aller à battre joyeusement des mains face à sa nouvelle surprise. Avec autant de dévotion que pour le paquet précédent, le cadeau fut déballé. Il contenait un peigne assez large fait d'ivoire qui avait longtemps traîné dans le bric-à-brac de Mondingus Fletcher. Albus ne put retenir son sourcil qui monta rapidement à l'assaut de son front. Alastor n'avait pas confiance en sa voix pour le moment. De plus, il ne voulait pas briser le confortable silence qui les enveloppait. Il avait peur qu'un mot, qu'un bruit de trop, ne vienne briser la magie de l'instant.

Avec un peu sourire timide, Maugrey s'empara du peigne, le plongeant doucement dans la longue barbe blanche de son amant. Celui-ci ferma les yeux, heureux et apaisé. Ils restèrent ainsi de longues minutes, le peigne plongeant et démêlant avec lenteur des longues boucles blanches qui formaient la longue barbe du vieux sorcier. La main de Dumbledore, délicatement posée sur le genoux d'Alastor, caressait lentement le tissu qui la séparait de la peau, espérant encourager son bienfaiteur à continuer. De plus en plus confortable l'un avec l'autre, la tendresse se montra plus librement, sans plus de honte. Ainsi, au bout d'un moment assez long, Alastor déposa le peigne sur la petite table décidément bien pratique, avant de plonger ses mains dans cette masse douce et soyeuse qui l'attirait tant. Albus sembla apprécier le geste et, la seconde d'après, ils s'embrassaient de nouveau, légèrement, du bout des lèvres.

Au dehors, la neige tombait à gros flocons, le vent soufflait avec violence, Harry se débattait pour trouver sa voie, le Ministre de la Magie préparait ses plans de propagande, le monde sorcier essayait de survivre. Le monde était remis en question, constamment, demandant batailles et sacrifices, bien au-delà de ces murs. A l'intérieur, pour un soir, tout fut oublié. Deux hommes se construisaient un havre, goûtant à une paix, que pour le moment encore, ils croyaient éternelle. Ils vivaient dans l'instant, expérimentant ce que peu de gens, peu importe leur camp, pouvaient prétendre comprendre. Ils vivaient l'amour, calmement. Sans cris. Sans mouvements brusques. Sans passion.

Et pourtant, en ce soir de Noël, Maugrey était convaincu d'être le plus heureux des hommes.


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Mailine
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MessageSujet: Re: Le plus heureux des hommes - Ruika pour Mailine   Sam 27 Déc - 16:36

Ah ! J'ai hésité à laisser un petit commentaire avant de partir à la campagne, parce que je suis une grande paranoïaque et que j'ai peur de m'être trompée: qui sait, ce n'est peut-être pas pour moi !

Bien que !

Ce texte est absolument fabuleux. Les personnages sont là, vrais, merveilleux. Et Dumbledore !

En tout cas, un énorme merci, pour tous les rêves que ce texte m'a apportés.

Malheureusement, j'ai un train à prendre et je dois déjà filer. C'est un commentaire de dernière minute, mais j'en ferai un grand, un immense et un sublime dès mon retour !

De gros bisous à toi, cher lutin !
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Mailine
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MessageSujet: Re: Le plus heureux des hommes - Ruika pour Mailine   Mar 6 Jan - 22:53

Alors, j'y reviens. Parce que ce texte est magnifique et mérite bien plus qu'un petit mot. Et mon lutin mérite mille fois le bonheur qu'il m'a apporté.

Lutin, tu es à jamais gravé dans mon coeur !

Citation :
Le château de Poudlard reposait au creux d'un écrin blanc, le ciel ne se distinguant plus des étendues neigeuses ou du lac gelé

Déjà, le premier bout de phrase pose le ton. Il est parfait. L'écrin blanc fait songer à un rêve. Un moment à part, un peu immortel, et, en même temps, éphémère. Déjà, je suis pleine de joie devant ces petits mots.

Citation :
Mais, à l'heure de se montrer humain, à l'heure de redescendre à la hauteur du simple mortel qu'il n'avait jamais cessé d'être, il sentait ses forces lui manquer, son courage lui échapper.

Je tenais simplement à souligner l'authenticité de ce passage. Avec, surtout, un grand élan pour un petit bout de mot entre virgule: "à l'heure de se montrer humain".
Ah, que ça sonne !

Citation :
Il savait que cette période de joie familiale était insoutenable mais qu'il la subissait chaque année comme une punition méritée.

Une fois encore, je souligne, parce qu'à ces mots, je vois distinctement Dumbledore. Son caractère est là. Ce petit côté désagréable ressort à l'évocation de cette "punition méritée". Encore une fois, le texte est juste, les personnages sont là. Et c'est plein d'authenticité.

Citation :
Il se demandait si Albus avait déjà vraiment réalisé, sincèrement compris, à quel point Harry et lui se ressemblait.

Et là, je crie "Oui, oui !", à mon grand désarroi. Mais Dumbledore a ce petit truc en plus. Un machin dans les yeux, et, comme mon lutin l'a dit, plus haut dans son texte, un "sourire tendre".

Citation :
C'était l'image d'un vieil homme pourtant si enfantin, de la naïveté qu'il voyait se superposer à l'expérience sur le visage ridé, qui l'empêchait soudainement d'entrer.

Et encore une fois, oui !

Citation :
C'était comme si soudainement, toutes les cicatrices qui déformaient son visage prenaient vie. Il les sentait, comme il ne les avait jamais senties. Elles croulaient sur sa peau, le déformant, l'enlaidissant. C'était comme si son nez, qu'il savait cassé, prenait soudainement tellement de place qu'il gênait sa vue.

Tu décris là un sentiment tellement réel. Qui ne s'est jamais concentré sur ses mains, sur son visage, en pensant qu'il était atrocement laid, tellement il est possible d'être mal à l'aise, quelque fois.
A tes mots, le sentiment prend vie, et c'est réellement magique.

Citation :
Albus l'embrassait avec un calme et une douceur qui contrastaient avec la puissance dont il pouvait faire preuve. Tout n'était que touchers légers, des lèvres, des mains sur un visage, d'une mèche de cheveux échappée, de deux nez qui se frôlent.

Encore une fois, je suis totalement surprise. Exactement comme j'imaginais les baisers d'Albus. Un homme plein de principes et de retenue. Mais doux.
C'est tellement tendre. Toute la légerté de l'échange passe à travers ces mots.

Citation :
Ils vivaient l'amour, calmement. Sans cris. Sans mouvements brusques. Sans passion.

Un trait de génie, qui résume en quelque mot tous ces sentiments. Je n'ai cité que ces phrases-ci, mais il y a tant d'autres passages qui ont retenu mon attention. La description que tu fais de cet amour est sublime. Et, en lisant cela, je retrouve ce sentiment de petite fille que j'avais quand je lisais ces bouquins d'Harry Potter et que Dumbledore apparaissait. Tu as mis le droit sur son côté sublime. Sur ce qui faisait battre mon petit coeur de demoiselle. Cet amour là, si simple, si beau. Sans problème, sans douleur, parce qu'il est doux et sans passion. Arg, je ne peux pas trouver de mots à superposer aux tiens, parce que cette description là est réellement sublime. Et ces dernières phrases achèvent de me mettre sur les genoux.

Réellement, j'ai du mal à trouver les mots, parce que je voudrais faire un éloge immense de ce texte sublime. Il est vrai, dans le ton, et la relation entre les deux hommes est sublime. Tu m'as fait voyager, goûter de cette paix, de ce calme. De cet amour. Et puis, d'Albus Dumbledore, grand, beau, véridique. Honnêtement, c'est le plus beau portrait de lui que je n'ai jamais lu. Réellement. Tu as su dépeindre, en quelques lignes, ces traits que je trouvais si beaux. Tu l'as dépeint comme je le vois. Et puis, il y a tous ces sentiments que tu transmets.
Ce texte m'a vraiment mise dans tous mes états, et je t'avoue, je bloque encore, je ne sais pas comment exprimer tout ça.

Je l'ai relu, encore et encore avant de faire cette review, et à chaque fois, arg, j'ai envie de te sauter dans les bras, petit lutin, pour te montrer à quel point ce texte m'a rendue heureuse. Complètement folle de bonheur et pleine d'amour.
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Ruika
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MessageSujet: Re: Le plus heureux des hommes - Ruika pour Mailine   Mar 13 Jan - 17:50

Citation :
Ah ! J'ai hésité à laisser un petit commentaire avant de partir à la campagne, parce que je suis une grande paranoïaque et que j'ai peur de m'être trompée: qui sait, ce n'est peut-être pas pour moi !
Nous sommes deux grandes paranoïaques, j'avais tellement peur que ça ne te plaise pas ^^' J'étais sincèrement angoissée ^^'

Citation :
Ce texte est absolument fabuleux. Les personnages sont là, vrais, merveilleux. Et Dumbledore !
Mais ce commentaire est sûrement la plus belle chose que tu pouvais me dire et j'ai été rassurée, merci en tout cas pour le long commentaire qui a suivi, auquel je vais répondre bien sûr ! Je suis polite moi m'dame !

Citation :
En tout cas, un énorme merci, pour tous les rêves que ce texte m'a apportés.
Embarassed Et bien de rien... *a rougit pendant toute la lecture des deux commentaires de toute façon, a cru qu'elle pâlirait plus jamais*

Citation :
Lutin, tu es à jamais gravé dans mon coeur !
Dans le mien aussi, assurément.

Citation :
Déjà, le premier bout de phrase pose le ton. Il est parfait. L'écrin blanc fait songer à un rêve. Un moment à part, un peu immortel, et, en même temps, éphémère. Déjà, je suis pleine de joie devant ces petits mots.
C'est la première fois de ma vie que je passais pas plus d'une demi-heure sur la première phrase, ça m'est venu presque facilement, ce début, ce texte entier m'a d'ailleurs fait un drôle d'effet. Et, en y revenant, j'suis heureuse de découvrir que ça a fonctionné, finalement *sourire timide*

Citation :
Je tenais simplement à souligner l'authenticité de ce passage. Avec, surtout, un grand élan pour un petit bout de mot entre virgule: "à l'heure de se montrer humain".
Ah, que ça sonne !
Merci, c'est dingue, de voir que quelqu'un peut mettre le doigt sur quelque chose que j'voulais essayer de faire passer. C'est tellement impressionnant de découvrir que tu as vraiment perçu mon texte comme j'essayais de te le faire percevoir, vraiment, c'est je crois, ce qui me touche le plus.

Citation :
Une fois encore, je souligne, parce qu'à ces mots, je vois distinctement Dumbledore. Son caractère est là. Ce petit côté désagréable ressort à l'évocation de cette "punition méritée". Encore une fois, le texte est juste, les personnages sont là. Et c'est plein d'authenticité.
Merci, je suis heureuse que tu retrouves les personnages. C'est en tout cas l'image que j'en ai et j'suis heureuse de voir que cette image est partagée et qu'elle est passée comme je le voulais. C'est sûrement pour ça que j'écris si peu, notamment sur HP, j'ai une image tellement précise des gens que la plupart du temps, je n'aime pas ce que je fais, persuadée d'être à côté. Et c'est pour ça aussi, que j'ai adoré écrire ce texte pour toi, j'y ai passé beaucoup de temps mais vaincre les mots, pour moi au moins, avoir l'impression que j'arrivais à retranscrire l'image que je m'étais faite des choses, c'était magique. Je suis heureuse d'avoir réussi ça pour toi, heureuse de découvrir que c'était assez bon pour t'atteindre.

Citation :
Et là, je crie "Oui, oui !", à mon grand désarroi. Mais Dumbledore a ce petit truc en plus. Un machin dans les yeux, et, comme mon lutin l'a dit, plus haut dans son texte, un "sourire tendre".
Je crois que la seule différence, c'est que Dumbledore est plus vieux, plus posé, moins tête brûlée en quelque sorte. Il est aussi moins naïf... et moins innocent.

Citation :
Tu décris là un sentiment tellement réel. Qui ne s'est jamais concentré sur ses mains, sur son visage, en pensant qu'il était atrocement laid, tellement il est possible d'être mal à l'aise, quelque fois.
A tes mots, le sentiment prend vie, et c'est réellement magique.
C'est une sensation que j'ai déjà ressenti. Mais étrangement je n'avais jamais réussi à le décrire. Puis je l'ai écrite en parlant de Maugrey. Et en me relisant, j'ai réalisé que Maugrey m'avait aidé à mettre des mots, même si c'est pas parfait, sur quelque chose que j'avais jamais réussi à expliquer.

Citation :
Encore une fois, je suis totalement surprise. Exactement comme j'imaginais les baisers d'Albus. Un homme plein de principes et de retenue. Mais doux.
C'est tellement tendre. Toute la légerté de l'échange passe à travers ces mots.
Encore une fois, c'est moi même qui est surprise. Tu aimes tellement Albus, j'étais vraiment angoissée. Bien sûr, j'aimais ce texte avant de le poster, pour une fois, assumons que j'étais assez fière. Mais j'étais tellement angoissée parce que tu écris si bien, tu décris si bien et tu aimes tellement Albus. J'avais tellement peur qu'on le voit différent, que je ne sois pas capable de te transporter et de te donner quelque chose qui te plaise. Je suis heureuse, au delà des mots.

Citation :
Et, en lisant cela, je retrouve ce sentiment de petite fille que j'avais quand je lisais ces bouquins d'Harry Potter et que Dumbledore apparaissait. Tu as mis le droit sur son côté sublime. Sur ce qui faisait battre mon petit coeur de demoiselle. Cet amour là, si simple, si beau. Sans problème, sans douleur, parce qu'il est doux et sans passion. Arg, je ne peux pas trouver de mots à superposer aux tiens, parce que cette description là est réellement sublime. Et ces dernières phrases achèvent de me mettre sur les genoux.
Embarassed Embarassed Embarassed
*est affreusement touchée et n'en revient absolument pas*
J'ai relu cette review tellement de fois avant d'être capable d'y répondre, tu n'imagines pas...

Citation :
Réellement, j'ai du mal à trouver les mots, parce que je voudrais faire un éloge immense de ce texte sublime. Il est vrai, dans le ton, et la relation entre les deux hommes est sublime. Tu m'as fait voyager, goûter de cette paix, de ce calme. De cet amour. Et puis, d'Albus Dumbledore, grand, beau, véridique. Honnêtement, c'est le plus beau portrait de lui que je n'ai jamais lu. Réellement. Tu as su dépeindre, en quelques lignes, ces traits que je trouvais si beaux. Tu l'as dépeint comme je le vois. Et puis, il y a tous ces sentiments que tu transmets.
J'en suis sincèrement heureuse. Merci pour tous ces compliments, cela me touche vraiment. C'est bizarre que, le plus beau portrait d'Albus Dumbledore que tu ais lu ait été écrit par une personne qui, au fond, n'aime pas vraiment toujours Albus *n'a jamais vraiment décidé si elle l'aimait ou pas après le tome 7*

Merci, merci, pour tous ces compliments qui me vont droit au cœur depuis des jours et qui me touchent à l'extrême. Je ne pensais pas parvenir à un tel résultat, j'en suis sincèrement heureuse.
Je t'embrasse, chère Emilie, heureuse d'avoir su te faire plaisir.
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