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 Une de perdue..., Logan/Dick

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KatSou
Serpentine scintillante
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Date de naissance : 08/02/1985
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MessageSujet: Une de perdue..., Logan/Dick   Dim 6 Avr - 15:55

Une petite ficlette inspirée de la série Véronica Mars, écrite pour la communauté Ecrire pour Aider, et commandée par Gredoune.


Une de perdue...

Ah, bon sang ! Si Dick a tout du gros polochon idéal pour écraser un vilain cafard, il n’a vraiment pas le goût du confort ménager, pensait vainement Logan alors qu’il contemplait le capharnaüm luxueux qui servait d’appart à son meilleur ami. Une œillade perdue dans la réflexion venait de lui faire prendre conscience du joyeux foutoir dans lequel il pataugeait depuis près de deux heures. Une main passée sous ses fesses, par réflexe, lui indiqua qu’il se trouvait lui-même assis sur un petit linge doux… et fort suspect. Il dégagea le tissu avec prudence et dépit, et le présenta du bout des doigts à l’énergumène en peignoir, affalé sur un fauteuil en face de lui, qui devait en être le propriétaire.
- Oh, s’exclama Dick en gardant sa bouche de la forme du goulot qu’il sirotait quelques secondes auparavant. C’est donc toi qui me piques en cachette mes caleçons ?
- Oui, bien sûr. Comme je sais qu’il en pousse un peu partout sur ton mobilier, je les cueille au passage, de préférence usagé comme celui-ci, pour les éparpiller sur les bancs de la fac, histoire qu’on me foute la paix. C’est très efficace, avait répondu Logan en ballottant négligemment le sous-vêtement au nez de son acolyte.
- T’exagère, répliqua Dick en se redressant brutalement pour saisir le caleçon des mains de son ami. Mes dessous sont propres et sentent bon la fleur des champs.
Le plaisantin porta le linge à son nez pour le démontrer, faisant se replier Logan au fond du canapé avec répulsion.
- Rooh, arrête ça, t’es dégueulasse !
- Mais c’est vrai ! Clara pourrait te le confirmer, attesta le blond en désignant d’un coup de menton la chambre à coucher d’où s’exhalait encore l’odeur des ébats fiévreux auxquels il s’adonnait avant qu’un Logan ravagé ne débarquât au débotté. La jolie brunette, un peu déroutée par l’intrusion soudaine, n’avait pas désiré s’attarder, au grand dam de Dick et au soulagement de Logan, qui ne se sentait pas l’âme particulièrement volage, ce soir là.
- A en croire les gémissements que j’ai entendus, je suis sûr qu’elle avait déjà franchi cette barrière là, lança Echolls avec un petit sourire.
- Oui, je le reconnais. Mais crois-moi, elle a bien pris son temps pour cette partie, poétisa Casablancas en faisant tournoyer le vêtement sur son doigt.
- J’en suis persuadé ! Vu toute l’élégance de ce caleçon, elle a dû fondre quand elle t’a vu ainsi vêtu… Attends, ce sont bien des petits cœurs que je vois là ?
Logan se pencha plus avant pour scruter minutieusement le bout de tissu fièrement brandi par son compagnon qui rabattit sa main en un sursaut quand il comprit la manœuvre.
- Hé là ! Tu ne vas pas te mettre à renifler mes caleçons, non plus ! Tu grimaçais comme une pucelle devant un godemiché, tout à l’heure !
- …Ah mais si, ce sont bien des cœurs ! gloussa le châtain en saisissant une nouvelle bouteille de bière. Ils sont roses, hein, c’est ça ? Tu dois vraiment être irrésistible là dedans !
- Va te faire mettre, Echolls ! Tu n’as pas idée de ce que ce genre de sous-vêtements provoque chez les femmes ! explicita Dick, non sans une certaine crânerie.
- Ah si ! Si, si ! J’imagine tout à fait, maintenant, pouffait Logan du fond de son canapé, une main sur le front.

Dick observait son compagnon empêtré dans un fou rire déployé qui sonnait plus triste à ses oreilles que ce que ses yeux voulaient bien lui montrer. Le blond suivait chaque trait du visage de Logan, la vision déjà sérieusement brouillée par l’ivresse, mais toujours attentif au moindre sursaut d’émotion nouvelle qui venait troubler la surface. Il songea spontanément à la conversation pénible qu’ils avaient eu tous les deux, quelques instants plus tôt, au sujet de Véronica Mars. Casablancas avait beau penser que Logan perdait son temps et son âme avec elle, il avait tout de même senti son cœur se nouer quand son ami lui avait annoncé, l’air misérable, une nouvelle rupture qui semblait bien être la bonne. Non pas que Dick pût regretter la présence de Véronica au côté de Logan. La blondinette se trouvait être un peu trop fouinarde, par moment. Non pas qu’il la détestât foncièrement non plus. Sa répartie épineuse faisait souvent l’objet de son amusement, et parfois même, de son admiration. Mais il appréciait guère qu’une furie blonde à moitié paranoïaque lui rendît son meilleur ami avec le cerveau dans les chaussettes et le cœur dans un mouchoir. Sa réaction rancunière était sans doute rudimentaire, mais il n’en voyait pas de plus appropriée. Véronica serait désormais le fardeau de moins qui soulagerait les épaules fatiguées de Logan.

Dick recentra ses pensées sur l’instant présent, et réalisa que son ami avait retrouvé le calme, la tête renversée sur la banquette et l’air absent.
- Elle m’aura vraiment rendu marteau… murmura Logan comme pour lui-même, perdu dans la contemplation du plafond.
Dick ne répondit rien. De toute manière, il n’aurait pas su quoi ajouter, même en cherchant bien. Echolls redressa la tête et fixa son acolyte.
- Vas-y, tu peux en prendre, proposa t-il en désignant du regard les quelques bouteilles de bière qui restaient encore vivantes à ses pieds.
- Ah ! C’est fort aimable, cher ami, répondit Casablancas avec un air faussement précieux. Mais qu’est-ce qui peut bien te faire croire que je convoite tes dernières bières ?
- Premièrement, parce qu’il ne reste que des cadavres de ton côté, et deuxièmement, parce que tu as les yeux vides… C’est un appel à l’alcool, mon ami !
- Tu as raison ! N’attendons pas que soif se creuse !

Le joyeux blondin migra sur le canapé, aux cotés de Logan qui lui tendait déjà une bouteille. Il s’en saisit et la décapsula dans la seconde, sur le rebord de la table basse. Les deux amis levèrent leur bouteilles ensemble et burent généreusement. Dick constata qu’il subsistait encore quatre bières non-entamées auprès de Logan, ce qui était assez inhabituel. Il ne lui aura pas fallu beaucoup de mousseuses pour se retrouver pâmé dans les vignes du Seigneur, ce soir là. Ca aussi, c’était inhabituel. Logan encaissait plutôt bien l’alcool, surtout la bière qu’il buvait d’ordinaire comme du petit lait. Les yeux fanés de celui-ci se reperdaient peu à peu dans le vide.

- Arrête de cogiter ! trancha Dick
Echolls laissa échapper un petit rire jaune, le regard rivé sur la bouteille vide qu’il suspendait par le goulot en la balançant nerveusement.
- Si c’était si simple… murmura t-il d’une voix rauque.
- C’est la troisième fois que votre histoire casse, et très franchement, j’en ai marre de ramasser tes restes sur le palier toutes les fins de mois ! Alors soit cette fois c’est la bonne, et je rappelle tout de suite Clara –tu vas voir, elle fait des trucs incroyables avec sa langue-… soit ta dulcinée reviendra, et je te fais prendre un abonnement à l’année à S.O.S-câline-moi-Dick, conclut simplement Casablancas.
- Ne t’inquiète pas pour ça, tu n’auras plus à jouer le nounours consolateur, et Clara pourra perfectionner ses acrobaties labiales sans interruption, fit le châtain cafardeux, le nez toujours baissé vers la moquette.
- Ah… Bon, alors inutile de faire la limace qui fond au soleil ! avait lancé Dick en bousculant Logan d’un petit coup de coude. Bouge-toi, mec ! Vas prendre du bon temps, faire la bête à deux dos ! Appelle Parker, elle sera ravie ! A moins, bien sûr, que Véronica Mars ait bel et bien réussi à mettre en boîte tes bijoux de famille…
- Ecoute, c’est bien gentil de ta part de te préoccuper de ma santé sexuelle, mais là, tu n’as pas choisi le meilleur moment. Là je… j’ai plus envie de me changer les idées avec des trucs idiots … Tu vois, comme boire des bières et se soulager du haut du balcon, glisser des photos de tes attributs sous le palier de la voisine, parler de la dernière beuverie collective des Pi-Sig, ce genre de choses.
- …Ah oui, prononça Dick avec lenteur tout en se grattant le menton. Je me suis trompé en fait, elle ne te les a pas mis en boîte, elle te les a arrachés au fourchon…

Logan esquissa un sourire triste, méditant sur la part de véracité de ce sarcasme. Il n’appréciait pas céder le bon sens au pitre blond qui lui servait de confident, précisément quand celui-ci évoquait avec gouaille sa relation avec Véronica. Pourtant, il avait beau retourner la posture dans tous les sens, la réalité insolente était là qui le tenait tout de bon par les couilles. Il en avait conscience la plupart du temps, quand elle oubliait de répondre à ses appels, quand elle plantait leurs conversations tout à trac, qu’elle posait des mouchards sous son volant, ou pistait son portable. Bien entendu, il le savait, mais se retrouver crucifié par la vérité toute effeuillée de Dick était tout bonnement insupportable. Toutefois, la désolation avait la dent dure à cet instant et la raillerie qui restait son arme de prédilection se faisait, elle aussi, plutôt molle. Aussi Logan ne pouvait-il user autrement qu’en se recroquevillant sur la plaie béante qu’il lui fendait cœur. Ca ne durerait pas ; un soir ou deux à verser des larmes de sang, puis sa résignation chérie reviendrait lui tenir compagnie et lui geler le ventre. Véronica pouvait être fière, la taillade qu’elle avait creusée en lui ne s’effacerait pas de sitôt et serait la dernière qu’il aurait à subir.
Alors que les doigts continuaient leur balancement frénétique, la bouteille s’échappa et chuta sur le sol avec fracas, sans ce briser cependant.


Pour cette fois, Dick laissa s’écouler le flot de colère de son compagnon sans l’interrompre, pris d’une étrange confusion. Le vague à l’âme qui envahissait la bonne compagnie de Logan pesait sur son humeur et son assurance. Il commençait à désespérer de voir son colocataire s’abandonner une bonne fois pour toutes à l’euphorie libérée de l’état d’ébriété dans lequel il s’était noyé. Au lieu de cela, le voilà qui se démenait comme un beau diable dans un tourment ridicule que même le joli petit cul tout dressé de la fougueuse Clara n’avait pu jeter à bas. Qu’aurait-il fallu qu’il fasse ? Enfermer Logan dans la chambre avec la mignonne, pendant que lui-même irait taquiner le joystick, ou mieux… aurait maté par le trou de la serrure, avant de prétexter Dieu sait quel oubli pour rappliquer à son tour ? L’idée était aguichante, et peut-être pas si dénuée de bon sens, si l’on jugeait de l’hilarité qu’avait causé un modeste caleçon à cœurs. A présent, le spleen de l’alcool triste froissait le regard de Logan et l’affublait de cette inimitable bobine de chiot abandonné sur un trottoir. Parfaitement consternant. Il ne pouvait décemment pas laisser le chagrin s’accrocher ainsi à la figure de son ami, et plomber tout le restant de la soirée. Il lui fallait de l’imprévu, du déroutant, du déplacé.
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KatSou
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MessageSujet: Re: Une de perdue..., Logan/Dick   Dim 6 Avr - 15:55

Il posa sèchement sa bouteille sur la table de salon, faisant se retourner Logan en hâte qui s’interrogeait sur le mobile d’un agissement si soudain. La bouche du châtain ainsi exposée fut prise d’assaut sans ménagement par celle de Dick, qui ne parut aucunement troublé dans son initiative. Il ne douta de la légitimité de son acte qu’au moment où il réalisa à quel point le corps de Logan s’était aussitôt tendu, plus incrusté que jamais dans la banquette du canapé. Lorsqu’il rompit le contact avec les lèvres de son acolyte, il perçut la lueur courroucée dans les yeux de celui-ci qui témoignait de son envie subite de loger son poing sur la trogne éberluée qui venait l’assaillir.
- Tu peux me dire à quoi on joue, là ? demanda Echolls, armé de son regard noir.
A présent pleinement conscient de la situation dans laquelle il s’était fourré, Dick dévisagea Logan avec confusion et amusement. Le brouillard épais de l’excès d’alcool l’avait libéré un instant de toute sorte de réticence morale, si bien qu’au moment de coller sa bouche à celle de son meilleur ami, il ne s’était sincèrement pas posé de questions. Mais à présent qu’il le voyait ainsi braqué, les mains crispées et le souffle un peu court, Casablancas sentait monter en lui l’embarras le plus aigu qu’il eût jamais affronté. En vérité, il ne savait plus très bien quelle fantaisie l’avait conduit à agir de la sorte. Il se souvenait simplement avoir répondu à une fringale inopinée et plutôt pressante. Désarçonné par la complexité de sa posture, Dick éclata de rire :
- Alors ça… Je ne sais pas pourquoi… enfin, tu vois…
Le Pi-Sig respira profondément pour reprendre contenance sur la soudaine gaieté qui l’envahissait. Il plaça ses mains devant lui pour appuyer la teinte solennelle qu’il s’efforçait de retrouver.
- Ecoute, mon ami, je comprends que tu aies pu te sentir un tantinet… agressé par cette marque d’affection aventureuse. Mais ne soit pas fâché ! C’est le geste irréfléchi d’un alcoolique qui souhaite te faire retrouver le sourire. Très franchement, les mecs… c’est pas mon truc. Mais, en voyant ta mine de déterré, mon esprit quelque peu… comment dire… lubrique, s’est empressé de mettre en application toute sa perversité pour t’exprimer sa compassion.
Logan regardait, l’air un peu hagard, son compagnon lui justifier la chose avec ce ton exagérément décalé dont il savait si bien user dans les situations légères.
- …Et tu exprimes toujours ta compassion de manière aussi … rapprochée ? demanda t-il avec incrédulité.
- Et bien… Assez souvent quand la personne s’appelle Clara, Madison, ou tout autre délicieux nom dans ce goût. Dans ton cas, tu attesteras que c’est la première fois. Et c’est fort troublant pour moi aussi, crois-moi.

Déboussolé par le jaillissement d’émotions contradictoires, Logan resta un moment à chercher ses mots. Ne sachant quelle réaction adopter, il prétexta un besoin urgent et s’enferma dans la salle de bains. Il se doutait bien que la compagnie de la baignoire, des toilettes ou de la brosse à dents de Dick –et, oh ! le string oublié de Clara-, ne lui seraient pas d’un support inestimable, mais il se sentait le besoin de fuir l’embarras quelques instants. Enfin réfugié dans la pièce neutre, il s’appuya contre la porte, relâchant dans un souffle la pression accumulée, et tâcha de réfléchir posément. Son reflet terne se détachait dans le grand miroir dressé en face de lui, renvoyant l’image de son visage baigné par la lumière crue de la salle dallée de blanc. Il plongea la tête dans le lavabo accroché au bas de l’imposante glace et remplit ses paumes d’eau fraîche avant de s’asperger la figure. Le contact vivifiant ne suffit pas à le purger de cet étourdissant embrouillamini qui l’étreignait depuis le début de la journée. Dire qu’il était à mille lieux de toutes ces questions ce matin encore, se croyant enfin à l’abri des coups du sort. Il n’aura fallu qu’un appel en absence, le nom de la mauvaise personne inscrit sur l’écran de son portable et une porte claquée pour lui ôter tout sentiment de sécurité et l’enfoncer de nouveau dans la tourmente. Toute la journée, il s’était sentit comme suspendu dans le vide, dépourvu de la moindre prise sur la mauvaise fortune. Finalement, Logan ne s’était décidé à regagner les pénates dorées de son appartement uniquement pour chercher le réconfort d’un ami. Au lieu de cela, il s’était retrouvé avec une bouche de joyeux drille plantée sur la sienne, en guise de consolation. Il en avait pourtant déjà supporté, mais jamais de cette manière. Il devait pourtant admettre que l’expérience, sinon bien plaisante dès l’abord, avait eu le mérite de l’arracher à l’unique vision du manque de Véronica qui marquait sa chair. Il s’était même surpris à sentir son cœur partir à la galopade alors que Dick violait sans pudeur sa petite sphère intime. D’ailleurs, son poing qui s’était armé pour repousser brutalement n’avait pas décollé du canapé, en fin de compte. Il l’avait laissé faire, et ce, pendant plusieurs secondes. Il ne s’était même pas senti la force de protester, sans doute cloué par la surprise. Il paraissait aussi évident que Logan cherchait d’une manière ou d’une autre à s’affranchir de la solitude qui le guettait de pied ferme. Mais jamais, ô grand jamais, l’idée de se divertir sur le bout du museau de Casablancas ne lui avait jusque là effleuré l’esprit. A présent, il oscillait entre son enchaînement au joli petit brin de détective qui l’avait enchanté autant que détruit, et le besoin d’aller demander des comptes à Dick, bien que la perspective de retrouver ses propres dessous dispersés sur le mobilier ne le réjouissait guère.

De son côté, le Pi-Sig un peu tourneboulé s’offrait un petit bol d’air frais sur le balcon. La fraîcheur iodée de la nuit lui permit de méditer calmement sur la tournure que prenaient les événements. A première vue, elle ne s’annonçait pas de très bonne augure. L’ivresse qui lui tournait encore la tête l’avait poussé à batifoler sans autorisation préalable sur les lèvres de son meilleur ami chagriné dont il n’avait plus revu le bout du nez depuis près de dix minutes. Leur furtive embrassade avait beau l’avoir chatouillé, il se sentait quelque peu coupable d’être à l’origine d’un nouveau chamboulement émotionnel, et la dernière chose dont il avait envie à l’instant était bien d’une confrontation quinaude et silencieuse avec Logan.
Le maigre rempart du peignoir contre le froid commençant à céder, Dick regagna le salon toujours dépouillé du moindre quolibet d’Echolls. Impatient de retrouver la bonne entente familière, il se dirigea vers la salle de bains, décidé à briser la glace.

- Tu peux sortir, tu sais ? Je n’ai pas l’intention de te sauter dessus, si c’est ce qui te retient cloîtré. De plus, j’ai remis un caleçon ! Tout propre ! Avec des petits moutons, cette fois. Ils sont très mignons, d’ailleurs. Je trouve que ce caleçon me donne un air à la Homer Simpson non négligeable. Mais attention, Homer dans toute sa force virile…
Après quelques rafales de répliques douteuses, la porte s’ouvrit et Logan s’appuya contre le chambranle, considérant son ami avec retenue.
- Il te manque seulement la bière, et Homer serait très fier de toi. Et non, je n’ai pas peur que tu me sautes dessus, j’ai juste besoin de souffler, fit-il doucement en gagnant le salon.
- Si tu as besoin d’air, je te recommande vivement le balcon ! La petite voisine du deuxième, en face, n’a pas fermé les volets de sa salle de bains… informa Dick en osant un coup d’œil captivé à l’extérieur.
Le châtain dépité hissa un petit sourire lourd en écoutant la curiosité égrillarde de son compagnon se répandre sans perdre le nord, mais ne dit mot. Il s’adossa contre le bow-window qui s’ouvrait sur le balcon, les bras serrés contre lui comme s’il avait froid.
- C’est l’histoire du petit bisou entre mâles qui te turlupine autant ? interpella Casablancas qui connaissait bien cette posture recoquillée.
Logan dévisagea Dick avec le petit air circonspect du je-te-vois-venir alors que son interlocuteur réduisait toujours plus la distance prudente qu’il avait mise entre eux.
- Non parce que si c’est ça, je te l’ai dit, c’est un acte parfaitement crétin perpétré par un parfait crétin bourré qui voulait s’amuser un peu. Alors, je te propose de passer ce malheureux épisode à la trappe, et je nous mets un vrai porno lesbien, en parfait crétin que je suis. A moins que tu aies d’abord l’envie de me coller ton poing sur la figure pour évacuer la colère, auquel cas, je suis prêt à me sacrifier … Mais rien qu’une fois ! L’amitié est capable d’encaisser beaucoup de choses, mais faut pas trop chariboter non plus, tu comprends…

Excédé par la pluie de sottises dont l’aspergeait Dick depuis plusieurs minutes, Logan le poussa contre le mur le plus proche avant de ballonner avec ses lèvres ce boute-en-train qui parlait beaucoup trop. Soufflé par la soudaine attaque de son ami, Casablancas écarta les mains dans le vide pour témoigner de son innocence la plus complète, partagé entre le soulagement de se faire rabrouer à coup de bouche et la stupéfaction face à cette réaction. Il prêta la plus grande attention au baiser qu’il recevait, qui ne fut tout d’abord qu’une simple pression des lèvres, s’attendant à se faire moucher à tout moment. Pourtant, le repoussement qu’il croyait inévitable se mua sans tarder en une insistance diligente que Logan appuya par le contact timide de sa langue. Sentant le triomphe de la volonté l’emporter sur la gène, Dick y répondit sagement, sans cependant se laisser aller à fermer complètement les yeux. L’étreinte se fit bientôt plus fébrile, presque maladroite, mêlant le ballet empoté de leurs mains indécises à leur souffle pressé. Malgré la pratique assidue qu’ils avaient accumulée dans les toilettes des dames de Neptune Hight ou de Hearst College, ils se sentaient, sur le moment, comme deux manchots piaffant sur la glace. Les doigts du châtain agrippèrent fermement les pans du peignoir tandis que ceux du blond saisirent la bordure du pantalon de Logan pour l’attirer plus à lui. Toutefois, ce geste avide et empressé les rappela tous deux à la réalité et leur élan se figea sous l’hésitation. Très vite, leurs bouches se séparèrent et leurs yeux redevinrent clairs.
Ils restèrent à se regarder plusieurs secondes, ne sachant trop comment rendre compte intelligemment de cette proximité pour le moins inhabituelle. Le silence restant l’un des pires ennemis de Dick, il ne tarda pas à le rompre impitoyablement.

- Je tiens à préciser que tu es venu coller ta bouche sur la mienne comme un grand ! Je n’y suis absolument pour rien ! dégoisa le blond, après avoir repris son souffle. Je m’attendais davantage à recevoir un poing à la place. Je ne vais pas me plaindre, ceci dit…
Logan soupira bruyamment en constatant son échec sur la faconde intarissable de son ami.
- On t‘a jamais appris comment utiliser ta langue correctement dans ces moments là, ou bien c’est moi qui déclenche tout ce baratin ?
- Dis tout de suite que j’ai la langue boiteuse ! Quoiqu’elle doit bien faire travail pour que veuilles me la manger comme ça ! Tu sais que Clara n’y met pas autant de fougue ?
Logan esquissa un sourire ambigu.
- A vrai dire, je ne sais pas ce qui m’effraie le plus, d’être comparé à Clara ou que tu aies mis un caleçon avec des moutons en ma présence… lança Logan en s’installant nonchalamment sur le canapé.
- Tu avoueras qu’il est très efficace ! A peine l’ai-je enfilé qu’il ramenait déjà le loup dans la bergerie ! Il faut que je note ça : les cœurs pour les filles, les agneaux pour les garçons. Je t’avais dit que les sous-vêtements étaient primordiaux ! chantonna Dick en s’asseyant aux cotés de son ami.
- Tu m’en bouches un coin ! D’ailleurs, je suis ravi d’avoir doublé tes perspectives de conquêtes sexuelles. Cela dit, vous irez à l’hôtel pour faire vos joyeusetés, parce que je ne supporterai pas de retrouver deux paires de caleçons sur les meubles.
- Ah, ne te méprends pas ! Ce baiser fougueux était tout à fait savoureux, mais je préfère les femmes ! C’est un fait établi, et rien ne pourra changer ça.
- J’en suis persuadé, conclut Echolls en décapsulant une nouvelle bière, un petit sourire en coin.
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