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 Passion - Cadeau (tardif) pour Gred

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Johnny Coin-Coin
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MessageSujet: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:03

Bonne Saint Valentin, Gred.
Et même si tu es célibataire, qu'à cela ne tienne. L'amour se donne à chacun.
J'espère que tu me pardonneras pour ce retard. Je t'embrasse.


***

Passion

Creativity has got to start with humanity and when you're a human being, you feel, you suffer.
– Marilyn Monroe

Février.
Paris, soumise au joug glacial de l’humidité et de la grisaille, a perdu de sa superbe. Ses monuments se dressent comme d’immenses pierres tombales dans les rues mortes. Tel un diamant noir posé dans cet écrin, le Père-Lachaise est le nouveau Versailles d’une cité où toutes les Lumières sont éteintes.
L’esprit et la magie de la capitale ont trouvé refuge dans les cafés où les badauds se pressent. Leurs désirs étouffent sous de lourds manteaux et leurs couleurs flamboyantes ont disparu. Changés en corbeaux, ils noient leur spleen dans l’alcool et attendent le retour de la saison des amours.
C’est l’hiver et j’erre dans les rues de Paris-Camarde comme un spectre dans les limbes de l’éternité.

La brutale apparition d’une étoile écarlate dissipe soudain ma torpeur. Est-ce du sang, un glyphe barbare, le symbole de la fin des temps ? Je cligne des yeux et la stupeur se mue en émoi. Là, dans une vitrine, une croix sanglante barre l’affiche d’une femme qui, poitrine nue et bras écartés, jette sa tête en arrière dans une expression extatique. Ces yeux aux longs cils, ce regard, cette chevelure dorée… Jésus crucifié a les traits de Marilyn Monroe et sa Passion prend un nouveau sens.

La réalité reprend ses droits. L’affiche, mise sous verre, est exposée parmi d’autres dans la vitrine d’une boutique sans enseigne. Il y a là toutes les idoles américaines des années 50 à 70, Jimmy Dean, Marlon Brando, Vivien Leigh, le King et tant d’autres, figés dans les rêves d’une époque lointaine et couverts d’un linceul de poussière. Mon regard, cependant, ne peut quitter l’ange crucifié. Mes yeux descendent naturellement sous le voile transparent qu’elle tend entre ses mains, vers la poitrine qui a éveillé les fantasmes de plusieurs générations d’hommes. Je n’y trouve pas un rêve américain, comme je l’imaginais depuis mes treize ans, mais l’intimité presque banale d’une femme qui ne l’était pas.
Après la croix carmine, après le sacrilège, cette nouvelle révélation bouleverse mon imagination une troisième fois. Le sex-symbol absolu était faite comme n’importe quelle femme et cette humanité la rend plus belle encore à mes yeux. Je la désire.

La porte en verre du magasin coince sèchement sur le linteau et pousse un râle dangereux. Je retiens mon souffle en sentant la vibration qui, à tout instant, pourrait la briser à quelques centimètres de mon visage. Accaparé par le danger imminent, je ne remarque pas la présence du gérant.
« Bonjour, jeune homme. Ne vous inquiétez pas pour la porte, elle en a vu d’autres. »
Mon interlocuteur, debout dans un coin de la boutique, a une voix extrêmement grave. Il doit avoir soixante-dix ou quatre-vingt ans, porte des lunettes, un pantalon beige et un gilet anthracite. Il dissimule un petit ventre de vieillard sous une chemise à carreaux et serre contre lui un vinyle des Doors. Sa démarche n’est en rien gênée par son dos voûté et son souffle a le souvenir d’un vieux whisky. Serait-il un peu ivre ? Il prend la poignée de la porte d’une main et, de l’autre, me fait signe d’entrer.
« Soyez le bienvenu. Vous êtes mon premier visiteur aujourd’hui, me dit-il. Il a fermé la porte et pose amicalement sa main sur mon épaule.
– Vraiment ?
– Oui oui, jeune homme, le premier. Prenez votre temps, faites comme chez vous… ou presque ! me dit-il en levant le doigt au ciel. A moins que vous ayez un train à prendre ? On est pressé, à votre âge.
– J’ai bien un train à prendre mais pas pour le moment, lui dis-je en lui rendant son sourire. »

La dernière fois que j’ai regardé ma montre, il était dix-huit heures passées. L’intérieur est sombre comme de nombreuses boutiques de Paris. En ces lieux, tout est parfaitement rangé sans toutefois être ordonné. Il s’en dégage une étrange impression de bien-être et de recueillement. Mon regard fasciné embrasse ce décor d’un autre âge ; suis-je entré dans un bazar, une église ou un mausolée ?

***


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Johnny Coin-Coin
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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:05

Un, deux, trois pas… je laisse mon regard papillonner et découvre plus en détail les artefacts qui reposent ici. Les objets les plus accessibles sont assez volumineux et colorés. D’autres, plus petits ou plus sombres, sont exposés sur des étagères en bois. La poussière règne dans les coins que les yeux et les mains de ce vieux monsieur peinent à atteindre.
« Êtes-vous installé ici depuis longtemps ? Lui dis-je de manière très banale.
– Depuis quelques années, oui. Octobre 1983 ! Vous étiez né ? me dit-il sans me regarder. Juché sur un petit tabouret, il semble chercher quelque chose à travers un bric-à-brac de bibelots. Une quinte de toux monumentale interrompt brutalement ses recherches.
– Euh, oui. Je suis né en 1977.
– Ah ! 1977 ! A quelle date ?
– Le neuf août.
– Trois jours après la mort d’Elvis ! me répond-t-il en claquant des doigts. »

Un instant passe. Je reconnais le grand cadre qui m’intéresse. Je brûle de le retourner pour contempler ma douce martyre de plus près.
« Excusez-moi mais… Je ne vois pas le prix pour ce cadre et cette affiche.
– Mon hôte se retourne. Je réalise alors qu’il est en pantoufles.
– Ce… Cet article n’est plus à vendre. Un client me l’a acheté tout à l’heure et repassera tantôt me le prendre.
– Quel dommage… mais attendez ? Je croyais être votre premier client ? dis-je en riant.
– Ah !
Le vieil homme semble tout à coup gêné. Il enlève ses lunettes et plonge ses yeux vers le sol comme un gamin qu’on prend en faute. La plaisanterie n’a pas l’air de l’amuser.

« Ecoutez, mon garçon, cette affiche n’est pas à vendre. Si vous voulez acheter des photos de stars aux seins nus, vous en trouverez ailleurs. »
Son agressivité soudaine me désarçonne. Son disque lui échappe des mains alors qu’il descend de son perchoir. Je m’approche et ramasse son précieux trésor : The Crystal Ship.
« Merci, grommelle-t-il.
– Je ne voulais pas vous vexer. Ce ne sont pas vraiment les seins de Marilyn qui m’intéressent mais…
– Son regard, c’est ça ?
– Euh… non, non plus, enfin pas exactement. C’est juste que…
– Que ?
– C’est elle, toute entière. Ce n’est pas la Marilyn que je connaissais. Elle semble si belle, si fragile, si humaine…
– C’est le coup de foudre, c’est ça ? me dit-il sur un ton plus léger. Ses yeux brillent.
– Oui. Vous voulez la garder ? Je comprends. C’est un exemplaire unique ou un tirage limité ?
– Ah ah ah ! Non. Je vais vous expliquer. Allez ! Ras-le-bol d’attendre parmi ces vieilleries, la journée est finie. Buvez un peu avec moi et je vous raconterai une histoire… l’histoire de cette affiche. Vous buvez proprement, au moins ? Vous n’allez pas me demander de couper mon élixir avec du Coca-Cola ? »
Mon interlocuteur sort une clé de sa poche et verrouille la porte. Me voyant intrigué, il me prend gentiment par le bras et m’emmène avec lui derrière le comptoir, puis dans l’arrière-boutique. Enfin, ce qui aurait dû être l’arrière-boutique. En guise de remise, je découvre une salle de séjour. Cet endroit n’est pas seulement un commerce mais aussi son domicile !

***


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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:05

Le vieil homme ouvre promptement un placard et en sort une bouteille de whisky. La salle où nous nous trouvons est dans l’ensemble mieux entretenue que le magasin. Il y a ici et là des traces de calcaire, de brûlures, mais peu ou pas de poussière. A l’exception du papier-peint, le mobilier et l’installation semblent dater de l’époque où cet homme s’est installé ici. On y trouve une table sur laquelle s’étalent des médicaments en pagaille, quelques chaises, une lampe, une modeste cuisinière… L’envers du décor appartient lui aussi à un autre siècle. Il n’y a cependant aucun souvenir des années d’après-guerre. Seule règne l’humilité d’un pauvre commerçant solitaire.

« Je ne suis pas très "whisky", lui dis-je, mais je peux faire une exception. Je m’appelle Nicolas, et vous ?
– Quentin, mais appelez-moi Cantine. Je me retourne plus volontiers à l’appel de mon surnom qu’à celui de mon véritable prénom. Asseyez-vous donc et faites-vous une place parmi toutes ces drogues.
– Merci "Cantine", lui dis-je en m’exécutant. La table est peuplée de baumes, de boîtes et de flacons en tous genres. Je les rassemble avec précaution près des sacs de pharmacie d’où ils ont été extraits.
– Au crépuscule qui approche ! me dit Cantine en versant le liquide ambré dans mon verre. Je n’ose pas lui demander si boire et prendre tous ces médicaments est bien prudent. Ce vieillard sait manifestement ce qu’il fait et il est résigné à sa mort prochaine.

Je trempe mes lèvres dans le whisky et retient une grimace. Non, décidément, les alcools forts ne me conviendront jamais. Cantine, en revanche, sirote lentement une interminable gorgée comme un enfant buvant une soupe délicieuse mais trop chaude.
« Cette photo, me dit-il après avoir posé son verre, est un tirage original. Elle appartient à une série de plus de deux mille cinq cent clichés, dont certains seulement ont été montrés au public au cours d’une tournée d’exposition baptisée The Last Sitting, "La Dernière Séance" en français. Les autres ont été édités dans un ouvrage du même nom, publiés de manière clandestine ou volés.
Le ton qu’il emploie est égal, son regard effacé.
« Ces photos ont été prises en 1962, six semaines avant la disparition de notre chère Marilyn. Le photographe, Bertram Stern, a sélectionné les clichés qui l’intéressaient et a montré l’intimité de la star aux quatre coins du monde, de 1982 à aujourd’hui ; il était encore à Paris il y a deux ans.
–Cette photo est un exemplaire original ! Comment vous l’êtes-vous procurée ? Elle doit être hors de prix !
– Bertie me l’a donnée en 1983, peu après les premières expositions. Je m’apprêtais à ouvrir cette boutique et nous étions en relation. Sans doute a-t-il pensé que la vendre à un riche amateur m’aiderait à démarrer mon affaire…
Le ton a changé. Les épaules de Cantine se contractent, ses doigts dansent sur le verre. Il y a là une gêne, de la colère ou de la défiance.
– … Et vous ne l’avez jamais vendue.
– Je ne l’ai jamais vendue. Je l’ai mise en vitrine depuis quelques semaines, lorsque j’ai appris que… enfin, que j’allais rejoindre ma belle américaine dans un monde meilleur. Pendant toutes ces années, cette affiche a voyagé entre ma réserve et presque tous les murs de cette maison. Mes épouses successives ne l’aimaient pas toutes autant que moi, me dit-il en riant. Alors, ce whisky ?
– Très bon, réponds-je sans grande conviction.
– Menteur. T’aimes pas ça, hein ? Un peu trop fort, peut-être. Bah ! Bois-le à ton rythme ou laisse-le.
– Je suis désolé, Cantine.
– Et moi qui comptais t’offrir la bouteille !
– Ce n’est pas de cela dont je parlais.
– Ouais, j’avais compris mais tais-toi. J’ai déjà bien assez du regard de mon infirmière. Arrêtez-donc tous de me regarder comme un vieux pochard ou comme un cadavre en sursis ! Je suis vivant et je vous souhaite à tous de vivre autant de belles choses que moi avant de quitter cette terre. »
Le silence s’installe. Cantine sort une boîte de bretzels d’un placard. Il semble plus détendu. Je reprends la conversation.
« Ainsi vous connaissiez le photographe, Bertie Stern ? Un de vos amis ? Vous semblez lui en vouloir.
– Il était mon ami, oui. Nous avons perdu contact après le début des expositions. La photo de Marilyn est son ultime cadeau, et celui qui a mis un terme à notre amitié.

***


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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:06

Le silence revient. Cantine croque un bretzel, son regard plonge dans son verre. Il lâche un profond soupir avant de prendre son inspiration.
« C’était en 1962. Bertram Stern revenait d’un voyage à Rome, où il avait pris des clichés de Liz Taylor sur le tournage du film Cléopâtre. Il était connu dans le milieu de le photographie depuis le milieu des années 50 mais son plus gros "coup" restait à venir… Sur commande du magazine Vogue, il était désormais à Los Angeles pour une séance de photos avec Marilyn Monroe.
« Marilyn avait trente-six ans. Sa beauté était mûre mais sa carrière artistique était au creux de la vague. Son contrat avec la Twentieth Century Fox pour le film Something’s Got to Give venait d’être annulé ; Cléopâtre, justement, dépassait le budget prévu et la production avait renoncé à ce second projet. Marilyn commençait en outre à avoir la réputation d’une femme capricieuse, légère et portée sur l’alcool. Cette séance exclusive était un bon moyen pour sortir de cette ornière.
« Stern, cependant, avait d’autres idées en tête. Emporté très tôt par la frénésie artistique des années 60, il envisageait avec culot de profiter de la faiblesse de miss Monroe à l’égard de l’alcool pour la saouler, la dénuder, prendre des photos qu’il revendrait à prix d’or… et abuser d’elle. Il avait réservé pour eux une suite au Bel-Air Hotel et l’attendait avec du champagne.
« L’histoire prétend que Marilyn arriva en retard et qu’elle se laissa aller à ce petit jeu. Au cours d’une séance de plus de douze heures, Bert Stern prit une incroyable quantité de photos. La majorité étaient des nus où son sujet jouait avec des foulards ou dans les draps du lit. Le cliché qui t’intéresse fait partie de cette série.
– A en juger par la photo, Stern parvint à ses fins. Au temps pour la réputation de femme ivre et légère… Pas étonnant que ces photos ne soient pas vraiment connues du grand public.
– Stern, qui faisait rimer amour et photographie, ne céda finalement pas à la tentation de profiter d’une star en perdition. Deux autres séances, habillées et même costumées cette fois-ci, eurent lieu les jours suivants. Marilyn mourut six semaines plus tard, au moment où Vogue s’apprêtait à publier les meilleurs clichés.
– Ces photos ont du coup acquis une valeur symbolique inestimable !
– Pas seulement symbolique, mon garçon : les étoiles filantes ne disparaissent jamais sans laisser une traînée d’or dans leur sillage. La mise en page du magazine fut modifiée afin d’accorder une sorte d’hommage posthume. Les chiffres de vente s’envolèrent. Stern, de son côté, publia les clichés vingt ans plus tard dans The Last Sitting. Cette œuvre, si elle n’est pas sa meilleure réalisation d’un point de vue artistique, est toutefois la plus connue et certainement la plus lucrative. »

Cantine se pince les lèvres. Son pouce commence à tapoter doucement la table.
« L’art, mon petit Nicolas, connaissait un essor sans précédent à cette époque. Il devenait populaire, "pop", et Marilyn était sa muse. Il était un adolescent et comme tous les adolescents, l’art était capricieux, incertain de ses choix et parfois cruel. Bertram, grisé par l’euphorie décadente de cette folle époque, entamait une carrière de libertin notoire.

***


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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:06

« En 1962, j’étais à Hollywood et cherchais à entrer dans le milieu du cinéma en tant que scénariste. Je m’étais faufilé à un vernissage près de Venice Beach, où je rencontrai Bertram. Il revenait d’Europe et cherchait à s’amuser. Après quelques verres, il m’exposa son plan et nous fîmes un pacte : il me présenterait Marilyn Monroe. En échange, le frenchie que j’étais devait lui fournir un alcool assez fort et assez prestigieux pour étourdir sa future conquête.
– Vous y étiez !
– Deux jours plus tard, continue-t-il en souriant de plus belle, nous roulions dans une Thunderbird en direction de Bel Air. J’avais ruiné mes économies et appelé quelques exilés francophones pour nous fournir une caisse de Dom Pérignon. Stern, lui, avait emmené ses appareils, une caisse pleine à craquer de pellicules et des foulards pour préparer la scène.
« George, le coiffeur de miss Monroe, nous tint compagnie tout l’après-midi. Finalement, tel un présage de la tragédie à venir, Marilyn arriva avec le soleil couchant. Sa tenue était des plus simples, chemisier, pantalon et bandana dans les cheveux ; elle rayonnait de beauté, même sans maquillage.

Les mains de Cantine s’agitent pour accompagner ses descriptions. Le souvenir le rend rayonnant, lui aussi.
« Bert avait le "truc" avec les femmes et était habitué à fréquenter des stars. Je restais pour ma part en retrait et attendais que Bert me présente. Rien ! Marilyn m’adressa un regard fugace avant de serrer George dans ses bras. Ils filèrent ensuite vers les ascenseurs.
« Parvenue à la chambre, Marilyn embrassa la scène et demanda à George "ce qu’il en pensait". Le coiffeur lui répondit que c’était "une merveilleuse idée" ; Bert ferma la porte et déboucha le champagne. Presque aussitôt, Marilyn enleva son chemisier.
– Quoi, déjà ? Enfin, je veux dire… si vite ? demandais-je en écarquillant les yeux.
– Cela me surprit également, tu penses bien. Je faisais de mon mieux pour cacher mon émotion mais là, à l’intérieur, ça bouillonnait, me répond Cantine en me désignant sa tête et son cœur d’un ample mouvement de main.
« Bertie, lui, était parfaitement à l’aise. J’envisageais alors qu’il ne m’avait pas tout dit, que tout cela était prévu. Il m’expliqua plus tard que ce n’était pas le cas. Cette mise en scène rappelait sans doute à la star ses précédent clichés de nu, parus bien des années plus tôt dans un calendrier. Peut-être aussi, comme je te l’expliquais, qu’elle était prête à tout pour ne pas quitter les feux de la rampe. Peut-être enfin les rumeurs étaient vraies et que ce comportement trahissait le désarroi fatal de Marilyn. Nous ne le saurons jamais. Cette surprise ne fut pas la seule. Marilyn arborait une impressionnante cicatrice au flanc, séquelle d’une récente opération de la vésicule biliaire.
« Le temps, alors, s’arrêta lentement. Je glissais hors de moi-même. L’actrice jouait avec les foulards, se dévoilait, posait devant le photographe avide. Une coupe de champagne, puis deux, puis trois… George me donna un verre et me parla. Je crois qu’il voulait que je m’asseye avec lui mais j’étais incapable de l’écouter. J’entrais dans les années 60 à travers un rêve psychédélique.
« Marilyn était là, riant torse nu devant moi, jouant avec son corps et l’objectif de l’appareil comme une adolescente impudique. Ces seins menus, cette cicatrice… L’imperfection couronnait sa beauté. Elle n’était plus une femme interdite mais méritait plus que jamais le nom d’idole. Rendue mortelle par ses défauts et immortelle par sa grâce, Marilyn Monroe était à mes yeux l’idole nue, l’avatar de la féminité. Lilith, Marie et Vénus incarnées.
– J’ai ressenti la même chose en voyant l’affiche.
– Je sais, mon garçon, me répondit Cantine en sortant une seconde de sa rêverie. Je l’ai lu dans ton regard et entendu dans ta voix. C’est pour cette raison que je te raconte mon secret. »

***


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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:07

Cantine se lève et sort de la pièce. Lorsqu’il revient, il porte l’affiche dans ses bras et la pose près de moi.
« Je t’en fais cadeau. Je n’ai pas d’enfant, et aucune confiance en ceux qui se sont extasiés devant l’érotisme nécrophage de The Last Sitting.
– Je… mais… merci, réponds-je en bredouillant. Mais pourquoi ? Nous ne devons pas être les seuls à apprécier la beauté et la portée symbolique de cette photo, si ?
– Non, bien sûr. Mais les choses étaient différentes, avant… tout ça, me dit Cantine en prenant un flacon de médicaments. D’authentiques artistes, des critiques, des experts de tous les horizons et même de simples fans ont compris mon amour de Marilyn, et partagé le leur avec moi. Nous avons parlé de l’ambiguïté de l’œuvre des heures durant. Certains pensent même que sans The Last Sitting, Marilyn ne serait jamais entrée dans la légende.
Cantine soupire.
« Les idiots. Jusqu’à aujourd’hui, cette affiche et son histoire étaient mon secret. Je vais mourir dans quelques mois, quelques semaines peut-être, et je désire le transmettre. Pourquoi pas à toi ?
– Je ne sais pas comment vous remercier, monsieur, lui dis-je en lui serrant la main. »

Cantine se rassoit et écarte son verre bientôt vide. Il croise les mains sur la table et retourne dans sa rêverie.
« La vérité, c’est que Bertram n’avait pas encore l’endurance qui allait faire plus tard sa réputation. L’excès de champagne fit bientôt son effet et le larron tomba dans son propre piège ; la nuit était tombée, Bertie était rond comme une queue de pelle et, il faut l’admettre, Marilyn aussi. George, fausse voix de la raison, était à peine plus sobre qu’eux. Il était un peu plus de deux heures du matin lorsque le coiffeur prit Bertie par le bras et l’emmena dehors pour prendre l’air. »

Mon conteur semble hésitant. Il reprend cependant.
« J’étais désormais seul dans une chambre d’hôtel avec Marilyn Monroe. Allongée sur le lit, elle avait enlevé le bas depuis un moment déjà et me regardait avec ivresse. "Comment t’appelles-tu ?", me demanda-t-elle… "Quentin, prends-moi en photo… prends-moi…" Je pris la place de Bert à l’autel de la déesse nue. Un, deux, dix, vingt déclics photographiques et bientôt Marilyn quitta le lit.
« Mon esprit s’embrouillait. Quelque chose n’allait pas, elle était trop proche pour que je puisse la photographier et il m’était impossible de prendre du champ. Mes yeux quittaient l’appareil pour lui demander de reculer lorsque je réalisais qu’elle était plus proche encore que je le croyais. J’étais pris au piège, à sa merci dans un coin de la chambre. Elle approcha son visage du mien. "Quentin, suis-je belle ?" murmura mon ange blond dans un souffle d’alcool. L’une de ses mains avait rejoint la mienne sur l’appareil photo et l’autre, posée sur ma poitrine, glissait lentement vers le bas. Elle me caressa.

"Suis-je belle ?" J’allais lui répondre quand elle m’interrompit :

"Ne le dis pas. Vis-le."

Son doigt câlinait le déclencheur. L’appareil photographiait le vide, le néant et l’éternité. Ma main libre se posa sur sa hanche alors qu’elle ouvrait ma chemise ; elle sursauta lorsque sa peau brûlante toucha la boucle de ma ceinture. Marilyn finit son œuvre de quelques geste passionnés et aussitôt ma ceinture n’était plus qu’un souvenir. J’étais torse nu à mon tour, le pantalon grand ouvert, et nos corps s’enflammaient. Sa bouche dévorait la mienne, en parfait contraste avec la douceur de son giron pressé contre le mien. Nous fûmes bientôt sur le lit et mon esprit se soumettait à de mes sens. Je rejoignais bientôt ma déesse dans l’extase et l’ivresse. »

« Nous revîmes Bert et George quelques heures plus tard. Lorsqu’il comprit ce qui était arrivé, George réveilla Marilyn, l’aida à se rhabiller et l’emmena sans un mot. Bert, pour sa part, était partagé entre la colère et l’envie. Il me dit que ce n’était pas ainsi qu’il envisageait ma rencontre avec miss Monroe et, après m’avoir adressé quelques jurons complices, m’emmena à mon tour.
– Je comprends pourquoi vous tenez tant à cette photographie. C’est vous qui l’avez prise.
– Bert s’envola pour New York, où il présenta triomphalement ses tirages. On prétend à tort que les éditeurs de Vogue, emballés, lui demandèrent une seconde série. Ils étaient à dire vrai gênés car ils devinaient, au regard de Marilyn sur les photos, le stratagème que Bert avait employé pour parvenir à ses fins. Ils savaient également que la star était soucieuse de son image et que la publication de certains clichés leur vaudrait le procès du siècle. Un arrangement fut trouvé et Stern prit une deuxième, puis une troisième série de clichés dans les jours qui suivirent.
– L’avez-vous accompagné ?
– Bertie a refusé, pour d’évidentes raisons. Nous étions néanmoins en très bons termes et son soutien me permit de gagner un peu d’argent aux Etats-Unis. Je n’étais pas très talentueux en tant que scénariste, hélas.
« Mon ami Bert m’appela six semaines plus tard pour me signaler la disparition de Marilyn, avant que les journaux diffusent la nouvelle dans le monde entier. Le salaud me dit que j’étais le dernier amant de Marilyn Monroe et moi, j’étais effondré. Mon ange était retourné au paradis.

***


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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Ven 29 Fév - 1:08

« L’épilogue de cette histoire eut lieu en 1982, lorsque je reçus une lettre de l’éditeur de Bertram Stern me signalant la publication prochaine de The Last Sitting. J’appelai immédiatement Bert pour lui signaler mon désaccord formel ; le ton monta assez vite car, il est vrai, je n’avais pas mon mot à dire. Il m’avait expédié le courrier en guise de clin d’œil et je lui répondais comme un gamin nostalgique d’une histoire de fesses vieille de vingt ans, marié de surcroît et revenu en France depuis des années. Exaspéré, je le traitai de pilleur de tombes avant de lui raccrocher au nez.
– Peut-être envisageait-il cette expérience sous un angle artistique ? Après tout, vous l’avez dit vous-même, certains considèrent cette œuvre comme une part intégrante du mythe de Marilyn Monroe.
– Aujourd’hui encore, je nie cette évidence. Marilyn est morte avant d’avoir vu tous les clichés. Elle n’aurait jamais accepté qu’on voit sa cicatrice ! Stern en a profité pour vendre des photos de star nue comme un vulgaire paparazzi, y compris les rares que Marilyn avait barrées d’une croix pour signifier son refus.
– Comme la nôtre ? dis-je. Cantine ne semblait pas m’écouter.
– Cet américain est un rat. Il m’a envoyé cette affiche pour me narguer une dernière fois et moi, l’imbécile, je suis resté accroché à elle comme une grenouille de bénitier à son Jésus. Bah, après tout, c’est de l’histoire ancienne, comme moi…
– Je ne crois pas, Cantine. En permettant à Marilyn d’éveiller la passion des hommes pour l’éternité, Bert et vous avez exaucé son souhait le plus cher. »

Je quitte la boutique de Cantine quelques instants plus tard, l’affiche soigneusement emballée sous le bras. La nuit est tombée sur Paris et je m’engage dans le métro. Sans doute vais-je accrocher ce cadre dans ma chambre, loin du regard des visiteurs. Ou peut-être l’afficherais-je au contraire dans le séjour, pour transmettre le secret de Cantine et lui permettre, à son tour, d’entrer dans le mythe ?

Ceux qui arpentent le métro parisien savent qu’il ne faut pas trop rêvasser lorsqu’on traverse les couloirs des gares principales. Une étudiante portant un carton à dessins, évadée elle aussi dans quelque songe lointain, me heurte par inadvertance et malheur ! Le cadre tombe dans un fracas de verre brisé. Se confondant en excuses, la jeune femme m’aide à ramasser les morceaux qui ont traversé l’emballage. Elle est plutôt jolie, peut-être pourrais-je lier connaissance d’une manière ou d’une autre… Cette idée saugrenue s’évanouit lorsque j’aperçois le coin d’une enveloppe émergeant du cadre. Je la mets dans ma poche avant de finir le ménage. L’étudiante et moi nous confondons en excuses avant de repartir chacun de notre côté.

Je tire la lettre de ma poche et l’ouvre quelques mètres plus loin. Elle contient deux feuilles soigneusement pliées. La première est un mot d’amitié et de réconciliation de Bertram Stern. La seconde est une lettre manuscrite de Marilyn Monroe.

Je reviens sur mes pas.

***
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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Dim 2 Mar - 14:40

J'aime beaucoup ce texte! Très fluide, poétique, mystérieux, inventif, surprenant...
J'ai été "interloquée" de voir que tu parlais de Marilyn! ^^ Tu t'intéresses beaucoup à elle, ou elle t'as juste inspiré pour ce texte, ou encore ton inspiration vient de la dernière séance? (il est vrai que ces photos sont tellement belles! Mais moi aussi j'ai été choquée de voir que celle barrée par Marilyn ont été exposées...)
Bien sûr, j'ai toujours un peu de mal à voir Marilyn réinventée, réappropriée... Mais après tout, chacun sa vision de la dame, et tant qu'elle fait encore rêver... Je garde de toute façon ma vision d'elle, bien jalousement. ^^
(à ce propos, as-tu lu le roman "blonde" de joyce carol oates? passé le premier : "mais c'est pas comme ça que ça s'est passé en vrai!", c'est un roman génial...)

Bref, très heureuse d'avoir découvert ton écriture, qui vaut vraiment le détour! D'autres petits textes à poster? Parce que vraiment, c'est un plaisir de te lire... Smile
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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Lun 3 Mar - 22:47

Petit post rapide de Toulouse

J'ai bien vu ta fic, Johnny Coin-Coin, mais je ne suis pas chez moi et je n'ai donc pas eu encore le loisir de m'installer confortablement pour la lire *trépigne**trépigne*

Je te laisserai un vrai commentaire dès que je pourrai ! Mr. Green Mr. Green Mr. Green

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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Jeu 6 Mar - 13:04

Shocked

Je suis décidément impressionnée par la qualité texte! Marilyn Monroe n'a jamais vraiment été une icône qui me touchait spécialement, mais tu en as tiré un récit superbe. Le personnage de Cantine est magistral, tellement attachant mais surtout tellement... concret! Il me fait penser à ces personnages de Zola qui prennent corps et vie par quelques fragments de leurs histoires.
Dis-moi, tout cela est-il d'inspiration autobiographique?


Je me permets de t'indiquer deux petites fautes que j'ai aperçues:
Citation :
des photos de stars au seins nus
"aux"

... Damned, je retrouve pas la deuxième. Il s'agissait d'un verbe au passé simple, avant lequel il manquait un espace et qu'il aurait fallu accorder en "it" au lieu de "is". J'imagine que tu le repéreras à l'occasion...


Quant au style d'écriture, il est je crois d'une richesse et d'une pudeur tout à fait louables. C'est comme si tu avais trouvé la "fréquence" qu'il fallait.
Le ton du récit est lui-même très particulier, avec à la fois cette volonté de remuer des envers de décor peu glorieux et la conservation perpétuelle d'une certaine innocence. La conclusion est attachante, optimiste... laisse en suspens. C'est exactement ce qu'il fallait.

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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Jeu 6 Mar - 13:52

J'ai enfin pu lire et je suis vraiment admirative de ton style d'écriture. J'étais vraiment prise dans l'histoire. Comme Half, je ne suis pas une fan absolue de Marilyn mais je suis allée voir les clichés de cette dernière séance avec Titefraise, ça m'a rappelé des souvenirs.

Je ne suis pas aussi douée que Half pour les feedback mais ton texte m'a touchée, j'étais là avec Nicolas et Cantine dans cette arrière-boutique. J'aime d'ailleurs beaucoup ce personnage, tous les petits détails que tu lui donnes et qui nous le rendent plus vivant, très attachant. J'aime aussi beaucoup le rôle de spectateur que tu donnes à Nicolas, nous permettant ainsi de l'être aussi.
Et puis, la fin m'intrigue ! Qu'a pu écrire Marilyn ? *très curieuse*
Dire que les deux messages ont été "devant les yeux" de Cantine toutes ces années et qu'il ne savait même pas qu'ils existaient.
Et puis, on comprend aussi pourquoi les femmes de Cantine n'appréciait pas ce cliché ! Outre le fait que c'était la photo d'une des plus belles femmes au monde nue dans leur salon, elle était surtout le souvenir d'un des évènements les plus marquants de la vie de Cantine.

Merci beaucoup pour ce cadeau, ça m'a fait extrêment plaisir. Si tu te décides à nous écrire d'autres choses, paratge-les avec nous !

Bravo, bravo ! *toute excitée*


Et, juste parce que je suis une affreuse chipoteuse, j'ai noté quelques petites fautes moi aussi.

(1° partie)
Citation :
Il prend la poignée de la porte d’une main et, de l’autre, me fais signe d’entrer.
=> fait

(3° partie)
Citation :
Cantine sors une boîte de bretzels d’un placard.
=> sort

(6° partie)
Citation :
Nous avons parlé de l’ambiguïté de l’œuvre des heures durant,.
=> une virgule en trop avant le point.

Citation :
son soutien mepermis de gagner un peu d’argent aux Etats-Unis.
=> me permit

Désolée, c'est une déformation professionelle... ^^"

Je te remercie encore beaucoup !
Gred

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Johnny Coin-Coin
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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   Mar 25 Mar - 20:36

Je suis content que cela vous ait plu.

Les fautes relevées ont été corrigées. ;)
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MessageSujet: Re: Passion - Cadeau (tardif) pour Gred   

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Passion - Cadeau (tardif) pour Gred
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