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 Shadow Run

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KatSou
Serpentine scintillante
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Date de naissance : 08/02/1985
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MessageSujet: Shadow Run   Sam 15 Juil - 12:34

Pour le moment, voici la fic sans surprise.

Je me dis qu'elle a bien sa place ici, tout de même, et de lui consacrer un topic me permettra, à l'avenir, de publier les nouveaux chapitres avec un peu d'avance sur la lanterne. Smile (et pourquoi pas, un chapitre bonus à l'occase Mr. Green )

Boudiou! Il lui faut bien quelques exclusivités à cette pauvre lanterne tremblotante!

Voici donc :


Shadow Run


Chapitre 1 :

La nuit était tombée, apportant avec elle une pluie froide et battante comme pour décourager les quatre petits voyageurs désireux de rentrer enfin au pays. Ils avaient été longs et éprouvants tous ces mois de cavale à errer sur les terres noires … Si loin de chez eux. Que d’aventures, de peine et de terreur pour des Hobbits de bonne éducation. Si coutume était faite pour les jeunes bambins de se régaler de récits farfelus, jamais le goût du danger ne les étreignait assez pour quitter leurs terres familières dont ils connaissaient tous les recoins.

Ils arrivèrent avec peine, à dos de poney, jusqu’au pont du Brandevin pour découvrir à leur grand désarroi qu’une haute barricade leur barrait le chemin. Sur la porte, s’il convenait de l’appeler ainsi, se dressaient des pointes taillées de bois et de fer rouillé, renforçant son austère apparence. Elle semblait levée là depuis des années. Les quatre Hobbits furent déboussolés par cette découverte. Qu’avait-il bien pu se passer pendant leur longue absence ?
- Et bien ! En voilà un accueil chaleureux pour traiter les honnêtes gens ! Peut être auraient-ils dû y pendre le chat de sorcière, l’effet aurait été garanti ! grogna Sam Gamegie, emmitouflé sous son manteau feutré.
- Qui aurait pu s’attendre à rencontrer une barrière aussi hostile ! s’indigna Meriadoc Brandebouc, s’approchant de la porte. Les choses ont bougé par ici ! Et il est temps qu’elles bougent de nouveau, à commencer par ce semblant de fortification !
Il empoigna un échalas incliné dans la clôture qu’il tira fermement vers lui, ce qui ébranla toute la construction.
- Très artisanal ! Méfie-toi de ne pas prendre un palot sur la tête ! ironisa Peregrin Touque d’un air désabusé. De toute évidence, l’esprit est digne de la plus grande finesse gobeline !
- Je crains que nous n’ayons pas seulement affaire à des gobelins ou des Hobbits contrariés, affirma Frodon, inquiet. Le style est mauvais, et puis je ne vois pas de Hobbits capables d’ériger de constructions si hautes.
- Et de si mauvais goût ! râla Sam, le nez enfouit dans son écharpe.
- En revanche, cela conviendrait bien à des gobelins ! trancha Merry, le regard noir. Il ne doit pas être si difficile d’y entrer.
- Méfie-toi bien, nous pourrions rencontrer des problèmes que Gandalf n’a pas prévu ! fit Frodon.

Le jeune Merry s’approcha toujours plus de la haute porte et lança son premier appel :
- Holà ! Nous sommes des Hobbits de la Comté ! N’y a t-il personne pour nous ouvrir ?
Un silence pesant suivit le cri de Merry. Bientôt, une faible lumière filtra entre les pilots et des bruits d’agitation se firent entendre, mais nulle réponse. Le Hobbit réitéra sa requête plus que pressante. Une voix hésitante s’éleva :
- Qui va là ? …L’accès par le Brandevin est interdit ! Déguerpissez si vous ne voulez pas d’ennuis !
- Et depuis quand des Hobbits se voient-ils refuser l’hospitalité en leur propre pays ? cria Frodon à son tour en rejoignant Merry. Comptez-vous nous faire coucher dehors sous la pluie ? Je suis Frodon Sacquet et mes compagnons Meriadoc Bandebouc, Peregrin Touque et Sam Gamegie ! S’il vous reste quelque souvenir des bonnes manières je vous somme de nous ouvrir le passage, ou c’est vous qui trouverez les ennuis !
- Voilà qui est dit cher cousin, fit Pippin qui arrivait à leur hauteur.
- Je … Je n’ai pas le droit de faire entrer ou sortir qui que se soit à cette heure, répondit la voix effrayée de l’autre côté.
- Pas le droit ! Pas le droit ! Vous allez vous activer dés à présent, ou je vous garantis que je prendrai personnellement le droit de vous botter les fesses ! hurla Merry, énervé.
- Ajoutez trois pieds de plus si l’accueil et le vin chaud ne sont pas offert ! renchérit Pippin que la pluie et le froid impatientait.

Finalement un grincement sinistre retentit et la porte branlante finit par s’ouvrir, tirée par trois Hobbits crasseux. Leur interlocuteur, un semi-homme ventripotent aux traits tirés, se présenta sur le seuil et leur fit signe d’avancer avec un empressement fébrile :
- Hâtez-vous ! Que la milice ne trouve pas la porte ouverte !
Les quatre voyageurs entrèrent sans plus poser de questions, préférant attendre d’être enfin de l’autre côté de la palissade pour être éclairés de tout ce remue-ménage. Quand la porte fut enfin refermée, Meriadoc descendit de sa monture et se campa devant l’autre Hobbit qui leur avait ouvert :
- Et bien, mon brave Hob Gardeclôture ! En voilà des manières pour accueillir les vôtres ! Ne me reconnaissez-vous pas ?
Le vieux Hobbit écarquilla des yeux effarés :
- Ah ça ! Monsieur Meriadoc ! Vous ici ! Et vous monsieur Sacquet ! Et le fils Touque ! Nous n’espérions plus avoir de vos nouvelles un jour ! Et ce brave Sam ! C’est le vieux Gamegie qui sera content !
- Et moi donc ! répondit Sam. Comment va-t-il ? Il y a longtemps que je me soucie de lui.
- Autant que ces mauvais temps lui permettent de se porter bien, dit Hob, la mine grise. C’est une bien mauvaise époque pour nous vous savez ! Les choses ont beaucoup changé depuis votre départ.
- Et bien justement ! fit Peregrin en descendant à terre. Nous aimerions bien savoir ce qui a pu se passer par ici ! Peut être pourrions-nous entrer pour en parler devant un feu et un bon vin…
- Croyez bien que je suis navré, mais je ne puis vous laisser entrer chez moi, répondit le vieux Hob. Il est interdit d’héberger des étrangers, et si je me fais prendre, je suis bon pour les trous-prisons… ou peut être pire…
- Des étrangers ! Souvenez-vous qu’il y a deux minutes à peine j’étais le fils d’un de vos bons amis !
- Bien sûr monsieur Merry, et vous le serez toujours, mais comprenez ! Je ne peux prendre trop de risques en tant que gardien ! Je pense à ma famille…
- Bon, bon ! Cela ne vous dispense pas de nous éclairer davantage.
- Oh ! Si vous saviez ! C’est un temps de guerre qui gronde ! La Comté est envahie de créatures sordides ! Au départ, nous ne déplorions que l’arrivée de misérables gobelins venus par l’Est du pays. Ils étaient nombreux, mais ne pouvaient asservir les Hobbits, désireux de défendre leurs biens. Puis leur sensibilité face au jour les refrénaient sérieusement. Alors ils ont commencé à piller, saccager, chambarder autant qu’ils le pouvaient ! Les plus hardis d’entre nous en abattaient toujours, mais la ruine demeurait. C’est à partir de ce moment que la Comté a commencé à faire grise mine. Et très vite sont arrivées des armées d’orcs ! Certes moins nombreuses que dans les livres d’Histoire, mais suffisamment pour tenir toute résistance hobbite en échec. Et là, tout est allé très vite …

En même temps que le brave Hob racontait, rejoint progressivement par une bonne dizaine de ses congénères, Sam remarqua Frodon, qui avait avancé un peu pour s’écarter du bosquet d’arbustes qui encombrait la vue sur les prairies fleuries du Pays de Bouc. Les yeux du porteur de l’anneau semblaient s’égarer dans le paysage, son visage blanc s’était figé dans un masque glacé d’effroi et ses lèvres entrouvertes laissaient échapper de petits nuages de chaleur qui trahissaient son souffle court. Soucieux du trouble qu’il percevait chez son maître, l’ancien jardinier dirigea son poney à hauteur de celui de Frodon. Il n’eut guère le temps de demander ce qui n’allait pas, quand il fut frappé de la même torpeur. Malgré la nuit et le mauvais temps, il vit lui aussi. Au devant d’eux s’étendaient les vastes Champs du Pont et, par ce fait, l’aperçu le plus effroyable de la ruine de leur beau pays. Les étendues d’ordinaire si fertiles n’étaient plus que des champs de boue ravagés et sans vie. Les arbres robustes qui longeaient les anciennes prairies avaient été arrachés ou parfois brûlés. Il ne semblait plus rester la moindre parcelle d’herbe tendre ou de fleurs printanières. Ils remarquèrent avec effroi que le petit bourg autrefois dressé à la lisière du champs du père Magotte avait complètement disparu. A sa place s’élevaient des bâtisses sombres et tordues qui ne répondaient guère au charme bocager de la Comté. Le paysage qui s’offrait à eux avait tout d’un tableau de Mort.

Pippin, qui avait détourné le visage du vieux Hobbit, aperçut à son tour Frodon et Sam, tous deux figés dans une expression interdite. Il comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Il tapota dans le bras de Merry, planté à ses côtés, avant de rejoindre à pied ses deux compagnons. Merry courut le rejoindre quand il vit son petit cousin étouffer un cri de frayeur. Ce qu’il vit à son tour le paralysa. Ses yeux fixèrent le triste décor sans plus pouvoir s’en détourner. Il sentit la menotte fébrile de Pippin se réfugier dans la sienne, recherchant le réconfort. Il la resserra fiévreusement pour trouver lui même un peu de courage. Le vieux Hob s’était avancé jusqu’à eux et poursuivit son récit sinistre. Sa voix devenue rauque semblait résonner comme une lourde fatalité qui pesait dans le cœur des jeunes voyageurs, maintenant complètement immergés dans l’horreur : « Les orcs prirent très vite possession des principaux villages de l’Est, tuant tous ceux qui se dressaient sur leur chemin, saccageant tout ce qu’il pouvaient trouver de beau, plongeant la Comté dans la terreur. La vie sous sa plus belle forme fut très vite anéantie. Toute l’organisation du pays fut bouleversée. Dorénavant, le Grand Chef se nomme Charcoux, un vrai teigneux à ce qui se dit ! Nous autres braves gars tentâmes de résister mais chacun des regroupements clandestins se faisaient décimer. J’ai d’abord pensé à protéger ma famille, j’ai abandonné la résistance. Aujourd’hui c’est la Comté entière qui s’écroule devant eux. La plupart des Hobbits sont impressionnés par leur apparence et leur violence. Le plus souvent, un seul grognement de leur part suffit à calmer les ardeurs des plus entêtés. Si un Hobbit se fait trop hargneux, il est envoyé directement dans un trou prison. Et si le soulèvement ne cesse pas, ils résolvent le tout par des exécutions publiques. »
- Des exécutions publiques ? s’exclama Frodon effaré. Mais c’est affreux ! Jamais le sang n’a été versé en Comté ! Les choses ne peuvent continuer ainsi !

A peine eût-il achevé sa phrase, qu’un jeune Hobbit tout bouclé d’or accoura vers eux. Il s’arrêta à hauteur de Hob, tout essoufflé et visiblement effrayé :
- Vite ! Une patrouille arrive ! Vous ne pouvez pas rester là ! S’ils vous trouvent, ils vous arrêteront !
- Je voudrais bien voir ça ! gronda Merry, envahi par la fureur.
- Combien sont-ils ? demanda Frodon.
- Ils tournent rarement à moins de six ou sept, et ils sont armés, croyez-moi ! Le p’tit a raison ! Mieux vaut vous cacher en attendant qu’ils passent.
- Eh bien nous aussi nous sommes armés ! Et prêts à les recevoir ! fit Merry en dégainant son épée.
Pippin arrêta son bras, le forçant à redescendre la lame :
- Attends ! Je te suis dans ton élan, mais pour le coup, ça me paraît trop risqué ! On ne sait pas ce qui nous attend !
- Il a raison Merry, renchérit Frodon. Pour sauver la Comté il faut déjà songer à rester en vie !
Sans attendre la réponse de Meriadoc, Hob fit signe à plusieurs de ses camarades de cacher les poneys. Sam et Frodon se retrouvèrent également à terre.
La maison de Hob était l’une des rares du quartier à avoir été bâtie en surface, contrairement à la tradition locale. Le vieux Hobbit possédait quelques abris pour ses bêtes et une grange derrière laquelle les quatre voyageurs trouvèrent refuge, prêts à déguerpir si le besoin s’en faisait sentir.


Ce petit abri tapissé de paille offrait un excellent point de vue de la situation, d’où les quatre petites têtes bouclées espionnaient silencieusement. La patrouille d’orcs fut très vite sur place. Hob avait raison : ils étaient sept. Sept orcs crasseux et puants, dont l’attitude n’avait rien de rassurant. Une épaisse cuirasse les recouvrait et de lourdes épées pendaient à leur ceinture. Le plus imposant, qui semblait être le meneur de cette brave escadrille, s’approcha brutalement du vieux Hob.
- C’est un Huruk-haï ! Chuchota Merry, blotti contre Pippin qui frissonnait.
- Ces affreuses créatures ! Moi qui avait tant espéré ne plus en entendre parler…

- Des étrangers sont venus là ! grogna l’Huruk-haï d’une voix rocailleuse.
- Non maître, pas d’étrangers à cette heure. C’est le règlement. Personne ne doit entrer ou sortir à partir de 18h, et je surveille, soyez-en sûr.
La créature empoigna violemment le Hobbit par le col et le souleva à hauteur de sa figure répugnante :
- La grande porte s’est ouverte ! Un informateur l’a vu ! Ne me racontez pas d’histoire !
Sur ces paroles, il jeta le pauvre Hobbit au sol. Hob échappa un cri de douleur, tandis que deux de ses compagnons se précipitèrent pour le relever.
- Embarquez-moi ce bon à rien ! Et fouillez les maisons alentour ! gronda le chef.
- Vous n’irez nulle part avec lui ! hurla un robuste Hobbit brun, qui éleva une fourche en direction du peloton indésirable. Sans l’ombre d’une hésitation, il chargea le chef de son arme, la fureur brûlant son regard. Tout se passa si vite que personne ne put réagir. Avant d’avoir pu atteindre l’Huruk-haï, le Hobbit audacieux fut stoppé d’un coup d’épée maîtrisé qui lui traversa le corps. Un autre Orc embusqué sur le côté avait porté le coup alors que le chef n’avait pas cillé. Le Hobbit tituba un instant, recouvrant la blessure fatale de ses mains empourprées, et s’écroula aux pieds de Hob, sans vie.

Les quatre voyageurs qui assistaient à la scène impuissants étouffèrent un cri de frayeur. Frodon, qui avait recouvert sa bouche de ses mains, semblait tétanisé. Au cours de ces derniers mois, des choses atroces avaient défilé sous ses yeux encore innocents, mais rien de semblable au choc de l’exécution d’un des siens. Sam étreignait son jeune ami, luttant contre la rage pressante qui se mêlait à la peur, partagé entre l’envie de fuir et la pulsion meurtrière. Pippin quant à lui, se resserrait convulsivement contre Merry qu’il sentait bouillir d’une fureur sans pareil. La scène à laquelle il venait d’assister l’épouvantait, mais la fébrilité de son cousin le terrorisait davantage. Qu’allait-il se passer si Merry ne se calmait pas ? Ce dernier finit par se redresser, le corps tendu, les poings crispés.
- Non ! Merry ! Que fais-tu ? Baisse-toi ! murmura nerveusement Pippin en s’agrippant au bras de son cousin. Mais celui-ci semblait ne pas l’entendre. Frodon se joignit à Peregrin en agrippant à son tour le veston de Merry, bientôt épaulé par Sam qui s’était quelque peu ressaisi. Ils ne furent pas trop de trois pour le convaincre enfin de se rebaisser.
- Vous… Vous voulez qu’on laisse faire de telles choses sans réagir ? articula Meriadoc avec peine.
- Non ! Bien sûr que non ! Mais réfléchis ! Comment veux-tu lutter contre sept orcs armés ? En improvisant ? fit Frodon.
- Avec tous les Hobbits présents, nous devrions bien être une douzaine ! C’est bien assez pour les dominer ! répondit Merry.
- Peut-être, et encore faut-il être sûr de se voir soutenu ! répliqua Frodon.
- Mais regarde-les ! Leur rage ne demande qu’à se réveiller !
- Moi je ne vois que des Hobbits apeurés, prêts à fuir à la moindre occasion ! Aucun d’eux n’a bougé !
- Cessez de vous chicaner, ce n’est pas le moment ! trancha Pippin.
- Il a raison ! ajouta Sam. Ça ne fera pas avancer les choses ! Regardez ! Voilà qu’ils embarquent c’pauvre Hob !


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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 12:34

Deux Orcs empoignèrent Hob qui s’était écroulé de douleur sur le corps de son ami. Alors qu’ils disparaissaient avec leur otage, une femme bouleversée accourut de la maison du vieux Hobbit :
- Non ! Attendez ! Que faîtes vous ? Pourquoi l’emmenez-vous ? Répondez-moi ! cria t-elle, désespérée.
Mais aucun Orc ne lui répondit. Elle agrippa le bras de l’un d’eux en reposant incessamment sa question, mais n’obtint comme réponse qu’une violente bourrade qui la projeta au sol. Plusieurs semi-hommes se hâtèrent vers la femme en pleurs, la relevèrent et la ramenèrent chez elle, où quatre bambins attendaient sur le seuil, tâchant de la rassurer du mieux qu’ils le pouvaient. D’autres Hobbits emportèrent le corps du malheureux qu’ils avaient enveloppé dans un linge humide, et bientôt, la petite foule se dissipa.

- Et maintenant, que fait-on ? demanda Merry que le désespoir avait finalement gagné.
Aucun de ses compagnons ne put répondre sur l’instant, tous pris d’une torpeur qui gelait leurs pensées.
- Il faudrait peut être trouver où se loger pour commencer, finit par répondre Sam, qui commençait à douter de l’étanchéité des mottes de paille.
Bien que les paroles du jardinier reflétaient là tout son bon sens, aucun des quatre petits exilés n’osait encore bouger. La pluie froide et persévérante battait sur le toit de la grange toute sa rage et sa vigueur à mesure que leur courage faiblissait. Trouver un foyer. Cela revenait à courir la campagne sans protection alors que la nuit, déjà à la moitié de sa course, dissimulait sous son épais manteau de cendres ces hordes de prédateurs nocturnes lancés à leurs trousses. A la vérité, cela tenait plus de la folie que de la raison.

Gelés jusqu’à la moelle, ils se resserrèrent les uns contre les autres pour retrouver, en plus de la chaleur mutuelle, le réconfort d’une étreinte fraternelle. La joie ravigotante ô combien désirée du souvenir de leur pays fruité, pour lequel les vertus de la terre chaude allouaient cette éternelle saveur de petit printemps, se trouvait froidement balayée par le désert glacé de la désolation, cette impression abjecte de sentir s’égrainer comme du sable entre les doigts tous les espoirs de revenir à leur vie paisible. Sentiment que Sam et Frodon n’avaient que trop connu pour en supporter une deuxième fois le poids sur leurs épaules trop fragiles. Sam sentit le corps accablé de Frodon couler doucement contre sa poitrine et l’accueillit entre ses bras avec déférence. Il caressa délicatement la chevelure de jais, se saisissant de la consolation qu’il se voyait offrir lui aussi par la chaleur de l’instant, pendant que les prunelles opalines du jeune maître scrutaient vivement l’obscurité, tout à la prudence.
Merry et Pippin s’étaient déjà vivement rapprochés, s’entortillant l’un contre l’autre dans la maigre protection de leurs capes de voyage qui gardaient encore l’odeur des terres elfiques. Appuyé contre la gorge chaude de Merry, le cadet se prenait à rêver des nombreuses occasions où ils s’étaient tous deux abandonné dans la paille douillette de la ferme des Grangebois . Leur affection partagée avait cela d’ineffable qu’elle avait toujours fait partie de leur existence. De toute vérité, elle était l’évidence même. Ce fut sans doute pour cette raison qu’ils mirent tant de temps à s’en apercevoir. Il fallut attendre l’explosion colérique de Lili Bonpoil, amie intime de la mâtine Pervinca qui l’avait finement convaincue de convier pour ses 23 ans ce fripon de Meriadoc. Cette bamboche canulante aux intérêts légers avait tourné court grâce franc-parler de Merry, qui avait tout naturellement remarqué l’assortiment de la robe églantine de son hôtesse aux rideaux diaprés du salon, chose qui n’avait pas pour avantage de mettre en valeur son minois de grisette. Il avait profité des aboiements excédés de la demoiselle pour se dérober dans un éclat de rire, agrippant le jeune Pippin au passage. Ils avaient couru tout les deux jusqu’à atteindre la ferme où ils trouvaient si souvent asile de paix. Merry, encore ivre de coquinerie, s’écroula dans la paille, le visage face au ciel. Pippin se laissa alors doucement tomber prés de lui, se blottissant contre son corps fébrile. C’est alors qu’il sentit, dans les gestes de tendresse de l’aîné, une fièvre soudaine, alors que ses mains surprirent une parcelle du ventre chaud de Pippin que la chemise dégrafée avait découvert dans leur fuite. Il comprit, en écoutant les battements du cœur de Merry qui s’affolait, ce lien exclusif qui les réunissait. Pourtant, même conscient de cette grâce, Merry ne l’avait jamais réellement touché, comme s’il craignait de souiller cette candeur encore trop docile pour s’affirmer dans sa volonté. Mais ce regard échangé à ce moment là cristallisa cette réciprocité qui, bleue d’azur ou verte émeraude, ne les a plus quitté.

- Sam, quelqu’un approche ! murmura soudain Frodon, qui venait de se redresser subitement, bousculant les songeries de chacun.
Les quatre Hobbits se raidirent et tendirent prudemment l’oreille. Des bruits de pas légers approchaient bien de leur repli. N’osant bouger, ils restèrent, pendant un instant d’attente fiévreuse, tapis dans leur nid de paille humide, la main crispée sur la poignée de l’épée. Mais la pluie, qui semblait ne jamais vouloir cesser, recouvrait les bruissements alentours, augmentant de jure la peur qui glaçait leurs membres. Soudain, une ombre furtive apparut sur le côté non protégé de Merry. Celui-ci, surpris, échappa un cris de frayeur et dégaina l’épée. Un hurlement lui transperça les oreilles. Celui d’une femme.
- Rosie ! hurla Sam qui l’avait reconnue. Il se précipita vers la jeune Hobbite, aussi surprise que soulagée.
- Rosie ? J’ai bien failli t’éborgner ! râla Merry, finalement rassuré.
- Ou peut être même pire ! Ah ! Enfin je vous trouve, mes amis ! fit-elle, accueillant Sam dans ses bras frêles, un sourire radieux gravé sur son visage fatigué. Voilà deux bonnes heures que je vous cherche ! Je craignais vraiment que quelque chose de malheureux ne vous soit arrivé !
- Rosie ? répéta Frodon, interloqué. Mais… que fais-tu ici ?
- Le petit Robin a couru jusque chez nous pour nous prévenir de votre venue. Il redoutait qu’une patrouille ne vous fasse des histoires. Je suis venue aussi vite que possible…
Les quatre Hobbits se souvinrent du jeune garçon aux cheveux d’or qui les avait avertis que des orcs arrivaient. Il avait disparu comme il était venu. Le « petit Robin », c’était donc lui.
- Je suis si soulagée de vous trouver sains et saufs ! se réjouit la jeune femme en enlaçant vivement Frodon, encore tremblant sous le choc de la frayeur passée. Vous devez être gelés par ce temps détestable. Venez vite ! Le trou familial héberge tous les cœurs recrus ! Vous aurez tout le vin et la nourriture dont vous rêvez !
Rosie agrippa chaudement le bras de Pippin et ouvrit le chemin, avec toute l’allégresse d’une jeune âme préservée.
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 12:37

Chapitre 2 :



On dit qu’aux heures les plus sombres succèdent toujours les plus heureux instants. Les Hobbits voulurent y croire en ce premier jour de mai, jour d’un nouvel espoir où même le soleil parut changer d’éclat. Ce jour tant espéré qui rendit au Gondor son héritier souverain. Sous les acclamations enthousiastes du royaume, Minas Tirith avait regagné toute la noblesse de son apogée. Les ténèbres s’étaient évanouies, laissant rejaillir la beauté froide des remparts immaculés de la Cité Blanche.

Sam, qui avait veillé toute la nuit au chevet de Frodon, s’était enfin assoupi sur la table d’une chambre voisine, le front reposant sur ses bras repliés, quand une grande main noueuse et paternelle se posa sur son épaule. Le Hobbit releva lourdement une tête fanée par le sommeil :
- Gandalf ? Quelle heure est-il ?
La figure rassurante du vieux magicien s’étira doucement dans sourire lénifiant, une lueur vivace brûlait dans ses yeux fatigués :
- L’heure des réjouissances.
Le visage potelé du jardinier s’éclaira soudain :
-Il est réveillé, n’est ce pas ? Ah pour sûr que oui ! C’est que je l’vois tout de suite dans votre regard ! Enfin ! Monsieur Frodon est sauvé !
Gandalf se redressa sereinement, les bras croisés sous sa longue barbe blanche, la mine sévère que l’amusement, toutefois, ne trompait pas.
- Eh bien, Sam Gamegie, que me faîtes-vous ces yeux de loche éberluée alors que vous devriez être au prés de votre maître qui s’éveille sans vous ! Vous voilà bien long à la réflexion en ce beau matin !
Sans plus attendre, Sam bondit maladroitement de sa chaise, sous le sourire satisfait du magicien, et courut jusque dans la petite chambre fraîche où reposait Frodon.
Il était là, assis au milieu de ce lit trop grand pour lui, revêtu d’un vêtement ample et clair, en grande conversation avec Aragorn, posé à ses côté. De l’autre côté du lit se tenait Pippin, agenouillé prés du bord, la tête appuyée sur ses mains, attentif à chacune des paroles de son cousin, pendant que Merry, debout derrière lui, faisait jouer ses doigts à son insu dans les cheveux du cadet.
Lorsque Frodon s’aperçut de la présence de Sam, ses mots moururent instantanément sur ses lèvres, encore pâlichonnes, et ses yeux, redevenus clairs, s’accrochèrent au visage ému de son ami. Aragorn n’eut guère besoin de s’attarder pour comprendre que ces retrouvailles se passeraient de toute autre présence que la leur. Il croisa le regard de Merry qui dut tirer la manche de Pippin pour l’inviter à sortir avec lui. Mais avant d’accorder aux deux Hobbits ces instants exclusifs, Grand Pas enserra dans sa main brune celle, fragile et meurtrie, du porteur de l’Anneau :
-C’est un véritable soulagement de vous savoir de nouveau parmi nous. Votre histoire sera célébrée à travers les âges, et c’est à jamais que chaque peuple de la Terre du Milieu vous témoignera sa reconnaissance.
Frodon sourit légèrement, ne sachant quel mot prononcer pour exprimer sa propre gratitude. Mais quand Aragorn eut quitté la pièce à son tour, ce fut un tout autre silence qui s’installa. Une émotion particulière, dénuée de sens et détachée des mots, fut la première révérence à cette amitié retrouvée. Cette amitié, pouvait-on le dire ? Sam savait qu’il n’aurait pu se contenter d’un sentiment d’apparence si frivole maintenant qu’il le voyait, assis sur ce lit baigné de soleil. Le temps semblait ne plus s’écouler, comme compatissant au désir de leur accorder un instant immuable et sans témoin. Son maître le regardait, immobile mais saisi d’un trouble que ses yeux trahissaient. Ses yeux, qui, pendant ces longs jours de détresse passés sur les Terres Noires, s’étaient assombris par la fatigue, la peur et la convoitise, voilà qu’ils avaient retrouvé leur jolie couleur céleste et leur lumière de vie. Ses yeux, qu’il revoyait enfin. Sam osa quelques pas en direction du lit et y posa sa main, mais il ne put se résoudre à le toucher encore, comme craignant de voir l’enchantement s’évanouir dans un rêve trop beau pour durer. Il contempla ce visage lacté presque sans défaut qu’il avait tant espéré pouvoir caresser doucement, sans jamais l’oser. Ses cheveux d’ébène retombaient en boucles indisciplinées, lui donnant ce petit air hirsute du levé matinal, comme s’il venait de s’éveiller d’un rêve fuyant, sans incidence.
Frodon saisit finalement la main de Sam dans la sienne. Sa main blanche et frêle était redevenue chaude. Sam osa enfin y porter un baiser respectueux, et ils restèrent ainsi de longues minutes. Ils ne se séparèrent plus de la journée et se préparèrent à la suivante, qui devait célébrer le couronnement du nouveau roi du Gondor.


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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 12:38

La grande salle du château était encore vide en cette charmante matinée de printemps qui, à première vue, ne semblait différer d’aucune autre. Les grandes tables de bois qui allaient accueillir les nombreux convives venus pour la belle occasion étaient impeccablement disposées. Merry, qui venait de pénétrer dans l’immense salle, n’en croyait pas ses yeux de petit Hobbit. Les murs blancs montaient si haut qu’ils en faisaient oublier le clos et les larges fenêtres qui longeaient la pièce laissaient pénétrer de radieux rayons de soleil qui baignaient de couleurs les rideaux flottant. Le plafond, éminent, convergeait en voûtes superbes, qui retombaient souplement sur le sol en piliers réguliers. Jamais il n’avait ressenti autant de noblesse émaner d’un même lieu. Soudain, ses yeux s’arrêtèrent instantanément sur une autre table, différente de celles des convives, placée en retrait, sur le côté droit de la salle. Fichtre ! N’avait-il jamais vu de buffet aussi foisonnant ! La table, qui devait bien mesurer cent vingt pieds de long, était entièrement garnie de nourriture en tout genre, allant de la viande délicieusement dorée aux fruits les plus colorés, pour le plus grand plaisir des yeux. Et des papilles. Une vision des plus merveilleuses, que le plus probe des Hobbits n’oserait imaginer, même en rêve. Bien entendu, il n’était pas question pour l’instant de se laisser tenter. Quoique le souci des choses bien faites inciterait n’importe quel semi-homme digne de ce nom à s’assurer, pour le moins, que la nourriture fût exquise. Après quelques longues secondes d’ébahissement mérité, Merry tourna innocemment la tête de tout côté. Personne à l’entrée, ni plus à proximité. Il y avait bien quelques vassaux au fond de la salle qui finissaient hâtivement les derniers préparatifs, rien d’alarmant donc pour tout Hobbit qui soit, dont la furtivité naturelle était si souvent prise pour de la magie chez les Hommes. Le jeune Meriadoc s’approcha de la table aux trésors à pas de loup. Il arriva près du bord et dressa fièrement sa tête friponne à hauteur d’une succulente grappe de raisin vert, qui recouvrait divinement quelques pommes rougeoyantes. Il s’apprêtait à saisir un pomme quand il entendit un fracas de l’autre côté de la table, suivi d’un bruit de chute de multiples petits fruits. Il sursauta et se baissa vivement pour ne pas être pris en faute. C’est alors qu’un petit fruit rouge roula de sous la table et vint heurter son pied. Une cerise ! L’évidence le frappa. Il se redressa fermement et reconnut, dansant entre deux bananes, les boucles chocolatées si familières :
- Pippin !
Le jeune fautif sursauta :
- Jô pô tout efpliquer ! cria une bouche encombrée.
Merry contourna la table d’un pas faussement autoritaire et se campa devant le petit chapardeur aux joues gonflées comme un campagnol.
- Oui, j’aimerais que tu m’expliques ce que tu fabriques derrière la table du buffet royal, la bouche pleine de cerises, semonça l’aîné.
Le jeune Touque, dont la réputation proverbiale ne laissait guère d’issue, agita vivement les bras, joignant des geignements incompréhensibles, en guise de protestation. Meriadoc agrippa le menton de Pippin et appuya sur les joues arrondies du cadet qui laissa échapper un petit noyau juteux, puis un deuxième, un troisième, et enfin, un quatrième.
- Comment fais-tu pour ingurgiter autant de nourriture en une bouchée ? Un jour, tu auras l’air aussi bouffi qu’un castor ! fit Merry en essuyant de ses doigts les lèvres du jeunot, barbouillées de jus carmin.
Quand Pippin retrouva enfin l’usage de sa langue, il ne put s’empêcher de rétorquer, l’air insolent :
- Je suis allé à bonne école, souviens-toi ! Ce n’est certainement pas moi qui apprenais à mon petit cousin comment avaler le plus de biscuits dans le garde-manger sans se faire voir, ou encore comment cracher son noyau de cerise le plus loin possible. Quoiqu’ aujourd’hui, je suis certain de te battre dans toutes ces disciplines !
L’aîné esquissa une grimace agacée, mais Pippin poursuivit de bon gré :
- J’ajouterais, pour en revenir à ta première question, que je ne vois pas meilleure façon d’y répondre qu’en te la retournant ! Après tout, tu es bien devant cette table toi aussi. Et ne me dis pas que c’est Aragorn qui t’a chargé de surveiller le festin, je n’en croirai pas un mot !
-Toujours est-il que je n’étais pas entrain de filouter comme un chenapan, moi ! grogna Merry, se baissant pour ramasser les cerises tombées au sol.
- Sans doute que tu n’en as pas eu le temps ! Je gage que le bruit de l’auge renversée t’as retenu, aiguillonna Pippin de plus belle, se joignant à la tâche.
Continuant leurs taquineries, ils tentèrent tous deux de reposer maladroitement l’assiette de cerises à demi vide sur la table. Ce faisant, ils poussèrent malencontreusement quelques fruits qui en supportaient d’autres. Soudain, alors qu’ils avaient enfin reposé sagement le plat à sa place, un amas de fruits vint rouler par dessus la grande table, s’éparpillant joyeusement sur le sol. La dégringolade des premiers fruits entraîna avec elle presque tous les autres. Cette merveilleuse cascade de prunes, de pommes, de poires, de bananes ou de raisins semblait ne plus vouloir finir. Quand enfin le dernier fruit toucha le sol, Merry et Pippin, paralysés par la surprise, se regardèrent, médusés. Ils reprirent subitement leurs esprits, et déguerpirent aussi vite que possible –n’oubliant pas, au passage, de se remplir les poches de quelques prunes. Ils quittèrent hâtivement la grande salle, trébuchant gauchement, et laissant les vassaux atterrés devant le triste spectacle.

L’après midi de cette journée prometteuse rassembla aux portes du château tout le royaume de Minas Tirith. Le peuple en liesse se préparait à couronner son roi avec un enthousiasme véhément. L’entrée du château fut désobstruée de la foule pour laisser apparaître un chemin libre, au bout duquel, enfin, il apparut. Celui qui, jadis, foulait les terres en la qualité de rôdeur, empruntait ce jour la voie des seigneurs. Celui que l’on avait appelé Grands Pas, Aragorn ou même Estel, allait devenir le Roi Elessar. Et sans doute le trône n’aurait mieux convenu à aucun autre car il avait tout d’un roi, du cœur aimable à la noble prestance. Alors qu’il avançait vers les portes, la foule se tut. Malgré ce regard d’acier qui tenait en respect, Frodon se souvenait si bien de cette tendresse qui s’en dégageait parfois. Il se remémorait aussi avec plaisir sa propre surprise et celle de tout le royaume quand Aragorn fit monter à ses côtés le fier et solide Eomer, tout récemment couronné lui aussi, à la tête du Rohan.
- Je comprends votre étonnement, mais sachez qu’en la personne d’Eomer, jeune Roi du Rohan, j’ai trouvé l’apaisement. Ce lien assurera la pérennité de l’amitié qui unit le Gondor au Rohan, et je puis vous jurer le meilleur dévouement pour mon peuple dans un règne de paix.
Sur ces paroles, les deux hommes s’embrassèrent tendrement, laissant planer sur la foule un silence pesant. Mais soudain, une voix s’éleva : « vive le Roi Aragorn ! Vive le Roi Eomer ! », et bientôt le peuple entier déclama ces mots, et la liesse reprit de plus belle. Aragorn, que le doute avait pris un instant, esquissa un sourire radieux, et se tourna vers son amant, rougissant, qui lui rendit la pareille.
- Maintenant viennent les jours du Roi et puissent-ils être bénis tant que dureront les trônes des Valars !
La journée se poursuivit dans une ambiance des plus festives. Le grand repas du soir, qui à la vérité, avait commencé en fin d’après midi, réchauffait les cœurs et déliait les langues. L’union d’Elessar avec le jeune roi du Rohan était au cœur de toutes les conversations. Si elle avait surpris les premiers temps, elle fut majoritairement bien accueillie par le peuple. A tel point qu’on ne s’étonna plus de rencontrer, dés le lendemain, quelques couples de jeunes hommes ou jeunes femmes faire montre de leur affection partagée au beau milieu de la rue.

Malgré tout cela, Frodon fut saisi d’embarras lorsqu’il entra, un beau matin, dans la chambre de Legolas sans y être convié. Le jour du départ se faisant proche, le jeune Hobbit avait jugé utile de consulter une carte de la Terre du Milieu qu’il savait en possession de l’elfe. Quand il se présenta à sa porte, celle-ci était légèrement entrouverte, et la lumière du soleil matinier filtrait. Il frappa quelques coups, appela doucement, mais n’obtint pas de réponse. Il entreprit d’entrer tout de même. Quelle ne fut pas sa surprise de trouver dans le lit Gimli, vêtu du plus simple appareil et douillettement lové dans les bras du prince elfe, tout aussi confortablement disposé. Les draps blancs, négligemment repliés vers le fond de la couche, dévoilaient leurs corps nus, baignés d’un timide soleil qui perçait au travers de la fenêtre. Legolas ouvrit aussitôt les yeux et redressa doucement la tête.
- Je… Pardonnez-moi … je … euh … la porte était ouverte… et…
Frodon, devenu aussi rouge qu’une tarte aux griottes, se figea par la surprise et s’enlisa maladroitement dans quelque bredouillis des plus confus.
- Ne soyez pas gêné de ce que vous voyez, mon ami, il n’y a nulle raison de le cacher, murmura Legolas recouvrant son corps élancé d’un saut-de-lit ample.
- Ah ça par exemple, le jeune monsieur Frodon ! résonna la voix éraillée de Gimli, aussi échevelé qu’un vieil ours paresseux. Il est bien impromptu de vous trouver là !
Le jeune Hobbit esquissa un sourire gauche, pressé par l’envie soudaine de fuir à toutes jambes.
- Vous désirez quelque chose ? demanda l’elfe.
- Non, non ! Ne vous dérangez pas pour moi, je reviendrai par la suite !
Sur ce, il quitta précipitamment la pièce et referma la porte derrière lui. Il s’y adossa quelques instants, encore tout éprouvé par cette insolite découverte, et entendit jaillir de la chambre le rire généreux du nain, ce qui le fit sourire à son tour. A l’évidence, s’il convenait de se troubler dans ces circonstances, il n’y avait là nulle matière à s’en étonner. Leur proximité considérable depuis la victoire de Pelennor avait écarté tous les doutes encore probables, aussi incongru que cela puisse paraître venant d’un nain et d’un elfe. Une pensée qui figea le sourire de Frodon sur le moment, car il lui sembla évident que la communauté de l’Anneau n’avait jamais parut aussi soudée qu’à la veille de sa séparation définitive.

Que de plaisants souvenirs qui envahissaient le cœur des quatre voyageurs, alors qu’ils foulaient péniblement le sol saccagé de la Comté en direction du trou des Chaumine, sous une pluie battante, aussi hostile que ce territoire avait pu, jadis, leur être précieux.
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 12:39

Chapitre 3 :


La chute inattendue fit échapper un cri de surprise au jeune Hobbit alors qu’il tombait en avant, réceptionné par un sol boueux.
- Pippin ! s’écria Meriadoc.
Rebroussant chemin, l’aîné se précipita vivement vers son petit cousin, qu’il agrippa sous les aisselles pour l’aider à se redresser sur ses jambes. Tout le petit groupe s’arrêta, inquiet.
- Non, non, ne t’en fais pas Merry, j’ai trébuché… rien de plus, articula le jeune Touque, maintenant tout sali.
- Et tu as réussi à te blesser ! constata Merry avec inquiétude, saisissant dans ses mains le visage maculé de Pippin.
Une petite entaille venait déchirer la peau fine de son visage, juste au dessus de l’arcade sourcilière droite, déversant un mince filet de sang qui cerclait l’extérieur de son œil vert. Le pauvre petit bougre avait dû heurter une pierre ou une vieille branche en tombant.
- Laisse-moi regarder, fit Rosie en relevant de sa main le menton de Pippin. La plaie n’est pas vilaine, nous soignerons bien tout cela une fois au chaud, chez mon père. Mais il faut nous hâter ! Les premières lueurs de l’aube ne tarderont plus.

Cela faisait près de deux heures que la petite escadrille Hobbite cheminait au travers des laies les plus étroites qui serpentaient à travers les bois de la Comté, se faufilant entre la végétation hostile qui égratignait leurs mollets nus. Certes, la grande route les aurait menés à destination en moins d’une demi-heure, leur épargnant bien des peines sous cette pluie glacée, mais il leur fallait rester discrets. Déjà, ils avaient croisé une troupe de trois orcs tapageurs qui vermillaient activement dans les recoins boisés, les obligeant à se tapir au sol, dans l’incertitude de retrouver finalement la lumière chaude et rassurante des girandoles de la ferme Chaumine. Cette pénible occurrence les avait paralysés de longues minutes, leur astreignant à une immobilité aussi ferme que pouvait leur permettre l’état d’extrême frayeur qui agitait leurs membres. Heureusement, si la vision des orcs s’améliorait la nuit, la patience leur avait toujours fait défaut. Agacés d’explorer le moindres recoins du pays en sachant pertinemment que les petites gens étaient trop effrayées pour se risquer à sortir la nuit, à leur merci, ils rebroussèrent chemin, laissant derrière eux les cinq petits voyageurs.

La prudence qui, par les temps qui couraient, n’était jamais de trop, leur fit perdre une heure encore, dés lors que le moindre frémissement des arbres les faisait tressaillir. Bien que la pluie tenace leur avait finalement accordé un répit, ils arrivèrent las et gelés à la porte de la ferme. Rosie n’eût pas le temps d’y frapper qu’elle s’ouvrit diligemment sur les cinq petites formes encapuchonnées et recroquevillées, laissant une lumière douce et chaleureuse baigner leurs visages fatigués. Une silhouette courte et dodue qui avait toute l’apparence d’une femme apparut dans l’encadrement de la porte, vêtue d’une épaisse robe de lin vermillon, les poings sur les hanches :
- Ah ! Mais qui voilà ? Une figure de canaille qui mériterait bien que je la reçoive avec mon poêlon ! gronda la mère Chaumine en direction de Rosie qui souriait.
Au même instant, une deuxième silhouette tout aussi trapue fit irruption au côté de la matriarche, brandissant une large fourche face aux voyageurs. Surpris, Merry, Pippin et Frodon sursautèrent, étonnés sur l’instant d’un tel accueil venant d’un foyer qu’ils savaient pourtant bienveillant. De son côté, Sam se présenta à la lumière de la porte en agitant les bras :
- Ohé, Nibs, mon gars ! Que fais-tu ? C’est Sam ! Sam Gamegie ! Rosie est avec moi, et j’arrive avec Monsieur Frodon et ses cousins. Rabaisse-moi ça avant de nous trouer le ventre, veux-tu ?
- Ah ! Sam ! C’est que je ne t’avais pas reconnu dans cette pénombre ! Et puis, il n’est pas prudent de laisser entrer n’importe qui ces temps-ci… fit Nibs, le frère de Rosie, en abaissant son arme.
- Ca va, ça va ! répondit Sam en riant.
- Tout malentendu est dissipé. Rentrez tous vous réchauffer à présent, invita Rosie en libérant le palier.

Ils entrèrent précipitamment et se délestèrent de leurs sacs à dos tout en saluant la maîtresse de maison qui rendit la politesse à chacun d’entre eux par une chaude étreinte, ramenant le sourire aux quatre hôtes.
- Je suis bien heureuse de vous trouver sains et saufs ! La rumeur sur votre venue nous apporte bien de l’espoir, assura la mère Chaumine. Elle se tourna alors vers Rosie.
- Mais ne crois pas échapper aussi facilement à mes remontrances, petite dévoyée, et explique-moi quelle folie t’a poussé à galoper la région par de si mauvais temps ! reprit-elle. J’ai bien assez d’un mari et trois fils en vadrouille pour pleurer aussi ma fille. Tu aurais pu te faire tuer !
- Ils sont partis ? interrogea Rosie, soudainement inquiète.
- Et cela t’étonne ? Bien entendu, qu’ils sont partis ! Ils te cherchent ! Toi et tes amis.
- Je suis sûr qu’ils sont bien armés, et votre fille a fait montre d’une prudence admirable, tempéra Frodon pour dissiper l’angoisse qui s’installait brusquement.
- Oh ça, pour ce qui est de la fourberie je lui reconnais volontiers une habileté de maître ! Mais ne parlons pas de choses fâcheuses maintenant, nous ne pouvons rien faire d’autre qu’attendre, se résigna la maîtresse de maison, l’air contrit. Et vous, mes pauvres amis, vous voilà dans un bel état par cette pluie. Vous devez être transis dans ces vêtements mouillés. Rosie ! Nibs ! Trouvez-leur des vêtements à leur taille.
Les deux Hobbits s’exécutèrent, et Sam, habitué de la maison, alla leur prêter main forte.
La matriarche se retourna de nouveau vers ses trois convives et les contempla de ses yeux maternels.
- Ce smial est modeste mais il est suffisamment grand pour vous loger décemment. Vous aurez une chambre pour deux. J’ose espérer qu’elles vous seront confortables.
- Une chambre pour deux ? C’est bien suffisant ! affirma joyeusement Pippin, qui tentait vainement d’empêcher que sa chemise détrempée n’inonde le sol boisé.
- Oh mais, le voilà bien abîmé ce p’tit ! trancha la mère Chaumine en posant les yeux sur la plaie caillée du jeune Touque. Elle saisit vigoureusement de ses doigts potelés les joues rougies de Pippin qui étouffa une plainte comprimée, pour examiner attentivement la blessure.
- Cette plaie me semble moins souillée qu’elle n’est vilaine. Un antiseptique fera l’affaire.
- Un quoi ? interrogea Pippin en regardant Merry, lequel écarquilla des yeux tout ronds quand la mère réapparut avec une vieille bouteille de liqueur de poire à la main, dont l’étiquette jaunie laissait pressentir que la boisson avait du corps.
- Eh bien… tu sais… un désinfectant… pour ta blessure, bredouilla Merry en désignant discrètement la bouteille sombre.
Pippin se raidit soudain en voyant approcher la matriarche avec son sinistre breuvage.
- J’vous garantis qu’avec ça, vous ne sentirez même plus l’bout de votre nez jusqu’à demain matin, assura t-elle sentencieusement.
Amusé de la mine décomposée du pauvre Peregrin, Frodon porta une main à sa bouche pour étouffer un petit rire nerveux que Merry lui-même avait peine à contenir.
- Oh ! …L’intention est charmante, merci ! Mais… je m’en occuperai moi-même, dégoisa subitement le cadet en attrapant la bouteille et les linges des mains de la mère Chaumine, surprise.

Au même instant, Rosie, Sam et Nibs reparurent avec les bras chargés de vêtements, et un nouveau visage à leurs côtés.
- Mais … tu es…hésita Merry.
- Le petit Robin, oui, termina Rosie avec le sourire. Le jeune garçon que vous avez croisé au Brandevin et qui est venu nous prévenir par la suite.
- Voici donc où s’est réfugié notre petit ange-gardien, fit Frodon avec douceur, arrachant un sourire timide au petit intéressé qui chiffonnait nerveusement le bas de sa chemise de lin.
- On va vous montrer vos chambres, annonça Nibs en saisissant le sac de Merry de sa main libre.
Les deux petits couples traditionnels se formèrent naturellement, Merry et Pippin suivant Nibs, et Frodon et Sam aux côtés de Rosie.
Pippin portait toujours un regard méditatif sur l’étrange bouteille qu’il tenait dans ses mains.
- Ne t’inquiète pas, je panserai ta blessure avec la plus grande douceur, mon Pippin, taquina Merry en passant le bras autour des épaules du cadet.
- Vous ne croyez tout de même pas que je vais me passer de cette liqueur sur le front ! Une simple gorgée assommerait un cheval, protesta doucement Pippin qui ne souhaitait nullement vexer la maîtresse de maison.
- Tu sais mieux que moi qu’on ne contrarie jamais une mère . Cela dit, n’en abusez pas trop, ajouta Frodon en tapotant l’épaule de Pippin avant de se séparer d’eux.
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 12:42

Accompagné de Sam, il suivit Rosie jusque dans la salle à manger, et emprunta un couloir étroit, au bout duquel une porte arrondie s’ouvrit. Elle débouchait sur une petite chambre coquette, aux parois basses et lambrissées, laissant les murs du plafond voûté se démarquer par leur aspect lisse et sablé. Elle s’étendait en longueur sur le côté gauche de la porte, près de laquelle un petit lit bien fait aux draps rosés était agencé le long du mur. Juste à l’opposé se dressait une armoire en noyer massif et un petit coffre de chêne entrouvert, où le bras ballant d’une poupée de chiffon dépassait. Une chambre de petite fille, délicatement éclairée aux chandelles, que Rosie avait habité de longues années sans n’y avoir rien changé.
- J’admets que le décor n’est pas très approprié, mais la chambre est agréable et bien chaude, déclara la jeune Hobbite en riant quelque peu.
Certes, agréable et bien plus encore. Une chambre de Hobbit, étroite et chaleureuse, en parfait contraste avec les grandes salles hautes et froides de la Cité Blanche. Oh, ils avaient aimé passer ces quelques semaines à Minas Tirith et jouir des bienfaits d’une vie de roi, mais rien ne semblait autant leur manquer que ces petites pièces étriquées, cette douce impression d’intimité et cette odeur de bois chaud, si familière. Ce petit ravissement d’anciennes joies retrouvées arracha à Frodon un frisson de contentement alors que la fatigue et le désespoir pesaient sur ses membres.
- J’ai disposé quelques couettes et coussins au sol, près du lit, car je doute qu’il soit assez large pour vous accueillir tous deux… Du moins vous y seriez à l’étroit. A présent, je vous laisse vous changer, et profitez bien d’une bonne nuit de sommeil.
Sur ces paroles, Rosie referma la porte, laissant les deux semi-hommes face à face, dans un silence soudain. Ils se fixèrent ainsi quelques secondes, sans autre mouvement que le battement de leurs cils. Très vite, Frodon se troubla, mais Sam fut le premier à bouger, déposant nerveusement les vêtements qu’il tenait sur la couche au sol, et tendit ceux déposés par Rosie à Frodon.
- Il vaut mieux pour vous que vous enfiliez ces habits, m’sieur Frodon, ce sont les plus serrés. Ou bien, je vous garantis que vous flotterez dans votre chemise vu la bedaine de ce cher Tom.
En effet, à l’exception de Rosie qui avait conservé la taille ronde mais leste de la jeunesse, l’ensemble de la famille Chaumine se distinguait, si l’on peut dire, par sa bonne mine et son embonpoint particulièrement généreux. De quoi poser quelques petits soucis quand il était question d’habiller un convive un peu freluquet, à l’image de Frodon. Mais il ne pouvait garder ses vêtements mouillés et brûlait tant de se réchauffer que ce petit dérangement fut très vite relégué au rang de détail sans importance.
Avec un sourire amusé, Frodon saisit les linges tendus par Sam. Ce dernier se détourna avec pudeur avant de se déshabiller à la hâte et d’enfiler maladroitement de nouvelles culottes. Du reste, bien qu’il manqua de tomber lamentablement à deux reprises, il en vint à bout avec élégance. Il ne put cependant éviter que son regard ne dérive vers son maître qui venait également de revêtir les bas. Frodon lui adressa un regard guilleret alors qu’il écartait à son maximum le revers du pantalon de son ventre, laissant l’espace de deux paumes de main, au moins.
- Si la situation le permettait, je serais presque sûr de pouvoir y faire passer Pippin en plus de moi ! Ou je dors avec les bretelles ou bien ce n’est même pas la peine que le garde, fit-il en riant. Sam lui répondit par un petit rire gêné.
C’est alors que Frodon s’assit sur le lit et entreprit d’ôter le veston et la chemise qui collaient à sa peau irritée. Sam voulut de nouveau s’en détourner par quelque étrange retenue, mais une force indocile lui criait tout le contraire. Partagé par des sentiments discordants, il se laissa aller au plus fort qu’il avait tant refoulé ces derniers mois. Il accompagna de ses yeux les doigts du porteur de l’anneau qui déboutonnaient frénétiquement la chemise et dévoilèrent bientôt la courbe d’une épaule blanche, puis l’autre, avant que le linge humide ne découvre l’ensemble du torse. Sam parcourut, avec une avidité qu’il ne se connaissait pas, la chair perlée de frissons de son jeune ami. Une envie coupable le prit de vouloir toucher cette peau si sensible de ses mains chaudes, sans doute plus dans une volonté de soulagement et de plaisir sage que de réelle gourmandise. Il ne savait quel caprice de l’âme avait fait évoluer son dévouement sincère en adoration pour Frodon, mais il maudissait ce désir qui avait changé son regard et ses rapports. Lui qui n’était pas d’une nature particulièrement loquace, il en venait à se trouver timide et rougissant au moindre égard de son ami, lui ôtant toute la verve qu’il aurait voulu préserver pour lui témoigner sa tendresse. Mais pouvait-il seulement se le permettre ? En avait-il le droit ? S’il subsistait encore quelque interrogation au fond de son cœur quand il l’avait vu s’éveiller à Minas Tirith, ce soir, il en était parfaitement sûr. Il n’aurait pu accorder à aucun autre toute cette affection qui rendait son ami maître de ses pensées. Mais qu’en était-il de Frodon ? Durant toutes ces années, Sam avait appris à interpréter ses gestes et ses humeurs, et surtout, depuis leur sombre aventure, il n’était plus un seul regard qui ne lui fût étranger. Il savait poser les mots sur chacune de ses expressions retenues, et mieux que quiconque, il pouvait lire dans ses yeux limpides qui ne savaient pas mentir. Pourtant, ils préservaient toujours de cette habileté l’unique secret que Sam n’avait pas percé. Il ne doutait pas un instant de l’amour que Frodon lui portait, il en ignorait seulement la forme. Il est tant de façons d’aimer. Dans ce cas, Sam ne savait dire si le trouble qu’il percevait souvent dans les yeux de son maître quand ils se retrouvaient seuls, comme à ce moment, provenait d’une reconnaissance profonde ou d’une émotion autrement plus intime. Une émotion viscérale qui, dans les moments d’égarement, cause autant de bien que de mal, et ampute l’esprit de toute pensée cohérente pour peu qu’elle frôle de trop près l’objet qui l’inspire. Ces petits instants privilégiés le révélaient différemment, et il était rare que Frodon soutienne longtemps le regard de son compagnon, comme s’il protégeait quelque chose qu’il souhaitait dissimuler maladroitement. Etait-ce donc la même émotion vivace qui lui donnait cet air craintif quand Sam cherchait à sonder son âme au travers de son regard qu’il connaissait si bien ? Ou peut-être n’était-ce que la pudeur naturelle de son esprit réservé, qui ne savait comment exprimer sa gratitude sans rougir. Sam n’en était pas tellement sûr, mais il devinait comme une fausse note dans la deuxième idée.

- Eh bien, je ne suis pas mécontent d’enfiler un vêtement chaud et sec !
Ayant enfin revêtu l’épaisse chemise grise qui lui avait été donnée, Frodon ne manqua pas de la resserrer autour de lui pour se libérer de la désagréable impression de froid qui l’avait imprégné. Il frotta nerveusement ses mains l’une contre l’autre, tachant de chasser la nervosité et les angoisses qui le saisissaient au ventre comme une main glacée, depuis qu’ils étaient rentrés au pays. Il revoyait constamment les même images tourner dans son esprit, cette lame d’acier transpercer le corps du malheureux semi-homme qui avait tenté de se révolter, les prairies saccagées. Malgré ces pensées, il sentit néanmoins le regard insistant de son ami posé sur lui et, se retournant, lui adressa un sourire timide :
- Tu souhaites peut-être dormir à présent, la journée a été rude.
- … Oui, je … C’est certainement la meilleure chose à faire, bredouilla Sam, reprenant ses esprits.
- Sam, tu es sûr que ça va ? Je te sens distant…
- Hein ? Distant ? Mais non voyons, m’sieur Frodon, qu’allez-vous imaginer ?
- Attends Sam, que fais-tu ?
- Eh bien, je me couche…
L’ancien jardinier avait commencé à arranger les draps de la petite couche qui avait été disposée au sol.
- Non, non ! Nous avons suffisamment dormi dans la crasse et la poussière pour ne plus nous priver du confort d’un lit quand il y en a un ! Viens donc dormir avec moi ! Si l’on se serre un peu, il y aura bien assez de place pour deux. Ou si tu préfères dormir aisément, c’est moi qui la prendrai, cette couchette, affirma Frodon avec assurance, en agrippant la manche de son compagnon.
- Euh… Mais enfin, vous n’allez pas être à l’aise si je couche avec vous…
- Moi, je suis sûr qu’on peut très bien y dormir à deux ! Tu préfères peut être que je dorme au sol ?
- Ah ça non ! Ce n’est pas à vous de dormir par terre !
- Ah, tiens donc ! Et pourquoi cela te conviendrait-il mieux qu’à moi ? Je réclame mon droit de dormir par terre ! proclama Frodon d’un ton faussement autoritaire, alors qu’il se leva brusquement du lit pour courir s’asseoir au milieu de la couche, les bras croisés, le menton haut.
Sam, complètement ébahi, regarda son ami sans savoir comment réagir. Après quelque hésitation, il entreprit de reprendre sa place au sol de force, se rasseyant au côté de Frodon. Non mais !
- Ah non ! Cette couche là, je ne la partage pas ! Vas dormir ailleurs ! rabroua ce dernier en bousculant Sam à coups d’épaule. Celui-ci, bien décidé à ne pas se laisser faire, poussa son ami de ses bras puissants, l’obligeant à se coucher au sol pour mieux le maîtriser. Mais, en dépit de son apparence fluette, Frodon mettait du cœur à se défendre, et ne semblait décidément pas disposé à abandonner la lutte. Contre tout insurgé, Sam connaissait un moyen infaillible pour réfréner la résistance. Il attendit une faiblesse de son ami à protéger ses côtés pour venir lui chatouiller impunément les flancs. Celui-ci, pris au dépourvu, se contracta violemment et laissa échapper un rire généreux. Ils s’interrompirent instantanément, réalisant subitement qu’à cette heure, leurs acolytes si accueillants espéraient certainement pouvoir dormir. Ils se calmèrent alors et se fixèrent intensément. Frodon affichait toujours un sourire lutin, les joues rougies par l’effort, les yeux brillants d’espièglerie et le souffle court. Sam le regarda avec tendresse, les yeux encore rieurs, mais respectueux. Il avait peine à imaginer ce moment d’intimité si particulier. A la vérité, malgré toutes les années passées auprès de Frodon, ce fut la première fois qu’il se permettait autant de familiarités avec son maître.
- Alors ? On est résolu à me laisser mon dû ? interrogea fièrement Frodon, feignant d’ignorer la position de faiblesse dans laquelle il se trouvait.
- Il m’apparaît que c’est à vous de capituler, fit remarquer Sam, arborant un semblant de fausse arrogance.
- Jamais ! Pas même sous les chatouillements !
- Très bien… Vous ne perdez rien pour attendre !
Sam libéra Frodon de son étreinte, à regret. Cet instant de proximité l’avait attisé plus qu’il ne l’aurait cru. Il n’avait pas fallu grand chose, le toucher, les corps qui se débattent, le souffle chaud qui avait caressé son cou lors du face à face… Il n’y voyait rien de particulièrement charnel, c’était juste une joie de le sentir si proche, si vivant. Il était heureux d’avoir pu le toucher, de s’être senti l’objet de ses faveurs exclusives.
- Ah ! Tu t’inclines bien vite, cher ami ! souligna Frodon en se redressant, complètement échevelé. Je savais bien que tu convoitais sournoisement le lit.
- Point du tout ! Mais il m’semble qu’il est plus facile de venir à bout de vos muscles que de votre volonté, m’sieur Frodon ! taquina Sam, se donnant de faux airs.
- A qui le dis-tu ! Et maintenant, c’est moi qui vais exercer la tienne !
Sur ces mots, Frodon rampa jusqu’au lit, sous les yeux effarés de Sam.
- Puis-je avoir l’honneur de dormir dans votre lit, maître Gamegie ? fit-il, adressant à son interlocuteur un regard implorant, comme il savait si bien le faire.
Surpris par ces agissements, Sam éclata d’un rire contenu. Sans même attendre une réponse, Frodon se glissa sous les draps, au côté de Sam, avant de souffler sur la dernière bougie allumée.
- Décidément, tu n’es pas très combatif ! taquina t-il.
- Vous voulez vraiment que je vous pousse hors du lit ? Je vous garantis que j’arriverai à mes fins !
Frodon gloussa sous les draps, sachant pertinemment qu’il ne pouvait se mesurer bien longtemps à la force de Sam. Ce dernier l’accompagna dans les rires. Il y avait longtemps qu’il ne leur avait été donné de rire de la sorte. Ils ne savaient bien pourquoi cet asticotage enfantin les prenait maintenant, toujours est-il qu’il leur avait permis d’oublier quelques instants les angoisses et les affreux souvenirs des récents évènements.
Quand le calme revint, ramené malgré eux par la fatigue accablante, Sam accueillit naturellement Frodon qui vint se pelotonner, le dos contre le ventre de son compagnon. Ce dernier passa un bras sécurisant autour des épaules de son jeune maître, comme il avait eu coutume de le faire lors des nuits glacées passées en Mordor. En ces temps là, il avait répété ce geste sans se poser de question. Maintenant qu’ils n’étaient plus liés, dans l’immédiat, par la nécessité de protection face au danger, Sam avait ressenti quelque gêne, compte tenu des nouvelles affinités qu’il sentait émerger en lui. Mais très vite, bercé par le rythme régulier de la respiration de Frodon qui s’était endormi sur le champ, il se détendit à son tour, baigné d’une félicité qu’il avait enfin tout loisir de savourer sans encombre. Il sombra dans un sommeil sans rêve.
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 13:12

Aller, finalement, je vous mets le nouveau chapitre merrypippinien! ;)

Enjoy:


Chapitre 4 :


- Aïe !
- Cesse de gigoter comme un asticot !
- Hum… les belles paroles, on voit bien que ce n’est pas toi qui te fais joyeusement grignoter l’arcade sourcilière par de la liqueur de poire ! Qui plus est, tu es aussi doux et délicat qu’un troll !

Les deux Hobbits avaient été conduits dans une autre chambre, non plus très éloignée de la salle à manger. Il avaient pénétré dans cette petite pièce avec beaucoup de satisfaction, heureux de déposer à sa porte la peur et les occupations qui avaient sollicité beaucoup de leur énergie ces dernières heures. La petite chambre était charmante, un peu sombre et moins rangée que pouvait l’être celle qui logeait leurs deux autres compagnons, ce qui n’était pas pour leur déplaire. Les murs reflétaient une agréable couleur orangée, qui ajoutait à l’aspect chaleureux que dégageait le passage d’une énorme poutre en chêne traversant le plafond arrondi. Sur leur gauche se trouvait le lit, plié avec des draps sombres et épais. Pippin rêvait déjà de s’y glisser et jouir du plaisir de sentir le froid s’évanouir sous la couverture chaude et les bras sécurisants de Merry. Sur le mur d’en face se devinait une petite fenêtre ronde, cachée par de grands rideaux carmins. Enfin, au fond de la pièce, s’amassait une pile de linge froissé et d’édredons sur deux petits coffres en bois et une armoire courte.
Quand Nibs eut refermé la porte, Meriadoc se tourna vers son jeune acolyte qu’il taquina d’un sourire gredin. Il se saisit du plus gros coussin posé sur le lit et considéra Pippin avec espièglerie, avant de le lui lancer. Le cadet réceptionna maladroitement l’encombrant projectile en titubant :
- A quoi joues-tu ?
- Rien de tel pour se réchauffer qu’un peu d’amusement !
Sur ces paroles, Merry dégrafa la chemise et la fit voler gaiement sur le sol, libérant sa peau exacerbée par le tissu imprégné. Affranchi de la gêne du linge humide, il laissa s’ébattre ses bras nus et entama une gambille joyeuse, lorsqu’une masse lourde et molle vint s’aplatir sournoisement sur sa joue. Il arrêta sa petite danse et dévisagea Pippin, ahuri. Le cadet éclata de rire :
- C’est à croire que tu ne t’attendais pas à ce que je riposte !
L’aîné se saisit du coussin tombé à ses pieds et empoigna un édredon disposé sur le coffre, derrière lui.
- Oh toi, cher cousin, tu ne feras pas long feu à ce jeu là !
Pippin recula pour recevoir les deux oreillers, mais flancha sous la violence du choc.
- Par ailleurs, tu devrais ôter tes vêtements mouillés, avant d’attraper froid, renchérit Merry, boute-en-train.
Pour donner l’exemple, il se défit de ses bas sans aucune retenue et observa, amusé, son cadet empêtré sous les édredons. Le jeunot se redressa gauchement devant Merry, à présent complètement nu. Il projeta de nouveau un coussin vers l’aîné en riant de son attitude fiérote, et quitta les culottes à son tour. Pippin entreprit de poursuivre Merry au travers de la chambre avec un édredon et finit par le clouer au sol avec le poids de l’oreiller imposant, face contre terre. Le cadet s’accrocha aux jambes de son cousin et remonta jusqu’aux hanches, tout en contemplant les rondeurs fermes de ses fesses dont la jolie teinte rappelait celle du beurre frais. Il enserra généreusement la taille de Merry qui frémit au contact humide et froid :
-Ah ! Petit fourbe ! Ôte-moi cette chemise trempée ou ne t’approche plus de moi !
Pippin n’eut guère le temps de réagir que Merry se retourna et l’arracha du dernier linge qui couvrait encore son corps frissonnant. L’aîné arrêta un instant son regard sur le torse grêle du petit faraud aisément installé sur son bas ventre. Il considéra cette peau tendre et crémeuse qui flattait les pupilles et incitait aux caresses. Néanmoins, il ne se perdit pas davantage en rêverie dans cette position qui ne le lui permettait pas et tenta de culbuter gentiment le jeunot. Mais cette fois, le petit dernier lui opposa de la résistance, l’obligeant à plonger les yeux dans les siens, guillerets, et, avec une spontanéité déconcertante, posa doucement ses lèvres fines sur celles de Merry, où elles s’attardèrent quelques instants. Une langue tiède et veloutée s’introduisit timidement dans la bouche de Merry où elle y trouva une réponse tout d’abord hésitante, puis bientôt fiévreuse. Mais à peine le souffle de l’aîné se fit-il plus pressé que le cadet se retira, sans un mot, laissant Merry pétrifié et hagard, le cœur bondissant. Il admira la silhouette frêle de Pippin qui regagnait le lit, la bouche entrouverte en une protestation silencieuse, incapable de prononcer la moindre parole. A dire vrai, cela faisait quelque temps que Merry observait en tapinois cette adorable désinvolture qui caractérisait son jeune cousin, et sa prestance charmante entraînait le regard avec délice. Ses foucades enfantines se muaient en volonté solide, et son attitude folâtre incitait à plus de connivence entendue. La taquinerie était devenue plus audacieuse, le toucher plus enjôleur. Ce baiser échangé entre deux enfantillages, l’aîné l’avait désiré maintes fois. Cela n’aurait pu se faire autrement. Il avait seulement été surpris que ce fut Pippin qui le lui donnât. Ce geste, pourtant loin d’être anodin, lui avait été donné avec la même simplicité que celle qui accompagnait ses petites turlupinades familières dont seul Merry était l’objet. Une façon comme une autre de témoigner son affection. Mais une nouvelle émotion venait de passer ce soir là, pour Merry comme pour Pippin, qui venait de rajuster ses vêtements secs, arborant une allure conquérante sous cette chemise trop grande pour lui et un sourire épanoui aux lèvres. Il était radieux. Ses mains tremblaient quelque peu mais son visage ne reflétait que le contentement. Merry le contempla avec tendresse et ne put retenir un sourire à son tour. Pourquoi lui demander des comptes ?
Quand ils furent tous deux habillés, Merry entreprit de s’occuper sérieusement de la blessure de son petit cousin, au grand désarroi de Pippin.


Dernière édition par le Dim 16 Juil - 14:20, édité 1 fois
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 13:14

Meriadoc, alors très attentif au soin qu’il mettait à panser la plaie de Peregrin, arrêta son geste et fixa son petit cousin très intensément :
- Alors, c’est bon ? Tu as finis de me vomir ta mauvaise humeur ? Je te signale que j’y mets beaucoup de délicatesse alors que tu pourrais très bien le faire tout seul !
- Je ne t’ai rien demandé, que je sache. Tu m’as presque arraché la bouteille des mains et agrippé le visage de force, alors qu’effectivement, j’aurais très bien pu le faire tout seul !
Sur cette défense un peu molle, le cadet détourna le museau de son cousin, regardant très attentivement les murs safranés de la chambre. Merry plongea son regard bleu dans les iris verdoyantes de Pippin, qui feignait bien mal sa petite colère. Cette moue insolente et ce sourire contenu qui retroussait légèrement son petit nez aquilin duperaient peut être ses sœurs, de qui il avait appris tout l’art de la pantalonnade, mais certainement pas Merry. L’aîné adopta son air réprobateur et ne lâcha pas Pippin du regard, jusqu’à ce que celui-ci ne puisse retenir une charmante rougeur de fleurir sur ses joues.
- Quoi ? siffla Pippin en tortillant nerveusement ses doigts.
Le visage sérieux de Merry s’éclaircit soudain d’un sourire mutin :
- Toi, tu n’as pas eu ta ration de tartines à la confiture de fraise aujourd’hui, ça se voit !
- Je n’ai pris que quatre repas depuis le levé, c’est normal que je sois grognon. D’ailleurs, je suis sûr que la faim te taquine le ventre à toi aussi, je l’ai entendu ronronner toute la soirée.
- Que crois-tu ? Bien sûr qu’il proteste, mon estomac ! Mais je sais me tenir, moi ! Cela dit, si tu insistes, je peux très bien aller frapper à la porte de la mère Chaumine au beau milieu de la nuit, pour lui demander s’il ne lui resterait pas quelque bon pain de Lézeau et du pâté de volaille, pour accompagner cette délicieuse liqueur.
A peine Meriadoc eût-il achevé sa phrase qu’il porta la bouteille à ses lèvres et but une généreuse gorgée. Pippin le regarda faire, effaré. C’est alors que l’aîné projeta la tête en avant et toussa grassement, une main devant la bouche, la gorge en feu. Voyant son cousin en difficulté, le cadet tapota le dos de Merry en pouffant de rire.
- Grand crétin ! C’était plus gros qu’un oliphant au milieu d’un smial, Merry ! Déjà qu’un peu de cet alcool sur un mouchoir suffit à me brûler le front…
- Mais non, qu’est-ce que tu me chantes, c’est de la petite piquette, articula l’aîné d’une voix presque inaudible et éraillée. Il se redressa fièrement, les yeux emplis de larmes. Pippin gloussa de plus belle. Mais étrangement, il sembla à Merry que cette gaieté apparente n’était qu’une façade dissimulant un malaise réel. Il y avait quelque chose dans ses yeux et ses éclats de rire qui sonnait faux. Quelque chose de triste.
Depuis sa venue au monde jusqu’à ce jour fatidique qui leur fit quitter la Comté, Pippin n’avait jamais connu que sécurité et protection. Fils de thain, il avait grandi dans ce cocon vénusien formé par sa mère et ses trois sœurs qui ont toujours veillé à son bonheur, et la fermeté patriarcale de Paladin II. Quand il ne s’agissait pas d’eux, toutes les faveurs qui comblaient ses caprices venaient de Merry. Depuis ses premiers pas jusque dans les sombres heures de la bataille de Pelennor, il n’avait jamais cessé de faire l’objet de toutes ses attentions. Dormait-il bien ? Mangeait-il à sa faim ? Surtout, avait-il peur ? Etait-il triste ? Il n’avait jamais supporté la perspective de ne pouvoir bercer ses angoisses et ses chagrins. Bien que sachant qu’il ne pourrait tout lui épargner, Merry s’était toujours juré de le protéger de toutes les peines qui durcissent les cœurs innocents. Malgré les douloureuses leçons de ces derniers mois, le jeune Touque avait su préserver son insouciance juvénile des chancres de la guerre. Mais il y avait aussi puisé une nouvelle maturité. Ses désirs et ses humeurs, ce petit sourire fiérot et cet éclat de malice teinté de sagacité miroitant dans ses yeux vert-de-gris, témoignaient de l’évidence. Pippin n’était plus un enfant et il ne convenait plus de le considérer ainsi. Il venait encore de le lui prouver, quelques minutes plus tôt. Il n’en demeurait pas moins dans son allure cet enjouement presque enfantin que Merry aimait tant. Il n’en était pas de même à ce moment là, et il ne convenait guère de s’en étonner. Merry ne posa la question que pour inciter son cadet à parler :

- Quelque chose ne va pas, Pippin ?
Les yeux du jeunot, qui ne retenait plus sa tristesse, s’assombrirent :
- Je ne sais pas… Enfin, bien sûr que si, je le sais, mais je ne sais pourquoi les petites joies comme en ce moment ne parviennent pas à soulager cette douleur que j’ai dans le cœur. Tu sais Merry, J’ai vu beaucoup d’hommes tomber sur les champs de Pelennor. Nous somme passés par des moments pénibles, tous les deux. Je n’aurais jamais cru qu’autant de cruauté puisse exister. Pourtant, au milieu de toutes ces horreurs, il y a une seule et même image qui me revient sans cesse, c’est la mort affreuse de ce pauvre Hobbit, sur le Brandevin… Un brave semi-homme qui ne cherchait qu’à protéger les siens. Combien crois-tu qu’il y en a eu comme lui ? On n’a pas la moindre idée de ce à quoi ressemble la vie dans la Comté aujourd’hui. On est arrivés comme des sauveurs au yeux des nôtres, alors qu’on a traversé les bois du Pays de Bouc en ayant peur de notre ombre. Je me demande sérieusement ce qui nous attend demain, et je ne sais pas si nous avons raison de dresser aussi fièrement le menton avant même d’avoir évalué la situation… Je… je suis navré d’être aussi maussade, mais je n’arrive pas à chasser tout ça de ma tête, et… Merry, je ne sais pas quoi penser.
Le cœur de Merry se serra en écoutant la voix tremblante de Pippin, qui retenait des sanglots de colère mêlés de frayeur. Il l’attira contre lui machinalement, le berçant par les mouvements réguliers de ses bras, luttant contre la frustration de ne pouvoir l’apaiser et ses larmes de colère qui menaçaient également de couler.
- Je sais, mon Pippin… Je sais, c’est normal… Je n’arrête pas d’y penser moi aussi. Cette exécution honteuse… Cette image de désolation … Mais, ne regarde pas seulement ça. Vois qu’il y a beaucoup de petites gens ici qui ne veulent pas que ça dure. Nous avons du soutien à nos côtés. Regarde les Chaumine, ils n’hésiteront pas à nous venir en aide. Et ce ne sont pas les seuls !
Merry redressa le visage éploré de Pippin à hauteur du sien, qu’il entoura de ses mains :
- Si nous allions à nos forces ne serait-ce que la moitié de la Comté, nous les renverserons sans mal, sois-en sûr ! Et quand le calme reviendra, nous rebâtirons tout ce qu’ils ont détruit. Les arbres repousseront et les champs refleuriront … Et je te garantis que nous aurons tout loisir de dévorer autant de paniers de cerises que nous le voudrons !
Ce petit détail réconfortant redessina sur le minois fatigué de Pippin un petit sourire encourageant. Merry profita de cet instant pour lui chatouiller le pied. Le cadet sursauta en ricanant doucement. Au même instant, un éclat de rire familier retentit derrière les cloisons.
- Non mais, tu as entendu ça ? C’était bien Frodon, n’est ce pas ? Les chenapans ! Voilà qu’ils s’amusent très bien sans nous ! Et dire qu’ils sont si sages quand on est là, fit le jeunot, la voix plus claire malgré les larmes qui noyaient encore ses iris de jade. Crois-tu qu’ils se joindraient à nous si nous les réveillons demain matin, à coups de polochons, comme tout à l’heure ? ajouta t-il, l’air innocent.
- Et dans la même « tenue » surtout ! Je suis sûr qu’ils apprécieraient ! Surtout Sam, avec sa pudeur de princesse.

Pippin rit des gausseries de son cousin. Il essuya les dernières petites perles roulant sur ses joues, sans que le chagrin ne disparaisse d’un revers de main. Ils savaient tous deux que rien ne les consolerait de leurs angoisses tant qu’ils resteraient dans l’attente. Mieux valait, s’ils le pouvaient, en faire fi pour cette nuit. La fatigue n’arrangeant rien aux mauvais songes, ils se résignèrent à se coucher, prenant soin tout de même de rassembler les coussins éparpillés dans la pièce.
Le plus jeune fut le premier à se jeter sous les couvertures comme un bien heureux, froissant les draps jusqu’à ne plus en reconnaître le sens.
- Regarde-moi ce tableau ! Tu as vu l’état du lit ? grogna l’aîné en se glissant à son tour dans les draps froids. Peux-tu m’expliquer pourquoi chaque fois que tu pénètres quelque part, c’est l’anarchie absolue ?
- Et depuis quand aimes-tu l’ordre ? taquina le cadet.
- Depuis que je suis devenu le chevalier du Rohan, mon cher !
- Ah tiens ! C’est pour cette raison que je peux voir d’ici ta chemise chiffonnée sur le sol, ou encore tes culottes sur le haut de l’armoire, place tout à fait convenable aux vêtements d’un élu de la chevalerie royale ?
- Hum… Parlons de toi, petit trublion et futur thain de surcroît ! Elle sera belle notre comté quand tu prendras les ordres, avec tes envies de pagaille.
- Pense-tu ! Jamais Hobbit ne sera plus heureux que sous le règne de Peregrin I Touque. Obligation de se rouler dans l’herbe avec ses vêtements propres une fois par jour, d’oublier ses doigts dans les pots de confiture de la tante Esmeralda, et surtout ! interdiction de faire son lit !
Pippin attrapa son coussin qu’il envoya sur la frimousse toute ébaudie de Merry. Ils chahutèrent quelques petits instants et finirent par se raisonner mutuellement. Pippin vint nicher son visage dans le cou de Merry, qui entoura le cadet de son bras et lui caressa doucement les cheveux pour qu’il s’endorme. Il repensa furtivement aux images pénibles qui toupillaient sans cesse dans un coin de sa tête. Pippin visait juste. Ils n’avaient discuté de rien quant à la marche à suivre dés le lendemain. Ils ignoraient tout de l’ignominie qui les attendait et surtout, ils n’étaient pas sûrs du soutien qu’ils se verraient offrir. Le retour à la paix était loin d’être assuré. Comment allaient-ils s’organiser ?
Pris d’angoisse, Merry s’obligea à chasser toutes ses pensées de son esprit. Il ne servait de rien de se tourmenter par des questions sans réponse. Ils auraient tout le temps d’en discuter demain, quand le père Chaumine et ses trois fils seront rentrés… En supposant qu’ils ne rentrassent un jour.
Quand il sentit les soubresauts du sommeil se saisir de Pippin, Merry se détendit. Lui, au moins, était sauf dans ses bras, et sur l’instant, c’était la seule chose qui importait. L’aîné finit par sombrer dans un sommeil inquiet.

Le répit fut de bien courte durée. Voici quelle fut la première pensée cohérente de Sam au moment où une Rosie terrifiée vint le tirer du sommeil avec Frodon, quelques petites heures après s’être couchée :
- Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! articula t-elle à voix basse. Un Huruk rôde autour de la maison depuis quelques minutes ! C’est mauvais signe ! Il peut entrer d’un instant à l’autre, il faut vous cacher !
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 15 Juil - 14:29

Aaaaaaaaaaaaah KatSou le nouveau chapitre!!!!!
*snif* J'ai pas le temps de le lire et pourtant et pourtant... *crie* VEUX LE LIIIIIIIIIIIIIIIIIIIRE!!!! triste
Je reviens ce soir, et je le lis! ^^

Merki ma belle!

Poutoux.
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Dim 16 Juil - 14:10

^__________^


Ravie de voir qu'il suscite de l'engouement! Very Happy

Je le posterai sur MDS dés que j'aurai parlé à Half.

Merci Gredoune.
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Gred
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Dim 16 Juil - 15:55

Kiku ma belle, j'ai enfin pu lire ta suite! Comme d'hab, je n'arriverai pas à faire une review structurée! Sache que ce n'est pas parce que je n'aime pas ta fic, justement je suis vraiment en admiration devant ton style et ton histoire, juste que je n'ai pas le temps!

J'adore ce petit moment Merrypippien, le baiser est ... *perd ses mots dans la bave* Tu n'est vraiment qu'une teaseuse, j'devrai te piquer ton Dom, il a dû t'apprendre des trucs, c'est pas possible! hum

J'ai aimé autant la légèreté du début de la scène avec la bataille de polochons, les strip-tease ... *le cerveau de Gred a connu une défaillance momentanée* ... que le ton plus triste de la fin. La guerre qu'ils ont connu les a changés et ils ne sont plus les Hobbits si insouciants qu'ils l'étaient au départ (enfin, ils gardent tjs une part d'insouciance mais c'est qui fait leur caractère et leur charme). J'ai beaucoup apprécié le discours de Pippin quand il parle du fait qu'ils reviennent à la Comté en tant que héros mais qu'ils ne savent pas ce que leurs amis et leurs compatriotes ont vécu et vivent encore, ça montre aussi que tout ne finit pas aussi bien qu'on pourrait l'imaginer, il leur faut encore se battre.

Et la fin, Lilith, si on m'aurait réveillé comme ça, j'en tremblerais de peur! Argh, ça me donne encore envie d'en savoir plus!
Et dire que je ne le saurai qu'à mon retour de vacances... triste

Enfin, bravo! bravo!

Je te laisse ici un tit mot parce que si tu attends l'arrivée de Half, je ne serai pas là pour poster (je pars mardi matin).

Poutoux.
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Dim 16 Juil - 23:37

AAAAAAAAAAAAAAAAAH ma belle, je suis heureuse de voir ton commentaire, mais avant toute chose, je suis absolument navrée de ne pas avoir pu répondre à ta requête que tu m'as laissé sur messagerie....
Mon portable est tombé en rade dans le courrant de la semaine, je viens de lire ton message à l'instant, parce qu'une bonne âme a accepté de me prêter son GMS quelques minutes pour que j'interchange les puces...
JE SUIS FRUSTREE MAINTENANT!!! triste
*part pleurer dans les bras de Billy en tachant sa chemise à rayures*

... Tant pis pour moi et mon manque de bol! Crying or Very sad
J'en profite pour dire que, pour l'instant, mieux vaut privilègier internet pour les messages urgents... ...
AAAAAH CA M'ENEEERVE!!!

... :( :(

Bon, sinon, pour en revenir au sujet premier, ne te tracasse pas si ta review ne fais pas 10 pages word, il n'est besoin de ça pour faire passer son ressenti ^^ (puis je te rappelle que j'en dois une à ta suite et j'espère la faire avant ton départ).
Je vois bien que tu apprécies la fic, et chaque fois que tu me le fais comprendre, ça me fait toujours autant de bien. Smile

Citation :
Tu n'est vraiment qu'une teaseuse, j'devrai te piquer ton Dom, il a dû t'apprendre des trucs, c'est pas possible!

Qui tease un Dom, récolte un lemon! *l'a aimé celle là*
*se retourne vers le loustic qui a quitté la chemise et poupoute son Billou, tous deux lascivement affalés sur son pouf orange* ... Non mais vraiment, elles sont de ces idées ces slasheuses! Mr. Green


Citation :
La guerre qu'ils ont connu les a changés et ils ne sont plus les Hobbits si insouciants qu'ils l'étaient au départ (enfin, ils gardent tjs une part d'insouciance mais c'est qui fait leur caractère et leur charme).
C'est vrai, une telle expérience ne peut que changer leur vision des choses. Mais je ne voulais pas leur ôter cette frivolité qui, comme tu le dis si justement, les rend tous deux si charmants. On ne peut faire de la guerre une expérience positive, mais je voulais qu'ils apprennent plus qu'ils ne perdent... Et puis comment imaginer Merry et Pip sans cette badinerie si spéciale? ^^

Citation :
Et la fin, Lilith, si on m'aurait réveillé comme ça, j'en tremblerais de peur! Argh, ça me donne encore envie d'en savoir plus!
... Mr. Green *se pelotonne derrière Pippin* J'ai pas commencé encore...Mais! Avec ces encouragements sincères, je réfléchis sérieusement à une suite. *ne sait pas si elle doit avouer qu'elle n'a pas la moindre idée de la tournure que vont prendre les évènements* ... Mr. Green
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Lun 17 Juil - 1:12

Juste pour te dire que je suis moi aussi une habituée du "mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur faire faire à ces deux-là" *ne comprendra jamais comment certains peuvent planifier une fic à très long terme*

Enfin, je lirai tout ça avec envie à mon retour!

Bonne chance pour la suite et amuse-toi bien avec Frofro et les deux autres loustics!

Poutoux.
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Jeu 20 Juil - 17:19

Un mini-mot, profitant de ce que je fais un petit ratissage de la Lanterne (il était temps!), pour te redire, Katsou, à quel point cette suite m'avait procuré de plaisir et de joie toute spontanée. Vous deux pouvez me faire cet effet-là, vous le savez (et, ce qui est génial: chacune dans votre fandom en ce moment Wink). Coeur tout gonflé en lisant de tels joyaux hobbitiens, que je n'espérais même plus connaître. Wouiiiinh, c'est beau. triste

Merci les deux donzelles. Je vous adore, je vous adore, bravo pour l'émotion que vous mettez dans ce que vous écrivez! *jette des pétales de myosotis et de boutons d'or*

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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Mar 25 Juil - 13:34

Ca mérite un bisou ça! :kiss:

Ce forum est plein d'amour, c'est magnifique! Very Happy
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Jeu 2 Nov - 3:12

Sadique!!
*KatSou toute contristée*
Tu ne m'attendriras pas de cette façon!
*demande à Frodon de l'acconpagner dans sa tentative d'apitoiement misérable*
Je veux bien, seulement si tu me promets d'aller tendrement poupouter mon cher Sam, après que tu aies confondu son derrière avec une cible mouvante, ce matin.
*commence à maronner puis finit par accepter*
*se joint alors à KatSou pour attendrir Merry*
... ... Hmm ...
*attrape tendrement le petit Merry et lui colle un baiser ventouse sur le nez*
... Hum ... Bon tu as de la chance que Pippin ait oublié sa chemise de nuit ce soir... Mais tout de même, tu n'es qu'une sadique!
^^
... Dis, je pourrai lui prêter ma chemise au Pip, tu crois?

*se mange un coup de clavier dans la gueule*



Chapitre 5 :


Les deux Hobbits se redressèrent vivement comme foudroyés, dépourvus de cette impression de brumaille intellectuelle qui suit habituellement le réveil. Se cacher ? Où ? Si un Huruk-Haï songeait à entrer, ce n’était certainement pas par courtoisie. Les quatre voyageurs étaient recherchés, aussi ne se priverait t-il pas de visiter chaque recoin du smial pour les débusquer.
- Sommes-nous bien sûrs qu’il est seul ? murmura Frodon, inquiet.
- C’est ce qu’il semble, mais nous n’en savons rien…
Rosie ressortit de la chambre pour rejoindre sa mère. Sam et Frodon se regardèrent un instant, désorientés et effrayés. Peut être allait-il falloir se heurter à la réalité plus tôt que prévu.
De leurs côtés, Merry et Pippin eurent droit au même châtiment venant de Nibs. Ce dernier n’hésita pas à les secouer brutalement dans leur sommeil, tout épouvanté qu’il était. Moins téméraire que ses frères, il ne s’était pas préparé à l’éventualité d’un affrontement sans l’appui de ces derniers. Il ressortit de la chambre en courant, cherchant quelques armes de fortune à mettre à la disposition de tous.
- Alors ça y est, c’est pour maintenant, prononça Pippin, la voix serrée par l’angoisse.
- Attends, peut-être ne fait-il qu’une ronde autour du smial. Il ne rentrera sans doute pas, fit Merry en passant un bras autour des épaules de Pippin, s’efforçant de se montrer rassurant sans trop y croire.

Au dehors, les herbes bruissaient sous les pas lourds qui contournaient hâtivement le smial. Le foyer était silencieux, chacun retenant sa respiration pour mieux écouter les craquètements étouffés qui se déplaçaient à l’extérieur. Pourquoi fouinait-il ainsi ? Pendant un instant, Rosie craignit que l’intrus ne cherchât à pénétrer chez les Chaumine autrement que par la porte. Elle glissa au petit Robin qui l’avait rejoint un regard entendu. Le jeune Hobbit se précipita vers la penderie du salon de laquelle il sortit une large caisse encordée, qu’il libéra à l’aide d’un petit canif attaché à son ceinturon.
- Nom d’une pipe, que me sors-tu là ? interrogea doucement la mère Chaumine, qui ne s’attendait pas à trouver pareil trésor dans sa penderie.
- Des armes ! répondit Rosie en soulevant le couvercle de la caisse, exposant de cette façon son contenu interdit qui regorgeait de coutelas, de poignards en tous genre, et même de deux petits arcs sobres et leur mince réserve de flèches.
- Robin et moi les cachons là depuis plusieurs jours, reprit-elle. Il est si dur de s’en procurer que nous marchons par réseaux. Plusieurs maisons rassemblent autant d’armes que possible. Les Fierpied sont déjà bien outillés ! Heureusement que certaines familles ont conservé leurs vieilles épées, et que d’autres fabriquent des arcs, car il n’est pas aisé de s’armer en Comté.
- Tu veux dire que tu as caché ces armes à notre insu et avec tous les risques que cela comporte ? s’exclama Nibs, effaré. Sais-tu comment cela est puni dans le règlement ?
- Je crois que nous n’avons plus à nous soucier du règlement, à présent. Le soulèvement a commencé, assura Rosie, formelle. Elle considéra Robin, qui esquissa un petit sourire engagé.

De son côté, Sam n’avait pas attendu que l’infortune les prît au dépourvu. Il se leva furtivement et empoigna leurs deux épées, accotées sur un pan de mur. Il tendit Dard à Frodon, qui sortit légèrement la lame de son fourreau, laissant apparaître une parcelle de métal étincelant. Les deux Hobbits se dévisagèrent, fiévreux, mais ne dirent mot. A présent, le doute ne leur était plus permis, Sam dégaina l’épée. Frodon se contenta de se tapir en embuscade, non loin de la porte, mais ne sortit pas l’épée, peu désireux d’en faire usage.
Dans l’autre chambre, Meriadoc et Peregrin se préparaient également à l’inévitable confrontation.
- Pippin, ne reste pas près de la fenêtre, commanda Merry alors qu’il tendait au cadet son épée de voyage.
Le plus jeune vint se placer aux côtés de l’aîné qui s’était posté derrière la porte, à l’écoute du moindre mouvement extérieur.

L’attente fiévreuse ne fut pas longue, encore que la frayeur alimentée par un silence pesant la fit paraître une éternité. L’étranger s’arrêta devant la porte d’entrée du smial. S’il eut la politesse insolente de frapper –si violemment qu’il en fit trembler les murs , il oublia celle de s’y faire inviter. La porte ronde claqua sur la cloison et une silhouette haute et puissante se détacha du ciel indigo de la nuit mourante. La mère Chaumine, Nibs et Rosie, se tenaient debout au beau milieu du salon, tandis que le petit Robin, qui avait aussi tout intérêt à ne pas se faire voir, s’était discrètement éclipsé dans le petit couloir, non loin de la chambre qui abritait Sam et Frodon. Il avait eu, juste avant l’intrusion de l’Huruk-Haï, l’intelligence de repousser la caisse suspecte au fond de la penderie, sans oublier de se servir. L’imposante créature s’avança jusqu’au salon, le pas retentissant et boueux. La maîtresse de maison s’approcha la première pour saluer, dans le faible espoir de le voir partir comme il fut venu.
- Ah ! Bien le bonjour aux hommes de Sharcoux, quoiqu’il est un peu tôt pour parler du jour. Que puis-je pour v…
- Fermez-la, petits rats de fumier, si vous ne voulez pas goûter du gourdin ! Je ne suis pas venu pour jaspiner, mugit l’Huruk-Haï, se penchant sur les trois petites formes ramassées. Je sais qu’il se trame quelques projets dans ce trou à rats ! Des étrangers sont venus là, et je compte bien fouiller tous les coins pour les débusquer. Après ça, vous jouirez du confort des trous-prisons jusqu’à ce qu’on s’occupe de vous, et vos protégés seront saignés comme des porcs sur la place publique !

La mère Chaumine se figea dans une expression qui tenait plus de l’humeur que de l’effroi. Ces paroles qui avaient claqué dans l’air comme un coup de fouet venaient d’éveiller la rage en chacun d’eux, jusqu’alors retenue par la crainte. Nibs serrait les mâchoires, un air de défi dans le regard, et Rosie avait crispé sa main sur la dague qu’elle tenait cachée derrière son dos, ayant abandonné depuis longtemps l’éventualité de laisser repartir l’abject importun. Ce dernier dépassa ses otages pour se diriger vers le couloir. C’est alors qu’un cri de rage retentit, celui de Robin, qui profita de la surprise de l’Huruk-Haï pour lui porter un coup de poignard. Malheureusement, l’adversaire, habitué au combat de corps à corps, para l’attaque de son simple bras et en retourna une autre. Au même instant, Rosie, qui avait habilement attendu que l’ennemi lui tourne le dos, porta un autre coup, arrêtant de ce fait la riposte du demi orc. La cuirasse épaisse dévia son geste, mais elle put tout de même l’atteindre au flanc. La blessure infligée n’était, certes, pas assez redoutable pour terrasser un Huruk, mais elle fut suffisante pour le déstabiliser et lui arracher un rugissement de douleur. Ce fut le signal qu’attendaient Sam, Frodon, Merry et Pippin pour se ruer en hurlant sur l’intrus recourbé, maintenant que l’ardeur les portait. Mais à peine eurent-ils atteint leur cible que Pippin s’immobilisa soudainement en direction de l’entrée, lorsqu’il vit, les yeux emplis d’effroi, quatre orcs pénétrer dans le trou.

Il resta une demie seconde sans pouvoir bouger, pris de panique, puis se ressaisit dans l’instant et alerta ses compagnons. Ceux-ci accusèrent le même choc, et l’Huruk profita de cet instant d’hébétude collective pour dégainer une longue épée d’estoc et porter un coup sur Sam. Celui-ci eut tout juste le temps de voir la charge retomber. Ne pouvant la contrer, il bascula en arrière.
- Sam ! hurlèrent de concert Frodon et Rosie.
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Jeu 2 Nov - 3:13

La créature élança son épée vers la jeune Hobbite qui, ne pouvant l’éviter, la reçut à l’épaule et s’effondra. C’est alors que Frodon, qui avait gardé l’épée au fourreau, dégaina Dard et l’éleva devant lui. La lame étincelait d’une lueur bleutée alors qu’il menaçait tour à tour le chef Huruk-Haï et la petite escadrille d’orcs, s’efforçant de garder la main aussi ferme que possible. Intimidés par l’éclat éblouissant du métal elfique, les orcs et le chef hésitèrent à leur tour.
Ce fut le moment que choisirent les Hobbits pour reprendre l’avantage. Merry couru sur l’Huruk, la fureur au cœur, et lui assena un violent coup d’épée sur le côté, très vite épaulé par Robin qui frappa dans les jambes. Pippin, quant à lui, s’attaqua à l’orc le plus avancé. Il ne savait trop comment mener l’offensive, mais il se souvenait que l’audace l’avait déjà couronner de succès. Il concentra ses pensées sur la seule répugnance que lui inspiraient les orcs pour se libérer de tout scrupule et blessa grièvement son adversaire à la poitrine. De son côté, la mère Chaumine, armée d’ustensiles, chargea un orc avec cœur. Celui-ci recula farouchement, forcé de constater que la petite dame jouait fort bien du poêlon. Nibs profita de l’aubaine pour l’entamer au flanc.
Cependant, les deux restants reprirent consistance face à la menace de Dard et s’avancèrent vers Frodon qui se retrouvait isolé. Le Hobbit se sentit très vite submergé et recula désespérément du fait de sa volonté vacillante, mais son dos rencontra le mur. Sam, qui avait empoigné son épée après avoir éloigné Rosie de la portée du chef, se retourna vers son maître en difficulté. Son sang ne fit qu’un tour quand il comprit le danger où Frodon se trouvait et se rua vers les assaillants. Au même instant, un premier orc rabattit son arme sur le porteur de l’anneau qui esquiva de peu l’assaut et, d’un geste animé et précis, transperça son agresseur de sa dague elfique. L’ennemi grogna tandis qu’un liquide tiède et sombre jaillit de la blessure abdominale. Frodon recula, surpris, et l’orc s’écroula. Le jeune Hobbit demeura immobile, bien obligé d’admettre que ce coup de maître tenait plus d’un réflexe involontaire que de son adresse. Il avait fait l’objet de tant de convoitise sans n’avoir jamais eu à porter de coup mortel, et ce fut ici, en Comté, qu’il terrassa son premier adversaire. Mais tandis qu’il essuyait le premier choc, la stupeur ne lui fit pas voir l’attaque du deuxième orc. Sam, qui n’avait pas freiner sa course, comprit qu’il arriverait trop tard pour intervenir. Il cria vers son ami qui sursauta et plongea pour échapper au heurt, mais ne put éviter d’être blessé au bras gauche. Sam frappa l’orc à la poitrine avec violence, mais malgré cette blessure, la créature lui opposa une forte résistance et fit trébucher le semi-homme. C’est alors qu’une voix ferme et vigoureuse retentit :

- Aller les gars ! Débarrassez ma maison de ces chiens puants !
Le père Chaumine accompagné de ses trois fils, Tom le Jeune, Jolly et Nick, apparurent à l’entrée du smial, tous armés et résolus. Ils chargèrent les assaillants qui ne savaient plus où donner de la tête. Leur infortune grandit lorsque deux autres Hobbits robustes enrôlés par Chaumine suivirent le pas. Cependant, les orcs demeurent des adversaires redoutables et coriaces. Malgré le fait qu’ils étaient tous blessés, leur vigueur ne semblait pas décliner. Mais cela ne décourageait pas les Hobbits qui redoublaient de volonté grâce au précieux soutien. Forts de leur supériorité notoire, les petites gens arrachèrent peu à peu la victoire aux assaillants. Le père Chaumine et son fils Tom, emportés par la rage, achevèrent un orc à coups de hachette, tandis que les autres arrivants prêtèrent main forte chacun de leur côté. Aidé de Robin, Merry noya le chef Huruk sous les coups, avant de lui administrer une frappe à la poitrine qui le fit rouler sur le sol, tout ensanglanté.
Mais alors que Nick Chaumine s’apprêtait à offrir son appui à Pippin, un autre orc surgit devant lui et, sans lui laisser le temps de réagir, plongea son épée dans le ventre du semi-homme avec une violence bestiale. Le coup fut si brutal que Nick ne put sortir le moindre son. La créature agrippa les cheveux du malheureux, paralysé par le choc, et plongea ses yeux injectés de sang dans ceux, emplis de frayeur du Hobbit. Elle extirpa l’épée maculée de sang du corps de sa victime pour lui assener un nouveau coup avec la même sauvagerie. Nick laissa échapper un râle presque inaudible avant de s’affaisser lourdement sur le sol. Premier témoin de l’effroyable mise à mort, Pippin poussa un cri de désespoir qui fit se retourner ses congénères.
- NICK ! hurla le père Chaumine en voyant son fils transpercé d’une lame d’orc.
Pris d’une frénésie véhémente, il chargea l’ennemi avec une fureur qui porta son bras jusqu’à la gorge découverte de l’orc. Ce seul coup lui suffit pour la trancher net, faisant jaillir le sang noir à gros bouillon. La créature s’écroula. Haletant, le chef de famille lâcha son arme et se jeter sur son fils qu’il souleva dans ses bras.
- Nick … Nick, mon gars …
Mais il était trop tard. Le Hobbit fut pris d’un ultime sursaut de vie et expira sous le regard impuissant du père Chaumine. Ce dernier rapprocha le corps de son fils de sa poitrine, alors que sa compagne accourait en hurlant de douleur. Jolly la rattrapa et tenta désespérément de la retenir. Anéantie, elle s’écroula dans ses bras.

Choqués par l’horrible scène dont ils furent témoins, les Hobbits demeurèrent tous figés. Ils oublièrent que tous les ennemis n’étaient pas vaincus. Accablé par ce nouveau drame, Pippin ne vit pas le dernier orc sur pied se ruer sur lui, l’épée en main. Alerté par le cri affolé de Merry, il eut tout juste le temps de basculer en arrière pour esquiver, mais la lame l’entailla au flanc. Le jeune Hobbit toucha terre dans un gémissement de douleur, et le choc lui fit perdre son arme. Voyant l’orc avancer dangereusement l’épée vers son jeune cousin blessé et désarmé, Merry fut saisi de rage et coura à son tour sur l’agresseur. Il le transperça dans le dos avec frénésie, puis porta un deuxième coup dans la nuque, puis deux autres sur le côté. Le sang d’orc tavela son habit, et bientôt l’adversaire s’effondra. Il marqua un temps, puis se retourna vers son cousin.
-Pippin, tu n’as rien ? demanda Meriadoc, tremblant de fureur.
-Merry, derrière toi ! hurla le cadet, toujours au sol.
L’aîné eut tout juste le temps de se retourner pour voir, dressé derrière lui, le chef Huruk-Haï qu’il avait laissé pour mort quelques minutes auparavant, rabattre son arme sur lui. Nibs, qui était à quelque pas, plongea pour retenir l’ennemi. Mais sa détente ne fut pas assez longue, et il ne fit que l’effleurer. L’Huruk dévia légèrement son geste mais put tout de même transpercer l’abdomen de Merry avec son arme.
- MERRY !
La voix de Peregrin était déformée par l’horreur, alors qu’il vit son aîné s’écrouler tout près de lui. Sam et Frodon joignirent leur appel désespéré à celui de Pippin, prostrés par cette ultime tragédie qui leur ôta toute hargne. Cependant, les autres Hobbits ne perdirent pas contenance cette fois-ci. Rosie, Robin et Nibs se jetèrent sur l’Huruk, le désarmèrent, et lui assenèrent de multiples coups, devenus insensibles au moindre scrupule. Le chef se défendait comme une bête, comme si ce coup assassin lui avait redonné vie. Il mordit Nibs au bras, cogna Robin d’une main et saisit Rosie à la gorge de l’autre. Il serra brutalement son étreinte sur la jeune femme qui se débattait furieusement sans pouvoir se libérer. L’air commençait à lui manquer, la panique l’assaillit. A ce moment, Jolly et Tom accoururent en renfort, suivis bientôt de Sam qui s’était ressaisi. Ils joignirent armes et volonté aux efforts de leurs trois compagnons, et terrassèrent l’Huruk à temps pour sauver Rosie de l’étranglement. La jeune Hobbite retomba en toussant violemment.

De son côté, Pippin avait rampé jusqu’à son aîné, étendu sur le sol.
-Merry …
La voix brisée de Pippin ne pouvait prononcer d’autres mots. Il attrapa la main de son cousin qui l’enserra convulsivement. Son visage était crispé de douleur, ses yeux fermés, les dents serrées. Son teint devenait livide et son corps secoué de frissons était recroquevillé en position fœtale, tandis qu’une main recouvrait la blessure ouverte. Le cadet se pencha sur Merry et caressa d’une main tremblante les cheveux blonds de l’aîné.
- Merry … tu m’entends ? … tu m’entends ? murmura t-il en sanglotant.
Meriadoc ouvrit les yeux, mais sa respiration était difficile. Pippin accrocha le regard brumeux de son aîné pour le raviver. Il fut très vite rejoint par Frodon qui se pencha fébrilement sur son cousin au sol. Il fut tout d’abord soulagé de constater qu’il gardait les yeux ouverts et entreprit d’examiner la blessure. Mais Merry resserra sa main sur son ventre quand il sentit les doigts de Frodon l’en écarter.
- Non … murmura le blond dans un souffle.
- Je veux juste regarder, Merry, rien de plus, rassura Frodon en posant une main sur le front perlé de sueur de son cousin.
Incapable d’opposer la moindre résistance, le jeune Brandebouc éloigna sa main de l’entaille quelques secondes avant de la remettre en place. Frodon put y voir une plaie béante au niveau du bas ventre d’où s’écoulait le sang chaud qui lui empourprait les mains. Cette vision l’affola, et il ne put dissimuler son inquiétude quand Pippin l’interrogea du regard. Le plus jeune se sentait glisser dans le désespoir alors qu’il regardait à nouveau le visage de Merry, les yeux pleins de larmes, caressant ses cheveux d’une main, tenant la sienne de l’autre. Son chemin ne pouvait se terminer là, ou le sien finirait aussi, car comment trouverait-il la force de combattre s’il n’a plus rien à défendre ?
- Ca va aller Pippin … murmura Merry, les yeux mi-clos. Et il resserra la main du cadet.



---------
Tortionnaire!!
* :( *
Mais enfin, vous savez bien que je vous aime, que j'ai pour vous plein de petites douceurs dans ma musette...
Oui, d'ailleurs Sam est dans son bain et il s'impatiente.
* pale *
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Lostie
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Localisation : la Champagne crayeuse ^^'

MessageSujet: Re: Shadow Run   Jeu 2 Nov - 14:03

triste :help: :argh:

MERRY !!!!!

*court, complètement affolée, bouscule tout ce petit monde et botte au passage le postérieur de KatSou (j'en suis navrée, mais là c'est trop ^^''')*
*se précipite auprès de Merrinou, permettant à Pip de rester (quand même... Rolling Eyes)*

pale pale pale pale pale

Et pourquoi Gandalf est jamais là quand on a besoin de lui ???
:argh: :help:
Et pourquoi on nous laisse aux mains d'auteuses sadiques ?
*approuve Peregrin*
*considère Meriadoc avec inquiétude*

J'EXIGE LA SUITEUUUUUUU !!!

*tend des huiles essentielles à KatS*
Pour frotter le dos de Sam... ^^ Twisted Evil
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Gred
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Emploi : Chasseuse de doudoux

MessageSujet: Re: Shadow Run   Ven 3 Nov - 13:24

*se joint à Lostie*

MERRYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY!!!!!

*se jette au chevet de Merrychou près de Pippin et Lostie*

Ah, KatSou, nous pouvons te donner une place d'honneur dans le cercle des auteurs sadiques! Je le savais déjà mais là, tu dépasses tes limites!

Superbe suite avec beaucoup d'actions (chapeau pour la description des coups! ^^) et de frayeurs (mon Merry, mon Pippin, mon Frofro...).

Comme pour Half, je reviendrai pour la review!

Poutoux.
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Mar 7 Nov - 3:39

Twisted Evil

Lostie a écrit:
*court, complètement affolée, bouscule tout ce petit monde et botte au passage le postérieur de KatSou (j'en suis navrée, mais là c'est trop ^^''')*
*s'étale de tout son long sous le choc du coup de botte de Lostie qui vient de lui faire ravaler son rictus sadique*
Mais.... mais ... :( *regarde désespérément son petit Frodon qui accoure pour la mignotter avec tendresse*
Tu as vu comme elles me traitent alors que je leur déballe ma suite? Tu as vu?
Ah, tu ne peux pas dire qu'on ne t'as pas prévenue.
* :( *

Citation :
Et pourquoi Gandalf est jamais là quand on a besoin de lui ???
PARCE QUEEEEEEEE!! *sort sa troçonneuse en bondissant partout, cassant tout le mobilier*
Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil

Euh ...Pippin a écrit:
Et pourquoi on nous laisse aux mains d'auteuses sadiques ?
C'est pour mieux te réssusciter, mon enfant. *gros sourire plein de dents du financier* Mr.Red

Gred a écrit:
Ah, KatSou, nous pouvons te donner une place d'honneur dans le cercle des auteurs sadiques! Je le savais déjà mais là, tu dépasses tes limites!
^______________^ *considère soudain son trophée du mois, lauréate de la perversion sadique, et se la pète graaaave graaaave graaaave* Ouaiiii! ----> Mr. Green méga-ultra Mr Green! Mr. Green
Dégonfle un peu les chevilles et retouche le sol, KatS. -__-"

Lostie a écrit:
*tend des huiles essentielles à KatS*
Pour frotter le dos de Sam... ^^ Twisted Evil
*s'écroule d'un seul coup, complètement misérable*
Ah, heureusement qu'il y a des slasheuses raisonnables sur ce forum.

Gred a écrit:
Superbe suite avec beaucoup d'actions (chapeau pour la description des coups! ^^)
Merci ^^ Pour tout dire, je l'appréhendais cette suite. Je n'ai pas aimé la relire, mais je crois que c'est surtout dû au fait que j'en ai trop bouffé d'un coup! Donc ça me flatte de savoir que je me suis pas trop emmêlé les pinceaux dans une scène aussi délicate à décrire. Ce chapitre est un peu transitoire, il se cible sur un seul véritable évènement et est un peu lourd à la digestion, je le conçois. Mais voyons le bon côté des choses, Merry aura tout plein de câlins et autres mignardises de son Pipouille ... s'il survit (quel suspense, oh my God!) Rolling Eyes A priori, de bonnes choses en prévision, après cette suite qui manque d'intéraction entre les perso (sauf à la fin, où j'ai encore tapé dans la guimauve, pas vrai Lostie Mr. Green)

Merci bien les louloutes. ;)
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 11 Nov - 16:15

Citation :
*court, complètement affolée, bouscule tout ce petit monde et botte au passage le postérieur de KatSou (j'en suis navrée, mais là c'est trop ^^''')*
Eh là! Tout doux, on ne botte pas les petites fesses de Katsounette, même si c'est une vilaine fille! Si vous la molestez trop vous verrez qu'elle nous le fera trépasser, le Merrynou. :?

Citation :
Et pourquoi Gandalf est jamais là quand on a besoin de lui ???
Probablement parce qu'il n'arrive jamais en avance... Rolling Eyes

Citation :
*tend des huiles essentielles à KatS*
Pour frotter le dos de Sam... ^^
*Là, se gausse avec joie*

Citation :
*considère soudain son trophée du mois, lauréate de la perversion sadique, et se la pète graaaave graaaave graaaave*
*se met à bondir partout en chantant avec Kats*
Oh Hobbit t'es sympa tu rigoles, mais tu t'en mordras les doigts quand tu verras combien elle t'en colle... Mr. Green'

Citation :
Mais voyons le bon côté des choses, Merry aura tout plein de câlins et autres mignardises de son Pipouille ...
AAAAAAAAAAH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ca y est... Ca f'sait quelques que je ne l'avais pas vue dans son mode "Sainte-Pécheresse-de-la-fluffiness-entre-Merry-et-Pippin!"...

Citation :
... s'il survit
... ^^''' Oh public t'es sympa tu t'affrioles, mais tu t'en mordras les doigts quand tu verras combien elle t'en cooolle...

ALLEZ, ON SE LEVE ET ON RECLAME LA SUITE! bravo bravo

_________________
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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Mer 14 Fév - 2:36

*ouvre la porte grinçante de sa vieille fic délaissée, et ressent soudain comme un courant d'air glacé* Hey? *admire l'echo lointain de sa voix qui se perd dans l'oubli*

Hey! Hey! *fait de grands gestes avec les bras, agite ses fanions* Heyyy! Regardez! Une suiiiiite! Si, si! J'déconne pas! ;D
... oui bon *fait des petits ronds dans le sable avec ses petons*, plus personne n'y croyait, j'en conviens. Je suis même sûre que Half a oublié qu'elle l'a déjà corrigée cette suite, tellement j'ai traîné pour la poster! Mr. Green

Bref, une suite, tout de même, pour le pauvre Merry qui ne pouvait pas rester éternellement ainsi. ^^

Bon ben... enjoy quand même, hein Mr. Green


Chapitre 6 :


- Il faut un linge pour compresser la blessure ! lança Frodon vers Sam qui approchait, l’air consterné.
- En voici ! fit le père Chaumine qui tendait dans sa direction une serviette en tissu blanc. Le patriarche était accablé, mais il ne pouvait se laisser sombrer maintenant que les évènements appelaient à l’engagement le plus franc. S’il n’avait pu sauver son propre fils, il ne permettait pas qu’un autre Hobbit ne succombât sous son toit.
Rosie, qui avait repris du poil de la bête, s’agenouilla auprès du blessé avec une bassine d’eau dans les bras. Epaulée de Frodon et de Sam, elle mouilla le linge, et tout trois constituèrent un bandage de fortune en attendant de trouver mieux. Pippin, quant à lui, ne lâchait pas la main de Merry, soucieux de le garder conscient.

Les deux Hobbits qui avaient accompagné les Chaumine s’avancèrent à petits pas.
- Nous ne pouvons pas rester ici ! lança le premier Semi-homme aux cheveux châtains. Quatre orcs et un chef morts, ça ne passera pas inaperçu là-haut ! Ah ça non ! Ils vont les chercher, et quand ils sauront, ils viendront assiéger le smial et vous brûleront dans le piège, croyez-moi. Venez chez moi ! Vous trouverez de quoi soigner le blessé.

La petite troupe de Hobbits quitta la maison chamboulée dés qu’ils purent relever Merry. Il fut soutenu par Sam et le père Chaumine qui sortirent les premiers, immédiatement suivis de Pippin et de Frodon, chargés de la malle remplie d’armes qu’ils avaient garnie de nouvelles prises ennemies. Tom le Jeune et l’autre rouquin qui accompagnait le chef de file clôturèrent le cortège en emportant le corps de Nick. Robin, la mère Chaumine, Rosie et ses deux autres frères, Nibs et Jolly, restèrent sur place pour débarrasser les corps et redonner bonne figure au smial, dans l’espoir d’écarter les soupçons tant que possible. Le patriarche et son fils promettaient de revenir dans la matinée pour prêter main forte. Cependant, rien n’était encore sûr pour la petite troupe en marche. Le prochain bourg était à plus de trois milles par la grande route. Bien que sachant le danger qu’ils courraient à se mettre ainsi à découvert, ils ne pouvaient non plus prendre le risque de passer par les sentiers boueux et bosselés de la campagne, avec la charge d’un blessé à soigner au plus tôt. Ils clopinèrent en silence, les oreilles à l’affût du moindre chuchotis du vent. Merry boitillait avec peine pour tenir l’allure. Il serrait les dents et s’efforçait de regarder au loin pour supporter la douleur obsédante, devenue diffuse et lancinante dans son bas ventre. Il lui semblait que son bandage n’était plus qu’un linge élimé, imbibé de sang chaud.
Au bout de longues minutes d’errance, les fugitifs aperçurent les premières lumières du petit bourg du Moulin de Forge qui mouraient lentement à la lueur du point du jour. Le châtain qui menait la troupe fit signe de hâter le pas. Ils arrivèrent avec soulagement au palier d’un modeste trou de maréchal. La porte s’ouvrit presque immédiatement et une femme blonde aux cheveux tressés apparut dans l’encadrement, vêtue d’une robe verte. Elle conduisit Merry, toujours soutenu, dans une petite chambre aux murs clairs. Il fut allongé et bientôt entouré de ses deux cousins, de Sam et des Chaumine.
- Faites un peu de place, requit la femme en bousculant les gêneurs.
Elle avait les bras chargés d’une large bassine d’eau tiède qu’elle déposa au pied du lit. Des serviettes épaisses étaient repliées sur le revers. Le semi-homme aux cheveux châtains qui répondait au nom d’Aubin Sableton et n’était autre que son mari, la rejoignit très vite. Ils dénouèrent le bandage taché de sang et baignèrent la blessure. Merry gémit doucement au contact du linge humide sur la plaie et agrippa les barreaux du lit en fermant les yeux pour se contraindre à l’immobilité. En dépit des forces qui lui manquaient, cette morsure ininterrompue au ventre faisait courir dans tous ses membres le besoin impérieux de s’agiter, de repousser les mains soignantes, de s’arracher au calvaire sans plus penser à ce que cela impliquerait. Il se calma malgré lui, quand un voile blanc vint recouvrir sa vue et qu’un engourdissement lui saisit tout le corps.
- Que lui arrive t-il ? demanda Frodon en remarquant la pâleur du visage de Merry.
- Sans doute un p’tit malaise ! Il a perdu des forces, et puis il doit déguster avec une entaille pareille, fit le châtain en passant un linge humide sur le front du blessé qui fermait les yeux. Ca m’étonnerait pas qu’il tourne de l’œil un moment.
- Mais m’sieur Merry, sûr qu’il guérira, pas vrai ? interrogea Sam, avec cet espoir naïf et invitant qui le portait toujours là où personne ne semblait plus en avoir.
- Je n’aimerais pas être porteuse de malheur, mais la plaie est vilaine, répondit sombrement la femme Hobbite.
Frodon la regarda avec une anxiété mêlée de désespoir. Il saisit la main de Merry et l’observa. Il semblait plongé dans un état de demie conscience, sa respiration était maintenant plus régulière mais son teint avait perdu toute couleur de vie.

Replié dans un coin de la chambre, Pippin n’avait pas encore laissé entendre le moindre mot depuis qu’ils avaient quitté le smial des Chaumine. Il ne posait pas le moindre regard sur Merry, adossé au mur quand l’envie ne lui prenait pas de piétiner nerveusement de-ci de-là. Une impression d’étouffement l’oppressait dans cette pièce si petite, et cette effluve de fièvre qui s’exhalait à en faire transpirer les murs lui montait à la tête. Incapable de contenir plus longtemps son malaise, il sortit précipitamment de la chambre.
Les autres Hobbits le regardèrent partir sans réagir, presque étonnés de voir jaillir cette colère froide en un moment si délicat. Sam se tourna alors vers Frodon :
- J’pense que vous devriez y aller, m’sieur Frodon. Moi, j’ai jamais eu le sens de la parole dans les situations malheureuses.
L’ancien porteur de l’Anneau dévisagea son ami un instant, un peu perdu, et prit le chemin de la porte. A dire vrai, sa désolation était telle qu’il ne se sentait guère plus apte que Sam à réconforter Pippin, avec le secours bien maigre des mots.

Quand Frodon arriva au vestibule, un courant d’air froid l’enveloppa, indiquant que la porte d’entrée était ouverte. Il s’approcha de Pippin en frissonnant légèrement, s’arrêta juste derrière lui, et l’observa. Le plus jeune était assis sur le palier en tenue légère, les genoux joints, la tête posée sur ses paumes et le regard vagabond. Ne sachant encore quelle attitude adopter, l’aîné laissa ses yeux se perdre au dehors, rêveusement. Un pâle soleil matinier s’élevait timidement sur le Moulin qui ne semblait pas encore touché par l’occupation des orcs. Les basses maisonnettes qui ressortaient du sol, et dont les toits étaient recouverts d’herbes et de mousse gorgées de rosée, paraissaient paisiblement endormies. Les chemins qui serpentaient alentour étaient relativement bien tenus, les arbres nus se dressaient toujours de part et d’autres du bourg, et la brise fraîche apportait cette senteur particulière de la terre humide d’automne. Il aurait pu croire un instant qu’il se réveillait d’un cauchemar effroyable, et que dès à présent, la petite vie tranquille de la Comté allait suivre son cours. Mais devant cette vision somme toute rassurante, il n’y trouvait nul réconfort. Même les rayons du soleil semblaient figés, illusoires et sans chaleur. Quelque chose de moisi rampait sous cette apparente tranquillité. Une rumeur venue de l’ombre bistrait le paysage vert, et gardait le chagrin des voyageurs regagnant les pénates. La peur des habitants s’était peu à peu transformée en un consentement soumis, tout aussi vicié et pernicieux que la férule des orcs. Même les endroits non souillés de leur crasse suintaient leur présence par cet assujettissement assimilé. Ils pouvaient bien se battre, tous ces insurgés éparses, mais pour quelle peine si ce n’est pour abandonner sa liberté au premier audacieux qui gonfle le torse.
Frodon considéra de nouveau Pippin. Le jeunot paraissait comme insensible au spectacle immobile qui se déployait devant lui. Son impuissance face au mauvais état de Merry le désarmait, et même le plus paisible des tableaux de sa Comté natale qu’il lui était donné de contempler depuis son retour au pays n’avait aucune prise sur son abattement moral.

- Quand on a trop de colère à ruminer, il est parfois bon de savoir la recracher sur quelqu’un, fit enfin Frodon, en posant sa main sur l’épaule du cadet, et s’efforçant d’apporter une touche de frivolité dans sa voix.
- Je te remercie de ta mansuétude, cher cousin, mais je n’ai pas besoin d’un martyr ! siffla sèchement Pippin en se dégageant de l’étreinte.
- Dans ce cas, tu ne rechigneras pas à recevoir le conseil honnête d’un ami, à commencer par ne pas se montrer au dehors, en chemisette par un vent glacial, surtout si l’on est en fuite ! répondit brusquement l’aîné qui avait immédiatement abandonné le parti de la douceur.
- C’est le petit matin, les orcs sont moins actifs en journée. Du reste, je gage qu’ils ne sont pas encore au fait de cet incident chez les Chaumine … souffla Pippin, comme sorti d’un rêve.
- Ne crois pas qu’ils auront oublié notre fuite au Brandevin, et tu n’es pas sans savoir que les nouvelles ne restent pas longtemps muettes en Comté, trancha Frodon, exaspéré par cette pesante résignation, toutefois bien étonnante chez Pippin. Maintenant rentre et ferme la porte.
- Ne commence pas à prendre la place de Merry, je n’ai pas besoin d’être chaperonné ! clabauda Pippin en se retournant vivement.
- Tu ne sembles pas avoir besoin de grand chose en ce moment, et pourtant tu restes prostré dans ton coin, sans la moindre considération manifeste pour Merry, alors que tu te morfonds sans désemparer sur son état. Au demeurant, j’ai moi-même assez à remâcher pour penser te chaperonner ! Alors tu vas me sortir le nez de la terre, et surtout, me fermer cette maudite porte ! gourmanda Frodon en saisissant fermement le bras du cadet, le forçant à se lever et repoussant violemment le battant dont le bruit sourd retentit dans tout le trou.
Pippin se laissa entraîner sans chicaner. Si Frodon emboîtait volontiers le pas de ses deux cousins dans la fanfaronnade, ses actes d’autorité avaient ceci de surprenant qu’ils n’étaient jamais (ou peu) contestés. Mêlant pondération et fermeté dans ses propos, il savait les tourner à son avantage quand la situation l’exigeait. Et même à présent que Pippin le surpassait d’au moins quatre pouces, il ne se sentait pas le courage de rivaliser d’aplomb.
- Ressaisis-toi Pippin ! Pour autant que je sache, Merry n’est pas encore refroidi et notre situation aurait pu s’avérer bien plus désespérée.
- Juste ciel, que te faut-il ? Merry est mourant, la Comté est infestée d’orcs de toutes parts, et je ne vois au dehors que des Hobbits terrifiés à l’idée d’une révolte !
- Dont la plupart sont prêts à nous ouvrir leur porte, renchérit doucement l’aîné. A partir de là, nous pouvons espérer beaucoup. Du reste, tu n’as sans doute pas oublié le réseau de résistants visiblement bien armés que protègent Robin et Rosie, ou bien ta mauvaise foi t’aveugle. Défends-toi de ce cynisme forcé Pippin, il fait pâle figure dans ta bouche !
- Pour ta part, on peut dire que ton nouvel optimisme te redonne de la vigueur, cher Frodon… se radoucit le cadet.
Frodon resta coi, convaincu que le bon sens prenait de nouveau le pas sur la déraison.

A ce moment retentirent des pas pressés dans l’étroit corridor. Apparut alors le Hobbit roux qui avait soutenu le père Chaumine lors de l’attaque de la ferme. Frodon le connaissait bien en un sens, puisqu’il s’agissait de Rury Roberonge, le fils de Wilfrid Roberonge qui eut l’heureux privilège de prendre à maintes reprises le thé à Cul de Sac en compagnie de Bilbon. Ce vieux toqué de Sacquet ne dérogeait que rarement à sa réputation de loup solitaire, aussi cette faveur laissait présager une bonne amitié avec le vieux fermier de Lézeau, ce que Frodon ne contesta nullement, en dépit des mauvais ragots qui le poursuivaient (et n’en épargnaient pas moins Bilbon). Il s’avança précipitamment vers les deux Hobbits :
- Quel était ce bruit ? Un visiteur ? demanda t-il.
- …Euh non, seulement un courant d’air ! Nous avions entendu un bruit suspect sur le palier, mais il ne s’agissait que …d’un vieux chat boiteux …justifia maladroitement Frodon.
- Ah…Bien. Je reviens de la chambre de Meriadoc, et j’ai pensé que vous seriez soulagés d’apprendre qu’il se porte plutôt fraîchement pour un mourant ! La plaie n’est pas si profonde en vérité, il devrait vite se remettre !
- Oh mais quelle merveilleuse nouvelle ! éclata Frodon en regardant Pippin dont les yeux brillèrent soudainement.
- Il va bien … souffla t-il.
- Ah ça, il ne gambadera pas encore ce soir. Toujours est-il qu’il retrouve la force de pester contre un ventre vide et l’eau du soin devenue trop froide. Ce me semble être un signe de bonne consistance chez un Hobbit, fit le rouquin, souriant. Puis il repartit en direction de la cuisine.
Pippin se retourna vers l’aîné, radieux.
- Tu as entendu cela Frodon ? Ce gredin de Merry nous jette de la poudre aux yeux depuis le début !
- Eh bien, à la bonne heure, rit Frodon. Il ne fait aucun doute que ce chenapan est bien forgé dans l’acier des Brandebouc ! Mais cela, bien entendu, tu ne pouvais l’ignorer.
- Je le savais, que médis-tu ? Je testais un peu tes fragiles petits nerfs, vieux cousin, et pour sûr qu’ils sont aussi bien affilés ! Tu es, après tout, une moitié de Brandebouc, fit Pippin.
- Et même deux bons tiers, si l’on en passe par là ! D’ailleurs Merry pourra t’en parler si tu cours le lui demander !
- Oui tiens, je brûle de connaître tout ça ! s’enthousiasma Pippin en prenant le chemin de la chambre. Il se retourna vers Frodon avant de passer le corridor :
- … Un vieux chat boiteux, hein…
- Oui, ça va … La prochaine fois, tu pourras être sûr que je ferai appel à tes talents renommés pour improviser une explication douteuse ! pesta gentiment l’aîné.
- Oui, il vaudra mieux ! rit Pippin.
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La Halfeline
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Mer 21 Fév - 23:00

En effet, c'était à tel point que je ne m'en rappelais plus moi-même! Shocked

Alleeeeez, tite Katsou, ne nous laisse pas sur un suspense, avec en tête toutes les tendresses qui s'annoncent! bounce *ronronne*

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KatSou
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MessageSujet: Re: Shadow Run   Sam 24 Fév - 1:39

oulala...><
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MessageSujet: Re: Shadow Run   

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