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 Le temps des cerises écrasées, NC-17 M/P

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La Halfeline
Prophète de Lilith
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Date de naissance : 28/08/1987
Age : 29
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MessageSujet: Le temps des cerises écrasées, NC-17 M/P   Dim 5 Juin - 22:57

Kikou,

Valà enfin la suite du drabble éponyme... ^^
suggestion du chef: vous pouvez lire sur "Concerning Hobbits", la deuxième piste du premier CD du LOTR.

En revanche, warning, moi-même je me suis un peu fait peur toute seule en relisant, c'est... c'est graphique. Très graphique. -______________-'

Halfeline certifié, à savoir tout ce qu'il y a de plus gentillet, mais valà, quand même, ça peut en entraîner pas mal à pécher par la pensée... Rolling Eyes Donc, toutes les hobbitophiles consommées qui se considèrent encore comme des jouvencelles respectables, allez regarder l'enterrement de Jean-Paul parce qu'on en a brûlées pour moins que ça! -_-''''




Le temps des cerises écrasées
09/04/05
Par la Halfeline


Un après-midi d’été tardif, à l’orée du septembre suivant leur retour dans leur contrée bien-aimée, Merry et Pippin découvrirent, à la faveur d’une longue balade poussée loin dans les vastes coteaux sauvages de la Comté, ce qui devait devenir l’un de leurs arbres préférés. Il s’agissait d’un immense cerisier, ensemencé au beau milieu de cette prairie par quelque passereau, qui avait eu le loisir de pousser et s’épanouir largement. A sa vue, du haut d’une colline, les deux Hobbits dont personne n’aurait pu dire qu’ils avaient connu la guerre se précipitèrent à lui, brandissant joyeusement leurs bâtons de marche. Arrivés à son pied, les orteils des Semi-Hommes bruissèrent dans les fruits trop mûrs tombés ; cependant, en levant le nez vers sa magnifique ramure à travers laquelle le soleil perçait à peine, ils constatèrent avec ravissement qu’il restait sur l’arbre de quoi contenter la moitié du Quartier Sud.
Très vite, Merry abandonna ses effets de promenade, rejeta ses bretelles le long de ses jambes, et quitta sa chemise déjà entrouverte. Avisant la branche la plus basse, il entama l’escalade, aidé par une courte échelle de Pippin qui l’encouragea, enthousiaste et impatient, avant de vider le panier de pique-nique de son contenu pour se poster à la réception de tous les précieux fruits allant du rouge au noir. C’était presque une torture pour Peregrin de devoir se contenter de tenir ces délices sans y goûter.

Lorsqu’ils estimèrent en avoir une quantité honorable, Merry sauta à terre, se réceptionnant dans l’humus fruitier qui avait auréolé le cerisier. Pippin s’apprêtait déjà à gober son premier doublet quand son cousin, pris d’un rire spontané face à leur fortune insolente, se jeta sur lui, renversant tout le contenu du panier par-dessus les moulins.
- Bourrique de Brandebouc ! s’exclama le fils du Thain. Regarde un peu ce que tu as fait !
- Ne t’énerve pas, Pip, elles sont toujours là !
- Je parle de ma chemise : elle était propre quand je suis parti ce matin !
A l’air renfrogné du jeune Took, Meriadoc répondit par des yeux et un sourire gredins :
- Eh bien fais comme moi : ôte-là donc !
Il mit une poignée de cerises dans la main de Peregrin et commença tout naturellement à déboutonner son léger vêtement.
- Ne crois pas me distraire avec des baies pendant que tu te livres à des activités peu avouables, cher Merry.
L’intéressé enfourna enfin quelques bigarreaux, ayant terminé sa tâche ; après avoir recraché les noyaux avec l’élégance d’une fontaine elfique, il se pencha sur Pippin pour le gratifier d’un baiser fruité, cajolant son palais et ses papilles de sa langue encore tapissée de pulpe juteuse. Entraîné dans les sensations goûteuses, douces et caractérielles à la fois dans la bouche de celui qu’il aimait, Merry roula sur le côté, entraînant son cadet avec lui, jusqu’à sentir sous son dos nu le tapis rouge poisseux de sucre.
- Oh, Pippin, à plus tard la pudibonderie! Tu ne vas pas nier que la situation ressemble à un rêve : Le soleil est là, des cerises particulièrement exquises sous la langue et sous le corps sont là, JE suis là, à moitié dévêtu sous toi et qui plus est maculé d’un jus vermeil qui doit plus tenir de la liqueur que d’autre chose...
- Seigneur ! s’exclama Peregrin en roulant des yeux. Et moi qui avait dit à Maman que je ne rentrerais pas tard.

L'aîné dédia à son compagnon un sourire mutin, dont l’invite n’aurait su laisser de glace. Pippin laissa se faner son expression d’ironie complaisante pour contempler avec un recueillement plus grave les traits joyeux de son Merry, à présent sauf et même baigné d’aise. Le jeune Took se sentait redevable vis-à-vis du destin insolent qui les avait épargnés tous les deux ; il comptait bien honorer encore cette fortune éperdument. Il caressa doucement de ses doigts les boucles si dorées de son cousin.
- Ah, mon cher Merry… Je voudrais que tout reste aussi bon jusqu’à la fin des temps.
Le sourire de Meriadoc s’assagit à son tour pour se faire plus tendre. Le fluide cinabre qui entachait un peu le bord de ses lèvres était maintenant trop sucré pour rappeler le sang, et Pippin songeait à cela avec soulagement tandis qu’il l’embrassait. Le jeune Brandebouc soupira d'aise, faisant grimper sa main dans les mèches acajou pour approfondir l’échange. Un désir bien résolu le possédait déjà, et il s’étonnait une fois encore de l’impétuosité à chaque fois renouvelée avec laquelle ce genre d’appétence le surprenait avec Peregrin. Lentement, il alla caresser son échine de la nuque jusqu'aux reins, par-dessus le tissu de la chemise, puis revint à l’épaule gauche pour repousser la bretelle serrée sur le côté.

Pippin acheva le baiser pour se redresser, affirmant son assise sur les hanches de Merry, et replongea la main vers le amas de cerises renversées. Il en posa quelques unes sur le torse de son complice avant de croquer les autres. Ce dernier couvait tendrement son cadet du regard, explorant déjà par le souvenir la nudité de son flanc et de son dos derrière sa chemise entrebâillée comme une porte interdite oubliée. Mais ses yeux verdoyants brillant de malice restaient la première source d'éveil pour lui. Le jeune Hobbit finit par récupérer ses fruits rouges et se pencha à nouveau sur Merry, faisant éclater les baies les plus mûres entre ses petits doigts. Le fils Brandebouc répondit à son sourire espiègle avant de sentir de gentilles caresses plonger le long de son sternum pour se perdre ensuite le long de ses côtes. Il ferma les yeux, imaginant les sillons sucrés qui commençaient à mâchurer sa peau. Pippin se prit ensuite à quelques fantaisies, traçant des cercles absents autour de son nombril, maculant de taches informes sa poitrine tandis qu’il écrasait de nouvelles cerises entre ses phalanges. Merry frissonnait sous les caresses fluides et glissantes, caractérisées par la spontanéité de Pippin. Il geignit un peu.
- Qu’y a-t-il ? interrogea le plus jeune, un sourire dans la voix. C'est ta gourmandise qui proteste ?
Il prit un doublet de cerises dont il saisit les deux jumeaux pour les partager, cependant Meriadoc le lui enleva sur le champ avec une expression malicieuse, mais déjà un peu perdue dans la rêverie.
- Laisse-les donc comme cela, suggéra-t-il en les accrochant à l’oreille pointue de Peregrin.
Le cadet sourit, plissant ses prunelles prairie et dégageant son bras gauche du cuir de la bretelle pour toucher tendrement les attraits du visage familier de sa main vierge. Et c’en fut trop pour le Brandebouc qui se redressa vivement, le faisant s’écrouler dans le tapis de bigarreaux. Avant que Pippin ait tout à fait réalisé ce qui venait de se passer, Merry l’embrassait avec son avidité propre, grognant un plaisir bienheureux, venant déjà frôler le devant de son pantalon court. Aussitôt qu’il eut rassemblé ses esprits, le petit diable se débattit comme un furieux pour lui échapper.
- Non ! Pas si vite ! triompha-t-il en bondissant sur ses genoux, les mains dans la pulpe tiède.
- Oh, allez, Pip, ne fais pas l’enfant… implora l'autre en s’approchant à nouveau.
- C’est toi, l'enfant! rétorqua-t-il en esquivant à nouveau. Sylvebarbe aussi disait qu’il fallait que tu gagnes en patience, ce que tu n’as absolument pas fait depuis le temps.
- Ca ne fait jamais que quelques mois… Et puis, Seigneur, comme si l’à-propos consistait à évoquer ce sage vieil Ent…
Merry finit par réussir à saisir un poignet et à attirer Pippin contre lui. Celui-ci semblait le défier de ses yeux vifs. Pendant quelques instants, le Hobbit garda son regard bleu comme un ciel de canicule plongé dans celui de son alter ego, ne sachant que faire pour circonvenir sa volonté capricieuse. Le cadet se pencha alors doucement sur son buste, nichant sa tête bouclée dans sa gorge, et baisa chastement le point où la traînée rouge commençait. Après quoi, il descendit le long, entrouvrant un peu davantage sa bouche gourmette, laissant le dessin juteux taquiner le bout de sa langue rose. Lorsque ce dernier rencontra une extrémité avivée de la poitrine, Meriadoc s’entendit expirer plus douloureusement qu’il ne l’aurait dû. Il dut chercher sa respiration quelques instants lorsque les doigts, à nouveau moites de suc fruité, vinrent toucher puis pétrir doucement l’éminence jumelle. Ils cédèrent au bout d’un moment leur place à la bouche chaude qui se délecta du sucre mêlé au goût familier de la peau de Merry, exacerbé à cet endroit. Quand le souffle de celui-ci devint légèrement saccadé, Pippin le laissa en paix, allant caresser sa joue dans un geste d’apaisement amoureux, effleurant tout juste sa bouche du bout des lèvres. Le jeune Brandebouc parvint à calmer un peu les soubresauts de sa gorge, et fixa son cousin comme un souffre-douleur son bourreau.

Peregrin se figea en admirant soudain la magnificence de Merry qui ne se révélait que d’aventure. Ses yeux avaient plus que jamais l’aspect d’eaux agitées tandis qu’il le considérait un peu par en-dessous, impérieux jusqu’à l'inquiétant avec le reproche sourd contenu au fond de ses prunelles tumultueuses. Son corps semblait en proie à une douleur réprimée, et les traces sur son abdomen se défaisaient et se refaisaient convulsivement. Celles plus fermes du haut de son torse sillonnaient toujours ses lignes les plus marquées, ou le mouchetaient de manière aléatoire. Presque seuls restaient intacts les deux bourgeons de chair plus brune, encore légèrement humides des baisers gourmands de Pippin. Celui-ci alla se nicher dans ses mèches bouclées pour redécouvrir leur or mêlé au jus odorant des cerises. Le nez dans cette douceur rassurante, il déposa des baisers sur sa nuque, y sentant encore l’arôme corsé puis suave des fruits.
- As-tu juré ma mort aujourd'hui ? interrogea le blond.
Le cadet se serra un peu davantage contre lui. Il y avait dans l'ironie de Merry une souffrance qu’il voulait faire disparaître. Elle lui plaisait, c’était certain. Elle lui disait qu’il avait besoin de lui, que sa présence auprès de lui était nécessaire, quand Pippin n'avait longtemps cru qu'à la réciproque. D’ordinaire, un seul regard de son cousin suffisait à le conquérir entièrement ; cette fois, il avait voulu jouer un peu avec le désir que Merry lui portait. Cependant, il était temps à présent d'abandonner le petit feu, car le jeune Took ressentait alors une brutale fièvre de se trouver dans les bras de Meriadoc, dans ses étreintes toujours si délectables. Il recula légèrement la tête et murmura quelques mots dans le creux de son oreille effilée, des mots destinés à rassurer, à chérir et à prier. Il se retira ensuite, restant néanmoins tout près, et repoussant lui-même sa seconde bretelle d’un geste rapide, se défit de sa chemise. Alors que Merry approchait déjà le dos de ses doigts vers son buste, Pippin déboutonna également ses culottes et les ôta sur le champ, se retrouvant nu sur l’herbe recouverte de baies carmines.

L’aîné rabaissa alors sa main repliée pour le scruter plus attentivement. Les iris verts étaient toujours aussi intenses, se confondant avec le feuillage du grand arbre qui plongeait bas, mais ses paupières légèrement baissées donnaient au galopin un air songeur. Ses boucles brunes les plus basses caressaient son cou, contrastant avec la nuance rosée de sa peau encore entièrement immaculée. La grâce toute menue qui le caractérisait, pourtant baroque pour un Semi-homme, un brin attendrie par la juste plénitude satisfaite de son ventre, fit à nouveau sourire Merry. Ses pupilles glissèrent sur une virilité jubilante de tout jeune Hobbit, témoin le plus sincère de l’envie avec laquelle il y serait accueilli. Il termina sur l’angle agréable de sa jambe gauche repliée, terminée par le pied velu dont les orteils jouaient avec quelques uns des bigarreaux qui jonchaient le sol. Il releva les yeux et le sourire.
- Tu n’as pas idée comme tu es admirable.
Un pâle sourire naquit sur la finesse des lèvres de Pippin, lui donnant un air fiérot, mais il resta immobile. Merry le faisait patienter à son tour, le jaugeant du regard avec complicité. Mais bientôt, une main vint glisser doucement sur le galbe de son mollet, pour remonter caresser son bras, frôler son épaule et sa poitrine pour se retirer à nouveau. Des lèvres au même goût que les siennes vinrent enfin l’embrasser, rapidement goulues, lui montrant une nouvelle fois comme elles savaient inhiber toute conscience chez lui. Il passa un bras derrière les épaules de son compagnon, crispant ses phalanges dans les cheveux arrosés de cerise, et ne put retenir un bref gémissement en intensifiant leur baiser. La main taquine revint sur la taille de Peregrin et suivit la douceur de son flanc pour glisser le long de son bras droit, encore appuyé à terre, et s’en emparer avec la fermeté nécessaire pour donner confiance. Le cadet perdit légèrement l’équilibre pour ne plus être soutenu que par celui qui l’aimait, son bras ramené autour de sa nuque.

Les baisers se firent alors un peu plus nerveux et irascibles, contrastant avec la délicatesse avec laquelle Merry coucha son cousin dans le matelas de chair fruitée, gardant sûre sa prise dans son dos grêle et l’accompagnant tout du long. Ce n’est qu’une fois allongés que leurs bouches se séparèrent quelques instants. Meriadoc attendit un peu avant de rouvrir les paupières. Il pressa gentiment son nez arrondi contre celui de Pippin, lui déclarant l’intensité de son bonheur par le simple sourire logé dans ses prunelles aigue-marine. L’intéressé y répondit de même et lança à mi-voix :
- Je veux encore un baiser à la cerise.
Le jeune Brandebouc, sans le quitter des yeux, mit quelques fruits rouges dans sa bouche, les mâcha doucement quelques instants avant de siffler à nouveau avec brio les noyaux un peu plus loin. Puis il se pencha tendrement sur Peregrin pour lui faire partager les friandises de leur arbre protecteur. Tandis qu’il les savourait sur la langue habile de son aimé, une main de Pippin ne put s’empêcher de glisser sur la cambrure du dos nu de Merry pour aller se refermer sur l’une des rondeurs charnues et fermes encore couvertes par le pantalon. Le souffle de l’aîné s’intensifia quelque peu tandis qu’il se rapprochait du corps échauffé de son acolyte en glissant une jambe entre les siennes, se reposant davantage sur lui, avec sa bénédiction.

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MessageSujet: Re: Le temps des cerises écrasées, NC-17 M/P   Dim 5 Juin - 22:57

Pippin hoqueta en sentant soudainement une onctuosité tiède descendre autour de son membre. Il rouvrit les yeux pour interroger :
- Qu’est-ce que… ?
Mais Merry le fit retourner au calme en baisant ses paupières et en soufflant :
- Chut… Laisse-toi couler, mon Pippin. Là…
Le jeune Took obéit, gardant les yeux clos, mais sa respiration ne tarda pas à se faire chevrotante au rythme des va-et-vient de la main experte de Merry, gantée de pulpe amarante cuite au soleil. La sensation était insolite ; couveuse et inquiétante à la fois, délectable, mais très inhabituelle. Elle aurait pu rappeler au cadet celle d’une fille, s’il en avait connue. Mais il reconnaissait dans les gestes subtils qu’il subissait la maestria de son cousin. Son front ne tarda pas à perler de sueur tandis que ses narines se dilataient pour laisser échapper des soupirs. Meriadoc le regardait avec adoration. Il remuait faiblement parmi la multitude de petits fruits mûrs, en laissant la moiteur confortable le baigner avec de moins en moins de souci de la sacro-sainte propreté que leurs mères s’étaient tant échinées à leur inculquer lorsqu’ils rentraient recouverts de gadoue les soirs pluvieux. Sa peau laiteuse tranchait à nouveau sur le grenat des cerises écrasées, découpant sa silhouette frêle tant protégée. Il l’aimait tant… sentait qu’il le désirait de plus en plus. Une nécessité de l’embrasser encore se fit ressentir à la vue de ses lèvres étroites qui, lorsqu’elles se détendaient, s’entrouvraient un soupçon pour respecter leur dessin curviligne. Cependant, Merry ne souhaitait pas rompre cette progressive perdition dans laquelle il berçait son aimé. Aussi descendit-il très précautionneusement le long de son corps, sans cesser ses cajoleries, pour enfin remplacer sa paume tiède par sa bouche brûlante de gourmandise, laissant ses paupières se refermer doucement.

Un cri d’abandon franchit aussitôt la gorge de Pippin, avant de se fondre en geignements enfiévrés. Il chercha fébrilement la main de Merry de la sienne, la trouva sur son ventre et la serra fortement. Son cœur s’était emballé plus intensément encore que de coutume ; il noua bientôt ses doigts dans les cheveux blonds de son aîné. Meriadoc suçait avec délice cette friandise inédite, dont la douceur de la saveur n’avait d’égal que sa texture. Il n’avait pas fait patienter Pippin avec des taquineries agaçantes cette fois - pour le plus grand contentement de l’intéressé -, immédiatement conquis par la sensation de sa verge acidulée comme un fruit inconnu entre sa langue et son palais ; cela conférait à la virilité relativement familière de son cousin un caractère particulier et palpitant. Il ne pouvait lui-même retenir des gémissements assourdis dans sa gorge vibrante. Son ardeur redoubla lorsque Peregrin entremêla sa main au creux de sa chevelure bouclée, comme s’il avait s’agit de la source de toute véritable vie. Il se recentra ensuite sur l’extrémité pulpeuse, recueillant sur ses papilles un petit goût salé incongru au sein du sirupeux enivrant qui avait pris possession de sa bouche. Ce n’est qu’à cet instant que Pippin retint un nouveau cri, se cambrant éperdument contre lui, dans un mouvement spasmodique presque douloureux.

Deux mains le repoussèrent alors avec une dure fermeté. Avec regret, il rouvrit à la lumière les opales de ses prunelles. Celui qu'il aimait haletait silencieusement, les paupières crispées ; ses paumes restaient pressées contre le haut de son front. Il attendit son compagnon, faisant taire la sensation au fond de lui qui se faisait toujours plus oppressante, réclamant un soulagement par le plaisir sensuel prodigieux que pouvait provoquer Pippin chez lui. Celui-ci resta tout juste quelques instants de plus immobile avant de se replier vivement vers lui, posant sa gorge sur son flanc chaud, pour s’attaquer directement aux boutons du vêtement qui lui faisait encore obstacle. Baisant très tendrement son ventre encore intact, Merry ferma à nouveau les yeux pour le laisser faire. La braguette déboutonnée, sa menotte glissa le long, appréciant le renflement plein jusque tout au fond, entre ses jambes qu'il lui entrouvrit de bonne grâce. Pippin sentit son souffle chaud contre son nombril. Lui aussi brûlait ; ils avaient assez joué ainsi. Un désir lui étreignit les reins comme fort rarement auparavant, un appétit brut que son cousin plus âgé lui avait fait rencontrer. Il alla loger sa tête dans son épaule. Tous deux étaient recroquevillés l’un dans l’autre dans un tout douillet qui palpitait. Peregrin lui dit à l'oreille:
- C’est le moment de te décider.

Meriadoc frissonna. Pippin s’exprimait rarement si facilement, en ces occurrences évidemment ; Merry ignorait si son cadet commençait à gagner en assurance ou s'il s'oubliait davantage. Il était heureux d’avoir si bien su l’entraîner dans le plaisir original des circonstances. Redressant à son tour un peu la tête, il alla mordiller affectueusement une petite fesse ronde à la pâleur tachée de pourpre. Le plus jeune étouffa un ricanement en frétillant pour se mettre hors de portée des petites dents taquines, mais Merry le retint par la taille, déposant de petits baisers sur la peau tendre, descendant au bord de la vallée creusée entre les deux éminences à l’agréable courbure. Un petit son voluptueux ronronna dans le gosier de Pippin, mais il insista alors :
- Allez, c’en est assez à présent…
Merry releva le nez pour lui intimer :
- Tiens-toi tranquille maintenant, mon garçon, si tu sais être si patient…
Peregrin protesta d’un grognement contrarié tandis que son complice dénoyautait quelques nouveaux bigarreaux. Sa tâche terminée, il logea en sûreté les fruits dans sa bouche, et offrit ses deux doigts dégoulinants de suc à son Pippin, qui s’empressa de les nettoyer de sa petite langue safre. Merry les lui retira juste avant qu’il ne fût satisfait pour poursuivre l’exploration de la douce vallée jusqu’à la petite cavité sensible qui se contracta sous son toucher. Il commença par la caresser longuement, comme à son habitude, l’accoutumant à sa présence avec tendresse, avant de se glisser lentement dans sa chaleur étroite.
- Ca va, Pip? demanda-t-il à mi-voix en entamant le premier roulis.
Bien qu’il sût Pippin assez délicat à ce jeu, celui-ci lui répondit par un borborygme encourageant. Meriadoc s’enhardit et doubla son intrusion consentie, essayant de contrôler au maximum sa respiration forcie lorsque son protégé se remit à geindre. Ses dents étaient serrées sur la chair molle des cerises, il tentait de concentrer sa conscience sur le goût acidulé qui coulait dans sa gorge, mais la geôle de son dernier habit devenait de plus en plus désagréable, insupportable. Il craignit de se laisser aller ainsi, juste en procurant du plaisir à Pippin.

Comme s’il avait perçu ses pensées, son alter ego se redressa soudain sur les genoux, une lueur passionnée dansant dans ses yeux prasin.
- Ca n’a que trop duré, cousin. Allez !
Merry se releva à genoux à son tour, désormais incapable de résister au ton exigeant de Peregrin, qui peinait à cacher les trémolos de son souffle. Ce dernier abaissa les pantalons de Meriadoc sur ses hanches, révélant la petite toison blond foncé, jusqu’à le libérer enfin de ce dernier opposant avec une hâte un peu rageuse. Lorsque les culottes et les bretelles furent jetées plus loin, Pippin étreignit Merry avec force, rencontrant la réponse toute aussi aimante de son aîné qui pressa contre le sien son corps enfin délicieusement découvert.

Mais alors que leurs corps commençaient à trop bien s’épouser, Pippin s’éloigna, le cœur cognant presque douloureusement dans sa poitrine grêle, et se retourna, tombant les paumes dans l’onctueux tapis de baies trop mûres, la nuque abattue, le dos rond, écartant les genoux les pieds joints. Ses flancs pulsaient rapidement. Son échine était maculée de liquide rougeâtre, jusque le long de ses jambes. Une goutte cerise glissait le long de ses reins pour aller finalement se perdre dans le vallon offert jusqu’à rouler contre l’une des deux tendres bourses renfermant son exquise essence. L’érotique vision ne put laisser Merry de marbre ; il se rapprocha, échappa une caresse et, avec autant de précautions que le permettait son avidité, glissa son membre désespéré de désir dans le fourreau accueillant qui lui était présenté.

Pippin s’effondra sur les coudes, le front sur ses poignets tandis que celui qu’il aimait entonnait le balancement bien connu qui devait les mener au plaisir suprême. Il ignorait si cet effet tenait au pittoresque de cet environnement coupé de tout ou aux émérites attentions de Merry, mais il sentait sa réceptivité particulièrement éveillée, bien qu’il eût à chaque fois brûlé de passion impatiente pour son cousin depuis que leur lien était devenu plus charnel. Il ne tarda pas à s’accorder sur le rythme de son aîné, se sentant à chaque instant au bord du gouffre. Meriadoc aussi ressentait déjà l’odeur de la jouissance autour de lui, et fit grimper plus rapidement que d’habitude l’échange final, posant ses paumes sur les hanches de Pippin pour faciliter l’harmonie de leurs mouvements. Comment pouvait-il lui donner une telle sensation de foyer sécurisant et de bonheur effréné par sa seule personne ? Le plus jeune frémissait, goûtant avec une exaltation frôlant la brisure la sensation de Merry autour de lui, ou en lui-même, semblant toucher son être tout entier. La fragrance sucrée et alcoolisée des cerises blettes lui montait aux narines, comme pour ajouter à son ivresse. Ils n’étaient plus rien d’autres que deux créatures qui profitaient de leur existence. Finalement, après une déglutition laborieuse, Pippin se braqua, sentant la chaude semence de son cousin l’envahir et l’entraîner dans l’explosion sublime, arrosant la chair sombre des fruits rouges de la sienne. Ils en firent fuir les quelques oiseaux qui s’abritaient dans le feuillage du grand cerisier.

Peregrin s’écroula lentement dans le lit de pulpe tiède, et Merry le suivit, luttant contre la lourdeur qui le rendait groggy pour s’étendre délicatement sur son dos qu’il lécha doucement. Pippin respirait intensément, reprenant son souffle et les battements de son cœur après l’ouragan qui l’avait emporté. Il sentit un petit bout de langue lui caresser une omoplate et trouva tout juste la force d’esquisser un pâle sourire. Il se sentait vidé de toute énergie, de toute pensée négative, pour ne flotter que dans une béatitude calme et intemporelle. Il n’avait plus conscience des souvenirs qui le hantaient parfois, même si cela tendait à s’atténuer, ni de ce vers quoi il allait. Il ignorait où il se trouvait, hormis que cet endroit était délicieusement chaud, et qu’il l’entourait entre du velouté sucré et un poids satiné qui exhalait une légère senteur de sueur agréable, et qu’il connaissait comme sûre. Il lâcha un soupir qui parut plaintif, mais n’était au contraire que le constat de son aise parfaite. Un souffle se fit entendre dans le silence à présent total des lieux.
- Je suis trop lourd ?
- Non, surtout pas, s’empressa de répondre Pippin aussi doucement.
La main de Merry quitta son flanc pour aller chercher la sienne, devant sa tête. Le sang battait aux tempes du jeune Brandebouc ; chaque fois que Pippin et lui partageaient leur amour semblait une renaissance pour lui. Il lui paraissait toujours redécouvrir une bénédiction sous une forme un peu différente. Il en tremblait légèrement. Redressant doucement ses hanches contre les reins de celui qu’il aimait tant, il alla embrasser sa nuque chevelue et le creux de son cou jusqu’à ce que celui-ci se retourne contre lui, les yeux toujours clos mais souriant. Merry se pencha sur son visage pour y essaimer des baisers, et Peregrin fit de même, le maintenant tout près de lui en passant ses bras autour de sa nuque. Il lui déclara son amour dans un doux murmure et ses yeux verdoyants se rouvrirent un instant pour le regarder. L’aîné ne put que répondre à ce regard engourdi, toujours touché, avant d’être attiré dans le creux de son épaule et étreint avec une passion tendre et reconnaissante. Il y chuchota lui aussi des mots amoureux avant de les bercer un moment, toujours abrités qu’ils étaient par la ramure touffue de l’arbre.

Merry fut sorti de la léthargie un peu plus tard par une cerise qui tomba dans le creux de son dos. Il se redressa un peu, vit Pippin qui somnolait toujours, couché sous lui. Il le caressa gentiment pour le réveiller.
- Petit Pippin… Reviens vers moi, sourit-il tandis que les paupières lourdes s’entrouvraient sur de larges pupilles.
- Mmh… Qu’y a-t-il ? articula le cadet en baillant.
- Le soleil commence mine de rien à descendre, il faut rentrer… De plus, tu as besoin d’un bon bain !
- Tu ne t’es pas regardé !
Merry rougit un peu sous le sourire malin et les yeux suaves qui le scrutaient.
- Allez, ne tarde pas trop… Je vais m’habiller et ramasser les cerises que tu as sottement laissé tomber tout à l’heure. Si on a de la chance, cela aidera Eglantine à nous pardonner l’état dans lequel nous lui revenons.
Pippin lui tira la langue d’un geste encore un peu assoupi.
- Entendu, mais à une condition.
- Peut-on savoir laquelle ?
- C’est moi qui m’occuperai de ta toilette en rentrant, décréta le petit Took en mordillant malicieusement la gorge de Merry.

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