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 Tes yeux verts.

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Gred
Prophète de Lilith
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Nombre de messages : 1330
Date de naissance : 16/08/1981
Age : 35
Emploi : Chasseuse de doudoux

MessageSujet: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:09

J'suis bien partie, j'termine de tout poster...
Voici ma longue fic. Je met chapitre par chapitre dans un post différent. Je verrais à quel chap, je me fatiguerai de poster et je publierai le reste après.
_____________________________________________________________

Dominic se réveilla brusquement. Les yeux grands ouverts, le souffle saccadé, il sentait son cœur battre frénétiquement. Il s’exhorta au calme tout en jetant un coup d’œil vers la fenêtre. Les lourds rideaux empêchaient la lumière de filtrer mais il devait être tard s’il en jugeait par les quelques rayons qui se faufilaient à travers le tissu.

C’est à ce moment qu’il ressentit la masse chaude et endormie près de lui. Il tourna sa tête vers la droite et tomba nez à nez avec une longue chevelure brune. Il eut un petit sourire et de sa main libre repoussa les boucles pour admirer le visage caché en dessous. Elle dormait à poings fermés, son visage éclairé d’un doux sourire. Dominic ne pouvait s’empêcher de la contempler. Il l’avait trouvé belle et avait été attiré par elle dès le premier regard échangé. Tout au long du tournage, ils s’étaient rapprochés, devenant des amis intimes. Leurs personnages étant assez liés, ils se retrouvaient souvent l’un face à l’autre et ils éprouvaient un réel plaisir à jouer ensemble. Leur complicité s’était intensifiée. Et tout avait dérapé…

Un baiser puis des rendez-vous qui n’avaient plus rien d’amicaux. Et hier soir…

La veille, ils avaient franchi une nouvelle étape dans leur relation. Dom balayait la chambre du regard. Rien ne laissait planer le doute sur ce qui s’était passé. Ses yeux se posèrent sur la table de chevet. Là, un cadre était renversé face contre terre.

Il se sentit asphyxié, étouffé par une sourde culpabilité qui montait en lui. Des bribes de son cauchemar revinrent à la surface. Il paniqua. Tout son être, tremblant de la tête au pied, lui criait de fuir, de s’éloigner de ce lit. Mais il devait se calmer. Il lança un coup d’œil à sa compagne. Il ne devait pas la réveiller, il ne voulait pas qu’elle se réveille. Il ne voulait pas avoir à lui parler, à lui sourire, à lui mentir. Pas maintenant, pas dans cet état.

Doucement, le jeune homme repoussa les draps et sans réveiller sa partenaire, s’extirpa du lit. Elle émit un soupir satisfait, et il retint sa respiration. Elle se retourna mais elle ne donnait pas le moindre signe de réveil. Sans plus se soucier d’elle, le jeune homme se précipita dans la salle de bain. Lentement, il referma la porte et se permit à respirer à nouveau. Se retournant, il se confronta à son reflet dans le miroir.
« Tu n’as pas la tête d’un gars qui vient de faire l’amour pour la première fois avec sa nouvelle copine… » se dit-il silencieusement.

Plutôt celle de quelqu’un qui aurait vu un fantôme !

Il se dirigea vers la cabine de douche. Il fit tourner les robinets pour régler l’eau.

Ne plus penser. Il entra dans la cabine. Se laver. Se purifier. Il prit du gel douche qu’il fit couler dans ses mains et se frotta énergiquement. Oublier. Effacer. Il tourna le robinet pour avoir une eau plus chaude. Gommer les derniers instants …les dernières pensées…son cauchemar.

Mais tout se bousculait dans sa tête alors qu’il aurait voulu y faire le vide.

Des souvenirs de la nuit jaillirent alors qu’il passait son visage sous l’eau. Il n’avait pas prévu ce qui était arrivé. Ils avaient juste décidé de se retrouver chez Dom pour regarder un DVD, devant une pizza et une bière. Une petite soirée tranquille en amoureux. Ils auraient flirté sur le canapé, rigolé puis il l’aurait raccompagnée chez elle. Mais en ouvrant la porte, il avait vite compris qu’elle avait d’autres idées en tête. Oubliés le DVD, la pizza et les bières. Ils avaient atterri dans la chambre de Dominic. Et il n’avait pas pu lui résister, ne pouvait rien refuser à ses beaux yeux verts, voilés par le désir.

Il se rappela alors d’autres yeux verts, des yeux qu’il avait chéri et qu’il chérissait encore. Ils hantaient chaque minutes de sa vie. Il était poursuivi par ces yeux, qui n’exprimaient que colère et mépris, tel qu’il les avait vu pour la dernière fois. Un long sanglot déchira l’air et Dominic se rendit compte qu’il pleurait.
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Gred
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:10

Elle se réveilla. Un bruit extérieur avait interrompu son sommeil. Et il continuait. Elle tourna la tête vers la porte de salle de bain : le son de l’eau. Dom prenait une douche. Il n’avait pas dû vouloir la réveiller. Quel amour ! Quelques idées lui vinrent à l’esprit et elle sourit. Pourquoi ne pas aller le rejoindre ? Elle quitta le lit, se dirigea vers la salle d’eau et ouvrit silencieusement la porte pour surprendre Dominic.

Alors qu’elle allait entrer, elle l’entendit sangloter. Elle se figea. Concentrée, elle cherchait à percevoir d’autres bruits. Il pleurait intensément si elle se fiait aux longs sanglots et aux reniflements qu’elle entendait. Timidement, elle se risqua à passer la tête par la porte ouverte pour regarder à l’intérieur de la pièce. A travers la vitre de la cabine, elle pouvait distinguer la silhouette de son amant. Il était assis, recroquevillé sur lui-même, la tête basse, le jet d’eau lui fouettant le dos. Elle pouvait même apercevoir les soubresauts de son corps, à chaque nouveau sanglot. Sa peine avait l’air si infinie et ses sanglots semblaient ne pas vouloir se tarir.

Plus perdue que jamais, elle se retira et referma la porte. L’actrice alla s’asseoir sur le lit, du côté où Dom avait dormi. Elle caressa délicatement l’oreiller qui paraissait encore chaud. Elle ferma les yeux et repoussa les souvenirs de la veille de peur de pleurer elle aussi. Elle se sentait salie, rejetée, par la scène à laquelle elle venait d’assister. Quels sombres tourments emplissaient l’âme de Dominic pour qu’il réagisse de la sorte alors qu’ils venaient juste de ….

Détournant la tête, elle aperçut le cadre sur la table de chevet. Elle se remémora que Dom avait effectivement fait un geste vers cet endroit lorsqu’ils s’embrassaient mais elle avait pensé qu’il cherchait un préservatif. D’une main tremblante, elle prit le cadre, certaine d’y rencontrer le visage de celle qui mettait son ami dans ce triste état. Mais elle se trouva encore plus égarée quand elle y vit Dominic Monaghan, son bras autour des épaules d’un jeune homme châtain. Ils offraient tous les deux de superbes sourires. Les yeux verts du deuxième homme pétillaient de bonheur. En regardant la photo, on sentait de manière palpable l’affection et la tendresse pure qui liaient ses deux hommes. Ils avaient l’air si heureux ensemble, comme s’ils n’avaient besoin de rien d’autre pour satisfaire tous leurs désirs. Ils se complétaient totalement et le reste était superflu.

Billy Boyd. Elle l’avait rencontré brièvement quand il rejoignait Dom pour quelques jours. Sa présence signifiait généralement que l’interprète de Merry n’était plus disponible, puisqu’il passait tout son temps libre avec son meilleur ami. Il était même très possessif envers cet ami, puisqu’il ne s’éloignait jamais de celui-ci quand ils allaient à une fête du cast. Il n’était pas rare de les voir l’un près de l’autre ou bras dessus, bras dessous. Mais elle ne s’était jamais vraiment interrogée sur la relation qu’ils entretenaient.

Et alors elle se rappela du titre du TVGuide vieux de deux semaines :

« Billy Boyd et Ally se marient l’été prochain »

En couverture, on y voyait le couple se tenant par la main, les yeux tournés vers le photographe. Elle savait aussi qu’il n’y avait pas dans le regard de Billy autant de bonheur que sur la photo qu’elle tenait entre les doigts.

Elle se souvenait bien du magazine car Matthew avait fait remarquer à Dom, en souriant, que presque un mois auparavant c’était lui qui avait eu le droit à l’article en exclusivité.

« A chaque mois son acteur de LOTR », avait fini par déclarer, en plaisantant, le jeune homme.

Il n’avait pas eu l’air dans son assiette après la lecture collective de l’article et s’était même éclipsé avant la fin du tournage, prétextant une douleur quelconque. Il était revenu trois jours plus tard, sans qu’ils ne se soient vus une seule fois, durant son absence.

Elle reporta son attention sur le cadre. Les différents sentiments qui la submergeaient étaient si forts qu’elle dut fermer les yeux et elle permit enfin à une larme solitaire de rouler sur sa joue.


Quand Dominic quitta enfin la salle de bain, après avoir effacé toute trace de son chagrin, il trouva la chambre vide. Etonné et soulagé, il ouvrit la porte de la chambre et fit quelques pas dans le couloir. Il put entendre des bruits provenant de la cuisine : elle préparait le petit-déjeuner (même si l’heure était plus que tardive) tout en écoutant de la musique.

Il revint sur ses pas. Il pourrait ainsi prendre son temps pour s’habiller correctement et se composer un visage paisible et assuré. Il ne voulait pas effrayer son amie. Chassant toutes les idées sinistres qui auraient pu le remettre dans un état déplorable, il alla s’habiller.

Puis, quand, il eut fini, il se dirigea vers la cuisine. Subitement, il stoppa. De nouveau un sentiment de panique et de fuite s’était emparé de lui. Il s’appuya contre un mur et se mit à respirer profondément, souhaitant que la crise disparaisse.

« Se calmer. Tu dois enfouir tes sentiments. Tu joues un rôle, celui d’un petit-ami amoureux et heureux après une première nuit fantastique. Tu es un acteur, tu peux réussir. Et elle le mérite. Pas la loque que tu étais il y une demi-heure. Elle te fait confiance, ne la déçois pas. Tu ne peux pas la décevoir. Tu ne peux pas passer ta vie à décevoir ceux que tu aimes et qui maintenant te méprisent…L’image de Billy furieux et blessé lui traversa l’esprit. Ne pas craquer. Plus tard quand elle sera partie, quand tu seras tout seul. »

Seul, c’est ainsi que le jeune Monaghan se sentait. Il avait été condamné à la solitude quand Billy s’était retiré de sa vie.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:11

Dominic entra dans la cuisine.

Sur la table, qui trônait au milieu de la pièce, se trouvait les vestiges d’un petit-déjeuner : il y avait de nombreuses tasses vidées de leurs contenus, des assiettes et des verres variés. Une odeur de café et de toasts vint chatouiller les narines du jeune anglais, qui sentait son appétit se réveiller. D’ailleurs, son ventre se rappela à lui en émettant un bruit incongru.

Ce qui fit se retourner l’homme qui rangeait les couverts dans le lave-vaisselle. Avisant Dom, il lui sourit et s’exclama :

« - Bonjour, la marmotte. Tu as bien dormi ?
- Salut Billy ! »

Dominic lui répondit par un sourire mutin, éclatant d’insolence. Il s’approcha de l’Écossais qui s’était relevé et le prit dans les bras. Puis, il finit par lui déposer un petit baiser sur sa joue. Il était heureux de revoir son ami, après une si longue séparation. Depuis, la fin de l’aventure du Seigneur des Anneaux, ils s’étaient retrouvés régulièrement, aménageant spécialement leurs emplois du temps mais ces occasions s’étaient raréfiées. Et même s’ils se parlaient régulièrement au téléphone, il ne se sentait complet que lorsque son ancien compagnon de tournage était près de lui, physiquement. Il ne se lassait pas alors d’admirer son visage et ses expressions durant leurs conversations et de le toucher et de caresser sa peau douce, qu’il connaissait assez bien.

Il s’était réjoui de pouvoir passer les fêtes de fin d’année avec ses amis. Mais Billy lui avait particulièrement manqué et il pensait avec nostalgie à leurs virées à deux à Wellington.

L'Écossais, après s’être détaché lentement, était allé lui verser une tasse de café qu’il lui tendit, puis mettre des tartines à griller. Dom le remercia.
Indiquant le désordre de la table, il demanda à son ami :

« - Où sont les autres ?
-Ils sont allés sur la plage pour surfer. Ils ont voulu t’attendre mais en voyant que tu ne te réveillais pas, ils se sont décidés à partir. Personne n’a osé te réveiller, tu peux réellement être abject quand on trouble tes douze heures de sommeil par nuit ! »

Billy éclata de rire. Dominic se contenta de grimacer et de tirer la langue à l’Écossais, qui riait encore plus fort.

« - Et toi, Bill, pourquoi n’es-tu pas parti avec eux ? Non, ne me dis rien ! » déclama le jeune homme, couvrant ses yeux du revers d’une main et l’autre tendue vers son ami, avec emphase. «Tu ne pouvais pas partir en laissant ton merveilleux partenaire, le meilleur de tous, le dieu du surf, le…
- Dans tes rêves, Monaghan ! » le coupa le châtain, tout sourire.

Ils se fixèrent, souriant largement, se perdant dans les yeux l’un de l’autre. Ce fut Billy qui, détournant la tête, rompit le lien. Il semblait vouloir dire quelque chose mais il n’arrivait pas à se lancer. Dom, pour l’encourager, posa sa main sur son bras et l’entraîna à sa suite pour s’asseoir à la table, vidée et nettoyée par l’Écossais. Il posa devant lui sa tasse et une assiette contenant des tartines.

« Je suis resté parce que je voulais te parler seul à seul, sans être dérangés par les autres. »

Dom lui fit un petit sourire pour qu’il continue à parler.

« - Bonne ou mauvaise nouvelle, Billy-Boy ?
- Bonne nouvelle ! Enfin, normalement, tu devrais penser que c’est une bonne nouvelle… »

Le blond leva un sourcil étonné. Un petit pincement dans son ventre se manifesta et il se doutait qu’il n’allait pas prendre cette nouvelle comme quelque chose qui puisse être bon.

« - Tu sais Dommie, je vais bientôt avoir quarante ans. J’ai déjà construit beaucoup d’aspects de ma vie que ce soit professionnel, grâce au Seigneur des Anneaux, affectif puisque j’ai de très bons amis ( il gratifia Dom d’une brève caresse dans le dos ) ou sentimal, grâce à Ali… Euh… ( l’Anglais comprit alors que ça avait à voir avec la jeune femme ). Je suis arrivé à un moment de ma vie où j’ai besoin de me poser, de profiter de ce que j’ai bâti, de m’engager… ( il hésita ) … de créer un foyer…(il s’arrêta).
- Qu’est-ce que tu essaies de me dire Billy ? » demanda Dom mécontent.
Il en avait assez qu'il tourne autour du pot.

Ce dernier commença à le regarder dans les yeux mais il baissa rapidement la tête pour se concentrer sur la table puis finit par dire :

« Je vais me marier, Dom. Je vais me marier avec Ali, cet été. »

Le blond qui avait porté un morceau de toast dans sa bouche, stoppa net et sentit un goût de cendres envahir sa bouche. Il manqua de s’étouffer et alla tout recracher dans la poubelle. Billy n’osait plus tourner les yeux vers lui. L’interprète de Charlie se planta devant lui.

« Tu vas te marier ? » demanda-t-il incrédule.

Billy, rassemblant son courage, affronta le regard bleu de son meilleur ami :

« Oui » affirma-t-il, d’un air résolu. Puis poussant un petit soupir. « Tu ne pourrais pas te réjouir pour moi ? » dit-il presque silencieusement. Dom ne l’entendit même pas.

« - Tu ne peux pas te marier ! répliqua le blond, comme si c’était une évidence.
- Et pourquoi ? » Billy ne paraissait pas être surpris par l’attitude de son ami et affichait même une mine lasse.

« Pa-pa … parce que… tu-tu » bégaya l’anglais.

Parce que tu ne peux pas m’abandonner ! Parce que tu ne lui appartiens pas !

Dom ferma les yeux, décontenancé par ses propres pensées. Il n’osait les formuler à voix haute de peur de choquer l’autre homme. Il sentait des larmes de rage et d’impuissance monter en lui.

« Tu ne peux pas l’épouser parce qu’elle ne te mérite pas ! » dit-il du ton buté d’un enfant à qui l’on refusait un jouet.

Billy, tout à la fois agacé et légèrement amusé, leva les yeux :

« - Dominic, t…
- Non, le coupa-t-il brutalement pour lui asséner: elle ne te mérite pas! Elle n’est pas faite pour toi !
- Je te rappelle que je suis avec elle depuis quatre ans et que tu l’as toujours trouvée parfaite pour moi.
- Peut-être avant, quand elle n’était qu’une petite amie parmi d’autres… Mais ce n’est pas le genre de fille avec laquelle il faut se marier, elle n’est pas faite pour un engagement pareille, e… »

Billy, loin d’être maintenant amusé, était de plus en plus exaspéré par le comportement puéril de son ami.

« - Arrête ! Tu parles de la femme que j’aime ! »

Dominic ne se laissa pas démonter, même s’il ressentit une pointe de douleur en entendant la phrase de l’Écossais. Il changea de tactique.

« - Et depuis quand crois-tu au mariage ? Tu m’as toujours dit que tu ne voulais pas te marier. Que fais-tu de tes beaux discours sur « ce bout de papier obsolète créé par l’Église pour asseoir sa pensée moralisatrice et nauséabonde … »
- Dom, pourquoi dois-tu tout compliquer ? M’as-tu seulement écouté ? Je ne te parle pas du passé ! Même si ce n’est pas si ancien, j’ai changé, j’ai mûri, évolué ! Je veux m’engager et Ali aussi. Je crois qu’elle a d’ailleurs assez attendu que je me décide. »

Billy expira doucement.

« Tu sais bien, et mieux que quiconque, à quel point j’aspire à retrouver un vrai foyer, à retrouver une famille. Ali me donne la chance d’en construire une, d’en avoir une à moi. Et c’est la seule qui me le propose. J’en ai besoin, Dom (Billy pesa tous ces mots), j’ai besoin de pouvoir compter sur quelque chose de durable, de fiable. »

Ils restèrent silencieux, chacun à un bout de la table.

« Tu as déjà une famille, un foyer. Tu nous as nous, … tu m’as moi… Je suis là, tu le sais bien… »

Il observait attentivement son meilleur ami. Ce dernier faisait de même, calmement. Ses yeux étaient fixés sur lui, il cherchait quelque chose en lui. Il y avait aussi au fond des ses orbes verts une lueur que l’anglais n’arrivait pas à identifier mais qui lui laissait de l’espoir. Il pourrait peut-être le faire changer d’avis.

« Explique-moi ! Qu’est-ce que tu veux dire ? » chuchota presque Billy.
« Moi aussi je peux t’offrir ce foyer. » Il sentait presque la brûlure du regard inquisiteur de son ami. « Je suis ton meilleur ami, Bill. Je t’aime énormément, tu es comme… comme un frère pour moi. J’ai tant à te donner. Mon amitié est ton foyer. Je sais ce qu’il y a de mieux pour toi et te marier avec Ali n’est sûrement pas une bonne idée. Tu ne peux pas te restreindre à une vie étriquée, avec une femme et des marmots. Ce n’est pas une vie pour toi.»
Billy avait reculé, l’écoutant attentivement. Il avait fermé les yeux, la tête baissée, comme résigné. Dom continuait à se battre. « Putain, réfléchis bien Billy ! Tu mérites tellement plus ! Pourquoi est-ce que tu ne restes pas encore après le départ des autres. Ici c’est le paradis et tu serais avec moi. Hawaï : le soleil, la plage, le surf et les filles ! C’est ça la vie ! » Il souriait, essayant de montrer une assurance qu’il était loin de véritablement ressentir.

Billy avait fini par se détourner complètement de l’autre acteur. Il resta silencieux. Bien qu’il ne bougeait pas, l’Anglais sentait que son ami était en train de s’éloigner de lui. Il se sentait déchiré. Il comprenait qu’il attendait quelque chose de lui mais il n’arrivait pas à déterminer ce dont il s’agissait.

« La mer, le soleil, les filles !?! C’est tout ce que tu as à m’offrir, Dominic ? »

Il n’était pas en colère, ni triste. Il semblait déconnecté de tout affect. Il analysait froidement la situation, pragmatique.

« Je te parle d’engagement, d’une foyer à bâtir, de quelque chose de concret, du futur et toi… tu me parles de vent, de choses superficielles et éphémères. J’ai déjà eu toutes ces choses, et je ne m’en satisfais plus. Ce n’est plus de ça dont j’ai besoin. Ali, elle, me propose plus. Et, contrairement, à ce que tu crois, elle est faite pour le mariage, pour avoir une famille. »

Il secoua la tête.

« Tu n’as rien à m’offrir, Dom. »

Il avait parlé doucement, sans accusation, presque tendrement.

Mais ces mots écorchèrent le cœur du jeune Monaghan. Il avait l’impression de perdre son ami. Il se rendait compte d’ailleurs que ce n’était pas qu’une impression. Billy s’éloignait de lui et il était prêt à toutes les extrémités pour le récupérer, pour le retenir. Il s’approcha de l’écossais et le força à lui faire face. Les yeux de Billy exprimaient sa résolution de le quitter. Alors, sans y réfléchir, il rapprocha le corps du châtain, cherchant à se rassurer de sa présence. Il franchit la courte distance qui le séparait encore de Billy et s’empara de ses lèvres. Il investit sa bouche sans douceur.

Il voulait que Billy sache qu’il était encore là, qu’il ne pouvait pas le balayer ainsi, le laisser sur le côté. Ce baiser n’avait rien de tendre ou d’amoureux. Il y laissait transparaître toute la rage face à cette situation qu’il ne maîtrisait pas. Billy devait savoir qu’il lui appartenait.

Mais, ce dernier s’arracha à son étreinte et le repoussa avec force. Il était furieux.

« - Mais tu es malade ! Pourquoi est-ce que tu as fait ça ?
- Je pensais que c’était ce que tu voulais ! Que c’était ce que tu attendais ? Tu ne peux pas me quitter, pas comme ça…
- Et maintenant, Dom, qu’est-ce qui va se passer ? »

Celui-ci sourit, il avait une ultime chance.

« - Tu ne l’épouses pas et tout redevient comme avant. »

Il lui fit un sourire éclatant charmeur.

« - Que crois-tu Monaghan ? Un baiser, un sourire et je suis sous ton charme ? Je ne veux pas d’un simple flirt ! Es-tu prêt à renoncer à ta vie de célibataire pour moi ? Pour être réellement avec moi ? »

Le blond le regarda sans rien dire. Il ne savait pas quoi répondre, il n’avait jamais pensé à ça, se contentant de ce qu’il avait. Il ouvrit plusieurs fois la bouche pour parler, mentir même s’il le fallait mais aucun son ne sortait.

Le vert des yeux de Billy s’était obscurci par la colère et le mépris qu’il ressentait en lui.

« Tu ne peux pas jouer continuellement avec moi ! Je ne suis pas une de ses filles que tu peux charmer et jeter tout de suite après. Je pensais que tu avais plus de considération pour moi. Je me trompais lourdement. Comment oses-tu encore parler d’amitié après ce que tu viens de faire ? Tu es abject » cracha-t-il finalement.

Dominic essayait de nier mais son ami ne lui laissait pas le temps de parler, quittant la pièce rapidement. Il voulait le suivre mais il se sentait comme paralysé par le dégoût qu’il avait ressenti dans la voix et les mots de Billy.

Le reste du séjour de ses amis fut une torture pour l’Anglais. Bien que Billy ne montrât aucun de ses sentiments face aux autres, il ne lui adressa plus la parole, ni même un regard, fuyant tout moment en tête à tête. La veille de leur départ, il annonça son mariage. Il fut largement félicité, ce qui acheva Dominic, bien qu’il faisait bonne figure.

Si Elijah fut étonné par la demande de Billy d’être son témoin, il se montra très honoré et remercia chaleureusement son ami. Mais il se promit de parler avec Billy car il avait ressenti le malaise qui s’était installé entre lui et son meilleur ami.

Quand ils partirent, Dominic resta seul face à ses doutes et à sa culpabilité. Il ne comprenait pas encore ce qui s’était passé dans cette cuisine mais il savait qu’il avait gâché la meilleure relation qu’il avait jamais eue avec quelqu’un.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:12

Dominic était installé au comptoir de la cuisine américaine de son appartement.

Elle était devant lui, mangeant des céréales et lisant le journal du matin. Il la regardait et admirait les boucles de ses cheveux qui retombaient en cascade sur son épaule, sur laquelle ils avaient été rejetés. En entrant tout à l’heure, il l’avait trouvée devant l’évier, en train de laver des tasses, pour y verser le café. Il l’avait enlacée et embrassée dans le cou. Il lui avait souri et avait même un peu discuté avec elle. Il avait tout fait pour qu’elle ne note pas son malaise.

Elle lui avait versé du café et préparé des toasts. Il s’était alors assis au comptoir pour ne pas la gêner. C’est quand elle lui tendit le café et une assiette avec des toasts qu’elle le regarda pour la première fois depuis son arrivée. En croisant ses yeux, il sut alors qu’il y avait un problème. Était-ce dû à ce qu’ils avaient fait hier soir ? Il ne savait pas quoi penser, il était lui-même trop troublé par ce qui s’était passé au réveil et, surtout, par ce qu’elle venait de faire. Les mêmes gestes que Billy ce matin-là. Les mêmes yeux qui le regardaient avec appréhension, redoutant la prochaine discussion.

Dom soupira bruyamment. Il venait de se lever mais n’avait qu’une envie, aller se recoucher et tout oublier, tous les oublier, Billy, elle et leurs maudites discussions…

Elle ne lui avait pas encore parlé. Elle ne savait pas comment amorcer cette conversation. Elle était là à faire semblant de s’intéresser aux informations sur le monde, bien que toute son attention était porté aux moindres gestes de son compagnon. Elle le voyait du coin de l’œil qui portait sa tasse à la bouche pour boire son café ou qui émiettait son toast, au lieu de le manger. Quant il soupira, elle releva la tête. Et, elle rencontra ses yeux bleus où se mêlaient la souffrance et la colère. Cela ne dura qu’un instant, car Dominic se leva pour aller chercher la cafetière. Elle fronça les sourcils. Il lui tournait le dos, elle ne voyait donc pas que ses mains tremblaient et qu’il dut se reprendre à deux fois pour verser correctement le liquide dans la tasse beige. Elle ne comprenait pas qu’il puisse être en colère. N’était-ce pas elle qui devrait l’être ? Il s’était servie d’elle pour oublier un autre ! N’écoutant plus sa raison, qui lui criait de ménager son ami, elle lui dit :

« Je t’ai vu tout à l’heure. »

Les épaules de Dom s’affaissèrent comme si on venait de lui porter un coup. Toujours de dos, elle ne put voit l’expression de son visage. Un rictus de peur s’y était inscrit. Il essaya de le chasser, en faisant des gestes lents.

Poser sa tasse. Remettre la cafetière sur son socle. Prendre du sucre. En mettre dans son café. Remuer. Respirer. Doucement. Lentement. Se laisser le temps.

Après, s'être recomposé un visage neutre, il se retourna doucement vers son amie mais il se rendit vite compte que ses jambes ne pourraient pas le porter jusqu’à sa place. Il se décida de rester là, face à elle, debout et s’accouda au plan derrière lui.

« Je ne comprends pas ce que tu veux dire ? Vu quoi ? »

Il lui fallait nier pour découvrir ce qu’elle avait vu, si elle avait tout vu.

Elle eut envie de lui crier dessus, tout ce qu’elle avait en elle, toute cette souffrance, à quel point elle se sentait salie mais alors, elle nota les doigts de l’acteur, ceux de la main qui tenait la tasse. Leurs jointures étaient blanches, ce qui n’était pas étonnant vu la force avec laquelle il s’agrippait à cette tasse. Il semblait calme et détendu mais, en réalité, toute la tension qu’il ressentait se concentrait sur cette main, sur ces doigts, autour de la tasse. Elle se dit que s’il était poussé à bout, il pourrait bien la serrer au point de la briser. Elle comprit alors qu’il était vraiment très mal, plus qu’il ne voulait lui montrer et qu’elle devait le soutenir. Bien qu’elle se sentait trahie, il restait son ami et il avait su l’aider quand elle en avait eu besoin, elle devait lui laisser le bénéfice du doute.

Elle le regarda et, doucement, pour ne pas l’effrayer, elle lui dit :

« Dominic, tu n’as pas besoin de faire ça ! Ne fais pas celui qui ne sait pas de quoi je parle ! Je ne suis pas idiote, laisse-moi…laisse-moi t’aider ! Je-je t’ai vu ce matin, sous la douche. Est-ce que j’ai réellement besoin de te dire ce que j’ai vu ? As-tu réellement envie de l’entendre ? As-tu réellement envie que je te dise que j’étais là dans la salle de bain, quand tu…
- Arrête ! Je sais, je sais »

Dom s’était retourné, plié en deux, il lâcha presque sa tasse, qui se posa bruyamment sur le plan, près de l’évier. Il avait envie de partir, fuir le regard de son amie. Savoir qu’elle avait assisté à sa déchéance le remuait considérablement. Il n’avait pas voulu qu’elle le voie comme ça. Comment lui expliquer ? Jamais il ne pourrait lui dire. Jamais elle ne pourrait comprendre !

« - Je m’excuse que tu aies assisté à ça, je ne… je ne le voulais pas ! Je m’excuse ! Mais tu ne peux pas comprendre, alors il vaut mieux oublier ce que tu as vu. Je sais que…
- C’est à cause de Billy Boyd, n’est-ce pas ? »

Dom lui fit face, surpris que le nom de l’Écossais soit prononcé. Son masque était totalement tombé et elle put voir à quel point son ami avait mal. Il était si blanc qu’on aurait dit qu’il était malade. Son cœur se serra et elle regretta immédiatement de lui infliger une telle douleur. Elle se leva brusquement de sa chaise, qui en tomba avec fracas, et alla entourer la taille de l’acteur de ses bras. Il se glissa dans son étreinte, s’accrochant désespérément à son corps, recherchant un réconfort qu’il savait ne pas trouver en elle. Et alors, comme quelques temps plus tôt, il se mit à pleurer. Il ne pouvait plus s’arrêter. Elle le resserra plus fortement, attendant tout simplement.


« Tiens, voilà un verre d’eau » lui dit-elle, en le lui tendant.

Dom la remercia brièvement. Ils étaient dans le salon, l’homme assis dans le canapé. Il avait pleuré pendant longtemps. Il avait eu l’impression qu’il ne s’arrêterait plus. Quand finalement, il s’était calmé, il lui avait demandé de quitter la cuisine (elle lui rappelait de mauvais souvenirs) et il se réfugia dans l’autre pièce. Là, il avait réussi à lui raconter ce qui s’était passé ce jour-là, mais il lui parla aussi du lien qui l’unissait à son compagnon hobbit, ce qu’ils avaient vécu. Elle n’avait pas ouvert la bouche, se contentant de hocher la tête de temps en temps.

Elle l’observait ; il avait l’air encore plus mal que dans la cuisine. Ses yeux étaient rougis de ses pleurs, des cernes étaient apparus sous ses yeux et sa peau était très blanche.

« Et maintenant que vas-tu faire ? »

Il la regarda et, détournant les yeux vers une des fenêtres, haussa rapidement les épaules.

« Que veux-tu que je fasse ? Il n’y a rien à faire. Il va l’épouser… et il m’a rayé de sa vie. Depuis son départ, je n’ai eu des nouvelles que par Lij qui est son témoin. Il prépare l’enterrement de vie de garçon de Billy. Il voulait savoir si je pouvais l’aider. Mais je lui ai dit que j’étais trop occupé par la série. Je crois qu’il soupçonne quelque chose mais il ne m’a rien demandé. Je pense qu’il ne me reste qu’à accepter, aller à son mariage et faire semblant d’être heureux pour lui, pour eux. (il poussa un petit soupir désabusé). Encore faudra-t-il qu’il m’invite à son mariage, ce qui n’est pas assuré ! Je m’en veux tellement d’avoir tout fait foirer ! J’aurai dû me la fermer et prétendre que j’étais heureux pour lui ! C’est ça ce que j’aurai dû faire ! C’est ce qu’il attendait de moi ! Maintenant, c’est foutu. Il n’y a plus rien à faire. »

Enervée, elle se leva. Elle avait envie de prendre le blond par les épaules et le secouer pour le réveiller. Elle tenta de se calmer.

« Alors, tu vas juste continuer comme ça : aller bosser, faire semblant que tout va bien, séduire une autre nana, attendre l’invitation de mariage, leur acheter un mini-aspirateur et faire de grands sourires de béatitude stupide pendant la cérémonie ? Et, en même temps, mourir à petit feu à force de faire des cauchemars à ne plus te donner le courage de t’endormir, pleurer toutes les larmes de ton corps et te plaindre sur ton sort ! Putain, Dom ! Réveille-toi ! Tu dois te battre ! Tu l’aimes ? Alors, va lui dire ! C’est tout ce qu’il attend de toi ! »

Dom était abasourdi par le ton de la jeune femme, qui en était venue à crier.

« Je l’aime mais pas de cette façon, tu vois… Il est pour moi comme un frère et je…

- Oh, arrête de te voiler la face, Dominic » répliqua-t-elle agacée « Crois-tu que tu serais dans cet état si tu ne l’aimais pas comme on peut aimer son âme sœur, celui qui nous fait vibrer, qui nous donne envie d’être meilleur, de nous dépasser sans cesse. Celui pour qui on fait passer son bonheur avant le sien ! Dominic, tu l’aimes comme un homme peut en aimer un autre : entièrement, de toute ton âme et sans partage ! Alors, reconnais-le. Ton mal vient en partie du fait que tu n’acceptes pas que tu puisses vouloir Billy pour vivre plus qu’une amitié. Aussi grande que puisse être une amitié, ce que vous vivez tous les deux a dépassé toute limite ! Et ça, tu ne veux pas le reconnaître Dom et tant que tu ne l’auras pas accepté, tu ne pourras rien faire ! Mais réfléchis bien, peux-tu réellement vivre sans lui ? Pense à ces quelques semaines que tu as passé sans lui, loin de lui, sans même un coup de fil et une lettre et multiplie-les par toutes les semaines que tu vas vivre jusqu’à la fin de ta vie. C’est ce que tu veux ? Une vie éloigné de lui, à souffrir, à te maudire. Chaque atome de ton corps réclame sa présence ! Alors, réfléchis ! Je ne veux plus te revoir comme je viens de le faire par deux fois. Tu mérites tellement plus. J’aurais pu te le donner mais ton cœur appartient à quelqu’un d’autre. Ce serait mentir que de continuer à se voir. Je serai là pour toi, si tu en as besoin. Nous sommes amis. »

Elle finit son discours par un petit sourire. Elle s’accroupit devant lui et serra une de ses mains dans les siennes. Elle s’approcha de lui et lui donna un petit baiser sur la bouche. Puis, elle se leva, prit son sac et sur un dernier regard, quitta la pièce puis la maison. Elle laissa derrière elle, un homme embrouillé par ses propres sentiments et ses idées, mais à qui on venait d’accorder un peu d’espoir, comme ses petites rayons de soleil qui commence à transpercer, timidement mais résolument, les nuages gris dès la fin d’une tempête.

Ce ne fut que chez elle, sur son lit, qu’elle se laissa enfin aux pleurs qui obstruaient sa gorge depuis qu’elle avait rencontré les yeux verts sur ce cadre, les yeux de l'autre.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:14

Il tenait le magazine ouvert à la même page depuis quelques minutes, quand un éclat de rire, provenant de la cuisine, le fit sursauter et sortir de ses pensées. Dehors, la journée s’était obscurcie. Il pouvait voir par la fenêtre la nuit tomber peu à peu. Il soupira longuement.

Fermant et enroulant le magasine, il se leva du canapé. Il se dirigea vers l’escalier qui donnait accès au premier étage. Se faisant, il passa devant la cuisine. Là, il entendit Ali parler. Elle était en discussion avec sa mère au téléphone. Sûrement à cause du mariage. Depuis qu’il lui avait fait sa demande, elle ne pensait plus qu’à ça, ne parlait que de ça, ne rêvait qu’à ça ! Au départ, cet engouement l’avait rendu heureux. Il voulait ce qu’il avait de mieux pour elle et il pensait avoir fait le meilleur choix pour eux deux ! Mais maintenant, son attitude l’agaçait au plus haut point. Tant qu’elle ne pouvait plus lui parler des préparatifs sans qu’il sente une démangeaison au creux de la gorge pour la sommer de se taire. Il espérait que tout se calmerait d’ici quelques mois, bien qu’il se doutait que cela n’irait qu’en empirant avec la date fatidique qui approchait.

Soupirant à nouveau, Billy gravit lentement les marches qui le menèrent devant sa chambre. Ali et lui venaient d’emménager. Ils étaient tous les deux tombés amoureux de cette charmante maison et, enthousiasmés, avaient décidé de ne pas attendre d’être mariés pour y vivre. Il y avait encore quelques cartons qui traînaient dans certains coins.

Il dépassa leur chambre, passa devant une pièce qui leur servirait de bureau et de bibliothèque et devant la chambre d’ami pour se retrouver devant une porte. Il l’ouvrit. Du seuil, il regarda la petite pièce. C’était la seule à ne pas être meublée. Elle était remplie de cartons qui n’avaient pas encore été ouverts. Des choses qui pouvaient encore attendre avant d’être rangées. Elle était agréable, avec une large fenêtre qui laissait entrer de la lumière. Billy eut un pincement au cœur quand il pensa qu’elle serait d’ici quelques années (il espérait même d’ici quelques mois) une chambre d’enfant. Il imaginait déjà un petit garçon dans un petit lit l’attendant pour un bisou du soir et qui lui demanderait de lui raconter une histoire. Bien qu’il fût tard et que l’enfant aurait dû dormir, Billy n’aurait pas le cœur de refuser. Alors il lui raconterait l’histoire d’un jeune homme de petite taille qui, aidé de ses amis, avait une grande mission à accomplir pour sauver son monde. Il imaginait les yeux émerveillés de l’enfant qui peu à peu se fermeraient pour l’emmener dans le monde du jeune Frodon et de ses compagnons. Il se demandait de quelles couleurs seront les yeux de cet enfant : verts peut-être ou bleus, comme ceux de sa mère ou comme …. Il secoua la tête.

Il avança dans la pièce et doucement referma la porte derrière lui. Il appuya sur l’interrupteur qui ne lui donna qu’une faible lumière. Tout était assez silencieux. Il se dirigea vers un grand carton et s’accroupit. Dessus, il était écrit « Billy ». C’était le seul carton de la pièce qui lui appartenait. Il l’avait fait en pensant qu’il n’aurait jamais à l’ouvrir. A ce moment-là, il avait plus envie de se débarrasser de ces souvenirs que de les garder mais il n’avait pas pu se résoudre à les jeter. Il l’avait refermé avec satisfaction, ne voulant plus revoir ce qu’il y avait mis. Mais, maintenant, il se rendait compte qu’il avait réellement besoin de les voir, de les toucher et de se souvenir. De toute manière, il pensait à lui à tout moment, alors avoir ces souvenirs avec lui ou non, ne changeait pas grand-chose à son état d’esprit.

Il prit un cuteur se trouvant sur un autre carton et découpa les bandes de scotch brun qui emprisonnaient ses souvenirs. Mais, au moment d’ouvrir, il eut une hésitation. Avait-il raison de faire ça ? N’avait-il pas décidé de rayer tous ces moments pour pouvoir regarder devant lui et se construire son futur. Il eut un coup d’œil vers le magazine. Il se rappelait de sa surprise et de sa douleur en voyant l’article. Lui qui pensait qu’il avait réussi à mettre ses sentiments de côté, il était étonné de sa réaction. Depuis, en lisant l’article et en réfléchissant à ces dernières semaines, il se rendait compte qu’il ne l’avait absolument pas oublié. Il y pensait souvent. Il ne pouvait effacer ce lien qui le reliait à son ancien partenaire de tournage. Il y avait toujours quelque chose qui lui faisait se rappeler du blond. Il se disait à chaque fois qu’il devrait lui en parler ou que ça l’aurait fait se marrer … puis il se rappelait qu’il n’avait plus de contact avec lui. Et que c’était lui qui l’avait décidé !

La première chose qu’il trouva en ouvrant le carton fut le tee-shirt marron qu’il lui avait donné. Il sourit. Lui et ses maudits arbres ! Cela lui rappela les longues et interminables heures qu’ils passaient en haut de Sylvebarbe. Heures qui n’avaient pas été perdues puisqu’ils avaient commencé à ébaucher leur scénario là-haut. Il eut un pincement au cœur : ce projet ne sera jamais terminé. Il continua à déballer les objets se trouvant à l’intérieur. Il y avait des vêtements, des lunettes et toutes sortes d’objets qui avaient appartenus à son ancien ami ou qu’il lui avait donné. Chaque objet soulevait un souvenir différent. Il avait cru que cela aurait été pénible de tout déterrer mais il ne pouvait s’empêcher de sourire et d’éprouver une petite chaleur agréable. Cela faisait longtemps qu’il ne sentait pas aussi calme (depuis que tu es revenu d’Hawaï ! lui rappela une petite voix pernicieuse).

Au fond du carton, il trouva ce qu’il cherchait : les photos. Il ouvrit le premier album qu’il sortit. Les photos étaient récentes, prises pour l’anniversaire de l’Anglais. Dès la première page, il fut confronté au visage qui le hantait.

« Dominic » murmura-t-il doucement, ne pouvant empêcher ce nom de s’échapper de sa bouche.

Des larmes lui vinrent aux yeux. Il avait fait une énorme bêtise, maintenant il le reconnaissait. Comment pouvait-il vivre sans lui ? Il ne savait même pas comment il avait pu supporter ces dernières semaines sans être terrassé par la douleur. La colère qu’il avait ressentie contre Dom s’était envolée depuis longtemps, pendant que l’avion le ramenant à Los Angeles décollait. A ce moment-là, il voulait juste l’oublier pour ne penser qu’à Ali et à leur prochain mariage.

Les larmes avaient fini par couler alors qu’il tournait doucement les pages de l’album. Il resta dans cette chambre longtemps contemplant chaque photo dans chaque album que contenait le carton. Il sentait son cœur se réchauffer lentement.

Quand il leva la tête pour regarder par la fenêtre, il remarqua que la nuit était définitivement tombée. Ali avait dû commencer à préparer le dîner, il devait la rejoindre avant qu’elle ne vienne le retrouver et qu’elle le découvre pleurant devant des photos de Dom. Il se rappelait qu’elle avait eu l’air plutôt satisfaite quand il avait rangé ce carton dans la pièce ou quand il lui avait annoncé que finalement Elijah serait son témoin.

Il finissait de fermer le carton quand son portable se mit à sonner. Il le sortit de la poche de sa chemise.

« Quand on parle du loup ! »

Il décrocha :

« - Salut Lij !
- Hello mon Écossais préféré ! Comment ça va ?
- Ca peut aller.
- Dis donc t’as une toute petite voix toi ? Quelque chose qui te tracasse ?
- Non, c’est rien, je suis juste crevé. J’ai eu une journée pénible (il jeta un coup d’œil au carton et au magazine posé dessus). N’oublie pas qu’ici il est plus tard que chez toi !
- Oh mais je le sais bien mon vieux ! Je peux même te dire qu’il est 20h03 précisément et qu’il fait très froid dans les rues de ta chère Angleterre !
- Comment… ? Mais tu n’es pas à L.A. ? Où es-tu ?
Elijah éclata de rire.
- Surprise ! Je suis à Londres pour la promo de mon nouveau film ! Je ne t’ai rien dit pour te surprendre. Comme tu m’as dit que tu devais venir ici pour affaire, je me suis dit que ça te ferait plaisir que de me voir.
- Oui, bien sûr. (Billy souriait largement). J’ai hâte de te voir. Tu ne peux pas savoir à quel point !
- Dis-moi, quand est-ce que tu dois venir à Londres ?
- Je pars demain dans la soirée. On pourra se voir à mon arrivée. Je n’ai des rendez-vous que le lendemain.
- Ok. Tu viens en train ou en avion ? Je pourrais venir te chercher ?
- Et provoquer une émeute de filles hystériques ? (Ils éclatèrent tous les deux de rire) Non, je viendrais te rejoindre à ton hôtel. Et on dînera ensemble. »

Elijah lui donna l’adresse de l’hôtel et ils raccrochèrent sur la perspective d’un dîner.

Billy sortit finalement de la pièce plus heureux qu’il n’était rentré. Il trouva Ali dans la cuisine qui finissait de sortir un plat du four. Elle passa tout le dîner à lui parler des préparatifs du mariage et du merveilleux pâtissier que sa mère avait trouvé pour créer leur gâteau de mariage. Tout ce babillage n’agaça même pas Billy, tout heureux qu’il était de pouvoir revoir l’un de ses amis, et peut-être recevoir des nouvelles de Dominic.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:16

Le restaurant de l’hôtel était agréable. De plus, comme c’était la basse saison pour le tourisme, peu de tables étaient occupées. Ce qui satisfaisait Billy et Elijah, peu désireux de se prêter au jeu de la célébrité.

Ils s’étaient retrouvés un peu plus d’une heure auparavant. Billy venait d’arriver dans sa chambre quand il avait appelé Elijah et l’avait invité à le rejoindre. Ils avaient décidé de ne pas sortir de l’hôtel pour dîner, car Billy était plutôt crevé par son voyage.

Après avoir commandé et s’être fait servir une bouteille de vin, le jeune américain se tourna vers son ami :

« - Au fait tu m’as parlé de tout sauf de ton mariage ! Comment se déroulent les préparatifs ?
Billy poussa un long soupir.
- Tu ne t’adresses pas à la bonne personne pour ça ! (Elijah fronça les sourcils, étonné) C’est à Ali qu’il faut poser la question, elle s’occupe de tout et elle sera ravie de trouver une personne qui n’en a pas encore marre de parler mariage ! »

L’Américain éclata de rire devant la mine agacée de son ami. Billy sourit.

« - Si tu devais vivre avec une obsédée du mariage, tu ne rirais pas ! »

Elijah eut une petite moue de compassion et tapota gentiment l’épaule de l’Écossais.

« - Mais ne parlons pas de moi ! Tu as eu des nouvelles de … (Billy hésita un peu, il contempla son verre de vin) … de Sean », reprit-il, portant le verre à sa bouche.

Elijah n’était pas dupe, il savait que ce n’était pas de cet ami-là dont l’Écossais voulait des nouvelles. Il savait aussi que le nom de l’Anglais finirait par arriver dans la conversation, quitte à ce qu’il lance le sujet lui-même !

« - Sean ? Bien sûr ! On s’est revu il y a une semaine. En fait, il m’a annoncé une bonne nouvelle ! Christine est à nouveau enceinte !
- C’est vrai ? Il faut absolument que je les appelle pour les féliciter ! En ce moment, j’ai tellement bossé que je n’ai même pas eu le temps d’appeler mes amis. Je crois qu’il a essayé de me joindre mais il n’a pas laissé de message.
- Il voulait peut-être te le dire de vive voix !
- Oui, sûrement. Je suis réellement heureux pour lui ! Et les autres, comment vont-ils ? »

Elijah allait répondre quand le serveur arriva pour leur servir du pain. Il le remercia d’un sourire.

« - Tout le monde va pour le mieux, je crois. En fait, je n’ai revu que deux personnes depuis la dernière fois (Billy frissonna, il parlait de leur voyage à Hawaï). J’ai rencontré Orlando à une fête. Il allait bien, même s’il a rompu avec Kate…
- Oui, j’en ai entendu parler !
- Je ne crois pas qu’il aura du mal à se remettre de cette rupture. Viggo était de la fête aussi et à ce que j’ai peu voir... Ils ont repris là où ils s’étaient arrêtés ! »

Billy sourit. Il avait toujours su que ces deux-là se remettraient ensemble. Quand ils s’étaient séparés, après le tournage, ils étaient restés amis mais l’Écossais avait toujours senti qu’ils étaient encore amoureux l’un de l’autre.

« - Et puis, j’ai revu Dom. »

Billy hocha la tête. Soudainement, sa bouche s’était asséchée. Il n’arrivait pas à sortir un seul son. Son cœur battait frénétiquement. Il aura peut-être des réponses à quelques questions qui trottaient dans sa tête.

« - Tu ne veux pas savoir comment il va ? »

Elijah le fixa, le scrutant de ses yeux bleus. Billy se sentait transpercé par son regard, comme si son ami pouvait sonder ses pensées les plus secrètes. Incommodé, il baissa les yeux et repris son verre de vin pour s’éclaircir la gorge (« A ce rythme, je serai complètement saoul avant la fin du dîner ! »).

« - S-si si », réussit-il à borborygmer.

L’américain l’observait toujours mais l’interprète de Pippin gardait son regard obstinément tourné vers son assiette.

« - Il va bien », finit par lâcher l’autre. « Et puis, j’ai eu des nouvelles de John et de Ian aussi. John est… »

Étonné, Billy leva les yeux vers son ami qui continuait à lui donner des nouvelles des deux acteurs. C’était tout. Il aurait pourtant cru qu’il aurait insisté pour savoir ce qui c’était passé entre eux. Et il espérait en savoir plus sur l’état d’esprit et la vie de Dom de ces dernières semaines. Bien qu’il adorait Ian et John, ce n’était pas d’eux qu’il voulait parler.

« - Tu pourrais faire semblant de m’écouter quand même ! »

Elijah lui sourit, amusé.

« - Je sais à quoi tu penses ou je devrais plutôt dire à qui. »

Billy lui retourna son sourire, penaud.

« - Est-ce qu’il va réellement bien ? »

L’Américain détourna les yeux en instant et soupira. Quand il reporta son attention vers l’Écossais, celui-ci put voir le dilemme auquel était confronté son ami se refléter dans ses yeux.

« - La vérité, s’il te plaît.
- JJ Abrams l’a envoyé à Los Angeles pour qu’il aille voir un médecin spécialiste dans les insomnies. Il a dû suivre une batterie de tests parce qu’il a aussi perdu beaucoup du poids. Ce qui est assez normal pour un survivant dans une île déserte, n’est-ce pas ? Mais moins pour un homme bien payé et de bonne constitution. Quand je l’ai vu, je ne l’ai pas tout de suite reconnu, il était très pâle. Il a essayé de me faire croire à une maladie chopée dans son île mais je ne suis pas aussi poire. »

Billy avait posé les couverts près de son assiette. Il n’avait plus faim. Il sentait les larmes en lui qui ne demandaient qu’à sortir. Qu’avait-il fait encore ? Son meilleur ami souffrait. A cause de lui, de son égoïsme. Il avait voulu l’effacer de sa vie, oublier tout ce qui était entre eux. Il ne s’était pas rendu compte que ça tuerait Dominic. Il alla à nouveau verser du vin dans son verre mais Lij arrêta son geste et reposa la bouteille.

« - Il ne m’a pas dit tout ce qui c’était passé entre vous. Il m’a juste parlé d’une dispute au sujet du mariage. Si j’ai bien compris, il t’a demandé de ne pas te marier et de rester avec lui. Après, il m’a juste dit qu’il avait une grosse bêtise, sans me dire ce que c’était. En tout cas, il en semblait désolé. Et dévasté par ce qu’il a fait. (Il eut un silence) Ecoute Billy, je ne sais pas ce qui c’est passé mais tu pourrais peut-être…
- Il m’a embrassé. »

L’Américain resta interdit un moment, fixant Billy :

« - Il t’a embrassé ?
- Il m’a embrassé (Le jeune homme devant lui secoua la tête, légèrement amusé). Ce n’était pas un baiser très agréable. Il était violent, rempli de rage et de frustration. Comme s’il essayait de me marquer, je ne sais pas si tu comprends… Enfin, j’aurai cru… Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas agir comme ça avec moi. Cela m’a rendu si en colère. »

Cette colère, il la ressentait réaffluer en lui mais cette fois-ci dirigée contre lui-même.

« - Ce n’est pas ce à quoi tu t’attendais n’est-ce pas ?
- Je ne sais pas ce que j’attendais de lui. Pas cette réaction, en tout cas. »

Elijah ne semblait pas réellement convaincu mais il ne voulait pas brusquer son ami. Il s’était juré à lui-même après avoir vu l’état de Monaghan qu’il ferait tout en son pouvoir pour que ses deux amis se retrouvent. Il appela le serveur pour qu’il desserve la table et apporte le menu des desserts. Ainsi Billy pouvait faire une pause et se remettre de ses émotions.

« - Bill, je sais que je n’ai pas la même relation avec toi que celle que tu as avec Dom. Mais je te considère comme l’un de mes meilleurs amis. Tu sais que tu peux tout me confier, n’est-ce pas ? Je ne crois pas me tromper en disant que tu as envie de parler et que c’est la raison pour laquelle tu es ici. Alors, n’hésite pas. Je t’écoute. »

Le châtain n’avait pas regardé Lij pendant son discours. Il fixait toujours la carte. Il se sentait encore plus confus que ces dernières semaines. Et il avait besoin de parler, de sortir tous ses sentiments qui se bousculaient en lui et qui menaçaient de le rendre fou. Il posa le menu et d’une voix calme, qui tranchait avec son chaos intérieur, il prit la parole :

« - Cela fait déjà quelques temps que je me pose des questions sur ce que je veux faire de ma vie future. Grâce à mon travail dans « Le seigneur des Anneaux », ma vie s’est stabilisée et j’ai pu me lancer dans divers projets. Je me croyais totalement heureux et puis, peu à peu, je sentais que quelque chose me manquait. Tout ce qui faisait ma vie ne me satisfaisait plus : le travail, les voyages, les fêtes… et même ma relation avec Dom. Et puis, je voyais aussi qu’Ali n’était pas si heureuse que ça. Elle adorait passer du temps avec ses amies mariées et leurs enfants, les gardant ou les amenant en balade. Moi-même, je me suis surpris à aimer leurs compagnies et même à la rechercher. Je savais qu’Ali pensait au mariage bien qu’elle n’osait rien me dire. Avant, ça me dérangeait et je m’empressais de la faire changer d’idées. Et puis, j’ai commencé à réfléchir sérieusement au sujet. »

Le serveur vint les voir pour leur commande. Finalement, aucun des deux ne pouvant rien avaler, ils se contentèrent de demander des cafés. Quand l’homme s’éloigna, Billy reprit :

« - J’ai bientôt 37 ans et je veux une famille. J’ai pleins d’amis et une copine géniale mais j’ai envie de fonder quelque chose à moi. Retrouver un foyer, comme celui que j’avais avant la mort de mes parents puis avec ma grand-mère. J’ai envie d’avoir des enfants et de les voir grandir. Et j’aime Ali. Je savais qu’elle ferait une bonne mère et une bonne épouse… »

L’Écossais s’arrêta. Le café leur fut servi. Lij l’observa :

« - Mais il y avait Dom, n’est-ce pas ? »

Billy sourit. Dom. Toujours Dom. Son Dom.

« - Votre lien a toujours été plus loin qu’une simple amitié.
- Je savais que je n’avais rien à attendre de son côté. Même si Dom m’aime beaucoup, il ne me verra jamais que comme un frère. Je ne lui en veux pas. Je l’apprécie trop pour ça. Mais notre lien ne me satisfaisait pas. Je voulais tellement plus. Et lui… Quand je lui ai parlé de mon mariage et de mon envie de fonder une famille, il n’a pas compris. Moi, je le savais. Qu’on s’était éloigné. Nous n’avons pas évolué vers les mêmes chemins. C’est peut-être parce que je suis le plus vieux, je ne sais pas. Mais il ne peut pas m’offrir ce que je souhaite. Enfin, c’est ce que je pensais. Et d’une certaine manière, je le pense encore mais… (Billy soupira. Une vanne s’était libérée en lui et il avait besoin de déverser tout ce qu’il y avait). J’ai cru faire le bon choix. Je n’avais pas pensé par contre que Dom réagirait si vivement. Je savais qu’il aurait du mal à se faire à l’idée de mon mariage mais je ne m’attendais pas à ce qu’il m’embrasse. Et ce n’était pas un réel baiser. J’ai eu si mal après. Il s’est servi de ça pour me faire rester près de lui. Il a agi par pur égoïsme et par possessivité.
- Alors que tu aurais préféré qu’il agisse par amour ? »

L’écossais acquiesça silencieusement.

« - Tu l’aimes. »

Ce n’était pas une question. Billy aurait aimé nier ou lui dire que ce n’était qu’une pure amitié mais cela ne servait plus vraiment à rien de mentir.

« - Je lui ai pardonné assez vite mais j’étais encore en colère. Je me rends compte que c’était vers moi que se dirigeait cette colère. J’ai fait disparaître toute trace de lui dans ma vie, profitant de mon déménagement. Je pensais que je pouvais l’effacer tout simplement pour vivre ma vie avec Ali. Mais, en réalité, c’est moi l’égoïste. Tous les jours, je la vois rayonnante à l’idée de se marier avec moi et tous les jours, je me mens en me disant que j’ai fait le bon choix pour nous deux … nous trois même. Et je sens que je pourris à l’intérieur. Je ne participe même pas aux préparatifs du mariage ; Ali ne me laisse rien faire. Et, au lieu de protester, je ne dis rien. J’ai une drôle d’impression, comme si j’étais un étranger qui bizarrement se ferait embarquer dans un sujet qui ne le concerne pas. Ali a tout choisi. C’est plus son mariage que le notre. Et c’est tout à fait ça, puisqu’au fond de moi, ce n’est pas avec elle que j’ai envie d’être. Je ne me le suis avoué que le jour où tu m’as appelé. J’ai agi comme un lâche et comme un égoïste avec elle. Je lui ai fait une promesse que je ne peux tenir. Et elle mérite tellement mieux qu’un gars qui pense à une autre personne chaque minute que Dieu fait.
- Alors, qu’est-ce que tu vas faire ?
- Rentrer à la maison et réparer mes bêtises. Je vais parler à Ally. Elle me haïra et elle me jettera de sa vie. Ça me fait mal de penser que je vais la perdre. Mais ça me fait encore plus de me dire que je vais lui gâcher la vie. Comment pourrait-elle être heureuse avec moi ? Même si je suis un bon acteur, je me vois mal lui mentir jusqu’à la fin de ma vie. Et qu’est-ce que je dirai à mes enfants ? Je préfère qu’elle me quitte pour qu’elle puisse construire sa vie ailleurs que de regretter de l’avoir rendue malheureuse.
- Et pour Dom ? »

Billy contemplait le fond de sa tasse, comme s’il y cherchait la réponse à la question d’Elijah. Une longue minute s’écoula.

« - Je-je ne sais pas. Il va mal et je reconnais que c’est de ma faute. Mais, …j’ai peur d’aller le voir.
- Pourquoi ?
- Je sais qu’il a rencontré quelqu’un et je ne sais pas si je pourrais supporter de le voir avec elle.
- Rencontré quelqu’un ?
- Oui, j’ai lu un article dans un magasine, sur eux. Il s’agit d’une des actrices qui jouent dans la série. Elle est très belle. Il a de la chance. »

Elijah fronça les sourcils.

« - Tu sais tu ne devrais pas croire ce que disent ces feuilles de choux.
- Je sais mais tu aurais vu les photos ! Il était si proche d’elle. C’était presque comme avec moi ou avec toi ou un autre membre du cast. Ce ne peut pas être juste une amie.
- C’est bizarre parce que Dom ne m’en a pas parlé. Je crois qu’il me l’aurait dit. Et puis, il n’avait pas la tête de quelqu’un qui était heureux en amour. »

Il savait qu’il ne le devait pas mais il se sentait heureux en entendant les paroles de l’Américain. Il ne savait pas s’il devait y croire ou non mais il était soulagé de savoir que Dom était seul, qu’il ne l’avait pas remplacé. Il prit pleinement conscience de ses pensées et se flagella mentalement, sous le regard inquisiteur d’Elijah. Comment pouvait-il se réjouir de l’état de son meilleur ami. Il se sentait extrêmement fatigué. Wood le nota.

« - Je crois que tu ferais mieux de te coucher. Avec ton voyage et cette conversation, tu as eu assez d’émotion. »

Billy remercia son ami. Après qu’Elijah se soit occupé de faire mettre l’addition sur le compte de sa chambre (sous les protestations de l’Écossais), ils se dirigèrent vers les ascenseurs. Plus aucunes paroles ne furent échangées entre eux. Ils se contentèrent d’une longue accolade en guise de « bonne nuit ».

Après s’être déshabillé, Billy se coucha dans son lit. Il était tard et il était très fatigué mais il se sentait trop nerveux pour dormir. Avisant son portable sur la table de chevet, il le prit et sans même y penser, appela Dominic. Celui-ci ne devait pas être chez lui. Il lui laissa un message et posa son téléphone. Puis il éteignit la lumière. Il ne lui fallut que quelques secondes avant de s’endormir paisiblement.

« Salut Dom ! C’est Billy. Je voulais juste prendre de tes nouvelles, savoir comment tu allais. Je vois que tu n’es pas chez toi… Je… Ca ne fait rien. Bye. … (longue pause)…Tu me manques. (biiiiiiip) »

Dom réappuya sur la touche play. Il ne savait plus combien de fois il avait écouté le message mais il avait du mal à y croire. Le téléphone avait sonné pendant qu’il prenait sa douche et il n’avait pas du tout imaginé que cela pourrait être Billy. Un sourire tendre se dessina sur ses lèvres.

« Tu me manques » Son cœur se gonflait à chaque fois qu’il entendait ses mots et surtout qu’il y percevait le sincérité et le détresse du ton de la voix de son Écossais. Il regarda le ciel, le soleil perçait maintenant plus fièrement. Le beau temps revenait.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 26 Mai - 20:16

Billy regardait la maison. Il venait de rentrer de la gare en taxi. Depuis sa conversation avec Elijah, il avait imaginé mille discussions différentes avec Ali. Aucune ne l’avait satisfait. Il soupira. Il n’existait pas non plus de manière agréable de dire qu’on quittait quelqu’un, surtout quand on venait de demander cette personne en mariage. Il s’en voulait énormément. Mais il savait qu’il devait aller jusqu’au bout.

Il s’avança sur l’allée. Il pensait à ce dont il rêvait quand il avait acheté la maison : des rires enfantins emplissant les pièces, et les jeux d’eau dans le jardin. Il savait exactement où il pourrait mettre la niche du chien qu’il pensait acheter à son enfant. Aucuns de ces rêves ne se réaliseraient.

Il ouvrit la porte d’entrée et fut accueilli par l’odeur de bois brûlé. D’habitude, il aimait cette odeur, qui lui faisait se souvenir des bons moments qu’il passait au coin du feu, avec sa famille ou ses amis. Mais, aujourd’hui, celle-ci l’agressait et lui piquait les yeux.

Tout était silencieux. Billy ne savait pas si sa compagne était à la maison. Il n’osa pas l’appeler de peur de briser un silence qui lui semblait lourd et accusateur. Il laissa dans le hall son sac et se dirigea vers l’escalier, persuadé de trouver la jeune femme dans leur chambre.

« Tu m’avais dit que tu t’en débarrasserais ! »

Billy sursauta en entendant la voix d’Ali. Il se retourna vivement vers le salon. Il avança de quelques pas, écarquillant les yeux, surpris.

Elle était là, assise, par terre, près de l’âtre où crépitait un feu, son carton (qui aurait dû se trouver, fermé, dans la petite pièce du premier étage), éventré et vidé de tout son contenu, qui était éparpillé sur le grand tapis du salon.

La jeune femme le regardait fixement, de ses yeux bleus glacés. Sa bouche, qu’il avait l’habitude de voir toujours étirée par un sourire éclatant, ne formait plus qu’un pli sec.

Billy était hébété par les reproches qu’il avait perçu dans sa voix. Il savait qu’elle lui en voudrait mais pensait que cela ne commencerait pas tout de suite. Pourtant, il n’y avait pas eu ni « Bonjour », ni « J’espère que ton voyage s’est bien passé », ou encore « Tu m’as manqué, Chéri ! ». Juste des reproches.

Ali le fixait toujours, attendant une réponse. Mais Billy ne pouvait plus penser. Il ne savait plus ce qu’il devait lui dire. Tout ce qu’il savait c’était qu’elle tenait dans ses mains, des lettres que Dom lui avait envoyées. Il en chérissait chacune d’elles. Quelque en soit le contenu ; du pure délire au ton tendre du manque, en passant par le menu détail de ses journées à Hawaï, il ne voulait en perdre aucune. Il balaya l’âtre des yeux. Et si elle s’était amusée à jeter ses souvenirs dans le feu ? Pour se venger. Mais pour se venger de quoi ? Elle n’avait pas de soupçon, elle ne pouvait pas en avoir. Il n’avait jamais rien dit, jamais rien fait pour qu’elle puisse réagir ainsi. Pas encore en tout cas.

« Billy, je t’ai posé une question, j’aimerai en connaître la réponse. »

Son ton était froid, posé, mais rempli d’une rage contenue que l’homme devinait. Et, soudain, il se sentit lui aussi plein de colère. Comment avait-elle osé ouvrir ce carton pour fouiner dans ce qui lui appartenait? Même s’il n’avait pas toujours été honnête avec elle, il ne lui avait jamais manqué de respect. Il se sentait violé, humilié, en voyant ses effets personnels, toutes ces choses qui lui étaient intimes, qu’il ne partageait qu’avec Dom, exposés et maltraités !

« De quel droit es-tu allée fouiller dans mes affaires ? »

La colère et la panique l’avaient pratiquement fait crier. Il s’avança dans le salon et ramassa autant d’objets que ses mains pouvaient en contenir.

Ali se releva et jeta les lettres par terre. Le cœur de Billy fit un bond quand il vit son mouvement. Il ne put s’empêcher de soupirer de soulagement quand il vit les feuilles tomber doucement sur le sol.

« - Je suis ta fiancée, je te le rappelle ! J’en ai le droit !
- Ce n’est pas parce que je t’ai demandée en mariage et que nous vivons ensemble que tu peux faire ce que bon te semble. Je crois t’avoir toujours respectée et laissée une certaine intimité, je pensais que tu pouvais faire de même avec moi !
- Pour que tu me caches tout ce qu’il y avait dans ce carton, il devait y en avoir de l’intimité, n’est-ce pas ? »

Billy la regarda sans comprendre.

« Pourquoi m’aurais-tu caché tout ce qu’il y a ici, s’il n’y a pas quelque chose que je n’étais pas censée voir ! J’aimerais bien savoir ce que c’est ! »

Elle jeta des coups d’œil à chaque objet qu’elle avait dû passer en revue pendant l’après-midi. Billy n’en croyait pas ses oreilles. Elle pensait réellement que tout cela avait un rapport avec elle, alors que c’était complètement faux. La seule personne que ça concernait était à des milliers de kilomètres de là, et il espérait qu’il n’était pas en charmante compagnie.
Il soupira, lassé. Ce serait encore plus dur qu’il ne l’avait d’abord cru.

« Ali, arrête. Ceci n’a rien à voir avec toi. » Billy parlait doucement, comme pour calmer une bête que l’on savait prête à vous sauter dessus à n’importe quel moment. « Ce sont des choses qui ne concernent que Dom et moi. C’est tout. »

Ali ne le croyait pas.

« - Tu m’avais dit en déménageant que tu ne déballerai ce carton que pour jeter son contenu. Pourtant, tu ne l'as pas fait. Pourquoi ?
- Ce sont des souvenirs. (Sa voix dérapa légèrement) Ceux de mon meilleur ami, que j’aime... comme un frère et qui est dans ma vie depuis longtemps. Nous nous sommes disputés et j’ai cru que ça avait brisé notre amitié. Mais c’est faux. Maintenant, je sais que jamais je ne pourrai m’en séparer. »

Ali semblait toujours contrariée. Billy commença à rassembler les affaires dans le carton. Il était déchiré. Il avait envie de pleurer. Cela lui semblait si mauvais, comme si le destin essayait de lui annoncer que quelque chose de désagréable allait arriver. Il avait peur, en particulier d’avoir perdu une partie de ce qu’il avait de Dom. Il avait l’impression que chaque objet avait été souillé. Il ramassa les lettres. Les feuilles étaient cornées et froissées. Il lut un paragraphe de la page du dessus.

« Parfois, je me réveille le matin, en me demandant si je suis encore à Wellington. Mais je me rends vite compte que je suis à Hawaï et que je ne te verrai donc pas dans la journée. Ces jours sont les pires car je sais que je serai déprimé jusqu’au soir. Alors, je saute sur mon téléphone pour t’appeler. Que m’importe si c’est toi qui me réponds ou juste ton répondeur. Entendre ta voix, même enregistrée, me rend le sourire automatiquement et alors, je sais que je pourrai affronter la journée. »

Ses yeux se voilèrent de larmes mais un sourire éclaira son visage. Dom lui manquait tellement. Il devait partir, le rejoindre. Il prit une courte inspiration. Cela devait se terminer.

Bien sûr, Ali avait tout vu. Quand il se tourna vers elle, il la trouva de dos, regardant par la fenêtre. Ses épaules étaient secouées par des longs sanglots. Billy se sentit déchiré. Il ne voulait pas la faire souffrir. Mais il était trop tard pour revenir en arrière, il ne pouvait plus se voiler la face et oublier ce qu’il savait. Il n’en survivrait pas.

« - Ali, j-je…
- Arrête tout de suite Boyd ! »

La fureur était à nouveau là. Elle le considéra, les yeux rougis, les larmes s’écoulant sur sa peau, les traits déformés par les sanglots et la rage.

« - Je t’interdis de me quitter ! Non, tu ne le peux pas ! Pas après m’avoir fait attendre tout ce temps pour ensuite me demander en mariage ! Tu te rends compte que nous nous marions dans moins de six mois. J’ai passé du temps à préparer ce jour pour que ce soit le plus merveilleux de ma vie, pour que tu sois heureux. Et toi, tu voudrais tout gâcher ! Pour quoi ? Un gars qui ne te mérite même pas !
- Ali, tu ne sais pas…
- Je ne sais pas ? (Elle criait). Tu crois que je ne le voyais pas, que je ne vous voyais pas ! Il suffisait qu’il soit dans les parages pour que tu oublies tout ce qui t’entourait, moi y compris ! Tu lui as toujours donné plus : plus de temps, plus de tendresse, plus d’attention, plus de considération… C’était une torture de te voir partir le retrouver, car, à chaque fois, j’avais peur que tu ne me reviennes pas.
Et puis, il y a eu ce miracle : il est parti pour Hawaï ! Je savais que vous vous verrez moins et que ce serait bénéfique pour toi. Loin de toi, il ne pouvait plus rien. Bien sûr, il y avait les coups de fil et les lettres mais elles étaient moins dangereuses que sa présence auprès de toi.
Et enfin, je t’ai vu changé peu à peu, recherchant la compagnie de mes amis mariés, et de leurs enfants. Je t’ai vu regarder avec envie les couples qui poussaient un landau ou un père jouant au ballon avec son fils. Et tu as fini par me demander en mariage ! J’ai su alors qu’il n’y pourrait rien et qu’il ne te ferait pas changer d’avis. Et j’avais raison, n’est-ce pas ? C’est ce qui s’est passé la dernière fois que tu l’as vu ? Il n’a pas su te ramener à lui. »

Billy l’observait, fasciné et terrorisé de se rendre compte que pendant tout ce temps, elle savait et que lui, il avait tout fait pour lui cacher. Elle attendait une réaction de sa part. Il hocha tristement de la tête. La jeune femme sourit, victorieuse.

« Jamais il ne pourra te donner ce que tu veux. Lui ne pense qu’à s’amuser et à draguer. Et toi, tu aspires à te ranger, et avoir ta famille. Comment veux-tu qu’un être aussi immature que lui puisse t’apporter la stabilité à laquelle tu aspires ! C’est un égoïste qui ne pense qu’à son plaisir. Et il ne t’aimera jamais comme tu le souhaites ! Jamais.
Alors que moi, je peux tout apporter, tout ce qui pourra te combler. Je te donnerai des enfants et un foyer aimant et durable. Tu peux avoir confiance en moi. Je t’offrirai tout l’amour dont tu auras besoin.
Je ne comprends pas pourquoi tu veux gâcher notre bonheur. Ta seule chance d’être heureux. Je pensais que tu avais fini par comprendre que jamais il ne pourra te satisfaire. Jamais il ne saurait t’aimer comme moi je t’aime. Il ne voit en toi que son meilleur ami, son frère, mais il n’y aura rien de plus. Il n’en est pas capable. Alors pourquoi tu persistes ? Pourquoi tu détruis tout ce que nous avons construit ? Pourquoi ? »

Il sut qu’à ce moment, il pouvait encore changer d’avis : choisir de vivre dans le mensonge ou non.

« Parce que je l’aime. »

Ali recula, frappée par les mots prononcés par son ancien amant. Il les avait dit avec beaucoup de douceur.

« Je l’aime plus que ma vie. Plus que tout ce que je pourrai chérir dans ce monde. Je l’aime plus que je n’aimerais les futurs enfants que nous pourrions avoir. (Il s’arrêta longuement) Parce que je sais que s’il venait me voir dans quelques années, je partirais avec lui, en laissant tous ceux qui auraient pu compter pour moi. Parce que je ne suis réellement heureux qu’avec lui. Et que, pour lui et parce que c’est lui, je peux me contenter de ce qu’il a à m’offrir. »

Ali ne parlait plus. Elle s’était effondrée sur un fauteuil et elle pleurait. Elle murmurait à Billy de ne pas la quitter mais elle savait que c’était trop tard. Il ne l’avait jamais regardé avec ces yeux verts baignés de tant d’amour. Ceux-ci, il ne les réservait qu’à Dominic. Elle l’avait perdu.

En silence, elle le vit finir de ranger dans le carton toutes les affaires éparpillées. Il le consolida avec du scotch. Puis, il monta dans ce qui avait été leur chambre et il fit ses valises.

Elle l’imaginait vidant chacun de ses tiroirs, effaçant toutes ses traces. Elle devait vendre cette maison, elle ne pourrait plus être heureuse ici. Elle se doutait qu’elle ferait elle aussi ses malles, avant la nuit, pour quitter cet endroit. Elle irait chez ses parents.

Elle l’aperçut qui redescendait les escaliers. Il hésita, avança quelques pas vers elle. Elle ferma les yeux.

« Va-t-en ! »

Billy baissa la tête, blessé. Il s’en voulait tellement de la laisser là, seule avec son chagrin. Parfois, il aurait aimé que sa vie soit moins compliquée. Mais il ne pouvait pas l’imaginer sans Dom.

Il prit le carton et l’amena dans le garage où sa voiture (son tacot, comme l’appelait l’Anglais) l’attendait. Puis, il vint chercher ses valises. Il les prit toutes, ne voulant pas faire un troisième voyage. Il voulait partir le plus vite possible, arrêter de la faire souffrir. Mais il n’arrivait pas à la quitter, pas comme ça ! Il la regardait mais elle l’évitait. Des grosses larmes roulaient sur ses joues mais elle n’émettait aucun son. Il vint vers elle, doucement, pour ne pas la brusquer et lentement, il alla déposer un baiser sur son front. D’un geste brusque, elle enroula les bras autour de son cou et se jeta sur ses lèvres. Mais, avant qu’elle n’ait pu approfondir son baiser, Billy s’éloigna.

Ses yeux bleus le fixaient, le suppliaient de rester. Il se sentit encore plus bouleversé mais il se détourna et ramassa ses malles.

« Je n’ai rien brûlé. Je te le jure. »

Billy sourit doucement.

« Merci. »

Et, rapidement, il traversa la cuisine. Sur la table, il laissa les clés de la maison. Il rejoignit le garage où il remplit le coffre de sa voiture.

Ali se leva, pour se chercher un verre d’eau. Elle n’arrivait pas à penser correctement. Elle ne savait plus où elle en était, tout s’était écroulé.

Sur la table de la cuisine, il y avait encore des dizaines de revues de mariage : robes de mariées, robes de demoiselle d’honneur, alliances, bouquets… D’un geste rempli de rage, elle balaya tout ce qu’il y avait sur la table. Elle le haïssait ! Elle le haïssait lui et Dominic ! Elle haïssait Dominic !

Elle vit alors les clés de son ancien amant sur la table de la cuisine.

Elle l’avait perdu.

Elle entendit le moteur de la voiture de Billy. Il démarrait. Il partait. Il la quittait.

Elle ne voulait pas le perdre.

Elle ouvrit à la volée la porte conduisant au garage et vit la voiture s’engager dans la rue.

Ne pars pas ! Ne me quitte pas !

Elle voulait crier, lui dire de rester, mais aucun son ne sortait. Elle assista, impuissante, au départ de l’homme qu’elle aimait.

Elle ramena sa main, qui tenait les clés, près de son cœur. Elle l’avait perdu.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:01

Allez me revoilà pour mettre la suite de ma fic (pour ne pas laisser juste un bout comme ça). J'essaie de mettre tout, si je me lasse pas, bien sûr...
_____________________________________________________________
Billy, caché derrière du matériel technique, regardait Dom jouer sa scène. Ce dernier se trouvait sur la plage, avec Matt et Jorge. C’était la sixième prise à laquelle il assistait. Dominic n’arrivait réellement pas à se concentrer. Ce devait être dans l’épisode un moment de détente et d’humour, mais l’Anglais n’était pas dans son rôle.

L’Écossais détaillait son ami. Il pouvait voir qu’il avait énormément maigri. C’est vrai qu’il n’avait jamais été très gros mais il notait que son tee-shirt était bien trop grand et que son pantalon tombait bien bas sur ses hanches. Il regardait attentivement chaque parcelle du corps du blond. Il aurait tout donné pour pouvoir se rapprocher de lui et le prendre dans ses bras. De grands cernes mangeaient son visage. Il avait tout à fait l’aspect d’un survivant sur une île déserte. Cependant Billy savait que cet état n’était pas artificiel et que les maquilleuses n’avaient pas eu beaucoup de travail à faire pour le rendre crédible. Il sentait dans chaque atome de son corps la souffrance et la peine de son meilleur ami. Elles l’affligeaient d’autant plus que c’était lui le responsable.

Il ferma les yeux, se maudissant de faire souffrir toutes les personnes qui comptaient pour lui. Dom, Ali… Il repensait à la jeune femme. À la dernière image qu’il avait gardée d’elle, assise sur un fauteuil, les larmes coulant sur ses joues, tout en le suppliant de ne pas la quitter. Ça le poursuivait. Il s’en voulait tellement d’avoir été trop lâche. Il aurait dû se rendre compte plus tôt qu’il n’était pas fait pour elle. La laisser derrière lui avait été la chose la plus douloureuse qu’il avait dû faire de toute sa vie. Mais, subitement, une autre image s’imposa à lui : celle de Dominic dans sa cuisine, quelques mois auparavant. Son cœur se déchira au souvenir des yeux bleus le suppliant de rester près de lui, de ne pas se marier. Dans sa tête, les images se mélangèrent, les yeux étant tantôt ceux d’Ali, tantôt ceux de Dom.

Il se recula et alla s’asseoir dans un banc qui ne se trouvait pas très loin. Il avait très peu dormi depuis qu’il avait quitté la maison. Il s’était réfugié dans son ancien appartement. Il n’avait pas pu le vendre comme s’il savait déjà qu’il l’utiliserait à nouveau. A peine y était-il entré qu’il avait appelé l’aéroport pour réserver une place pour Hawaï. Mais avant d’arriver à destination, il avait dû faire escale d’abord à New York, puis à Los Angeles. Là, il était resté plus de douze heures. Pour tromper l’attente, il avait été rejoint par Lij et Sean. Il avait ainsi pu féliciter son ami. Elijah semblait heureux qu’il parte retrouver Dom. Billy leur avait fait promettre de ne pas prévenir leur ami de son arrivée. Il voulait lui faire une surprise leur avait-il dit. En réalité, il avait peur de la réaction de Dominic. Celui-ci ne l’avait pas rappelé. Peut-être ne voulait-il plus entendre parler de lui. Peut-être qu’il sortait réellement avec cette actrice et qu’il n’avait plus besoin de lui.

Il se sentait nauséeux. Le manque de sommeil et de nourriture (il n’avait rien mangé depuis son arrivée à Hawaï) se faisait ressentir.

Dès qu’il avait posé un pied sur l’île, il était allé louer une voiture et s’était, ensuite, tout de suite, dirigé vers le lieu du tournage. Il connaissait certains techniciens et caméramans de l’équipe qui avaient déjà travaillé avec lui et Dom sur le LOTR. Il n’eut pas de mal à en trouver un et à lui demander de le faire entrer en douce. Il lui avait dit qu’il voulait faire une surprise à Monaghan. Le technicien, connaissant les deux gaillards de par leur réputation et ayant vu certaines de leurs œuvres sur le tournage (aux dépends en particulier de Viggo Mortensen ou encore d’Orlando Bloom), le laissa entrer, avec joie.

C’est ainsi qu’il se trouvait là, à regarder d’un œil vitreux la neuvième prise de Dom. Celui-ci, après s’être fait remonter les bretelles par un réalisateur fraîchement débarqué du continent, semblait être complètement entré dans la peau de son personnage. Billy assista à une splendide prise, où il put retrouver l’ombre d’un Dom heureux et presque insouciant, blaguant et se jouant de la vie. Il sourit à cette vision. Mais celle-ci disparut dès que le mot « Coupez » retentit.

Le réalisateur vérifia la prise. Puis, il releva la tête et sourit. Elle était bonne. Le blond n’attendait que ça pour pouvoir quitter le lieu de tournage. Sans même un regard vers ses compagnons, il tourna le dos et se précipita vers les caravanes. Il partit si vite que Billy le perdit de vue.

Rapidement, il rejoignit l’endroit où il l’avait aperçu pour la dernière fois. Il arriva au bon moment, Dom tournant sur sa droite. Il courut derrière son ami, une peur subite de le perdre l’étreignait. Il arrivait à le suivre à une bonne distance, sans qu’il ne puisse percevoir sa présence derrière lui. Il était partagé par une volonté impérieuse de l’appeler, de crier son nom, de le libérer de son esprit où il se bousculait mais, en même temps, il se taisait. Il craignait la réaction de Dom quand il le verrait : rejet, dégoût, haine… Et s’il lui demandait de partir ?

L’Anglais s’arrêta finalement devant une caravane. Il allait ouvrir la porte quand il entendit quelqu’un l’appeler. Il tourna la tête. Billy vit une jeune femme brune le rejoindre au moment où il s’approchait, lui aussi, de la loge. Il stoppa net, ne pouvant plus ni avancer, ni reculer. Il l’avait reconnue. C’était la jeune femme du magazine. Il la trouvait encore plus belle que sur la photo. Elle avait une sorte de beauté sauvage qui attirait tous les regards. C’était tout à fait le type de femme qui plaisait à Dominic. Il était glacé, tandis qu’il les observait discuter.

Leurs corps se touchaient presque. Leurs mains se frôlaient par intermittences. Et chacun de leurs gestes blessait Billy. Peu à peu, son cœur était lacéré. Il pouvait très bien les imaginer s’embrassant, se touchant, se caressant, faisant l’amour. C’est comme si chaque parcelle de leurs corps montrait qu’ils se connaissaient déjà intimement. L’Écossais était persuadé qu’ils avaient déjà couché ensemble. Il remerciait le sort d’avoir pensé à mettre des lunettes de soleil. Ainsi, personne ne remarquerait les larmes qui envahissaient peu à peu ses yeux.

Il n’arrivait toujours pas à bouger, ne pouvant se détacher de la scène qui se déroulait devant lui, comme de celle plus charnelle qu’il imaginait. Finalement, la jeune femme sourit à son compagnon et vint se blottir contre lui. Elle lui murmura quelque chose à l’oreille, et déposa un baiser tendre sur sa joue.

C’est en se détachant de Dominic qu’elle le vit. Il n’était qu’à quelques mètres, les observant. Son coeur bondit dans sa poitrine. Il était là. Elle croisa le regard de Dom, qui lui ne l’avait pas encore vu. Elle lui désigna l’homme d’un petit geste du menton.

Dominic se retourna complètement. Billy put ainsi croiser, pour la première fois depuis des semaines, le regard marine de son meilleur ami. L’Anglais restait totalement immobile. Aucun sentiment ne se reflétait sur son visage. La peur de Billy prit alors le contrôle complet de son corps. Il se mit à trembler fortement. Il paniquait. Il savait qu’il ne pourrait pas faire face au rejet de son ancien compagnon de tournage.

La jeune femme brune partit doucement, les laissant seuls. Le blond ne remarqua pas son départ. Tout son corps était tendu vers Billy.

Enfin, il fit un pas vers sa direction. L’autre homme se sentait menacé, telle une proie hypnotisée par le regard du prédateur qui finirait par la manger. Dominic avançait calmement vers lui, son visage toujours fermé.

Il s’arrêta à quelques centimètres de lui et doucement, leva une main vers lui. Elle remonta lentement vers sa poitrine, puis se glissa vers son cœur où elle se posa. Surprise, elle recula.

Dom fronça les sourcils. Il observa attentivement l’homme qu’il avait devant lui. Il reposa sa main sur la poitrine du châtain et ferma les yeux, ressentant les battements de l’organe. Quand il les ouvrit, Billy constata qu’ils étaient baignés de larmes.

« Tu es là, n’est-ce pas ? Tu es vraiment là ? »

Le ton désespérément soulagé de son ami finit d’accabler Billy. Sans qu’il ne puisse se contrôler, il franchit l’espace qui le séparait de l’Anglais et le prit dans se bras. De son côté, l’ancien interprète de Merry entoura le corps de son ami d’un bras, son autre main toujours accrochée au cœur de Billy.

Billy sourit doucement malgré la crispation de ses lèvres tandis que son visage se fronçait sur l'épaule de Dom. Après tant de peines, il avait enfin retrouvé sa place. Le poing serré dans les longues mèches claires, il se demandait s'il y serait accepté de nouveau.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:02

Je n’aurai pas dû venir, pas dû me lever. Je sens sur moi le regard de mes camarades. Je sais qu’ils se font du souci pour moi. Mais je ne peux pas leur dire. Comment leur faire comprendre que je meure à l’intérieur parce que je suis en manque. Tel le drogué Charlie, je suis en manque. Mais pas d’héroïne, de coke, ou de quelque autre drogue que je pourrais, finalement, trouver assez facilement. Ce dont j’ai besoin ce sont deux yeux verts. Pas n’importe lesquels. Des yeux verts qui, il n’y a pas si longtemps, me regardaient avec respect, humour et même avec amour. Je suis en manque et la drogue que je veux, c’est toi Billy. Mais toi, tu ne veux plus de moi.

Soupirant, je vais rejoindre le réalisateur. Comment est-ce qu’il s’appelle déjà ? Richard ? Martin ? Maxime ? Je ne sais plus. Je m’en fous. Il me prend à part. Je sais bien pourquoi, il n’a pas besoin de me le dire. Je suis une vraie merde aujourd’hui. Il commence à faire son speech sur l’importance de cette scène, sur le rôle de Charlie. Le bouffon de service, voilà ce qu’il est mon Charlie. Mais aujourd’hui, je n’en ai pas envie. Comment pourrais-je rire ou faire rire alors que je ne veux que m’enfermer dans ma loge pour pleurer. Je soupire à nouveau. Il me regarde dans les yeux. Mark. Mark Winters. C’est son nom. Je ne sais pas pourquoi il m’est revenu. Il me fixe sans dire un mot. Je me retourne vers mes amis. Ils me regardent eux aussi. Déçus. Par moi, mon attitude. Je fais encore tout foirer. Non, je n’en ai pas le droit. Ce job, ce rôle, c’est tout ce qui me reste. Hors de question que je le perde avec mes conneries. Je regarde à mon tour Mark et je lui demande de me laisser un peu seul pour me concentrer. J’essaie de faire remonter des souvenirs de la Nouvelle Zélande, des sensations de quand j’étais avec les gars. J’étais heureux et je riais. Et j’en imprègne Charlie. Rien que pour cette scène, il sera heureux lui aussi.

C’est fini. J’ai réussi. Ils ont eu ce qu’ils attendaient de moi. Je m’en vais, sans un regard vers les autres. Je ne peux plus soutenir leurs regards. C’est trop dur.

Machinalement, je rejoins ma caravane. Je me dis que je pourrai lui téléphoner en y arrivant. Après tout, si lui m’a appelé en premier, c’est qu’il a envie que l’on se réconcilie. Je souris. Revoir Billy, le tenir dans mes bras. C’est tout ce que je demande.

Oui, je l’appellerai. Mais… Et si c’est Ali qui décroche ?

Je ferme les yeux et accélère le pas. Et s’il m’avait appelé pour me parler de son mariage ? Pour m’y inviter ? Non, non, non, non…

Je ne veux pas y aller. Le voir heureux. Avec elle. Sans moi. Les voir s’unir. S’embrasser. Les alliances, le riz, le bouquet… Et avec ma chance, c’est moi qui l’attraperais. Le banquet. Le discours. Bien sûr, ce sera à Lij de le faire puisqu’il est le témoin de Billy. Mais il y aura toujours quelqu’un pour me dire qu’en tant que meilleur ami du marié, moi aussi je devrai dire quelques mots.

J’imagine très bien ta tête Billy. Les doutes et les craintes qui passeront dans tes beaux yeux. Tu auras peur sans doute que je gâche cette journée parfaite. Près de toi, Ali, souriante, m’encouragera. Et toi, bien sûr, tu seras obligé de faire de même. Mais ne t’inquiète pas, je ne te décevrais pas.

« Chers amis, je suis le plus heureux des hommes aujourd’hui. Le plus heureux car celui que j’aime, que j’aime comme un frère a… a… »

Non, jamais je ne pourrais. L’hypocrisie ne fait pas partie de moi. Je ne pourrais pas la regarder t’épouser, te rendre heureux. Je préfère ne pas y aller. Et je suis sûr que ça te soulagera, n’est-ce pas Billy ?

J’atteins enfin ma caravane. Mon lit m’attend. Il n’est que quatre heures de l’après-midi et alors ? Au moins là, je suis loin de tout, loin de lui, de son regard plein de reproches.

« Dom ! »

Je me retourne et la voit s’approcher de moi. J’aurais dû me douter qu’elle reviendrait à la charge. Elle veut absolument que je les rejoigne, le cast et elle, pour le dîner chez Josh. A chaque diffusion d’un épisode, nous allons chez l’un d’entre nous et nous dînons tous ensemble. J’ai réussi à éviter les deux derniers mais je ne pourrai pas éviter celui-ci, je le sens.

Elle me parle, essaie de me convaincre. Elle est proche de moi. Je sens son corps qui m’accule par sa présence et nos mains qui se trouvent et qui se caressent. Je n’ai pas oublié la nuit que j’ai passé avec elle. Je la regrette et en même temps, je suis heureux qu’elle soit arrivée. Elle nous a permis de nous rendre compte qu’il ne pourra jamais rien y avoir de sérieux entre nous. Notre relation a pu évoluer vers une profonde amitié. Elle me sourit et finalement, je ne peux pas résister. Je n’ai jamais su résister à ses yeux. Elle rit et finit par se blottir dans mes bras. Elle dépose un petit baiser sur ma joue.

Je la sens se raidir. Je tourne mes yeux vers elle mais elle ne me regarde plus. Quand finalement, elle reporte son attention sur moi, c’est pour me montrer d’un geste du menton, quelque chose derrière moi.

Je me retourne alors.

Il est là, les yeux cachés par des lunettes de soleil, superbe dans un jean délavé et un tee-shirt blanc. Il nous fixe tous les deux.

Je ne réagis pas. Je l’ai déjà vu, des millions de fois, depuis qu’il est parti. Et c’est toujours la même chose, mon cœur s’emballe comme maintenant, mes mains deviennent moites et j’ai dû mal à respirer. Alors, je m’avance vers lui. Et quand, finalement, je le rejoins et que je tends une main vers lui, il disparaît.

Encore un mirage.

Mais cette fois-ci, je refuse de me laisser prendre par mon cerveau torturé. Tu n’es pas réel. Tu n’es pas là et je vais te le prouver. Et, peu m’importe que ce soit elle qui m’ait dit que tu étais là. C’est encore une foutue hallucination.

J’avance jusqu’à rester à quelques centimètres. Je ne peux m’empêcher de te contempler une dernière fois avant que tu ne disparaisses. J’aimerais tellement que ce soit toi, que tu sois là, avec moi. Je tends une main et l’amène doucement vers ton cœur. Et maintenant, tu vas t’évaporer…

Je recule ma main, surpris.

J’ai senti le tissu doux de ton tee-shirt et la chaleur de ton corps à travers ma paume. Ce n’est pas possible. Non, ça ne peut pas…

Alors, je recommence l’expérience. Ma main se tend à nouveau vers toi. Et, comme il y a quelques secondes, la chaleur et la douceur reviennent. Je pose ma main à plat sur ton cœur et je le ressens qui bat dans ta poitrine.

Je ferme les yeux. Que c’est bon de le sentir, de l’entendre à nouveau battre, pour moi. Comme avant. J’ai envie de poser mon oreille sur ta poitrine et de profiter de ce son que je ne pensais plus jamais avoir le droit d’entendre.

« Tu es là, n’est-ce pas ? Tu es vraiment là ? »

Tu me regardes à travers tes lunettes. J’aimerais lire tes yeux pour savoir à quoi tu penses. Puis, brusquement, tu m’entoures de tes bras et tu m’emprisonnes dans une douce étreinte. Mon bras libre retrouve son chemin sur ton dos vers ce coin de ta nuque où ma main aimait à se nicher.

Me revoilà dans tes bras. Enfin. C’est si bon. Je ne sais pas pourquoi tu es ici mais je ferai tout pour rester à nouveau près de toi. Tout. Tout ce que tu me demanderas de faire. Même si pour cela je dois accepter de te voir te marier avec elle.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:02

Dominic, la nuque appuyée contre le dossier de son siège, regardait le soleil se refléter sur la mer. L’éclat de l’astre se propageait sur la surface de l’eau, lui conférant une couleur dorée et pourpre. Chaque goutte de l’océan était un trésor. Plus loin, il vit les vagues ambrées s’écraser sur la plage ou sur des falaises, se fragmentant en fines gouttelettes lumineuses. Il laissa sortir de sa bouche un soupir de bonheur. Il était content de se trouver dans ce petit coin de paradis. Il tourna la tête vers le conducteur. Il était réellement content.

Il avait réussi à quitter le lieu de tournage, Charlie ayant rempli son rôle pour la journée. Il devait y retourner dans deux jours pour de nouvelles scènes, avec Emilie cette fois-ci. Il pourrait profiter de la journée de demain pour jouir de la présence de son ami. Il le contemplait le plus discrètement possible. Billy avait l’air très concentré sur la route. Son front était légèrement plissé et ses mains étaient crispées sur le volant. Il n’avait pratiquement pas ouvert la bouche depuis sa soudaine apparition près de sa loge. Mais son silence ne gênait nullement l’Anglais. Il tellement heureux de le retrouver, et dans de bonnes dispositions à son encontre, que ça ne le dérangeait pas. Et même, cela lui convenait. Si l’Écossais était venu lui parler de son mariage, mieux valait pour le moment qu’il se taise.

Le blond n’arrivait pas à détacher ses prunelles de l’homme se trouvant face à lui. Il avait tellement voulu le voir ses dernières semaines qu’il ne pouvait se lasser de le regarder. C’était comme si un miracle s’était produit. Alors il profitait de chaque minute, chaque seconde de ce moment. Il ne savait pas encore combien de temps son ami restait sur l’île. Et il ne savait pas non plus pourquoi il était venu. Cette question l’intriguait tout de même. Il était persuadé que cela avait un lien avec son coup de fil.

Il sortit de ses pensées en sentant le regard de Billy sur lui. Il ne voyait toujours pas ses yeux, cachés par ses lunettes de soleil. La voiture s’engageait tout doucement sur la petite route menant à la maison que louait Dominic.

Il habitait une petite maison, près de la plage. Il n’y avait pas trop de monde et pas de voisins trop proches. Il se sentait un peu seul dans son coin, mais ces dernières semaines il avait apprécié ce sentiment, fuyant le contact des autres.

Quand Billy eut fini de se garer derrière la maison, il se tourna à nouveau vers son ami. Ce dernier, un peu agacé, tendit ses mains vers la tête de l’Écossais et doucement lui retira ses lunettes. Dominic marqua quand même une petite hésitation. Il avait réellement envie de le regarder dans les yeux mais il craignait ce qu’il allait y trouver. Cette crainte s’évapora rapidement : les yeux de l’Écossais reflétait une profonde affection pour celui qui l’observait. Pourtant, tout au fond de ses pupilles, Dom put discerner un éclat plus sombre qui les ternissait, rendant ses yeux et l’expression de son visage plus mélancolique, impression renforcée par les cernes et le rouge qui entourait les prunelles du châtain.

Personne ne bougeait dans la voiture. Leurs corps étaient tournés l’un vers l’autre. Ils étaient perdus dans leur contemplation : azur contre émeraude. Chacun recherchant dans l’âme de l’autre un signe qui leur indiquerait ce qu’ils devaient faire maintenant. Les yeux de Billy n’étaient que douceur et tendresse, mais il y avait toujours dans ses pupilles jades cet arrière goût chagriné qui ne le quittait pas. Les prunelles de Dom exprimaient, elles aussi, tout l'attachement qu’il portait à son ami. Cependant, il l'aimait tellement, si exclusivement. Se pourrait-il que ces yeux qui le scrutaient maintenant avec tant d'affection ne soient plus plongés dans les siens demain?

Ce fut un bruit répétitif, strident et un brin énervant qui les sortit de la torpeur qui s’était installée paisiblement. Dom fut le premier à réagir.

« Merde, c’est mon téléphone ! »

Et il sortit de la voiture assez précipitamment, bizarrement soulagé par cette intervention. Billy vit son ami disparaître dans la maison. Il souriait, la fuite de l’Anglais l’avait grandement amusé. Il était bouleversé par l’échange qu’il venait de vivre. Il sentait que quelque chose en Dom avait changé mais il n’arrivait pas encore à saisir ce que c’était.

Il quitta aussi la voiture et sortit ses sacs du coffre. Il se dirigea vers la maison. Il l’aimait beaucoup. Elijah et lui avaient aidé l’Anglais dans ses recherches. Il était tombé amoureux de la bâtisse dès le premier regard, et avait presque forcé la main à son ancien compagnon de tournage pour qu’il la loue, curieusement peiné qu’elle ne soit pas mise à la vente.

Il emprunta le petit couloir qui donnait sur la pièce qui faisait la vie de la maison, un immense salon où une grande baie vitrée offrait le spectacle d’une mer paisible, venant s’échouer sur une plage immaculée. L’image de l’Eden. Comme à chaque fois, il restait ébahi devant la richesse des teintes de bleu qui s’étalait devant ses yeux. Le bleu était sa couleur préférée.

Un mouvement sur le côté lui fit tourner la tête. Dom venait de terminer sa conversation et raccrochait.

« C’était Josh. C’est chez lui que se déroule le repas de ce soir. Il voulait savoir si je venais et si tu m’accompagnais. Mais je lui ai dit que tu étais crevé par le voyage et que tu préférais te reposer. On fera un dîner avec les autres, plus tard… Enfin, si ça te dit ! »

Billy, toujours muet, se contenta de hocher la tête affirmativement.

« Tu fais comme chez toi. Tu veux quelque chose de particulier ? Tu as peut-être envie de prendre un douche ? Et de manger ? » L’Anglais se trouvait tout à coup très nerveux, comme si être dans cette maison avec son meilleur ami l’inquiétait. Il avait besoin de parler pour évacuer son stress. « Tu dois sûrement avoir faim. Je pourrai … » Il avait amorcer un mouvement vers la cuisine mais ne put continuer plus loin. Il ne rentrait plus beaucoup dans cette pièce depuis leur dispute. Il se déplaça vers le côté. « … Je pourrai téléphoner pour commander une pizza et des bières ! Ça te tente ? »

A nouveau un hochement de tête. L’atmosphère s’était considérablement chargée d’électricité. Dominic tournait volontairement le dos à son ami pendant qu’il téléphonait. Il avait en lui des désirs contradictoires qui se livraient bataille : envie de prendre ses jambes à son cou, d’avoir une franche discussion avec Billy ou carrément de lui sauter dessus… Son pouls s’accéléra à cette dernière pensée. Sentir son corps doux près du sien, le caresser de ses mains, sa peau débarrassée de la barrière de ses vêtements. Il fut reconnaissant à son ami quand ce dernier quitta la pièce pour se diriger, lui semblait-il, vers la salle de bain, vraisemblablement pour prendre une douche. Il pourrait ainsi répondre correctement et d’une voix intelligible à la personne qui tentait, sans succès jusqu’à ce moment, de prendre sa commande.

Billy sortit de la salle de bain, une demie heure après. Pieds nus, des gouttes s’échappant encore de ses mèches en bataille, il avait à nouveau enfilé son jean mais portait un autre tee-shirt, noir celui-ci. La douche lui avait fait un bien énorme. Il se sentait considérablement sale après toutes ses heures de vol et d’attente. De plus, cela lui avait permis de se calmer et d’abaisser la température de son corps. Rien ne valait une douche froide…

Il trouva le blond dans le salon, sur le canapé, une bière à la main. La pizza était arrivée, elle était posée sur la table basse. La télévision était allumée sur la chaîne ABC.

« Le pizzaïolo vient de l’apporter. » lui dit l’interprète de Charlie, tout en lui désignant la boîte du doigt. « Elle est encore chaude. Ca te dérange si on regarde l’épisode de Lost de ce soir ? C’est devenu un rituel, même quand je ne suis pas avec les autres. »

Billy se contenta de sourire et de s’installer près de lui. Il n’eut même pas le temps de prendre un part de la pizza que l’épisode commençait. Il suivit fasciné l’intrigue, heureux de pouvoir profiter de la présence des versions télévisuelles et réelles de Charlie-Dom. Ce dernier lui expliquait, durant chaque pause publicitaire, avec maints détails, tout ce qui c’était passé dans les épisodes précédents. L’Écossais n’osa pas lui dire qu’il avait suivi tous les épisodes, même ceux qui étaient passés après son départ. Il n’avait pu s’empêcher de les regarder, les revoyant même une deuxième fois. Il laissa son ami parler, sans l’interrompre, heureux de le voir si passionné par son travail. Il se sentait bien dans ce sofa avec Dominic. Sa tête reposait sur un oreiller, ses pieds sur la table basse. Lentement, une douce léthargie l’envahit. Il réussit à voir l’épisode jusqu’au bout mais il sentait ses yeux se fermer tous seuls. Une petite tape sur le bras le fit se tourner vers son ami.

« Je crois mon vieux que tu es prêt à aller te coucher ! »

Billy eut un petit sourire, il était tellement embrumé qu’il ne pouvait décemment pas le contredire.

« Tu peux prendre la chambre d’amis, si tu veux. »

Le châtain ouvrit complètement les yeux pour les reporter sur l’autre. Il lui tournait le dos, la tête un peu baissée, soudainement intéressé par les miettes de pizza se trouvant sur la table. L’interprète de Pip se releva complètement, continuant à fixer la nuque de son compagnon.

« Je ne pourrais pas plutôt dormir avec toi ? » lui demanda-t-il tout doucement, tremblant de recevoir une réponse négative.

Mais Dom pivota vers lui et lui offrit un sourire radieux. Billy lui répondit immédiatement, ce qui accélérait les battements du cœur de jeune homme. Il avait l’impression de se retrouver à Wellington à nouveau, il retrouvait le Billy qu’il avait toujours connu.

Après avoir sommairement rangé le salon, tout deux se dirigèrent vers la chambre de l’Anglais. Dom bifurqua vers la salle de bain, laissant l’autre seul dans la pièce. Il ne rêvait que d’une chose : dormir dans un bon lit. Il sourit à nouveau en voyant celui de son ami et, sans plus de cérémonie, se déshabilla. En caleçon, il s’assit sur le lit et retira sa montre. Celle-ci le gênait toujours pour dormir ; s’il la portait, il se réveillait immanquablement avec des fourmillements dans les doigts. Il la posa sur la table de chevet et remarqua alors le cadre trônant dessus. Il avait toujours aimé cette photo d’eux. Elle avait été prise durant une fête en Nouvelle-Zélande. Dominic, légèrement éméché, l’avait collé toute la soirée. Lui-même était dans le même état et n’avait pas eu à se plaindre d’être le centre des attentions de son ami. Ils s’étaient terriblement amusé à embêter Orlando durant ses tentatives de drague (qui s’étaient d’ailleurs toutes soldées par des échecs, mais Viggo avait été là assez rapidement pour le consoler) et aussi à essayer de caser Lij avec Ian ! Ce dernier avait trouvé l’idée très amusante mais son compagnon du moment (un jeunot du coin) beaucoup moins. Elijah lui n’arrêtait pas de rougir à chaque commentaire déplacé qu’un luron comme Dom pouvait inventer. Billy se rappelait aussi qu’il avait dû subir une approche assez directe d’un nouveau gars de la production. C’était la première fois qu’il se faisait draguer par un mec et cela l’avait un moment déstabilisé. Mais Dominic, ayant repéré le manège de l’homme, avait surgi de nulle part, et posant son bras autour de son cou, avait lancé un regard meurtrier à l’intrus. Si le geste de possession avait un peu agacé l’Écossais, voir l’autre déguerpir, persuadé que Dom était son amant, les avait fait beaucoup rire. Ce dernier ne l’avait plus lâché de la soirée.

Il leva les yeux en voyant son ami, torse nu, entrer dans la pièce. Il reposa la photo sur la table. Dom retira son pantalon, Billy suivant chacun de ses mouvements du coin de l’œil. Le châtain finit par s’installer dans le lit, puis recula pour laisser la place à son ami, qui vint l’y rejoindre. Il éteignit la lumière.

Ils se retrouvèrent allongés l’un près de l’autre, sans se toucher. Dom n’osait pas pivoter vers son ami. Il était couché de dos, les yeux au plafond. Pourtant ce n’était pas l’envie qui lui manquait mais il avait peur d’une réaction de dégoût ou de rejet de la part de son compagnon. Il ne se rappelait que trop bien ce qui c’était passé la dernière fois qu’il avait posé un geste plus intime. Et il n’en blâmait pas Billy.

Ce dernier, fatigué par le voyage et par l’indécision de l’Anglais, prit les devant. Il n’avait pas fait tout ce voyage ni rompu douloureusement avec Ali, pour ne pas profiter de ce qu’il avait à portée de main. Il avait envie de sentir la peau de Dom contre le sienne, de se réchauffer près de lui. Il était si froid.

Il se rapprocha du blond, qui retint son souffle, et entoura sa taille de son bras. Sa main reposa sur les côtes du jeune homme. Il enfouit son nez dans un petit endroit de son cou qu’il savait approprié pour lui et soupira doucement. L’autre finit par respirer à nouveau quand Billy arrêta de bouger. Il sentait son épiderme troublé par un long frisson qui parcourait son corps de bas en haut. Il se permit alors de placer correctement son bras sur le dos de l’Écossais. Ils retrouvaient peu à peu les gestes qu’ils avaient maintes fois eu à Wellington et après.

Billy était à nouveau là d’où il n’aurait pas dû partir. Dominic s’en réjouissait. Son souffle chaud caressait son menton et sa gorge. Parfois, la nuit, il se réveillait en ressentant cette petite sensation de chatouillis qu’il lui procurait. Mais ce n’était qu’un rêve et ces nuits se finissaient généralement sur le canapé du salon, devant la télé, les yeux dégoulinants de larmes. Cette fois-ci, tout était bien réel.

Il osa alors poser sa bouche sur le haut de la tête de son ami, dans un petit baiser juste esquissé. Billy sourit.

« Bonne nuit. » lui dit-il doucement.

« Fais de beaux rêves, mon ami. » répondit Dominic.

Billy s’endormit immédiatement, vaincu par l’épuisement du voyage. Son ami, convaincu qu’il resterait éveillé toute la nuit, lui caressa doucement le dos, éprouvant à nouveau la texture suave et chaude de sa peau. Mais, sans qu’il ne se rende compte, il tomba lui aussi peu à peu dans les limbes du sommeil, rejoignant sans le savoir, les rêves de son meilleur ami.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:03

Les yeux clos, étiré sur la chaise en osier du petit bar de plage, Billy profitait de chaque rayon de soleil et bronzait son teint blanc d’Écossais, préalablement protégé par de la lotion solaire. À chaque inspiration, l’odeur de sel marin et de sable, mélangée à celle un peu sauvage du large apportée par le vent, l’emplissait jusqu’au plus profond de son âme. Il se sentait complètement reposé. Il avait enfin fait une nuit complète, sans se retourner dans son lit en quête de sommeil. La chaleur du lit et des bras dans lesquels il se trouvait avait rendu son réveil encore plus doux et paisible. Son compagnon ne s’était éveillé que plus tard. Son réveil s’était fait plus lourd. Comme il n’avait plus l’habitude de dormir autant (ou même de dormir), il se sentait très groggy, et il avait eu du mal à émerger. Il lui avait fallu plusieurs dizaines minutes pour sortir de cet état. Billy était resté dans le lit près de lui et il lui parlait doucement pour le ramener dans le monde conscient. Ils avaient fini par quitter le lit douillet pour aller s’habiller ; le châtain rêvait depuis son arrivée d’une journée sur la plage et dans l’eau.

Il n’avait pas vu le jour passer. Les deux hommes avaient beaucoup surfé. Ils ne s’étaient arrêtés que pour manger et discuter un moment sur le sable. D’un accord tacite et inconscient, ils ne parlaient pas de ce qui leur tenait plus à cœur : le mariage et la dispute, chacun sentant qu’ils devaient d’abord retrouver leur lien de complicité et de confiance. Et, si au début, leurs rapports avaient été un peu tendus et même artificiels, leurs corps et leurs esprits se décoinçaient et ils retrouvaient les gestes et les paroles qui étaient si naturels entre eux.

Pour terminer, fatigués de tant de vagues, ils s’étaient installés à la terrasse d’un petit bar que Dom fréquentait à chaque fois qu’il venait surfer. Savourant des fruits de mer locaux et buvant une bière, ils avaient discuté du dernier travail de l’Écossais.

C’était un Billy souriant et détendu qui attendait patiemment que le soleil se couche. Dom lisait un journal du coin. Il était assis près de son ami et à chacun de ses mouvements, il le frôlait délicatement ce qui entraînait de légers frissons dans l’échine du châtain. Il n’avait plus ressenti cela depuis son premier flirt ; à l’époque, il lui suffisait d’effleurer la personne qui lui plaisait pour se sentir électrisé. Il avait l’impression d’être redevenu adolescent, de ressentir le moindre contact avec son ami comme une profonde caresse. Cela le bouleversait, l’emplissait de joie mais aussi de crainte : où allait-il trouver le courage de le quitter pour retourner en Écosse ? Et comment réagirait-il quand Dom lui présentera enfin la jeune femme qu’il avait vue hier ? En particulier, si elle se révélait être réellement sa petite amie.

Pour chasser ses pensées parasites qui ne faisaient que gâcher une journée qu’il trouvait parfaite, il se redressa et s’étira tel un chat qui aurait passé son temps à sommeiller dans son panier. Dom avait suivi chacun de ses mouvements, son regard s’attardant sur la peau nue de son ventre quand son tee-shirt s’était relevé. Cela n’avait pas échappé à Billy. Il ne savait pas comment réagir mais sentait que c’était un bon signe. Il ressentit tout de même un petit pincement au cœur. Il aimerait tellement que le blond ait pour lui plus qu’une simple attirance physique. Dom, un peu gêné d’avoir été repéré, se leva pour aller payer. Ils rentrèrent chez le blond, continuant à discuter tranquillement.

Ce soir-là, ils dînèrent sur la terrasse, profitant de la vue du soleil s’évanouissant dans l’eau empourprée. A nouveau, ils se couchèrent tôt. La journée avait été très fatigante. Billy avait les muscles endoloris par l’activité physique. De plus, il devait s’avouer qu’il avait hâte de se retrouver dans les bras de l’Anglais ; c’était le seul moment où il pouvait s’y laisser aller, d’une manière tout à fait naturelle. Cette fois-ci, ce fut Dom qui amorça le mouvement de leur rituel nocturne. Il ouvrit doucement ses bras pour laisser son ami s’installer sur lui et entoura tendrement les épaules de Billy. Lui aussi avait besoin de sentir l’autre homme près de lui. Ils s’endormirent tranquillement, silencieusement, bercé par leurs respirations et se livrant à de petites caresses à peine exquissées.

Le lendemain, le réveil fut brutal, Dom ayant oublié de brancher son réveille-matin. Comme à son habitude, Billy s’éveilla tôt. Il voulait à nouveau profiter d’un doux matin et se calait plus confortablement contre son compagnon quand il posa ses yeux sur la table de chevet. Il était près de huit heures. Dom devait se trouver dans quinze minutes dans la loge des maquilleuses avant d’aller tourner. Billy se releva brusquement dans le lit, réveillant Dom. Celui-ci n’eut pas le temps de poser de questions que le châtain lui montra la pendule. Il courut donc sous la douche pendant que Billy préparait un petit déjeuner qu’ils pourraient manger dans la voiture. Douze minutes plus tard, ils sortaient tous les deux de la maison et partaient vers le lieu de tournage.

Billy regardait son ami répéter une scène avec Emilie. Tout du moins, normalement, ils devaient être en train de répéter mais Dom était d’une humeur très joyeuse et il s’amusait avec sa camarade, sous le regard mi-égayé, mi-exaspéré du réalisateur. En effet, Dom avait revêtu le faux ventre de Emilie et faisait un petit sketch qui parlait des joies de la grossesse. Pour parfaire son accoutrement, il avait réussi à trouver, Diable savait où, une longue perruque blonde. Un petit public s’était formé autour de lui, tous riaient, Emilie plus que les autres, heureux d’avoir retrouver le Dom des premiers temps du tournage. C’était une des raisons qui empêchait le réalisateur de mettre fin à la saynète, il voulait profiter de l’état de son acteur pour en faire bénéficier les prochaines prises. Il était ravi d’avoir en face de lui le comédien que JJ lui avait décrit : drôle et efficace.

De son côté, l’Écossais encourageait mentalement son ami. Il voulait tellement le savoir heureux qu’il était totalement ravi de son petit jeu. Quand enfin le réalisateur estima qu’ils avaient assez perdu de temps, les acteurs se mirent en place, le faux ventre retrouva sa propriétaire. Dom, toujours de bonne humeur, garda sa perruque pour la première prise entraînant les rires des techniciens et de sa partenaire et de faux reproches de Mark Winters. Ils tournèrent plusieurs prises avant d’obtenir la bonne, la jeune actrice ne pouvant retenir des éclats de rire à chaque grimace que faisait l’interprète de Charlie pour la déstabiliser. Le réalisateur finit par demander à l’acteur de se calmer.

Charlie et Claire furent libérés assez vite. Il y avait une réunion de production à laquelle Winters devait assister. Le blond quitta sa collègue pour aller retrouver son meilleur ami. Ils décidèrent d’aller manger à la cafétéria. Là, ils rejoignirent d’autres membres du cast qui accueillirent les deux hommes avec joie, contents de voir un sourire sur le visage de leur ami.

Billy les salua aussi mais il se sentait gêné. La jeune femme était là, parmi eux, près de l’acteur Josh Holloway. Il la vit sourire chaleureusement à Dom. L’article qu’il avait lu le hantait toujours. Il était persuadé qu’il y avait quelque chose entre eux depuis qu’il les avait vu ensemble le jour de son arrivée. Il réussit à participer à la conversation animée, durant le déjeuner, mais ne cessait de jeter un coup d’œil vers son ami et la brune, notant la complicité qui s’était installée entre eux. Quand finalement, Dom voulut quitter ses compagnons de tournage pour pouvoir relire son texte avant le tournage, il se sentit soulagé.

En silence, ils regagnèrent la loge de Charlie. Ce dernier laissa le châtain un moment pour voir l’assistant du réalisateur qui devait lui donner un script modifié (il l’avait prévenu pendant le déjeuner). Billy balaya des yeux la loge où il s’était déjà retrouvé brièvement deux jours plus tôt. Il fut attiré par un pan du mur qui était recouvert de photos. Il sourit ravi de trouver des clichés datant du tournage du « Seigneur des Anneaux » et de différents évènements qui s’étaient déroulés par la suite. Il reconnut les visages souriants ou grimaçants de Lij, Sean et sa famille, Viggo, Orlando et encore Ian, Peter ou Fran. Il apparaissait lui-même sur un bon nombre des photographies. Il put même y trouver Ali sur deux d’entre elles. Il n’avait plus pensé à la jeune femme depuis qu’il avait retrouvé Dominic. Il la chassa rapidement de son esprit pour observer les images qui lui étaient nouvelles. Elles avaient évidemment prises depuis le début du tournage de la série. On pouvait distinguer beaucoup de membres du cast, qui était assez nombreux. Les garçons avaient de l’air de bien s’amuser. Il nota aussi la forte présence sur les photos du jeune acteur Malcom David Kelley, qui avait l’air d’être devenu un bon ami du blond. Billy sourit. « S’ils s’entendent aussi bien, c’est que Dom a su rester un grand enfant ! » L’actrice brune apparaissait aussi, très souvent dans les bras de l’Anglais. Billy n’arrivait pas à détacher ses yeux d’un cliché où son ami et la jeune femme se tenaient par la main tendrement, sur la plage, entre deux prises. Ses deux mains qui s’enlaçaient occultaient tout le reste des photographies, faisant oublier toutes celles où lui-même se retrouvait avec Dom. Il imaginait à nouveau ce couple s’étreignant, s’embrassant, se caressant… Il pouvait voir le visage de son Dominic excité par un baiser de la jeune femme, cherchant d’une main plus de peau à toucher et à explorer…

« Tu peux m’aider pour le texte ? Ils l’ont complètement changé et je dois me trouver dans trois quarts d’heure dans le studio ! »

Billy émergea de ses pensées et se tourna vers l’interprète de Charlie. Celui-ci dut sentir son malaise car il l’observa longuement avant de s’approcher et de poser délicatement une main sur son bras.

« Ça va toi ? On dirait que tu as vu un fantôme ! »

Billy secoua la tête lentement, son ami le fixant attentivement.

« C’est rien, j’étais perdu dans mes pensées. J’étais en train… hum… en train de regarder tes photos » lui dit-il, en désignant le mur.

Dom ne sembla pas convaincu mais reporta son attention vers les photographies, y cherchant une réponse.

« - Je n’avais pas encore vu celles de ce tournage. » Ajouta l’interprète de Peregrin.
« - Oui, je les ai rajouté après – après ton dernier séjour ici… » Répondit l’Anglais sans croiser son regard.

Un court silence suivit. Ils n’avaient pas encore envie de parler de ce moment dans leur amitié.

« Vous avez l’air de vous amusez sur ce tournage ! » Reprit Billy, avec un ton faussement enjoué.

Le blond sourit doucement.

« On ne s’y amuse pas autant que sur notre tournage mais je me suis trouvé de bons amis. On s’entend tous bien. Et comme il y a aussi beaucoup de mecs, il y a une atmosphère assez masculine, tempérée, c’est vrai, par la présence des filles. Elles ne sont pas nombreuses mais elles ne se font pas oublier, loin de là. »

Dom rit doucement, à l’évocation de certaines anecdotes de tournage.

« Elles peuvent même être diaboliques. »

Billy n’arrivait pas à partager la bonne humeur de son compagnon, son regard à nouveau reporté sur la photographie.

« Tu as l’air de bien t’entendre avec elle. »

Il n’eut pas besoin de lui indiquer le cliché ni la fille dont il lui parlait, Dominic comprit tout de suite. Son visage se radoucit, se mélangeant sur son visage un brin de tristesse mais aussi de tendresse.

« C’est une très bonne amie. Elle m’a aidé quand je n’allais pas bien, elle a su me faire ouvrir les yeux sur pas mal de choses. Et surtout, elle m’a pardonné alors que je l’avais blessée. Je crois que je ne serais pas là où je suis sans elle. »

Billy avait fermé ses paupières, son cœur saignait encore. Cette fille, même si elle ne sortait pas avec son ami, avait occupé la place qu’il n’aurait jamais dû quitter. Il savait qu’elle avait dû soutenir son meilleur ami après son dernier départ. Tout était de sa faute. Mais il devait savoir.

« Vous sortez ensemble ? »

Il avait réussi à prendre un ton neutre, masquant la douleur qu’il ressentait. Le blond ne répondit pas tout de suite. Il poussa un long soupir puis passa une main dans ses cheveux. Son ami l’observait, essayant de déchiffrer son comportement.

« Nous sommes plus ou moins sortis ensemble il y a quelques semaines mais nous avons vite su que ça ne pourrait pas marcher. Je ne suis pas en état d’être avec quelqu’un maintenant. Et elle, elle mérite vraiment un gars qui soit disponible pour elle. Tu comprends ? »

L’Écossais hocha la tête. Il était soulagé de savoir son ami libre. Il n’aurait pas supporté une réponse positive. Cette femme aurait pu prendre beaucoup d’importance dans la vie de l’Anglais. Elle avait assez de personnalité et de charme pour fasciner et prendre Dominic dans ses filets. Ce dernier aurait fini par oublier son ancien compagnon de tournage pour recréer avec l’actrice les liens qui les unissaient tous les deux. Mais une petite pointe d’angoisse se terrait encore dans son cœur.

Quand il regarda son ami, ce fut pour le voir le contempler. Il semblait résolu à discuter franchement avec lui. En effet, Dom était arrivé à une conclusion : il ne pouvait pas passer une nouvelle journée dans l’ignorance.

« Comment va Ali ? »

La question déstabilisa le châtain qui détourna le regard.

« Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que tu ne lui avais pas téléphoné depuis ton arrivée ici… Elle n’est pas chez vous ? Elle va bien au moins ? »

Billy ne voulait pas parler ni penser à la jeune femme, ni devoir expliquer à son ami qu’ils avaient rompu. Il devrait alors lui dire pourquoi et lui parler de toutes sortes de choses, dont leur dispute, desquelles il ne se sentait pas le courage de discuter. Il voulait encore pouvoir profiter de la présence de son ami avant de rentrer dans des considérations plus douloureuses. Il tourna le dos à son ami et se dirigea vers un petit réfrigérateur. Il l’ouvrit et en sortit une bouteille d’eau. Il essayait de se donner du temps pour trouver une réponse à donner.

« Ali va bien, ne t’inquiète pas. Elle est sur un boulot, hors de Glasgow. Elle est injoignable pour le moment. »

Voyant que son ami allait lui poser de nouvelles questions, il enchaîna :

« Tu ne m’as pas parlé d’un script à apprendre ? Il faudra qu’on s’y mette si tu veux que je t’aide. Il ne te reste plus beaucoup de temps avant le tournage. »

Dom hocha la tête, vaincu. Il n’avait pas du tout été satisfait par la réponse de l’autre homme. Elle ne lui apportait que de nouvelles questions.

S’il continua, dans le studio, à être le jeune homme enjoué qu’il avait été depuis le début de la journée, l’Écossais nota qu’il y avait un changement de son comportement. Dominic jouait un rôle. Cela le culpabilisa encore plus.

Billy se passait une main sur le visage, soudain las. Il aurait dû se douter que son arrivée surprise soulèverait beaucoup d’interrogation et inquiéterait son ami. Mais lui parler de sa rupture avec Ali était pour lui, à cet instant, trop dur. Il ne savait pas ce qu’il pourrait lui dire. Tout son être lui criait de lui avouer les véritables raisons de leur séparation mais il avait terriblement peur. Il ne pouvait pas perdre Dom, pas maintenant qu’il savait qu’il ne pourrait pas vivre sans lui.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:04

Dominic l’embrassait doucement sur les joues, le front, le nez… la bouche. Billy savoura le baiser, y répondit avec toute la passion qu’il avait en lui. Il pressa la nuque du blond pour approfondir le baiser, goûtant la saveur de sa langue. Mais, brusquement, son ami se détacha. L’Écossais le regarda s’éloigner. Son visage ne laissait deviner aucun sentiment, il se détourna simplement. Quand Billy voulut le suivre, il se trouva encerclé par l’obscurité. Il essaya de la déchirer en appelant celui qu’il aimait. Mais ses cris étaient retenus par cette noirceur hostile. Il était seul, abandonné.

Billy se réveilla en sursaut. Des larmes coulaient sur ses joues. Il haletait. Il lui fallut du temps pour comprendre que ce n’était qu’un cauchemar. Il se tourna sur le côté. Il était seul. Dom n’était pas là. Il regarda l’heure, il était près de trois heures. Il fronça les sourcils et sortit du lit.

Il trouva son ami, sur le canapé, devant la télé. Celle-ci émettait un doux murmure. Dom portait de temps en temps le goulot d’une bouteille de bière à la bouche, tout en regardant la rediffusion d’un match de basket.

Billy soupira et se dirigea vers le sofa. L’Anglais, l’ayant senti arrivé, se retourna vers lui. L’autre homme stoppa en contemplant ce visage chiffonné, complètement mangé par l’insomnie et si dépressif.

« Tu n’arrives pas à dormir ? » lui chuchota-t-il.

L’autre haussa les épaules.

« Ce n’est rien. Je n’ai pas encore envie de dormir. Depuis que tu es arrivé, je suis tes habitudes de couche-tôt mais mon organisme n’est pas habitué. Ne t’inquiète pas. Va te recoucher, je te rejoindrai bientôt, le temps que le sommeil me gagne. »

Il ne regarda pas une seule fois le châtain. Ce dernier savait que son ami lui mentait. Lui qui avait stupidement cru qu’il suffisait qu’il débarque tel Zorro sur son fier destrier pour pouvoir chasser la dépression de celui qu’il aimait, il s’était lourdement trompé. Ce qui rongeait Dominic était profondément enraciné en lui et il ne pourrait l’aider qu’en abattant cela en partant de ces-mêmes racines : son futur mariage. Il aurait voulu ne jamais en parler, se contenter de dire à son ami qu’il ne le quitterait plus mais c’était sans compter ce que Dom désirait réellement. À nouveau, il avait agi égoïstement, ne se souciant que de son propre intérêt et oubliant l’état psychique de l’Anglais.

Il s’assit près de lui et, sans rien préméditer, alla caresser doucement la joue rugueuse du blond. Ce dernier un peu surpris tourna les yeux vers lui. Il trouva en face de lui un homme décidé à discuter et à s’expliquer. Il sut alors qu’il aurait les réponses à ses questions et cette pensée le paniqua. Il voulait entendre ce que Billy avait à lui dire mais il ne pouvait s’empêcher de craindre ses paroles. Il blêmit mais hocha la tête, montrant à son ami qu’il l’écoutait attentivement.

Ce dernier se cala au mieux dans le canapé, soudainement impressionné. Par où commencer ? De longues minutes s’écoulèrent. Dom avait posé sa bouteille et toute son attention était portée sur le châtain. Celui-ci, assis en tailleur, les yeux baissés sur ses mains, tentait de mettre en ordre ses pensées.

« Tu pourrais commencer par me dire pourquoi tu n’as pas appelé Ali depuis ton arrivée ici ? »

Billy remercia d’un sourire son ami qui avait compris qu’il avait besoin d’un encouragement.

« -Elle doit être chez ses parents.
- Chez ses parents ? Mais… Comment ça elle « doit » être ? Tu ne sais même pas où elle est ? … Billy, qu’est-ce qui s’est passé ? »

Le châtain poussa un profond soupir, tout en se tournant vers la baie. La nuit était noire et il ne pouvait que deviner le roulis des vagues sur la plage. Il se sentait sur le point de pleurer, ne voulant plus penser à ce qu’il avait fait. Mais il savait qu’il devait se forcer pour le bien de son ami.

« Nous… Nous avons rompu… Nous… Je… »

Il n’arrivait pas à parler. Dominic quant à lui le regardait hébété sans comprendre. La petite phrase de Billy repassait en boucle dans son esprit. Ils avaient rompu. Il n’y avait plus d’Ali… Il n’y avait plus de mariage… Il y avait quelques jours à peine, il aurait tout donné pour entendre ces quelques mots. Il aurait dû se sentir heureux, sourire ou rire, mais en lui ne grondait que colère et incompréhension. Il ne comprenait pas ce qu’il ressentait. Il se sentit étouffé, pris au piège dans son salon. Il se leva rapidement, ouvrit une des portes de la baie vitrée et, traversant la terrasse, se dirigea d’un pas résolu vers la plage.

Billy, d’abord surpris par l’attitude de son meilleur ami, le suivit des yeux avant d’emprunter le même chemin que lui. Il le retrouva debout face à la mer, des vagues venant lui lécher les pieds. Il le trouvait beau, simplement vêtu d’un caleçon, les cheveux en bataille et les yeux tournés vers l’horizon. Il fut cloué par l’éclat rageur qui se dégageait des prunelles de Dominic quand celui-ci sentit sa présence. Il aurait aimé le serrer dans ses bras, pour lui dire que c’était terminé, que le cauchemar avait pris fin mais il ne s’en sentait pas le droit. Il comprenait ce que ressentait son ami. Il avait gâché sa vie en lui annonçant ce mariage et maintenant, il lui disait qu’il n’y avait plus rien, que toutes ses semaines de souffrance avaient été vécues pour rien. Billy aurait voulu pouvoir s’excuser mais des sanglots obstruaient sa gorge, il pleurait.

« Pourquoi ? »

Toute sa rage s’était concentrée dans ce simple mot.

« Je … Tu avais raison, nous ne pouvions pas nous marier. Pas parce qu’elle n’était pas faite pour moi. Non, c’était moi. C’est de ma faute. Elle n’aura jamais pu être heureuse. Je ne pouvais pas la satisfaire. Ce mariage dès ma demande n’a été qu’une sombre mascarade, qui m’empêchait de me remettre en question. Elle ne méritait pas de se marier avec un fantoche de mari. Elle a besoin elle aussi de quelqu’un qui pourra l’aimer plus que tout. De quelqu’un qui n’a pas d’autres attaches. Qui peut lui consacrer toute son affection… C’est dur à expliquer Dom. Moi-même je m’y perds. Je sais juste qu’il est arrivé un moment où je ne pouvais plus vivre cette fantaisie de mariage… Je … »

Billy aurait aimé lui crier qu’il l’aimait, que c’était pour lui qu’il avait tout arrêté, qu’il avait rompu avec Ali. Mais il n’y arrivait pas. Il pouvait vivre avec l’amour juste fraternel de son ami, pas avec sa pitié ou son mépris.

Dom s’approcha de lui. Le châtain notait que la colère disparaissait peu à peu de ses traits. Il le regardait profondément, le sondant jusqu’à son âme et le jeune homme se laissait faire, se livrant complètement à son meilleur ami. Il lui offrit son cœur et tout ce qu’il possédait en lui. Alors, Dom s’effondra sur lui, pleurant tout son saoul, comme un enfant réveillé d’un mauvais rêve, sanglotant bruyamment. Il s’accrochait désespérément à son ami qui resserra fermement ses bras autour de lui. Il voulait toujours être celui qui effacerait le doute et les pleurs de son esprit. Il l’aimait tellement.

Il ne sut combien de temps ils restèrent dans cette position. Il sentit son ami qui se relevait de son épaule. Il se décolla un peu mais ne put détacher ses bras de la taille de Dom. Ils se regardèrent. Finalement le blond sourit timidement.

«- Je m’excuse de…
- Chut, tais-toi. » Murmura l’Écossais tendrement. « Tu n’as pas à t’excuser. C’est à moi de le faire. »
Dom secoua doucement la tête.
« Si, je dois m’excuser. » Reprit le châtain. « Mais je crois que ni toi ni moi ne sommes plus en état de discuter. Heureusement que demain, c’est un jour de repos pour toi ! »

Le sourire de Dom s’élargit un peu. Ils se détachèrent un peu plus et, bras dessus bras dessous, rentrèrent dans la maison. Laissant la télé allumée, ils se dirigèrent vers la chambre et allèrent directement se coucher. Billy fut le premier à s’installer dans le lit. Il ouvrit ses bras, invitant ainsi son ami à se pelotonner contre lui. Cette fois-ci, ce fut Dom qui trouva sa place contre le cou de Billy. Il sentit l’odeur si caractéristique de l’Écossais, celle qui recherchait pendant ses nuits d’insomnie. Il laissa une de ses mains courir sur le torse du châtain. Ce dernier frissonna. Il répondit à la caresse en serrant plus fortement le blond dans ses bras. Il n’avait jamais été aussi possessif que cette nuit-là. Il voulait que son ami sache qu’il ne voulait pas le perdre et qu’il se battrait pour que cela n’arrive jamais.

« Combien de temps restes-tu encore ? »

Billy aurait aimé lui répondre qu’il restait autant de temps qu’il le voudrait mais il ne vivait pas dans un monde parfait et il avait des obligations.

« Mon prochain tournage se commence dans une quinzaine de jours. Mais je dois être en Angleterre avec deux ou trois jours d’avance. Je reste encore une bonne dizaine de jours. »

Dom sourit à la perspective de passer autant de jours avec son ami. Il n’avait pas pris de congés depuis longtemps, il essaierait de voir lundi s’il pouvait s’éclipser du tournage pendant quelques jours. Débordant de joie, il déposa un long baiser sur l’omoplate dénudé de Billy. Celui-ci lui répondit par un baiser sur le front.

« Dors maintenant. » Lui dit l’Écossais.

Dom se recala correctement sur le torse du châtain. Il s’endormit rapidement, bercé par le doux accent de son ami, lui chantant une chanson de son enfance, que sa mère lui avait apprise. Billy s’arrêta quand il fut assuré que son ami dormait.

« Dors Dominic. » Lui murmura-t-il, tout en caressant ses cheveux de son visage délicatement pour ne pas le réveiller.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:05

L’ambiance est joyeuse. Tout le monde rit, discute, se raconte sa vie. C’est une atmosphère de petite famille qui me rappelle nos bons moments en Nouvelle-Zélande. Le cadre joue beaucoup. Nous sommes tous installés sur la terrasse de la maison de Dom, face à cette mer si calme que nous livre sa musique. La nuit est tombée depuis longtemps. Des lampions et des bougies éclairent nos victuailles.

Dominic a obtenu une semaine de congés. JJ Abrams et les producteurs ont décidé de faire un break pour leur permettre d’avancer dans l’écriture et la production de la série. D’autres acteurs se retrouvent ainsi en vacances, seuls les interprètes de Jack, Kate, Sawyer et Sayid doivent encore boucler quelques scènes.

Nous avons passé la journée avec mon Charlie à rendre la maison présentable. Il a fallu débarrasser le salon de ses nombreux paquets de chips vides, de packs de bières et de boîtes de pizzas. Nous avons dû aussi faire les courses et bien sûr préparer le repas. J’ai cru que nous n’arriverions jamais à faire cette partie du programme. J’avais remarqué que Dom ne rentrait plus que par extrême nécessité dans sa cuisine. Mais aujourd’hui, il s’est finalement décidé à y aller. En revanche, il m’a éloigné de la pièce le plus possible. J’ai respecté ses désirs. Je ne veux pas non plus repenser à ce que je lui ai fait subir.

Qui aurait pu croire en le regardant ce soir entouré de ses nouveaux amis qu’il avait passé une nouvelle nuit à tenter de trouver le sommeil. Je m’étais promis d’attendre qu’il s’endorme mais j’ai été rattrapé par le marchand de sable, sans y pouvoir rien faire. Je suis ainsi fait : aussitôt que je pose ma tête sur un oreiller, le sommeil me gagne. Heureusement, j’avais fait promettre à Dom de me réveiller au moindre problème d’insomnie. Il n’osait pas au départ le faire, mais il a fini par m’appeler doucement, en me secouant légèrement. Ce n’est que lorsque j’ai senti une main douce caresser avec insistance ma joue que j’ai ouvert les yeux sur un Dom gêné de devoir déranger mon sommeil. J’ai vite couper court à ces excuses. Comme la veille, je l’ai bercé. Je l’ai senti se décrisper progressivement, apaisé par ma voix. Il n’a pas pour autant trouvé le sommeil. Comme j’étais définitivement réveillé, nous sommes restés enlacés dans le lit, discutant de littérature et de cinéma, jusqu’au petit jour. Dom me parlait de ce chef d’œuvre du septième art qu’était pour lui « Le Monde de Nemo » quand il s’est arrêté au beau milieu d’une phrase. Il s’était endormi. Je ne l’ai pas tout de suite suivi dans le sommeil, profitant de la première clarté filtrant par les volets pour contempler son visage tourné vers moi, sa bouche légèrement entrouverte, ses lèvres si près, si douces… Je n’ai pas pu m’empêcher de les effleurer prudemment de mes doigts, me contentant de cette ébauche de baiser.

Un nouvel éclat de rire dans l’assemblée brise mon état de rêve éveillé. Dom est secoué d’un fou rire devant moi. J’aime le voir ainsi, c’est mon Dom, la bouche relevée dans son sourire si caractéristique, montrant pleinement le petit garçon malicieux qu’il est, les yeux un peu plissés, provoquant de petites rides autour de ces yeux. Je bénis ces petites rides qui prouvent à quel point il est heureux.

Il tourne la tête vers moi. Il a noté l’insistance de mon regard sur lui. Je devrais détourner les yeux, cacher ce que j’y ai mais je n’y arrive pas. Peu à peu, son sourire s’évanouit. La gaieté est toujours là, inscrite dans ses prunelles, mais il se tend imperceptiblement. Il les accroche aux miennes, cherchant à comprendre ce que j’attends de lui. Autour de nous, tout a disparu, les conversations se fondent dans un bruit imperceptible, loin de nous. Rien ne compte plus pour moi que la présence à quelques mètres de Dominic.

Je le vois réfléchir, se poser des questions. Les sourcils légèrement froncés, il commence à se mordiller la lèvre inférieure. Mon attention dévie vers cette lèvre violentée. J’aimerai tellement être celui qui lui fait subir ce doux tourment, croquer dans cette chair qui me serait enfin offerte. Je sens le désir affluer dans mon sang. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. J’ai un besoin urgent de le goûter. Je suis prêt à me lever pour entraîner sous un prétexte quelconque mon meilleur ami dans la maison quand Matthew Fox m’interpelle :

« Au fait, Billy… »

Je me détourne à regret de Dom pour donner un semblant d’attention au brun, mes pensées encore complètement envahies par la bouche de mon ami.

«… Félicitations ! » Finit-il dans un large sourire. Je suis un peu interloqué.

Il a dû sentir que je n’avais pas saisi puisqu’il ajoute :

« Pour ton futur mariage ! »

Je lui dédie enfin toute mon attention. Ses paroles me font l’effet d’une douche froide, mon sang se glace et toute la passion, que je ressentais il y encore quelques secondes, se réfugie à nouveau au fond de mon cœur. Rapidement, je me crée un visage et reprend contenance :

«- Merci beaucoup.

- La date approche, non ? Qu’est-ce que ça te fait de te faire passer la corde au cou ? » Demande alors le jeune acteur Ian Somerhalder, installé près de Matthew.

Je hausse les épaules, dans le rôle du fiancé blasé et réponds, grimaçant un sourire :

« - Tu sais je n’ai pas à m’occuper de grand-chose. Ali, ma fiancée, prépare tout de A à Z. Je n’ai plus qu’à me pointer le jour dit, à la bonne heure et en costume ! »

Ma réplique déclenche de nouveaux rires, seul Dom ne suit pas le mouvement. Il évite de me regarder. Mon visage est souriant, mon masque est parfait. A l’intérieur, je souffre de le voir se refermer.

Bien vite, son amie relance la conversation dans une nouvelle direction, harcelant Harold Perrineau, lui demandant s’il a gardé contact avec Leonardo Di Caprio. Les éléments féminins du cast piaillent et minaudent des « Léééééééééoooooooooo », sous les regards amusés des garçons.

Je n’ai pas lâché Dom. De nouveau, il sent que je l’observe. Il me contemple alors et me sourit légèrement. Je me détends seulement à ce moment. Nos échanges visuels se font plus doux, moins voraces. Nous discutons tranquillement avec Jorge et Terry. La soirée se finit comme elle a commencé, entre éclat de rire et amitié.


Je suis moulu. La soirée s’est terminée il y a plus d’une heure mais nous avons dû tout ranger, la cuisine, la terrasse mais aussi le salon. Une petite douche avant d’aller me coucher et je suis prêt à rejoindre les bras de Morphée. Enfin, présentement et concrètement, ce sont ceux de Dom qui vont m’accueillir. Je souris. Et me dépêche de me préparer. Plus les jours passent, plus j’attends l’heure du coucher avec une impatience grandissante. C’est le seul moment où je peux avoir toute l’affection de mon ami, sans avoir à donner une justification. Je sors enfin de la salle de bain.

Dans la chambre, il y a peu de lumière, provenant uniquement d’une lampe de chevet, près du lit. Dom est couché sur le côté que j’occupe habituellement. Il me tourne le dos et à entendre sa respiration, je dirais qu’il est endormi. Je me dirige lentement vers lui et m’assois délicatement sur le matelas. Je ne veux pas le réveiller. Je me penche vers lui. Ses yeux sont clos, voilés par quelques mèches blondes.

Cette nuit, il n’aura pas besoin de moi pour s’endormir. Je reste un moment à contempler ses traits de petit ange. Il dort paisiblement, toute terreur semble l’avoir quitté.

Je suis moi-même très fatigué, je me décide à me coucher. Mais de la façon qu’est installé mon Merry, je ne pourrai jamais me retrouver dans ses bras.

J’éteins la lumière et m’étends près du corps de mon meilleur ami. Je le sens chaud près de moi. Je me coule alors contre lui, mes courbes épousant les siennes. Je passe un bras au-dessus de sa tête, un autre vient encercler sa taille et je me rapproche de lui, mon torse se soudant à son dos. J’ai essayé de ne pas le réveiller mais je le sens s’agiter.

« Bill ??! » Murmure-t-il, encore endormi, seulement conscient d’un poids près de lui.

« Chuuuuuut… Ce n’est rien, rendors-toi. » Je lui chuchote.

Il tourne légèrement sa tête vers moi, ses yeux clos. Il se colle alors totalement à moi. Je sens chaque partie de son corps s’emboîter au mien. Mes jambes, indépendamment de ma volonté, vont à la rencontre des siennes et les enlacent dans un enchevêtrement de membres. Dom vient prendre ma main se trouvant sur son torse et la serre fortement.

Mon visage se cache dans sa nuque, mon souffle jouant avec les mèches longues s’y trouvant. Doucement, j’en capture une dans ma bouche, goûtant la vanille de son shampooing. L’odeur musquée qui émane de son corps me fait bouillir. Je picore quelques baisers sur sa peau, me rapprochant de son cou. Je sens la respiration de Dom s’accélérer légèrement et il lâche un soupir de pure extase. Ce son me remplit de joie. Je termine ma course sur sa joue et y dépose une dernière fois mes lèvres. Je sens qu’il part lentement. Ma main emprisonnée obtient une peine moins lourde. Il s’est endormi.

Mon nez retourne vers son abri de cheveux. Je me concentre sur ce corps près du mien, imprimant son empreinte dans mon esprit, pour pouvoir le récréer à mon aise plus tard, quand je serai parti, loin de lui…
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:06

La voiture se gara le long du parking désert, face à l’étendue bleue. Le vent soufflait fort sur cette partie de l’île, ébouriffant les cheveux de l’acteur. Celui-ci coupa le moteur et leva les bras, s’étirant largement et emplissant ses poumons d’air frais. Il ferma les yeux. Doucement, il plaça ses mains sur le volant et, la tête toujours levée, il commença une série d’exercices de respiration, pour se relaxer. Il essaya de se concentrer sur les battements de son cœur, écoutant son rythme. Sa tête était vide de toutes préoccupations. Il vivait ce pur moment de calme.

Quand il avait emménagé sur l’île, il avait pris quelques jours pour visiter le coin. Il avait trouvé cet endroit, par le plus grand des hasards, alors qu’il suivait un tronçon de route abandonnée qui ne débouchait que sur ce parking isolé. Le paysage y était magnifique. L’océan était toujours déchaîné, se fracassant violemment sur des rochers escarpés, ce qui empêchait le surf et faisait fuir les nageurs. Il n’y avait jamais personne ici et, très vite, ce petit coin était devenu son refuge.

Abandonnant ses chaussures, il sortit du véhicule et se dirigea vers la plage. Pieds nus, il marcha plusieurs mètres sur le sable. Souriant, il s’assit en tailleur et entreprit de nouveaux exercices.

Cela faisait plusieurs semaines qu’il n’était pas venu. Le médecin qu’il avait vu à L.A. lui avait interdit de prendre le volant. Du fait de ses insomnies et de son manque d’appétit, il lui arrivait de faire de petits malaises soudains. Le spécialiste craignait qu’il ne s’évanouisse en conduisant. Depuis, il prenait des taxis ou se faisait conduire pour rejoindre le lieu du tournage. Mais il se sentait incontestablement mieux depuis l’arrivée de Billy. Il mangeait convenablement et semblait commencer à apprivoiser le sommeil, son ami veillant à son confort.

Il soupira, interrompant ainsi son exercice.

Il porta une main dans ses cheveux. Il l’avait fui… Il avait fui Billy….

Il avait prétexté des courses à faire et des visites dans la matinée pour prendre du temps pour lui et réfléchir. Depuis que l’Écossais était revenu dans sa vie, il n’avait pas eu beaucoup de temps seul. De plus, il ne savait pas ce qu’il aurait pu faire s’il avait dû rester en présence de son meilleur ami…

Ramenant ses jambes contre son torse, il les encercla de ses bras et se prit à sourire. Il posa son menton sur ses genoux, contemplant les vagues. Son sourire s’élargit tendrement quand il repensa à son réveil.

*************************************************************
Il se réveilla doucement, émergeant peu à peu de son sommeil sans rêves. Ses yeux papillonnèrent un moment, ils luttaient pour rester ouverts.

Sa première pensée fut que Billy n’était pas dans ses bras et qu’il n’était pas non plus dans les siens… Enfin c’est ce qu’il croyait au début. Puis, il avait pris conscience des nombreuses parties de son corps collées à celui de son meilleur ami. Leurs pieds se touchaient, leurs jambes étaient emmêlées. Le bassin de l’Écossais était plaqué contre ses fesses. Son torse était emboîté à son dos. Le visage de son ami était niché dans sa nuque. Sa respiration était régulière. Il était encore endormi. Dom sentait le torse de son ami se soulever au rythme de ses inspirations. Les fois où l’Anglais se réveillait avant Billy étaient rares. Et il comptait bien profiter de celle-ci. Doucement, il recula pour se rapprocher encore plus de son meilleur ami, faisant disparaître la courte distance qui les séparait encore.

Il soupira de contentement et réprima un ronronnement. Il souriait, radieux, les yeux fermés. Il caressa la main qui se trouvait sur son torse, lentement. Il se souvenait encore de la lueur qui dansait dans les yeux de Billy, hier au soir. Était-ce du désir ? Se pouvait-il que son ami se sente attiré par lui ? Dom n’arrivait pas à répondre à ces questions. Il avait peur de se faire des idées. Mais il ne pouvait s’empêcher de se rappeler du regard de son compagnon déviant sur ses lèvres et du voile qui avait recouvert ses prunelles. Il avait été complètement fasciné par ce qu’il voyait. Cela n’avait pas duré longtemps. Néanmoins cet échange l’avait bouleversé.

D’autres pensées vinrent rejoindre ses souvenirs. Il se posait beaucoup de questions…

Il s’imaginait surtout se retourner doucement, et, lentement, prendre possession des lèvres qui étaient maintenant pressées contre sa nuque. Il avait eu un aperçu d’un baiser échangé avec Billy mais il aurait tout donnerait pour pouvoir goûter un nouveau qui serait suave, amoureux et complètement partagé. Il se demandait quelles étaient les sensations de caresser intimement son ami, le déshabiller et découvrir les recoins cachés de son corps, ceux qu’il n’avait pas encore eu loisir d’admirer. Il n’avait jamais été avec un homme et il ne savait pas s’il apprécierait l’expérience.

Mais il s’agissait de Billy, il aimait tout ce qui concernait le jeune homme. Chacun de ses sourires, chacune de ses grimaces, ses qualités comme ses défauts, son accent écossais, ses grognements comme ses éclats de rire, ses colères, son calme, ses yeux mutins…

Son sourire s’élargit. Il avait tellement envie de découvrir l’expression de Billy pendant qu’il jouissait, savoir ce que ça faisait d’être en lui ou au contraire sentir Bill en lui.

Il ouvrit les yeux et essaya de respirer calmement pour chasser la sensation de chaleur de son bas-ventre. S’il continuait aussi, il devrait aller prendre rapidement une douche froide.

Il sentit alors son ami bouger dans son dos. Il se réveillait.

Dom continuait de caresser la main de son ancien partenaire quand ses doigts agrippèrent les siens. Il sourit lentement quand il entendit Billy grommeler en s’éveillant. Le nez de l’Écossais vint se frotter sa nuque, un petit baiser vint le remplacer.

« ‘Jour toi. » chuchota le châtain.

Dom rit légèrement et entreprit de se retourner. Il se retrouva très vite dans le bras de l’autre, ses yeux fixés au sien. Leurs fronts se rejoignirent, les yeux se fermèrent.

« Bonjour Billy-Boy. » lui répondit-il.

Ils restèrent ainsi un bon moment, Billy caressant le dos de Dominic un long instant. On aurait dit deux amants se réveillant d’une nuit d’amour …

Leur doux moment fut interrompu par un grognement du ventre de Dom. L’Écossais éclata de rire.

«Qu’est-ce que tu dirais si j’allais préparer le petit-déjeuner, Dommie ? »

Le blond hocha la tête sans prononcer un mot. L’autre quitta le lit, délaissant celui qui aurait aimé être son amant. Ce dernier se coula sur le dos et posa un bras sur son front. Son autre main s’aventurait sur son ventre, à la limite de son caleçon. Il sentait son désir grandir alors que l’Écossais sortait de la chambre en caleçon. Des images plus érotiques les unes que les autres envahissaient ses pensées. Rapidement il se leva pour aller prendre une douche.

Le petit-déjeuner fut une torture. Mais il arriva vite à se calmer quand il repensa à ce qui s’était passé dans la cuisine la dernière fois qu’il avait embrassé son ami.

*************************************************************

Il avait préféré partir de la maison quelques heures, le temps de calmer ses ardeurs. Mais des interrogations et des hypothèses se bousculaient en lui : que se passerait-il s’il s’embrassait son meilleur ami ? Est-ce qu’il le repousserait comme la dernière fois ? Ou y répondrait-il ? Quelque chose dans l’attitude de l’Écossais lui laissait avoir quelques espoirs mais il n’osait pas essayer. Le voir partir comme la dernière fois était au-dessus de ses forces. Il ne pourrait pas vivre sans la présence, même téléphonique, de son meilleur ami. Il avait tellement pris d’importance pour lui que ça en était effrayant. Soupirant une dernière fois et chassant ses pensées moroses, Dom décida de revenir chez lui.

Il trouva Billy sur la terrasse, finissant de mettre la table. Celui-ci avait préparé le déjeuner et attendait l’arrivée de l’Anglais. Quand il le vit, il lui dédia un splendide sourire, qui emplit son meilleur ami de joie. Une bouffée d’amour remonta en lui et sans y penser, il alla encercler Billy de ses bras et le prit dans une longue embrassade. L’Écossais, d’abord surpris, ne réagit pas tout de suite puis il glissa ses mains autour du cou de l’Anglais et vint se serrer contre lui.

« - Que me vaut cette charmante attention ?
- Rien… Tout… Tu m’as manqué. »

Billy rit doucement.

« - Tu n’es parti que quelques heures !
- Je sais. » Murmura-t-il.

Dom ferma les yeux, savourant la chaleur de son meilleur ami.

Billy était très heureux. Une de ses mains se dirigea vers la tête de son meilleur ami et caressa délicatement ses cheveux. Depuis son retour, il avait sentit que Dominic avait changé. Il était certes fatigué et plus fragile mais il avait l’air bizarrement plus apaisé, plus posé. Il n’était plus si casse-cou ni si tête brûlée comme en Nouvelle-Zélande. Il avait mûri. En fait, ils avaient tous deux évolués pendant leur séparation et cela se ressentait dans leur lien. Dom recherchait beaucoup son affection, de plus en plus même, et Billy était heureux de pouvoir le satisfaire.

Légèrement, sa joue rasée vint se frotter à celle rugueuse de son meilleur ami, son nez vint jouer avec celui du blond, puis il y déposa un baiser. Il continua à en parsemer son visage : les joues, le front, le menton, ses paupières… Puis il recula pour contempler le visage de son compagnon. Dom avait les yeux mi-clos, la bouche entrouverte. Comme la veille au soir, le châtain était fasciné par les lèvres de son ami. Il y porta ses doigts et les effleura suavement. Dominic raffermit sa prise sur son dos, l’entraînant ainsi plus près de lui. Billy regardait toujours les lèvres-cerises de son Dom, qui approchaient. Mais impatient, il finit par combler la distance qui les séparait encore. Leur goût le hantait depuis le dîner, il voulait savoir. Dominic répondit promptement au baiser, capturant la lèvre inférieure de Billy. Leurs bouches s’ouvrirent laissant deux langues anxieuses se toucher, se caresser. Les sensations qu’expérimentait l’ancien interprète de Pippin n’étaient en rien comparables à ce qu’il avait ressenti lors du précédent baiser. La passion et la fougue qui étaient en jeu maintenant le balayaient complètement pour ne laisser que les perceptions de celui-ci : leur premier baiser.

Billy ne regrettait plus tout ce qui l’avait conduit ici ; sa rupture avec Ali, son mariage annulé, son départ précipité de son Écosse natale… Ce seul moment valait toutes ses erreurs : être dans les bras de Dominic, dans un cadre paradisiaque, le savourant et le caressant.

Il se rendit compte qu’il gémissait quand son meilleur ami s’accrocha à lui fortement, emplissant les espaces qui auraient pu rester entre eux.

Comme il l’avait commencé, ce fut le châtain qui termina le baiser. Brusquement, il se recula. Atone et muet, il se contentait de fixer Dom. Du désir mêlé à de la peur se lisait sur chacun de leurs traits. La peur l’emporta chez Billy qui s’enfuit de la terrasse.

« Je vais aller chercher les plats. »

Dominic le laissa partir. Il s’assit sur la rambarde, un peu abruti par ce qu’il venait de vivre. Il pouvait encore sentir le corps de son ami pressé contre le sien, sa bouche touchant la sienne.

Peu à peu, un sourire radieux s’étendit sur son visage. Ce baiser, c’était Billy qui l’avait voulu, lui qu’il avait pratiquement dirigé… mais aussi lui qui l’avait fui. Cette dernière remarque aurait dû le rendre triste mais il comprenait maintenant que son meilleur ami était partagé.

« Bien que tu t’en défendes, tu me désires. Je l’ai senti, je le ressens encore. Mais tu as peur… Je te désire aussi Bill, alors je vais tout faire pour que tu y succombes, que tu t’étourdisses et que tu oublies tes craintes inutiles… Ne te détourne pas de moi. N’aie pas peur, approche-toi et laisse-toi aller. Tout se passera bien… Maintenant … tout ira pour le mieux… »
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:07

Billy, appuyé contre la porte de la cuisine, respirait de manière saccadée. Il ferma les yeux et serra les poings, puis il les porta à ses tempes, dans une tentative d’effacer toutes les pensées, les souvenirs et le désir qui bouillonnaient en lui. Il secoua la tête pour essayer de revenir à la raison et penser correctement. Finalement, il baissa ses poings, ouvrit les yeux et fit quelques pas vers la table de la cuisine. Là, il se laissa tomber sur une chaise. Il avait les yeux dans le vague, complètement défait par ce qu’il venait de faire.

Il avait embrassé son meilleur ami.

Il n’aurait pas pu faire de plus grosse connerie…

Mais bon dieu ! Que c’était bon ! Il rêvait depuis tellement de temps d’un baiser de ce genre. Passionné et totalement partagé. C’était la meilleure chose qui lui soit arrivé, après le tournage du LOTR… Dom l’avait si bien embrassé …

Il se leva à cette pensée, glacé. « Tu viens de faire la pire bêtise de ta vie et tu t’extasies sur les qualités des baisers de Dominic ! Tu devrais t’estimer encore heureux s’il ne t’adresse ne serait-ce qu’un seul regard après ce que tu as osé faire ! »

Il craignait la réaction du blond. Il avait fait exactement la même chose qu’il lui avait reproché, quelques temps plus tôt. Quel imbécile il était ! Bien sûr que Dom réagirait mal. Il ne lui avait pas parlé pendant de longues semaines après que l’Anglais ait osé l’embrasser, coupant tous liens, l’effaçant de sa vie. Puis il rentrait à nouveau dans la sienne, comme si de rien n’était, lui annonçait qu’il avait rompu avec sa fiancée, lui faisant ainsi comprendre que tous les tourments qu’il avait vécu depuis leur séparation –et qu’il vivait encore- était inutiles. Et, pour finir, il répétait le geste qui avait rompu leur amitié.

Il avait réellement peur maintenant. Il tremblait rien qu’à l’idée que son ami pourrait lui demander de partir. Jamais il ne survivrait sans son amitié. Il ne pourrait pas repartir en Ecosse, en sachant que de toute sa vie, il n’aurait plus l’occasion de reprendre l’avion pour retrouver son meilleur ami, dans un coin du globe.

Il tournait en rond dans la cuisine, s’angoissant, imaginant le visage furieux et blessé de Dominic qui exigerait son départ dans les plus bref délais. Les larmes aux yeux, il se voyait quitter cette maison qu’il aimait tant, sans un au revoir de la part de son meilleur ami, puis retourner dans son appartement, vide de sens puisqu’il avait perdu celui qui faisait sa vie.

Reniflant, il s’arrêta au milieu de la pièce et essaya de se raisonner. Il pourrait toujours essayer de lui parler, de lui expliquer pourquoi il avait fait ça. Il ne savait pas encore ce qu’il pourrait dire… mais il trouverait sûrement.

Reprenant contenance, il prit machinalement les plats, qu’il avait dit venir chercher, et s’obligea à sortir de son relatif refuge. Il se dirigea lentement vers la terrasse, essayant au maximum de ralentir la confrontation qu’il ne pouvait imaginer que difficile.

Dehors, Dominic l’attendait assis sur la rambarde. Un verre de jus de fruit dans les mains, des lunettes aux verres bleus sur les yeux, il semblait profiter des rayons de soleil. Inquiet, son ami n’osait pas le regarder directement. Il posa les plats mais resta debout près de la table, attendant les prochains mots du blond, ceux qui décideraient de son sort. Mais, à son étonnement, son meilleur ami se contenta de lui sourire puis de s’asseoir à sa place. Il posa le verre sur la table et, d’un air gourmand, huma les mets préparés par l’Ecossais, se frottant les mains. Il se servit. Billy, toujours debout, le fixait, réellement surpris. L’autre finit par lever la tête en notant que le châtain ne bougeait pas.

« Ca ne va pas, Billy-Boy ? Tu n’as pas faim ? Tu devrais t’asseoir, tout cela m’a l’air très bon. J’ai une faim de loup ! » Dit-il en regardant intensément son ancien compagnon de tournage. Puis il reporta son attention sur son assiette, mangeant avec appétit.

Billy s’assit doucement, un peu abasourdi par la réaction de Dom. Il en venait à douter de ce qui s’était passé. Avait-il simplement rêvé ?

Le déjeuner se déroula tranquillement, l’Anglais alimentant toute la conversation. En effet, le châtain n’arrivait pas spécialement à concentrer son attention, trop troublé par la présence de son ami, son attitude et ce qui s’était passé plus tôt. Bizarrement, il était déçu par la façon dont agissait Dom. Il aurait presque préféré une dispute qui l’aurait aidé à mettre tout au clair à cette joyeuse indifférence. Bien sûr, il aurait pu aborder lui-même le sujet mais il n’y arrivait pas, n’osant pas déclarer à voix haute les raisons qui avaient amené son geste tendre. Il réprima un soupir malheureux, en écoutant le babillage de l’autre homme. C’était comme si ce baiser n’avait eu aucune importance pour son ami. Lui-même en ressentait encore tous les effets, son sang pulsait rapidement dans se veines, son estomac était également tout noué (il n’arrivait d’ailleurs pas à avaler une bouchée) et sa peau frémissait au souvenir des caresses prodiguées par son meilleur ami. A la fin du déjeuner, il se sentait assez las et plutôt triste, alors que Dom, lui, semblait plein de vie.

Ils passèrent l’après-midi en ville, comme ils l’avaient décidé la veille. En effet, Billy voulait profiter de son séjour sur l’île pour acheter des cadeaux à sa sœur Margaret, son mari et à leurs enfants. Il adorait sa petite famille. De plus, tous les deux pensaient à Sean et à Christine. Ils devaient trouver quelque chose qui servirait à une maman et son futur bébé. De ce fait, ils ne pouvaient décemment pas oublier les autres fillettes du couple. Dominic en profita aussi pour acheter des babioles à sa famille. Ils rentrèrent chez l’acteur de Lost les bras chargés de sacs. Tous deux adoraient faire des emplettes et s’amusaient beaucoup à les faire ensemble. La dernière fois remontait à assez longtemps, ils en profitèrent au maximum.

Le soir, Dom proposa à son meilleur ami de sortir en boîte. Cela serait leur première nuit de fête depuis l’arrivée du châtain. Ce dernier hésita un peu mais, voyant la mine réjouie de son ami, il ne put lui gâcher son plaisir.

Ils allèrent dans un endroit à la mode où passait la musique branchée du moment. La boîte se divisait en deux parties, l’une se trouvant en pleine air, et jouissait d’une plage privée. Il y avait beaucoup de clients. Dominic semblait connaître les lieux, le personnel et pas mal d’habitués. Billy ne se sentit pas tout de suite à l’aise. Il alla s’asseoir au bar et, de là, regarda son ami aller de tables en tables pour saluer certaines personnes et discuter. Il retrouvait le Dominic communicatif, le joyeux drille, prompt à faire la fête, à danser et à boire. Il remarqua les regards que des jeunes femmes lançaient à son ami. Il était le centre de beaucoup d’attentions. Quand une jolie blonde se leva de sa table pour s’approcher, aguicheuse, de son meilleur ami, l’Ecossais se retourna, ne voulant pas assister à la scène. Il ferma les yeux et porta à sa bouche son verre. L’alcool passa lentement dans sa gorge. Il aurait besoin de ça et de plus pour tenir la soirée.

C’était la raison pour laquelle il avait hésité à venir : voir son ami draguer ou se faire draguer était au-dessus de ses forces. Il se souvenait de leurs soirées à Wellington ou dans une autre ville de Nouvelle-Zélande. Dom arrivait toujours à obtenir une compagnie féminine dans tous les bars, clubs et autres boîtes où ils allaient, qu’il la ramène ou non ensuite chez lui (cela dépendait généralement si Billy venait dormir dans son appartement). Même s’il savait que l’Anglais n’aurait aucune présence dans son lit à part la sienne cette nuit-là, savoir qu’il aurait passé la soirée à séduire une fille, à l’embrasser, à la caresser et ensuite sentir son parfum sur son meilleur ami le rendait déjà malade. Il se demandait s’il ne pourrait pas partir discrètement quand il sentit une main baladeuse se poser sur le bas de son dos et remonter lentement vers sa nuque, où elle resta. Ce contact l’électrisa. Il se retourna rapidement vers le propriétaire de cette main et rencontra le regard azur de Dom. Etonné, il jeta un coup d’œil derrière lui. La jeune femme semblait bouder près de la table de ses amies. Le blond ne lui fit aucun commentaire et lui-même ne posa aucune question.

Son ami ne le quitta plus de la nuit. Il alla même aux toilettes en même temps que lui. L’Anglais ne faisait attention à personne d’autre qu’à lui ; bavardant et essayant de le faire rire. Des deux, c’était lui le plus raisonnable ; il prenait la voiture pour le retour. Billy s’en donnait donc à cœur joie et goûta certains cocktails maison que son meilleur ami lui conseillait. Il avait déjà pas mal bu quand l’interprète de Charlie, le prenant par la main, l’emmena sur la piste de danse, qui se trouvait sur la plage. Là, sur une musique rythmée, il se déhancha, appréciant le regard rempli de désir de son Merry. Quand ce dernier s’approcha pour danser plus intimement avec lui, il s’amusa à le provoquer, alternant les attouchements physiques et les fuites. Leurs bassins se trouvaient souvent en contact, provoquant chez les deux des réactions assez vives. Dom, à contre cœur, se décida à calmer le jeu. Billy était complètement ivre, il ne voulait pas que ce dernier fasse quelque chose sous l’effet de l’alcool qu’il regretterait plus tard.

Ils ne repartirent qu’au petit matin. Dominic conduisait doucement, laissant l’air marin les dégriser paisiblement. Billy, gaie et vive luciole dans la boîte, s’éteignit rapidement. Il s’endormit assez vite, fatigué par tant de danses et de beuveries.

Dom gara sa voiture devant chez lui et se retourna vers son passager pour le réveiller. Il s’arrêta en voyant le visage calme de son meilleur ami. Il reposait près de lui, confiant, la tête tournée de son côté. Il le trouva tellement beau qu’il retomba amoureux de lui, son cœur se contractant dans sa poitrine. Troublé et ému de pouvoir connaître ce qu’il estimait être une pure perfection, il écarta une mèche de la tempe de Billy. Timidement, il se pencha avec une lenteur prudente, son cœur cognant si fort contre son thorax qu’il était persuadé que le bruit ne pourrait que réveiller l’endormi. Il stoppa à quelques centimètres du châtain puis, par impulsion, effleura suavement la joue, à la limite de la bouche, de l’Ecossais, d’un baiser superficiel. Mais celui-ci devait être suffisamment chargé en émotion car le jeune homme ouvrit les yeux. Il fut d’abord surpris de trouver son meilleur ami si proche de son visage. Les yeux céruléens le regardaient avec tant de tendresse et d’affection qu’il en fut bouleversé. Puis il sourit doucement et s’apprêta à refermer ses yeux, trop lourds à garder ouverts.

« Hé, la Belle au Bois Dormant, ne te rendors pas tout de suite ! Nous sommes arrivés. Il est hors de question que je te porte jusqu’au lit… Tu es bien trop lourd pour moi ! »

Dom rit pendant que son ami grognait des mots incompréhensibles. Ils quittèrent le véhicule et entrèrent dans la maison. Rapidement, ils se dirigèrent vers la chambre et se déshabillèrent.

L’Ecossais était groggy par le sommeil, il ne pensait qu’à dormir. Il s’installa très vite dans le lit. Il était déjà couché sur le flanc, à moitié endormi, quand Dominic se coucha à son tour. Ce dernier s’approcha de son ami et l’attira contre lui. Le châtain se laissa faire, soupirant doucement. Ils se calèrent l’un contre l’autre, retrouvant l’emboîtement de leur corps. Billy s’abandonna contre le torse du blond, remonta son visage au niveau de son cou, y déposa un léger baiser puis plaça une main sur son autre épaule. Cela permit à l’Anglais de raffermir sa prise et enserrer son ami dans une étreinte possessive. L’Ecossais était déjà endormi quand l’autre commença à caresser le bras qui lui barrait le torse. Il avait les yeux encore ouverts, pensant à tout ce qu’ils avaient fait aujourd’hui mais aussi à tout le chemin parcouru depuis le retour de son Pippin.

Il ne s’était pas senti comme ça depuis plusieurs semaines. Il était tout simplement heureux. Le sommeil le prit d’un coup, un sourire espiègle accroché aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:07

Billy émergea de son sommeil le front martelé régulièrement. Il avait la désagréable impression que quelqu’un essayait de lui enfoncer des clous dans le crâne. Il posa sa main sur son front, essayant vainement de se rafraîchir les idées.

Une main douce se posa sur son torse et s’y promena, lui administrant des caresses apaisantes.
Le châtain se risqua à ouvrir un œil, pour se retrouver face à son meilleur ami. Celui-ci l’observait attentivement, un petit sourire aux lèvres.

« Ca va la tête ? » Lui chuchota-t-il.

L’Ecossais la secoua négativement.

« J’ai l’impression qu’une sonnerie stridente s’amuse à y résonner sans fin! »

Le blond rit doucement, ce qui, pour une fois, provoqua une grimace de douleur à son ami.

« C’est parce que mon téléphone sonne… Ne bouge pas, je vais répondre… »

Billy frissonna quand son ami quitta le lit, il s’enfouit dans les draps, cherchant à se réchauffer. Il n’eut la force que de murmurer un vague merci, avant de se rendormir.
Néanmoins, dans son sommeil, quelques mots étouffés de la conversation téléphonique lui parvinrent : « Billy ? … dort… rappelle… ». Mais vaincu par la fatigue, il ne fit pas très attention à tout cela.

Il se réveilla à nouveau une demi-heure plus tard, seul dans le lit. La tête un peu moins lourde mais toujours tourmentée, il se leva péniblement et, zigzagant un peu, réussit à sortir de la chambre.

Dom était dans le salon, debout face à la baie vitrée. L’Ecossais vint se placer à ses côtés. Il essaya de se concentrer sur le visage de son ami mais sa vision était encore brouillée.

« Il y a un problème, Dom ? »

Ce dernier ne lui répondit pas tout de suite. Il semblait de ne pas l’avoir entendu, comme s’il n’était pas conscient de sa présence. Le châtain voulut poser sa main sur son bras mais l’autre recula, ce qui étonna et réveilla un peu plus son ami.

Dom parla enfin, de manière assez détachée :

« C’était Ali au téléphone. Elle voulait te parler. Quelque chose au sujet du mariage et de la maison, je crois… Je lui ai dit de te rappeler plus tard. »

L’Ecossais n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit ; le blond sortait déjà de la pièce pour se réfugier dans la chambre. Il resta dans le salon, sans savoir quoi faire. Il n’arrivait pas à réfléchir correctement. Il se dirigea un peu hébété vers la salle de bain où il avala deux aspirines pour calmer la migraine qui s’intensifiait.

Il retourna dans la chambre. Dominic s’était recouché, au fond du lit, le plus éloigné possible de lui et dos tourné. Il semblait endormi mais Billy doutait qu’il l’était vraiment.

Soupirant, il se glissa sous les draps. Il aurait aimé serrer son meilleur ami dans ses bras, pour retrouver ainsi la douceur de son étreinte, celle qui chasserait le malaise qui s’installait insidieusement en lui. Mais il avait peur d’une nouvelle réaction de recul. Son mal de tête ne diminuait pas, il se sentait totalement impuissant face à la situation. Son état ne l’aidait pas non plus…

Il regarda longtemps le plafond, couché sur le dos. Il essaya de réfléchir correctement et de comprendre la soudaine attitude de son meilleur ami mais, sans qu’il ne le veuille réellement, il sentit ses paupières se fermer et il se rendormit à nouveau…


Quand, pour la troisième fois ce jour-là, il s’éveilla, il se sentait un peu mieux. Son crâne le faisait moins souffrir, mais il se sentait nauséeux. Il se releva et put noter qu’il était à nouveau seul dans le lit. Avisant le réveil-matin, il sut que la journée était plus qu’avancée.

Un petit tour de la maison lui apprit que Dom était absent. Sur la table de la cuisine, un mot bref l’attendait « Je suis parti courir. ».

Billy passa une main lasse sur son visage. Son cœur cognait fort dans sa poitrine. Que se passait-il dans le tête de son meilleur ami ? Que lui avait dit Ali ce matin pour qu’il réagisse de cette manière ? L’Ecossais avait peur. Après tous les progrès qu’ils avaient fait, il craignait de perdre l’amitié du blond. Brusquement, il se leva et courut vers la salle de bain. Là, il se courba sur la cuvette et vomit. Il évacuait de son organisme tout l’alcool ingurgité mais surtout cette douleur qui montait sourdement en lui… Plus le temps passait et plus il avait peur… Accroupi sur le carrelage, il haletait. Péniblement, il se remit sur les pieds. Il s’appuya au lavabo pour ne pas tomber. Il n’osa même pas regarder son reflet dans le miroir devant lui. Il retira son caleçon et son tee-shirt et se jeta sous la douche.

Il avait besoin de clarifier ses pensées. Tout tournait autour de lui, il prit appui de ses deux mains sur le mur derrière le pommeau. Il essayait de faire le vide dans son esprit mais un nom, des images s’y bousculaient : Dominic. Des larmes doucement coulèrent de ses yeux… L’incompréhension, le doute, l’angoisse, la souffrance formaient un amalgame de sentiments dans sa gorge, rendant encore plus douloureux ses sanglots… La fureur vint un moment se rajouter et il frappa du plat de sa main les murs de la cabine de douche. Mais cette colère le quitta vite. Il s’assit, vidé de tout affect. Il ne sut combien de temps il resta sous le jet. L’eau était froide depuis longtemps quand finalement il sortit.

Tel un automate, il s’habilla sommairement et s’installa rapidement dans le salon, se terrant dans le canapé en grelottant, attendant le retour de son compagnon.

Les minutes s’égrenaient lentement. Il ne pensa même pas à rappeler Ali, ne laissant son esprit vagabonder que dans des souvenirs remplis de son ami, du premier instant où il avait fait sa rencontre jusqu’à sa réaction du matin. Dès qu’il repensait à ce qui s’était passé, il se demandait en boucle ce qu’avait dû dire la jeune femme pour que Dom le rejette ainsi. Il s’imaginait toutes sortes de choses, priant pour que son ancienne petite amie n’ait pas cherché à se venger. Hier encore, ils étaient tous les deux si bien. Des bribes de sa soirée étaient revenues à lui. Il se revoyait dans cette boîte, discutant, buvant… dansant. Il sentait encore le regard, les mains de Dom sur ses hanches, … et le baiser… Replié dans un coin du sofa, les jambes contre son torse, il enfouit sa tête entre ses genoux, cherchant une étreinte réconfortante.

C’est ainsi que Dom le trouva : blotti dans le canapé, hagard, mal rasé, les cheveux emmêlés. Il paraissait si triste que le blond ne put que s’approcher doucement pour essayer d’alléger sa peine. Quand l’Ecossais le sentit près de lui, il parut se réveiller.

« - Tu es de retour ? » Murmura-t-il presque imperceptiblement.
« - Comme tu le vois… »

Le châtain se recula dans le canapé, pendant que son ami s’éloignait lentement, permettant ainsi à l’autre homme de le détailler. Dom portait un tee-shirt beige baigné de sueur sur un pantalon de jogging beige aussi. La tenue était complétée par des baskets souples qui avaient dues être blanches. Il avait emporté avec lui un baladeur mp3. Billy nota ses cernes et ses traits fatigués.

Un silence pesant s’était imposé entre eux. L’ancien interprète de Pip n’essaya même pas de le briser. Il avait voulu que son ami revienne vite et maintenant il aurait préféré qu’il ne soit pas là. Il se sentait mal, sa souffrance gagnait la totalité de son corps et il ne savait pas réellement à quoi tout cela était dû. Il ferma les yeux délibérément, les détournant de son ami.

« Tu as appelé Ali ? » Finit par demander Charlie.

Billy se contenta de hocher la tête négativement.

L’autre observait son ami, inquiet. Tous deux ne savaient comment réagir à la situation. Dom avait les nerfs à fleur de peau. Il aurait voulu crier, sortir ainsi toute la tension qui s’accumulait en lui. Il s’était pourtant dépensé et était même allé discuter avec l’interprète de Kate mais il avait encore besoin de se défouler. Cette dernière avait essayé de l’aider, de le raisonner mais n’y avait pas complètement réussi. Elle craignait que l’Ecossais n’ait pas été totalement honnête avec son ami. L’acteur avait peur de perdre à nouveau son meilleur ami, de le voir disparaître comme à la fin de son dernier séjour pour retourner à sa fiancée. Il sortit rapidement du salon pour aller prendre une douche. Après s’être habillé, il retourna dans la pièce principale où Billy n’avait pas bougé. Il était toujours dans la même position. Cependant il lui semblait qu’il paraissait encore plus fragile, ce qui lui déchira le cœur. Il vint s’asseoir près de l’Ecossais. Billy se tourna vers lui et se rapprocha, ébauchant un geste pour se blottir contre lui. Mais il se stoppa. Il leva ses yeux fatigués sur le visage de son ami et chuchota :

« Que se passe-t-il Dom ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Pourquoi… »

Sa voix se brisa, il ne put continuer.

« Billy… » Soupira le blond. Il se leva et parcourut la pièce d’un endroit à l’autre, sous le regard anxieux et humide de l’autre homme.

« - Bill, tu dois répondre sincèrement à toutes les questions que je te poserai. J’ai besoin de ces réponses… J’en ai réellement besoin…
- Tout ce que tu voudras… »

Don s’assit face à son ami et tritura les bagues qui se trouvaient sur sa main gauche.

« - Ali et t-toi, vous avez… Avez-vous réellement rompu ? Parce… parce qu’au téléphone, ce matin, elle semblait… Enfin… Elle a parlé du mariage comme si-si elle s’occupait encore des préparatifs et… et … Billy, est-ce que vous allez toujours vous marier, je-je… »

Le châtain se redressa et vint capturer les mains du blond qui brassaient l’air. Il contempla attentivement son vis-à-vis.

« Dommie, je ne sais pas ce qu’elle a pu te dire au téléphone pour que tu réagisses ainsi mais … mais nous avons rompu juste avant mon départ. Je l’ai quittée et il n’y aura plus de mariage. Dom… Tu me crois, n’est-ce pas ? »

Ce dernier hocha doucement la tête mais l’Ecossais voyait bien que quelque chose continuait à le gêner.

« - Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu as rompu avec elle ?
- Je te l’ai déjà dit.
- Alors, répète-le ! Je veux savoir, Bill… »

Dominic fixait l’autre, résolu.

« Elle méritait mieux que moi, mieux qu’un type qui… Dom ! Elle était si épanouie, heureuse de tout préparer, comptant les jours… Et moi, … moi, je mourais un peu plus chaque jour. Je ne pensais qu’à une seule chose, qu’à une seule personne… A toi et à ce que je t’avais fait dans cette cuisine. J’avais cru que c’était la meilleure chose à faire, t’éloigner de moi pour être enfin heureux… Mais tu avais raison, Dominic, tu es mon foyer. Je ne pouvais pas vivre coupé de toi, loin de toi. Je ne pouvais plus me cacher ça. Je ne l’aimais pas assez. Je me devais de réparer mon erreur, pour qu’elle ne soit pas malheureuse avec moi. Et puis… je voulais être avec toi… »

Dom continua à le regarder. Peu à peu, le poids et la tension qu’il sentait dans son estomac se relâchaient. Billy était là pour lui, pas seulement pour se consoler d’une rupture, d’un amour brisé mais pour être avec lui, pour le retrouver. Il vint délicatement serrer son meilleur ami dans ses bras, couvrant son épaule de petits baisers, tout en lui chuchotant des remerciements. L’Ecossais s’accrocha à lui, laissant quelques larmes couler.

« Rompre avec Ali a été très dur. Mais je suis parti définitivement de la maison et je suis retourné habiter dans mon ancien appartement. Je ne sais pas pourquoi elle m’a appelé mais ce n’était sûrement pas pour les préparatifs d’un mariage qui n’aurait jamais lieu. Tu ne dois pas t’inquiéter. Je suis venu pour te voir et je ne repartirai pas pour la rejoindre. Je suis encore là pour quelques jours… »

Ils restèrent enlacés de longues minutes. Dominic se reprochait son caractère emporté qui lui faisait commettre des actes inconsidérés. Il s’en voulait d’être parti sans discuter d’abord avec son ami, et de l’avoir fait souffrir. Mais quand il avait entendu la voix de la jeune femme ce matin, tous ses doutes, profondément enfouis en lui, avaient remonté à la surface, sans qu’il puisse y échapper.

« - Excuse-moi Bill, je n’aurais jamais dû douter de toi et…
- Dom, je comprends… Tu as beaucoup souffert après mon départ. Et je sais que tu en souffres encore. Je m’en veux tellement de ce que je t’ai fait subir…
- Bi…
- Laisse-moi finir… » Il inspira longuement. « Sache que tu es la personne la plus importante dans ma vie. Tu es celui avec qui je partage le plus de choses : de passions, d’idées, de pensées, de secrets… Même Ali ne me connaissait pas aussi bien que toi… Je n’ai jamais été aussi proche de quelqu’un d’autre. Je-je… »

Il n’arrivait pas à terminer. « Je t’aime » pensait-il. Les mêmes peurs prenaient possession de lui. Il en tremblait.

« - Je… m’excuse pour ce que tu as souffert et je ferai tout ce que tu voudras pour me faire pardonner.
- Tout ? » répondit malicieusement le blond.
« - Tout. » affirma gravement son ami. Il accrocha ses prunelles vertes à celles de son ami. Toute malice avait disparu chez Dom. Il était lui aussi sérieux. Il lui sourit doucement.


« Merci. »

Il caressa la bouche de son meilleur ami de la sienne dans un baiser léger puis se releva, entraînant son ami avec lui.

« Si tu allais te débarbouiller… On pourrait aller faire un tour et dîner dehors… Tu n’as dû rien avaler depuis hier et ça nous permettrait de nous changer les idées. Qu’est-ce que tu en dis ? » demanda Charlie.

Billy acquiesça. Il se changea puis alla rejoindre son ami dehors. Dominic était adossé contre sa voiture, pensif. Il regardait à l’horizon le jour décliner.

« On a perdu un temps précieux… Tu repars dans une semaine. » Dit-il tristement.

L’Ecossais caressa de sa paume la joue de son meilleur ami.

« Profitons pleinement du temps qu’il nous reste… »

Sur un dernier regard, ils entrèrent dans la voiture.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:09

L’éclat du soleil faiblissait doucement, apportant un peu de fraîcheur à une journée qui avait été plutôt étouffante. Les jeunes femmes, installées à la longue table, discutaient tranquillement entre elles, échangeant leurs impressions sur le cadre paradisiaque qu’offrait la vue de la maison des Fox. Billy ne les écoutait que d’une oreille. Toute son attention était focalisée sur le jeune homme blond qui défiait son ami « Foxy » au foot. Il sourit. Il retrouvait bien là son Anglais. L’acteur essayait de passer la défense pour pouvoir marquer dans les buts de Naveen, délimités par deux pots de fleur.

Les enfants de Matthew, Kyle Alyson et Byron âgés respectivement de huit et trois ans, encourageaient Dominic, sous l’œil courroucé de leur père. Billy ricana. C’était tout Dom de charmer même les enfants. Il regarda son ami faire une passe à Malcom qui tira et marqua. Le blond laissa exploser une joie démesurée et, comme s’il venait de gagner la coupe du monde, parcourut le terrain improvisé, son tee-shirt relevé sur la tête, narguant ses adversaires. L’Ecossais porta son verre de soda à sa bouche, essayant de masquer son trouble. Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Il avait souvent vu son meilleur ami torse nu. Mais il devait avouer que plus il passait de temps avec lui et plus il était bouleversé et rempli de désir. Il soupira tout en posant son verre vide.

Magherita, la femme de Matthew, s’approcha de lui.

« Hé, tu ne joues pas avec eux ? »

Billy la regarda souriant. Ils s’étaient rencontrés lors du dîner chez Dom et avaient tout de suite sympathisé.

« Non, je n’avais pas très envie de bouger. Et puis, je les trouve assez comiques. Je préfère profiter du spectacle pour pouvoir rire un peu. »

La jeune femme tourna la tête vers son mari qui essayait d’impressionner ses camarades de tournage en dribblant. Mais le ballon lui échappa et alla rouler loin de là. Margherita tourna la tête et pouffa de rire.

« Je vois ce que tu veux dire… »

Ils éclatèrent de rire et ne parvinrent pas à s’arrêter pendant de longues minutes. Dom et Matthew avaient repéré leur manège et leur lançaient des regards noirs. Ils se calmèrent finalement en tournant complètement le dos à la représentation qu’offraient les deux acteurs. Ils discutèrent calmement des enfants du couple Fox et de leur vie à Hawaï. Mais très vite, le sujet dévia sur leur ami commun, un certain Hobbit facétieux. Le ton de l’ancien mannequin fut plus sérieux.

« Matt était très inquiet pour lui, ces derniers temps. Je ne le connais pas beaucoup mais, moi aussi, j’ai pu noter un changement. Bien sûr, il fait toujours bonne figure. Il vient ici régulièrement passer un bout de temps avec mon mari et s’amuser avec les enfants. Kyle et Byron l’adorent. On discute un peu aussi. J’ai vu que son regard n’était plus si éclatant, c’est vrai qu’il avait l’air plutôt fatigué. Matt n’a pas osé lui parler. Il avait peur de se faire rembarrer. Et cela le rendait triste parce qu’il considère Dom comme un ami. »

Billy sourit péniblement. Tous les jours, il avait une nouvelle raison de culpabiliser. Il avait fait tellement de mal à son meilleur ami. Il était tout de même heureux que ce dernier se soit fait de nouveaux amis, des personnes qui s’étaient attachés à lui et qui voulaient prendre soin de lui. Il regarda par dessus son épaule. L’interprète de Merry avait abandonné le ballon rond et discutait avec Josh et Matthew, tout en tenant Byron sous un bras, comme un vulgaire sac. Cela n’avait pas l’air de déplaire au petit garçon qui se débattait gaiement. Le sourire du châtain se fit plus sincère.

« Matthew m’a dit que depuis que tu es là, Dom va beaucoup mieux. Il plaisante énormément, ne s’enferme plus dans sa loge, n’a plus d’accès de mélancolie. Et j’ai pu le remarquer moi aussi pendant le dîner chez lui… Vous vous entendez très bien… »

La jeune femme s’interrompit, attendant une confirmation de l’acteur.

« En effet, il est comme… comme un frère pour moi. Je… Je l’aime… beaucoup. »

Il lui sourit doucement. Cela lui faisait du bien de le dire à voix haute… même si c’était à une tierce personne et en lui donnant un autre sens. Mais d’un autre côté, il se sentait gêné. Il avait l’impression que Margherita Fox arrivait à lire en lui et savait ce qui s’était passé. C’était sa faute si Dom avait sombré. Elle le regardait attentivement, semblait attendre une sorte de confession. Mal à l’aise, Billy se leva comme pour se dégourdir les jambes, brisant l’atmosphère de confidence qui s’était installée. Il regarda autour de lui, essayant de trouver une échappatoire à cette conversation. Il vit Emily et Maggie débarrasser la table de ses assiettes. Margherita suivit son regard et, rapidement, alla aider les jeunes femmes.

Alors, il sentit une sensation de picotements envahir son corps. Il connaissait cette impression. Il n’avait pas besoin de tourner la tête pour savoir que Dominic était en train de le regarder. Il savait aussi qu’il rougissait. Différents sentiments de gêne et de peur prenaient possession de lui. Il avait besoin de s’isoler un peu. Il entendit Margherita râler : son lave-vaisselle était en panne et elle n’aimait pas laver à la main.

« Laisse-moi faire » intervint Billy. « J’aime bien moi. »

La brune le regarda, sceptique et amusée.

« - Tu en es sûr ?
- Oui, si je te le dis !
- Et dire que Matt trouve toujours un prétexte pour se défiler à chaque fin de repas ! Un homme qui aime laver la vaisselle… tu es une vraie perle rare. »

Billy rit avec elle. Il lui prit les assiettes des mains et se dirigea vers la cuisine, fuyant le regard persistant de son meilleur ami.

La cuisine se vida peu à peu. Il était seul. Il soupira, soulagé. Il avait besoin de réfléchir. Depuis la veille au soir, il n’avait pas eu l’occasion de se trouver un moment de répit. Après leur explication, Dom et lui étaient allés dîner dans un petit restaurant local que l’Anglais lui avait fait connaître et qu’il appréciait. Ils avaient mangé en quasi silence, ne sachant pas trop quoi se dire après cette journée si bizarre. Les derniers évènements s’étaient précipités les uns après les autres, ils ne voulaient pas risquer de dire quelque chose qui pourrait déstabiliser leur amitié. Puis ils étaient allés se promener sur la plage, profitant de la douceur de la nuit. Ils s’étaient étendus côte à côte sur le sable, se réchauffant par la présence de l’autre. Ils n’avaient à nouveau pas beaucoup parlé, laissant leurs mains se toucher dans des cajoleries amicales. Silencieusement, ils étaient retournés chez Dominic et s’étaient couchés. Ce ne fut que dans le lit qu’ils se permirent des caresses un peu plus poussées. Dom s’était frayé un chemin dans le cou de son meilleur ami. Ce dernier, une de ses mains perdue dans les cheveux broussailleux de l’autre, avait brisé le silence en chantant des chansons de son enfance. Il savait que le blond adorait l’entendre chantonner, particulièrement des chansonnettes enfantines écossaises qui laissaient ressortir encore plus son accent. La main de l’Anglais se promenait sur son flanc, traçant des arabesques de son ventre à son omoplate, dans un rythme hypnotique. Billy se sentit partir, sa voix s’éteignant progressivement. Les yeux de Charlie se fermaient aussi doucement, il eut tout de même la force de se relever en douceur, pour ne pas réveiller son ami et déposer, d’un geste léger, un baiser sur les lèvres du châtain.

Ils n’avaient eu une conversation normale que le lendemain matin, dans la cuisine, face à un solide petit-déjeuner, préparé pour une fois par l’interprète de Merry. Ils avaient occulté la journée de la veille, ne faisant absolument pas référence à ce qu’il s’était passé. Mais tout deux l’avaient en tête constamment. Dom avait été souriant dès son réveil.

Le châtain n’avait absolument pas pensé à Ali la veille au soir et ne l’avait donc pas rappelée. Le téléphone avait sonné peu après le déjeuner, pendant qu’ils débarrassaient la table. Dom était rentré dans la maison pour décrocher, suivi de près de Billy qui se doutait de l’identité du correspondant. Le regard un peu triste du blond avait confirmé ses soupçons. Quand il lui avait tendu l’appareil, l’Ecossais avait fixé ses prunelles à celles de son meilleur ami pour affirmer à nouveau ce qu’il lui avait dit la veille. Il lui avait fait un geste pour lui permettre de rester à ses côtés pendant la conversation mais Dominic avait secoué négativement la tête et s’était dirigé vers la cuisine.

« - Allo ! » Commença le châtain.
« - Billy… ? C’est Ali »

Seul le silence lui répondit. L’Ecossais réprima un mouvement de colère contre la jeune femme. Seul le souvenir de son ancienne petite amie telle qu’elle lui était apparue la dernière fois qu’il l’avait vue le calma.

« - Oui, c’est moi… Ali, que se passe-t-il ?
- Je… je… (elle soupira) Je m’excuse vraiment de te déranger. J’imagine que je ne tombe pas vraiment à un bon moment… (elle s’arrêta, souhaitant probablement entendre un démenti de la bouche de son ancien amant qui n’arriva pas.) J’avais … besoin qu’on discute du-du mariage et… euh… enfin…
- Ali. Que veux-tu ?
- Je…
- Ali ? »

Un sanglot étouffé lui répondit. Toute colère s’enfuit de son cœur. Il agrippa le combiné et baissa la tête, honteux d’être si froid avec celle qui avait tant compté. Mais il devait vivre sa vie et elle aussi. Elle ne pouvait pas s’accrocher à lui. Il avait pourtant pensé être clair quand il était parti. Il allait lui parler, quand elle le coupa :

« Bill, je voulais juste te dire que j’avais annulé tout : j’ai appelé le prêtre, le traiteur et les gérants de la salle pour le repas. Mais, il faudrait que tu t’occupes de tes invités et que tu leur dises que, enfin… tu vois… »

L’Ecossais soupira.

« - Tu n’as appelé que pour ça ?
- Non, bien sûr, non… Je voulais aussi te parler de la maison.
- Oui ?
- Je crois qu’il faudrait qu’on la vende ? Maintenant, ce n’est plus possible d’y habiter, tu vois…
- Je suis d’accord avec toi. Je m’en occuperai dès mon retour.
- Oh ! C’est bien, c’est bien. Mais…
- Mais ?
- J’avais pensé que tu pourrais revenir plus tôt parce que je ne serai pas en Angleterre à ton retour. J’ai un travail à Paris et…
- Ali » L’interrompit-il. « Je dois repartir dans quelques jours et je n’ai pas l’intention d’écourter mon séjour ici. Pour les invités et la maison, je verrai à mon retour. Ali… Pourquoi as-tu appelé ? Tout ça tu aurais pu me le dire plus tard ? Pourquoi maintenant ? »

Il crut d’abord que la jeune femme avait raccroché, un long silence lui répondit. Mais il entendit bien vite la courte respiration de son ancienne petite amie. Il l’imaginait les yeux fermés, remplis de larmes, essayant de se calmer pour lui parler. Cette vision lui fit à lui aussi venir les larmes aux yeux. Il sentit alors une main serrer son bras. Il n’avait pas entendu son meilleur ami revenir de la cuisine. Sur la table basse était posé un plateau avec deux tasses, du sucre et une cafetière. La main de Dom lui caressait le bras doucement, ses yeux étaient accrochés aux siens. Billy puisait des forces en son ami. Puis il entendit Ali renifler.

« - Je suis désolée, Bill. Je-je voulais juste te parler. C’est si dur… Je n’arrête pas de penser à toi… Je t’aime tellement et ça fait mal et…
- Ali… Je ne sais pas quoi te dire… Je crois que… Il faut te laisser du temps. Je comprends que ça soit dur pour toi. Mais je … je…
- Je sais. »

A nouveau, le silence interrompit leur conversation.

Dom était toujours aux côtés de son meilleur ami. Il essuya une larme qui roulait sur la joue du châtain.

« - Je n’aurais pas dû t’appeler. Je suis vraiment idiote d’avoir pensé que…
- Non ! Tu n’es pas idiote… C’est moi qui… Je suis tellement désolé Ali que ça n’ait pas marché… tellement… Je m’en veux…
- Laisse tomber… (elle se tut quelques instants et reprit d’une voix plus forte, où perçait une certaine froideur) Je pars dans trois jours en France pour un mois. On règlera les détails pour la maison à mon retour. »

Billy fut légèrement décontenancé par le revirement d’humeur de la jeune femme. Il acquiesça.

« - Au revoir Billy » dit-elle plus doucement.
« - Au revoir. »

Doucement, il avait reposé le combiné. Il avait tout de suite été happé par une forte étreinte de son ami. Il avait enfoui son visage dans le cou de Dominic, se laissant aller dans ses bras. Ils étaient restés ainsi un long moment, sans parler. Ils n’avaient pas besoin de mots. Il s’était rendu compte qu’un énorme poids s’était détaché de son cœur. Cette conversation, bien que bizarre, lui avait rendu une certaine tranquillité d’esprit.

Il soupira en y repensant, tout en frottant une assiette. Avoir Ali au téléphone l’avait soulagé. Il avait senti que la jeune femme s’était ressaisie. Elle pourrait faire un trait sur lui. Mais, des pensées pénibles venaient le harceler. Il s’imaginait à la place de la jeune femme, rejeté par celui qu’il aimait. Et cela faisait si mal…
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:10

Il sursauta quand il sentit un souffle chaud sur sa nuque.

« Alors c’est ici que tu te caches ? » Lui demanda d’une voix sensuelle son ancien camarade de tournage. « Je t’ai cherché partout ! »

L’Ecossais essayait de masquer son trouble, en continuant de laver l’assiette qu’il avait dans les mains. Il s’en voulait de réagir à la présence de son ami. Il sentit des frissons parcourir sa peau. Il tremblait même légèrement.

Il ne pouvait pas le voir mais Dom avait noté ces changements imperceptibles et il souriait dangereusement. Il s’avança encore, veillant, pour l’instant à ne pas toucher son meilleur ami, mais il posa tout de même ses mains de chaque côté de l’évier, emprisonnant ainsi le châtain.

« Toujours à jouer les fées du logis à ce que je peux voir… »

Dom rit. Billy voulut l’accompagner mais son rire sonna étranglé et un brin rauque à ses oreilles. Il se rendit compte qu’il frottait la même assiette depuis l’arrivée du blond, qui était maintenant plus que nickel. Son problème est qu’il ne pouvait pas poser la dite assiette dans l’égouttoir sans que son corps aille toucher celui de Dominic, chose qu’il voulait éviter de faire, pour ne pas perdre les peu de moyens qui lui restaient. Son ami résolut son hésitation en posant lui-même l’assiette. Mais ce geste amena son corps tout contre celui de l’Ecossais qui essaya de fuir en s’avançant mais il toucha rapidement le lavabo.

Le sourire de Dom s’élargit et il prit à nouveau sa place dans le dos de son ami. Ses mains se rapprochèrent, rendant impossible quelconque mouvement de l’Ecossais. Celui-ci bondit presque quand il sentit la pointe du nez de Dom toucher sa nuque. Des frissons se propagèrent dans sa colonne vertébrale. Il lâcha les couverts qu’il avait dans la main qui tombèrent dans l’eau dans un « plop » silencieux. De ses doigts, Dominic alla caresser l’avant-bras nu de l’Ecossais. Sa bouche vint remplacer son nez. Il posa d’abord des petits baisers superficiels, mais sa langue continua le labeur et s’amusa à goûter la peau curieusement salée de Billy.

Ce dernier avait fermé les yeux et essayait de s’empêcher de trembler. Le corps de Dom s’était soudé au sien, les mains de son ami encerclaient sa taille.

« Dom… » Sa voix était cassée, enrouée. Il essaya de lui dire d’arrêter mais des doigts passés sous son tee-shirt l’en empêchèrent. Quand ils commencèrent à caresser la peau de son ventre, Billy rejeta sa tête en arrière et la posa sur l’épaule de l’Anglais, qui ne demandait que ça pour s’attaquer à son cou. Il lui fit subir la même torture que celle infligée à sa nuque. Dominic voulait le marquer, que tout le monde sache qu’il était à lui. Les petits gémissements s’échappant de la gorge de son ami le rendaient fou. Ses mains s’aventuraient de plus en plus haut sur le torse de l’Ecossais. Finalement l’une d’elle s’arrêta sur son cœur et il le perçut affolé, battant la mesure dans un rythme effréné.

Quand Billy sentit les doigts sur un de ses mamelons, il prit peur. Des images plus érotiques les unes que les autres envahissaient sa tête… Mais c’était trop pour lui. Il devait tout stopper. Il releva sa tête et d’un geste brusque, réussit à dégager Dominic de son dos. Son ami recula de quelques pas. Le châtain baissa la tête, craignant une réaction de colère.

L’Anglais regardait son ami. Différents sentiments se bousculaient : la frustration, la colère, la peur du rejet… l’espoir, la joie… Billy avait répondu à ses caresses… avant de le repousser, il avait accepté. Il sourit et vint délicatement prendre le menton de son ami dans ses doigts.

Ils se fixèrent un long moment. L’interprète de Pippin était étonné par la lueur de gaieté dans les prunelles de son meilleur ami. A nouveau, Dom se rapprocha.

Il allait l’embrasser. Billy le savait, il le sentait. Tout son être se tendait vers le corps de l’autre Hobbit. Il l’attendait, il le craignait. Il devait reculer… ou avancer… Il ne savait plus… Il se contenta d’assister à l’avancée de Dom, en spectateur.

A ce moment-là, la porte s’ouvrit. La tête de Ian apparut dans l’embrasure :

« Hé les gars, on va tous à la fête locale prévue sur la plage, vous venez ? »

Dom se retourna, naturellement, vers son compagnon de tournage et lui dit, sans l’ombre d’une hésitation :

« J’aide juste Bill à terminer de laver la vaisselle et on arrive ! »

Ian les contempla l’un après l’autre, fronçant légèrement les sourcils, puis fit un signe affirmatif de la tête et disparut. L’Anglais se tourna vers son meilleur ami, qui regardait la porte encore abasourdi. Dom éclata de rire.

« On ferait mieux de se dépêcher sinon les autres vont se poser des questions. »

Il lui fit un clin d’œil malicieux, qui fit rougir Billy.

Pendant près de dix minutes, dans un silence béni par l’Ecossais qui essayait de mettre ses hormones en veilleuse, ils finirent de tout laver.

Quand ils eurent terminé, Billy plia le torchon qui avait servi à essuyer la vaisselle et le posa sur la table de la cuisine. Puis, il rejoignit son camarade qui était près de la porte. Il allait passer à côté de lui quand Charlie le prit par la taille pour le rapprocher de lui et captura sa bouche. Le baiser était passionné mais doux. Une des mains du blond lui caressait la joue. Quand il prit fin, Dom sourit à son ami, puis il le repoussa en douceur et lui ouvrit la porte. Billy sortit de la pièce, en mode auto-pilote, son esprit flottant loin de là. Il ne comprenait toujours pas ce qui s’était passé. A son tour, Dom franchit la porte, un sourire radieux accroché au visage. Il était heureux. Tout se passait pour le mieux et ça ne faisait que commencer.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:11

Dom ouvrit les yeux doucement pour les refermer brutalement. Il n’avait pas envie de se lever, il n’avait pas envie que cette journée commence… Il leur restait trois jours… Trois jours et Billy prendrait l’avion direction Los Angeles… Trois jours et il le quitterait…

L’acteur se retourna dans son lit, se retrouvant ainsi face à un mur. Il releva ses jambes et les entoura de ses bras, se retrouvant en position fœtale. Il enfouit son visage dans son oreiller. Il avait envie de se replonger dans le sommeil, dans ce rêve où Billy était enfin à lui, celui où il lui disait que plus jamais ils ne seraient séparés.

Il entendit l’eau de la douche être coupée. L’Écossais allait bientôt sortir de la salle de bain. Il avait voulu se lever tôt pour qu’ils puissent aller surfer avant que Dom ne reprenne le boulot l’après-midi. Ce dernier n’avait pas très envie de sortir de son lit. Il aurait plutôt voulu obliger son ami à se coucher près de lui pour profiter d’une matinée câline. Mais depuis leur dernier baiser dans la cuisine de Foxy, Billy s’était montré distant, redoutant presque le contact physique avec lui… sauf pour dormir. Dom soupira. Il avait vite compris qu’il lui faudrait être patient mais il n’avait plus beaucoup de temps pour cela. Cette pensée le fit serrer les yeux douloureusement. Il ne pouvait pas presser le châtain mais il partait bientôt. Tout cela était si compliqué…

Un bruit de porte le fit sursauter et il se retourna. Sur le seuil, Billy se séchait les cheveux d’une serviette. Une autre ceignait sa taille. Dom déglutit péniblement. Il trouvait la serviette autour des reins de son Pippin ridiculement petite. Il n’arrivait pas à détacher ses yeux du spectacle de l’autre homme accroupi devant son armoire cherchant, pieds nus, et encore mouillés, les vêtements qu’il allait porter. Billy ne semblait pas s’occuper de lui, trop absorbé par sa recherche. L’Anglais se délectait de la vision qui s’offrait à lui ; il observait plusieurs gouttes d’eau naître des cheveux châtains pour glisser le long de son dos et mourir sur la serviette. Il se sentait bien réveillé et savait qu’il aurait besoin de prendre une douche très froide.

Billy se leva, son corps tourné vers lui, permettant ainsi à l’ancien Hobbit de contempler ses jambes puis son torse. Quant il arriva à son visage, il le découvrit le fixant,un peu gêné, et surpris de le voir réveillé. Il ne semblait pourtant pas avoir remarqué son regard insistant de désir. Dom, troublé, se sentit rougir. Il s’en voulait parfois d’avoir des idées assez obscènes quand il regardait son meilleur ami, alors que celui-ci était plutôt innocent dans leur relation… Enfin, généralement…

L’Écossais se rapprocha du lit et s’assit sur son bord. Il tendit une main vers le front de son camarade et y dégagea les mèches qui l’empêchait d’apercevoir les yeux de Dominic. Il aimait tellement les voir encore remplis de sommeil, il lui semblait si fragile. Cela lui donnait une forte envie de le serrer dans ses bras pour le protéger.

« Tu as bien dormi, Dommie ? » Chuchota-t-il inutilement.

Leurs prunelles se rencontrèrent et s’accrochèrent les unes aux autres. Ils aimaient tous deux se perdre dans leur contemplation. Ils se retrouvaient en terrain familier.

« Comme un bébé… Dormir près de toi me fait toujours le même effet… » répondit sur le même ton Dom.

L’Écossais rosit légèrement. L’autre appréciait le climat qui s’était installé entre eux. Ces petits moments où Billy semblait déborder de tendresse pour lui… S’ils pouvaient durer une éternité…

La main du châtain caressait suavement son front puis elle descendit sur sa joue. Il sourit.

« - Il faudra que tu penses à te raser un de ces quatre…
- N’oublie pas que sur une île déserte, il est un peu dur de trouver des lames de rasoir… Sauf si le monstre tient une épicerie… mais ça m’étonnerait ! »

Billy rit en secouant la tête.

« - Toi et tes blagues idiotes !
- Hé, ne te moque pas de mes blagues ! Elles te plaisaient bien quand on était en Nouvelle-Zélande ! Je suis sûre qu’elles t’ont manqué !
- Je mentirai si je disais le contraire. (Dom lui fit un signe pour montrer qu’il avait raison) Et ce n’est pas la seule chose qui m’a manqué…»

Billy avait prononcé cette phrase très sérieusement. Dom était fasciné par sa capacité à lui faire accélérer le pouls rien que par quelques mots. Il prit la main qui jouait sur sa joue et la porta à sa bouche. Il y déposa un baiser, tout en fixant les yeux de son meilleur ami. Ceux de ce dernier vacillèrent un peu. Il retira lentement mais fermement sa main, tout en baissant la tête. Puis il reporta son attention vers l’autre Hobbit.

« Dom, si nous voulons aller surfer avant que tu ailles travailler, il faudrait que tu te dépêches. Va te laver pendant que je m’habille puis je nous préparerais un petit-déjeuner léger. »

Il se leva et alla récupérer ses affaires. Mais quand il vit que l'Anglais n’avait pas bougé, il le gronda :

« Monaghan presse-toi ! C’est peut-être la dernière fois que je pourrai faire du surf ici alors lève-toi ! »

Cette idée déprima encore plus le blond. Il sortit tout de même du lit mais les pensées moroses qui l’avaient abandonné quelques instants étaient revenues. L’interprète de Pippin dût le remarquer puisqu’il s’apprêtait à aller vers son ami quand son portable sonna. Billy fronça les sourcils, il se demandait qui pouvait l’appeler sur son portable. Il lança un coup d’œil vers son compagnon. Il était toujours assis sur le bord du lit, regardant vers la salle de bain. Il pouvait voir sur le visage de son ami la crainte, celle qu’Ali le relance à nouveau, qu’il ne le quitte avant ce qui avait été décidé.

Billy prit le téléphone et fut étonné en voyant le nom affiché sur l’écran.

« C’est John, mon agent ! »

Il était plutôt surpris puisqu’il avait discuté avec lui, deux jours auparavant au sujet de son retour. Il ne pensait pas lui parler jusqu’à son arrivée à Londres.

« - Allo ? John ?
- Billy ! Je suis content de te parler, j’ai cru que tu ne répondrais pas.
- Que se passe-t-il ? Tu sembles être tout retourné !
- J’ai une terrible nouvelle à t’annoncer… Terrible ! »

L’Écossais prit peur à cette déclaration. Mais il n’eut pas le temps d’imaginer différents scénarii catastrophes que son agent continua :

« - Henri Cornfield, le réalisateur avec lequel tu devais tourner…
- Oui, je connais Henri. Que lui arrive-t-il ?
- Billy… Il a eu un accident de voitures, la nuit dernière, en revenant de chez des amis, avec sa femme. Il semblerait qu’un chauffard ivre leur ait coupé la route à un croisement.
- Oh mon dieu ! »

Billy s’assit sur le lit, les jambes coupés. En voyant l’état de son meilleur ami, Dominic se plaça à ses côtés, inquiet.

« - Est-ce qu’il va bien ?
- Je n’en sais pas beaucoup. J’ai parlé avec un ami proche du couple qui m’a assuré que Mona, la femme de Henri, n’avait eu que des égratignures. Par contre, Henri a été éjecté de la voiture, il ne portait pas de ceinture de sécurité. Il est toujours en vie, mais les médecins ne veulent pas se prononcer. »

Dom voyait le visage de l'Ecossais se défaire à mesure que son agent lui parlait et son inquiétude augmenta. Que pouvait-il lui dire ? Égoïstement, il espérait que cela ne le fasse pas partir plus tôt. Il vint serrer la main du châtain, qui avait pâli brusquement.

Billy était muet. Il ne savait pas ce qu’il devait dire. Il connaissait peu Henri et sa femme mais ils avaient sympathisé tous les trois. Ils s’étaient rencontrés plusieurs fois avant qu’on lui confie le rôle, pour voir s’il convenait au personnage mais aussi après. Il les avait trouvé très sympathiques ; Henri devait réaliser le film et le produisait avec l’aide de Mona.

John, impassible, reprit :

« Je voulais te tenir au courant car le tournage du film est plus que compromis. Tout le monde espère que Henry s’en sorte mais, même ainsi, le tournage va être retardé, voire annulé. Je vais essayer d’en savoir plus. Il commence à se faire tard, je ne sais pas si j’arriverai à avoir des nouvelles. Je te tiens au courant, d’accord ? »

Billy, hébété, mit du temps à se rendre compte que son agent attendait une réponse. Il sembla se réveiller et dit :

« -Oui, c’est d’accord. J’attendrai ton coup de fil.
-A plus tard, Boyd.
-Au revoir. »

Le châtain coupa la liaison et fixa, absent, son portable. A ses côtés, Dominic le regardait, préoccupé par son manque de réaction. Sa main encore libre vint frotter doucement le dos encore humide de son compagnon. L’Ecossais sembla remarquer alors sa présence. Il leva les yeux vers son ami et essaya de sourire. Charlie, notant sa tristesse, le rapprocha de lui, le forçant à s’appuyer sur son épaule. Son nez plongé dans les cheveux de son ami, il le berça tendrement. Mais, bien vite, Billy s’échappa de son étreinte et s’éloigna, ne laissant à Dom que sa main. Il soupira.

« -Qu’est-ce qu’il t’a dit ?
-Je t’ai parlé de Henry Cornfield, le réalisateur de mon prochain film ? »

Dom acquiesça.

« -Il a eu un accident de voiture.
-C’est grave ?
-Les médecins ne se prononcent pas mais John semblait insinuer que c’était sérieux. Le tournage n’aura peut-être pas lieu.
-Je suis désolé… Ca va aller ? »

L’autre jeune homme soupira à nouveau.

« -Ca va… C’est juste… Tu vois, je l’ai rencontré à plusieurs reprises avec Mona, sa femme, et… à chaque fois, c’était avec plaisir… C’est… c’était… enfin, c’est un homme intelligent, très cultivé, passionné par son travail… et donc forcément passionnant lui-même. Ca me fait drôle de penser que… qu’il…
-Je comprends. »

Dom observait son ami. Il était soucieux. Si la situation n’avait pas été dramatique, il se serait laissé aller à sourire tendrement. Son Billy était vraiment quelqu’un de bien. Il se préoccupait réellement des personnes qu’il rencontrait et côtoyait. Il avait été toujours généreux avec son temps, son attention, et même son argent. Mais cette qualité était parfois lourde à porter. Et, c’était à lui, son meilleur ami, de l’aider. Il devait le distraire un peu de sa peine.

« -Dis, tu veux toujours sortir ?
-Je ne crois pas que je sois d’humeur à aller surfer, Dom.
-Sans faire du surf, on pourrait juste aller à la plage pour se promener. Il faut que tu te changes les idées. Tu ne peux pas rester ici à attendre le prochain coup de fil de ton agent ! »

L’aîné hocha la tête et, finalement, sourit à son vis-à-vis. Le pouls de ce dernier s’accéléra. Il se pencha et chuchota à l’oreille de Billy :

« J’aime te voir sourire. »

L’Ecossais frissonna, puis sursauta quand Dominic lui mordilla le lobe de l’oreille. Un sourire victorieux aux lèvres, celui-ci se leva, déclarant qu’il allait se laver. L’autre homme resta sur le lit pendant quelques minutes. Son cœur cognait fort. Il détestait quand Dom lui faisait ça, qu’il agissait par surprise… Mais, en même temps… il adorait chaque attention qu’il lui prodiguait. Sa température augmentait, le sang frappait aux tempes et il se sentait capable de commettre une bêtise, une folie digne de Monaghan.

En secouant la tête, il bondit du lit et s’empressa vers l’armoire pour s’habiller rapidement. Il devait encore se montrer plus distant avec Dominic. Il ne pouvait pas perdre le contrôle de la situation. Il savait que cela ne ferait qu’empirer les choses entre eux. Dom et lui avaient retrouvé leur ancienne complicité, renforcée même par leur séparation. Il ne voulait pas tout perdre à nouveau.

Dès qu’il fut habillé, Billy se dirigea vers la cuisine. Il prépara leur petit-déjeuner qu’ils prirent sur la terrasse, face à l’océan.

La matinée se passa sans aucune nouvelle. Dominic réussit à éloigner les tristes pensées de Billy mais, il ne put essayer de se rapprocher de lui par les gestes. Ce dernier se montrait très réservé et l’Anglais respecta la demande silencieuse de son compagnon.

L’après-midi, Charlie devait tourner plusieurs scènes. L’Ecossais assista à chaque prise. Il était maintenant reçu par les autres acteurs et les équipes techniques comme l’un des leurs. Il rencontra J.J. Abrams, qui se désola presque de ne pas lui avoir proposé un rôle.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Jeu 8 Sep - 0:11

Ce ne fut que lorsque Dom se dirigea avec son ami vers la loge pour se changer que Billy sentit son portable vibrer. Le blond le vit s’éloigner. Il avait très envie de rester sur le seuil de sa caravane pour l’observer mais il savait qu’il devait le laisser seul. Il ferma la porte, non sans un dernier regard inquiet.

L’Ecossais ne le rejoignit qu’une demi-heure plus tard. Dom l’observa.

« Henry est dans le coma. » commença Billy. « Les prochaines quarante-huit heures vont être déterminantes… »

L’Anglais prit la main de son ami qui s’assit sur la banquette à ses côtés. Le châtain continua :

« John a réussi à parler à Mona. Le tournage est annulé. Ca leur ferait perdre trop d’argent de le retarder, et ils en auront besoin pour Henry… »

Billy soupira, la tête baissée. Il avait l’air infiniment triste. Mais Dom n’y prenait pas garde ; les yeux écarquillés, il pensait aux conséquences de l’annulation du film. Il essayait de se raisonner, de penser qu’une vie humaine était en jeu mais, la seule chose qui lui venait à l’esprit était que Billy n’avait plus aucune raison de partir tout de suite…
Essayant de ne pas paraître trop joyeux, il demanda :

« Que vas-tu faire maintenant ? … Je veux dire… »

Il bafouillait.

« … Enfin… tu-tu pourrais rester ici… si tu-tu en as envie bien sûr… »

Le blond ferma les yeux, se traitant mentalement d’imbécile.
Billy n’osait pas le regarder. Son silence étonna Monaghan :

« Bill ? »

Ce dernier sursauta légèrement, comme pris en faute.

« Je… »

Il s’éclaircit la voix.
« … Je pensais rentrer de toute manière. John pense pouvoir me trouver un autre rôle, même un petit… Et, tu sais, j’ai des choses dont il faut que je m’occupe comme la maison et… »

Sa voix mourut. Dom hocha la tête, muet. Il la détourna pour que l’Ecossais ne voie pas l’ampleur de sa déception. Il sentait les larmes qui menaçaient de couler. Il avait espéré, pendant deux délicieuses minutes, que Billy sauterait sur l’occasion pour rester près de lui. Il fallait croire qu’il était le seul à être triste à l’idée de leur séparation. Il avait pourtant l’impression que son ami était bien près de lui. Est-ce qu’ils n’avaient pas retrouvé leur lien ? Ils n’avaient jamais été aussi proches. Le blond repensa aux différents baisers qu’ils avaient partagés et il prit peur. Il s’était peut-être trompé ! Il avait cru que Billy ressentait lui aussi du désir mais peut-être qu’il n’en était rien. Son ami se sentait peut-être dégoûté par les gestes intimes qu’il posait ? Sous la violence de ses pensées, Dom se leva brusquement. Il sentit un liquide salé s’infiltrer entre ses lèvres et su qu’il pleurait. Rapidement, il sécha ses larmes et, se dirigeant vers la sortie, dit :

« On devrait se dépêcher. N’oublie pas que J.J. nous a invité à dîner. »

Mais avant qu’il n’ait pu atteindre la porte, une main se posa sur son bras, l’obligeant à s’arrêter et à se retourner.
Billy semblait inquiet, de longues rides barraient son front. Il s’était rendu compte qu’il avait blessé son meilleur ami. Il s’en voulut de lui infliger encore de la peine. Il avait tout de suite compris que Monaghan se sentait rejeté. Et il savait que s’il le laissait comme ça, tous les efforts que son ami avait fournis resteraient vains. Il se rapprocha de Dom, se perdant dans l’aigue de son regard.

« -Je… Bien… John m’a dit qu’il ne trouverait rien tout de suite. Il a même insisté sur le fait que j’ai besoin de vacances. Je ferais mieux de rester ici… la maison peut attendre.
-Bill, tu n’as pas besoin de faire ça. Si tu n’en as pas envie…
-J’en ai envie ! »

Inconsciemment, il avança d’un pas vers Dom, d’un air résolu. L’interprète de Merry dut se faire violence pour ne pas lui demander de quoi. « Si tu les connaissais, mes envies à moi … » pensa-t-il. Il finit par sourire, amusé, bientôt imité par le châtain.
« Combien de temps comptes-tu rester ? »

L’autre haussa les épaules.

« -Je ne sais pas. Jusqu’à ce que tu en aies marre de moi !
-Alors tu risques fort de ne jamais quitter cette île… » Déclara sérieusement l’Anglais.

Billy rit.
Dom fixa, fasciné, la bouche entrouverte de son Pippin, mais il se morigéna. Il devait être patient et ne pas succomber à tous ses désirs. Il détourna le regard et s’apprêtait à parler quand il sentit les doigts de Billy emprisonner son menton, pour ramener son visage vers lui. Avant qu’il n’ait eu le temps d’analyser ce qui arrivait, la bouche de Billy se posa, avec légèreté, sur la sienne. Le baiser fut doux et bref mais il laissa Dom pantelant et inéluctablement heureux.

Le châtain le regardait, souriant. Dom comprit que c’était sa façon de se venger de ce qu’il lui faisait subir, mais aussi de lui prouver qu’il voulait rester. Le blond éclata de rire.

L’Ecossais sortit de la caravane. Dom secoua la tête et murmura, avant de rejoindre son meilleur ami :

« Tu ne perds rien pour attendre. Les choses sérieuses vont enfin commencer. »
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Mer 21 Déc - 19:34

Bon, il n'y a personne pour lire mais je continue quand même (on ne sait jamais!):
_____________________________________________________________
Dom lançait des regards rageurs vers la jeune femme rousse qui discutait calmement, à quelques mètres de distance, avec son meilleur ami.

Et dire que la journée avait si bien commencé !

Il s’était réveillé dans les bras de l’Ecossais, content. Cela aurait dû être le jour de son départ mais ce dernier ne partait plus, il ne le quittait pas. Il n’avait même pas acheté de billet de retour.

Il était si heureux : son Bill restait avec lui.

Sa joie fut tempérée quand il se rappela que le châtain ne le laissait toujours pas l’approcher et qu’il était même sur le qui-vive. Il n’arrivait plus à le surprendre.
Mais maintenant qu’il était à ses côtés pour quelques temps encore, il pourrait le séduire. Son cerveau avait été alors envahi par des pensées beaucoup plus agréables qui l’avaient suivi toute la journée.

En fait, tout c’était merveilleusement bien passé jusqu’à leur arrivée à cette fête. Ils étaient dans une maison louée pour l’occasion par J.J. Il donnait une réception pour les équipes techniques, de production et pour les acteurs. L’ambiance était conviviale.

Billy et lui avaient rejoint les interprètes de Kate, Boone, Grace, Sun et Hurley. Le châtain avait paru gêné et les avait laissés pour se chercher à boire quand Charlie s’était assis à-côté de son amie pour la taquiner.

Ne voyant pas son compagnon revenir, ce dernier était allé à sa recherche. Il l’avait trouvé, assis à une table de la terrasse surplombant le jardin, en grande discussion avec une rousse. Il n’avait pas osé les déranger même s’il en avait eu très envie. Il s’était lui aussi assis à une table, non loin du couple. Il avait demandé une coupe de champagne à un serveur et il en était à sa troisième.

Il marmonnait des paroles incompréhensibles, le regard de plus en plus noir de colère.
Il sentit quelqu’un s’installer près de lui.

« Jaloux ? »

La jeune femme rit quand Dom lui lança un coup d’œil assassin.

« -Je vois que oui !
-Arrête de dire des bêtises ! »

Le sourire de la brune s’élargit en rictus moqueur.

« -Si tu ne jouais pas au plus malin et que tu te décidais à lui avouer que tu es amoureux, cela serait plus simple, tu ne crois pas ?
-Non, il prendrait peur. Il m’aime beaucoup, je le sais, mais il ne veut pas de moi comme amant. Il ne voit en moi qu’un frère. En ce moment, je suis un petit frère qu’il doit soutenir et protéger. Mais je vais l’avoir… enfin, j’espère. Je pourrai continuer dès qu’il aura arrêté de parler avec cette… cette pimbêche ! Je me demande ce qu’il peut bien lui trouver ?
-Tu es d’assez mauvaise foi. Elle est mignonne ! En tout cas, elle a l’air de lui plaire… » Le taquina-t-elle.

Dom grogna.

« -De toute manière, tu as toujours eu mauvais goût !
-Je te rappelle que tu m’as tout de suite attirée et que je te trouve très beau.
-C’est exactement ce que je te dis : mauvais goût ! »

L’actrice éclata de rire bruyamment, faisant se retourner Billy. Quand il la vit avec Dom, son sourire s’évanouit et il se sentit mal à l’aise. La canadienne allait répliquer quand son ami la stoppa, posant une main sur son avant-bras.

« Attends ! »

Il observa le châtain et la jeune femme se lever et, descendant les escaliers, se diriger lentement vers le labyrinthe qui servait de jardin. Il était constitué de grandes haies fleuries. Dès qu’ils franchirent l’entrée et qu’ils furent hors de vue, Dom se leva. Son amie l’interpella :

« -Que comptes-tu faire ?
-Les suivre.
-Pourquoi ? Tu veux te faire du mal ?
-Absolument pas. Je tiens à prouver à cette jeune fille qu’elle ne pourra jamais avoir Billy. Il est à moi ! »

La jeune femme leva les yeux au ciel quand elle le vit courir vers l’entrée.

L’acteur trouva le couple assez facilement ; ils s’étaient arrêtés quelques mètres après l’entrée pour admirer la forme d’un buisson.

Billy et la fille se tenaient assez éloignés l’un de l’autre, ce qui rassura l’Anglais. De plus, le châtain avançait les mains dans les poches. Très vite, Monaghan se désintéressa de la conversation du couple (qui tournait autour du travail de la jeune fille) pour admirer son ami.

Il observait chacune de ses expressions, fasciné par son sourire. Il remarqua vite que l’Ecossais n’agissait pas avec la jeune fille comme avec lui ou encore comme avec Ali, quand ils étaient ensemble. Il était aimable et amical mais il ne se laissait aller à aucune intimité. La rousse, d’un autre côté, jouait de son charme tout en lui lançant de longs regards séducteurs. Dom, voyant cela, faillit les interrompre plus d’une fois.

Au centre du labyrinthe, plusieurs tonnelles très fleuries étaient disposées en rond. Le couple se dirigea vers l’une des plus reculées et cachées, qui semblait vide. Mais, en passant devant une plus grande, la jeune femme se fit héler par un groupe. Elle les rejoignit, laissant Billy continuer seul.

Dom sourit. Il profita de cette occasion pour aller retrouver son meilleur ami.

Quand il pénétra sous la tonnelle sombre, l’Ecossais sursauta.

« Dominic ? » Demanda-t-il, hésitant.
« -C’est moi.
-Que fais-tu ici ? Tu es seul ?
-Oui. Je te cherchais. Tu sembles me fuir. »

Billy eut un léger sourire. Son ami n’était plus avec l’actrice brune pour lui. Quand l’autre homme s’assit près de lui, il fut heureux que l’obscurité cache la rougeur qui était montée à ses joues. Ils étaient vraiment très proches, sur le banc étroit.

Le blond, lui, était content. Il s’était arrangé pour être face à l’entrée, lui permettant de voir les gens arriver.

«Alors ? » commença-t-il.
« Alors, quoi ? » Demanda le châtain étonné.
« Tu me fuis ? »

Billy secoua la tête négativement. Mais l’autre ne sembla pas le croire.

« -Je ne te parle pas seulement de ce soir mais de ces derniers jours. J’ai l’impression de te déranger, de te dégoûter…
-Non. Jamais. »

L’Ecossais serra l’une des mains de son ami.

« Jamais ! » lui répéta-t-il.

Dom sourit. Il déposa un baiser sur la tempe de son ami, qui lui répondit par un bisou sur la joue.

Il nota du coin de l’œil, à la lumière d’un lampadaire, un reflet roux s’approcher. Il se pencha alors lentement sur son compagnon, lui laissant le temps de se reculer. Mais celui-ci avait fait taire la petite voix de la raison dès l’entrée du blond. Il voulait le goûter à nouveau.

Le baiser fut d’abord timide et hésitant. L’Anglais avait peur d’une rebuffade de l’autre au dernier moment. Mais il prit confiance en lui quand il sentit que Billy se laissait faire et répondait aussi. Il laissa sa langue redécouvrir la bouche de l’Ecossais. Elle y rencontra sa compagne et elles se cajolèrent langoureusement. Ils avaient tous deux oubliés où ils se trouvaient. Les mains de Merry s’étaient collées à la taille de son Peregrin. Elles partirent à la recherche de sa peau et caressèrent amoureusement ses côtes et son dos. Billy gémit et réduisit l’espace entre eux. Leurs torses se soudèrent, l’une des jambes du châtain se retrouva sur les genoux de l’Anglais. Ses mains cajolaient la nuque puis les épaules de Dom. Ce dernier allait ramener son meilleur ami sur ses genoux quand ils entendirent une personne émettre un petit cri.

Il se tournèrent pour faire face à la jeune femme rousse. Elle les regarda, les yeux écarquillés, puis murmura un « pardon » étranglé avant de prendre la fuite.

Billy l’interpella mais elle ne se retourna pas.

L’Ecossais regarda son ami, visiblement en colère.

« Tu savais qu’Alicia arrivait, n’est-ce pas ? »

Il était furieux. Dom baissa la tête, penaud. Il aurait aimé se justifier mais la peur le paralysait. Il faisait toujours les mêmes conneries !

« Putain, Dominic ! Je ne t’appartiens pas alors je te serais reconnaissant d’arrêter de me proclamer comme tien ! »

Sa voix était froide. Il avait parlé normalement mais cela blessa plus l’Anglais que des cris. Il ferma les yeux mais les rouvrit immédiatement quand il sentit Billy partir.

« Bill ! »

Il aurait voulu ne pas paraître aussi désespéré, mais il était trop angoissé pour contrôler sa voix.

La colère du châtain fondit rapidement en voyant le teint livide de son ami. Il prit sur lui. Il ne voulait pas que Dominic passe encore par ce qu’il avait vécu.

« Laisse-moi juste parler avec Alicia. Je reviens. Reste ici ! »

Il avait parlé doucement pour rassurer le blond.

Il le laissa puis quitta le labyrinthe. Il rattrapa rapidement la jeune femme sur la terrasse, qu’elle traversait pour gagner la maison. Elle essaya de lui échapper mais il réussit à la conduire dans un coin isolé.

Elle bredouilla :

« -Je suis désolée, je ne voulais pas…
-Non, c’est moi qui m’excuse. Tu n’aurais pas dû voir ça. Je…
-Ecoute, ce n’est rien ! J’ai cru que tu étais libre mais c’est faux, alors…
-Tu sais Dom et moi… Nous, enfin… »

Comment lui dire qu’ils n’étaient pas ensemble après ce qu’elle avait vu ?
Elle continua :

« Vous voulez que personne ne sache. Je comprends, ne t’inquiète pas. Je respecterai votre vie privée. La prochaine fois que mes amies me parleront des rumeurs entre Dominic Monaghan et l’actrice qui joue Kate, je pourrai rigoler intérieurement. »

Billy la regarda, surpris.

« Euh… merci ! »

Cela ne servait à rien de démentir. Alicia lui sourit. Après une conversation banale, ils se quittèrent rapidement.

L’Ecossais trouva Dom dans la tonnelle ; il était assis, le dos courbé, la tête dans les mains.
Quand il leva les yeux vers lui, il lui sembla si malheureux qu’il s’assit à ses côtés pour le prendre dans ses bras et le réconforter. Dom se détendit peu à peu, soulagé de voir que son ami était revenu comme il le lui avait dit.
Ils finirent par se lever pour quitter la tonnelle et le jardin.

Ils partirent de la fête, prétextant que l’interprète de Charlie avait trop bu.

Billy conduisit. L’ambiance était lugubre. Dom évitait de le regarder, tourné vers la fenêtre.

Arrivé dans la maison, le châtain alla dans la salle de bain, fuyant le désespoir de son ami. Il sortit un quart d’heure plus tard, prêt à se coucher.

Il alluma la lumière de la chambre et fit face à un Dom hagard assis sur le lit, encore habillé. Leurs prunelles s’accrochèrent.

« Excuse-moi. Ne pars pas, s’il te plait » Demanda-t-il d’une voix cassée.

Billy soupira, s’approcha du lit et s’accroupit devant son ancien compagnon de tournage. Il lui retira ses chaussures, sous le regard scrutateur de son ami. Mais l’Ecossais ne lui retourna pas le regard et s’occupa juste de retirer le tee-shirt et la ceinture de l’Anglais.
Enfin, il se redressa sur les genoux, et fixa sérieusement son ami.

« Je t’ai déjà dit que je ne partais pas. »

Dom baissa les épaules, soulagé. Il se laissa coucher dans le lit. Billy s’y assit aussi, retira sa montre et éteignit la lumière. Enfin, il rejoignit son ami et lui ouvrit les bras. L’Anglais se blottit contre lui, cherchant sa chaleur.

« Billy… » Murmura-t-il, satisfait.

Ce dernier caressa le dos de son Charlie jusqu’à ce que celui-ci s’endorme.

Il poursuivit ses caresses la nuit durant, les yeux ouverts fixés au plafond. Il repensait à ce qui s’était passé.

Cette nuit-là, il ne dormit pas.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Mer 21 Déc - 19:35

La musique pulsait dans ses oreilles, l’empêchant d’entendre le bruit sourd produit par les rebonds de la balle sur la cloison de sa caravane. Dom, assis sur son canapé, le script du prochain épisode sur les genoux, essayait d’apprendre son texte. Ses lèvres bougeaient silencieusement, pour retenir son dialogue. Ses mains se mouvaient machinalement pour lancer la balle et la rattraper. Il ne se rendait pas compte que, petit à petit, il avait augmenté le rythme de ses lancers ainsi que leur force. Il fronça les sourcils, puis reporta son regard vers les feuilles devant lui, avant de le fixer à nouveau dans le vide. Cela devait bien faire un quart d’heure qu’il tentait de retenir le même bout de texte. Il se le récita à lui-même mais buta sur un passage. Il revint au début, s’interdisant de jeter un nouveau coup d’œil au scénario, fermant même les yeux. Il lançait toujours la balle. De nouveau, il s’arrêta puis essaya de fouiller dans sa mémoire pour trouver le fichu bout de dialogue. Mais tout se mélangeait et il lui revenait toujours ce qu’il voulait oublier. Quand, il retenta une troisième fois et qu’il se rendit compte qu’il avait oublié le début, il ouvrit les yeux et, de rage, projeta la balle avec beaucoup plus de force. Elle fit un rebond sur le mur mais bifurqua et finit sa course dans un fracas assourdissant. Dom arracha ses écouteurs et balança le tout sur le canapé. Il passa ses mains devant les yeux. Il se sentait si en colère qu’il avait envie de tout casser. Las d’être assis, il se leva et commença à faire les cent pas dans sa si minuscule loge. Il n’avait pas envie de sortir, il ne voulait pas tomber sur un de ses compagnons de tournage ou un technicien. Il savait qu’il ne pourrait pas s’empêcher d’être odieux et préférait rester sagement enfermé plutôt que s’attirer les foudres d’un de ses camarades. Il tourna dans la chambre puis finit par se diriger vers le coin cuisine. Là, il ouvrit le frigo. Il contempla un long moment les bouteilles qui l’attendaient sagement. Il en avait bien assez pour se bourrer et oublier le foutoir qu’était sa vie. Il secoua la tête. Il ne pouvait pas ! Demain, il devait tourner et déjà qu’il ne connaissait pas son texte, il n’allait pas se montrer avec une superbe gueule de bois… Il soupira et finit par tendre la main vers une canette de jus d’orange.

Il s’assit sur le canapé qu’il avait quitté dix minutes plus tôt. Il observait la main qui tenait la canette et entendait, fasciné, le tintement d’une de ses bagues contre le métal froid et humide. Il prit la canette des deux mains mais elle continua à grelotter. Il la posa alors sur le sol et regarda ses mains trembler. Il aurait voulu arrêter leur tremblement mais il n’y arrivait pas. Il se massa alors les mains l’une contre elle, tout en frissonnant. Il avait pourtant cru que tout était terminé. Il réprima un sanglot et se pinça l’arête du nez.

Il devait dormir. Il le savait et il le voulait. Mais il ne le pouvait pas. Il essaya de se rappeler quand il avait dormi pour la dernière fois. Il y avait deux, non trois jours peut-être. Depuis le soir où il était parti… Une larme coula le long de sa pommette mais il l’effaça rapidement. Il ne devait pas pleurer. Il se traita d’imbécile, regrettant de se montrer si faible. Lui, il s’en foutait de le laisser ainsi, ce n’était pas la première fois. Son cœur se serra en pensant à lui. Il jeta un coup d’œil à son portable, si silencieux. Il allait tendre une main vers lui quand trois coups légers, presque timides, se firent entendre.

La colère de Dom ressurgit et il lança un « Quoi ? » haineux, qu’il regretta instantanément, avant de revenir à sa première réaction. Mais cela ne sembla pas décourager son visiteur qui entrebâilla la porte avant de se glisser à l’intérieur de la caravane. L’acteur dévisagea son invité surprise avant de détourner son regard. Il n’avait envie de voir personne… et surtout pas elle !

« - Qu’est-ce que tu me veux ?
- Je vois qu’on est de charmante humeur » Lui répondit l’interprète de Kate, d’un ton neutre.
« - Ecoute, je n’ai aucune envie de t’entendre parler de mon humeur, ni que tu me fasses des réflexions à la con dont tu es la spécialiste. Tu ferais mieux de partir. On se verra demain, OK ? » Cracha-t-il à demi-voix, tout en se levant, pour aller ouvrir la porte.

Mais la jeune femme s’assit sur le canapé, faisant mine de ne pas comprendre ce qu’il lui signifiait.

« - Non, je ne suis pas OK ! Je commence, et je ne suis pas la seule, à en avoir marre de ton comportement de petit enfant gâté et capricieux…
- Lâche-moi avec mon comportement…
- Désolée pour toi Monaghan mais je n’ai absolument pas envie de laisser tomber ! Alors tant pis pour toi si tu ne veux pas écouter, je reste quand même… » Le coupa-t-elle.

Elle planta ses prunelles dans celles de son ami. Ce dernier ne supporta pas l’éclat émeraude de son regard. Son envie de briser un objet le reprit et avant qu’il n’ait pu penser à son geste, il attrapa son portable et le jeta de toutes ses forces contre la porte. L’objet émit un drôle de son, avant d’éclater en divers morceaux. La jeune femme n’avait pas bougé de son siège, contemplant le cadavre gisant au sol. L’Anglais haletait comme s’il avait couru un mille mètres. La brune l’observait alors, les bras croisés, enfoncée dans le sofa.

« Ça y est, tu t’es calmé ? »

Le jeune homme ne lui accorda pas la moindre attention, glissant au sol, contre la cloison. Il ramena ses genoux contre son torse et pelotonna sa tête dans l’abri précaire qu’il avait ainsi créé. Il inspira et expira longuement, essayant d’entendre au loin le bruit apaisant des vagues, mais il était obstrué par celui entêtant de son propre cœur. Il sentit son amie se redresser et s’approcher de lui. Elle leva une main hésitante vers la chevelure blonde et l’y déposa dans un geste qu’elle voulait apaisant. L’homme se laissa faire, trop fatigué pour montrer à quel point sa présence le dérangeait, le dégoûtait. Il voulait qu’on le laisse seul, il méritait d’être laissé là, sans personne auprès de lui pour le veiller, comme l’autre l’avait décidé…

« Dominic » Murmura-t-elle, essayant de donner au ton de sa voix quelque chose de réconfortant.

Il leva alors promptement la tête, la surprenant. Il rencontra ses yeux verts… Et il eut envie de se venger, de le blesser lui aussi. Il empoigna la main de la brune et l’approcha sans ménagement de lui. Les yeux jades étaient remplis d’interrogation. Il ne lui laissa pas le temps de s’enfuir et captura sa bouche et y pénétra avec force. Il pressa son corps contre le sien, enserrant sa nuque brutalement. La jeune femme essaya d’échapper à l’étreinte mais ne put que marteler de ses poings le torse de Dom, qui semblait anesthésié à toute douleur physique. Quand l’une des mains de l’homme trouva la peau de son ventre, la jeune femme eut un dernier sursaut, se dégagea et gifla l’Anglais. Le coup fut violent, décuplé par la peur de l’actrice.

Ils restèrent quelques moments assis à même le sol. Elle le regardait ; les larmes coulant sans s’arrêter, et elle tremblait sous le coup de l’émotion et de la terreur. Lui avait le visage dénué de toute expression tourné vers la chambre, le corps mou. Puis il se tourna vers elle et planta ses yeux dans les siens.

« Je t’avais dit de partir. » Déclara-t-il simplement, avant de se lever et d’entrer dans sa chambre. Là, il retira son tee-shirt, puis son pantalon et se laissa tomber dans son lit. Il se sentait si las, si fatigué. Il espérait que le sommeil l’emporterait vite. Mais il eut beau se retourner, contempler le plafond décrépit, il n’arrivait pas à dormir. Il tendait l’oreille pour entendre la porte de la caravane claquer mais le son ne venait pas. Il ne sentait pas le moindre remord pour ce qu’il venait de faire… Peut-être demain… Il voulait juste être seul…

Mais il vit une silhouette se découper sur le seuil de la porte et s’approcher lentement du lit. Elle s’y installa avant de s’allonger près de lui, épousant les formes de son corps.

Il avait envie de la repousser, de la prendre par le bras pour la sortir de son lit, de sa loge mais il n’en avait pas la force. Et à quoi aurait-il servi de s’énerver ? Ni le portable brisé, ni le baiser forcé ne l’avait fait fuir… Il soupira ennuyé.

« Dom, que se passe-t-il ? »

Il ferma les yeux. Des questions. Encore. Il aurait tellement voulu qu’on le laisse en paix.

« Où est Billy ? »

Pas ce nom ! Il criait, hurlait de ne plus prononcer ce nom. Ou au moins, il aurait aimé le faire.

« Il est parti. » Finit-il quand même par répondre.

La jeune femme leva la tête, contemplant son ami.

« Il est retourné en Écosse ? »

Le blond secoua la tête négativement.

« - Dom…
- Tais-toi, s’il te plaît. Je n’ai pas envie d’en parler.
- De quoi as-tu envie alors ? »

Il ne sut quoi lui répondre, même s’il connaissait la réponse : de rien. Il ne voulait plus rien…

Les doigts de Kate jouèrent alors sur son torse, amoureux. Ils remontèrent sur sa gorge et se coulèrent sur son menton, puis sa joue. Il se laissa embrasser, répondant d’abord doucement. Il encercla la taille de la jeune femme de ses bras et la força à se coucher sur le dos. Leurs langues se caressèrent, s’invitaient à des attouchements encore plus intimes. Dominic caressa à travers le tee-shirt la poitrine de l’actrice. Elle se cambra voluptueusement, avant de chuchoter le prénom de l’homme. Elle réussit à prendre le dessus. Elle le regarda, le sourire aux lèvres. Sa langue vint câliner une clavicule, faisant soupirer son compagnon de tournage. Elle descendit le long du torse, alternant des coups de langue et des mordillements. Elle s’amusa à souffler sur le nombril de son ami, heureuse de l’entendre réagir si vivement.

Dominic haletait, les yeux fermés. Cela faisait si longtemps qu’il ne s’était pas senti si vivant, son sang pulsait vite dans ses veines, allant irriguer son sexe. Mais une pointe de douleur se fit ressentir dans son cœur ; il aurait tant voulu que la bouche qui le découvrait soit la sienne, qu’il soit ici près de lui. Il l’imaginait lui faisant subir cette douce torture. Des larmes s’échappaient de ses paupières closes mais il se surprit à sourire. Billy…

« Bi- Bill… » Susurra-t-il quand une des mains s’aventura sur son caleçon. « Billy ! » Répéta-t-il un peu plus fort.

Et tout stoppa. La chaleur près de lui s’évanouit. Il ouvrit les yeux surpris par son absence. La lumière fut allumée.

Elle le fixait, les yeux emplis d’horreur. Mais lui ne la voyait pas, il fut frappé par une évidence.

Comment avait-il pu penser que leurs yeux se ressemblaient ? Jamais ceux de la jeune femme n’auraient la moitié de la tendresse des prunelles de son Bill. Il le regardait toujours avec tant d’affection, d’amour et d’humour alors qu’il n’y avait rien d’extraordinaire dans le vert de la brune.

Un silence pesant s’installa entre eux. Dom avait très mal à la tête. Le manque de sommeil et la situation lui pesaient énormément. Il aurait voulu qu’elle s’en aille, sans qu’elle ne parle. Qu’elle le laisse juste. Mais il savait qu’elle ne le lâcherait pas, qu’elle allait tempêter, pleurer, lui demander des explications, lui dire qu’elle l’aimait et qu’elle serait prête à tout pour lui. Elle n’avait alors qu’à partir, pensa-t-il amèrement.

Mais le son d’un portable les firent sursauter. Dom fronça les sourcils. Il se rappelait pourtant qu’il avait détruit l’objet. Il jeta un coup d’œil vers la jeune femme pour s’assurer qu’elle était bien là. Il n’avait donc pas rêvé. Il se souvint alors que celui qu’il avait jeté était le professionnel. Il fit une grimace. C’était bien sa chance ! A cause d’un élan de colère, il passerait peut-être à côté du plus fabuleux des scénarios, peut-être même du prochain Spielberg… Il se leva rapidement du lit, heureux tout de même de pouvoir s’éloigner d’elle. Il trouva le portable sous un tas de vêtement. Il ne reconnut pas le numéro.

« Allo ? » Prononça-t-il, ennuyé.
« Allo, Monsieur… euh… Monaghan ? »

L’acteur haussa un sourcil.

« Bonsoir, excusez-moi de vous déranger. Ici, l’hôpital de Kaneohe. Connaissez-vous un certain Billy Boyd ? »

Le blond crispa sa main sur le portable.

« - Oui, c’est un ami à moi.
- Nous avons eu vos coordonnées par l’hôtel, qui devait vous contacter en cas d’accident. »

Dominic blêmit.

« - Que se… Que se passe-t-il ? Est-ce que c’est grav…
- Rassurez-vous ! Il semblerait que votre ami soit allé surfer et qu’il ait été surpris par une forte vague. Il a été englouti et s’est retrouvé sous elle. Des sauveteurs ont pu heureusement le sauver. Il a été amené, conscient mais très affaibli et malade. Il est sous observation actuellement, même s’il ne craint plus rien. Nous préférons le garder pour le surveiller. Il doit sortir demain dans la journée et il aura besoin d’aide. Pensez-vous pouvoir venir le chercher ? Je vois que vous habitez l’île et…
- J’arrive !
- Vous n’avez pas besoin de…
- Je viens ! » Coupa-t-il.

Il discuta encore quelques minutes avec la personne de l’hôpital, puis raccrocha. Kaneohe était à plus de deux heures de voiture. Il devait partir au plus vite. Il se sentait bouillonnant, de peur, de douleur, de rage… Il ne comprenait pas. Il s’habilla rapidement et prit son portable, son portefeuille et les clés de sa voiture. Il savait que ce n’était pas raisonnable de conduire mais il se fichait bien d’avoir un accident. Ce ne fut que lorsqu’il s’apprêtait à sortir qu’il remarqua qu’il oubliait quelque chose. Il leva les yeux et vit son amie, les yeux rougis, une expression de douleur collant ses joues. Il soupira.

« Je dois… je dois y aller ! » Tenta-t-il d’expliquer. Il savait que son départ ressemblait à une fuite. Et ça en était bien une. « Pourrais-tu leur dire demain matin, que j’ai dû partir et que c’était réellement urgent. Je devrais être là après-demain. »

Il attendit poliment une réponse qu’il savait ne pas obtenir.

« Bien- bien sûr… » Bégaya-t-elle.

Il la dévisagea alors, se rendant peu à peu compte de tout le mal qu’il lui faisait. Mais il ne pouvait pas rester. Il lui fallait le retrouver.

« Excuse-moi. » Jeta-t-il, lâchement, avant de s’enfuir.

Il courut vers le parking, ne voulant pas se retourner, sachant qu’il avait blessé une personne qui avait toujours été là pour lui. Mais il ne voulait pas y penser. Il entra rapidement dans son véhicule et démarra.

Il allait le retrouver…
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Mer 21 Déc - 19:36

Il entendait un bruit régulier. Il n’arrivait pas à définir ce que c’était. Il essaya de lutter pour pouvoir ouvrir ses paupières mais elles lui semblaient si lourdes qu’il n’y arrivait pas. Il tourna la tête plusieurs fois, cherchant à identifier ce bruit et les autres plus étouffés qu’il percevait. Il fronça les sourcils. Il se sentait nauséeux et encore très embrumé, comme s’il avait la gueule de bois, pourtant il était certain de ne pas avoir bu. Finalement, il put ouvrir les yeux. Il les cligna plusieurs fois, tentant de focaliser sa vue floue. La lumière était faible, provenant juste d’une lampe de chevet à ses côtés.

A nouveau, un « bip » se fit entendre, puis un autre, et un autre… Il tourna la tête vers la droite. La pièce fut peu à peu plus nette et il s’aperçut qu’il se trouvait dans une chambre. Il regarda dans tous les coins…

Un hôpital… Il n’y avait aucun doute : les murs sobres, cette odeur, son bras relié à une perfusion, ce « bip » qui indiquait que son cœur battait normalement. Il connaissait bien les chambres d’hôpitaux. Il enfonça à nouveau sa tête dans l’oreiller, sentant poindre un début de migraine. Il avait la bouche pâteuse et avait envie de boire. Mais il ne voulait plus faire de mouvements. C’était trop fatiguant. Il ferma les yeux.

Quelques minutes plus tard, sentant que sa tête se libérait, il se demanda ce qu’il faisait là. Il ne souvenait pas avoir eu un malaise ou un quelconque accident de voiture. Il essaya de voir s’il avait mal quelque part, bougeant ses bras et ses jambes, ses mains et ses pieds. Tout avait l’air de fonctionner. Il avait juste cette drôle de sensation dans la tête, cette fatigue qui l’empêchait de bouger et puis, quand même, parfois, une difficulté à expirer…

Il se souvint alors qu’il n’arrivait plus à respirer… L’air lui avait manqué… Longtemps… Cela lui avait semblé une éternité. Il essayait de penser correctement mais même cette plus simple activité intellectuelle l’épuisait.

Que faisait-il ? Il était arrivé à Kaneohe, depuis trois jours. Ça il s’en rappelait. Il était resté dans sa chambre les deux premiers jours, comme un lion dans une cage. Il n’avait aucune envie de sortir mais il était déprimé de rester enfermé. Mais dès qu’il tentait une sortie, comme aller prendre un repas dans le restaurant de l’hôtel, il était tellement triste et las qu’il remontait illico, sans manger.

Mais il avait dû changer d’avis ? Ah oui ! La plage, les vagues… De sa terrasse, il les avait vus le soir du deuxième jour. Il ne savait même pas que sa chambre avait une vue sur l’océan, il n’avait pas tiré ses rideaux, depuis son arrivée. Il avait décidé que le lendemain, il achèterait une planche et un équipement et qu’il irait surfer, pour se changer les idées.

Alors, il se souvint. Il ouvrit les yeux et put voir la vague qui le submergeait. Sans qu’il ne puisse rien faire, il avait été emporté vers le fond. Il était trop lourd et n’arrivait pas à revenir à la surface. Il avait un peu paniqué en voyant l’obscurité le cerner. C’était là que ses poumons avaient commencé à protester. Il avait besoin d’air et tout de suite… Quand il avait senti que la force de la vague était passée, il avait tenté de remonter. Il se souvenait avoir réussi à nager vers le haut mais il se sentait tellement engourdi qu’il avait dû s’arrêter. Il avait eu l’impression de partir… Ensuite, ses souvenirs étaient plus flous : la sensation de respirer à nouveau, de réapprendre à inspirer et à expirer, des mains sur lui, une voix, puis deux… Il se rappelait des micro-réveils, quelqu’un qui le rassurait et…

Il regarda sur son côté droit. Vide. Pourtant il pensait l’avoir vu… Dom… Peut-être avait-il simplement rêvé…

Il fut sorti de ses pensées par l’entrée de quelqu’un dans sa chambre. Il fronça les sourcils tout en regardant le nouveau venu.

« Enfin réveillé Monsieur Boyd ! »

Il acquiesça sans ouvrir la bouche.

« Je suis le Docteur Booth. Vous êtes à l’hôpital. Savez-vous pourquoi vous êtes ici ? »

A nouveau, Billy hocha la tête. Il voulut parler mais ses cordes vocales ne suivirent pas le mouvement.

« Ca ne fait rien. » Lui dit le médecin, essayant de l’apaiser. « Il semblerait que vous avez été englouti sous une vague. On vous a repêché à temps mais vous avez quand même avalé pas mal d’eau. Il n’y a plus d’inquiétude à avoir. On vous garde en observation jusqu’à demain. Vous pourrez repartir dans la soirée. »

Le châtain ne put faire qu’un petit geste pour lui montrer qu’il avait écouté et qu’il comprenait.

« Vous êtes fatigué, c’est tout à fait normal. Dormez et ne vous faites pas de souci pour demain, votre ami s’est réglé de toute la paperasse pour votre sortie. Reposez-vous maintenant. »

Et sans plus le regarder, le médecin sortit de la pièce, tout en consultant un dossier. Billy aurait voulu l’appeler. Un ami ? Mais quel ami ? Il se sentait perdu quand la porte s’ouvrit à nouveau pour le laisser entrer. Leurs yeux se croisèrent. Ceux de l’Écossais exprimaient de la surprise, mais les prunelles bleutées paraissaient contrariées et gênées.

Le jeune homme fit quelques pas dans la pièce, pour se placer gauchement à côté du lit. Il ne regardait pas le malade, fixant un point sur la couverture qui le couvrait. Il avait les mains fourrées dans ses poches.

Billy le dévisagea : le visage de Dom était marqué par la fatigue, ses yeux étaient rougis, signe qu’il n’avait pas dormi. Son cœur se serra à cette idée. Son ami dégageait des émotions contradictoires et chargées. Il ressentait de la tension. Il aurait voulu lever la main pour attraper celle du blond mais, instinctivement, il savait que ce dernier n’aurait pas accepté.

Le silence se prolongea de longues minutes, Dominic ne semblant pas vouloir ouvrir la bouche. Il se tenait crispé, les lèvres serrées, comme sur le point d’exploser. L’autre homme se sentit en danger.

Quand il ne tint plus ce froid qui s’était installé, Billy voulut engager la conversation mais une infirmière entra rapidement dans la pièce. L’atmosphère glacée fut brisée par la femme, qui sembla ne rien avoir remarqué. Dom fit quelques pas en arrière et alla s’asseoir sur une chaise reculée, que le châtain n’avait pas remarquée.

Ils laissèrent la femme faire son travail. Elle souriait à Billy, réconfortante. Finalement, elle sortit une seringue et mit son contenu dans la perfusion.

« C’est un léger sédatif » dit-elle à l’intention du malade. « Le docteur Booth a estimé que vous en auriez peut-être besoin pour bien dormir. Vous éviterez les cauchemars en somme. C’est assez fréquent avec ce type d’accident. »

Elle lui sourit à nouveau. Dans une autre situation, Billy aurait sûrement protesté. Il n’aurait pas accepté d’être drogué. Mais, là, il se sentait presque soulagé. Ainsi, il n’aurait pas à l’affronter. Il sentit des larmes poindre. Il avait mal… Il fut surpris de constater que le médicament agissait déjà. Il s’endormit rapidement, une larme coulant doucement sur sa joue.

L’infirmière sortit doucement, lançant un dernier regard de soutien au jeune homme assis, qui ne lui répondit pas. Toute son attention était fixée sur la forme couchée sur le lit. Il avait été troublé quand leurs regards s’étaient croisés. Il avait été si heureux de voir que tout allait bien, qu’il s’était réveillé comme on lui avait dit. Mais il n’avait pas été capable de lui montrer. Il n’y avait pas de place pour ça en lui. Il n’y avait que la colère, sourde, qui montait et qui s’accumulait. Et il savait qu’elle éclaterait tôt ou tard.


Le voyage en voiture jusqu’à la maison de Dominic se fit dans le silence, accompagné par la radio. Quand le véhicule s’engagea dans l’allée, Billy se souvint de son arrivée ici quelques semaines auparavant. Cela lui semblait remonter à des mois… Il avait été si heureux à ce moment-là. Mais maintenant, il se sentait si mal et la maison lui semblait représenter la pire des prisons. Il y serait enfermé avec son ami et il redoutait ça.

Dom l’aida à sortir de la voiture, comme il l’avait aidé à quitter l’hôpital : en silence et comme si c’était son obligation, mais sans amitié, ni tendresse. Pendant qu’il allait chercher son sac de voyage, qu’ils avaient récupéré à l’hôtel, Billy se dirigea vers la maison. Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes. Depuis son deuxième réveil, il se sentait prêt à éclater en sanglots à chaque moment. Il avait réussi à les refouler mais il savait que cela n’allait pas durer. Il avait peur.

Ils entrèrent, muets tous deux. Dom emmena son sac dans sa chambre, laissant l’autre homme dans le salon. Ce dernier s’assit sur le canapé, amorphe. Il attendait. Il savait qu’il devait se passer quelque chose et que ce serait l’Anglais qui commencerait les hostilités. Il se sentait tellement fatigué. Il aurait aimé partir, fuir cette discussion qui lui paraissait hautement dangereuse.

Quand il entendit les pas de son ami dans le couloir, il se redressa, prêt à bondir du sofa pour disparaître par la baie vitrée. Mais ses jambes ne lui obéissaient pas et il resta sagement assis.

Monaghan traversa le salon, pour se rendre dans la cuisine. Billy ne se sentit pas soulagé, cela ne faisait que reculer l’inévitable. Il étouffait, sa tête tournait et il sentait la sueur coller son Tee-shirt à sa peau.

Dom revint quelques minutes plus tard, une bière dans les mains déjà à moitié entamée. Il n’en proposa pas à son ancien camarade. Il s’installa devant la baie vitrée et regarda l’océan, tout en buvant. Il tournait le dos à son meilleur ami, qui ne pouvait s’empêcher de le contempler.

Les larmes finalement se libérèrent sans qu’il n’y fasse attention. Billy se sentait tellement mal. Il avait fait à nouveau la même connerie. Et cette fois-ci, il savait que c’était son entière faute. Il était parti, sans rien dire, en tout cas pas en face.

Dom se tourna brusquement, la bouteille vide dans la main. Il regarda surpris l’Écossais qui pleurait silencieusement. Et cette vision qu’il y a encore quelques jours lui aurait donné une forte envie de le prendre dans ses bras pour le consoler, ne fit que remonter sa colère. Ses traits se déformèrent. Il n’avait pas le droit, pas le droit de lui faire ça ! Il l’abandonnait et c’était lui qui pleurait ! Mais de qui se moquait-il ? Dans un accès de rage, il jeta la bouteille qui se brisa contre un mur, ce qui eut pour effet de réveiller Billy de sa transe. Ce dernier se leva et esquissa un pas vers son compagnon mais celui-ci se dirigea vers sa chambre.

Atone, le châtain contempla les morceaux de verre brisé. La peur pulsait dans ses veines, elle l’avait envahi complètement. Quand il entendit des portes être claquées dans la chambre, il rejoint rapidement l’Anglais.

Un sac sur le lit, Dom y rangeait des affaires qu’il prenait ici et là dans les tiroirs et les placards. Il semblait en proie à une rage folle mais ne lui adressa pas un regard.

« Dom… » Parvint à articuler Billy.

Ce dernier ne semblait pas l’avoir entendu.

« Dom. » Recommença-t-il à dire. « Dominic ! » Cria-t-il, tout en se plaçant devant le blond qui revenait vers le lit.

Le regard que lui lança son ami le glaça. Il y avait tant de colère et de ressentiment qu’il lui semblait qu’il le dévisageait avec haine. Et plus que tout, ce simple regard déchira Billy. Il n’aurait jamais cru qu’il le verrait le contempler ainsi… Il réprima une nouvelle marée de larmes.

« S’il-te-plaît, Dom… » Réussit-il à dire. « Que fais-tu ? Tu-tu… »

L’interprète de Charlie le contourna, continuant sa tâche.

« Je pars. J’ai du travail qui m’attend et je dormirai sur place, ce sera plus pratique… »

Il fut sur le point d’ajouter quelque chose mais il se tut finalement.

Billy chancela et glissa sur le lit. La chambre tournait autour de lui, il avait terriblement chaud.

« Ne t’en va pas… Ne me laisse pas… » Murmura-t-il.

Il entendit le sac être fermé. Il crut que Dom ne l’avait pas entendu. Ce dernier se dirigea vers la sortie. Mais sur le seuil, il se retourna. Il considéra le dos de Boyd. Il avait l’air épuisé, mais la colère était toujours présente.

« Il le faut. » Déclara-t-il.

Il se tourna mais ne partit pas.

« Tu m’as bien laissé, toi. »

Très vite, il se trouva dehors et entra dans sa voiture. Là, il crispa sa main sur le volant, tout en fermant les yeux. Il avait une folle envie de revenir sur ses pas mais il ne pouvait plus. Il avait trop mal, il souffrait trop, il serait capable de faire une bêtise. Il ouvrit toutes les fenêtres, l’odeur caractéristique de Billy semblait flotter encore dans l’habitacle. Enfin, il put démarrer.

L’Écossais entendit comme dans un rêve la voiture s’éloigner. Il n’arrivait pas à penser correctement, il n’arrivait pas à analyser ce qui se passait. Il ne voulait pas réfléchir, ne pas comprendre… Il se sentit couler vers le sol.

La dernière pensée rationnelle qu’il eut fut qu’il l’avait finalement perdu. Puis il s’évanouit.
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Mer 21 Déc - 19:39

Dom prit une nouvelle gorgée de bière dans la bouche et la savoura doucement tandis qu’elle coulait le long de sa gorge. Son regard était fixé au loin sur le soleil couchant. L’étalage de rouge et orange qui s’offrait à lui le saisissait à chaque fois qu’il avait la chance de le contempler . Il était assis sur les marches au seuil de sa loge. Mais son esprit n’était pas totalement tourné vers le spectacle en face de lui.

Il avait passé une relative bonne journée de travail. Demain, il ne reprendrait le tournage qu’à la nuit tombée. Ils faisaient une scène de nuit en extérieur. Il pourrait paresser le matin.

Il se sentait vide, sans envie. Il était fatigué, n’arrivant toujours pas à dormir correctement. Et cette journée l’avait encore plus épuisé. Il avait dû cacher son état d’esprit à tous ses camarades. Il jouait, en plus de Charlie, le Dom expansif et joyeux luron que tous avaient appris à côtoyer depuis l’arrivée de Billy. D’ailleurs, tout le monde lui avait demandé des nouvelles de l’Écossais. Il avait dissimulé son mal-être et son malaise à évoquer son meilleur ami puis s’était isolé aussi vite qu’il avait pu.

Il était quand même satisfait, personne n’avait semblé remarquer ses sautes d’humeur, ni ses mains qui tremblaient, tous mettant son état sur l’excitation et l’agitation du tournage. Les autres ne s’étaient même pas rendus compte que l’interprète de Kate ne lui adressait ni mots ni regards. Il soupira. Tous sauf un… Mais il était persuadé qu’elle était allée pleurer dans ses bras. Il but une longue gorgée.

Il savait qu’il aurait dû s’en vouloir et qu’il devrait aller la voir pour s’excuser mais il ne le pouvait pas. Il ne le voulait pas. Elle s’était brûlée les ailes, cherchant à profiter d’un moment de faiblesse. Il ne la comprenait pas vraiment, elle savait pourtant que l’attachement qu’il portait à Billy Boyd dépassait un quelconque sentiment amoureux. Même s’il devait à l’avenir ne plus revoir son ami, jamais il ne pourrait trouver quelqu’un d’autre qui occuperait la place qu’il avait dans son cœur, dans son âme. Il lui appartenait.

Il baissa la tête vers la bouteille et machinalement la caressa du doigt, suivant des yeux les dessins qu’il y traçait. Il ne savait même plus ce qu’il ressentait. Quand il pensait au châtain, la colère et un certain ressentiment le submergeaient. Mais il avait aussi cette envie de bondir dans sa voiture pour le retrouver. Savoir s’il était toujours chez lui à l’attendre… Ou s’il était parti, comme il avait eu envie de lui demander… Juste pour le blesser… Son visage se crispa dans une grimace douloureuse. Il ne pourrait jamais s’en remettre s’il trouvait sa maison abandonnée, vidée… La nuit, il ne l’imaginait que trop bien prendre ses affaires, débarrassant l’endroit des objets ayant prouvé sa présence, et repartir vers l’Europe… Retourner vers Ali… Il aurait tout donné pour savoir. Mais un sentiment d’orgueil et toujours cette rage, qui le consumait, lui refusaient d’aller vérifier par lui-même. Il avait bien essayé de lui téléphoner, composant le numéro de chez lui mais il avait presque à chaque fois raccrocher sans laisser le temps à Billy, s’il était encore là, de décrocher.

Il vida la bouteille. Il n’avait pas très envie de découvrir que son meilleur ami n’était qu’un lâche.

Quand il releva la tête, il croisa les yeux de l’homme qui l’observait depuis quelques minutes déjà. Dom sourit et secoua la tête. Il se demandait quand il se déciderait à venir. Il savait qu’il aurait bientôt sa visite. C’était le seul qu’il n’avait pas réussi à bluffer de toute la journée. Il se leva, se tint sur la première marche, et attendit son compagnon de tournage, un sourire accueillant aux lèvres. Il se demandait s’il allait le frapper tout de suite ou s’il commencerait par l’engueuler.

Naveen s’approcha. Il arborait un petit sourire neutre qui intrigua Dominic. Il ne se comportait pas comme l’aurait imaginé le jeune homme. Il avait pensé qu’il serait énervé mais il lui semblait plus que calme et sans animosité à son égard. Le brun arriva bien vite à sa hauteur. Il le dévisagea, toujours tout sourire. Cela surprit Monaghan.

« On dirait bien que tu m’attendais… Est-ce que tu m’offres une bière ? »

Dom laissa échapper un petit rire. Il s’était vraiment imaginé beaucoup trop de choses… Il ouvrit la porte de sa loge et s’y engouffra, suivi de près par son ami. Ce dernier examina la caravane, qui était en désordre. Son regard s’attarda sur le lit, qui était visible grâce à la porte ouverte. Il était défait, les draps pendant misérablement, les plis montrant la lutte pour chercher la position qui permettrait de trouver le sommeil. Il reporta son attention sur Charlie qui lui tendait une petite bouteille. Ce dernier lui désigna le coin de la banquette qui n’était pas encombrée de papiers. Naveen jeta un coup d’œil sur les feuilles, des scénarios des épisodes de Lost. Dom s’assit lui aussi, face au brun, de l’autre côté d’une petite table. Ils se regardèrent un long moment. Monaghan était le plus nerveux des deux, il se posait milles questions… Il voulait connaître les réponses. Andrews, lui, attendait calmement.

Il ne tenait plus. Il se jeta à l’eau. Le manque de réaction de l’homme, qui l’avait d’abord amusé, menaçait de laisser la colère, qu’il avait si difficilement occultée, exploser.

« - Alors, elle t’a raconté ?
- Je ne suis pas venu pour ça… Je me demandais juste comment tu allais… »

Dom sourit devant ce qu’il trouvait une réponse absurde. Quand il vit que son interlocuteur était sérieux, il éclata de rire franchement.

« Tu es venu pour ça ? Je vais bien, très bien même… Allez, sérieusement, envoie ce que tu as à me dire, fais-moi la morale ou balance-moi ton poing dans la gueule. Je brûle d’impatience de savoir ce qu’elle t’a raconté… »

Naveen regarda Dom attentivement. Il semblait le sonder profondément de ses yeux bruns et patients, notant les cernes et les traits tirés ainsi que la fatigue dans la voix de son compagnon. Il eut de nouveau un petit sourire neutre qui agaça profondément le Hobbit.

« - Je te le répète, je ne suis pas venu pour ça…
- Pourtant, elle est bien venue chialer sur ton épaule plus que compatissante ! » Le coupa méchamment Dominic.

Le brun ne lui répondit pas, se contentant de porter sa bouteille à sa bouche, tout en regardant par la fenêtre.

« - Tu devrais être avec ton ami, Billy Boyd. Ça ne doit pas être facile pour lui, après sa quasi-noyade…
- Laisse Boyd tranquille, ce ne sont pas tes affaires… Il va très bien pour ta gouverne. Il n’a pas besoin de moi. » Lança-t-il hargneusement. Il regretta tout de suite ses paroles. Elles impliquaient plus de sentiments qu’il n’aurait voulu lâcher. Mais un simple coup d’œil vers l’autre homme lui indiqua que celui-ci n’exprima aucune surprise face au ton employé.

Il plissa des yeux et ajouta énervé :

« Que t’a-t-elle dit à ce sujet ? Elle… » Il s’arrêta s’apprêtant à sortir une insulte.

Naveen leva les mains dans un geste d’apaisement.

« Rien que je ne savais déjà. »

Etrangement, cette phrase fit retomber toute la fureur du blond. Ses épaules s’affaissèrent légèrement, il regarda son camarade, les yeux grands ouverts. Des souvenirs récents refirent surface et il fut envahi d’images de Billy et lui sur ce tournage, prouvant à chacun le profond attachement qui les liait. Il sentit ses yeux picoter et il porta ses doigts à ses paupières.

Le brun se pencha vers lui, dans une attitude de réconfort.

« Tu veux en parler ? » Entendit Monaghan.

Il secoua la tête négativement. Jamais il ne comprendrait…

« Si tu m’expliquais, ce serait plus facile pour moi de te comprendre… de vous comprendre… »

Dom leva des yeux perdus vers lui. Il en avait tellement besoin, de sortir de ses angoisses et de les partager avec quelqu’un. Il ne pouvait pas passer toutes ses journées à détruire les objets se trouvant à sa portée. Naveen lui semblait bienveillant, ils avaient toujours pu discuter de tout ensemble, le blond trouvant en lui un confident surprenant mais précieux. Il dégageait de lui un profonde assurance, une sagesse étonnante chez un homme aussi jeune. Ses yeux reflétaient de la douceur et de la gentillesse, poussant à la confiance. Tout son être invitait Dom à lui accorder son crédit et à se libérer enfin.

Doucement, il hocha la tête. Il ne savait pas vraiment par où commencer. Le silence s’installa un peu, pendant que Merry rassemblait ses pensées. Par où commencer ? Il ferma ses paupières, se laissant envahir par les souvenirs, puis il sourit.

« Billy a les yeux verts les plus incroyables du monde… C’est ce que j’ai vu en premier chez lui quand il m’a accueilli sur le tournage du « Seigneur des Anneaux »… »
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MessageSujet: Re: Tes yeux verts.   Mer 21 Déc - 19:41

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Enfoui sous les draps, il laissait les minutes s’écouler doucement. Il s’était réveillé depuis quelques heures seulement mais il avait l’impression que cela faisait déjà plusieurs jours. Il s’était relevé du sol où il avait glissé et avait rampé jusqu’au lit. Il s’y était terré, ne se souciant pas de la chaleur ambiante. Depuis, il avait les yeux grands ouverts et essayait de ne pas penser, mais c’était peine perdue. Il se remémorait le jour de son départ. Il faisait toujours les mêmes erreurs... Il s’était pourtant promis à lui-même qu’il ne ferait plus souffrir Dom, qu’il ne le laisserait plus passer par ce qu’il avait subi et… il recommençait. Il avait bien vu que son ami était fatigué, qu’il devait à nouveau avoir des problèmes d’insomnies. Il lui semblait retrouver le jeune homme d’après les tournages de LOTR, déprimé par la fin de l’aventure et par le peu de scénarios intéressants qu’on lui proposait. Et c’était lui qui l’avait aidé à s’en sortir. Cette fois-ci, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même pour la nouvelle dépression de son ami. Il soupira douloureusement.

Il avait toutefois pensé sur le moment que c’était un bonne idée. Le lendemain de la soirée de JJ Abrams, il s’était levé du lit, sans avoir dormi. Il s’était enfermé dans la salle de bains pendant que Dom préparait le petit-déjeuner. Il se rappelait qu’il avait peur à en trembler. Aux premières lueurs du jour, il avait décidé que la meilleure chose à faire était de s’éloigner quelques jours. Dom exerçait chez lui trop de pression, surtout physique. Et lui, il savait qu’il allait bientôt y céder. Il se remémora le baiser échangé sous la tonnelle… Le désir afflua à nouveau. Il ouvrit un peu plus l’eau froide pour remettre ses idées en place. Il en avait trop envie. Il voulait accepter ce que lui donnait Dom, concéder à son ami cette partie de lui qu’il lui avait, pour l’instant, toujours refusée. Mais la peur le tenaillait alors. Et que ferait-il quand l’Anglais ne voudrait plus de lui ? Que deviendrait-t-il ? Pourrait-il accepter de ne redevenir qu’un ami, que son meilleur ami… pour le voir avec de nouvelles conquêtes… ou avec cette actrice, son amie… Il secoua la tête. Il ne devait pas perdre la raison et garder les idées claires. Mais être près de Dominic était un trop grand risque. Celui-ci multipliait les tentatives pour s’approcher de lui, pour le marquer comme s’il lui appartenait… Son désir de possessivité l’avait toujours agacé !

Il était sorti de la salle de bains, déterminé à annoncer à son ami son intention de partir quelques jours. Un petit voyage pour découvrir l’île. Mais il n’avait pu rien dire. Quand il était rentré dans la cuisine, il avait été accueilli par un Dominic souriant. Ce dernier l’avait pris brièvement dans les bras avant de l’amener jusqu’à la table, où il avait déposé le café et des tartines. Billy avait mangé l’estomac noué et les larmes aux yeux. Il en aurait presque oublié sa décision si l’Anglais ne l’avait pas gratifié d’un léger baiser volé avant de partir lui aussi prendre sa douche. Il l’avait embrassé comme s’il ne s’était rien passé la veille…

Il s’était alors arrangé pour que Dom sorte sans lui. Il avait des interviews à donner à des magazines et à une radio locale, Billy préférait ne pas voir de journalistes. Pendant son absence, il avait préparé un sac pour un voyage court. Une semaine peut-être. Il avait pensé lui laisser un mot mais alors qu’il avait du papier devant lui et un stylo dans la main, il ne savait plus ce qu’il devait lui dire. Il prit sa voiture et partit sans se retourner. Le voyage avait été un cauchemar. Une heure après son départ, il s’était arrêté à une station service pour appeler son ami. Il avait trouvé le courage de le faire. Il voulait que Dom sache qu’il ne le fuyait pas. Mais il était tombé sur sa messagerie. Il avait essayé de lui laisser un message court et concis, lui expliquant qu’il avait juste besoin de faire une pause pour penser mais qu’il serait bientôt de retour, sans pour autant lui donner de date. Il raccrocha en s’en voulant énormément. Quand il était arrivé à l’hôtel à Kaneohe, il n’avait qu’une envie : rebrousser chemin. Il s’était enfermé dans sa chambre pour s’empêcher de repartir, fixant son portable dans l’espoir que Dom l’appelle et le supplie de revenir. Il voulait tellement que son ami lui montre qu’il ne pouvait pas vivre sans lui. Mais le premier jour, puis le deuxième étaient passés et il en était venu à la conclusion que Dom avait mieux à faire que de se soucier de lui. Peut-être l’avait-il rejoint… Il pouvait les imaginer tous deux s’embrassant, se caressant… C’était pour se distraire de ses idées moroses qu’il était parti surfer… Avec les conséquences qu’il connaissait… Il essaya de se rappeler des circonstances de son accident mais ne poussa pas loin les souvenirs quand il réalisa qu’il n’avait pas réellement cherché à éviter la vague…

Il se demandait ce que l’interprète de Charlie pouvait être en train de faire en ce moment. Les tournages étaient peut-être finis, sauf s’ils filmaient aussi dans la soirée. Peut-être que lui aussi était dans son lit à penser à lui, à se demander ce qu’il devenait… Billy sourit à l’image d’eux deux pensant à l’un l’autre en même temps… Il fronça les sourcils. Ou peut-être qu’il n’était pas seul dans ce lit et qu’il était bien trop occupé pour se souvenir qu’il avait un ami qui l’attendait. Lui avait quelqu’un pour le consoler…

Une douloureuse pensée traversa son cerveau : et s’il avait fini par faire une croix sur leur amitié ? Se pouvait-il que pour lui tout soit terminé ? Il savait qu’il avait été sur le point de lui demander de partir lui aussi. Peut-être ne l’avait-il pas fait juste par respect pour leur ancienne amitié mais qu’il pensait qu’il partirait de lui-même…

Billy plaqua sa main sur sa bouche pour étouffer le long sanglot qui voulait sortir. Il fut prit de convulsions, tremblant de tous ses membres. Le regard bleu assombrit par la haine jaillit dans sa mémoire. Il ne put plus se contenir et, se recroquevillant, se mit à pleurer bruyamment. Tout était clair dans son esprit maintenant : il avait réellement perdu le seul être qui avait de l’importance dans sa vie, le seul à qui son cœur appartenait. Il avait tout gâché, il le savait. Ses peurs et ses doutes avaient brisé la confiance et la tendresse que Dom lui portait. Jamais il ne pourrait les récupérer. Il pleura un long moment, brisé et étendu dans le lit, perdu face à cette nouvelle situation. Comment allait-il continuer s’il ne pouvait plus compter sur l’affection et le réconfort de son meilleur ami ? Ses sanglots ne tarissaient pas et se faisaient plus bruyants en imaginant ce que serait sa vie à partir de maintenant.

La nuit était tombée quand ses yeux finirent par être secs de tant pleurer. Il était vide, sans âme. Il fixa le mur en face de lui, puis posa les yeux sur son sac abandonné là, la veille, par Dominic. Il se leva rapidement. Il ferait donc ce qu’il voulait…

Soudainement, il se leva et attrapa son sac qu’il envoya sur le lit. Il ouvrit un tiroir et sortit les vêtements qui lui appartenaient. Ces tiroirs qui avant lui étaient destinés pourraient aller à leur nouvelle propriétaire. Il était certain qu’elle serait heureuse de laisser des affaires chez son compagnon. Il alla vers le lit et entreprit de ranger ses habits. Mais les quelques forces qu’il avait réussi à rassembler l’abandonnèrent. Il s’assit sur le lit et contempla le sac ouvert. Il n’avait aucune envie de le faire, ni de partir… Mais doucement sa main qui tenait un tee-shirt se leva et il posa délicatement le vêtement dans le sac. C’était la première étape, maintenant il n’avait plus qu’à en finir.

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